Gundam Wings n'appartient ni à Sunhawk, qui a néanmoins écrit cette fabuleuse histoire, ni à moi, qui ne suis que l'humble traductrice. Hélas…
Avertissements : POV Duo, yaoi, angst, langage cru
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Gazelle Duo VS Lionne Relena, deuxième round !! Vous avez hâte, hein ?? Alors sans plus attendre, je m'occupe des RAR et je vous laisse aller lire. Bizz !
RAR anonymes : drakichou (pour toi, un message spécial : ton email ne passe pas dans les Reviews, alors si tu peux, va dans mon profil, et regarde mon email à cet endroit : je vais le rajouter pour que tu puisses m'écrire direct. Bizz, et je vais essayer d'updater E4M rapidement aussi !) ; vanilly (alors oui, je pense qu'il faut que tu combattes ta timidité et que tu me laisses des centaines de reviews !!! En tous cas merci de tes compliments, tu as eu du bol dans un sens de découvrir la fic pendant l'été, tu as eu les 8 premiers chapitres d'une coup ! A une prochaine fois j'espère ) ; BlackSheep AnT (coucou, je vais faire de mon mieux pour updater E4M rapidement, et NAM aussi si ça t'intéresse… bref, je suis motivée et productive, génial, non ? Mais… dis moi, qui contrôle ta connexion ? Bisous!) ; elise (merci beaucoup, j'espère ne pas te décevoir avec la suite ! Bizz) whitangel (tu peux te répéter autant que tu veux, ça fait toujours plaisir à entendre ! Et le côté réaliste des persos est ce qui donne toute sa valeur à cette fic. Bisous) ; Andromeda Aries (je suis persuadée que la suite ne va pas te décevoir… de toutes façons, c'est impossible d'être déçu dans cette fic ! Bisous A.A.) ; Hélière (coucou, dois-je déduire de ta review que la lecture de Descartes passe avant ma fic ? Je suis toute déçue… je te signale que ça manque un peu de Yaoi, les auteurs des Lumières… enfin, je suppose que tu n'as pas le choix, sinon tu me lirais en priorité, n'est ce pas ? Bizz) ; yohina (moi aussi je suis contente d'avoir du temps pour traduire en ce moment… du temps pour écrire en général. Mmmh, tu prétends que tu n'aimerais pas être à la place de Duo, mais moi je prédis que d'ici quelques chapitres, tu rêveras d'être à sa place…) ; emi (merci beaucoup, et j'espère que la suite te plaira autant) ; Edemi (ma motivation est au top, et je te laisse découvrir de quoi Relena va être capable…), et puis les autres (Bibou ; Catirella ; White Damon heavenlyJo ; Siashini ; Naw ; legolas 94 ; Ali-shan ; Kelidril ; JustShadows ; Natanaelle ; EyPi ; ptite clad ; ElangelCaido ; Xiao-Mai ; MiSs ShInIgAmI ; naughtymily ; Flo ShadowSpirit ; didi ; Black Sharne ; marnie02 ; otite la frite), je vous ai déjà répondu sur vos mails !!
PS : Naw, ce chapitre est pour toi, car je suis désolée de t'avoir fait attendre une semaine pour avoir la suite, alors que j'avais prévue de finir samedi dernier !! Et en plus, je n'ai même pas d'excuse valable… (sauf la paperasse dont on a parlé sur msn) juste la flemme… et mon écran qui a viré au vert, ce qui me tue les yeux !!! Bizz ma puce.
Abrasions (Chapitre 4) – part 2 / 2
Ça me prit environ trente secondes pour comprendre que j'en avais vraiment trop fait, et qu'il était sans doute temps que je retrouve Heero pour lui demander de me ramener à l'appartement.
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Je quittai la piste de danse sur des jambes flageolantes, et jetai un coup d'œil dans la salle principale, sans pour autant le voir immédiatement. Je me mis à réaliser soudain que j'avais supposé que nous mangerions ici, et je n'avais donc pas dîné ; cet état de fait contribuait probablement beaucoup à ma sensation de vertige.
Mes yeux se posèrent sur les gens qui entouraient le bar disposé à un bout de la salle, et j'observai assez longtemps pour être sûr que personne ne payait. Je patientai jusqu'à ce qu'il y ait moins de monde, puis je m'approchai. Il y avait un homme plutôt corpulent devant moi, et j'attendis patiemment pendant qu'il invectivait et se lamentait auprès du pauvre gars préparant les boissons, tout ça à propos de la qualité du brandy, avant qu'il prenne enfin son verre et se barre.
"Quel crétin," je murmurai en regardant le type s'éloigner en bousculant la foule.
Le barman laissa échapper un ricanement, puis parut horrifié, et essaya de le réprimer. "Puis-je vous aider, monsieur ?"
Je lui souris en retour. "Vous pouvez commencer par ne pas m'appeler monsieur… je suis pas si vieux que ça."
Il me renvoya mon sourire, et je m'approchai plus près pour m'appuyer sur le bar, autant pour le soutien que pour le reste. "Je me demandais si vous pourriez m'aider avec un peu de camouflage ?"
Son sourire s'effaça un peu, et je secouai la tête pour le rassurer ; je suppose que ça avait paru un peu bizarre.
"Ecoutez… j'ai été… pas très en forme ces derniers temps, et je me sens un peu chancelant, là. J'aurais bien voulu boire quelque chose, mais je n'ai surtout pas besoin de quelque chose d'alcoolisé…" Oh, n'était-ce pas embarrassant.
Mais le gars s'éclaira. "Je sais exactement ce dont vous avez besoin," et il se mit à sortir bouteilles et récipients. "On se prépare ça, parmi les domestiques, quand on a été en service dans l'une de ces réceptions pendant trop longtemps."
Il commença avec une base de jus d'orange, et je le regardai avec amusement tandis qu'il rajoutait du miel, et une espèce de poudre. "Vitamine C," m'informa t-il avec un large sourire, tout en continuant à mesurer et mélanger. "Fort en protéines et en sucres, absolument pas de caféine ni d'alcool. Et tout ça déguisé…" il plaisanta en finissant de remuer le shaker, et en le versant dans un grand verre pour me le présenter, "comme un Screwdriver."
"Parfait !" j'applaudis en prenant le verre et en goûtant. C'était exactement ce dont j'avais besoin ; pas aussi bien que de s'asseoir devant un bon repas, mais au moins ça m'aiderait à tenir jusqu'à ce que je puisse sortir d'ici, et en plus ça ressemblait précisément aux autres boissons qui dérivaient aux mains des invités dans la salle. Une fois encore, je parcourus la pièce des yeux pour trouver Heero, mais je ne le vis toujours pas. Je me retournai vers mon bienfaiteur, et lui souris un peu plus.
"Et en plus ça a très bon goût !" je lui dis, mais je le surpris à me regarder bizarrement.
"Monsieur… est ce que vous allez bien ?" dit-il, "vous êtes un peu pâle tout d'un coup."
J'avalai une autre gorgée de ma boisson, et tentai de me stabiliser.
"A peu près," je murmurai en continuant à m'appuyer sur le comptoir, espérant que je ne ressemblais pas à un ivrogne. "Et mon nom, c'est Duo… je croyais qu'on avait laissé tomber le monsieur."
Il s'empourpra, baissant la tête et parlant doucement, il me dit, 'Moi, c'est Greg." Ses yeux vérifièrent les alentours, et je me rendis compte qu'il aurait probablement des ennuis si on l'entendait s'adresser aux invités par leur prénom.
"Ecoute voir, Greg," j'imitai sa voix basse. "Est-ce qu'il y a un endroit… vraiment tout près… où je pourrais m'asseoir quelques minutes ? Je vais vraiment mourir de honte si jamais je m'évanouis à la soirée de la Reine du Monde."
Plus je restais là, pire je me sentais. Je repris une gorgée de mon verre, mais ça n'allait pas agir assez vite. Je reconnaissais très bien cette sensation de tremblements et d'étourdissement, et je savais qu'il me fallait m'asseoir quelque part, ou bien j'allais le payer très cher.
Greg jeta un regard aux environs, et je le vis prendre contact d'un coup d'œil avec une des filles qui se promenait dans la foule avec des plateaux. Il lui fit un signe de la main, et ils conspirèrent ensemble pendant une minute. Elle prit sa place derrière le bar, et Greg me signala de le suivre. Ce n'était pas loin, Dieu merci, et il me mena dans une petite pièce mitoyenne, où je m'effondrai quasiment sur un canapé. Une minute plus tard, je levai enfin la tête, et regardai autour de moi.
"C'est la salle de repos des employés," m'informa t-il. "Tu ne devrais pas être importuné ici." Il fronça les sourcils, "Est-ce que ça va aller ?"
Je lui adressai un sourire blême, et acquiesçai. "C'est juste que je ne m'étais pas autant activé depuis… des mois," je frottai mes yeux du revers de ma main, et tentai de retrouver mes marques. "Je ne vais pas te créer des problèmes, n'est ce pas ?"
Son visage se fit espiègle. "Nan. Personne vient jamais ici… on n'a pas vraiment de pauses assez longues pour que ça vaille le coup."
Je rigolai, et bus un peu plus de sa concoction vitaminée. "Je crois que j'ai été vraiment idiot aujourd'hui. D'habitude je fais une sieste l'après midi après ma thérapie, et en plus j'ai sauté le dîner…" mes mots moururent peu à peu, tandis que je m'étonnai de cette soudaine diarrhée verbale. Qu'est ce qui me prenait ?
Ses yeux s'agrandirent comme des soucoupes, et il s'accroupit en face de moi. "Tu es ce pilote, c'est ça !" s'exclama t-il. "J'aurais dû réaliser quand j'ai vu tes cheveux !"
Avais-je oublié de mentionner que j'étais passé au journal ? Des ex-pilotes de Gundams se mobilisent pour sauver un ancien équipier, spectacle à 11 heures ! Jésus… Je n'avais pas besoin de ça.
Je soupirai pesamment. "Coupable," je marmonnai en espérant qu'il n'allait pas faire parti de ces gens qui se sentaient obligés de m'expliquer à quel point ce que j'avais fait était stupide en acceptant ce boulot de récupération.
"Tu es un veinard d'avoir de pareils amis," lâcha t-il et il me fit sourire ; ça, c'était pas la réaction habituelle.
"Ouais," je lui confirmai, "je sais."
"Est-ce que ça va aller ? Est-ce que je devrais aller chercher quelqu'un ?" Il semblait troublé, maintenant qu'il réalisait pleinement ce que j'avais voulu dire quand j'avais dit que je ne me sentais 'pas très en forme.'
J'y réfléchis un peu ; songeai à l'envoyer trouver Heero, mais ensuite je me mis à imaginer la scène qui suivrait, quand mon colocataire/petit ami/jesaispasquoid'autre, arriverait ici à pleine vapeur, et probablement me porterait dans ses bras pour me sortir de là. Ça me fit frissonner. "Mon… colocataire n'a pas encore remarqué mon absence. Si c'est ok, je pense que je vais juste me reposer ici un peu, et voir si je peux récupérer quelques forces."
Il sembla un peu coupable. "Il faudrait que je retourne bosser…"
Je lui fis signe d'y aller, "Vas-y… Tout va bien."
Il se leva et se dirigea vers la porte, et je lui souris encore. "Merci, mon pote."
Il me sourit en retour et enfin, je fus seul. Je soupirai et bus autant de ma potion jus d'orange que je le pus, puis je posai le verre sur la table à mes côtés. J'allais me reposer, ici, jusqu'à ce que je sois capable de marcher sans tomber, puis j'irais trouver Heero pour lui dire qu'il devait me sortir d'ici.
Je renversai ma tête en arrière, contre le mur et pris plusieurs profondes inspirations, essayant de calmer mes tremblements. Je détestais la manière dont la moindre petite activité me lessivait. Parfois, je doutais que ma force revienne jamais. C'était comme si j'étais face à une bataille pénible, sur une montagne sans sommet. Je finis par somnoler tout en ruminant les choses étranges que Sally m'avait dites. Ce n'était pas ce que j'avais voulu.
"Qu'est ce que cela veut dire ?" Ce fut le son strident d'une Relena Peacecraft très en colère qui me ramena à la réalité. Je clignai des yeux, me sentant étourdi et désorienté. Bordel, où j'étais ?
Ça me prit une minute pour rassembler mes esprits ; apparemment, j'avais du dormir un petit bout de temps, parce que les tremblements avaient diminué, mais sans doute pas plus d'une heure, parce que j'avais toujours un étrange frémissement dans mes entrailles.
Je me renfrognai quand je la vis, puis réalisai que Heero était derrière elle. Je remarquai qu'il tendit la main pour fermer la porte, et je le bénis intérieurement pour ses efforts de garder ça privé.
"Quoi ?" demandai-je bêtement, frottant encore mes yeux pour en chasser le sommeil.
"Tu vois quel sorte de personne il est, Heero ?" éclata t-elle, son aversion intense envers moi clairement visible dans ses yeux.
"Non, Relena," dit Heero patiemment, "Je ne vois pas…"
Elle l'interrompit. "Il est tellement ivre qu'il a dû se glisser dans les quartiers des domestiques pour cuver son vin !" Ses joues étaient rouges et elle était tellement furieuse que ses mains tremblaient. Je ne sais pas sûr de savoir laquelle de ces deux choses la choquaient le plus : 'ivre' ou bien 'quartier des domestiques'.
Je secouai la tête. "Je ne suis pas…"
Elle ne m'offrit jamais la chance de finir cette phrase, ses yeux pointant d'une manière significative le verre sur la table. "Je ne veux pas de ce… ce… poivrot digne du caniveau dans ma maison !"
Je dus étouffer l'impulsion d'exploser de rire. Poivrot digne du caniveau ? D'où est ce qu'elle sortait cette merde ?
"Rel… Mademoiselle Peacecraft…" je commençai, mais Greg choisit ce moment pour revenir se glisser dans la petite pièce. Il portait un petit paquet enroulé dans une serviette de table.
"Duo… Es tu…" dit-il avant même d'avoir complètement ouvert la porte, puis il se figea, comme une biche prise dans les phares d'une voiture. Je vis ses yeux s'élargir lorsqu'ils passèrent sur Relena, Heero et moi en une série d'aller et retour, et je compris que le pauvre gamin risquait de sérieux problèmes.
"Qu'est ce que tout cela signifie ?" éclata à nouveau Relena, mais cette fois c'était dirigé contre Greg.
"Je…" commença t-il, ses yeux croisant les miens pour quémander de l'aide. Je me levai du canapé et je vis qu'il était prêt à dire mon nom.
Comme tout le monde dans la pièce me tournait le dos, je lui soufflai 'Maxwell' et cela l'aida à reprendre son rôle d'employé. Il s'inclina légèrement en direction de Relena.
"Monsieur Maxwell ne se sentait pas très bien, M'dame," l'informa t-il platement, et je hochai la tête pour l'encourager. J'avais l'impression que son boulot était en jeu. "Il m'a demandé de lui trouver un endroit où il pourrait s'asseoir quelques minutes."
"Et vous avez amené un… invité dans la loge des domestiques ?" aboya t-elle, sa voix devenant perçante. Je pouvais voir qu'elle allait reporter toute sa colère sur lui. Elle ne pouvait pas vraiment s'en prendre à moi comme elle le voulait, mais Greg était bien plus vulnérable.
Je choisis ce moment pour les interrompre, faisant signe à Greg de dégager de cet enfer aussi vite qu'il le pourrait.
"Relena," je lui dis doucement, utilisant délibérément son prénom pour attirer son attention vers moi. "En tant qu'invité dans ta demeure, j'ai demandé à l'un de tes employés de me trouver l'endroit le plus proche pour me reposer. Il faisait simplement son travail. Si le fait que je sois dans cette pièce te pose un problème, alors tu peux t'en prendre à moi."
Greg recula lorsque Relena tourna son attention vers moi.
"J'ai un problème avec le fait que tu sois dans ma maison," répondit-elle. "Je ne t'ai pas invité ici."
"Il est venu avec moi," dit Heero rudement, mais j'avais un peu de mal à le déchiffrer. Derrière eux, je vis Greg disparaître complètement.
"Il… n'est pas le bienvenu ici," continua t-elle, et ses yeux ne quittèrent pas les miens. Nous restâmes debout à nous regarder en chiens de faïence, et j'en vins à me questionner sur la profondeur de sa haine pour moi. Finalement, elle tourna les talons et sortit en trombe de la pièce.
Heero bouillonnait ; je pouvais le voir à la manière dont ses poings se serraient sur ses côtés, et à la crispation de sa mâchoire. Je n'étais juste pas très sûr de savoir contre lequel de nous deux se dirigeait sa colère.
"Attends ici," dit-il, et il fit demi tour pour suivre Relena. Je n'avais pas la force de deviner si c'était ma tête ou celle de Relena qu'il voulait dégommer. Bordel, j'étais trop fatigué, et malgré tous mes masques et mes attitudes glaciales… j'étais un peu blessé. Je ne lui avais jamais rien fait, à cette fille. J'avais sauvé sa putain de vie à plus d'une occasion. Les cicatrices sur mes mains, qui la révulsaient tellement, avaient été obtenues en combattant dans la guerre… sa putain de guerre, si on y va par là. Parce qu'à la fin, c'était pour elle qu'on s'était tous battu… battu pour ses idéaux et ses rêves. J'avais aidé à faire en sorte que son rêve de paix devienne réalité, mais je n'étais pas le bienvenu dans la foutue tour d'ivoire qu'était sa maison. Je vis Greg jeter un coup d'œil furtif par l'entrebâillement de la porte.
"Putain, comment je peux choper un taxi ?" je lui demandai, et il me fit signe de le suivre.
Au diable 'attendre ici'. J'étais fatigué d'attendre.
Il m'emmena vers l'arrière, dans les cuisines, et j'imaginais sans peine que c'était le genre de choses qui enragerait sa royale majesté. Là, il utilisa un téléphone pour appeler une compagnie de taxi, et à la dernière minute, avant que je parte, il pressa dans mes paumes le petit paquet qu'il portait tantôt. Il s'avéra que c'était un sandwich ; il s'était rappelé de ce commentaire que j'avais fait à propos de mon dîner oublié.
Je me promis de vérifier d'ici quelques jours, que le gamin avait encore son boulot.
Je commençai à donner au chauffeur l'adresse de l'appart de Heero, puis je réalisai soudainement que je n'avais pas d'argent sur moi pour le payer quand on serait arrivé. Avant même de pouvoir y réfléchir, je lui donnai l'adresse du port spatial où mon vaisseau était à quai. Où mon foutu chez-moi était.
Sur le chemin, je mangeai le sandwich sur le siège arrière du taxi. A notre arrivée, je fus sûr que le chauffeur pensait que je voulais le rouler pour sa course, car je dus lui demander d'attendre que je revienne avec l'argent.
"Ouais… bien sûr, mon gars," marmonna t-il en roulant des yeux.
Il fut vraiment surpris quand, non seulement je réapparus, mais en plus je lui filai un sacré bon pourboire pour le dédommager de l'attente. Je le regardai disparaître avant de monter à bord de mon vaisseau.
C'était étrange, comme retour à la maison. Ça faisait presque trois mois depuis que j'avais été à bord de ma 'Demon'. L'expérience était encore plus surréelle, car ce n'était pas moi qui l'avais appontée là. Mon dernier souvenir au sein de cette coquille de noix, c'était au retour de la ceinture d'astéroïdes, et j'étais tellement malade que c'était Heero qui pilotait.
Et l'une des dernières choses qui m'avait frappé l'esprit avant que je ne tombe dans l'inconscience, avait été que Heero Yuy et Chang Wufei étaient restés à bord de ma navette pendant toute une semaine.
Le vaisseau d'un pilote, c'est… comme une fenêtre sur son âme. C'est un endroit très privé, presque une extension de lui-même. J'ai vu des vaisseaux décorés de manière bien étrange, à l'occasion. On vit et travaille dans ces embarcations, alors quand on en vient à l'aménagement… bon eh bien ce sont toujours des vaisseaux spatiaux qui doivent fonctionner, alors ça ne laisse pas beaucoup de latitude. En revanche, quand on en vient à la peinture, là, c'est un peu différent. Les navettes des Sweepers sont probablement parmi les plus inhabituelles que j'ai jamais vues, parce qu'il y a tellement de mains qui ont participé aux touches finales.
Mais 'Maxwell's Demon' est à moi, et rien qu'à moi. Je n'avais jamais eu de partenaire, jamais eu de second. Tout, dans ce vaisseau, était de ma conception, ma décision, avait été mis là de mes mains.
Je possède un certain nombre d'aptitudes artistiques, alors quand le temps était venu pour moi de décorer l'intérieur de mon vaisseau, j'avais retroussé mes manches, sorti la peinture, exposé mon âme et saigné toutes ma douleur, ma frustration, mes espoirs et mes peurs partout sur les murs.
Je marchai dans mon vaisseau maintenant, et essayai de retrouver cette synchronisation, tentai de redécouvrir un petit bout de qui j'étais. Mes pas sonnaient creux au travers de ma 'Demon' alors que je la parcourais, comme si elle était en colère contre moi pour ma longue absence.
"Désolé, ma fille," je lui murmurai. "Ces derniers mois ont été plutôt mauvais."
Elle était silencieuse, comme à son habitude.
Une fois dans le poste de pilotage, je parcourus des yeux les murs couleur de sang, mon regard errant sur les photographies des cinq Gundams et de leurs pilotes trop humains. Je recherchai l'image de moi dans la prison d'Oz, mes mains menottées ensemble, et du sang coulant sur mon visage. L'un des côtés de mon visage était tellement enflé que je me souvenais en avoir été aveuglé. Je songeai à ce que j'avais souffert pendant cette guerre… songeai à ce que j'avais été amené à faire ; les souffrances dans lesquelles je m'étais dépêtré. Je pensai à Relena, qui ne voulait pas toucher mes mains.
Je quittai la cabine de pilotage, et errai le long du corridor en direction de ma cabine. Il y a une ligne de personnages peints sur le mur de droite de ce couloir. Alignés comme s'ils attendaient leur tour pour entrer voir le cockpit. Solo est le premier de la ligne, regardant droit devant lui avec une expression ennuyée sur son visage. C'est le Solo de mes souvenirs, à l'âge où il est mort, et non celui, adulte, que j'ai halluciné dans la Ceinture. Derrière lui, il y a les autres enfants qui sont morts de la Peste, certains sont maussades, d'autres ont un sourire, la petite Becca a les joues striées de larmes. Sœur Hélène est derrière eux, comme si elle les tenait en rang devant elle, et je sentis un pincement au cœur, de savoir quelle différence ça aurait pu faire dans leur courte vie s'ils avaient vécu pour la connaître. Le Père Maxwell arrive en suivant, aussi grand et impressionnant que dans mes souvenirs, mais avec ce sourire qui adoucit sa carrure imposante. Il doit courber légèrement la tête, pour tenir debout dans mon corridor. Derrière lui viennent les autres gens que j'avais connus et qui étaient à l'Eglise la nuit où elle avait brûlée ; la femme qui s'occupait des livres, Rafe, l'homme qui nettoyait en échange d'une place pour dormir, les pauvres âmes qui avaient juste été au mauvais endroit au mauvais moment. En dernière place dans la file, venait la pauvre fille que Jensen avait tuée la nuit précédent celle où il avait essayé de me tuer, moi.
A la fin de la ligne de mes morts se trouve la porte de ma cabine, et je m'y rendis aussi, levant les yeux vers mon ciel constellé d'étoiles. Cela me réconforta, et je faillis me laisser aller à me recroqueviller dans mon propre lit, mais ma 'Demon' m'appelait toujours, se sentant négligée, alors je continuai.
Je passai devant la porte de la cambuse, sachant que je ne trouverai pas de réconfort dans cette pièce au ciel bleu ombragé de nuages et au sol couleur gazon. Mes pas me portèrent vers la soute à cargaison, même si je ne voulais pas vraiment aller par là.
Il fait froid, là en bas, et je frissonnai en palpant les interrupteurs des lumières. Les cinq Gundams m'observaient depuis le mur de gauche, alors que les ruines de l'Eglise Maxwell se dessinaient sur ma droite. Je fis le tour du périmètre, laissant les souvenirs remonter vers moi. Ma tête commença à me faire mal.
Qu'est ce qui m'était… arrivé ? Où était Duo Maxwell dans toute cette pagaille ? Qu'y avait-il entre Heero et moi ? Comment se faisait-il qu'il soit aussi sûr de moi ? Comment pouvait-il être si positif à propos de ce que je ressentais et de ce que je voulais, alors que je n'en étais pas certain moi-même ? Comment se faisait-il qu'il semble capable de lire mes putains de pensées, parfois ? Alors que… moi je ne semblais même pas être capable de deviner ce qu'il ressentait… ce qu'il pensait. Est-ce qu'il y avait une faille en moi ?
Je fis un tour complet, et me retrouvai confronté au mur du fond, encore vierge. Quelque chose m'aiguillonnait ; je sentis la muse me pousser vers le mur. Je résistai ; je savais que je n'avais pas la force pour l'une de mes transes artistiques version 'laissons saigner mon âme'. La fresque murale de l'Eglise Maxwell m'avait prise des jours entiers et je n'avais pas soufflé un seul instant avant que ce ne soit terminé. Sans dormir, sans manger. Ma muse est une bâtarde sadique et implacable.
Mais je commençais à 'voir' des images sur ce mur, et je sus que je devais les capturer avant qu'elles ne s'en aillent. Je résistai juste assez longtemps pour retourner dans ma cabine, abandonner le smoking au profit d'autres fringues, et pour programmer ma musique sur les hauts parleurs du vaisseau. Je ne pris même pas la peine de regarder ce qui allait jouer.
Puis je partis chercher mes peintures et mes pinceaux, et me contentai d'espérer que j'étais assez fort pour ça.
Des images fantômes bougeaient sur ma 'toile' géante lorsque je revins avec mon matériel et l'installai dans la soute à cargo, alors je laissai la musique m'envahir, fermai les yeux à tout ce qui n'était pas ici et maintenant, et laissai la muse s'amuser avec ce qui restait de mon âme.
Parfois, ça donne l'impression d'essayer de capturer les fantômes de papillons, mais vous ne pouvez pas regarder directement leur image, sinon ils s'envolent. D'autres fois, c'est comme si une partie de la peinture était déjà là, et je me contente de recopier, tellement c'est clair. Le temps se suspend, et la vie, en dehors de l'acte de peindre, cesse d'avoir de l'importance. La muse est exigeante, ne prenant en compte ni la faim, ni la soif, ni les muscles fatigués ou les os douloureux. L'image est tout ce qui compte, et je n'ai d'autre choix que de suivre là où elle m'entraîne, et de faire de mon mieux pour représenter ce qu'elle me dit.
Je n'ai aucune idée du temps que cela me prit. Et je n'ai pas la moindre idée non plus de comment j'y parvins. Quand la fresque murale fut faite et que la muse me libéra, j'étais à deux barreaux du sommet de l'escabeau, et en une seconde je réalisai à quel point l'idée avait été mauvaise. La palette et les pinceaux tombèrent de mes mains aux nerfs insensibles, et je tombai après eux. J'eus quand même le temps, en un instant, d'apercevoir ce que j'avais crée, avant qu'un vertige nauséeux ne me submerge. L'image s'imprima dans mon cerveau, alors que j'étais étendu sur le sol froid de la soute à cargaison, emmêlé dans les barreaux de l'escabeau, avec de la peinture formant lentement des flaques autour de moi.
C'est la salle de bal du palais de cristal de Relena. C'est étincelant, et ahurissant de beauté. Moucheté de lumières féeriques et de chandeliers en larmes de cristal. Le magnifique escalier tournant est là, dans l'arrière fond. Il y a des fleurs, savamment arrangées, posées à peu près partout. Mais la salle n'est pas remplie de monde, comme elle l'a été lorsque je l'ai vu dernièrement. Il n'y a qu'une seule paire de danseurs, Heero et Relena. Elle porte sa robe froufroutante bleue et argent, et lui son smoking noir parfaitement taillé. La peinture les a surprit au milieu d'un de leur tournoiement, sa robe tournoyant autour d'eux. Ils semblent parfaits ensemble, à danser seuls sur le sol de marbre poli.
Mais il y a d'avantage à voir dans la peinture… comme c'est toujours le cas. Le palais de cristal est vu en coupe, et dehors, il neige. Il y a un petit groupe de gens à l'extérieur, debout près de l'une des larges porte fenêtres. Je suis la figure centrale, tout de noir vêtu comme je le faisais souvent pendant la guerre, portant un long manteau noir fluide. Il y a des enfants tout autour de moi, des enfants des rues et des orphelins, vêtus de haillons. Plusieurs d'entre eux ont leur visage pressé à la fenêtre, regardant danser le couple à l'intérieur. Moi, je ne regarde pas du tout le couple de danseurs. Mes yeux sont baissés vers un petit enfant qui tient ma main, et qui m'implore du regard, me désignant la fenêtre avec sa main libre. Comme s'il me demandait pourquoi nous sommes dehors dans le froid et la neige, alors qu'il y a un endroit si beau et chaud si près de nous. Sauf que sous cet angle, la salle de bal ne parait plus si magnifique. Ça semble…creux… vide. Le marbre apparaît froid et implacable. Les lumières sont trop crues et rudes par rapport aux silhouettes des enfants entassés dans la neige. Soudain, c'est devenu un portrait de l'excès et de la décadence.
Puis ma vision commence à se colorer de gris, et je reconnais finalement quelle musique n'a pas arrêté de jouer en boucle dans mes oreilles.
'... 'Cause I remember all the times I tried so hard ('…Parce que je me souviens de toutes les fois où j'ai essayé si fort)
And you laughed in my face 'cause you held the cards. (Et tu me riais au nez parce que tu détenais toutes les cartes)
I don't care anymore. (Maintenant je m'en fous)
And I really ain't bothered what you think of me (Et je ne m'inquiète plus de ce que tu penses de moi)
'Cause all I want of you is just to let me be. (Parce que tout ce que je veux, c'est que tu me foutes la paix)
I don't care anymore D'you hear? I don't care no more. (Maintenant je m'en fous Tu m'entends ? Je m'en fous pas plus)
I don't care what you say (Je m'en fous de ce que tu dis)
I never did believe you much anyway. (Je ne t'ai jamais vraiment cru de toutes façons)
I won't be there no more (Je ne serai plus là)
So get out of my way. (Alors degage de mon chemin)
Let me by (Laisse moi passer)
I got better things to do with my time (J'ai d'autres choses à faire de mon temps)
I don't care anymore (Maintenant je m'en fous)
D'you hear? I don't care anymore (Tu m'entends ? Maintenant je m'en fous)
I don't care no more (Je m'en fous pas plus)
You listening? I don't care no more (Tu écoutes ? Je m'en fous pas plus)
No more! (Plus jamais !)
You know I don't care no more! (Tu sais que je m'en fous pas plus)
No more, no no more (Plus jamais, non plus jamais)
No more, no no more (Plus jamais, non plus jamais)
No more, no no more... ' (Plus jamais, non plus jamais…')
Ça se répétait dans ma tête quand je finis enfin par succomber aux ténèbres et être englouti.
Me réveiller dans un endroit étrange et ne pas savoir comment j'étais arrivé là commençait à devenir une foutue habitude qui m'agaçait fortement.
Les alentours étaient suffisamment familiers pour que le mot 'hôpital' me vienne à l'esprit rapidement. La sensation d'un truc qui gratte et qui tire sur mon bras se traduisit par la mention 'intraveineuse' tout aussi vite. Mais je dus chasser le flou dans mes yeux avant de pouvoir comprendre pourquoi mon autre main ne voulait pas bouger. Je trouvai Heero assis sur le bord du lit, ma main droite tenue fermement dans les deux siennes, sa tête baissée, son front reposant contre le dos de ma main.
Je serrai ses doigts pour lui faire savoir que j'étais de retour parmi les vivants, et quand sa tête se releva brusquement, je fus pris complètement par surprise par la douleur que ses yeux laissaient transparaître, nue et sanglante.
"Duo…" soupira t-il alors que je me contentai de rester allongé, à cligner des yeux, le regardant fermer ses paupières et combattre ses larmes. Heero… se battant pour ne pas verser de larmes. Ce fut suffisant pour faire trembler le monde sous mes pieds.
"Tout va bien," je lui dis, d'une voix rauque et peu assurée. "Je… vais bien."
C'était plus que je ne pouvais le supporter, de savoir que j'étais la cause de cette souffrance inscrite sur son visage. C'était la première fois, depuis le début de toute cette affaire, qu'il ne portait pas cette expression qui prouvait sa foi complète et absolue en 'nous'. Je vis le doute dans ses yeux pour la première fois. Je le vis me regarder et je sus que, d'une manière ou d'une autre, sa capacité à savoir constamment ce que je pensais, était prise en défaut. Pour la première fois, j'eus enfin l'impression que nous étions à égalité.
J'ouvris la bouche pour parler encore, mais ma gorge s'obstrua. Il lâcha ma main, m'apporta de l'eau, et m'aida à la boire.
"Qu'est ce qui est arrivé ?" je questionnai lorsque j'en fus capable, essayant de mon mieux de recoller les morceaux de mes souvenirs. "Quel… quel jour est-on ?"
D'avoir quelque chose à faire pour m'aider sembla le stabiliser un peu, et il reprit ma main lorsque j'eus fini de boire. "Nous sommes mardi," me dit-il calmement, je me renfrognai, essayant de faire le calcul. "La soirée était vendredi soir," ajouta t-il tandis que la douleur resurgissait dans ses yeux. "Je… je t'ai trouvé lundi après midi."
J'acquiesçai et attendis qu'il réponde à mon autre question ; ma tête me faisait trop mal, et je ne me sentais pas le courage d'aller déterrer les informations. Mais au lieu de cela, il commença par ses propres questions.
"Pourquoi t'es-tu enfui ?" me demanda t-il, son front plissé sous la confusion. "Pourquoi tu ne m'as pas attendu ?"
J'entendis à nouveau sa voix furieuse, me demandant d'un ton sec de 'l'attendre ici', sans possibilité de discussion. Je sentis encore une fois ce frisson glacé dans mes entrailles, parce que je n'étais pas sûr de savoir contre qui sa colère était dirigée.
"Je… pensais que tu étais furieux contre moi," je murmurai alors que les souvenirs me revenaient, "et… Relena m'avait tellement énervé. Je voulais juste sortir de sa putain de baraque."
Ses yeux s'écarquillèrent, et les larmes menacèrent une nouvelle fois. "J'étais furieux contre elle. Je n'arrivais pas à croire qu'elle ait pu te dire ces choses. Je suis allé chercher nos manteaux, et quand je suis revenu… tu étais parti." Je sentis l'écho de sa panique et me senti coupable.
"Je suis désolé," lui dis-je, et je pus seulement presser ses doigts dans les miens. "Il fallait que je sorte de là… je ne pensais pas très clairement, je crois."
"J'ai fouillé partout," souffla t-il doucement, alors que sa main se levait pour venir caresser ma joue. "Je ne pouvais te trouver nulle part. Comment as-tu…?"
Je lui adressai un sourire fatigué. "Greg m'a fait sortir par les cuisines, et a appelé un taxi pour moi."
"Greg ?" questionna t-il, surpris.
Cela me poussa à réfléchir. "Le barman… le gamin qui m'a aidé à sortir." Dieu, est ce que ça remontait vraiment 4 jours ? "Heero… il faut que je m'assure que Relena ne l'a pas viré à cause de moi ; il s'est contenté de me rendre service."
Il hocha la tête et apporta ma main jusqu'à ses lèvres pour embrasser tendrement mes articulations. "Je vérifierai, je te le promets."
Mes paupières commençaient à se faire lourdes, et tout en luttant, je levai les yeux vers lui pour l'implorer. "Heero… je veux partir. S'il te plait… est ce qu'on peut rentrer à la maison ?"
Il cligna des yeux pendant une minute, et je ne fus pas sûr de comprendre ce que j'avais dit pour l'avoir autant pris par surprise, mais il me sourit finalement. "Demain, mon cœur," m'apaisa t-il alors que je m'enfonçai dans le sommeil.
Je fus en effet libéré le lendemain, après une mise en garde très approfondie de la part de mon médecin, à propos de repas équilibrés et de ne pas en faire trop. C'est un gars bien, et pour un docteur, je l'aime plutôt bien. J'eus aussi droit à quelques remarques sur la profonde stupidité de mes actes, notamment d'être au sommet d'un escabeau à ce stage de ma convalescence. Il fut très clair sur le fait que j'étais chanceux de ne pas m'être cassé un os.
Le retour en voiture fut silencieux, et j'avais décidé avant même qu'on arrive qu'il était temps que Heero et moi ayons cette fameuse discussion. Il semblait encore… déstabilisé, et un peu moins sûr de moi d'une certaine façon ; j'avais l'impression que le terrain de jeu avait été mis à niveau, si l'on veut.
Il m'emmena à l'appartement et m'installa sur le canapé, trouva un plaid et l'enroula autour de moi, puis m'apporta un jus de fruit. Je finis par comprendre assez rapidement que, lui aussi, avait compris qu'il était temps qu'on discute, mais qu'il faisait tarder les choses.
"Heero," je fis cesser son agitation rien qu'au ton de ma voix. "Viens et assied toi."
Il resta à me regarder pendant un moment, constatant sur mon visage qu'il n'y avait plus moyen de remettre les choses à plus tard. Avec un soupir imperceptible, et un petit sourire coupable, il vint s'asseoir à l'autre bout du canapé. On se tourna tous les deux sur le côté pour pouvoir se faire face ; aucun d'entre nous ne parla pendant assez longtemps. Moi, je n'étais pas vraiment sûr de savoir par quel bout commencer.
"Heero… je suis pas sûr de pouvoir faire ça…" je finis par lâcher, et je fus étonné par l'expression d'horreur qui envahit ses traits.
"Duo… s'il te plait…" murmura t-il, mais je secouai la tête.
"Ecoute," je lui dis doucement, fixant mes yeux dans les profondeurs ambrées de mon jus de fruit. "Je… je suis tellement paumé. Je pense pas que je…" Je n'arrivais même pas à lui expliquer quelle ruine émotionnelle j'étais. Je ne savais pas comment lui dire qu'apparemment, je ne ressentais pas les choses à la manière dont le font les gens normaux. Je voulais lui dire que je n'étais pas sûr d'avoir des sentiments pour lui aussi… intenses que ceux qu'il avait pour moi… Mais c'étaient des mots qu'on ne s'était jamais même échangé entre nous.
Son front se plissa de confusion. "Duo, tu n'es pas… paumé. Tu es toujours en pleine convalescence. Tu dois te donner tu temps."
Je soupirai et mis de côté le verre de jus ; je n'en avais vraiment pas envie maintenant. "Ce n'est pas à propos de l'accident," je lui dis doucement. "C'est à propos de ce qu'il y a là dedans." Je portai ma main à ma poitrine et levai les yeux pour croiser son regard.
Il secoua à nouveau la tête. "Tout ça, c'est entremêlé, Duo," me dit-il fermement et j'eus à nouveau un peu la sensation qu'il regardait à l'intérieur de ma tête. "Tu n'as pas encore résolu tout ce que tu as traversé… tu n'as pas encore permis à tes fantômes de se reposer."
Je clignai des yeux, et ma main droite, inconsciemment, alla chercher les cicatrices de Solo sur mon avant bras gauche, pour les frotter. "Mes fantômes ne se reposent pas," je lui dis.
Il s'avança sur le canapé, s'approchant assez pour pouvoir me toucher et arrêter mes doigts avec les siens. "Je sais," ses yeux errèrent jusqu'à ma manche qui cachait les lignes successives des cicatrices qui couraient sur mon avant bras ; une pour chaque année depuis que Solo était parti. Je me souvins alors de cette nuit, il y a de ça bien des années, la nuit où il m'avait suivi parce qu'il pensait que j'étais tellement agité que j'aurais pu foutre en l'air notre couverture. Ça avait été l'anniversaire de la mort de Solo, et il m'avait observé pendant que je faisais la neuvième marque. Toutes ces années durant, je n'avais pas été sûr de ce qu'il avait vu ou non, n'avait jamais su avec certitude ce qu'il avait entendu. Maintenant je savais. Je me sentis rougir, mais ne pus arracher mon regard au sien.
"Tout ça arrive tellement rapidement…" je soufflai, essayant de lui faire comprendre.
Il secoua la tête avec un petit sourire triste. "4 ans, ça ne me semble pas si rapide, à moi. Ça aurait dû arriver à l'époque, s'il n'y avait pas eu la guerre… s'il n'y avait pas eu notre devoir…"
"Mais ce n'est pas arrivé à l'époque !" je sentis ma voix s'élever, et tentai de me reprendre. "Et maintenant…"
"S'il te plait, dis moi qu'il n'est pas trop tard," plaida t-il doucement en prenant encore ma main dans la sienne.
"Je ne sais pas," me fallut-il lui répondre. J'avais commencé cette conversation, mais soudain, c'était comme une balle descendant une colline, hors de mon contrôle. "Heero… j'ai eu tellement mal pendant tellement longtemps… je ne sais pas si je peux faire ça."
Il y eut à nouveau cette souffrance sanglante dans ses yeux, à laquelle je ne savais pas comment répondre.
"Je sais… je sais," me calma t-il, ses doigts enserrant les miens. "Je t'ai fait du mal. Je sais que je t'ai fait du mal. Je voyais… j'entendais… et je ne savais pas quoi faire…"
"Je n'ai même jamais su ce que je t'avais fait pour… que tu me… détestes…" je chuchotai, exprimant ça pour la première fois à voix haute, et je fus surpris quand la douleur s'embrasa, aussi fraîche que lorsque ça avait été nouveau.
"Je ne t'ai jamais détesté !" gémit-il, lâchant ma main pour me prendre par les épaules. "Oh, Dieu ! Jamais ! Tu m'as volé mon coeur le jour même de notre rencontre !"
J'étais complètement déboussolé, là, et je le dévisageai à la recherche d'un mensonge, sans en trouver aucun. "Mais alors pourquoi diable as-tu envoyé ce putain de message demandant qu'on ne travaille jamais plus ensemble !" je pleurnichai, perdant la bataille contre ma vieille douleur.
"Parce que mes sentiments pour toi ont failli tuer Quatre !" s'écria t-il, me lâchant soudainement pour se relever, comme si les émotions qui semblaient le dévorer de l'intérieur ne pouvaient pas le laisser tranquillement assis. "Pendant cette foutue mission avec l'usine de Mobile Doll, avec… Jensen…" J'entendis sans peine la haine dans sa voix lorsqu'il prononça le nom de l'homme qui avait essayé de me violer. "Je ne pouvais pas penser normalement ! J'avais pris des décisions stupides… je me débattais tellement, à tenter de ne pas te protéger, que je suis allé trop loin dans l'autre direction et… et je t'ai laissé te mettre en danger." Il me tournait le dos, comme s'il ne pouvait pas soutenir mon regard. "La nuit où on a fait explosé l'usine, j'aurais dû récupérer Quatre pendant que tu battais en retraite… mais au lieu de ça, j'avais tellement peur pour toi… j'ai été paralysé… Je…"
Il se tut, et tout ce que je pus faire, ce fut de rester là, assis, à contempler son dos. Le silence se prolongea un peu, le temps qu'il reprenne ses esprits, puis il se tourna pour me faire face. "Je suis désolé, Duo. Je suis tellement désolé…" il vint s'agenouiller devant moi et prit mes mains dans les siennes, portant mes paumes balafrées jusqu'à ses lèvres. "Ç'aurait dû être moi… j'aurai dû être celui qui…"
Je retirai vivement mes mains, horrifié par cette idée. "Non !" je claquai, fermant mes poings. "Ne… ne dis pas ça… Je…"
Il prit mon visage dans ses mains et me força à le regarder dans les yeux. "Je t'aime," me dit-il, d'une voix intense et vigoureuse, "et je sais que tu tiens à moi…"
"Comment diable peux-tu être aussi sûr de ce que je pense et de ce que je ressens, quand je ne suis même pas capable de démêler tout ça ?" je m'écriai, brutalement à la limite de pouvoir me contrôler.
Il sembla infiniment triste alors, et presque… vaincu. "Tu peux combattre ça avec ta tête," me dit-il doucement, "mais quand tu étais malade, c'est ton cœur qui me parlait."
Je me souvins brusquement de ce que Sally avait tenté de me dire, et mes yeux s'écarquillèrent lorsque enfin la signification me frappa. J'avais babillé Dieu seul sait quoi, à Dieu seul sait qui, lors de crises enfiévrées de confession.
"Heero…" je haletai, horrifié, et je vis une lumière s'éteindre dans ses yeux lorsqu'il vit ma réaction à cette révélation.
Il me lâcha et s'assit sur ses talons. "Duo… tu étais malade… tu a failli mourir…"
Je tentai de me calmer, essayai de convaincre mes émotions de ce que mon cerveau savait ; ce n'était pas sa faute. C'était moi, qui avais blablaté, il ne m'avait pas forcé à dire quoi que ce soit ; il n'avait pas eu d'autre choix que d'écouter.
"Je… j'ai l'impression que ma tête a été violée," je murmurai et, en état de choc, je le vis reculer comme si je l'avais giflé ; je n'avais pas prévu de dire ça à voix haute. "Heero ! Je suis désolé ! Je ne voulais pas…"
Il m'arrêta en me touchant le bras. "Tu as tous les droits de ressentir ça," me souffla t-il doucement sans lever les yeux.
Je me sentis soudain très fatigué. "Je… j'ai besoin de… penser à tout ça pendant un moment," je finis par dire, et il acquiesça.
"Quoi que tu décides… ou que tu aies besoin…" il releva finalement les yeux. "Je t'aime et je veux que tu sois à mes côtés… pour toujours. Mais plus que ça… je ne veux plus jamais te faire du mal."
Il se leva de l'endroit où il était agenouillé, devant moi, et s'en alla. Ses épaules étaient courbées et sa tête baissée en signe de défaite ; il rejoignit sa chambre et ferma sans heurt la porte derrière lui.
Je le regardai partir sans prononcer un mot.
Pendant un petit moment, j'aurais voulu avoir la force de sortir et d'aller faire un tour, mais je savais bien à quel point ce serait stupide de faire ça. Je savais que je n'aurais pas pu aller bien loin, mais l'appel de l'air frais était séduisant en tout cas.
Il m'aimait. Il l'avait enfin dit tout fort. Je ne pus que rester assis à me demander si moi, je le lui avais déjà dit.
Je me mis à repenser à cette nuit, il y a de cela des années, où il m'avait suivi depuis le refuge jusque dans les bois. Il avait dû me talonner toute la soirée. Il avait dû me suivre jusqu'en ville ce jour là. Qu'avait-il vu ? Qu'avait-il entendu ? Qu'avais-je dit ? Etait-il là lorsque j'avais avoué à Paige que j'étais attiré par les hommes ? M'avait-il entendu me parler tout seul dans la forêt, prétendant que Solo était là parce que je me sentais tellement seul que j'aurais pu en chialer ? Avait-il été révolté de devoir rester en retrait et me regarder pendant que je me tranchais mon propre bras ? Trop de temps avait passé ; les détails de cette mission étaient trop flous dans ma mémoire. Je me rappelais vaguement des conversations que j'avais eues avec Bill et Paige, mais je me souvenais en revanche très bien de la sensation agaçante que j'avais eue toute l'après midi, de me sentir surveillé.
D'autres choses me vinrent à l'esprit alors, en repensant à l'époque où nous étions resté ensemble comme camarades de chambrée dans un internat. Plus j'avais essayé de faire en sorte qu'il ne me haïsse pas, plus il m'avait repoussé. Avec cette nouvelle perspective, je réalisais qu'il avait combattu son attraction envers moi. Qu'il s'était démené contre des émotions que des soldats, dans une guerre, n'étaient pas supposés avoir.
Je me souvins de cette autre mission, des yeux de Heero sur moi, furieux et colériques à chaque fois que Quatre et moi, on prenait le temps de se toucher. Avait-il été… jaloux ? Heero Yuy… jaloux ? Je me rappelais de la manière dont son regard m'avait déshabillé, lorsque j'avais revêtu ce putain de déguisement de 'pute', à base de spandex. Je songeais qu'il était sorti de sa chambre, cette nuit là, pour venir vérifier mes blessures. Est-ce que cette attitude froide et calculatrice avait couverte le fait qu'il était sincèrement inquiet pour moi ?
Il avait été paralysé pendant une mission parce qu'il avait peur pour moi ? Il avait laissé ses sentiments contrecarrer son devoir ? Pouvais-je y croire ? Allais-je oser croire ça ? Toutes ces années de souffrance. Tout ce temps à penser qu'il ne pouvait pas me sacquer.
Je me souvenais de lui, aidant Wufei à soigner mes mains quand ils avaient découvert que j'essayais de leur cacher mes blessures. Je me souvenais de sa voix, me disant si tendrement de ne pas regarder, alors que Wufei coupait la chair calcinée. Je me souvenais de la sensation de ses mains sur mon visage, m'incitant à tourner la tête de ce spectacle. Je me mis à songer très sérieusement au rêve que j'avais fait, peu de temps après cela… juste avant que Heero ne disparaisse puis envoie le message au Commandement, requérant que nous ne soyons plus jamais assignés à travailler ensemble.
Il m'avait envoyé ce message en copie, et j'avais passé les trois dernières années à me demander… pourquoi ? C'était vraiment son genre, de ne pas envoyer ça derrière mon dos. Mais parfois, je me mettais à souhaiter qu'il l'ait fait… je n'aurais probablement jamais deviné. J'aurais pensé que c'était juste une histoire de malchance, que nous ne soyons plus amenés à travailler plus ensemble. Au lieu de ça, j'avais passé des années à ronger mon os, à essayer de comprendre les raisons de son geste. Bon… eh bien maintenant, j'avais ma réponse. J'avais juste beaucoup de mal à y croire.
Il avait traversé la moitié du système solaire pour me ramener d'entre les morts. Sur une impulsion, il s'était embarqué sur un vaisseau qu'il n'avait jamais vu avant, et avait entrepris un voyage d'une semaine sans même savoir si je serais encore vivant quand il arriverait. Si ça c'était pas de l'amour, alors qu'est ce que c'était ? Je me mis à penser à ces quelques courts moments que nous avions passé sur mon vaisseau, seuls tous les deux, avant que la fièvre ne me submerge et que mes souvenirs deviennent confus et fragmentés. Heero, toujours à mes côtés, comprenant avant moi-même à quel point j'avais été profondément affecté par ces longs, longs jours à flotter seul dans le froid. Heero me baignant tendrement, me nourrissant, s'occupant de moi, m'enlaçant la nuit et murmurant doucement à mon oreille quand les cauchemars venaient me hanter.
Mais… que lui avais-je raconté ? Il semblait connaître tout ce qu'il y avait à connaître de moi. Est-ce que j'avais passé ces longues journées, allongé à lui révéler… tous mes secrets ? Pas étonnant qu'il semble capable de lire mes putains de pensées.
Et cette confiance inébranlable qu'il avait en moi… en ce que je ressentais envers lui. Ça devait venir de ce que je lui avais divulgué… de ces choses que j'avais révélé pendant les heures sombres où j'avais été si proche de la mort. Avait-il su ? Avait-il réalisé que je n'allais probablement pas m'en sortir et revenir sur Terre vivant ? Qu'avais-je dit ? Y avait-il une part de moi qui n'était pas consumé par le doute et la peur ? Y avait-il une part de mon cœur suffisamment entière pour savoir que je l'aimais toujours ? Une part de mon âme assez forte pour laisser tomber les murs que j'avais érigés… pour m'ouvrir à lui une fois encore ? Pour prendre le risque d'être à nouveau blessé ?
Y avait-il une petite partie de moi qui osait encore croire à mon rêve ?
Lorsque je sortis de mes pensées, et regardai autour de moi, je me rendis compte que des heures avaient passé. Il était presque minuit. Mon verre de jus de fruit était chaud depuis longtemps mais j'en avalai quand même quelques gorgées, parce que ma bouche et ma gorge étaient sèches.
Je songeai à empaqueter mes affaires et à redéménager sur mon vaisseau.
Je songeai à me retirer dans ma chambre et à me cacher dans les profondeurs du sommeil.
Je songeai à appeler le numéro de Relena, juste pour lui raccrocher au nez.
Je songeai encore une fois à aller faire un tour.
Puis je me levai, enroulant le plaid autour de mes épaules, et me dirigeai silencieusement vers la porte de la chambre de Heero. Je frappai une fois, mais n'attendis pas qu'il vienne m'ouvrir. La pièce était sombre, et la lumière s'y immisça lorsque j'ouvris la porte. Il était allongé sur son lit, à plat sur son dos, mais la lumière se refléta dans ses yeux ouverts.
"Je…" J'ai peur d'être à nouveau blessé. Tu tiens dans tes mains tout ce qui reste de mon âme meurtrie et cabossée, et je ne survivrai pas à un autre rejet. Je ne le supporterai pas à nouveau… Je n'en ai pas la force.
"Je…" Je suis… bon pour la casse. Parfois, j'ai l'impression que tout ce qui me tient en place, c'est des bouts de fil électrique et de la ficelle. Et je n'arrive pas à comprendre comment tu peux dire que tu m'aimes. Je n'arrive pas à voir ce que tu distingues en moi.
"Je…" J'ai besoin de savoir ce que tu sais. J'ai besoin d'entendre de ta bouche ce qui s'est passé entre nous lors de ces longues heures sombres entre les étoiles. J'ai besoin d'être à égalité avec toi. Je ne supporte pas cette impression d'avoir été mis sous microscope. J'ai dit et fait des choses, et j'ai besoin de savoir ce que c'était.
"Je…" Je pense que, peut être, tu pourrais avoir raison ; je pense qu'il est possible que je t'aime, tout simplement. Je pense qu'il est possible que j'aie trouvé la clé de la boite qui contient les restes sanglants de mon rêve avec toi. Mais je ne crois pas que je puisse le ressusciter tout seul.
"Je… j'ai froid."
Il s'assit doucement et me regarda, ses yeux fiévreux brillant dans la lumière faible qui filtrait derrière moi. Il se poussa pour me faire de la place et me tendit la main. Je parcourus la demi douzaine de pas qui me séparait de son lit, et m'allongeai lentement à ses côtés, déroulant le plaid pour nous en recouvrir tous les deux. Je restai, le dos tourné à lui, et il vint s'enrouler autour de mon dos, glissant son bras sous moi pour que j'y repose ma tête, et drapant son autre bras sur ma hanche. Comme nous avions dormi ensemble lorsque nous étions à bord de ma 'Demon'.
Pendant un long moment, le silence s'éternisa.
"Il va falloir qu'on parle de ce qui s'est passé… pendant que j'étais malade," je lui chuchotai dans la nuit.
"Je sais," soupira t-il, et son bras se resserra autour de moi. "Il va falloir qu'on parle de cette peinture murale, aussi."
Je grognai ; j'avais oublié ça. "O… Ok."
Sa main quitta ma hanche pour tirer la couverture plus près, et la border autour de moi.
"Heero ?" je hasardai finalement.
"Qu'y a-t-il, mon amour ?" soupira t-il.
"Cette nuit là… après que j'ai été brûlé… lorsque j'ai fait un cauchemar… ce n'était pas un rêve, c'est ce pas ?"
"Non, ce n'en était pas un."
"Je…" J'avais l'impression qu'une poigne d'acier venait de s'emparer de mon cœur. Ce que nous avions… peu importe ce que diable c'était, n'était pas né lors de ce voyage de retour de la Ceinture. Ça avait vraiment commencé toutes ces années auparavant. "Je pense que je peux faire ça." Je murmurai.
Ses bras s'agrippèrent à moi, m'étreignant fermement contre lui, et un étrange tremblement s'empara de lui, sa voix quand elle résonna était rauque. "Je sais que tu peux. Je sais… que nous pouvons."
Je pense qu'il pleurait, mais il ne me laissa pas me tourner dans ses bras pour en être sûr. Tout ce que je pus faire, ce fut de tendre le bras vers l'arrière pour attraper son épaule, jusqu'à ce que le tremblement cesse.
"Ça ne sera pas facile," je lui dis quand il fut calmé.
"Je sais," soupira t-il contre le dessus de ma tête.
"Heero… Je… je t'aime." La chose sombre qui enserrait mon cœur sembla enfin s'éloigner.
Cette fois ci, il me laissa me retourner dans ses bras, et nous restâmes enlacer tout le reste de la nuit.
Alors, alors ? Heureu(ses)x ? Ils s'aiment d'amûûûr !! C'est bô… Nous avons donc enfin la confirmation que, quand Duo délirait après avoir été brûlé à la fin du chap 2, la présence de Heero n'était pas un rêve (qui en doutait ? ), et que Heero était jaloux de Quatre pendant toute la mission avec Jensen !! (Trop drôle !) Par contre nous n'aurons malheureusement jamais les détails des secrets que Duo a révélés lorsqu'il était à l'agonie lors du retour de la Ceinture… Eeeh non, ça restera entre eux…
Personnellement, pour ce chapitre, ma phrase préférée est la suivante : "Je songeai à appeler le numéro de Relena, juste pour lui raccrocher au nez." Hi hi !! Ça aurait pu être drôle, et totalement immature !!
Enfin, et sans vouloir me plaindre… Duo est un beau gosse, intelligent, sensible, ex-pilote de Gundam, Heero est amoureux de lui… et EN PLUS, il dessine et peint super bien… moi, je suis dégoûtée… Snif…
Et surtout, n'oubliez pas : chaque review envoyée est un petit pas sur le chemin qui mène Duo vers le lit de Heero !!!!! (Comment ça, ça ressemble à du chantage ? Meuuh non, je vous motive, c'est tout…) Kiss !
