Mon jumeau bien aimé

Auteure: Draya Felton


Résumé : Dans tout couple de jumeau, il y a un dominé, et un dominant.

Tom, pourquoi tu l'aimes tant ? Pour pas le détester. Le détester, ca me tuerait.

Bill, pourquoi tu le déteste tant ? Pour pas l'aimer. L'aimer, ca me tuerait.

Disclaimer: Cette histoire est inspirée des membres du groupe de musique TH. Toute ressemblance avec des actes ou faits réels est fortuite et involontaire.


CHAPITRE 9 : L'enfer dont je suis le seul roi.

- DIS-MOI !!

- Tom… Tom, mon dieu, je ne voulais pas ça…

Tom souleva sa mère, la tirant par sa chemise sans aucune douceur et la plaquant durement contre le mur.

- Je te préviens, dis-moi de suite tout ce que tu sais, ou je te jure que je te tue...

Les larmes coulaient de plus belle sur les joues de sa mère, la peur et la culpabilité se mélangeant dans son regard mais Tom restait inflexible, l'image de son jumeau triste et souffrant dansant dans son esprit.

- Je… Tom, tu me fais mal…

- DIS !!!

Elle sursauta au cri soudain tout en fermant quelques secondes les yeux avant de les ré-ouvrir. Elle espérait que ce soit un cauchemar, mais ce n'en était pas un ; Tom était bien devant elle, furieux, et la menaçait. Pendant un instant, elle crût revoir l'image de son ex-mari, qu'elle aimait plus que tout mais qui ne lui donnait en retour que des coups, des menaces, et des insultes…

- Dépêche-toi ou je ne répondrai plus de rien !

La voix sèche et coléreuse de son fils retentit une nouvelle fois, la sortant de son mutisme et l'obligeant à parler.

- Je… J'avais peur que Bill… Je l'ai envoyé chez votre père… dit-elle, baissant la voix comme pour que son fils ne l'entende pas. Je voulais… Le mieux mais tu as réagi si mal, je l'ai appelé, je t'assure, j'ai essayé de les retrouver… Mais ils avaient déménagé depuis longtemps, les voisins ne savaient rien, personne ne savait rien… Je voulais vraiment le retrouver et m'excuser, je te le promets Tom…

Tom n'avait que peu de souvenirs de son père. C'était très flou, mais une chose était sûre, il n'en gardait pas un bon souvenir.

L'un des seuls souvenirs qu'il avait de lui était l'un de ses plus anciens, et il se rappelait uniquement d'une forme menaçante au visage sombre puis de tenir Bill le plus fort possible dans ses bras, les yeux fermés par la peur, une voix masculine résonnant autour d'eux d'une manière agressive et violente.

C'était très vague, peut-être trop. Tom savait que sa mère avait divorcé de leur père parce qu'il la battait. Mais son visage ou bien son comportement avaient complètement disparu de ses souvenirs avec le temps.

Cependant, Tom pouvait mettre en évidence une chose ; sa mère, bien qu'ayant été battue par cet homme, n'avait pas hésité à lui donner son jumeau.

Quel genre de mère pouvait faire ça ??

Quel genre de mère pouvait abandonner son fils aux mains d'un monstre et continuer de dormir sur ses deux oreilles la nuit ??

Tom lâcha cette femme qu'il ne considérait à présent plus comme sa « mère », et lui lança un regard empli de dégoût.

- C'était POUR TOI !! Hurla-t-elle, son regard croisant la haine qui grandissait dans les yeux de Tom.

- Tu es un monstre ! Cracha-t-il dans sa direction, incapable de dire autre chose.

Il aurait voulu l'insulter, la taper, l'étrangler, lui arracher les cheveux, les yeux, lui couper un à un chacun de ses membres tellement sa fureur était grande.

Il aurait voulu lui faire mal, et lui faire regretter d'avoir un jour eu une idée pareille, d'avoir volontairement fait souffrir celui pour qui il aurait donné sa vie et son âme.

Elle tenta de lui attraper la main, mais il recula brusquement, comme ayant peur d'être contaminé par une grave maladie.

- NE ME TOUCHE PAS !! Je te HAIS, tu entends ? Tu n'es pas ma mère, tu n'es rien que de la merde !! Tu es même MOINS que de la merde !!! Ne t'approche plus jamais de moi, parce que je te jure que je n'aurai aucun remord à te tuer de sang froid ! Cria-t-il, débitant les mots sans même essayer de les contrôler.

Il allait sortir de la chambre, mais il se ravisa, se rendant près des lampes de chevet. Il ramassa les photos accrochées aux abat-jours, ainsi que celle qu'il avait prise en premier et qu'il avait fait tomber sur le lit avant de se jeter sur sa mère.

Il sortit ensuite de la pièce, sans un mot de plus, et s'enferma dans sa chambre.

Il s'affala sur son lit, caressant du bout des doigts le visage de son jumeau. Tout ce qu'il voulait, là maintenant, c'était le prendre dans ses bras, et lui dire combien il était désolé de ne pas avoir été là pour le protéger.

Son estomac était douloureusement serré, et ses yeux avaient du mal à contenir les larmes. Il se retrouvait face à cette réalité qu'il avait tant redoutée ; Bill avait été maltraité, et il n'avait eu personne pour le protéger.

Tom n'avait pas été là pour le protéger.

Il se haïssait lui-même ; comment avait-il pu laisser faire ça ? Pourquoi avait-il suivi sa mère ? Pourquoi n'avait-il pas fait le tour du monde pour retrouver son double ?

C'était son devoir, et il avait échoué, abandonné, tout comme sa mère avait abandonné Bill.

Sans qu'il ne puisse rien contrôler, des larmes ainsi que des spasmes firent bouger son corps triste et anéanti.

Tous ses sentiments semblaient se mélanger, se confronter, la colère contre sa mère, contre lui-même, la haine, la peine, la douleur, la tristesse, la culpabilité… Tout semblait exploser en lui dans un tel désordre qu'il n'en voyait pas le bout.

Une des photos tomba du bord de son lit.

Tom la ramassa rapidement, la fixant de ses yeux humides. Il fronça les sourcils lorsqu'une question évidente lui traversa l'esprit.

Comment les photos étaient-elles arrivées là ?

Il semblait évident pour Tom que c'était Bill, ou quelqu'un qui connaissait Bill, qui était rentré chez eux pour déposer les photos. Mais pourquoi ? Pourquoi Bill n'était pas venu les confronter directement ? Pourquoi ne se montrait-il pas ?

Tom se souvint également des coups de téléphone ; était-ce vraiment Bill qui avait appelé ?

Tout semblait se relier et il était évident pour Tom que Bill était en ville. Mais il ne comprenait toujours pas pourquoi il semblait vouloir rester « caché ». Où était-il d'ailleurs ? Chez quelqu'un qu'il connaîtrait ou bien dans un hôtel ? Où était-il allé chercher l'argent avec lequel il vivait, et qui lui avait permis de le rejoindre ? Comment avait-il su où le trouver ?

Que cherchait-il à faire exactement ? Pourquoi avoir pris le risque de rentrer dans la maison par effraction, au lieu de glisser les photos sous la porte ou de les mettre dans la boîte aux lettres ? L'effet n'aurait-il pas été le même ?

Tom s'endormit finalement, l'esprit plus troublé que jamais et en ébullition, cherchant à relier tous ces mystères qui le submergeaient depuis quelques jours, mais sans entendre résonner dans la chambre d'à côté des pleurs semblables aux siens.

…………..

Il n'était que 5h du matin lorsque Simone se leva, fatiguée et le moral au plus bas. Elle avait passé une nuit agitée, remplie de regrets et de culpabilité.

Néanmoins, elle se raccrochait à tout ce qu'elle avait construit avec son unique fils, à cette vie plutôt confortable qu'elle réussissait à lui offrir avec son travail et ses efforts.

Elle passa rapidement dans la salle de bain, mangea un petit gâteau avant de réunir son porte-document et son sac dans l'entrée puis se dirigea dans le couloir qui menait aux chambres.

Elle ouvrit lentement la porte de la chambre de son fils, et bien que plongée dans le noir, elle put voir son enfant recroquevillé dans son lit, les couvertures à moitié par terre, gémissant légèrement parfois.

Elle voulut faire un pas dans la pièce mais se retint.

Elle ne voulait pas le réveiller et recevoir un autre regard dégoûté ou haineux. Elle se résigna donc et referma la porte, puis sortit alors que le soleil n'était même pas levé.

Tom se réveilla en sursaut en entendant le moteur d'une voiture. Il regarda son réveil et constata qu'il était encore tôt. Il chercha les photos, les serrant contre son cœur, avant d'essayer encore une fois de se rendormir.

Il était épuisé, sa nuit ayant été entrecoupée de somnolence et de réveils brutaux, tous ses efforts pour tomber définitivement dans les bras de Morphée semblant vains. Il ferma les yeux, s'obligea mentalement à faire le vide mais finit par se résigner et se dirigea comme un automate vers le salon.

Il alluma la télé et tomba devant les dessins animés pour enfants qu'il aimait regarder avec son frère quand ils étaient petits.

Il sourit bêtement, souhaitant plus que tout revenir à cette époque bénie.

Certes à l'époque, Bill était fatigant, colérique, voire même autoritaire. Mais Tom savait qu'au fond de lui, il ne faisait tout cela que pour leur bonheur, même si c'était un peu douloureux parfois.

Il se demanda un instant si Bill était toujours comme ça et qu'elle serait sa réaction à lui, aujourd'hui, face à cette attitude.

Par pur réflexe, il se leva pour aller manger vers 10h, mais se stoppa avant même d'entrer dans la cuisine.

Il n'avait pas envie de manger, et ne sentait pas la faim.

En temps normal, il serait certainement sorti chez Andy, Tobi, ou même serait allé traîner en ville, ne supportant pas d'être trop seul chez lui, dans ce silence d'outre-tombe, mais aujourd'hui, il ne s'en sentait pas non plus l'envie.

Il aurait dû chercher son jumeau, mais il ignorait par où commencer.

La ville était quand même grande, et c'était comme chercher une aiguille dans une meule de foin. De plus si son jumeau ne venait pas le voir alors qu'il avait son adresse, c'était peut-être qu'il n'avait pas envie de le voir.

Les épaules de Tom s'affaissèrent à cette simple pensée. Que ferait-il si Bill le haïssait ?

Il n'en avait aucune idée.

Tom alla dans sa chambre, et ouvrit légèrement ses volets, juste assez pour qu'un rayon puisse frapper le mur où reposait sa fresque.

Il vit sa guitare mais ne fit aucun geste pour l'attraper. Il ne voulait plus rien, si ce n'est lui.

Soudain il se leva, une idée lui traversant l'esprit ; il alla dans le couloir dans le but de prendre le combiné du téléphone, ainsi si Bill rappelait, il pourrait essayer de nouveau de lui parler.

Néanmoins, il se souvint que sa mère les avait mis sur liste rouge, changeant leur numéro.

La même haine farouche de la veille au soir le prit d'un seul coup ; elle lui ruinait toujours tous ses espoirs !

Bill aurait pu rappeler si seulement elle n'avait pas une fois de plus tout gâcher.

Tom donna un coup de pied rageur dans le mur, puis un coup de poing, et un autre…

Ses poings furent rapidement rouges et douloureux, obligeant Tom à arrêter. Il se dirigea lamentablement dans sa chambre, se sentant pire qu'une loque.

Il vit les trois photos qu'il avait de son petit frère et les prit délicatement, grimaçant quand il dut plier ses mains.

Il s'affala sur son lit, sa fatigue le clouant sur place sans qu'il ne puisse plus bouger.

Il avait l'impression de tomber dans un profond trou sans fond, et peut-être qu'au final, il n'était pas loin du compte.

Tom resta là toute la journée, regardant les heures défiler silencieusement, sans que rien ne les perturbe. Un seul mot, une seule pensée, un seul visage défilait sans cesse : Bill.

………..

Ce ne fut que vers 23h que Simone rentra, exténuée, de son travail. Elle n'avait pas pris une seule pause, même pas pour manger, la faim l'ayant quittée, comme si elle s'auto-punissait pour tout ce qu'il s'était passé.

Elle ferma la porte d'entrée d'un geste las et lent, posant sans même le remarquer son sac à terre.

Elle devrait penser à faire mettre une alarme dans la maison, pour ne plus qu'on s'y introduise. Elle fit le tour de la maison, s'assurant qu'il n'y avait plus de « surprise », et s'arrêta un instant devant la porte de la chambre de Tom. Serait-il là ? Il était fréquent que le jeune homme sorte et ne revienne que le lendemain, passant sa nuit dans de quelconques bras apparemment plus chaleureux que les siens.

Elle soupira et ouvrit la porte, voyant son fils couché, les yeux vides et absents, d'énormes cernes les entourant. Simone souffla et se dirigea vers lui, quand une voix rauque et grave retentit :

- N'approche pas.

Ces quelques mots firent l'effet d'une douche froide à Simone. Elle s'arrêta d'un coup, ses pieds refusant de lui obéir. Elle vit les photos dans les mains de son garçon, serrées contre lui.

- Tom, je…

- Sors.

Elle se tut, troublée par le comportement apathique du garçon. Que devait-elle faire ? Elle avait souvent pris de mauvaises décisions en tant que mère, alors comment faire pour avoir la bonne attitude, ou même les bons mots ?

Elle souffla.

- Tom, je veux juste que tu m'écoutes. J'ai abandonné Bill, pour toi, parce que je t'aime et qu'il te faisait du mal et que…

Elle fit une pause, le silence reprenant ses droits dans la pièce.

- On a réussi à se faire une vie confortable tous les deux, tu es brillant, tu as un avenir merveilleux devant toi, et ça n'aurait jamais eu lieu si Bill était toujours là.

Sa voix avait baissé en intensité, comme si elle redoutait l'impact de ses mots, mais elle reprit rapidement d'une voix plus forte :

-Mais je sais que tu aurais quand même voulu qu'il soit là, et je suis désolée de te l'avoir enlevé. J'ai essayé de le récupérer, je te le jure, mais il était juste… Introuvable, c'était comme chercher une aiguille dans une meule de foin…

- TU AURAIS QUAND MÊME DÛ LE CHERCHER ! Cria-t-il, sa voix violente contrastant avec son corps apathique.

Cependant, lorsque ses mots franchirent sa bouche, Tom prit pleinement conscience de la réalité qu'ils dénonçaient.

Il était comme elle.

Il était comme sa mère ; il se cachait derrière le fait que c'était dur, que c'était presque impossible pour renoncer et abandonner. Il laissait couler, espérant que les choses arriveraient d'elles-mêmes, sans essayer de les provoquer ou de les contrôler un minimum.

Il se dégoûtait.

- J'ai abandonné, je suis désolée. Sincèrement désolée, Tom.

Tom jeta un coup d'œil sur le mur qui accueillait sa fresque.

- Sors. Dit-il d'une voix neutre.

Elle baissa la tête, et sortit lentement de la chambre, sans prononcer un seul mot de plus.

Tom se leva et prit son ordinateur. Il l'alluma et lança Google®, tapant quelques mots clés afin d'avoir une liste de tous les hôtels de la ville.

Dès demain, il les appellerait pour demander s'ils n'avaient pas une réservation au nom de Bill Kaulitz, et s'il le fallait, il se déplacerait même à chacune des adresses pour demander en personne.

Avec un peu de chance, Bill n'avait pas changé de nom et était descendu dans un hôtel. C'était le scénario le plus logique ; Bill avait trouvé son adresse puis était venu en ville, s'installant dans un hôtel, mais il redoutait de confronter directement sa mère et son frère en même temps, d'où son silence.

Tom accélèrerait alors les choses ; il était temps qu'il prenne aussi des initiatives et qu'il montre à Bill qu'il pouvait être un grand-frère digne de lui.

Et advienne que pourra.

Tom éteignit son ordinateur et se coucha sur son lit où enfin, il trouva le sommeil qui le fuyait depuis la veille.


Navrée pour le temps d'attente, mais j'ai vraiment été débordée avec la reprise soudaine de ma fac.

Anyways, j'espère que ca vous plait toujours!

Merci Laura pour tes reviews anonyme à chaque chapitre; ca me touche vraiment!

bisous all! ^^