Coucou!!
Ce chapitre a pris un peu plus de temps que les autres, tout simplement parce que je n'ai plus de pc, et que je suis obligée d'attendre les bonnes graces de mon père pour updater mes histoires en utilisant son irdinateur...Enfin, vous voyez la galère, hein...
Bref, ce chapitre est assez important, il marque le début de la seconde partie de l'histoire, j'espère qu'il vous plaira autant que le précédent
Moonz
10. Shooting stars
1978, le 13 Janvier
Il y a trois jours de ça, il s'est passé un truc vraiment bizarre. J'avais rendez-vous avec Sirius, parce que monsieur croyait dur comme fer qu'il allait me convertir au Quidditch, et je ne me suis pas réveillée à temps. Au lieu d'aller jouer et de me laisser tranquille, il est venu me sortir de mon lit. Jusque là, pour Sirius, ça n'a rien de vraiment extraordinaire, je sais. Le truc, c'est que je dors avec seulement une petite culotte, et que quand j'ai fini par ouvrir les yeux, il était en train de reluquer mon dos comme c'est pas permis. Depuis, il est devenu tout mou. C'est bizarre.
Ce soir encore, on a rendez-vous. Pour l'instant, je suis dans la Grande Salle, et je savoure le super ragout que les elfes ont préparé en échange de taies d'oreillers crasseuses. Sirius est à quelques places de moi. Comme d'habitude, il mange avec les maraudeurs et les filles de mon dortoir. Je ne le regarde pas, parce qu'à chaque fois que je le fais, il me surprend, et c'est la honte. J'ai bien essayé de manger avec eux la dernière fois, mais tout le monde a bien compris qu'on était incompatibles. Sirius est le seul avec qui je peux parler sans avoir l'impression qu'on vienne de deux mondes différents.
Je sèche le dessert. C'est peut-être malpoli, mais je me lève dès que mon plat disparaît, et quitte la Grande Salle. J'évite de me retourner, parce que je sais pertinement qu'il est en train de me regarder partir. Je n'ai pas très envie de croiser son regard, il me met mal à l'aise. Et d'ailleurs, si je ne mange pas le fraisier prévu, ce n'est pas parce que je n'ai plus faim, mais plutôt parce que c'est le moment qu'il choisit d'habitude pour venir se mettre à côté de moi. Je n'aime pas trop qu'on nous voit ensemble. Du coup, les gens se mettent à m'observer et à parler de moi dans les couloirs. J'aime pas ça.
Lorsque je remonte dans mon dortoir, je décide de prendre ma douche immédiatement. Au moins, j'ai la pièce pour moi seule, et je n'aurais pas à le faire si je rentre tard d'avec Sirius. Je donne un tour au verrou, au cas où Sirius arriverait avant l'heure prévue, et me déshabille. J'évite de regarder mon corps dans le miroir, parce qu'en général, ça me dégoute. Surtout quand je vois Rose ou Lily sortir de là en sous-vêtements. Je suis tellement fade: tout petits seins, pas beaucoup de taille, pas beaucoup de hanches, pas beaucoup de chair et encore moins de muscle...
J'entends l'eau couler pendant que je retire mes derniers habits. La vapeur envahit vite la pièce, et va se coller à la glace, me rendant un peu moins laide, parce qu'un peu moins reconnaissable. Je prépare un drap de bain épais, et me glisse dans l'eau. Muscle par muscle, je sens mon corps se délasser. Le parfum de fraise me fait tourner la tête. J'ai peut-être été trop généreuse sur la dose. Tant pis, je plonge la tête sous l'eau. Le reste est assez insignifiant: shampoing, épilation, rinçage...Et puis en sortant, je m'enroule dans la serviette bien sèche.
Je brosse mes cheveux rapidement, et les sèche d'un coup de baguette. De toute façon, épais et lisses comme ils sont, ils n'ont pas besoin de traitements particuliers. J'essuie rapidement ma peau et, toujours dans ma robe d'éponge, je repasse dans le dortoir. Sur mon lit, je trouve un jean, un tee-shirt et un pull en V, que j'avais spécialement préparé. Je les passe rapidement, lorsque la porte du dortoir s'ouvre. C'est Lily qui arrive, suivie de près par Alice et Rose. Elles me toisent.
"- Tu aurais pu manger avec nous, Maïa, tu sais..." Commence la préfète, avec sa petite voix fluette de fille attentive et super gentille. Pitié!! Si j'osais, je lèverais les yeux au ciel.
"- J'ai l'habitude de manger seule, ça me gêne pas du tout." Ai-je répliqué. Elle hausse les épaules, et c'est Alice qui revient à la charge.
"- On n'a pas l'habitude de ne pas partager nos amis. Si Sirius t'aime bien, c'est que tu en vaux la peine. Tu devrais penser la même chose de nous." Dit-elle sans trop d'état d'âme. Elle a l'air d'être la plus mature des trois, mais ça ne fait pas d'elle quelqu'un d'agréable.
"- Que Sirius m'aime bien, c'est un fait. Ca ne m'oblige pas à fréquenter la moitié du collège, que je sache." L'ai-je calmée. Elle hausse les épaules une fois de plus, mais elles ne sont pas découragées pour autant.
"- Tu as rendez-vous avec Sirius, c'est ça?" Demande Rose, sans sourire (pour une fois).
"- On doit se voir, oui." Je n'aime pas trop le terme rendez-vous dans sa bouche.
"- Il nous a dit de te dire qu'il t'attend dans le parc." Continue-t-elle. Décidément, Sirius a vraiment envie de me faire discuter avec ses greluches.
"- Merci." Ai-je conclu, coupant court à cette conversation.
Sans plus de cérémonie, j'ai enfilé ma veste zippée, mon écharpe et mes gants, et je suis sortie de la pièce. J'ai dévalé les escaliers. Comme prévu, Sirius n'est pas dans la salle commune. Par contre, ses trois acolytes y sont, plantés sur les canapés. James et Remus cogitent devant un jeu d'échec presque intact, et Peter les regarde faire en commentant la partie avec Frank Longbottom. J'essaie de passer discrètement, mais quatre têtes se lèvent, et des mains apparaissent pour me faire signe. Je leur adresse un léger sourire pour la forme, mais je ne m'attarde pas. Ils doivent vraiment se dire que je suis bonne à enfermer!!
Les couloirs du rez-de-chaussée sont pleins de courants d'air glacés, et je suis obligée de resserer l'écharpe autour de ma gorge. Quand je sors des murs du chateau, le froid est encore plus intense. Je traverse la cours, et grimpe un muret pour accéder plus facilement au parc. La pelouse est gelée, recouverte par une couche épaisse de neige. La lune est presque pleine, et elle fait scintiller la neige sur le sol. Même les arbres de la forêt interdite prennent cette drôle de couleur bleutée, pendant le crépuscule.
Tout à coup, j'aperçois Sirius. Il est encore assez loin de moi, et tourné vers le lac, il ne me voit pas. Il est à demi allongé sur un gigantesque drap noir et épais, au sommet d'une toute petite colline. Certains chantent l'imbécile sur la colline, d'autres la colline violette, mais Sirius ne ressemble en rien à tout ça. Il a l'air pensif et solitaire. C'est ce qu'il est, au fond de lui, je le sais. Il ne joue les matchos séducteurs que pour rester Populaire, profiter des filles et oublier ses problèmes...Il se retourne lorsque le craquement de mes pas parvient à ses oreilles.
"- Maïa?" M'appelle-t-il. Je secoue la tête, presque souriante.
"- Non, McGonagall." Ai-je plaisanté. Il ricane quelques secondes. "Tu essaies de me faire rechuter? Ma grippe n'est pas complètement passée, tu sais."
Tout en râlant, je me fais une place sur la couverture. C'est assez moelleux, et on est bien isolé du froid. Je ne sais pas depuis quand il avait prévu cette escapade, mais je dois avouer que si il ne faisait pas aussi froid, ce ne serait pas une mauvaise idée. Je m'asseois, pieds croisés, le faisant sourire. J'ai l'impression que je le fais tout le temps sourire, mais je ne crois pas que ce soit parce qu'il se moque de moi. En tout cas j'espère pas, parce que je n'ai pas envie de perdre mon temps avec lui si c'est le cas.
"- A quoi tu penses?" Interroge-t-il. Je secoue la tête, prise au dépourvu.
"- Rien de spécial." Ai-je menti.
"- Me raconte pas d'histoires, t'étais en train de froncer les sourcils, alors que je t'avais rien dit d'énervant." Je n'aime pas toujours son côté observateur, mais je n'arrive pas à lui mentir encore.
"- Ca va te mettre en colère." L'ai-je prévenu. Il balaye mon commentaire de la main, et je poursuis. "Tu es toujours en train de sourire, quand tu me regardes ou que je dis un truc. Je me demandais juste si tu te moquais de moi." Ai-je expliqué. "Tu es en colère, ça y est?"
"- Non." Murmure-t-il. Il sourit légèrement, et passe une main dans ses cheveux. Il est mal à l'aise. Sûrement parce que j'ai compris qu'il se moquait de moi. Je dois encore froncer mes sourcils, car il soupire en m'observant. "Je te jure que je me moque pas de toi, Maïa." Promet-il.
"- Alors pourquoi tu souris, et pourquoi tu es aussi gêné qu'on en parle?!" Me suis-je emportée.
"- C'est juste que tu es marrante, parce que...C'est ton caractère qui me fait rire, mais crois-moi, je ne me moque pas de toi. Si je veux me moquer de quelqu'un, j'ai déjà Servilo..." Dit-il, sans se départir de son sourire. Je finis par céder. C'est toujours comme ça, de toute façon.
Nous nous observons en silence pendant quelques secondes, jusqu'à ce qu'il détourne le regard vers la forêt. C'est mon caractère qui le fait sourire...J'avoue que je n'ai pas trop de mal à le comprendre. En dix-sept ans, il y a plein de choses que je n'ai pas apprises, sur les filles et les garçons, que tout le monde sait, presque d'instinct. J'ai dû perturber quelques règles convenues entre les deux genres, et c'est ce qui le fait rire. Peut-être qu'en continuant de le fréquenter, j'en apprendrais plus. Mais ce n'est pas ma priorité.
"- Tu as demandé aux filles de me dire où tu étais." Dis-je sur un ton d'accusation, pour rompre le silence. Il soupire.
"- Je voulais pas monter dans le dortoir, tu m'aurais pris pour un pervers, je crois." Avoue-t-il. Je souris, mais je pense qu'il a raison. En même temps, avec ce qu'il s'est passé l'autre jour, il ne peut pas vraiment m'en vouloir de penser ça! "C'est pas la peine de rougir, tu sais." Se moque-t-il. Malheureusement, mes joues s'enflamment de plus belle.
"- Elles ont commencé à parler avec moi, c'était vraiment flippant!" L'ai-je informé. "D'abord elles m'ont demandé pourquoi je mangeais plus avec vous, ce qui est pourtant évident, et après Tatcher m'a sorti un baratin comme quoi tes amis étaient forcément leurs amis et vice versa blablabla blablabla..." Ai-je expliqué en esquissant des cercles de ma main droite.
"- Elles regrettent vraiment que tu ne leur parle pas plus. Et les garçons aussi. Je vais pas te mentir, ils te trouvent bizarre, mais ils savent que je ne deviens pas ami avec n'importe qui." Plaide-t-il, en vain.
"- Exactement le genre de truc qu'Alice m'a déballé tout à l'heure. Vous apprenez vos discours par coeur, ou quoi?" Ai-je demandé d'un air moqueur. Il ne sourit pas.
"- Ne deviens pas leur amie si tu ne veux pas, mais sois au moins polie avec elles. Elles ne sont pas aussi stupides que t'as l'air de le penser." Les défend-il.
"- Dis-moi, tu as voulu qu'on passe la soirée ensemble pour épiloguer sur tes super copines? Parce que si c'est le cas, je peux retourner dans mon dortoir, ça m'intéresse pas!" Ai-je râlé. Il sourit, fier de lui, et passe une main dans ses cheveux.
"- Jalouse?" S'amuse-t-il. Il me met hors de moi.
"- Va te faire voir!" Me suis-je écriée, tout en me levant.
Je suis en train de partir, lorsqu'il rattrape mon bras. Encore une fois, une sensation désagréable fait vibrer toute la partie gauche de mon corps, et je me dégage instinctivement de son emprise. Il déteste ça, et je le sais. Je fais quand même l'effort de me retourner. Il essaie de reprendre ma main, mais je me recule légèrement. Il ne comprendra donc jamais qu'il y a des choses que je ne supporte pas? Il soupire et passe une main sur son visage, fatigué. Je me rapproche de lui, sans lui parler.
"- Allez, viens t'asseoir..." Demande-t-il, sans trop d'enthousiasme. J'obéis à contre coeur, et nous reprenons chacun notre place sur la couverture sombre. "On va quand même pas se disputer pour des trucs aussi débiles, hein?" Demande-t-il. "J'suis désolé, c'était crétin de dire ça."
"- Effectivement." Ai-je rajouté. Sans le regarder, je sens son sourire à côté de moi. Ca doit encore être de la faute de mon caractère. Il me bouscule légèrement l'épaule, et malgré tout mes efforts, je souris à mon tour. "Il fait vraiment très froid, on aurait pu rester dans la salle commune..." Ai-je soupiré. Il me tend une veste, qu'il avait posé sur la couverture.
"- Tiens, t'auras pas froid avec ça sur le dos." Dit-il en souriant, apparemment heureux que j'arrête de bouder. "Je voulais venir ici, parce que la nuit est clair. Remus n'aime pas trop la nuit, alors j'ai pas beaucoup l'occasion de regarder le ciel avec eux, mais j'aime bien le faire."
"- Waou, Sirius Black: le poète mélancolique." Me suis-je moquée. Encore une fois, il me donne un léger coup d'épaule, sans pouvoir s'empêcher de rire avec moi.
"- Pour une fois que le ciel est dégagé, je me suis dit que ça pourrait être sympa..." Se défend-il.
J'enfile la veste qu'il m'a prêtée. Elle est moltonée à l'intérieur, et effectivement, il serait difficile d'avoir froid en portant ça. Il s'allonge complètement, et je l'imite. Je sens à peine l'air frais qui remonte sur le flanc de la colline, et ferme les yeux. Je sens qu'il me regarde, mais j'évite de croiser ses yeux. Je me sens toujours mal à l'aise pendant ces moments, sans trop savoir pourquoi. Lorsque je rouvre les paupières, je vois que le ciel est maintenant tou à fait noir. Il n'y a que ce trois-quarts de lune qui me fixe de son visage triste. Je ne sais pas ce que la lune a vécu pour toujours tirer cette tronche, mais ça n'a pas du être facile. Et puis les étoiles. Il y en a des milliers.
"- La petite ourse, la grande ourse, la courrone..." Enumère Sirius. Je souris encore.
"- Tu vas citer toutes les constellations visibles de l'émisphère Nord, ou c'est juste pour montrer à quel point tu es attentif en cours d'astronomie?" L'ai-je taquiné. Il ricane.
"- Tu savais que ton prénom était celui d'une étoile?" Interroge-t-il. J'acquiesce en tournant mon visage vers lui.
"- Ma mère m'a appelée comme ça parce que je suis née en mai, et que Maïa est une étoile importante de la constellation du taureau." Ai-je expliqué. Je n'ai pas trop l'habitude de dévoiler des choses sur ma famille ou mon passé, mais avec Sirius, je commence à prendre goût aux choses inhabituelles.
"- Maïa, l'ainée des Pléiades. Tu aurais pu t'appeler Electre, Mérope ou Taygète, alors..." Suggère-t-il.
"- Oui, ou Mérope...Si un jour j'aiun enfant, et que par hasard c'est une fille, je l'appelerais surement Sélène. Mais je doute que ça arrive." Ai-je avoué. Il tourne son visage vers moi, et nos yeux se croisent.
"- Pourquoi tu dis ça?" Demande-t-il. Je sens que je rougis, alors je hausse les épaules.
"- Toi aussi tu portes le nom d'une étoile." Dis-je pour changer de sujet.
"- Constellation du Grand Chien." Se vante-t-il.
"- La plus brillante du ciel. T'en as de la chance!" En ai-je rajouté. Il éclate de rire, roulant légèrement sur le flanc.
"- Mes parents m'ont donné ce prénom parce que c'est une tradition de la famille Black." Explique-t-il. J'acquiesce.
"- Regulus, Bellatrix, Andromeda...C'est vrai que vous avez fait le tour de la galaxie en quelques générations..." Ai-je constaté.
"- C'est vrai...Il nous manque plus que Maïa et Sélène..." Dit-il en souriant. J'avoue que je ne comprends pas bien ce qu'il entend par là, mais je réponds à son sourire.
Le silence tombe à nouveau sur nous. Je regarde les étoiles un instant, je me cherche dans le ciel sans me trouver. Normal, une toute petite étoile comme moi ne doit pas être reconnaissable dans un ciel aussi immense. C'est un peu comme dans la vie: Sirius, l'étoile la plus brillante, et moi, l'introuvable. Je soupire, et après ça, je jette un oeil à Sirius. Pendant que je regardais le ciel, il s'est tourné sur le côté, le coude en guise d'oreiller, et il me regarde. Il a un air étrange qui fait encore rosir mes joues. J'espère que dans la noirceur de la nuit, il ne s'en rend pas compte.
"- Tu sais, Maïa, je suis vraiment heureux que tu aies fini par m'accepter." Avoue-t-il. L'atmosphère devient plus lourde, et j'essaie tant bien que mal d'alléger la situation.
"- Il faut dire que t'as un peu forcé le passage, quand même..." Ai-je plaisanté, mais il ne répond pas à mon sourire.
Je crois qu'il n'a plus envie de plaisanter. Je me rends compte qu'inconsciemment, je me suis aussi tournée vers lui. Il se rapproche très légèrement. Ses yeux fixent les miens comme s'il essayait de voir quelque chose, de chercher plus loin que ce que je veux bien lui montrer. Je ne veux pas qu'il fasse ça, mais je ne sais pas comment l'en empêcher. Il se rapproche encore. On est encore plus près un de l'autre que le soir de Noël, quand on était devant ma fenêtre...
Il est tellement près que je vois tous ses traits avec mille fois plus de précision que d'habitude. Ses mèches noires qui tombent sur un côté de son front, sa machoire carrée, ses sourcils fins, ses prunelles perles, ses lèvres pleines...Même dans la nuit, je distingue parfaitement tout ça. Et puis il y a son parfum. Ca aussi, c'est nouveau, parce que je n'y avais jamais vraiment fait attention. C'est un mélange bizarre, entre le boisé et l'épicé. Ca fait très masculin, exactement le genre d'odeur qu'on s'attend à trouver sur Sirius Black.
Son visage s'avance vers le mien, à tel point qu'il devient trouble. Je devrais parler, le pousser ou reculer, mais je me sens comme paralysée. Mes mains se mettent à trembler, et je m'étonne qu'elles ne l'aient pas fait plus tôt. Plus que son parfum, je sens maintenant son haleine, car son souffle tape contre mes lèvres, d'une façon un peu trop irrégulière pour être normale. On doit se trouver à deux ou trois centimètres un de l'autre, maintenant. Je crois qu'il va m'embrasser, mais je suis toujours incapable de bouger.
Alors, je sens son avant-bras passer sur mon ventre. C'est une drôle de sensation, son pull contre ma veste en cuir. Comme s'il ne me touchait pas vraiment, que c'était juste une impression. Mais sa main trouve bientôt la mienne. Je crois qu'il n'a pas aussi froid que moi, parce que sa peau est brûlante. Il enlace mes doigts dans les siens, et soudain, tout devient plus réel. Panique. J'arrache ma main à la sienne, et me mets rapidement à genoux. Il se redresse sur ses coudes, l'air plus étonné que vexé. Je dois être rouge comme une pivoine.
"- Désolée Sirius, je...Je vais y aller." Ai-je bredouillé en me relevant. J'ai les jambes flageollantes et l'esprit vrillé. J'enlève la veste et la laisse tomber sur la couverture, tandis qu'il se lève à son tour. Avant qu'il puisse attraper ma main et faire je ne sais quoi, je me retourne, et pars à pas rapides vers le chateau. Décidément, Sirius Black me rendra tarée.
