Chapitre dixième.
Drago la toisa quelques instants. Elle avait besoin de lui. Elle le suppliait du regard. Elle tremblait presque. Drago s'approcha alors instinctivement d'un pas vers elle. Elle recula d'un pas subitement, surprise par cette soudaine proximité. Drago ferma la porte de sa chambre derrière lui et commença à avancer vers la chambre d'Hermione. Elle le suivit sans dire mot. Elle l'observa alors par l'arrière. Elle observa sa démarche et son allure. Il avait une démarche fluide et assurée, et une allure élancée. Il dégageait et imposait quelque chose de par sa prestance. Hermione ne pouvait pas le nier. Elle avait beau détester la plupart du temps tout ce qu'il était et tout ce qu'il représentait, elle devait bien avouer qu'il avait quelque chose.Elle comprenait mieux certaines filles de Poudlard qui lui avaient dit qu'elle le trouvait agréable à regarder, charmant ou beau. Hermione n'aurait jamais dit bien sûr qu'elle le trouvait beau. Elle ne le pouvait pas. Elle le détestait tellement parfois qu'elle était aveuglée par ce sentiment. Elle était incapable de voir autre chose que le fait qu'elle le méprisait.
Ils entrèrent alors dans la chambre d'Hermione et s'assirent sur les fauteuils. Drago s'installa nonchalamment, mais d'une nonchalance étudiée, pour toujours resté distinguer. Hermione détestait ça. Toutes ses manières, toutes ses façons de faire d'aristocrate prétentieux. Elle méprisait ça. Mais à le regarder un peu plus, elle se rendit compte, et ça la fit presque rire, qu'il ne le faisait même pas exprès. C'était tout simplement naturel. Il avait été tellement baigné dans ce milieu et dans cette éducation qu'il ne se rendait même pas compte qu'il avait des manières. Hermione eut un sourire quand elle réalisa que si elle lui disait, il nierait probablement en bloc. Il sortit sa baguette d'un geste vif et la brandit vers Hermione. Elle se crispa brutalement et serra l'accoudoir entre ses mains faisant blanchir ses jointures. Il laissa échapper un sourire en coin et répara simplement la porte de la chambre - qui n'était plus - derrière Hermione. Elle lâcha un soupir de soulagement et s'installa plus confortablement dans son fauteuil soufflant un merci à Drago.
- Tu acceptes donc de m'aider ? Demanda Hermione en fixant Drago.
- Non, Granger, je suis venu ici pour prendre le thé, soupira ce dernier en levant les yeux au ciel.
Hermione soupira mais ne dit rien, lui faisant plutôt un sourire amusé.
- Qu'est-ce qu'il t'a fait voir ? Demanda Drago en reprenant un peu plus de contenance.
Hermione baissa son regard et se tortilla les mains. Elle eut un tremblement en se remémorant ce qu'elle avait vu. Drago la toisait, détaillant tous ses faits et gestes.
- Granger si tu ne me réponds pas, je ne peux pas t'aider. Dis-moi ce que tu as vu et je te dirais si c'est vrai ou faux.
- Au départ j'ai vu le corps de Cédric Diggory, au Tournois des sorciers. Je sais que ça c'est vrai. Puis, Sirius Black mourir, Harry se battant contre... Tu-sais-qui, qui le possédait au Ministère cette même nuit. C'était... horrible. Il souffrait tellement et...
- Bon souvenir suivant, Granger, on ne va pas y passer la nuit, la coupa Drago en soupirant.
Hermione se tut quelques instants et eut un regard surpris. Pourquoi était-elle surprise ? Ce n'était pas comme s'ils étaient amis et qu'elle pouvait tout lui raconter.
- J'ai vu Ron... commença-t-elle en se remémorant sa sixième année avec Ron et Lavande. Non passons. Puis les mangemorts dans Poudlard, continua-t-elle alors que Drago se tendait sur son fauteuil. Mes amis blessés. Et j'ai... j'ai vu le corps de Dumbledore, puis l'enterrement.
- Passe, Granger, on sait tous les deux que ça s'est vraiment passé, répondit Drago mal à l'aise.
- J'ai vu Harry et Ron perdus dans l'Angleterre, errant sans but, déprimés, ne trouvant pas...
- Ne trouvant pas quoi ? Demanda Drago subitement intéressé.
- De cachette, répondit Hermione au tac au tac sentant la peur l'envahir.
- Je ne peux pas te dire si c'est vrai ou faux, Granger, on ne sait pas où ils sont ou ce qu'ils font.
- J'ai vu Ginny se faire torturer par les frères Carrow à Poudlard, murmura-t-elle.
- C'est probablement vrai.
- Elle agonisait Malefoy ! S'écria Hermione. Ce n'est pas... ça ne peut pas être vrai !
- Tu voulais que je t'aide oui ou non ? Si tu ne veux pas entendre la vérité, il ne fallait pas la demander, cracha Drago. Alors elle n'est sûrement pas en train de pourrir dans un cachot de Poudlard, mais qu'elle soit torturé par les Carrow, oui, c'est vrai.
Hermione réprima un frisson. Elle ne pensait pas réellement que c'était vrai. Qu'ils torturaient vraiment les élèves de Poudlard. Elle sentit les larmes monter alors qu'elle imaginait l'enfer que vivait Ginny à Poudlard. Elle croisa le regard de Drago qui la détaillait sans ciller.
- La suite est floue, c'étaient plus des flashs, plusieurs à la suite. Il y avait les membres de la famille Weasley qui mourraient ou agonisaient. Je voyais Fred qui baignait dans son propre sang, convulsant quelque peu. George qui était étendu à ses côtés sans vie. Mme Weasley criait de désespoir, elle hurlait, elle souffrait. Puis je voyais mes amis, de Poudlard, agonisant eux aussi, mourants ou morts. Tous. Ils étaient tous morts. Puis mes parents, finit elle alors que les larmes coulaient le long de ses joues. Tu-sais-qui les trouvaient et les torturaient jusqu'à ce qu'ils perdent la raison. Jusqu'à la folie.
Sa voix s'étrangla dans un sanglot. Elle sécha quelques larmes avec sa manche et releva son regard vers Drago qui était resté parfaitement silencieux, tout le long. Il avait le regard perdu. Il sentit alors son regard sur lui et revint à lui.
- C'est faux. Tout ça n'est pas réel, trancha-t-il. Il n'y a pas une part de vérité dans tout ce que tu as vu. Aucune de ses personnes n'est morte ou a été torturée. Aucune, souffla-t-il.
Hermione acquiesça mais ne répondit pas. Sa voix s'était perdue dans sa gorge. Il la fixait toujours, ne sachant pas réellement quoi lui dire ou s'il fallait dire quelque chose. Il n'était pas très bon pour cela, pour réconforter les gens ou même dire les choses qui réconfortent. Il changea de position et s'avança dans son fauteuil. Hermione avait le regard perdu dans la pièce, essayant de se rassurer, de se répéter que tout était bien faux. Il resta quelques secondes, plus près d'elle, ne sachant pas s'il devait dire quelque chose ou faire quelque chose. Il voulait faire ou dire quelque chose pour la rassurer, pour lui faire comprendre qu'il était désolé que tout ceci soit arrivé. Il ne comprenait même pas pourquoi il avait envie de faire cela. Si elle était ici, c'est parce qu'il voulait... qu'il avait voulu lui faire du mal, la détruire et il se retrouvait maintenant à vouloir la rassurer. Peut-être que c'était parce qu'il se sentait coupable et que tout ceci était allé trop loin.
Il fit couler son regard sur Hermione et ressentit en effet toute cette culpabilité qu'il avait enfoui depuis qu'elle était arrivée. Elle essuya une nouvelle larme qui venait de s'échapper et il fronça les sourcils. Il posa alors sa main sur le genou d'Hermione. Elle se tourna vers lui, levant ses yeux larmoyants vers lui, l'air interdit.
- Je suis désolé, murmura-t-il.
Elle lui fit un maigre sourire. Au moins il était capable de ressentir de la culpabilité et de la pitié, il n'était peut-être pas si mauvais que cela. Elle baissa son regard vers la main de Drago qui se trouvait toujours sur son genou. Il sentit son regard et l'enleva immédiatement, ne sachant pas réellement ce qui lui avait pris de faire cela.
- Ça ira ? Demanda-t-il préoccupé.
- J'imagine oui, murmura-t-elle, la voix éraillée. Il faudra bien, lui sourit-elle.
Elle resta silencieuse, pensive, tentant de mettre de l'ordre dans sa mémoire et sa tête. Drago déglutit, ne bougeant pas de son fauteuil.
- Si tu ressens le besoin d'avoir d'autres clarifications, n'hésite pas, ajouta-t-il. Je sais ce que ça fait, tout... tout ça.
- Ah bon ? Ricana Hermione.
- Je suis bon occlumens, ce n'est pas pour rien. Mon père m'a forcé à le devenir.
Hermione écarquilla les yeux mais resta silencieuse. Drago la détaillait, tentant de deviner ce à quoi elle pensait.
- Tu dois penser que je le mérite probablement mais...
- Non, le coupa-t-elle. Je ne pense pas que tu le mérites, Malefoy.
Il se stoppa net. Il se redressa dans son fauteuil. Il questionna Hermione du regard.
- Personne ne mérite ça, expliqua-t-elle. Même pas la pire des personnes, même pas le pire des monstres.
- Le pire des monstres... murmura Drago pensif.
- Je ne voulais pas dire que tu l'étais, se reprit Hermione sentant la chaleur montant à son visage.
- Si tu le disais, ce serait mérité, répondit-il d'un ton tranchant.
Il se leva d'un bond et sortit de la chambre sans un mot de plus. Hermione se retrouva seule. Comme d'habitude. Elle s'habituait à cette solitude qui semblait lui coller à la peau. Elle se leva et s'enroula dans les couettes de son lit, espérant trouver le sommeil maintenant qu'elle avait retrouvé sa sérénité. Elle ferma les yeux, redoutant le moment où elle repenserait à ces images, car c'était plus fort qu'elle. Elle en revit certaines mais gardant en tête que c'était faux, que tout était faux. Et qu'elle était sûre cette fois-ci. Elle tentait de respirer calmement et profondément. Les images la hantaient toujours mais elle gardait en tête que ce n'était que fictif. Elle se le répétait sans cesse. Ce n'est pas réel, ce n'est pas réel, ce n'est pas réel. Elle ne trouva cependant pas le sommeil. Elle savait que ce n'était pas réel, mais ces images la hantaient toujours. Il faudra plus de temps que cela pour se débarrasser d'elles. Elle se glissa hors de son lit et se dirigea vers sa salle de bain sans bruit. Elle fouilla dans chaque tiroir, dans chaque placard mais ne parvint pas à trouver de potion sans rêve. Elle appuya ses mains contre l'évier quelques secondes, tenta de respirer lentement et de réfléchir à ce qu'elle pouvait bien faire. Elle n'allait pas réveiller encore une fois Drago. Finalement, elle se décida et partit vers l'aile droite du manoir. Elle avança sans un bruit, d'une démarche fluide. Elle se glissa dans la nuit, dans la noirceur du manoir. Elle se retrouva devant la porte de la chambre de Drago et la fixa quelques instants. Elle balaya le mur de son regard et pria pour que la porte juste après soit celle de sa salle de bain. Elle posa sa main sur la poignée et la fit descendre délicatement, priant pour ne pas faire de bruit. Elle l'entre-ouvrit et passa sa tête à travers l'espace pour voir si c'était la salle de bain.
Elle soupira de réconfort quand elle vit que c'était en effet une salle de bain et probablement celle de Drago. Elle espéra alors qu'il gardait une fiole de sommeil sans rêve dans sa salle de bain. Elle se dit que c'était probable, après tout il devait bien en faire des cauchemars ou avoir le sommeil tourmenté. Elle ouvrit alors les placards et les tiroirs en quête d'une de ces fioles. Elle dérangea toute la salle de bain en tentant tant bien que mal de ne pas faire de bruit. Elle grogna quand elle ne trouva rien au bout de plusieurs minutes. De plus elle ne voyait rien et ne pouvait pas allumer les torches et chandeliers puisque, bien sûr, elle n'avait pas de baguette. Seule la lumière de la lune l'éclairait et on ne pouvait pas dire que ça valait un bon lumos. Elle resta accroupie devant un placard en se tenant la tête entre ses mains. Elle désespéra. Elle n'arriverait pas à dormir ce soir-là. Encore une nuit mouvementée, encore une nuit courte. Elle soupira. Elle se laissa tomber contre le sol et recula jusqu'à un mur de la salle de bain. Elle laissa tomber ses mains contre le carrelage froid et laissa son regard se perdre dans la pièce. Hermione se sentait vide et seule, comme jamais auparavant. Elle était fatiguée de toutes ces semaines au manoir, de sa vie. Elle était désemparée. Et seule. Surtout seule. Elle sécha une larme qui perlait au coin d'un de ses yeux. La porte s'ouvrit tout à coup et elle sursauta, se levant d'un côté. Ce n'était pas la porte par laquelle elle était entrée mais celle qui reliait la chambre de Drago à la salle de bain. Il arqua un sourcil en la voyant puis soupira. Il pointait sa baguette vers le visage d'Hermione qui cachait ses yeux de ses mains car le lumos l'aveuglait.
- Qu'est-ce que tu fiches ici Granger je t'avais dit de ne pas venir ici ! Siffla-t-il.
- Je... je cherchais juste une potion pour ne pas faire de rêve, répondit-elle prise sur le fait.
Drago soupira puis leva les yeux au ciel. Il abaissa sa baguette et la toisa quelques instants. Il partit alors de la pièce et laissa de nouveau Hermione seule. Elle fixait la porte qui menait à la chambre de Drago. Et si elle entrait ? Et si elle voyait enfin ce à quoi ressemblait sa chambre ? Elle posa sa main sur la porte qui n'était pas réellement fermée. Elle hésitait. Il suffisait qu'elle la pousse simplement et qu'elle entre. Elle verrait enfin ce dont il avait si peur qu'elle découvre en allant dans cette aile. Car si au départ elle pensait qu'il ne voulait pas qu'elle le dérange lui ou ses parents en allant dans cette aile, maintenant elle était certaine que c'était parce qu'il voulait cacher une part de lui. Qu'est-ce qu'il voulait cacher à ce point ? Hermione poussa tout doucement la porte, mais entendit des pas dans le couloir. Elle sursauta et referma la porte. Elle en avait assez fait pour la journée. S'il la voyait fouiner dans sa chambre, il la tuerait à coup sûr. Il entra dans la salle de bain et lui tendit une grosse fiole.
- Tu en as pour plusieurs nuits. La prochaine fois demande, ne fouine pas.
Hermione hocha la tête et lui souffla un merci. Elle repartit vers sa chambre sans un mot de plus.
Coucou tout le monde !
Certains l'attendaient et le voici ce chapitre 10. J'espère qu'il vous a plus comme d'habitude et autant dire qu'il me tarde de vous faire découvrir le chapitre 11, parce qu'il me tardait depuis le début de l'histoire de l'écrire et il est écrit et ma foi je suis pas mal satisfaite pour une fois haha.
En tout cas merci encore et encore de me suivre et de me lire et pour reviews ! :)
