Chapitre 15


NOTE DE L'AUTEUR : Encore plus de grivoiseries, j'en ai peur. Avec aussi de l'angoisse et la mention d'abus… suivi d'un peu d'intrigue! Et puis encore des grivoiseries.


« La familiarité est la caractéristique – est le sentiment d'appartenance. Elle accorde l'immunité face à tout le mal, toute la pauvreté. » - E B White.


Quand elle se réveilla, c'était le noir complet, et Hermione se sentit désorientée pendant un moment. Ce n'était pas son appartement. Les draps étaient différents, et l'air chaud et étouffant sentait… et bien, le sexe, en grande partie, mais il y avait aussi d'autres parfums, comme cette unique odeur cuivrée de fumée et d'herbe mouillée. Les souvenirs revenaient, et elle sourit d'un air endormi dans la pénombre, en savourant la brûlure persistante et agréable qui prouvait que ça n'avait pas été un rêve, après tout. Maintenant qu'elle était mieux réveillée, elle pouvait sentir la chaleur d'un autre corps dans son dos, et l'entendre respirer lentement. Severus était collé contre elle, son bras enveloppant lâchement sa taille. Il était apparemment toujours endormi.

En fait, il était pressé très proche contre elle, et un chaud frisson remonta son dos alors qu'elle se rendait compte de cela. Oh. Bonjour, Severus. Résistant fermement à l'envie de s'agiter ou de se retourner contre lui, elle se demanda plutôt si c'était vraiment le matin. Il était certainement plus de minuit, parce qu'elle se sentait étonnement bien reposée en considérant les… efforts d'hier… et donc elle avait dû beaucoup dormir, mais elle n'avait aucune idée de l'heure actuelle et elle n'avait certainement aucune intention de se lever pour le savoir.

Elle avait tout le temps pour réfléchir à ça. A propos de la seule chose dont elle était certaine : elle ne regrettait pas une seconde de la journée d'hier, mais jusqu'à ce qu'il se réveille elle ne pouvait pas en dire autant de Severus. Quelques heures auparavant, il avait semblé être prêt, tout en étant prudent, à continuer ça – quel que soit ce ça – mais ça ne signifiait pas qu'il ressentirait la même chose dans la froide lumière du jour. Après que les dernières lueurs du jour se fanent, il était possible qu'il change d'avis. S'il le faisait, ce serait la fin de tout ce qui existait actuellement entre eux. Il y avait sans aucun doute beaucoup de gens qui pouvaient changer de situation entre amis et amants, et revenir à l'état précédent sans perturber le statu quo, mais elle n'était pas l'un d'entre eux – il suffisait de voir sa relation avec Ron – et elle doutait sérieusement que lui non plus n'en fasse parti.

Et s'il n'avait pas changé d'avis, cela amenait encore toute une flopée de questions. Passer le reste de l'été à paresser dans les environs de la caravane et faire l'amour dans le soleil semblait être le paradis, mais que se passerait-il en Septembre quand les cours recommenceront ? Il n'y avait pas de réelle loi interdisant les relations entre les membres du corps enseignant, du moment que c'était discret – cela ne serait pas un problème, au moins. Ils avaient tous les deux en horreur la publicité et ce n'était les affaires de personne d'autre qu'eux – mais rôder furtivement dans Poudlard n'était pas simple, elle le savait bien.

Peut-être qu'Harry pourrait me prêter sa cape si je le lui demandais gentiment, Considéra-t-elle, en somnolant, et en mordant sa lèvre pour cesser de rire, alors qu'elle essayait de s'imaginer sa tête s'il savait pourquoi elle la voulait. « Tu vois, Harry, j'ai commencé à m'envoyer en l'air avec Rogue, et j'ai besoin de pouvoir sortir en cachette dans les donjons sans être vue, comme ça nous pourrions baiser comme des étudiants en chaleur sans que personne ne le sache. » Non, elle n'avait aucune intention d'en parler à quiconque. Ça ne serait pas simple, mais jusqu'alors, elle avait passé la plupart de son temps dans les donjons l'année dernière et personne ne l'avait remarqué.

Elle était déterminée à ce que cela fonctionne, cependant. Hier avait été… incroyable. Il avait été tout aussi habile au lit qu'elle l'avait espéré, mais elle avait été surprise par la tendresse et la considération qu'il avait montrées, pendant l'amour et après. Ce n'était pas ce auquel elle s'était attendu, mais c'était très appréciable. C'était quelque chose dont elle n'avait pas fait l'expérience depuis trop longtemps et qu'elle n'avait pas du tout l'intention d'abandonner sans un combat.

Il s'avérait que c'était très difficile de se concentrer sur autre chose que l'homme endormi à côté d'elle, surtout avec son érection matinale pressée contre elle, ce qui était très gênant. Hermione décida d'arrêter de s'inquiéter à propos de ça. Quand Severus se réveillera, ils pourraient parler. Jusqu'à là, elle se blottirait encore plus dans la chaleur de son corps et laisserait ses pensées dériver où elles le voulaient.

Après un temps inconnu, il remua, puis se tendit brusquement. Elle tendit l'oreille pour entendre quelque chose, n'importe quoi, mais il semblait avoir cessé de respirer. Quelques atroces moments plus tard, il exhala lentement et commença très précautionneusement à replier le bras qui l'entourait, en essayant de façon évidente de ne pas la réveiller. Décidant de faire face à cela immédiatement, elle dit calmement : « Bonjour. »

Il frissonna quand elle parla, et après un moment il répondit avec circonvolution : « Bonjour… ». Il paraissait incertain, et elle roula pour se retourner et essayer de le regarder dans la pénombre. Il n'y avait pas assez de lumière, et elle tâtonna à la hâte à la recherche de sa baguette.

« Lumos. » Le sort les firent tous les deux cligner des yeux. Une fois que ses yeux se furent habitués, elle lui sourit avec hésitation et fut récompensée quand il se détendit. Il ne lui sourit pas en retour, mais son expression n'était hostile en aucune manière. Si, il semblait presque perplexe. Il y avait un reste de somnolence dans ses yeux, mais il était complètement éveillé et paraissait plus alerte qu'elle ne le pensait. Une faible ombre recouvrit sa mâchoire. La barbe de trois jours ne lui allait vraiment pas. « Quelque chose ne va pas ? » Demanda-t-elle innocemment. « Tu sembles un peu confus. »

Il grogna doucement, et ses yeux s'adoucirent un peu. « Je pensais que j'étais encore en train de dormir. » Dit-il très doucement, en la regardant toujours, incertain. « Mais mes rêves n'ont jamais été aussi agréables. »

La tension la quitta brusquement et elle se détendit, en s'étirant paresseusement. « C'est définitivement une agréable façon de se réveiller. » En convint-elle, en ajoutant avec un sourire en coin : « Pour autant que je puisse en juger. »

Il cligna lentement des yeux avant de réaliser ce qu'elle voulait dire, et son expression vacilla entre de l'embarras et un sourire en coin de son cru. Le sourire l'emporta, et il se détendit complètement, en souriant enfin vraiment. Il récupéra sa baguette magique dans les draps emmêlés, donna un petit coup vers la porte, et la lumière vint de la salle de bain. « Les femmes d'abord ? » Offrit-il.

« Es-tu poli, ou veux-tu seulement me regarder marcher nue ? » Demanda-t-elle méchamment.

Ses yeux scintillèrent. « Oui. » Réprimant un rire, elle se libéra des draps, surprise de sa propre audace, et se glissa hors du lit. Totalement consciente de ses yeux sur elle, elle se sentit horriblement timide tandis qu'elle se repliait vers la salle de bain et elle fut presque reconnaissante envers la porte fermée, qui bloquait son regard. Son reflet dans le petit miroir ne lui redonnait en rien confiance. Ses cheveux étaient franchement un cauchemar. Même s'ils étaient bien plus maîtrisables qu'ils ne l'avaient été quand elle était plus jeune, ils semblaient être retourné à une sorte d'amas de nœuds dans la nuit. Seule une douche allait les fixer, et elle n'avait pas le temps. Elle régla ça en essayant de démêler les pires nœuds, et en fut soulagée. Elle se lava rapidement et se brossa les dents avant de retourner avec un air gêné dans la chambre.

La lueur dans ses yeux l'aida à chasser sa gêne. A en juger par son expression, il n'avait pas remarqué ses cheveux et ne l'aurait probablement pas fait non plus s'ils étaient devenus roses dans la nuit. Résistant au fait de ne pas rougir sous son intense regard scrutateur, elle se rendit compte qu'il avait pris son jeans et elle le lui arracha rapidement des mains. « Oh, non, pas ça, monsieur. »

« Quoi ? »

Elle pointa la porte, en se réinstallant confortablement de nouveau dans les draps froissés. « Ce n'est que justice. »

C'était à son tour d'être gêné maintenant, et pendant un moment elle pensa qu'il refuserait, avant qu'il ne prenne une profonde inspiration et qu'il repousse lentement les draps de son corps. Son érection était toujours manifeste, même si elle n'était pas aussi proéminente qu'avant. Sans la regarder, il se leva et boita lentement jusqu'à la porte. Elle étudia sa forme repliée, mince, estropié et marqué comme il était, et quand il lui lança un regard incertain en arrière, elle essaya de mettre dans son sourire ce qu'elle voyait. Il était magnifique, même si personne d'autre ne le voyait. Un peu de mal-être sur son visage se fana, et ses mouvements étaient plus détendus alors qu'il entrait dans la salle de bain et qu'il fermait la porte. Au moins nous manquons autant d'assurance l'un que l'autre, se dit Hermione.

Quand il revint, il fit une pause à la porte. Il semblait plus éveillé maintenant, et il s'était rasé. Il la regardait avec une lueur d'embarras, encore, dans ses yeux, et il dit prudemment : « Je peux faire du café si tu veux… »

Elle roula des yeux en lui souriant gentiment. « Je pensais que tu étais bon pour deviner ce que les gens voulaient, Severus. » Le taquina-t-elle. « Est-ce que j'ai besoin de le dire clairement ? Reviens au lit. »

Il sourit alors pleinement, la dernière once de tension le quittant, et fit ce qu'elle disait. Elle le remercia d'un baiser et il y répondit avec une passion inattendue, en attirant son corps contre le sien alors que sa langue glissait entre ses lèvres. Elle céda impatiemment, enroula une main dans ses cheveux et explora son dos plein de cicatrices avec l'autre. Il n'y avait pas de tension en lui cette fois-ci. Quand Severus prenait sa décision à propos de quelque chose, il le faisait à cent pour cent, et sa certitude était évidente de part la sensation de son long membre dur pressé avec insistance contre sa cuisse, tandis qu'ils s'embrassaient.

Comme il l'avait fait plus tôt, il la fit rouler sur le dos et l'embrassa en descendant pour aller à ses seins, en s'attardant sur ses mamelons pour les taquiner jusqu'à ce qu'elle se tortille presque sous lui. Mais cette fois, lorsqu'il s'écarta, il continua à descendre en la léchant, en l'embrassant et parfois en la mordant doucement. Au moment où il atteignit sa hanche, elle ne pouvait plus penser ni parler, et elle s'agita alors qu'il embrassait l'intérieur de sa cuisse. Puis il hésita, délibérément. Elle sentit le soupir de sa respiration, presque insupportable contre sa chair sensible, et l'anticipation était une torture.

Le premier toucher de sa langue était presque trop. Mordant ses lèvres afin d'étouffer son cri, Hermione enroula ses doigts dans ses cheveux pour l'encourager, et arqua son dos. Ses premiers mouvements étaient prudents, il explorait. Puis, il s'y attela plus sérieusement, et elle vit des étoiles. Ses doigts serraient ses hanches, la tenant en place, et elle savait en son fort intérieur qu'il n'avait pas la force d'appui pour la garder immobile, mais à un niveau bien loin de celui de la raison, elle savait qu'il était bien assez fort. Et elle cria si fort, en gémissant son nom dans l'obscurité de sa chambre alors qu'il la mettait en feu.

Lentement, les vagues s'atténuèrent, la laissant épuisée et tremblante sous lui. Il avait laissé la lumière dans la salle de bain. Il y avait juste assez de lumière dans la chambre pour qu'elle le voie se lécher les lèvres, en la regardant. Haletante, elle lui sourit. « Permets-moi de… te retourner cette faveur ? » Offrit-elle d'une voix un peu tremblante.

A sa surprise, il secoua la tête, en lui retournant son sourire. « Non, pas ça. » Murmura-t-il, en rampant maladroitement sur le lit et en s'allongeant à côté d'elle. Il tendit le bras pour repousser gentiment les cheveux humides de son visage. Cela semblait très étrange qu'il refuse, mais elle pourrait y penser plus tard. A présent, les dernières traces de son orgasme se fanaient et la laissaient consciente à la fois de cette douleur en elle et de son érection pressée contre sa cuisse. Se tournant sur le côté pour lui faire face, elle l'embrassa avec voracité et gémit au goût du musque dans sa bouche.

Severus l'embrassa en retour tout aussi sauvagement, et il la déplaça pour qu'elle roule sur le dos une fois de plus. Il n'y avait plus de taquineries. Il s'enfonça soudain en elle rapidement, sans avertissement, et cela lui valu un cri étonné qui s'évanouit en grognement alors qu'il s'enfouissait jusqu'à la garde, avant de commencer à bouger. En dépit de la brusque action, il était toujours doux, et son corps répondit au seul mouvement de rouleau de ses hanches tandis que son souffle était irrégulier et discordant à ses oreilles.

S'accrochant à ses épaules marquées pour se soutenir, Hermione jeta la tête en arrière, cherchant de l'air car le feu se répandait en elle une fois de plus, et il abaissa sa tête pour embrasser doucement sa gorge exposée, ses longs cheveux effleurant sa peau. Puis il gémit, son corps se tendit, et elle tendit le bras pour pousser ses cheveux de son visage, regardant ses yeux comme il baissait le regard vers elle. Elle voulait le voir venir. Quelques poussées de plus et ses yeux se déréglèrent, son expression alla de la concentration à quelque chose comme de la douleur. Un frisson le parcourut et il cria, et comme elle le sentit parvenir jusqu'à l'orgasme en elle, elle le suivit juste après.

Allongée à moitié endormie dans ses bras, elle se relaxa en écoutant sa lente respiration. « Severus ? »

« Humm ? »

« Pourquoi m'as-tu arrêtée ? » Après une pause, puisqu'il ne répondait pas, elle réalisa que c'était l'une de ces raisons. Elle essaya de penser à pourquoi il pourrait refuser une fellation et décida qu'elle ne voulait pas vraiment savoir, mais elle lui avait déjà demandé. Quand il prit une profonde inspiration, elle parla pour le prévenir. « S'il te plaît, ne me mens pas. Si tu ne veux pas me dire, ou que tu ne veux pas que je sache, alors dis-le. Je ne persévérai pas. »

« Alors ne te mens pas à toi-même. » Répondit-il au bout d'un moment, en frissonnant un peu. « Tu sais déjà pourquoi. »

Hermione grimaça. « J'espérais avoir tort. Tu as vraiment une cicatrice là, alors ? » Elle l'avait senti – Mon Dieu, était-ce seulement hier ? - quand elle l'avait touché, pris dans sa main, mais elle s'était dit qu'elle avait fait une erreur.

« Oui. » Dit-il doucement, en détournant la tête dans ses cheveux. Ses bras se contractèrent inconsciemment, et après un long moment il parla encore, d'une manière distante. « C'était une… punition sévère et insolite. »

« Qui… » Commença-t-elle à demander, mais elle se mordit presque la langue pour s'arrêter elle-même.

Étonnement, il répondit. « Bellatrix, naturellement. La chienne. »

« Elle n'eut pas une mort assez terrible. » Marmonna Hermione, écœurée et en colère.

« Non. » Acquiesça-t-il doucement, et il soupira de nouveau dans ses cheveux. « J'ai essayé de t'avertir, Hermione. Je suis vraiment trop brisé pour quiconque. »

« Ne sois pas stupide. » Lui dit-elle. « Ne les laisse pas gagner. Ils essayaient de tout te prendre. Je ne vais pas les laisser y arriver, pas après tout ce temps. » Se lovant plus proche de lui, elle le tint pendant un moment, tentant sans succès de ne pas y penser. « Est-ce que tu savais que ça allait se passer ? »

« Non. » Son rire tranchant était amer. « J'ai pensé en premier lieu que j'étais récompensé. Puis, au dernier moment possible, elle… m'a mordu. Violemment. Et alors que j'essayais de ne pas crier, d'arrêter le saignement, le Seigneur des Ténèbres m'a dit pourquoi je subissais ça. »

« Et… Pourquoi? »

« Parce qu'il n'était qu'un satané fou. » Répondit franchement Severus avec une véhémence inhabituelle. « Je n'avais rien fait de mal. En fait, je l'avais satisfait – d'où mon erreur de croire que c'était une récompense. Enfin, si tu peux appeler ça comme ça. » Ajouta-t-il avec un sourire méprisant. « Bella n'a jamais été mon type, même si c'était avant qu'Azkaban ne la détruise complètement. Il s'avérait que c'était une récompense – mais pour elle, plus que pour moi. »

« Mon Dieu, Severus. Je suis si désolée. »

« Ah, je t'ai dit de ne pas faire ça. » Lui reprocha-t-il légèrement. « Ce n'était pas si terrible que ça. C'était plus le choc qu'autre chose – bien qu'il est vrai que je fus très soulagé quand la douleur cessa finalement. J'ai enduré pire. »

« Tu… N'as pas mentionné ça dans la liste des choses à éviter. » Réussit-elle à dire en tenant de rester calme.

« Je ne pensais pas qu'on en viendrait à cette question. La plupart des femmes n'apprécie pas l'acte. »

« Je ne suis pas la plupart des femmes. »

« Un fait pour lequel je ferai tout mon possible afin de ne pas l'oublier, dans le futur. »

« Quand est-ce que ça s'est passé ? » Demanda Hermione doucement.

« Pendant la première guerre, quand j'étais toujours adolescent. » Répondit-il laconiquement. « Lors de la deuxième guerre, j'étais mieux préparé et je n'aurais pas eu à endurer quelque chose comme ça. »

« Je ne comprends pas. »

Il soupira, en jouant nerveusement avec ses cheveux. « Pour être direct, j'ai revendiqué mon impuissance. Cela signifiait que j'évitais de nombreux – bien que pas tous – aspects parmi les plus déplaisants de notre joyeuse petite société. Ce n'était même pas un mensonge. » Ajouta-t-il d'un ton aigre. « Dans ces circonstances. C'est difficile d'être efficace quand tu es effrayé ou quand tu essayes de ne pas vomir, même si tu n'es pas sujet à quantité de stress… et je n'étais pas non plus particulièrement actif à cet égard de toute façons. »

« Alors tu n'a jamais… »

« Non. » Il remua, se tassa contre un oreiller, et baissa le regard vers elle d'un air incrédule alors qu'elle le regardait. « Tu – tu pensais cela de moi et tu me laisses quand même te toucher ? » Demanda-t-il avec stupéfaction.*

« Et bien, je n'ai jamais pensé que tu l'aies fait volontairement. » Se vexa-t-elle. « Je savais que tu ne me ferais pas de mal, et tu ne l'as pas fait. » Il continua à la fixer pendant de longues minutes avant de secouer la tête lentement et de se voûter contre l'oreiller, le regard porté sur le salon avec une étrange expression sur son visage. Hermione se pelotonna contre lui de nouveau, en ignorant le fait qu'il se tende, et posa sa tête sur sa poitrine. Elle réfléchirait à ça davantage dans la journée. Maintenant, il était temps de changer d'ambiance, avant qu'ils ne deviennent tous les deux dépressifs. Une pensée bien placée lui vint à l'esprit, et elle étouffa un rire.

« Qu'y a-t-il de si drôle ? » Demanda Severus, d'un air confus – autant qu'il le pouvait, étant donné le sujet en question.

Elle leva la tête et lui sourit narquoisement. « Je pensais juste… que ça rendrait plus amusant tes tests sur ta nouvelle potion améliorée. »

Il sembla vraiment choqué pendant un moment, ses yeux s'élargissant, et elle vit une multitude d'émotions différentes se refléter dans ses yeux avant qu'il ne commence à rire, sans défense, presque de façon hystérique, son corps entier secoué. Il pleurait presque au moment où il reprit contrôle de lui-même, et il la surprit encore plus en la serrant fort dans ses bras. « Mon Dieu, tu es une femme extraordinaire, Hermione. » Lui dit-il, apparemment sincère. « Seule toi peut réagir si… Si calmement. »

« Oh, que tu ne te méprennes pas, je pense sérieusement à voir s'il te reste des livres de Magie Noire, afin de ramener Bellatrix des morts pour la tuer encore et encore. » Dit-elle légèrement. « Elle et la face de serpent. Mais si tu veux savoir si tout ça baisse mon estime de toi, non, ça ne le fait pas. » En plus de cela, elle était déterminée à ce qu'un jour, elle puisse le rendre heureux et effacer ses mauvais souvenirs.

« Face de serpent ? » Répéta-t-il d'un ton étranglé, en déglutissant malgré le rire. « Tu prends beaucoup de mes mauvaises habitudes… »

« Ne te gêne pas pour m'en apprendre d'autres. » Dit-elle d'un ton chaleureux.

« Essaies-tu de me tuer ? » Demanda-t-il en un outrage feint, en se tournant un peu plus vers elle et en l'enveloppant de ses bras.

« Jamais. Je ne pourrai plus beaucoup t'utiliser si tu meurs. »

« Oh, je vois. Donc tu m'utilises impudemment ? »

« Et bien, oui. » Acquiesça-t-elle, alors qu'elle se blottissait plus proche.

« Bien. »


Hermione n'y avait jamais vraiment réfléchi avant, mais le mois d'août n'était réellement pas assez long. Il devrait être au moins deux fois plus long, décida-t-elle, en se traînant sur le chemin menant à Poudlard avec ses sacs et la boîte de Pattenrond qui lévitait à ses côtés. Pas qu'elle était mécontente de retourner au travail. Elle aimait toujours Poudlard et elle appréciait son travail. Mais elle aurait préféré rester là elle avait été pour la plupart du temps pendant les semaines précédentes, dans le lit de Severus, dans l'exiguë et miteuse caravane.

Ça avait été des vacances parfaites, vraiment. Quand ils ne faisaient pas l'amour – une expérience qui, étonnement, s'améliorait avec le temps, du moins jusqu'à présent – ils avaient simplement paressé sous le soleil en parlant de tout. Il lui avait posé des questions sur son enfance, sur le moment où sa magie s'était montrée pour la première fois et comment elle avait ressenti ça, et elle fut même capable de parler de ses parents sans que ça ne fasse trop mal. Elle lui avait demandé des choses sur ce qu'il avait vu et fait durant ses années d'errance à travers le monde. Ils avaient parlé de livres, de théorie magique, et des derniers comédiens moldus. Ils avaient même passé un dimanche parfaitement paisible au lit, à lire les journaux selon le meilleur cliché – bien que la plupart des couples ne se lançaient probablement pas dans un débat compliqué et enthousiaste à propos des parallèles entre le gouvernement moldu et le Ministère, qui disparut en une dispute, elle-même résolue quand il tricha et l'embrassa pour la soumettre. C'était probablement une mauvaise idée de le laisser s'enfuir grâce à ça trop souvent.

Mais le devoir les appelait, et ils avaient tous les deux un travail. A présent, on était à deux jours du début du trimestre et là elle s'avançait vers l'école pour une réunion d'un jour entier pour que les emplois du temps soient finalisés, les week ends à Pré-au-Lard et les accompagnateurs soient prévus, que les matchs de Quidditch soient arrangés et que les problèmes soient discutés. Au moins, elle verrait encore Severus. Elle ne l'avait pas vu depuis une semaine, tous les deux réalisant tardivement qu'ils avaient encore beaucoup de travail à faire avant que le trimestre ne commence. Une fois encore, elle était un peu nerveuse à l'idée de le revoir. Ce serait leur première rencontre au sein de l'école depuis qu'ils étaient devenus amants, et l'atmosphère allait être différente. Avoir le reste du corps enseignant autour d'eux n'allait pas les aider non plus.

Finalement, le voir n'était pas aussi gênant qu'elle l'eut craint. La salle des enseignants était pleine, une explosion de bruit et de rires, qui aurait pu rendre honteux n'importe laquelle des salles communes des étudiants, retentissait. Et lorsqu'elle réussit enfin à le regarder, elle fut consternée pendant un moment de voir une fois de plus le masque sans expressions et légèrement irrité du Professeur Rogue – jusqu'à ce que ses yeux s'adoucissent doucement quand ils rencontrèrent les siens et qu'une ébauche de sourire apparaisse au coin de sa bouche. Seulement pendant un moment, et personne d'autre n'aurait pu le remarquer, mais c'était assez.

Une réunion des enseignants n'avait jamais traîné autant en longueur. Hermione examina son nouvel emploi du temps, qui incluait une classe supplémentaire cette année, et se fit la remarque mentale de le comparer avec celui de Severus à la première opportunité, pour voir s'ils avaient du temps libre en commun. Severus semblait moins impressionné par son programme et se plaignit qu'il était impossible d'empêcher les accidents si Minerva persistait à lui donner en dernier cours un double cours de Potions le jeudi avec les Gryffondor et Serpentards de quatrième année – un groupe très connu parmi le corps enseignant comme étant simplement le cours bain de sang, car ils étaient, de loin, le groupe le plus difficile à contrôler. La plainte ne l'amena nulle part, mais clairement il s'y attendait, et par son ton elle soupçonna qu'il avait fait la même plainte tous les ans depuis pratiquement le début de sa carrière.

Finalement, ce fut enfin fini. Lorsque Hermione se fut démêlée des questions bien-intentionnées mais décidément malvenues à propos de son été, Severus s'était volatilisé depuis longtemps dans les donjons, égrenant l'étalage habituel de sa mauvaise humeur. Elle le soupçonna de ne pas le feindre entièrement. Il n'avait aucune patience pour les réunions du corps enseignant, et la première du trimestre était toujours plus que nécessaire. Étant donné qu'il était probablement de mauvaise humeur, elle approcha des donjons avec précautions, réalisant seulement quand elle atteignit la porte qu'elle ne connaissait pas son nouveau mot de passe, et elle soupira d'irritation alors qu'elle toquait.

La porte s'ouvrit silencieusement, et d'une certaine façon elle ne fut pas très surprise de voir Pattenrond assis au milieu du palier, en train de lêcher ses pattes d'un air suffisant. « Tu fais rapidement comme chez toi. » Avertit-elle le chat, qui l'ignora. Évidemment, son animal de compagnie approuvait son amant actuel, ce qui était un soulagement – il avait montré une tendance à la jalousie dans le passé.

« Il n'est pas le seul. » Lui offrit Severus sardoniquement de là où il se tenait, à côté de l'une de ses bibliothèques. « Il semble qu'il n'y ait vraiment aucune paix pour le méchant professeur. »

« Bonjour à toi aussi. » Rétorqua-t-elle, incapable de retenir son sourire tandis qu'elle marchait vers lui. « Mes sincères excuses pour le dérangement. Peut-être que je devrais revenir à un moment plus opportun, ou… » Il la coupa rapidement de la manière qui devenait sa méthode habituelle pour l'empêcher de discuter, et après un combat symbolique, elle capitula avec réticence devant le baiser. Cherchant de l'air, elle leva ses yeux vers lui en reculant. « Tu m'as manqué aussi, bougre grincheux. »

Il grogna dédaigneusement et se retourna, mais elle vit le sourire qu'il essayait de cacher.


Ils n'eurent pas de réelle discussion là-dessus. Hermione finit simplement par passer la plupart de son temps dans les donjons, pour une raison ou pour une autre. Elle n'avait pas eu l'intention de rester la nuit au début, mais c'est ainsi que ça se passa, et il est certain que Severus ne semblait pas se plaindre de la situation. Et puisqu'elle passait tant de temps dans ses appartements, c'était logique qu'elle garde quelques affaires ici. Il fit de l'espace pour ses biens sans faire de commentaire. A la réflexion, elle soupçonnait qu'aucun des deux ne voulait évoquer cela ouvertement, au cas où l'un d'eux réaliserait que c'était une mauvaise idée. S'ils ne l'évoquaient pas, tout ne s'effondrerait pas autour d'eux. Et il n'y avait vraiment rien à discuter – si Severus s'y opposerait, il le lui ferait sans aucun doute savoir. Il était vraiment préférable de laisser les choses telles qu'elles étaient – « si ça ne s'est pas brisé, n'y touche pas, » comme aimait à le dire son père.

Son trentième anniversaire pris un moins bon départ. Severus s'était levé tôt et était allé à son premier cours sans la réveiller, ce qui l'ennuya même si elle se dit qu'il ne savait probablement pas quel jour on était, car elle n'avait laissé échapper aucune allusion. Elle ne pouvait pas attendre de lui qu'il se rappelle du jour de son anniversaire sur la seule base des fleurs en papier de dernière minute de l'année dernière. Et elle ne s'attendait à rien de sa part, mais cela ne l'empêcha pas de se sentir un peu peinée. Jusqu'à ce qu'elle se rende à son bureau et qu'elle trouve un livre sur le meuble.

Ce devait être de Severus, parce que personne d'autre n'aurait jamais pensé à lui offrir une édition récente d'un journal de Potions réservé à l'élite intellectuelle, mais elle était un peu confuse quant au pourquoi. Il n'y avait pas de note, ni rien d'écrit sur la couverture. Perplexe, elle s'assit sur son fauteuil et feuilleta lentement les pages, scannant les articles jusqu'à ce que le nom d'un auteur attire son attention – le Professeur Severus Tobias Rogue.

Lentement, elle commença à lire l'article. C'était le rapport complet sur le traitement des nerfs qu'il avait créé et utilisé avec succès à Pacques, ce qui semblait faire une éternité. Elle reconnut son style dans quelques unes des phrases et tira un malin plaisir de savoir que pratiquement personne d'autre dans son entourage ne comprendrait la moitié des termes techniques qu'il avait utilisés. Une fois encore, ce périodique n'était pas pour les profanes mais bien pour les experts. Elle n'avait pas eu l'idée qu'il pourrait planifier de le publier, et elle était satisfaite pour lui. C'était le premier travail qu'il avait publié depuis la guerre. Elle était aussi amusée de remarquer les quelques docteurs Moldus nommés dans les références, à la fin de l'article. Elle finit l'article et était prête à fermer le livre quand la toute dernière phrase sembla bondir de la page vers elle, tout comme son nom l'avait fait.

Enfin, l'auteur souhaite reconnaître l'importante contribution du Professeur Hermione Jane Granger, dont l'aide fut inestimable pour le développement et la création de ce travail.

« Oh, Severus… » Murmura-t-elle tout haut, stupéfaite.

Très bien, ce n'était pas le cadeau le plus romantique au monde, mais de la part d'un homme si privé et renfermé comme Severus, toute reconnaissance publique pour n'importe quoi était incroyable. Et pour être honnête, une citation dans un prestigieux journal académique était mieux qu'un cadeau plus conventionnel. Ce devait juste être l'un des meilleurs cadeaux qu'elle n'ait jamais eus. Lentement, elle retourna vers le frontispice, et cligna des yeux quand elle remarqua un faible scintillement sur le parchemin. Elle toucha doucement le point, et regarda son empreinte devenir noire avant de se modifier en une écriture en brosse, qui était immédiatement reconnaissable même si ça faisait plus de dix ans qu'elle ne l'avait pas vue de si près.

Joyeux anniversaire, Hermione. S.


C'était tout aussi bien qu'elle ait un cours à faire, à la fin de la journée. Cela voulait dire qu'au moment où elle descendit dans les donjons, les élèves de Potions étaient partis de la classe et Severus avait juste fini de la nettoyer. Autrement, les enfants auraient été complètement horrifiés de voir le professeur d'Étude des Moldus pratiquement courir dans la classe, se lancer sur un maître des Potions étonné et tenter de le bécoter intensément.

Pris au dépourvu et par surprise, Severus tituba et manqua de tomber, avant de s'affaler sur le coin de son bureau et de répondre à son attaque avec un enthousiasme satisfaisant. Elle était vaguement consciente de la porte qui se claquait, mais franchement elle n'en avait rien à faire si quelqu'un passait là ou non – à ce moment, elle pensa même qu'il était difficile qu'elle s'en fasse si le Ministère de la Magie en entier, les acteurs au complet de 'Priscilla, folle du Désert'** ou une meute de Scroutts-à-pétard étaient là. En fait, elle aurait même pu ne pas les remarquer.

Quand la carence en oxygène commença à devenir un problème, elle brisa à contrecœur le baiser. Elle se mit en arrière pour le regarder – avec lui à demi-assis, à demi appuyé contre son bureau pendant qu'elle se tenait entre ses jambes, leurs yeux étaient presque au même niveau. Il leva un sourcil, et tenta d'être crédible en faisant comme s'il n'était pas cramoisi ni à bout de souffle.

« Je suis loin d'être un expert en bonnes manières, j'en suis conscient, mais je crois que 'bonjour' est une salutation plus traditionnelle. » Observa-t-il doucement, en réussissant également à faire comme si sa voix n'était pas devenue ce ronronnement rauque et soyeux qui faisait vibrer son corps entier à elle.

« Tu es un homme vraiment adorable et en même temps un bâtard sournois et exaspérant. » L'informa-t-elle, essayant de ne pas paraître trop haletante.

« Et qu'est-ce qui t'as mené, je te prie, à cette conclusion plutôt improbable ? »

Pour toute réponse, Hermione dégagea le journal de sa robe et le tendit en silence, luttant pour retrouver son souffle et remettre en ordre son esprit dispersé. Il arqua un sourcil et le prit, son expression parvenant à suggérer qu'il n'avait jamais posé les yeux sur le journal avant. Et il feuilleta les pages au hasard, en apparence, en réussissant à donner l'impression que ce n'était que pur coïncidence qu'il s'arrête à cette page en particulier.

« Oh, ça ne va pas du tout. » Murmura-t-il. « Ils ont fait des fautes. Le texte original disait très clairement : 'L'auteur est forcé, avec réticence, de reconnaître les interventions de l'insupportable Miss-Je-Sais-Tout Professeur Hermione Jane Granger, dont l'aide était inévitable…' Il ne put continuer puisqu'elle grogna et l'embrassa encore, une part d'elle observant qu'en tant que méthode pour faire taire quelqu'un, ça marchait tout aussi bien sur lui que sur elle. Une toute petite partie d'elle, cependant, puisque le reste de son corps et son esprit était bien plus intéressé à imposer sa langue dans sa bouche alors que ses doigts serpentaient dans ses cheveux.

Finalement, elle s'écarta pour permettre à tous les deux de reprendre leur respiration une fois encore, en regardant son visage tandis qu'il essayait de retrouver son aplomb, ses lèvres gonflées par les baisers et sa peau pâle cramoisie. « Tu n'avais pas besoin de faire ça. » Dit-elle doucement. « C'était entièrement ton travail. Je n'ai presque rien fait. »

Ses yeux noirs l'incendièrent, mais sa voix resta douce quand il répondit posément : « C'est comme ça que tu vois les choses ? »

« C'est comme ça que ça s'est passé. » Répondit-elle, perplexe face à l'intensité de son expression sur son visage, alors qu'il la fixait. Il semblait presque en colère, mais ce n'était pas tout à fait ça. Elle ne pouvait pas vraiment identifier l'expression dans ses yeux.

« Sans toi, ça n'aurait pas été possible. » Dit-il enfin. Son regard glissa vers le côté, cette étrange expression s'estompant pour laisser un malaise plus familier. « Sans toi, je ne serais pas là et je n'aurais pas pu achever ça. Sans toi, je… » Il ne finit pas la phrase, il regardait maintenant par terre.

« Severus ? » Demanda-t-elle très doucement, en tendant le bras pour pousser ses cheveux de son visage, car elle voulait voir ses yeux.

Il ne la regarda pas alors qu'il finissait de parler, si bas qu'elle dut tendre l'oreille pour l'entendre. « Sans toi, je serais encore seul. »

Oh, Severus. La gorge d'Hermione se noua tandis qu'elle réalisait combien ces mots contenaient de douleur, en se rappelant le jour où il avait admit qu'il voulait simplement rentrer chez lui. Il avait été seul toute sa vie. Ce qu'elle avait ressenti depuis si longtemps était seulement un vague écho de ce qu'il avait dû subir. Dans un moment de lucidité, elle se rendit compte que ce fait, c'était le pire dans tout ça. Toutes les choses odieuses qu'il avait dû endurer auraient été bien plus simples à supporter s'il y avait eut quelqu'un pour les partager, quelqu'un pour lui dire que tout allait bien, quelqu'un pour soigner ses blessures et l'écouter, et simplement pour être là pour lui. Elle tendit le bras et toucha son visage, souleva son menton et le fit la regarder. « Nous ne sommes plus seuls, aucun de nous deux. » Lui dit-elle simplement, en se penchant pour un doux baiser.

Ses bras glissèrent autour de sa taille, pour la tenir proche, et elle ferma les yeux alors qu'il l'embrassa tout aussi doucement, avant qu'elle n'attrape sa lèvre inférieure entre ses dents et qu'elle entende sa respiration se stopper en réponse. Elle approfondit le baiser, et soupira de plaisir au goût maintenant familier de mélasse et de pluie, avec une touche de café noir, provenant de plus tôt dans la journée. Elle s'écarta et lui sourit. « Viens avec moi. »

« C'est ton anniversaire. » Dit-il de façon neutre.

Elle mit du temps pour traduire. Ses amis avaient prévu une sorte de fête officieuse ce soir, pour boire un coup à Pré-au-lard. Mais ce n'était que plus tard, après dîner, et de toutes façons… « Oui, ça l'est. » Acquiesça-t-elle doucement. « Et j'ai le droit de choisir comment je le passe. Et maintenant, je veux être avec toi. Alors cesse d'en débattre avec moi et viens m'aider à le célébrer correctement. »

Ses yeux se réchauffèrent dans l'un de ses demi-sourires personnels. « Bon, si tu insistes. »

Elle lui prit la main, et le tira du bureau pour le mener dans ses appartements privés. Pattenrond ouvrit un œil, leur adressa un regard légèrement dégoûté et enfoui ostensiblement son nez aplati derrière sa queue. Tous les deux ignorèrent complètement le chat alors qu'ils entraient dans la chambre. Quand Severus bougea pour l'embrasser encore, elle posa ses doigts contre ses lèvres, en le stoppant. Il la regarda et elle lui dit fermement. « C'est mon anniversaire. » La compréhension fit jour dans ses yeux, et après un moment d'indécision, il hocha la tête et resta passif, attendant qu'elle agisse – un geste de confiance qu'elle n'attendait pas obtenir.

Hermione prit son temps, elle défit lentement ses robes puis sa veste bouton par bouton, jusqu'à ce qu'elle puisse faire glisser les lourds habits de ses épaules en un tas informe par terre. Elle s'agenouilla, et entendit sa respiration se bloquer brusquement alors qu'il se tendait, et elle garda sa tête penchée – pas ça, pas encore. Il n'était pas prêt pour ça, et elle avait d'autres plans pour ce soir – elle défit les lacets de ses chaussures. Il se détendit un tout petit peu et déplaça son poids d'une jambe à l'autre alors qu'elle enlevait ses chaussures et ses chaussettes, avant qu'elle ne se remette debout et s'étire pour glisser ses bras autour de son cou, l'attirant pour un autre doux baiser.

Ensuite, elle commença à s'atteler à enlever sa chemise, en défaisant les manchettes avant de gentiment la tirer hors de son pantalon, et elle sourit du faible sursaut dans sa respiration. Comme elle l'avait fait avec ses robes, elle défit lentement chaque bouton un par un, dénudant peu à peu son corps, et elle retraça gentiment la peau fraîchement exposée du bout des doigts. A présent, elle connaissait chacune de ces cicatrices, les lignes de chacun de ses os et de ses muscles, et chacun de ses poils noirs. Un autre baiser lent et passionné tandis que la chemise tombait au sol, et elle défaisait sa ceinture et la braguette de son pantalon d'une main, alors que l'autre restait entortillée dans ses cheveux et que sa langue explorait avidement les contours familiers de sa bouche.

Il ne restait maintenant que son sous-vêtement, et elle glissa une main sous l'élastique pour le tenir délicatement, en le sentant frissonner. Elle mit fin au baiser, glissa son autre main sous sa hanche et repoussa son vêtement jusqu'à ce qu'il soit totalement libre et nu devant elle, les flammes dansantes illuminant les contours de son corps à la perfection. Seule la petite lueur dans ses yeux trahissait la gêne désagréable qu'il ressentait à être si exposé alors qu'elle était encore entièrement habillée. C'était une situation à laquelle elle avait l'intention de remédier assez rapidement.

Elle plaça une main sur son torse, le poussa gentiment en arrière, et il céda face à la pression pour reculer jusqu'à ce qu'il atteigne le lit. Une autre poussée et il s'assit. Elle s'appuya sur lui et l'embrassa encore avant de saisir ses épaules et de le pousser pour l'allonger sur le lit, lui disant silencieusement de rester là. Il se tortilla docilement afin que sa jambe malade soit soutenue par le fait qu'il s'appuie sur ses coudes, en la regardant en silence, la chaleur dans ses yeux grimpant d'un coup alors qu'elle commençait à se déshabiller.

Son intense regard était suffisant pour la faire rougir. Hermione n'avait jamais pensé avoir le courage de faire ça, mais il y avait quelque chose de puissant dans le fait d'être capable de voir l'effet qu'elle avait sur lui. De voir les lueurs de lubricité et de désir dans ses yeux, de voir ses mains se serrer vaguement en poings, de regarder sa poitrine se soulever et se baisser car sa respiration devenait plus lourde, et de voir son érection trembler alors qu'il durcissait encore plus. La prise de conscience qu'elle était capable d'affecter un homme comme lui à ce point était un sentiment extraordinaire.

Nue, elle se tint un moment avec ses mains sur ses hanches, ses mamelons se durcissant et des frissons parcourant sa peau à la fois à cause de l'air frais des donjons et de son regard intense qui était presque quelque chose de tangible sur elle. Lentement, elle s'avança vers le lit et s'assit à califourchon sur ses hanches, puis se pencha pour capturer encore sa bouche avec la sienne. Tous les deux frissonnèrent au contact de leurs peaux, et il bougea enfin, ses mains commençant à explorer son corps alors que le baiser s'approfondissait.

Chaque mouvement était atrocement lent. Finalement, elle étendit un bras entre eux et enroula ses doigts autour de sa solide hampe, s'assit et s'empala lentement sur lui. Cette position provoquait presque trop de sensations, c'était presque trop intense, et elle grogna doucement tandis qu'il la remplissait, le sentait frissonner sous elle. En prenant un moment pour s'y adapter, Hermione baissa le regard vers ses yeux avant de commencer lentement à bouger ses hanches, d'abord en se balançant à peine sur lui. Il s'arqua en elle en un faible son qui provenait du fond de sa gorge, en s'accordant à son rythme lent alors qu'elle le chevauchait. Une chaleur monta en eux tout aussi lentement qu'elle accélérait son mouvement, jusqu'à ce que ce soit presque trop à supporter. Enfin, juste quand elle n'en pouvait presque plus, tout explosa et sa libération fut pratiquement aveuglante par son intensité. Perdue dans les dernières vagues de son extase, elle entendit son grognement familier et sentit ses doigts se resserrer autour de ses hanches.

Puis, quand son orgasme commença à s'évanouir, elle entendit sa voix, rendue rugueuse et forte par le besoin. « Hermione… » Baissant le regard, elle vit que ses yeux étaient fermés. Son corps s'arqua sous elle, il eut un soubresaut, et elle le sentit atteindre enfin l'orgasme.

Plus tard, étendue dans ses bras, elle se remémora le moment et sa voix. Il n'était pas du tout du genre bruyant et était presque silencieux d'habitude pendant le sexe. Il parlait rarement une fois qu'il atteignait un certain point d'excitation, et elle était certaine qu'il n'avait jamais rien dit de cohérent quand il venait, et encore moins son nom. Cela soulevait bon nombre de questions. Peut-être qu'il y avait quelque chose entre eux qui dépassait leur étrange amitié, comme une tendance à amasser d'obscures connaissances, ou beaucoup de bons rapports sexuels – elle avait le sentiment qu'il ne lui faudrait pas beaucoup plus de temps pour qu'elle tombe amoureuse de Severus Rogue maintenant. Et cela ne bousillerait-il pas tout ?

Aucun d'eux n'avait parlé du futur. A part lors de cette première fois, quand il avait demandé ce que ça signifiait et qu'elle avait répondu qu'elle ne savait pas, aucun d'eux n'avait plus osé mettre en doute leur relation. Ils n'étaient pas des gens bavards, aucun des deux, mais… Hermione savait qu'elle avait perdu toutes ses illusions il y a longtemps. L'amour n'était pas sans risques, c'était douloureux, et c'était bien plus étrange que ce qu'elle avait pu croire avant. Et quant à Severus… Même maintenant, son avis sur la question était un complet mystère pour elle. Il lui avait dit, il y a des mois, qu'il avait su depuis un long moment qu'il n'aimait pas Lily, mais c'était tout ce qu'elle savait avec certitude. Elle doutait qu'il croie à l'amour, et même s'il le faisait elle n'était pas sûre qu'il en avait en lui et qu'il pouvait en ressentir. Il était toujours si brisé sur bien des plans. Elle était raisonnablement certaine qu'il l'appréciait, au moins un peu, mais était-ce assez ?

Il devait pourtant y avoir plus. En ce moment, elle vivait pratiquement avec lui. A la surface, c'était un arrangement superficiel avec des avantages, mais Severus était quelqu'un de si renfermé qu'il ne lui aurait jamais permis de s'immiscer autant dans sa vie à moins qu'il ne le veuille vraiment, et elle doutait énormément que le sexe, ou même l'amitié, soient des motivations assez fortes. Le fait qu'il avait publiquement indiqué qu'il donnait de la valeur à son aide était bien plus que ce qu'elle avait jamais rêvé de sa part, et la confiance qu'il avait montré, plus tôt, en la laissant prendre les devants était presque incroyable, étant donné qui il était.

Ce qu'ils partageait maintenant fonctionnait. Elle pensait depuis un bon bout de temps qu'ils étaient tous les deux effrayés d'essayer de définir ça, au cas où ça s'écroulerait et que ça ne fonctionnerait plus. Il n'y avait pas de fin de contes de fée pour eux, c'était très certain, mais elle ne pensait pas qu'elle en voulait une, de toute façon. Il n'y aurait pas de « et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants » - mais peut-être qu'il y avait une façon de vivre presque heureuse dans leur relation, pendant assez longtemps. Ce devait être ainsi.

Elle était vaguement consciente qu'il avait tourné son visage dans son cou, ses bras l'entourant presque de façon possessive à chaque fois qu'elle essayait de bouger, et elle sourit, en repoussant ses pensées troubles pour les étudier une autre fois. C'était son anniversaire, et elle allait s'amuser. « Ne t'installe pas trop confortablement, Severus. Je vais bientôt sortir, je dois être prête. Et tu es de surveillance, ce soir. »

La seule réponse qu'elle obtint fut un grognement, mais après un moment il la laissa partir avec réluctance. S'il s'était rendu compte de ce que qu'il avait dit un peu plus tôt, ça ne se voyait pas, mais elle était pratiquement sûre que non. Hermione baissa sur regard vers lui. Ses yeux étaient toujours fermés, sa tête tournée de l'autre côté. Impulsivement, elle s'abaissa et embrassa son cou, juste entre les deux cicatrices dentelées. Il se raidit et ses yeux s'ouvrirent doucement tandis qu'il échappait un souffle court, mais elle se dégageait déjà lentement de son étreinte, et après un moment, il exhala lourdement et se relaxa. « Préviens-moi quand tu fais ça. » Ronchonna-t-il, et elle lui fit une grimace, alors qu'elle commençait à rassembler ses vêtements.

« Tes réflexes commencent à devenir médiocres, Serpentard. » Lui dit-elle d'un ton moqueur, en passant sa robe par-dessus ses épaules. Elle fit une pause à la porte, et lui souffla un baiser. « A plus tard. Ne m'attends pas. »

« Ne te flatte pas toi-même. » Rétorqua-t-il, et son sourire s'élargit.

« Si je ne le fais pas, qui le fera ? »


NOTE DE L'AUTEUR : Il va y avoir moins de lemons pour davantage d'intrigue par la suite, je le promets !

*Ce ne sont que des sous-entendus dans le texte original également. Pour moi, ils parlent de viol...

**Priscilla, folle du Désert ou Priscilla, Queen of the Desert, est un film australien qui date de 1994 et qui raconte l'histoire de deux drags queens et d'une transsexuelle traversant l'Australie.

NOTE DE LA TRADUCTRICE : merci pour vos reviews, à bientôt!