Note: Merci mille fois, je ne sais pas trop quoi dire d'autre...

J'ai eu un peu de mal à écrire ce chapitre mais j'y suis finalement parvenue! Et je peux déjà vous dire que le prochain s'intitulera Frapper avant d'entrer, ce qui en résume l'idée principale. Par contre, il n'est toujours pas couché sur le clavier.

En attendant, vos reviews sont mon seul salaire (un peu de douceur dans un monde de brutes LoL)

Bonne lecture!

RAR anonymes:

nyo:Comme tu dis! Disons que pour l'instant Draco est comme un chien dans une allée obscure. Il ne faut ni le regarder ni lui adresser la parole...Ce qui complique un peu la tâche de notre Ryry national, tu t'en doutes. Merci d'avoir pris le temps de me lire!

Càtia: Coucou! Ça fait plaisir de te retrouver! Je suis contente que tu aimes autant mon histoire, même si de mon point de vue je rame un peu en ce moment xD. Et pour répondre à ta question, Draco ira bien en Angleterre chez Harry...

J'espère que cette suite te plaira.

zelnazoo: J'ai adoré le « Ouach! » mDr. Merci pour ta review.

fandetoi: Je continue, lentement mais sûrement xD. Merci!

Aelim: Thank you very much.

--

Un seul coup d'oeil suffit à Ron Weasley pour voir que son meilleur ami avait passé une nuit exécrable. L'enfermant dans une accolade pleine de sollicitude, le grand roux pressa le petit brun de lui faire un compte rendu détaillé des récents évènements.

Harry demeura pour le moins évasif, se contentant de qualifier son correspondant bien aimé de 'sale petit con'. Bien sûr, Ron passa une heure à vitupérer contre Mc Gonagall et ses idées saugrenues et les blonds en général avant de lui faire promettre de venir le voir au moindre débordement de Malefoy:

-Si jamais il te touche, je l'arrange si bien que même sa mère ne pourra plus le reconnaître!

-Elle est plutôt sympa, sa mère. Marmonna l'adolescent en rajustant ses lunettes.

Son meilleur ami lui jeta un regard incrédule:

-T'as l'air d'avoir reçu un sacré choc, toi.

Harry ne démentit pas. Il aurait été difficile de faire autrement quand la vision d'un Draco Malefoy torse nu sortant de la salle de bains semblait s'être imprimée au fer rouge sur sa rétine. Curieux phénomène, d'autant que le blond n'avait de rien de si extraordinaire...

Une petite voix amusée le traita immédiatement de menteur. Bon d'accord, il avait aimé ce qu'il avait vu. Et alors, ce n'était pas un crime de contempler les bienfaits de Mère Nature! Pas comme s'il allait se mettre à fantasmer sur un imbécile pareil.

Ses pensées furent de toutes façons détournées par un glapissement de bonheur. Hermione se précipita sur lui comme votre servante sur un pot de Nutella un quart de seconde plus tard. Tentant de chasser discrètement les cheveux qui lui rentraient dans les narines, Harry serra sa meilleure amie aussi fort que possible. Une discussion s'imposait, et le plus tôt serait le mieux.

-C'est bientôt l'heure d'aller en cours, signala Ron en ramassant son sac à dos. Et je vous signale qu'on a quatre étages à grimper.

Une pointe de jalousie était clairement perceptible dans sa voix. Il se pencha pour embrasser sa petite amie et Harry détourna chastement les yeux. Pour rien au monde il ne voulait être responsable de tensions au sein du couple, d'autant que son meilleur ami n'avait vraiment aucune concurrence à redouter...

Nos trois compères montèrent donc les quatre étages les séparant de la salle de mathématiques, Ron avalant les marches deux à deux pour aller plus vite et Harry soufflant et pestant à tout va: il était grand temps de se remettre au sport.

-Dépêche toi, fainéant! Lui cria gentiment Hermione du haut des escaliers.

L'enseignant était jeune, vêtu d'une chemise de mauvaise qualité et arborant fièrement une grosse montre brillante, probablement en toc. Il scanna les trois étudiants d'un regard qui se voulait pénétrant et leur fit signe de prendre place.

C'était plus facile à dire qu'à faire, songea Harry en soupirant avec découragement. Des tables et des chaises avaient été rajoutées sur chaque mètre carré disponible de la salle exigüe, ce qui élevait la circulation au rang d'exercice de contorsion et la place tant convoitée à celui de Saint Graal inaccessible.

Après moult torsions du bassin assez peu viriles et des excuses bredouillées à une fille que l'équerre rebelle qui dépassait de son sac avait sauvagement agressée, le petit brun se laissa tomber avec la grâce d'un hippopotame sur une chaise bancale. Son voisin, un grand type noir, lui adressa un signe de tête indifférent et retourna à son cours de trigonométrie.

Le prof chaussa une paire de lunettes rectangulaires et extirpa la liste de classe de sa pochette plastifiée:

-Abbot Hannah?

-Présente.

-Akumu Durban?

-Présent, fit le grand noir.

Et ainsi de suite, jusqu'à:

-Est-ce que Mr Malefoy a décidé de nous faire grâce de son illustre présence?

Des rires moqueurs saluèrent cette pique. De toute évidence, la côte de popularité du blond n'était pas au beau fixe.

-Il n'est pas là, répondit une fille au faciès de pékinois et à la voix atrocement nasillarde en regardant la chaise vide à côté d'elle comme si Draco risquait d'y apparaître par magie.

-Draco Malefoy est comme une éclipse lunaire, ricana le prof en se penchant vers les anglais. On le voit peu, mais c'est toujours un moment à ne pas rater. Je crois savoir qu'il est votre correspondant, Mr Potter?

Surpris que l'homme connaisse son nom, Harry ramena les quatre pieds de sa chaise au sol, préservant ainsi sa colonne vertébrale de dommages irréparables, et répondit par l'affirmative.

-Je vous souhaite bien du plaisir!

Le rictus narquois de l'enseignant évoquait vaguement ceux de Rogue.

Malefoy avait planté Harry devant le lycée en marmonnant qu'il devait s'acheter des cigarettes, et n'avait pas refait surface depuis. Le brun avait passé la nuit la plus horrible de toute sa vie, le dos littéralement mis en pièces par le plancher et l'oreille aux aguets, persuadé d'entendre des couinements de souris.

Alors plus son correspondant se trouvait loin de lui, mieux c'était.

--

La cantine du lycée évoque davantage un fast food. Pas étonnant que l'obésité soit un vrai fléau ici! Ron et Mione partagent leur hamburger en deux moitiés parfaitement égales tandis que j'observe la faune étasunienne.

Les codes vestimentaires semblent être totalement abolis, mais à y regarder de plus près les groupes sociaux ne se mélangent pas. Une table pour les intellos, une table pour les sportifs et les pom pom girls, une autre pour les membres de l'association du lycée, une pour les gens qui font des expériences bizarres avec la nourriture, une pour nous, et une pour une fille aux cheveux sales et aux yeux globuleux qui mange une carotte crue.

-C'est Loufoca Lovegood, m'indique Durban en surprenant mon regard perplexe.

-Loufoca? C'est son prénom?

Tout le monde éclate de rire et mon voisin de classe m'assène une bourrade dans le dos:

-T'es un comique, toi! Elle s'appelle Luna!

J'ai encore raté une fameuse occasion de me la boucler...

-Alors, c'est vrai qu'il pleut tout le temps en Angleterre? Me demande une fille presque aussi blonde que Malefoy en picorant son maïs bio.

-Euh...ça dépend de la région où tu es...

Elle ne m'écoute déjà plus et se tourne vers Ron avec un sourire charmeur. Instinctivement, Hermione resserre son étreinte autour de son cou.

-Tu t'appelles Romuald, c'est ça?

-Ronald, corrige sèchement ma meilleure amie.

-Oh, désolée! Rit-elle en secouant ses cheveux de gauche à droite.

Encore une victime de l'hégémonie l'Oréal. C'est la première chose qui me vient à l'esprit en avisant les radis en plastique qui pendent aux oreilles de Luna Lovegood.

La conversation dévie sur le sport et le dernier match d'une obscure équipe de base ball. Durban découpe son steak avec une application presque chirurgicale et l'image de la pizza carbonisée d'hier soir revient flotter devant mes yeux.

-Nan mais regardez moi ça...siffle une petite brune avec un mépris non dissimulé.

Un type vient de poser son plateau devant Luna Lovegood. Il est assez petit, grassouillet, avec des dents en avant et des oreilles décollées. En gros, il ne sera jamais mannequin pour Calvin Klein...

-Ouais, Nott en plan drague! Ricane un autre garçon en croquant dans une pomme.

Le garçon fait comme s'il n'avait rien entendu, mais une rougeur monte lentement de sa nuque à ses oreilles.

Et lorsqu'un Neville visiblement enthousiaste vient rejoindre le couple, mon coeur se serre et Hermione a un petit sourire triste.

--

De temps en temps, c'est bien de faire le point. Voir où on en est, dans quel mur on fonce, et tout le bazar. Et comme à chaque fois que j'ai besoin de réfléchir, je me retrouve sur le toit du lycée avec mon paquet de Dunhill et vue imprenable sur les labos de chimie.

Potter est parti tôt ce matin, il avait du soudoyer Dora pour qu'elle vienne le chercher. Je me suis donc retrouvé à déjeuner seul à seule avec ma mère, qui m'a longuement sermonné pour avoir laissé mon correspondant sans même un sac de couchage. Qu'est-ce qu'il allait penser de nous?

Il a pitié de toi, Maman. Mais ça, je ne te le dirai pas vois tu. Parce que je ne suis pas un salopard complet, quoi qu'on en dise. Il a pitié de toi et il me prend pour un malade mental.

Qu'est-ce que j'ai en première heure le lundi matin? Ah oui, maths avec l'autre siphonné du bocal. Il a sûrement du sortir une de ses vieilles blagues me concernant à la classe, qui est de toutes manières déjà acquise à sa cause. Ou plutôt non acquise à la mienne.

Un de ces jours, je m'exilerai en Papouasie ou dans un pays au nom imprononçable comme le Turkménistan ou l'Azerbaïdjan. Et plus personne ne viendra m'emmerder. Jamais.

Potty a du pot, il m'a l'air assez sociable. Probable qu'il va vite s'intégrer à la meute de dégénérés du lycée, comme un digne représentant de la population adolescente de base qu'il est, avec quelques pépètes en plus ça va de soi. C'est très con, mais il y a des moments où je voudrais bien être comme ça. Pas comme Potter, mais comme quelqu'un de...normal? Banal?

Avoir une petite amie potable, au lieu de ramener des espèces de caricatures humanoïdes dans mon pieu pour tirer un coup.

Faire du sport sans être un dieu du stade.

Cloper avec ce qu'il faut de décontraction et de « j'arrête quand je veux » pour ne pas être catalogué toxico.

Avoir des potes suffisamment cools pour me passer les devoirs quand je suis malade ou me donner des conseils bidons pour s'y prendre avec les filles, tout en me faisant quelques grosses blagues bien lourdes histoire de me signifier que j'appartiens au cercle des 'vrais mecs'.

Ouais...ça pourrait être pas mal...

--

Ce fut non sans une certaine inquiétude que Harry vit son correspondant, habillé de noir de la tête aux pieds et les cheveux aussi lisses et brillants que la veille, pénétrer dans le self et se diriger vers lui.

-Qu'est-ce qu'il veut? Grogna Ron en se détachant des bras d'Hermione, prêt à la bagarre.

-Parler à Potter, fit Malefoy de sa voix traînante. En privé, si possible.

Posant une main apaisante sur le bras de son meilleur ami, Harry se leva lentement et suivit le blond à l'extérieur, conscient d'être l'objet de tous les regards.

Mal à l'aise face aux yeux gris et froids qui le fixaient avec une acuité étrange chez un type qui devait se shooter aussi souvent qu'il prenait des douches, le petit brun enfonça ses mains dans ses poches et prit une attitude résolue:

-Qu'est-ce que tu voulais me dire?

Draco prit son temps, ses mains roulant une cigarette sans la regarder. On ne fumait pas dans l'enceinte de ce bahut merdique, il devrait la garder jusqu'à ce soir...et aller justifier son absence du matin chez le pion. Merde, il était majeur et vacciné!

-Je veux qu'on signe un pacte de non-agression.

Et Harry s'étouffa avec ce qui lui restait de salive.

Merde alors!