Voilà le chapitre 10 (déjà !), j'espère que vous avez apprécié les précédents. Celui-ci est un peu plus court que d'habitude mais il s'y passe pleins de choses importantes alors disons que je suis pardonnée ? Bonne soirée et bonne lecture !

Le mois d'avril avait laissé place au mois de mai qui lui même était passé à une vitesse folle. Nous sommes à présent à une semaine des ASPICS et la fin de notre scolarité à Poudlard n'a jamais été aussi proche. Remus et moi passons tout notre temps à réviser tout en tentant de faire disparaître les lacunes que Peter possède en Potion. James m'a dit récemment qu'il avait peut-être trouvé quelqu'un pour le faire réviser et c'est d'ailleurs pour me parler de cela qu'il déboule comme un fou dans la bibliothèque sous le regard agacé de la maîtresse des lieux.

"Ambrounette ! Jumelle de ma vie et de mon âme ! Devine qui a accepté de me donner des cours en Histoire de la Magie !"

"Evans ?" Cela semble évident, il n'y a qu'elle pour le mettre dans un tel état.

"Oui ! Je crois qu'elle m'aime vraiment bien ! D'ailleurs, ça te dérangerais d'arrêter de l'appeler par son nom de famille ?"

Je lève les yeux au ciel et accepte. Ce sera Lily maintenant.

"Au fait, t'as bien mis la teinture dans le shampoing de Malfoy ?" Je demande à mon ami, inquiète que cette histoire avec Ev...Lily ne l'ai perturbé.

"Oui ! Pour qui tu me prends ? Je suis pas du genre à oublier une blague à faire ! Surtout vu comme il a malmené Peter l'autre jour, il mérite un bonne petite vengeance façon maraudeurs..."

Je suis tout à fait d'accord avec lui. Peter nous a raconté que le Serpentard l'avait coincé dans un coin et insulté puis lui avait lancé un chauve-furie. Il va comprendre ce que cela coûte de s'en prendre à un Maraudeur.

James regarde l'heure et m'annonce que c'est l'heure d'aller manger. Nous nous dirigeons donc tranquillement vers la grande salle. J'en profite, comme souvent ces derniers temps, pour essayer de retenir les plus infimes détails de ce si grand château. En effet, dans une semaine ce sera fini et plus jamais nous ne mettrons les pieds à Poudlard et cela me rend particulièrement triste. J'en ai un peu discuté avec James il y a quelques jours, il est d'accord avec moi mais a tout de même hâte de voir ce qui l'attend après.

Nous arrivons dans la salle pour prendre notre repas où déjà nous attendent les autres. Je passe dire bonjour à Sarah tout en faisant un clin d'œil à Malfoy qui possède à présent une magnifique chevelure bleue, et file rejoindre mes amis à la table des Gryffondors.

"Comment s'est passée ta journée mon amour ?" me demande Remus en m'embrassant. Ses petits surnoms me mettent mal à l'aise (je n'aime définitivement pas la mièvrerie) mais je laisse couler tant qu'il ne m'appelle pas "mon lapin".

"Très bien, et la tienne ?"

"Parfaite" répond-il en me souriant.

C'est ce moment que choisissent Sirius, James et Peter pour faire semblant de vomir. Je ne dis rien et réfléchis. C'est vrai que je n'étais pas comme cela avec Alex. Je sais il n'est pas un exemple parfait mais c'est le seul qui soit assez récent pour que je compare. Je n'était pas beaucoup attachée à lui et vraiment pas amoureuse. Et là, le suis-je ? Est-ce que c'est cela être amoureuse ? Se sentir bien avec une personne et être apaisée en la voyant ? En tout cas c'est comme ça que je me suis toujours représentée l'amour. Remus me caresse la main et j'ai quelques frissons. Nous ne sommes pas allés bien loin dans notre relation, nous voulons y aller doucement : nous ne sommes pas pressés. Je devrais quand même lui dire que je suis amoureuse de lui. Il m'avait déjà avoué ses propres sentiments lors de notre sortie à Pré-au-Lard et doit maintenant attendre que je prononce ces trois petits mots. Si j'en parle à Sarah, manipulatrice comme elle est, elle va me dire de ne rien dire puisque je suis en position de force. Mais il n'y a pas besoin d'y avoir de position de force dans un couple n'est-ce pas ?

Remus me demande si tout va bien. Il m'a vue absorbée dans mes pensées et s'est inquiété. Mon cœur fond un peu plus à l'idée que cet homme est parfait. Sans savoir vraiment ce qu'il me prend, je me penche vers son oreille et lui chuchote :

"Je crois que je t'aime."

Il a d'abord l'air surpris. J'ai peur d'avoir dit une bêtise. Puis je le vois réaliser peu à peu ce que je viens de lui révéler et un sourire immense grandit peu à peu sur son visage. Il m'embrasse alors, d'un baiser doux où il me transmet tout l'amour que lui ressent pour moi. Au bout de quelques minutes, James tousse assez fort pour nous rappeler que nous sommes en public et nous nous séparons à contrecœur. Nous essuyons les taquineries de nos amis sans même y faire attention, plongés dans notre bulle.

Nous avons décidé que ce soir je dormais avec les garçons. Enfin je l'ai plus imposé qu'autre chose mais bon ... C'est ainsi que je me retrouve sur le lit de Remus, bien installée dans les bras de celui-ci, regardant vaguement James et Peter faire une partie d'échecs sorciers. Sirius, lui, nous a marmonné qu'il sortait retrouver une fille. Il est assez distant et pâle ces derniers mois, je me demande ce qu'il lui arrive. C'est sûrement à cause de sa famille mais je n'ose pas lui en toucher un mot car il risque de se braquer comme à chaque fois que quelqu'un lui parle des Black. Je me tourne vers Remus et lui pose une question qui me taraude depuis un certain temps déjà.

"Tu m'as dis que tu étais amoureux de moi depuis deux ans déjà. Comment c'est arrivé ? Enfin, on était amis avant cela, qu'est-ce qu'il s'est passé pour que tu commences à ressentir des sentiments pour moi ?"

Il a l'air surpris par ma question mais pas mécontent que je la pose.

"La première fois que je t'ai vue, c'était en descendant du train à notre rentrée en première année, tu étais à côté de James et tu hurlais déjà sur Malfoy. Je me suis dis qu'on avait jamais vu pareille furie et que tu devais être un calvaire à côtoyer."

Il a un petit air désolé qui me fait rire, néanmoins il a raison : j'ai l'impression que je fais toujours ce genre de premier effet. Il continue :

"Et puis j'ai appris à te connaître, toi et ta personnalité un peu bipolaire. Toujours prête à défendre tes amis dès que quelqu'un d'autre que toi les embêtait. Tu étais drôle, gentille mais pas trop, intelligente et ... je ne sais pas, il y avait quelque chose en plus. Le jour où j'ai vraiment eu le déclic c'était en cinquième année, quand tu t'étais disputée vraiment très fort avec James et que tu avais décidé de ne plus jamais lui adresser la parole. Tu te rappelles ?"

Je hoche la tête. Je crois que je me souviendrais toute ma vie de cette dispute. Ne pas parler à celui que je considère comme mon frère jumeau pendant toute une semaine avait été un véritable calvaire. Je ne suis désormais même plus sure de la raison de la dispute mais je crois qu'il m'avait expliqué, qu'étant une fille, il y avait des secrets qu'il ne pouvait pas partager avec moi. Je n'avais pas compris. Je ne comprend toujours pas d'ailleurs mais lui a intégré le concept que mon sexe n'a rien à voir avec ce qu'il peut me raconter ou non.

"Tu étais tellement triste, cela m'avait brisé le cœur. Un soir où tu avais pleuré sur mon épaule, j'étais allé voir James et j'avais tenté de résoudre votre conflit. Lorsqu'il était venu s'excuser, la joie et le soulagement sur ton visage ont fait gonfler mon cœur de bonheur à un tel point que j'ai cru qu'il allait exploser. Je me suis rendu compte de mes sentiments à ce moment là. Seul Peter l'a su car cela me démangeait trop d'en parler à quelqu'un. Il était le seul à qui je pouvais me confier d'ailleurs : Sirius m'aurait taquiné à longueurs de journées à ce propos et James s'est à peine douté de quelque chose cette année que déjà j'ai eu le droit à des menaces."

Nous passons encore deux heures entières à discuter puis je finis par m'endormir dans ses bras alors que James commence à crier au scandale du fait que je ne dorme à nouveau pas avec lui.

Le lendemain, je me lève sans réveiller personne. J'ai rendez-vous avec Sarah dans la Grande Salle, cela fait longtemps que nous ne nous n'avons pas discuté ensemble. Peter commence à bouger dans son sommeil, il ne vas pas tarder à se réveiller lui aussi. J'enfile mes habits de la veille et file à travers les couloirs de Poudlard. Alors, que j'arrive au premier étage, un bras m'attrape et je reçois un coup dans mon nez qui se met immédiatement à saigner. Je reconnais la voix de Malfoy qui me chuchote :

"Tu ne t'attendais pas à éviter les conséquences de ta petite farce d'hier tout de même ?"

Et sans que j'ai pu lui répondre une quelconque phrase pleine de ma répartie légendaire ou attraper ma baguette, je me retrouve en train de dégringoler dans les escaliers à toute vitesse. Je sens ma tête cogner contre chacune des marches et me roule en boule pour me protéger un maximum.

J'attends quelques instants, tout tourne autour de moi et je peine à garder les yeux ouverts. Pourtant, je vois une forme s'approcher doucement de moi, je reconnais la voix paniquée de Peter :

"Par Merlin ! Ambre ! Ca va ?"

Mais bien sûr mon bon ami, tout roule. Je viens de me faire pousser dans les escaliers mais ça va ne t'inquiètes pas. Je me contente de froncer les sourcils, incapable de trouver la force pour répondre. Je l'entend vaguement dire qu'il va aller chercher quelqu'un mais il est déjà parti avant que je n'ai eu le temps de réaliser ce qu'il vient de dire. Il m'a laissée toute seule ? A la merci de n'importe quel taré passant par là ? Vous devez vous dire, comme Peter apparemment, qu'à Poudlard je n'ai que très peu de chance de tomber sur un taré pareil. Et bien, moi pas : nombreux sont les gens qui m'en veulent assez pour me jouer un tour alors que je suis dans une position aussi délicate. Je pourrais citer Alex, Malfoy, n'importe quel Serpentard sauf Sarah, n'importe quel(le) groupie des Maraudeurs. Je parle donc au final de presque un tiers de Poudlard. Super. Néanmoins, personne ne m'agresse jusqu'à ce que Peter arrive avec celui que je reconnais comme étant Sirius, ce dernier me prend dans ses bras et me chuchote des mots de réconfort :

"Ne t'inquiètes pas ma belle, tout va bien se passer. Mme. Pomfresh va te retaper en moins de deux tu vas voir ! Peter est carrément stupide de ne pas t'avoir portée lui-même à l'infirmerie, mais il ne faut pas lui en vouloir : il a un peu de mal à réagir pendant les moments d'urgence. Ah et puis quelle maladroite tu fais toi aussi ! Tomber dans les escaliers ! Tu ne pouvais pas faire attention où tu marchais ?"

Il a l'air réellement inquiet mais je n'en ai rien à faire, il croit que j'ai glissé ! Je rectifie la situation immédiatement. Enfin je tente de la rectifier :

"Malfoy. Poussée."

Vu son regard horrifié, je crois qu'il a compris. Mais je n'ai pas le temps de vérifier que déjà je tombe dans les vapes.

Lorsque j'ouvre les yeux, deux garçons que je ne voit pas bien sont présents à côté de moi. Lorsque je leur demande combien de temps j'ai dormi. Le plus grand des deux se lève et me dit :

"Rien qu'une journée mon coeur, ne t'inquiètes pas. Mme. Pomfresh nous a assuré que tout allait bien. Tu t'es fait sacrément mal à la tête. Ca aurait pu être grave tout de même."

Le second renchérit :

"J'aurais fait comment moi sans toi ? Tes parents m'en auraient voulu à mort ! Perdre ma fausse jumelle, tu imagines !"

Je crois qu'ils attendent que je leur réponde quelque chose. C'est pourquoi je leur sors la seule chose que je trouve à dire, c'est-à-dire :

"Très bien. Mais qui êtes-vous en fait ?"

Les regards horrifiés sur leurs visages m'annoncent que j'aurais mieux fait de ne rien dire ...