Chapitre 9

Emma finissait de laver la tasse de café dans la cuisine de Regina. Elle s'était levée plus tôt qu'elle, pour retourner chez Granny avant qu'Henry ne se pose des questions sur son absence. Elle avait laissé un mot sur la tait d'oreiller près du visage encore endormi de Regina, ne voulant pas qu'elle croit qu'elle était partie à l'anglaise.

Des mains encerclèrent sa taille et le corps de la femme avec qui elle venait de passer les dernières heures se pressa contre son dos. La voix chaude susurra à son oreille.

– Mademoiselle Swan, comptiez-vous partir sans me dire au revoir ?

– Je t'ai laissé un mot, objecta Emma se retournant un sourire aux lèvres.

Regina rit, penchant sa tête en arrière exposant sa gorge. Emma en profita pour l'embrasser dans le cou.

– Quelle note, Mademoiselle Swan ! « À plus. Emma » récita-t-elle.

– J'adore quand tu me vouvoies et que tu me donnes du Mademoiselle Swan.

– Emma…

– Je dois retourner auprès d'Henry avant qu'il commence à s'inquiéter de ma disparition… Mais je me demandais… Pourquoi n'ai-je pas retrouvé mes souvenirs ? Après tout nous nous sommes embrassées...

– Vu que le baiser entre nous n'a pas marché, j'ai une autre théorie. Je pense qu'il faut que tu pardonnes à tes parents. Ou au moins un.

– Quoi ? D'être aussi stupides ?

– Non, de t'avoir abandonné.

– Non.

– Emma…

– Regina, je suis sérieuse. Je veux bien faire un effort, et essayer de croire à ces histoires de magie. Accepter le fait que la simplette et le berger soient mes parents. Mais leur pardonner de m'avoir abandonné sur le bord de la route quand j'étais bébé ? C'est non !

Regina lui caressa la joue.

– Je comprends.

Emma inspira et ferma les yeux.

– Regina. Je dois vraiment retourner auprès d'Henry… D'ailleurs il aimerait te voir.

– Vraiment ?

Regina sourit et Emma se dit qu'elle était réellement la plus belle femme qu'elle ait jamais vue.

– Que dirais-tu si Henry et toi veniez dîner ici ce soir ? Je lui cuisinerai son plat préféré.

– Pourquoi pas.

– Très bien, je finirai plus tôt à la mairie, peut-être pourriez-vous m'y retrouver pour que je montre à Henry mon bureau ?

– Oui, ça me paraît être une bonne idée.

Emma l'embrassa. Elle se força à reculer sachant pertinemment que si leur baiser s'éternisait elle serait incapable de partir.

À tout à l'heure, dit-elle avant de se diriger vers la porte.

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Emma et Henry retournaient chez Granny.

– Tu sais, Regina aimerait nous inviter ce soir à dîner.

– La méchante Reine ? Tu crois qu'on peut lui faire confiance.

– Pourquoi pas ? Après tout elle est peut-être pas si méchante, et puis les personnages de contes de fées… Tu sais Blanche-Neige, je ne suis même pas sûre qu'elle chante vraiment avec les oiseaux comme dans le dessin animé…

– Emma ! Henry !

« Quand on parle du loup » pensa Emma. Mademoiselle Blanchard se tenait devant eux sortant à peine de chez Granny. Elle leur sourit béatement. Le bébé dans ses bras gazouilla.

– Oh ! Visiblement il a faim ! Dit-elle en regardant amoureusement son bambin.

– Comment il s'appelle ? Demanda Henry.

Elle regarda Henry puis Emma un peu gênée.

– Il s'appelle Neal.

« Connasse ! Ca ne t'a pas suffit de m'abandonner. Il a fallut que tu fasses un autre enfant et que tu lui donnes le prénom de mon premier amour. Lui aussi tu vas le laisser sur le bord de la route ? »

– Emma. Leroy m'a dit qu'il t'avait tout raconté.

– C'est possible…

– J'aimerais vraiment que nous parlions, enfin je veux dire si tu veux bien.

– Mademoiselle Blanchard…

– Mary-Margaret.

– Pardon ?

– Mon prénom c'est Mary-Margaret.

« C'est aussi ridicule que Blanche-Neige »

– Mademoiselle Blanchard, pour l'instant je suis avec mon fils, et je voudrais profiter de ce moment. Peut-être aurons-nous l'occasion de nous recroiser dans la semaine.

– D'accord. Bien sûr, comme tu voudras Emma. Au revoir Henry dit la petite brune en s'empressant de descendre les quelques de marches de l'entrée et de partir avant que sa fille ne la voit pleurer.

– Euh ok, qu'est-ce qui vient de se passer ? Demanda Henry.

– Tu viens de rencontrer Blanche-Neige. Ta grand-mère.

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Lorsqu'ils arrivèrent à la porte vitrée du bureau de Regina ils entendirent ce qui ressemblait à des éclats de voix.

– Attends-moi là, ordonna Emma.

Elle entra dans le bureau, Regina et un homme se faisaient face. Il s'évertuait à lui montrer son tatouage sur son avant bras intérieur droit.

– Mais, Madame, Clochette a été formelle. Ce tatouage signifie que je suis votre âme sœur !

– Robin ne rendait pas les choses plus compliquées. Ce tatouage ne veut rien dire aujourd'hui. Mon cœur appartient…

– Votre cœur m'appartient ! Vous êtes mienne ! Dit-il en s'approchant d'elle.

Le sang d'Emma ne fit qu'un tour, elle lui cracha.

– Dis donc connard, t'as pas entendu la Dame ? Ta décalcomanie de merde ne veut plus rien dire. Donc t'es gentil tu prends tes affaires et tu te casses !

Les deux têtes se retournèrent vers celle qui venait de parler.

– Emma…

– Pour qui vous prenez-vous pour nous interrompre ? Cette conversation est privée et ne serait souffrir d'une…

– Ok, si tu ne veux pas comprendre...

Emma s'approcha et embrassa Regina qui hésita entre la repousser ou lui rendre son baiser. Devant l'audace et la force d'Emma sa main attrapa sa nuque attirant à elle la femme qui venait d'entrer dans son bureau afin de prolonger leur baiser.

Quand leur lèvres se séparèrent Robin ébahi, reprit la parole.

– Madame, je ne comprends pas...

– Robin le coupa Regina. Je ne vous aime pas. Je suis désolée mais nous ne sommes pas faits pour être ensemble. Il fut un temps où c'eut été possible mais plus aujourd'hui. Mon cœur appartient à cette femme...

– Votre cœur appartient à cette femme ? Commença-t-il en colère. Cette catin ! Cette…

Voyant le regard d'Emma il se tut et comprit qu'il valait mieux ne pas continuer. Il les observa encore un instant puis sortit du bureau énervé, passant devant Henry qui regardait les deux femmes avec des yeux ronds.

Emma rougit face au regard étonné de son fils.

– Bonsoir ,Henry lui dit Regina.

– Euh… Bonsoir.

– Tu sembles surpris. As-tu des questions avant que nous partions ? Lui demanda-t-elle en le fixant.

Il rougit jusqu'aux oreilles ressemblant beaucoup à Emma ce qui amusa Regina.

– Cela t'embête que ta mère préfère les femmes ? Lui dit-elle en fronçant les sourcils.

– Regina ! Coupa Emma.

Regina se tourna vers elle, il ne valait mieux pas pousser la discussion plus loin pour ce soir.

– Tu as raison le dîner ne va pas se préparer tout seul. Allons-y.

Emma hocha la tête et ils sortirent du bureau.

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Regina expliqua à Henry comment cuisiner les lasagnes. Il écouta poliment et se surprit à trouver ça intéressant.

– Regina, c'est vraiment délicieux.

Attablés dans le salon de la grande maison du maire, Emma et Henry se régalaient du dîner qu'elle leur avait préparé.

– Rassure-moi quand même, ce n'est pas empoisonné ?

Regina lui sourit :

– Pas ce soir, Mademoiselle Swan. Henry les lasagnes te plaisent ?

– Ouais, c'est trop bon !

– Henry. Emma m'a dit que tu soupçonnais que les habitants de StoryBrooke d'être des personnages de contes de fées.

– Oui. Et je pense que vous êtes la méchante reine.

Regina et Emma se regardèrent.

– Henry. Tu as raison. J'étais la méchante reine mais je ne la suis plus aujourd'hui. Et ce, grâce à toi et Emma.

Henry leva des yeux étonnés vers celle qui venait de parler.

– Tu veux que je te raconte comment vous m'avez amené à changer ?

– Oui, j'aimerais bien.

Regina sourit avec amour à son garçon. Elle contempla un instant Emma avec autant de tendresse et commença :

– Il était une fois…

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– Whoua elle est trop classe ma chambre !

Vu l'heure tardive qui avait suivi la fin de son histoire, Regina avait proposé à Emma et Henry de passer la nuit dans la maison. Regina sourit devant l'enthousiasme de l'adolescent. Henry se retourna vers elle, baissant la tête un peu embarrassé.

– Regina euh… je suis désolé de ne pas me souvenir de toi.

Regina se pencha vers son fils. Elle souleva doucement le visage d'Henry une main sous son menton. Elle le regarda droit dans les yeux.

– Henry ce n'est pas grave. Tu es mon fils et je t'aime plus que tout. J'ai confiance. Vos souvenirs reviendront d'une manière ou d'une autre.

– C'est vrai ?

– Oui.

– Et Emma. Elle te plaît ?

– Oui, beaucoup.

– Tu sais, je n'ai jamais vu maman aussi heureuse que depuis qu'on est arrivé à StoryBrooke.

Regina émue par la révélation de son fils cligna plusieurs fois des yeux pour refouler les larmes qui menaçaient de sortir.

– Tu me promets que tu ne lui feras pas de mal ? Demanda le garçon timidement.

– Je te le promets, dit Regina en embrassant son fils sur le front.

Une sorte de léger tremblement de terre, et un énorme courant d'air les surpris tous les deux.

Henry regarda Regina et s'exclama :

– Maman ! Je me souviens de tout ! Dit-il en l'enlaçant. Elle lui rendit son étreinte se fichant éperdument des larmes qui coulaient sur ses joues.

Ils entendirent les pas dans l'escalier et se retournèrent à l'entrée d'Emma dans la chambre.

– Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Tout le monde va bien ?

– M'man j'ai brisé le sort ! Je me souviens de tout !

– Comment ça ?

– Emma. Henry a retrouvé ses souvenirs… Pas toi ?

– Non.

– Comment c'est possible ? Commença Henry.

– C'est une bonne question, petit. Mais nous verrons ça plus tard, pour l'instant il est tard il faut que tu dormes. Allez ! Au lit !

– Ok, bonne nuit m'man et… bonne nuit maman dit-il en souriant à Regina.

– Bonne nuit, Henry, lui répondit-elle.

– Bonne nuit, petit.

Elles descendirent les escaliers sans un mot. Regina marcha vers une commode. Elle attrapa la bouteille de whisky posée dessus. Elle se servit un verre, s'arrêta et interrogea Emma du regard.

– Oui j'en prendrais un aussi. Merci.

Elles se dirigèrent vers la bibliothèque où un feu de cheminé les attendait. Elles s'installèrent l'une à côté de l'autre dans le canapé.

– C'est vrai que c'est une bonne question. Comment se fait-il que je ne me souvienne de rien si Henry a brisé le sort ?

– Je continue à penser à ma théorie concernant tes parents.

Emma grimaça.

– Emma, moi aussi je me souviens de tout. Comme je l'ai déjà dit tout à l'heure au dîner, nous ne savions plus comment nous avions réussi à revenir ici après être restés plusieurs mois dans la Forêt Enchantée. Maintenant je sais qui nous a jeté ce sort.

– Qui ?

– Zelena.

– Zelena ? C'est qui ? Une de tes maîtresses dont je devrais me méfier ?

Regina sourit buvant une gorgé d'alcool.

– Non. C'est ma sœur. La méchante sorcière de l'Ouest.

– ….

– La sorcière du pays d'Oz.

– Tu déconnes ? Sérieux ta sœur est la sorcière d'Oz ? Quoi, on va aussi se taper Dorothy et tous les paysans du Kansas? Non, parce qu'on est déjà à péquenaudville !

Regina arqua un sourcil en regardant Emma.

– Euh…

– Emma ce n'est pas très gentil de ce moquer des ploucs, dit-elle en souriant.

Emma éclata de rire.

« Cette femme me plaît de plus en plus. Souvenirs ou pas. » Se dit-elle en observant Regina qui finissait son verre et se levait.

– Emma il est tard. Nous devrions suivre l'exemple d'Henry et aller nous coucher. Nous repenserons à tout cela demain. Je t'ai préparé la chambre d'amis.

– La chambre d'amis ! Tu plaisantes ?

Regina étudia Emma.

– Mademoiselle Swan, si vous voulez que je vous ouvre à nouveau la porte de ma chambre, il va falloir me convaincre.

Emma déterminée s'approcha de la brune.

– Oh, comptez sur moi, Majesté.