Et voilà le dernier chapitre de cette fanfiction sur notre couple préféré… bien que j'adore aussi le Mystrade ! Je vous laisse à la lecture et au choix de me laisser vos avis que j'adore soit dit en passant !


— John !

L'instinct de policier de Gregory Lestrade lui fit se saisir de Lenore avant que celle-ci soit ballotée comme un fétu de paille. Sherlock se tourna vers lui l'espace d'une seconde et Greg hocha la tête. Sherlock propulsa son corps maigre en direction de John, avant de s'arrêter juste devant lui.

— John…

— Sherlock.

Envahissant son espace sans être capable de le toucher, le détective attendait de savoir la réaction du médecin. Il sentait son cœur battre la chamade, de joie comme d'inquiétude.

— Tu es un idiot !

— Je…

Mais John ne lui laissa pas le temps de s'exprimer. Il passa sa main sur la nuque du plus grand et l'obligea à se baisser pour l'embrasser. Juste un baiser d'une simplicité et d'une tendresse indéfinissable, John savait que son compagnon n'aimait pas les démonstrations affectives en public, mais là John en avait besoin, il avait besoin de le sentir contre lui après ses longs mois d'absence, où il avait vu tant de morts, dont le jeune Tommy Abbott qui avait été son confident.

— Si tu ne veux pas que je t'enferme à Baker Street pour le reste de ta vie, je ne veux plus entendre parler de soldat ou de devoir ! C'est bien clair ?!

Sans lâcher des bras son compagnon, Sherlock se tourna vers son frère avec un regard mauvais.

— C'est toi le gouvernement ! Alors tu dois savoir que John ne servira plus jamais !

— Sherlock, l'interrompu John, j'ai déjà donné ma démission à mon supérieur ce matin.

Le détective se tourna vivement vers son mari avant de lui ravir ses lèvres une nouvelle fois. John lui avait tellement manqué. Inspirant profondément l'odeur de son partenaire, le génie se demandait s'il n'était pas entrain de rêver comme il l'avait fait de nombreuses fois pour se réveiller chaque fois le cœur un peu plus brisé. Non si c'était un rêve, Mycroft ne serait pas là. Sherlock ne résista pas à serrer John une nouvelle fois.

— Doucement, je ne vais pas m'envoler, Sherlock. Laisse-moi respirer.

— Non.

— Ne fais pas l'enfant.

Les doigts de Sherlock voulait être partout sur le corps de John, ses hanches, ses bras, son cou et finalement une de ses mains se perdit a jouer avec ses cheveux blonds coupés si courts.

— Je sais pour tout, Sherlock, mais je ne veux pas en parler ce soir. Ce soir c'est Noël, je veux juste le passer avec toi et Lenore.

— Elle est toujours en un seul morceau.

— Je sais.

— Tu restes vraiment avec moi ?

— Pour toujours. J'ai assez servit mon pays, il est temps que je prenne soin de ma famille.

— Alors Noël est magique… Je veux rentrer à Baker Street, maintenant.

— Va faire ta valise et celle de Lenore, il faut que je discute avec Mycroft.

Sherlock grogna, il ne semblait pas apprécier plus son frère aujourd'hui que le jour de son départ. Pourtant John savait qu'ils lui devaient beaucoup, sans Mycroft Holmes, la guerre aurait complètement détruit sa famille. Sa famille… John se tourna vers la table, ils étaient tous là, attendant un geste de lui pour le saluer. Lestrade posa son regard sur le soldat, John Watson semblait tellement fatigué par la vie, ses gestes étaient lasses. Il se passa une main sur le visage, avant que finalement le policier décide de se lever pour lui apporter sa fille. Il sut que c'était la chose à faire quand son visage s'illumina.

— Mon bébé chéri…

John la prit dans ses bras avec tendresse avant de lui caresser ses boucles brunes qui pourtant avaient des reflets roux. John esquissa un rire nerveux.

— Elle est aussi rousse que vous Mycroft.

Lestrade vit son compagnon s'empourprer.

— Mon petit bébé, comme tu as grandi… Je suis tellement désolé d'être partie. Tellement désolé…

Une larme roula sur la joue du docteur et il s'empressa de la faire disparaitre alors que Mrs Hudson se levait à son tour pour prendre le père et l'enfant dans ses bras avec la tendresse d'une mère. Et cette fois John fondit en larmes, trop de pression venait de se relâcher d'un coup, trop d'émotions.

— Je suis désolé… Je…

— Chut, lui murmura Mrs Hudson avant de refermer un peu plus ses bras sur le plus jeune. Ça va aller, vous êtes à la maison maintenant. J'ai veillé à ce que Baker Street soit toujours debout, rentrez avec Sherlock. Il a besoin de vous autant que vous avez besoin de lui. Je viendrai demain matin.

John sécha ses larmes en tentant de se recomposer un visage avant de se tourner vers la table, serrant un peu plus Lenore contre lui.

— Mycroft, puis-je vous parler en privé, s'il vous plait ?

Le politicien hocha la tête avant d'entrainer avec lui John vers la bibliothèque.

— Un verre ?

— Non merci, Sherlock sera prêt dans une minute ou deux.

— Je suis content que vous soyez de retour.

— Merci pour tout ce que vous avez fait pour ma famille, Mycroft.

— Sherlock, vous et Lenore, êtes ma famille également. Donc vous n'avez pas à me remercier, docteur Watson.

— Peut être mais je tiens à le faire quand même. Vous avez prit soin de Sherlock et de notre fille alors que vous-même avez des difficultés dans votre histoire d'amour.

— C'était valable à votre départ, ne vous inquiétez pas pour moi. Rentrez chez vous. Prenez soin de votre famille, et nous seront quitte.

John hésita avant de serrer la main tendu du frère de Sherlock… son beau frère. Cet homme étrange, au passé tout aussi étrange.

— Je vous ai fait appeler un chauffeur, et un diner vous attend à Baker Street. Bon retour parmi nous Docteur Watson.

John quitta la bibliothèque pour rejoindre la salle à manger dans le but de récupérer Sherlock, il avait hâte de rentrer chez lui, mais soudain alors qu'il allait se diriger vers la sortie, la main de Sherlock dans la sienne, il entendit Lestrade.

— John !

L'homme le rattrapa un objet à la main. John fronça pour découvrir qu'il lui tendait une tétine à laquelle était noué un grand morceau de tissus. John fronça les sourcils pour découvrir que le tissu avait été découpé dans une de ses chemises. Le soldat se tourna vers Sherlock qui haussa les épaules.

— Tu es partie et elle pleurait, tu es sa mère…

— Tu te rappelle quand même que je suis un homme ?

— Mais tu es celui qui s'était toujours occupé d'elle, tu es le premier à l'avoir prit dans tes bras, tu lui as donné son premier biberon, John. Tu lui as même donné son prénom !

— Tu as choisi avec moi. Et ça n'explique pas pourquoi son doudou est un bout de ma chemise !

— Parce qu'à l'époque, elle avait ton odeur…

Sherlock venait de prononcer ses paroles avec douleur, les souvenirs des premiers jours après le départ de John le frappant avec force. Il s'était retrouvé désemparé, une enfant sur les bras, incapable de gérer la situation et les pleurs du bébé.

— La voiture est devant la porte. Bon retour à vous et joyeux Noël.

— Merci Mycroft. Merci d'avoir veillé à mon retour.

Le politicien esquissa un sourire avant que Lestrade ne le rejoigne au moment où la porte se refermait sur John, Sherlock et Lenore.

— J'accepte ta proposition, murmura Gregory à l'oreille de son compagnon.

Les yeux du roux s'ouvrir grand avant que Lestrade ne se retrouve dans ses bras. Mycroft pour la première fois, sentait la solitude le quitter, il se sentait apaisé et en paix avec lui-même. Il avait toujours eu besoin de Gregory Lestrade, mais pour la première fois de sa vie, il laissait son cœur décider, et son choix était et avait toujours été le policier.

— Tu ne crains pas le regard de tes collègues ?

— Je suis libre de choisir avec qui je souhaite vivre et ils n'ont pas besoin de connaitre ma vie privée.

Une lueur de déception passa dans le regard du génie et Lestrade lui frôla le visage du bout des doigts.

— Je n'ai pas non plus l'intention de me cacher du monde, My. Je ne veux plus avoir à me cacher, mais je ne veux pas non plus que tu interfères trop dans mon travail.

— Promis.

Le policier savait qu'il pouvait le restreindre mais pas lui retirer l'accès à son travail. Parce que quoi qu'il se passe, Mycroft Holmes continuerait à observer son entourage et à intervenir dans ses affaires, d'autant plus qu'il travaillait avec John et Sherlock.

La berline noire déposa les deux hommes au pied du 221B Baker Street, et pendant que John s'occupait de ramener Lenore à l'intérieur, son package militaire à l'épaule, Sherlock prit le reste des bagages avant de les lâcher en plein milieu du salon.

— Bon sang que c'est bon d'être à la maison.

— Tu es enfin là où tu dois être.

Le blond se tourna vers son compagnon. Et Sherlock prit le temps de plus l'observer. Il portait son uniforme militaire, et son visage était marqué par la fatigue, mais il semblait soulagé. Comme si on venait de lui retirer un poids énorme des épaules.

— Tu peux prendre Lenore, s'il te plait, j'aimerai retirer mon uniforme. Je veux être de nouveau juste un médecin, juste ton mari.

Sherlock esquissa un sourire digne du chat de Cheshire, avant de prendre la petite, mais sur l'instant il ne semblait pas décidé à laisser John quitter son champ de vision et celui-ci le suivi dans la chambre pour le regarder se déshabiller avant d'enfiler juste un tee shirt par-dessus son caleçon. Prenant place dans le lit, John prit le temps de lisser de ses doigts le satin des draps, ce lit qui reflétait tellement Sherlock.

— Tu comptes me rejoindre ou me regarder tout le reste de la nuit.

Sherlock lui rendit l'enfant que John acceptait avec joie puis celui-ci enfila un bas de pyjama et sa robe de chambre bleue avant de rejoindre son mari. John observait l'enfant qui dormait dans ses bras et qui n'était plus le nourrisson qu'il avait quitté.

— Est-ce qu'on peut rester, juste comme ça, ensemble.

— Comme lorsque tu es parti…

John releva brusquement la tête sur son compagnon qui était assis très près de lui.

— Sherlock… Je sais que tu as souffert de mon absence. Mais c'est penser à vous qui m'a permit de tenir. Il vaudra que tu remercies ton frère pour mon retour au pays…

— Il aurait dût faire en sorte que tu ne partes pas.

— Sherlock…

— Attend, il a laissé quelques choses pour toi sous le conifère.

— Un sapin Sherlock ! C'est toi qui l'a mit en place ?

En même temps, il s'en doutait un peu, le sapin était décoré de choses étranges, d'éprouvettes en guise de boules, du ruban de police en guise de guirlandes, il y avait même une tétine de Lenore.

— Il le fallait… pour Lenore. C'est marquer dans le livre.

— Quel livre ?

— Celui que tu as mis dans la chambre de Lenore. Attends là.

Une bonne minute s'écoula avant que Sherlock ne revienne avec un cadeau dans un emballage doré avec un gros nœud. John porta le présent à son oreille par habitude avant d'ouvrir la boite. A l'intérieur trônait un gros album photo de cuir marron de qualité, brodé d'un 'Lenore Watson-Holmes' en lettres d'or. Il croisa le regard de Sherlock qui était entrain de se réinstaller dans le lit tout contre lui, prenant garde de ne pas écraser l'enfant qui dormait du sommeil du juste dans les draps tenant contre elle son doudou, dernier vestige d'une des chemises de John. Le soldat avait remarqué que les choses avaient été bien faites. Surement par Mrs Hudson qui avait cousu les bords pour qu'ils ne s'étiolent pas. Ouvrant la couverture, John se rendit compte que sur les pages noires étaient collés des photographies avec des annotations au feutre argenté dessous.

— Je ne savais pas qu'il avait fait des photos, murmura Sherlock à l'oreille de son mari.

John passa ses doigts sur les clichés certains étaient de qualité, surement fait par un photographe, d'autres présentaient Lenore dans sa vie à l'extérieur avec Greg, Molly, Mrs Hudson et même Mycroft, mais d'autres étaient plus intimes, des clichés volés, Sherlock nourrissant Lenore dans la cuisine, Sherlock allongé sur une couverture avec l'enfant dans le parc à l'ombre d'un arbre. Des photos prises avec un téléphone portable. Mycroft avait fait ça pour lui, pour combler les lacunes de Sherlock. Les premières photos faisaient partie des deux premiers mois du bébé, des photos de famille où il pouvait se voir heureux, insouciant du futur, du retour à la guerre. John le cœur battant sortit de la poche de sa chemise, le portrait froissé de Sherlock et Lenore pour le glisser sur une des pages libres de l'album. Il ne voulait jamais perdre ce cliché qui l'avait soutenu pendant des mois. Il savait que le retour à la vie civil serait difficile, mais il allait s'accrocher pour sa famille.

— Joyeux Noël, Sherlock.

— Joyeux Noël.

Posant le livre sur sa table de chevet, John attrapa la main de Sherlock pour la porter à ses lèvres puis s'allonger, entrainant son compagnon avec lui. Lenore entre eux deux. Ses derniers mois avaient été extrêmement difficile pour tout le monde et il était temps que la situation revienne à la normale. John savait qu'il allait avoir besoin de temps pour revenir à la normale, mais qu'importe, il avait Sherlock et c'était tout ce qui comptait.

— Je sais que tu ne vas pas dormir Sherlock, alors protège Lenore de mon sommeil, je n'ai pas le cœur à la savoir loin de moi.

Sherlock esquissa un sourire avant de prendre Lenore dans les bras et de la coucher dans un petit couffin que le médecin n'avait pas remarqué au pied du lit.

— Voilà, ainsi elle est en sécurité près de toi.

Sherlock se déshabilla complètement avant de se glisser sous les couvertures, se blottissant contre son amant pour être certain qu'il ne s'enfuira pas dans la nuit.

— Maintenant c'est nous pour toujours…


FIN