Auteur: Ariani Lee

Destinataire : Ce texte est un cadeau pour Shangreela, parce que grâce à elle, je ne pleure plus quand j'épluche des oignons. Sachant que ça fait près de 15 ans que je redoute toutes les recettes qui en nécessitent, ça valait bien un texte. Merci, Talì ! Je te suis reconnaissante à vie. Et ma fille te dit merci aussi, même si elle le sait pas encore (parce que dans dix ans je la colle aux corvées de patates /autres)

Disclaimer: Tout à Square Enix, rien à moi, c'est trop pas juste, enfin vous connaissez la chanson.

Fandom: Kingdom Hearts

Pairing : SoRiku

Prompt : Lemon, SoRiku, première fois, hot/fluffy , thérapie, en tailleur

Warnings : Lemon, long et descriptif, limite PWP, je m'excuse.

Merci à Lecimal pour la relecture ! Et BONNES VACANCES A TOUS !


L'Equilibre

Ça me plaît de plus en plus

Ça me blesse de moins en moins

Comme si l'amour avait fait le saut de l'ange

Je suis en en vie, et ça n'a pas de prix

Ça n'est pas à vendre

Je suis en vie, je respire et j'espère

Que tu seras tendre

(Je suis en vie, Grégory Lemarchal)


Accoudé à l'appui de fenêtre de sa chambre pour cette nuit, Sora admirait la vue.

Aux alentours de la tour de Maître Yen Sid, tout n'était que nuages et lumière chaude. C'était comme si le domaine s'était trouvé suspendu quelque part dans le ciel, au dessus de la Cité du Crépuscule. Il y avait peut-être un rapport, car après tout, les deux endroits étaient extrêmement proches. Il songea qu'il devrait poser la question au Roi, à l'occasion. Maître Yen Sid s'était peut-être installé là à dessein, la Cité du Crépuscule se trouvant à la Lisière, et étant donc susceptible d'être le théâtre de curieux évènements.

Mais pour l'heure, il avait d'autres préoccupations.

- Riku ? Viens, demanda-t-il en se retournant vers le jeune homme qui était assis au bord du lit, silencieux depuis qu'ils étaient entrés dans la pièce.

Riku se leva et le rejoignit, toujours en silence. Avec un sourire amusé - son sourire spécial "regarde-moi, que je puisse te faire sourire aussi" - Sora lui prit la main et, retournant à la fenêtre, le tira derrière lui. Docile, Riku passa ses bras autour de la taille du brun, et celui-ci, posant ses mains sur celles qui se croisaient se son ventre, renversa sa tête sur l'épaule de Riku et s'abandonna à nouveau à la contemplation du ciel.

- C'est beau, hein ? Demanda-t-il.

A dire vrai, c'était absolument ravissant. L'océan nuageux duquel émergeait la Tour était si épais et sa couleur jaune orangée, presque rouge par endroits, si chaleureuse, qu'on aurait dit un immense édredon. Sora aurait eu envie de se rouler dedans - de préférence avec le glaçon qui le tenait dans ses bras, Riku et son fichu caractère... - s'il n'avait pas su ce qu'il savait.

Riku répondit d'un grommellement, "mhmh", qui exprimait tout son enthousiasme. Sora leva les yeux au ciel et tourna la tête. De là où il était, il pouvait voir le visage de Riku, d'en-dessous. Son expression était neutre, son regard rivé au ciel.

- T'as pas l'air dans ton assiette, dit-il.

L'autre haussa les épaules, et la tête de Sora monta et redescendit sans qu'il la déplace.

- Je suis fatigué, c'est tout.

- Mais ça parle ! S'exclama Sora, taquin. C'est vivant !

Il se redressa et se retourna pour lui faire face, et Riku laissa ses bras autour de sa taille. Sora passa les siens autour de son cou.

- Si tu me disais ce qui va pas ?

À nouveau, Riku haussa les épaules.

- Je te l'ai dit, je suis fatigué.

Sora secoua la tête.

- Et tu t'attends à ce que j'avale ça ? Riku, je te connais. Je te connais mieux que personne d'autre, je te connais sans doute même mieux que toi, tu ne te connais. Alors essaye pas de m'endormir, t'y arriveras pas. Dis-moi ce qu'il y a. Tu devrais être super content, et on dirait qu'on t'a cassé ta Keyblade.

- Sora...

Il avait l'air fatigué, de fait, mais le brun savait qu'il y avait autre chose. Avec Riku, il y avait toujours autre chose. C'était quelqu'un de compliqué, mais ces dernières années, il avait appris à le décrypter. Et là, déjà, il avait sa petite idée de ce qui le travaillait. Et une autre, pour lui remonter le moral et, avec un peu de chance, lui délier la langue un chouïa. Il savait être d'une telle mauvaise foi, quand il s'y mettait, que même si Sora lui exposait son problème avec exactitude et dans les détails, il nierait en bloc. Il fallait qu'il en parle lui-même.

- Riku..., répondit-il simplement, bien que la langueur de sa réponse ne soit pas, dans son cas, due à une quelconque fatigue.

Il laissa ses bras glisser en une étreinte plus étroite autour du cou du jeune homme et, fermant les yeux, il l'embrassa. Riku lui rendit son baiser aussitôt, avec quelque chose qui ressemblait à une passion tranquille - sauvage, mais endormie.

Sora attendait ça depuis qu'il s'était réveillé, et il savait que Riku y avait pensé aussi. Bien sûr, ils avaient fait comme si de rien n'était devant les autres. Il était à peu près sûr que Maître Yen Sid en aurait fait un arrêt cardiaque, ce qui aurait été plutôt moche, et puis ça aurait peut-être fait de la peine à Axel. Enfin, à Lea - il doutait de jamais s'y habituer. Peu importait le nom qu'il portait maintenant, Sora était à peu près sûr qu'il était malheureux comme les pierres, d'être là sans Roxas. Il n'en avait pas parlé - pas devant lui - mais il avait entendu dire que sans lui, il serait mort. Et Sora ne pouvait s'empêcher de se demander qui il avait réellement voulu sauver...

Oui, bien sûr, ils y étaient allés doucement avec la joie, dans le bureau de Maître Yen Sid, et Sora avait soigneusement évité le regard de Riku quand le vieux sorcier s'était excusé de ne pouvoir leur offrir une chambre à chacun, mais entre le Roi, Donald, Dingo, Lea et eux deux, il était un peu à court de place. S'ils s'étaient regardés, Sora savait qu'il n'aurait pas pu s'empêcher de sourire.

Mais il avait été étonné, quand chacun s'était retiré de son côté, de voir que Riku ne lui prêtait aucune attention, perdu qu'il était dans ses pensées. Sora ne s'en était pas offensé, mais il était curieux, et peut-être un peu inquiet.

Ils s'étaient rapprochés, à leur retour sur l'Île du Destin. Retrouver Riku, à Illusiopolis, avait fait à Sora l'effet d'un coup de poing en pleine figure. Le voir si différent, bloqué dans ce corps qu'il haïssait, et savoir qu'il n'avait fait ça que pour lui, ça lui avait donné l'impression d'avoir assassiné son ami, ou en tout cas d'être responsable de la mort d'une grande partie de ce qu'il avait été. Responsable de sa condamnation, de son emprisonnement dans cette enveloppe. Ansem l'avait possédé, il lui avait arraché son identité, son âme, son intimité, et Sora n'osait même pas imaginer ce que Riku devait ressentir en voyant son visage à chaque fois qu'il tombait nez à nez avec son reflet.

Quand Kairi lui avait dit qui il était, quand il avait compris, Sora avait cru mourir d'horreur et de dégoût, mortifié par ce qu'il avait poussé son meilleur ami à faire.

Par la suite, Riku s'était efforcé de lui faire comprendre qu'il n'y était pour rien, mais c'était une cause perdue. C'était Sora, il était comme ça. Sauver tout le monde, c'était dans sa nature. Il était un héros, un vrai, pur et sans tache, sans nuance, et de ce fait, il manquait lui-même de tempérance et d'objectivité. Les risques, c'était lui qui les prenait pour les autres, et surtout pas l'inverse. Que Riku ait fait des sacrifices pour lui, qu'il ait fait ce sacrifice pour lui était intolérable. Parce que c'était pour lui qu'il l'avait fait, c'était de sa faute. Parce qu'il n'avait pas été là pour l'en empêcher, c'était de sa faute.

Ça l'avait rendu à moitié fou. Et quand, quelques heures plus tard, Riku avait repris l'apparence qui était réellement la sienne, ce que Sora avait ressenti alors, il était encore incapable de le décrire ou de l'expliquer. Mais à compter de cet instant, il n'avait plus su qu'une chose : il ne laisserait plus jamais Riku s'éloigner de lui. Il allait le garder, rester à ses côtés, et l'empêcher - même s'il devait pour ça l'attacher à un arbre ou lui mettre une laisse - de recommencer. Riku était passé trop près de se perdre définitivement pour qu'il le laisse prendre de tels risques.

Quelques jours après leur retour chez eux, ayant passé plusieurs nuits à retourner tout ça dans sa tête et faute de trouver les mots exacts pour l'exprimer, il avait simplement dit à Riku qu'à partir de ce jour-là, ils suivraient ensemble le même chemin, qu'il l'aimait trop pour supporter l'idée de le perdre. Il avait dû mal choisir ses mots, parce que Riku s'était mépris sur le sens de ses paroles et, sans prévenir, l'avait embrassé. Abasourdi, Sora avait laissé faire.

En quelques secondes il avait été interpellé, abasourdi, perplexe - Pourquoi Diable ne l'arrêtait-il pas ? Qu'attendait-il ? - troublé, il avait ensuite eu cette impression qu'on ressent quand on découvre quelque chose d'ancien dans son propre cœur, cette impression d'ouvrir une porte et d'être irrésistiblement aspiré de l'autre côté, et enfin la conviction que rien ne serait plus jamais pareil quand il aurait vu ce qu'il y avait derrière.

Peut-être, au fond, avait-il parfaitement choisi ses mots.

Pendant l'examen, et pendant ce qui avait suivi, Sora avait eu conscience de suivre, en parallèle, la même route que celle de Riku. Il avait senti sa présence, à plus d'une reprise. Il avait eu l'impression qu'ils se battaient ensemble, et par moments, ça avait littéralement été le cas. Mais quand il s'était réveillé, il avait pourtant été immensément soulagé de le retrouver. Et en dépit de son calme et de sa réserve, il sentait bien, dans l'étreinte des bras qui l'enlaçaient, dans la chaleur du baiser, que Riku avait ressenti la même chose.

Rassure-toi, songea-t-il en se pressant un peu plus contre lui. Je suis là. Je suis avec toi, je ne vais nulle part.

Il finit par s'écarter. Lâchant Riku, il s'adossa à l'appui de fenêtre et leva une main pour la poser sur le visage du jeune homme.

- Maître Riku, dit-il avec un petit sourire.

Riku se détourna aussitôt. Il ne rougit pas vraiment, mais ses pommettes virèrent au rose.

- Ne m'appelle pas comme ça, dit-il, l'air embarrassé.

- Pourquoi pas ? Tu l'es. Tu es devenu un Maître de La Keyblade, Riku, le premier depuis douze ou treize ans, d'après ce qu'a dit Yen Sid. Je suis tellement fier de toi !

Riku secoua la tête.

- Quand il a dit que seul un de nous deux avait acquis le Symbole de Maîtrise, j'ai pensé que c'était toi, répondit-il simplement, toujours sans le regarder.

- Peut-être, mais ce n'est pas le cas. Je n'étais pas prêt. Si je suis là maintenant, c'est uniquement grâce à toi. Tu le mérites, Riku. Moi, j'ai encore besoin de m'entraîner, c'est tout. Mon tour viendra. Mais toi, tu as réussi !

- Je n'en suis pas digne, finit par lâcher Riku, et Sora sut qu'il pouvait commencer à parler pour de bon. Riku avait lui-même trouvé le nerf du problème, et surtout, il l'avait dit. Il ne chercherait pas à éviter la discussion ou à nier.

- Tu continues de ressasser tes erreurs, dit-il. Pourquoi ? Il serait temps que tu passes à autre chose, tu sais. Tu t'es largement rattrapé.

- Qu'est-ce que ça change ? Toute une vie de bonnes actions n'effacerait pas les marques que ça a laissé. Que ça a laissé sur moi, ajouta-t-il en voyant que Sora ouvrait la bouche pour protester.

Il posa une main sur son cœur.

- A une époque, la Keyblade m'a quitté pour aller à toi. Âme-Nivore me convenait mieux.

- Tu ne penses pas ce que tu dis, dit Sora de sa voix la plus apaisante en posant une main sur celle de Riku, sur son cœur.

- Je ne comprends pas pourquoi elle m'est revenue...

- Parce qu'elle est le meilleur des juges, Riku. Parce que si même toi tu ne t'en rends pas compte, tu as montré par tes actes qu'au contraire, personne n'en est plus digne que toi. Même pas moi, ajouta-t-il avec un sourire. C'est toi qui es devenu Maître, Riku. Ton cœur, tu l'as purgé.

Riku secoua la tête.

- Elles sont toujours là. Il est toujours là, Sora. Quelque part.

- Je sais.

- Alors pourquoi ?

- C'est hallucinant, d'avoir le crâne aussi épais ! T'écoutes jamais, quand Le Roi ou Maître Yen Sid parlent ? Dans l'univers tout entier, y a qu'une poignée de personnes qui ont le cœur parfaitement pur, comme Kairi. Et ce n'est pas ça que la Keyblade recherche, sinon ce seraient les sept princesses qui la manieraient, pas des gens comme nous, ou le Roi. Regarde Lea ! La Keyblade l'a choisi, alors qu'il a fait plus que son quota de saloperies. La Lumière et les Ténèbres sont opposées, mais nécessaires l'une comme les autres. Elles doivent s'équilibrer, pas se détruire. Alors non, ton cœur n'est pas parfaitement pur, mais je pense que c'est précisément ça qui fait de toi un Porteur exceptionnel, et qui a fait de toi un Maître. Tes Ténèbres, tu les as maîtrisées. Tu as affronté Ansem plusieurs fois, et tu l'as vaincu. Tu es l'équilibre ! Je suis tellement fier de toi, Riku, répéta-t-il.

Le jeune homme semblait toujours dubitatif, mais il lui sourit néanmoins.

- Ça me fait plaisir, que tu sois aussi content.

- Je suis fou de joie, ouais ! Si seulement tu pouvais te réjouir un peu, toi aussi, surtout qu'on n'a pas des mois devant nous pour admirer tes lauriers. Ce n'est qu'une pause. Moi, je vais devoir poursuivre mon entraînement, et puisqu'ils ont enfin le Maître qu'ils voulaient, ils vont sûrement te confier une mission. Ce n'est pas le travail qui manque.

Riku fit une drôle de moue et attira Sora contre lui.

- C'est vrai... Je n'avais pas pensé à ça. J'ai l'impression d'avoir passé des semaines dans ces mondes endormis. Tu m'as manqué.

Sora se blottit dans son étreinte en cachant son sourire satisfait.

- C'est bon, je t'ai ramené ?

- Oui, répondit Riku. Désolé. Vu sous cet angle, je ne vais certainement pas passer ces quelques heures à me casser la tête.

- Ah, j'aime mieux ça ! Surtout que, excuse-moi, j'avais d'autres idées, vu qu'on risque de n'avoir que cette nuit avant de repartir.

- Ah oui ?

- Ah oui.

- Et on peut savoir à quoi tu p - hmpf ! …

Le baiser, agressif, lui coupa la parole. Riku gambergea légèrement avant de reprendre pied et de serrer Sora plus fort, lui rendant la politesse, agréablement surpris. Durant leurs quelques semaines de "vacances", ils avaient passé pas mal de temps dans la cachette secrète. L'endroit leur était apparu sous un jour nouveau, alors, car ils s'y cachaient maintenant pour des raisons bien différentes. Il y avaient passé des heures entières, enlacés, à s'embrasser et à parler, à échanger, dans la pénombre qui y régnait, des mots qu'ils n'auraient peut-être pas osé répéter en pleine lumière. Mais jamais - jamais - ils ne s'étaient embrassés de cette façon. Quand Sora rompit le baiser, Riku chercha son souffle et ne se demanda pas ce qu'il faisait, jusqu'au moment où il sentit sa bouche, chaude et humide, se poser sur son cou et commencer à aspirer sa peau entre ses lèvres, mordillant légèrement. La sensation le saisit, vive et intense, inattendue, et il sursauta, s'écartant sans le vouloir.

Sora ne bougea pas. Il resta où il était, souriant toujours, regardant d'un air content la marque qu'il lui avait laissée. Riku se plaqua une main sur le cou, l'air incrédule.

- Tu... Mais..., bégaya-t-il.

- Je t'ai connu plus éloquent, se moqua Sora.

- Je... Euh... Je... C'est juste que... Je m'attendais pas à ça.

Le sourire de Sora s'élargit, et Riku baissa les yeux.

- Tant mieux ! J'espérais te surprendre, j'aurais été un peu déçu si t'avais juste sauté dans le train en marche.

- Mais, Sora...

- Quoi ?

- Tu... Enfin, tu crois que...

Il s'arrêta, cherchant ses mots. Le sourire de Sora vacilla.

- Que ?

- Que... je sais pas, comment dire ? Je crois pas que...

Il gardait le regard baissé et le brun qui ne souriait plus du tout, croisa les bras. …

- Qu'est-ce qu'il y a ? Non, parce que là, c'est à deux doigts de devenir vexant...

- Excuse-moi, c'est pas voulu.

- Regarde-moi, au moins. Tu veux pas ? Parce qu'alors je préfère que tu me le dises tout de suite.

- Non ! Enfin, si. Oh et puis merde, tu m'as compris.

- Euh, je suppose ? Tenta Sora, qui semblait maintenant le plus perplexe des deux.

- Excuse-moi, répéta Riku en s'approchant.

Il prit le visage de Sora dans ses mains en coupe et embrassa sa bouche, doucement. Appuyant son front contre le sien, il soupira.

- Désolé. Vraiment, tu m'as surpris, et ce n'est pas que je ne veuille pas, crois-moi. Mais l'un dans l'autre, nous deux, ça fait juste quelques semaines. Je me demande seulement si c'est pas un peu... prématuré ? Précipité ?

- Sans doute que si, répondit Sora.

Il s'écarta et recula jusqu'au lit au bord duquel il s'assit, à la place qu'avait occupé Riku un moment plus tôt. Celui-ci le suivit des yeux, et comme il ne lui faisait pas signe de le rejoindre, il resta ou il était - debout en face de lui. Sora le regarda.

- Sans doute que si, répéta-t-il, mais il y a trois choses importantes dont on doit tenir compte, à mon sens. Tu veux bien m'écouter ?

- Evidemment, répondit Riku, étonné par sa question.

Avait-il jamais refusé de l'écouter ? Mais, d'un autre côté, ils étaient tous les deux concernés...

- D'abord, commença Sora, oui, c'est vrai que ça ne fait que quelques semaines. Mais on a grandi ensemble. se connaît depuis toujours, et on a traversé les pires épreuves côte à côte. Je veux dire, même si notre relation était différente, on est passés par absolument tout. Qu'est-ce qui pourrait bien arriver de plus grave, d'assez grave pour nous diviser ou nous faire changer ? En toute franchise, Riku, je suis convaincu que si je t'aime maintenant, je t'aimerai toujours dans dix ou vingt ans.

Il s'empourpra en achevant sa phrase. À l'exception de la toute première fois, où il ne les avait pas utilisés dans ce sens, ces mots-là n'avaient jamais quitté la semi-obscurité de la grotte. Riku eut l'air touché mais Sora était trop embarrassé pour le regarder.

- Hum... Deuxièmement, ça veut dire quoi, au final, "quelques semaines" ? Je veux dire, pour nous ? À force de traverser des mondes et des dimensions, d'aller d'un plan à l'autre et de passer je ne sais combien de temps en voyages interminables dans des domaines oniriques, sérieusement, combien de temps s'est réellement écoulé, pour toi et moi ? Ici, pour le Roi et les autres, on n'est pas partis plus d'une journée, mais moi, j'ai l'impression qu'on a été séparés pendant des mois. Tu l'as dit toi-même

Il osa à nouveau le regarder et lut dans ses yeux turquoise son approbation.

- Et puis... Je m'excuse, ça va un peu plomber l'ambiance, mais, tu sais... C'est bien beau de partir à l'aventure comme on le fait. Dire qu'on s'ennuyait comme des rats morts et qu'on rêvait de voyager, on est plus que servis... mais le revers de la médaille, c'est qu'il y a toujours un risque. Toi et Ax – Lea - vous m'avez sauvé, aujourd'hui. Si tu ne m'avais pas ramené, je ne serais plus là. Et ça pourrait arriver pour de bon. On est pas immortels. Alors ce soir, c'est peut-être trop tôt, mais demain, ce sera peut-être trop tard. Voilà, c'est dit.

Ils restèrent immobiles un instant, à se regarder en silence. Puis Riku vint s'assoir sur le lit, à côté de Sora, et d'une main posée sur sa joue, il lui fit tourner la tête pour l'embrasser. Il abandonna ensuite ses lèvres pour aller déposer un baiser sous son oreille.

- Je t'aime, Sora, dit-il tout bas, et avant que le brun ait pu répondre, il releva un peu la tête et aspira le lobe de son oreille entre ses lèvres.

Sora frissonna et laissa échapper un gémissement surpris. Riku resta là, au creux de son cou, parfaitement immobile, sa bouche seule bougeant - mordillant doucement, caressant de la langue le coquillage délicat de son oreille, respirant. Son souffle - oh ! - son souffle à lui seul, qui venait chatouiller les creux les plus inaccessibles de cet endroit de son corps auquel le brun ne pensait jamais, si ce n'était pour se dire que c'était chiant à nettoyer - suffisait à le pétrifier. Les yeux de Sora s'étaient comme fermés tout seuls et refusèrent de s'ouvrir jusqu'à ce que Riku se soit écarté.

Ils échangèrent un regard brumeux, puis Riku se pencha pour l'embrasser. Sora se laissa tomber, l'entraînant sur le grand lit, et dans un grand désordre de baisers et de caresses, ils commencèrent à se déshabiller. Sora arracha son haut à Riku avec une telle brusquerie qu'on aurait cru que le vêtement l'avait personnellement offensé et, nus jusqu'à la ceinture, ils se pressèrent l'un contre l'autre, peau à peau, savourant la chaleur de l'autre entre leurs corps frissonnants. Le souffle court, Riku l'embrassa avec une passion sauvage et désormais bien éveillée, presqu'à lui faire mal, mais à la manière qu'avait Sora de s'agripper à ses épaules en gémissant, il devina que ce n'était pas un problème. Rompant le baiser pour pouvoir reprendre son souffle, Riku descendit sur sa gorge, puis plus bas, et fit courir sa langue le long d'une clavicule. La peau de Sora était légèrement humide et lui laissait sur les lèvres un goût salé. Le brun renversa la tête en arrière, cherchant de l'air.

Riku posa une de ses mains sur le ventre de Sora et la laissa glisser jusqu'à sa taille, sur sa hanche, se mouler à la rondeur d'une fesse...

... et s'arrêta. Il s'immobilisa complètement, comme pétrifié, et Sora, après quelques secondes, releva la tête pour le regarder. Il avait le visage un peu rouge, et il haletait.

- Qu'est-ce qu'il y a ? T'arrêtes pas comme ça, sérieux, ça craint...

Riku se redressa en se mordant la lèvre inférieure.

- Si tu crois que ça m'amuse... Je suis désolé mais je crois qu'on va avoir un... comment dire ? Un problème technique.

Sora haussa un sourcil.

- Genre ? Demanda-t-il.

- Genre, tu crois que Maître Yen Sid garde du... du lubrifiant dans ses chambres d'amis ?

- Non. Pour être honnête, je doute même qu'il en ait. Il est un peu vieux, non ? Et puis c'est pas tellement le genre de trucs que les Mogs refourguent.

- On va pas faire ça comme ça, je veux dire, merde, déjà que ça doit faire mal, à la base... Pourquoi tu souris ? C'est pas drôle !

- Oh que si ! Répliqua Sora, l'air de boire du petit-lait. Bouge, tu vas voir...

Riku s'exécuta et s'assit sur ses talons. Sora se redressa et, repliant une jambe, il fouilla dans la grande poche latérale de son pantalon. Un instant plus tard, il présentait à un Riku abasourdi un flacon en plastique muni d'une pompe et d'un capuchon. Riku le prit et l'observa, comme s'il n'arrivait pas à croire ce qu'il voyait. Finalement, il déglua ses yeux de la petite bouteille et jeta à Sora un regard presque horrifié. Ce dernier, qui semblait se retenir depuis quelques secondes déjà, éclata de rire et tomba à la renverse. Riku le regarda comme s'il avait pété les plombs. Le brun riait aux éclats, se roulant sur le lit, ses mains crispées sur son ventre. On devait l'entendre dans toute la tour.

- Tu te trimballes ça depuis combien de temps ?! Finit par demander le jeune homme, retrouvant l'usage de sa langue.

Sora sembla se calmer un peu et essaya de lui répondre, mais aussitôt qu'il regarda Riku, son fou-rire le reprit. Des sons difficilement intelligibles s'échappaient de sa bouche entre deux éclats de rire, et Riku crut déchiffrer un "Oh, si tu pouvais voir ta tête !" et quelque chose qui ressemblait à "Stop ! Stop ! J'en peux plus !". Le brun se tordait de rire et ça devait devenir douloureux. Des grosses larmes coulaient sur ses joues, et il essayait manifestement de s'arrêter mais la seule vue du visage de Riku semblait déclencher encore et encore son hilarité. Celui-ci commençait à envisager sérieusement de quitter la pièce jusqu'à ce qu'il arrête quand Sora commença à se calmer.

- Ouhhhhh, j'ai mal au ventre, dit celui-ci entre deux hoquets.

- C'est ce qui s'appelle pourrir l'ambiance, releva Riku, mi-figue mi-raisin.

- Je suis désolééééééé, gloussa Sora.

- T'as pas l'air... Sérieusement, c'était quoi, ça ?

- J'ai pas pu résister... Je voulais voir quand tu y penserais. Si c'était arrivé plus tard, tu te serais pas posé de question, et j'aurais pas ri, mais là... Excuse-moi, vraiment, mais c'était trop tentant. Je voulais voir la tête que tu ferais, tu me prends vraiment pour un innocent !

- Mais d'où tu sors ça ?

- C'est Kairi qui me l'a filé.

- QUOI?!

- Mais crie pas !

- Parce que tu crois que t'as pas réveillé tout le monde, déjà ? Qu'est-ce que Kairi a à voir là-dedans ?

- Quand on a reçu la lettre du Roi, je lui ai demandé si elle savait où en trouver.

- T'as ce truc sur toi depuis ce moment-là ?!

- Ben ouais. Avant de partir, je me suis dit que l'occasion se présenterait. Qu'on aurait bien une victoire à fêter, ou une dernière nuit à passer ensemble avant de mourir. Dans les deux cas, c'était utile.

- J'arrive pas à le croire...

- C'est toi qui me prends pour un gentil neuneu, vieux, ça veut pas dire que je le suis.

- Passons. Et donc, Kairi...?

- Quand je lui ai posé la question, elle est allée en acheter. Parce que si j'y étais allé, moi, tout le monde se serait posé des questions.

- Et que tout le monde se pose des questions sur elle, on s'en fout ?

- J'ai dit la même chose, et elle m'a répondu que comme elle, c'est une fille, ça serait moins gênant, mais que moi, tout le monde se demanderait pour qui c'était...

- Vous croyez pas que les gens ont mieux à foutre que parler de ça ?

- T'es bien optimiste... C'est tout petit, les Îles du Destin. Tout le monde connaît tout le monde, et tout le monde parle de tout le monde. Tu te rappelles la fois où deux de nos profs sont arrivés à l'école ensemble un matin ? Toute l'école en a parlé pendant des semaines !

- Et tu as souvent ce genre de discussions avec Kairi ?

- Bah oui, je crois. On parle de tout.

- Je savais pas que vous étiez copines à ce point...

- Oh, ça va ! Tu pourrais pas être content plutôt ? Parce qu'au final, si j'y avais pas pensé, ben on serait comme deux cons, maintenant.

- Franchement, ta crise m'a un peu fait passer l'envie.

Sora lui reprit le flacon et le posa sur le lit, à côté d'eux.

- Oublie ça pour l'instant. On en a pas encore besoin.

Il essaya de l'embrasser et Riku le repoussa, gentiment mais fermement.

- Mais quoiiiii ? Se plaignit Sora, qui en avait définitivement marre, maintenant.

- Puisqu'on en parle, justement... C'est supposé servir auquel de nous deux ?

Sora haussa les épaules.

- Comme tu voudras. C'est toi qui est devenu Maître aujourd'hui, c'est un peu un cadeau que je te fais, alors c'est toi qui choisis.

Riku avait l'air un peu ému, mais il ne voulait pas lâcher le morceau.

- C'est pas juste, tu sais, que je sois le seul à décider.

- Dis-moi juste ce que tu préfères.

- Sora...

- Allez, insista le brun. Qu'est-ce que tu veux ?

- Mais j'ai pas envie de te faire mal !

- Ha, ha ! C'est pour moi, donc.

- J'ai pas dit... et merde.

- Hé ouais. Bon, maintenant qu'on a bien tout mis au point, on pourrait peut-être reprendre où on s'est arrêtés, non ? Parce que j'aimerais bien que tu me refasses ce truc, là, avec mon oreille, c'était juste, wow, quoi...

Il prit Riku par le poignet et se laissa à nouveau tomber sur le lit, l'attirant vers lui. Le jeune homme laissa faire, toujours perplexe quant à l'attitude de Sora - peut-être était-il effectivement moins naïf qu'il en avait l'air - et un peu refroidi par cet intermède loufoque. Mais soucieux de faire les choses correctement, il s'allongea contre le brun, une main posée sur son ventre, et mordilla doucement son lobe d'oreille. Et oublia en quelques secondes qu'ils s'étaient interrompus.

Sora emmêla une main à ses cheveux, tirant doucement, le faisant frissonner, mais ce que Riku préférait, c'était la façon dont il gémissait et semblait lutter pour trouver un moyen de se presser contre lui sans bouger, parce qu'il ne voulait pas se soustraire à ses caresses, même une seconde. D'une main posée sur sa taille, Riku le mit face à lui, lâchant son oreille, et le brun poussa un petit cri de protestation que le jeune homme étouffa d'un baiser avide. Accrochés l'un à l'autre, ils s'embrassèrent comme si leur vie en dépendait, échangeant des caresses nouvelles et délicieuses. Riku sentit que Sora déboutonnait son pantalon et laissa échapper un geignement étonné en sentant ses doigts se glisser sous le tissu et aller caresser la bosse presqu'imperceptible que faisait son coccyx. Sora rompit le baiser un instant, le temps de dire :

- Oh, j'adore quand tu fais ce bruit...

- Refais ça, alors, répondit Riku avant de l'embrasser à nouveau.

Sora fut plus qu'heureux de s'exécuter, et adora le son que produisaient leurs gémissements mêlés et étouffés.

- Déshabille-moi, haleta-t-il un instant plus tard.

- Déjà ? Souffla Riku.

- Tu réfléchis trop,

Sora se pressa tout contre lui, emmêlant ses jambes à celles de Riku, faisant onduler ses hanches. Riku haleta et le serra contre lui - ce qu'il pouvait avoir chaud !

- Arrête... deux minutes... de te poser des questions..., pantela Sora. Je veux pouvoir faire ça... sans ces foutues fringues entre nous...

Riku se redressa et se pencha sur Sora. Les mains posées sur ses hanches, il déposa sur son ventre baiser après baiser mouillé, suçant doucement la peau, dardant la langue dans son nombril. Sora gémit et se plaqua une main sur la bouche, arquant le dos. Riku sourit et continua, tandis que des doigts il déboutonnait le pantalon noir et le faisait glisser le long de ses jambes. Sora se souleva pour lui faciliter la tâche, et à peine Riku l'en eut-il défait - sous-vêtement inclus - que Sora se redressa et le renversa sur le lit pour le débarrasser à son tour. Il traita le reste de ses vêtements avec la même brusquerie qu'il avait montrée pour le haut, et se plaqua contre lui, avide de sentir enfin son corps nu contre le sien. Riku l'enlaça et ils restèrent immobiles un instant, émerveillés par ce contact. Ils emmêlèrent à nouveau leurs jambes en soupirant, cette fois; leurs peaux couvertes de chair de poule semblaient crépiter de frissons communicatifs Riku enfouit son visage au creux de l'épaule de Sora et embrassa le côté de sa gorge jusqu'à la base, où il souda sa bouche, aspirant et mordillant. Sora gémit et remua mais Riku suivit le mouvement, jusqu'à ce qu'une marque apparaisse.

- Et voilà, dit-il en le lâchant, comme ça on sera tous les deux dans la merde demain matin.

- Je m'en fous, répondit Sora en l'attirant vers lui pour l'embrasser. Vu qu'il n'y avait plus rien pour le gêner, il recommença à griffer doucement le bas du dos de Riku, effleurant son coccyx, rendant ses caresses volontairement trop légères, jusqu'à ce que le jeune homme, tremblant et pantelant, le supplie d'arrêter son petit manège.

- Ne fais rien ou touche-moi, mais arrête ça.

- Mais j'adore te voir comme ça... Tu n'as pas idée de ce que ça me fait de savoir que c'est moi qui te mets dans un état pareil.

Pour se venger, Riku attrapa à nouveau son oreille et ce fut au tour du brun de se retrouver tétanisé par les sensations qui allaient et venaient à mesure que Riku s'arrêtait et recommençait.

- Je peux aussi jouer avec toi, murmura ce dernier tout à creux de son oreille, le faisant gémir.

- On aurait dû faire ça beaucoup plus tôt, geignit Sora, les yeux fermés et les sourcils froncés. Pourquoi on a attendu si longtemps ?

- Parce qu'on n'est pas des animaux ? Proposa Riku.

Et ils continuèrent, collés l'un à l'autre, comme possédés par la fièvre qui montait, et oh, comme la sensation de leurs peaux nues et brûlantes l'une contre l'autre était grisante, mais ils réalisèrent rapidement qu'ils en voulaient plus, et que plus, ils pouvaient avoir.

Sora écarta les jambes - il dû faire un gros effort pour faire passer la droite sous Riku, qui était à moitié couché sur lui et qui se retrouva, d'un seul coup, complètement bloqué, coincé entre deux jambes repliées de chaque côté de sa taille et -

- Ah !

Il se redressa sur les coudes pour regarder Sora.

- Fais pas ça ! Protesta-t-il, mais le brun le regarda droit dans les yeux et recommença, roulant son bassin contre le sien, leurs érections glissant l'une contre l'une en une caresse invraisemblablement légère compte tenu de la violence des sensations qu'elle provoquait. Riku gémit, les dents serrées, laissant sa tête retomber sur la poitrine de Sora qui l'enlaça.

- Putain, ce que ta peau est douce, gronda-t-il.

- La tienne aussi..., murmura le brun.

Sora tendit le bras, et Riku se redressa pour le regarder attraper le flacon de lubrifiant qui attendait bien sagement que vienne son tour. Sora le lui tendit.

- Vas-y, lui dit-il d'une voix rauque.

Riku s'agenouilla à côté de lui et prit la petite bouteille.

- Maintenant ? T'es sûr ? Hésita-t-il.

Sora leva les yeux au ciel.

- Riku, pour une fois dans ta vie, arrête de te poser des questions, fais-le !

Le jeune homme se mordit la lèvre.

- J'ai peur de te faire mal, finit-il par dire.

- Faudra bien passer par là. C'est pas comme si j'allais pleurer, non plus...

- T'en sais rien.

- Mais si, promis. Allez...

Sora lui prit la main et l'attira vers lui. Riku se laissa faire et s'allongea à ses côtés, en se disant que c'était tout de même un comble que ce soit lui qui soit anxieux à ce point, alors que Sora avait l'air on ne peut plus détendu. Trop nerveux pour le faire tout de suite, il s'accorda un délai qu'il passa à embrasser le brun, parcourant d'une main son corps offert. Il glissa la main sur son ventre, puis de son ventre à l'intérieur de sa cuisse, et la fit remonter sur son érection qui palpita sous ses doigts. Sora sursauta presque et laissa échapper un cri avant de se plaquer, mais trop tard, une main sur la bouche. Il l'y laissa et Riku sourit. Au fond, il avait raison: il faudrait bien passer par là, alors faire tout ce qu'il pouvait pour que ce soit agréable. Il décapsula la bouteille, se mouilla les doigts et s'agenouilla entre les jambes repliées de Sora qui, la tête renversée sur l'oreiller, haletait comme s'il venait de courir trois kilomètres. Souriant un peu plus, il observa attentivement le visage de Sora et glissa un doigt en lui.

Sora se mordit les lèvres et se raidit malgré lui. Riku pensa fugacement que ça n'allait jamais le faire. C'était juste trop étroit. Merde, se dit-il, si les gens font vraiment ça comme ça, alors il devait oublier un truc ou faire quelque chose de travers, ce n'était pas possible autrement...

Mais Sora relaxa et, progressivement, il sentit qu'il se décontractait. Se mordant la lèvre à nouveau, il bougea la main, espérant que masser les muscles aiderait et, observant le visage du brun, songea qu'il devait tenir quelque chose. Il avait l'air complètement parti.

- Sora ? T'es avec moi ? Demanda-t-il, un peu décontenancé par son expression.

Le brun hocha vaguement la tête.

- Oui, oui, c'est, euh... bizarre. Je sais pas.

- Ça fait mal ?

- Déjà moins... T'arrêtes pas.

Riku continua de bouger, explorant cet endroit encore intouché, un peu secret, réalisant soudain ce que Sora le laissait faire, l'invitait à faire, et ému de se rendre compte qu'il l'avait choisi. Il fut submergé par une vague de sentiments si brusque qu'il faillit s'arrêter - il eut l'impression que son cœur doublait de volume, et ses yeux se mirent à brûler, comme s'ils étaient pleins de larmes. Il papillota, se pencha vers Sora et lui déposa un baiser au creux de l'aine.

- Je t'aime tellement, dit-il d'une voix enrouée, sans arrêter de bouger. Il sentait une réelle différence, maintenant, comme si le corps du brun s'habituait à sa présence, et il semblait de moins en moins souffrir. De fait, quand Sora ouvrit la bouche pour lui répondre, ce fut un petit cri qui s'en échappa. À la grande satisfaction de Riku, en dépit de la surprise qu'il y entendit, ce n'était certainement pas un cri de douleur. Le brun, totalement focalisé sur ce qui se passait en lui, oublia tout simplement de lui répondre. Sa respiration était rapide, ses joues colorées, ses yeux toujours étroitement fermés, et Riku retira sa main.

Sora ne bougea pas, ni dit rien. Il resta allongé, immobile, aveugle et muet, comme en suspens, attendant. Riku lubrifia à nouveau ses doigts et recommença, mais avec deux.

Ça lui parut, étrangement, déjà plus facile que la première fois. Sora prit une inspiration sifflante et se raidit à nouveau, mais se détendit immédiatement après. Sa tête s'était renversée sur l'oreiller, son visage à moitié enfoncé dedans, laissant une oreille si exposée et vulnérable que Riku ne put résister à l'envie de voir comment il réagirait s'il parvenait à combiner les deux caresses. Il considéra la chose un instant avant de décider que c'était faisable et, laissant sa main où elle était, il s'installa à côté du brun. Ça ne lui était possible que parce que Sora était un peu moins grand que lui, et il sourit à cette idée en se penchant vers lui. Il souffla doucement sur son oreille et le vit gémir et trembler, complètement tétanisé.

Son propre corps réagissait au plaisir de Sora comme s'il le partageait - ce qui, d'une certaine façon, était le cas. C'était encore meilleur que quand le brun l'avait touché ; le voir dans un état pareil, et savoir que c'était uniquement grâce à lui, faisait courir sur sa peau des frissons délicieux et raidissait ses muscles qui semblaient ne plus lui obéir et agir de leur propre chef. Il songea que Sora avait sans doute la même impression. Il l'embrassa dans le cou, continuant de bouger la main, massant de la paume le renflement rugueux niché entre ses jambes et faisant onduler ses doigts entre ses muscles qui s'assouplissaient progressivement. Sora tourna la tête vers lui et chercha ses lèvres, et Riku l'embrassa. C'était assez curieux ; Sora s'arrêtant parfois complètement et laissant simplement sa bouche ouverte contre la sienne, comme s'il oubliait par intermittence ce qu'il faisait. Amusé, Riku parcourut ses lèvres avec sa langue, les caressant des siennes et, finalement, aspira sa lèvre inférieure et la suça, la mordilla. Sora geignit et, comme se souvenant de la présence de Riku et de ses lèvres - et de sa langue, et de ses dents - il crispa sur sa nuque une main fébrile et souda sa bouche à la sienne.

Ça n'avait rien à voir avec aucun des autres baisers qu'ils avaient échangés. Riku sentit que ses lèvres et le contour de sa bouche étaient meurtris et devina qu'il les trouverait gercés le lendemain, mais il s'en fichait. Comment s'en soucier quand il y avait cette langue qui caressait la sienne, cette bouche brûlante qui s'ouvrait, avide, comme si elle voulait dévorer ses lèvres, quand Sora lui laissait voir pour la première fois cette sauvagerie qu'il n'avait jamais soupçonnée ?

L'inertie du brun n'était plus qu'un souvenir. Il bougeait à présent, ondulant, venant à la rencontre de sa main, et Riku savait qu'il s'était tout à fait habitué à sa présence maintenant. Il hésitait ; deux doigts, ça lui semblait insuffisant comme préparation, mais il craignait que trois, ce soit trop. Il s'écarta brièvement de Sora qui ouvrit les yeux à demi pour le regarder.

Ses yeux firent complètement oublier à Riku pourquoi il avait rompu le baiser. Sous les paupières à moitié baissées, leur bleu magnifique s'était comme assombri, et même si Riku savait que ce n'était qu'une illusion d'optique due aux ombres, il eut l'impression d'y voir un orage qui couvait. Ce regard qu'il avait cru connaître par cœur, dont il croyait avoir vu toutes les facettes depuis longtemps, il le voyait pour la première fois. Ses yeux exprimaient un tel désir, un tel besoin que Riku fut à deux doigts de se demander qui était le garçon qui le regardait comme ça. Mais il y avait aussi une question quelque part dans ces prunelles sombres et affamées, et il se souvint.

- Ça va ? L'interrogea-t-il, et Sora hocha la tête. Riku décida que le meilleur moyen de savoir ce qu'il fallait qu'il fasse était encore de lui poser la question. Il fit onduler ses doigts et Sora gémit de plaisir.

- Encore ? Demanda Riku d'une voix enrouée.

- Oui...

À force de friction, sa main était déjà complètement trempée alors il pressa ses lèvres contre celles de Sora, retira sa main, tendit un doigt de plus et, en un seul mouvement souple et étonnamment facile, le pénétra à nouveau.

Sora cria dans sa bouche et se figea entièrement. Les muscles de son corps étaient tétanisés, les doigts de Riku complètement immobilisés - il aurait eu du mal à bouger s'il avait essayé, ce qu'il se garda bien de faire - et sa tête roula contre la torse du jeune homme. Il respirait bizarrement, prenant de profondes inspirations et expirant longuement. De sa main libre, Riku se mit à caresser ses cheveux.

- C'est trop ? Demanda-t-il de sa voix la plus douce, l'estomac noué de culpabilité à l'idée de lui faire mal - c'était visiblement le cas.

Mais Sora secoua la tête.

- Non. Mais limite. Essaye pas quatre.

- J'en avais pas l'intention. Mais là...

- Ça va aller... Laisse-moi juste un peu de temps...

Riku garda Sora contre lui, laissant sa main où elle était sans bouger, lui caressant tendrement les cheveux. Sora continua de respirer profondément, s'efforçant de se détendre, et très lentement, progressivement - trois pas en avant, deux pas en arrière - Riku sentit les muscles autour de ses doigts se relaxer. Il attendit encore, un long moment, jusqu'à ce que Sora relève la tête pour l'embrasser. Il lui répondit amoureusement, sans brusquerie, encore secoué de lui avoir fait mal, se remémorant que c'était la toute première fois et qu'il devait être attentif et doux.

Sora l'attira plus près, et il s'accouda au lit pour pouvoir le surplomber. Il laissa le brun prendre son visage entre ses mains, le laissa prendre le contrôle du baiser, se laissa guider par ses lèvres et sa langue pour qu'il soit exactement comme Sora le désirait, et pendant qu'il se laissait embrasser, très doucement, il recourba ses doigts.

Les muscles se refermèrent sur lui comme un étau et Sora cria à nouveau, mais le nœud dans le ventre de Riku se desserra un peu. Veillant à ce que sa bouche étouffe le bruit, il recommença et Sora cria à nouveau, arquant le dos, poussant contre sa main. Le brun se détacha de lui, le souffle court.

- Putain, jura-t-il sourdement.

- Si ça fait trop mal, j'arrête, dit vivement Riku.

Sora secoua la tête.

- Ça, pour faire mal... ça fait un mal de chien, ouais. Mais pas seulement.

- Je suis désolé, dit Riku, qui l'était sincèrement.

- T'y peux rien, répondit Sora.

Son souffle était un peu plus régulier.

- Tu t'y prends très bien, je pense. Rassure-toi.

Levant les mains vers le visage de Riku, il l'attira pour l'embrasser encore.

- Recommence, demanda-t-il contre ses lèvres.

Riku s'exécuta. A nouveau, quand le bout de ses doigts s'enfonça dans les chairs brûlantes, Sora se cambra et glapit dans sa bouche.

- Aïe ! Merde, c'est bon...

- Tu m'envoies des signaux contradictoires, là, ne put s'empêcher de souligner Riku, qui ne savait pas s'il devait continuer ou s'arrêter.

- Hé, je fais ce que je peux...

Riku continua de remua les doigts, lentement, et en rythme avec les gémissements de Sora, il sentait l'érection du brun qui palpitait contre son bras, comme s'il était sur le point de jouir. Riku se mordit les lèvres, convaincu que c'était ce qui arriverait s'il le touchait, même une seule fois. Finalement, il songea qu'il ne pourrait pas faire beaucoup plus pour le préparer alors il retira ses doigts, lentement, et s'écarta.

Il regarda Sora qui restait allongé, immobile, respirant par à-coups, les yeux à nouveau fermés. Le jeune homme récupéra le flacon de lubrifiant qui avait roulé tout au bord du lit et était à deux doigts de tomber par terre, et en versa encore un dose dans la paume de sa main trempée.

Sora ouvrit les yeux et, de là où il était, le regarda sans mot dire en appliquer sur son sexe presque douloureux. Riku gémit malgré lui sous sa propre caresse, et Sora se redressa lentement, le dévorant des yeux comme si c'était la chose la plus captivante qu'il avait jamais vue. Il resta là, immobile, à le regarder pendant un moment, si fixement que Riku finit par s'en sentir mal à l'aise.

- Qu'est-ce qu'il y a ? Demanda-t-il d'une voix incertaine.

Le regard de Sora ne se déplaça pas, il resta figé même quand il lui répondit :

- C'était... Tu veux pas recommencer ?

Riku baissa les yeux, les joues brûlantes. Il avait vraiment été aveugle, Sora était manifestement beaucoup plus audacieux que lui.

- Si tu veux pas qu'on s'arrête là ce soir, il vaut mieux pas.

- D'accord, répondit simplement Sora, ses yeux se détachant enfin de son corps. Il se mit à quatre pattes et tendit le bras pour attraper son pantalon, dont il sortit un paquet de mouchoirs en papier. Il en tendit un à Riku qui le prit et s'essuya les mains. Au regard éloquent de Sora, qui attendait visiblement qu'il dise quelque chose, il répondit simplement :

- Sans commentaire.

Sora eut un petit sourire et resta agenouillé face à Riku jusqu'à ce que celui-ci, après avoir chiffonné la serviette et l'avoir jetée bien en évidence sur le sol, là il ne risquait pas de l'oublier le lendemain, se retourne vers lui. Ils échangèrent un long regard, comme s'ils attendaient chacun que l'autre se décide, puis Riku tendit la main à Sora.

- Viens sur moi, l'invita-il.

Sora eut un petit sourire et prit sa main, mais ne bougea pas.

- Qu'est-ce qu'il y a ? L'interrogea le jeune homme.

- J'ai une impression déjà-vu, répondit Sora, puis il avança vers lui.

Riku se demanda un instant comment il allait s'y prendre, et la réponse lui apparut comme évidente. Il déplia ses jambes pour pouvoir s'assoir sur le lit, puis les replia en tailleur. Sora s'approcha, aux prises avec des difficultés logistiques, et finit par parvenir à s'installer, ses genoux repliés sur le matelas de chaque côté des fesses de Riku, ses chevilles calées sous les jambes de ce dernier. Assis de cette façon, Sora était plus grand, ce qui n'était jamais arrivé auparavant, et il prit un plaisir immense à contempler le visage de Riku levé vers lui, ses yeux bleu-vert qui le regardaient d'en bas. Il sourit et prit son visage entre ses mains pour l'embrasser. Riku l'enlaça - c'était merveilleux, d'être plaqués l'un contre l'autre comme ça - caressant son dos et ses fesses auxquels il avait tout loisir d'accéder.

- J'adore être plus grand que toi, dit Sora en s'écartant.

- Et moi j'adore te toucher. J'adore être comme ça, contre toi. Je t'adore, toi, répondit Riku et le serrant contre lui.

- Moi aussi, je t'aime, murmura Sora.

Puis il s'appuya sur ses genoux pour se soulever un peu, passa un bras dans son dos pour saisir délicatement l'érection qu'il sentait frissonner contre la sienne, la redressa et, sans prévenir, il se rassit. Il glissa d'un seul coup sur toute la longueur et s'arrêta quand ses cuisses reposèrent à nouveau sur celles de Riku.

Ça ne lui avait pas pris plus de trois secondes. Riku, qui n'avait pas pensé un instant qu'il ferait ça comme ça, n'eut pas le temps de réagir. Il le sentit faire et sa vision vira à un blanc étincelant pendant un instant. Il revint à lui en entendant une longue plainte qui s'étirait sans sembler devoir s'arrêter.

Sora tremblait. Assis sur lui, agrippé à son cou, il avait enfoncé son visage dans son cou pour étouffer le bruit mais Riku l'entendait, et le gémissement qui lui échappait sans qu'il arrive à le retenir n'avait rien d'une manifestation de plaisir. Riku se sentit soudain très mal.. Il aurait donné n'importe quoi pour que son érection cesse de palpiter comme elle le faisait - parce que Sora geignait plus fort quand elle le faisait - mais il n'avait aucun contrôle là-dessus.

Faute de pouvoir faire autre chose, il lui caressa le dos et les cheveux en lui murmura nt des mots tendres. Lentement, Sora reprit son souffle et cessa de trembler, et il s'écarta, desserrant l'étreinte de ses bras autour du cou du jeune homme. Riku regarda son visage et découvrit avec horreur que des larmes maculaient ses joues. Ses yeux brillaient très fort et sa bouche avait un drôle de pli. Il se sentit soudain lui-même au bord des larmes. Bouleversé, il prononça les premiers mots qui lui vinrent à l'esprit.

- Tu m'avais promis que tu pleurerais pas !

Sora ricana et le regretta aussitôt.

- C'est juste mes yeux qui déconnent, ça compte pas, articula-t-il.

- Qu'est-ce qui t'a pris de faire ça ? Demanda Riku en s'efforçant de ne pas laisser transparaître le reproche dans sa voix. On aurait pu y aller doucement.

- Et ça aurait pris des heures, répliqua fermement Sora. Au moins, comme ça, on y est.

Son air bravache aurait été plus convaincant s'il ne s'était accompagné d'une nouvelle larme de douleur qui coula le long de sa joue. Riku connaissait on ne peut mieux la différence entre pleurer et "avoir les yeux qui pleurent", mais ça n'en rendait pas le spectacle moins affreux pour autant. Il baissa la tête, mais Sora la lui fit relever.

- Si seulement tu pouvais arrêter de te rendre responsable de tout, lui dit-il en le regardant dans les yeux. Je t'aime, Riku. Je t'aime tellement. S'il te plaît, ne gâche pas ce moment en te faisant des reproches insensés.

Il l'embrassa et Riku sentit un essaim de papillons s'envoler dans son ventre. Il serra la taille de Sora entre ses mains, s'autorisant à savourer la sensation de sa peau couverte de sueur contre la sienne, de son sexe contre son ventre, de sa chair brûlante et dure autour de lui. C'était vertigineux. Puis Sora bougea.

- Qu'est-ce que tu fais ? Demanda Riku en le voyant se débattre à grand renfort de grimaces, sans comprendre ce qu'il trafiquait.

- Aide-moi, demanda Sora.

- Mais à quoi ?

- Je suis assis sur tes jambes qui sont elles-mêmes appuyées sur mes chevilles, au cas où t'aurais pas remarqué.

- Oh !

De fait, Riku voyait où était le problème. Il prit Sora par la taille, à deux bras, et s'inclina en arrière, l'entraînant avec lui et libérant ses jambes du même cou. Le brun déplia ses jambes et les fit passer autour de la taille de Riku. Cela lui prit un bon moment et c'était une véritable épreuve, à en croire son visage contracté et le flot continu de grognements et de jurons qui s'échappait de sa bouche. Riku fit tout ce qu'il pouvait pour lui faciliter la tâche, et quand ils arrivèrent enfin au résultat voulu, Sora avait versé quelques larmes supplémentaires mais semblait plus content.

- Ça va mieux ? Demanda Riku, essoufflé - Sora n'avait pas la moindre idée du self control que ce petit manège lui avait demandé. Il devait lutter à chaque instant pour se retenir de se mettre à bouger, mais y parvenir alors que le brun se tortillait littéralement, ça relevait carrément de l'exploit. Il était presqu'à bout.

Sora hocha la tête.

- Oui. Comme ça, mes jambes sont beaucoup plus écartées, ça aide vachement. Ça fait toujours mal mais c'est supportable, regarde...

Et, joignant le geste à la parole, il resserra le nœud de ses jambes autour de la taille de Riku et fit onduler ses hanches. Ceci lui arracha une petite grimace de douleur, qui fut rapidement suivie par un cri beaucoup moins discret. Quand il avait bougé, Riku avait bougé aussi - il n'avait pas pu s'en empêcher, il était venu à la rencontre de son mouvement, serrant la taille de Sora entre ses bras et enfonçant son visage dans son épaule pour étouffer un gémissement.

- Pardon, s'excusa-t-il en se redressant. Bouge pas comme ça, ou je vais plus pouvoir me retenir... j'ai mes limites...

Sora secoua la tête.

- C'est moi qui m'excuse... J'aurais dû y penser.

Le brun se pencha pour l'embrasser et ils échangèrent un long baiser vorace, enlacés bras et jambes, se pressant l'un contre l'autre. Rapidement, la chaleur remonta, trempant leurs peaux et leurs lèvres, leurs mains s'égarant à nouveau. Riku laissa glisser les siennes de la nuque de Sora dans son dos, sur ses reins, caressa lentement ses fesses et alla masser l'intérieur de ses cuisses ouvertes ; le brun renversa la tête en arrière en haletant, agrippant un peu trop fort ses cheveux argentés.

- Oh, putain, gémit-il.

Riku baisa sa gorge et fit remonter ses mains un peu plus haut sans cesser de masser, et Sora gémit magnifiquement. Il laissa sa gorge et alla jusqu'à son oreille.

- C'est bon ? Demanda-t-il, en expirant volontairement plus que nécessaire.

La prise des doigts de Sora sur ses cheveux se resserra encore, presque assez pour lui tirer la tête en arrière.

- Ah... Arrête... de poser... des questions à la con..., pantela le brun.

Riku laissa ses mains où elles étaient, lui mordilla l'oreille (" H-ha!") et remonta jusqu'à son menton. D'une main, il le lui prit et lui fit baisser la tête pour pouvoir l'embrasser avant de retourner à ce qu'il faisait.

- C'est trop bon, gémit Sora contre sa bouche.

- Ça te fait plus mal ? S'étonna Riku - qu'il parvienne encore, à ce stade, à ne pas juste renverser Sora le lit pour pouvoir se libérer enfin, constituait un petit miracle, et il attendait désespérément que le brun lui propose un truc, quelque chose, n'importe quoi pourvu que ça mette un terme à cette immobilité insupportable à l'endroit à leurs deux corps étaient joints par la chair.

- Si, bien sûr, haleta le brun. Mais j'adore ça...

- Tu serais pas un peu maso, des fois ? Gloussa Riku en faisant encore un peu plus remonter ses mains, de plus en plus près.

- Ah ! Pas la douleur, imbécile... toi... en moi... Oh, merde, Riku, touche-moi !

- Il suffisait de demander...

Il passa un de ses bras autour de la taille de Sora et fit remonter sa main libre entre leurs ventres. Quand il l'enroula autour de son sexe, Sora se plaqua une main sur la bouche pour ne pas qu'on l'entende crier jusqu'au rez-de-chaussée, et se cambra, bougeant enfin. Riku se mordit les lèvres pour ne pas gémir trop fort.

Ils restèrent immobiles un instant, tremblants, pantelants, échangeant des regards embrumés.

- J'adore te sentir en moi, répéta Sora, les joues rouges, comme s'il ne se rendait compte que maintenant de ce qu'il disait et de ce qu'ils faisaient.

Riku raffermit l'étreinte de son bras pour le faire approcher. Il fit bouger sa main, et se pencha pour murmurer à l'oreille du brun :

- J'adore être en toi...

Sora se cambra encore, et Riku sentit une vague de sensations exquises et brûlantes le balayer. C'était la vérité, il adorait ça. Il n'y avait rien de comparable, il n'y aurait jamais rien d'autre, il n'avait jamais rien ressenti de tel de sa vie, il ne toucherait jamais personne d'autre de cette façon, ne laisserait jamais quelqu'un d'autre toucher Sora ainsi, jamais, et il pensait à voix haute.

- Merde ! S'exclama-t-il avec un à-propos douteux.

Mais Sora, qui s'accrochait à son cou des deux bras, sa peau couverte de sueur et de chair de poule, haletant et gémissant en même temps, secoua la tête.

- Non... T'arrêtes pas... Continue..., supplia-t-il. S'il te plaît, continue !

Riku frémit, un peu intimidé - il aurait gardé ces choses-là pour lui, à choisir, mais dans l'immédiat, s'il fallait qu'il exprime à voix haute des pensées gênantes pour que Sora continue de bouger comme il le faisait, hé bien soit.

- Je t'aime, haleta-t-il au creux de son oreille, sans arrêter de le toucher, de faire aller et venir sa main sur lui, entre eux. J'adore te voir comme ça... et savoir que c'est parce que je te touche... J'adore être en toi, c'est comme... si j'avais trouvé le paradis... J'ai l'impression... de faire l'amour à un ange... (1)

Sora se mordit les lèvres en gémissant. Une goutte de sueur coula sur sa joue.

- T'arrête pas !

Riku resserra la prise de ses doigts, autant qu'il le pouvait sans que ça devienne douloureux. Sora chercha de l'air, fit rouler ses hanches et gémit son prénom. Le jeune homme étrangla un cri, et continua à parler.

- J'adore le son de ta voix... quand tu gémis comme ça... Et j'adore ta façon de dire mon nom... c'est comme si... je l'entendais pour la première fois... Jamais... Jamais je laisserai quelqu'un d'autre te toucher... Si un jour quelqu'un essaye... Je te jure... je le tuerai...

- Je t'aime, dit Sora dans un gémissement qui ressemblait presque à un sanglot.

Riku laissa son oreille et fit glisser sa bouche ouverte jusqu'à l'épaule de Sora qu'il mordit doucement. Et soudain, il sentit l'étau de chair se refermer une nouvelle fois sur lui, lui arrachant littéralement l'orgasme avec lequel il flirtait depuis un moment déjà. Tout devint blanc à nouveau, puis noir, et il entendit vaguement Sora qui hoquetait son nom, dans le lointain.

Quand il recouvra la vue, un instant plus tard, de petits points blancs dansaient devant ses yeux, la tête lui tournait, il avait HORRIBLEMENT mal aux jambes et le ventre poisseux. À moitié affaissé sur lui, Sora pantelait, l'air hagard. Riku avait l'impression d'avoir laissé les commandes de son corps à quelqu'un d'autre, et de ne reprendre que maintenant. Il cru se consumer de honte quand il repensa à tous les trucs qu'il avait dits. D'après la tête qu'il faisait, Sora devait se dire la même chose.

Soupirant, Riku s'allongea et déplia ses jambes courbaturées - comment il avait fait pour ne pas s'en rendre compte plus tôt ? - entraînant Sora avec lui en évitant de le toucher de la main droite. Pour leurs ventres et leurs cuisses, c'était foutu, mais pas la peine de lui en mettre dans les cheveux, non plus... Quand il fut couché sur le dos, Sora se laissa aller sur lui, reposant la tête sur son torse et leurs corps se séparèrent. Riku entendit le brun laisser échapper un petit gémissement, puis il roula sur le côté.

Sora récupéra le paquet de mouchoir qu'il avait stratégiquement posé par là plus tôt, et en silence, lui et Riku se les partagèrent avant de tout refourrer dans le paquet vidé. Puis il se rallongèrent cote à côte, toujours sans parler. Finalement, Sora tourna la tête vers Riku et dit :

- Je me rends pas bien compte mais, hum... on doit puer un peu, non ?

- Mouais... on est secs.

- D'accord, on risque pas de salir les draps, mais on devrait peut-être se laver, non ?

- Tu veux te lever, te rhabiller, traverser le couloir, utiliser la salle de bain - le truc le plus équivoque possible vu le bruit déjà pas mal suspect - et revenir après ? Vas-y, j'te regarde.

- Riku...

- Non, non, je te jure, je suis juste derrière toi.

Riku tourna la tête pour regarder Sora. Ils se regardèrent un moment, puis Sora se tourna sur le côté - en s'efforçant de ne pas grimacer de douleur mais c'était compliqué vu qu'il avait l'impression de s'être fait rouler dessus par une moissonneuse-batteuse - et se rapprocha. Riku tendit un bras qu'il passa autour de la taille du brun, qui se blottit contre lui.

- Waouh, finit par lâcher Sora, quelque part au milieu d'un silence.

Riku pressa un baiser dans ses cheveux.

- "Waouh" ? Vraiment ? Demanda-t-il.

- Moui. Merci.

- Pourquoi tu me remercies ? C'est moi qui devrais dire ça, non ? Et puis, t'as dit que ça faisait super mal.

- Ouais, mais pas que. Riku, Riku, Riku..., soupira Sora. C'est invraisemblable qu'avec le temps que tu passes à retourner des questions idiotes dans ta blanche caboche -

- Mais cheveux ne sont pas blancs.

- Mais oui, mais oui. Quoi qu'il en soit, c'est dingue que tu trouves pas de réponses toi-même. Merci, Riku, d'avoir fait en sorte que ce ne soit pas seulement super douloureux. Parce que c'était bon, aussi, et que je ne suis ni traumatisé ni décidé à ne pas recommencer. Au contraire.

- D'accord, répondit Riku, sans être très convaincu. Comme tu veux.

- Ensuite, merci parce que c'était ta première fois aussi, et que techniquement, tu viens autant que moi de perdre ta virginité. Et aussi, hum... Merci d'avoir fait... ben, tout le truc, la préparation, le lubrifiant, tout ça, hum.

- J'allais pas y aller à l'arrache, non plus, oh. Même si t'avais pas eu ce flacon, on l'aurait pas fait comme ça...

- Non, tu comprends pas... Merci de l'avoir fait, toi. J'y serais jamais arrivé, à faire tout ça, j'aurais trop flippé...

- Parce que tu crois que je flippais pas ?!

Riku était trop fatigué pour mettre beaucoup de véhémence dans ses protestations, mais tout de même.

-Peut-être, mais t'as assuré. Moi je suis sûr que j'aurais foiré... Toi, t'es toujours plus doué en tout.

- Tu dis n'importe quoi.

- Ben si, la preuve, t'es devenu Maître et pas moi. Maître Riku.

- M'appelle pas comme ça !

- Mais tu vas pas recommencer !

Ils entendirent soudain un coup frappé contre le mur, dans la chambre à côté de la leur. Celle de Donald. Pétrifiés, ils se regardèrent pendant un instant de panique, se demandant si le magicien allait venir toquer à la porte, aussi, mais il n'en fut rien. Riant tous deux sous cape, ils se glissèrent sous les couvertures, se souhaitèrent bonne nuit et s'endormirent rapidement, dans la pénombre violette du crépuscule nocturne.


... Ah, et puis y a Lea qui pleure dans un coin. *double esquive* Olé!

Paye ton historique internet bourré de planches anatomiques x) c'est dingue, depuis des années que j'écris des lemons, je continue à chercher des trucs ! J'espère que ça vous a plu. J'écris pas tant de SoRiku que ça, et c'est toujours sympa d'écrire sur un autre pairing. 17 pages quand même ^^

(1) (On dit des conneries dans ces moments-là, quand on veut parler mais pas tomber dans le dirty talking, j'vous jure x))