Chapitre 10 : La pharmacie
Pour le moment, il voulait mettre Kaori à l'abri et s'occuper de sa blessure. Elle avait beaucoup de mal à cacher sa souffrance. Ryô fit bifurquer Kaori à droite de l'escalier. Il y avait une porte. Ils se retrouvèrent dans une sorte de vestibule au vue des nombreuses vestes suspendus. En face d'eux se trouvait une nouvelle porte. Ryô l'ouvrit d'un coup de pied tandis qu'il couvrait le terrain.
C'était un couloir… Et il était vide. Ryô fit alors signe à Kaori d'entrer. Puis il referma la porte derrière lui. Le bruit semblait avoir disparu.
Au bout du couloir il y avait une autre porte qui devait mener aussi au vestibule. Au milieu, le couloir bifurqué.
Ryô alla jeter un rapide coup d'œil. Il n'y avait que deux portes, une fenêtre et, chose curieuse, un bouquet de fleurs fraîches sur la petite table qui se trouvait devant la fenêtre. Ryô tenta d'ouvrir la porte à gauche. Elle était fermée. Sans doute de l'intérieur. Il se tourna alors vers la seconde…
Elle était ouverte. Il regarda Kaori et l'appela d'un geste. Tandis que son regard se posa dans la salle. Ce devait être une salle de soin, une pharmacie. Il y traînait divers produits chimiques, des médicaments divers, et plusieurs trousses de premiers secours. Sans y prêter attention, Kaori s'était assise sur un lit aux draps très propres. Il y avait aussi deux fenêtres. Et au dehors, il semblait que le jour commençait à faiblir.
— Kaori ça va ?
— J'ai connu mieux. Dit-elle en forçant un sourire.
Ryô porta son regard sur le bras rougit de Kaori au-dessus duquel subsistait un restant de gilet. Ryô s'approcha d'elle et le lui enleva, effleurant son épaule et la faisant tressaillir de douleur. Kaori n'en pouvait plus et eut pour réflexe de porte sa main valide à son épaule pour la protéger contre toute agression.
— Kaori ? Comment va ton épaule ? C'était une question idiote, Ryô le savait mais il ne parvenait toujours pas à se calmer quand l'état de santé de sa partenaire était en jeu.
— J'ai connu beaucoup mieux ! Répondit Kaori ironique.
— Raaaa… Ce n'est pas ce que je voulais dire… Je voulais savoir comment tu t'es blessée.
— En chutant au travers d'une verrière… En fait c'est Aoki qui m'a entraîné dans sa chute. Une chance que je ne me sois pas coupée. Je ne sais pas lui mais moi je suis tombée latéralement, l'épaule en premier et ça a fait un bruit….. Brrrr j'en ai des frissons rien que d'y penser.
Ryô grimaça… Si Kaori avait l'épaule cassée ce n'était pas fameux, surtout enfermés en plein milieu d'une forêt lugubre et aux abords de Nirayama !
Ryô alla fouiller les diverses trousses de soins présentes. Il trouva un Uzi ainsi que cinq chargeurs dans l'une. Un kit de suture stérile et emballé sous vide dans une seconde ainsi que des compresses, divers bandages et un passe partout dans une troisième trousse.
— Et bien on trouve de tout par ici ! S'étonna Ryô en se rapprochant de Kaori avec le nécessaire de soins.
— Ryô ! A ton avis y a-t-il un moyen de sortir d'ici ?
— La seule issue que je connais a été verrouillée… de l'extérieur !
— De l'extérieur ? Qu'est-ce que ça veut dire ?
— Que nous étions attendus. Ce n'est pas un hasard qu'Aoki nous ai mené ici ! Il a été libéré pour ça en priorité. Celui qui l'a engagé connaissait son passé et donc connaît aussi City Hunter !
— En fait nous sommes tombés dans un piège.
— D'une certaine manière oui mais pourquoi ? Alors là mystère et boule de gomme. Heu Kaori ! dit-il soudainement légèrement gêné.
— Oui ? Répondit-elle le visage déjà moins crispé par la douleur.
— Je… Enfin… Il… il faudrait que tu enlèves ton tee-shirt pour que je puisse te soigner correctement.
Bien qu'ayant découvert le véritable amour dans les bras de sa partenaire, Ryô n'en restait pas moins respectueux et « timide » face à elle. Elle qui est la pureté et l'innocence incarnée.
Kaori ressentit ses joues devenir rouge de confusion. Cependant, repensant à leur dernière nuit… Après tout il fallait qu'elle s'y fasse et puis elle avait confiance en lui. Elle savait très bien qu'il ne ferait rien en ces lieux si… sombre.
— Ryô… Je n'y arriverai pas sans ton aide ! Mon bras gauche refuse catégoriquement tout mouvement ! Dit Kaori en souriant et sûre d'elle.
— Je vois… Bon bien… Alors… Hop ! Sans finir sa phrase, Ryô lui délassa le tee-shirt et le lui ôta, s'interdisant de regarder toute autre partie du corps de sa partenaire outre son épaule. Ce n'était ni l'endroit, ni le moment.
Kaori regarda Ryô tendrement. Il imbiba une compresse d'alcool qu'il plaça sur son épaule.
— Ffff ! Fit Kaori en grimaçant légèrement. Le contact était glacial. Elle recula malgré elle.
— Désolé !
— C'est bon Ryô ! Le froid m'a surpris. Dit-elle en reprenant sa place initiale.
Ensuite, Ryô déposa un peu de crème sur l'épaule pour faire diminuer la douleur et commença à la masser. Malgré toute la douceur qu'il y mettait Kaori avait mal. Elle était alors certaine d'avoir l'épaule cassée. Elle ferma ses yeux, cherchant à se détendre. Elle y parvint et Ryô le ressentit. Ce fut plus facile de faire pénétrer la crème ainsi.
Soulevant délicatement son bras gauche, il commença un bandage, puis lui remis son tee-shirt avant de continuer. Il plaça le bras en écharpe de telle façon qu'elle ne puisse pas le bouger par la suite. De toute façon il était préférable pour elle que ce dernier bouge le moins possible.
Il humidifia une compresse et la lui passa sur le visage au niveau de sa coupure. Fort heureusement la coupure n'était pas trop profonde et ne nécessitait pas de points. Par contre elle laissera une marque perpendiculaire à celle signée Saeko. Il lui posa tout de même un petit, mais large, pansement au-dessus.
Tandis que Ryô posait le pansement, Kaori savait que la séance de soins était terminée. Ryô l'observa alors profitant du regard clos de sa partenaire pour plonger son regard dans son décolleté.
— Ryôôô ! Dit-elle alors menaçante amicalement.
Ryô releva alors ses yeux vers elle. Elle avait encore les yeux fermés mais… Il sourit, approcha ses lèvres des siennes et l'embrassa tendrement.
Soudain une plainte lointaine les ramena à la réalité. Ce n'était pas le bon endroit pour ce genre de choses.
— Ryô… Merci. J'ai l'impression d'avoir moins mal.
— Je t'en prie. Répondit-il simplement.
Tandis qu'il finissait de lacer le tee-shirt, une de ses mains effleura la poitrine de sa partenaire.
— Heu… Désolé.
— Ce n'est rien. Répondit Kaori confuse.
— Je peux recommencer alors ? Demanda Ryô ironiquement avec une face lubrique.
Kaori lui lança un regard noir qui effaça bien vite le visage pervers de Ryô… Puis ils éclatèrent alors de rire.
— Bon. Il nous faudrait trouver une sortie mais sans plan cela risque d'être compliqué.
— Certes. Mais nous connaissons déjà un peu le rez-de-chaussée ! Ironisa Kaori.
— Oui. Tu es armée ?
— Pourquoi ?
— J'ai croisé trois types bizarres tout à l'heure tu en as vu deux. Il m'a fallu plus d'un chargeur de 357 pour venir à bout d'un seul. Par contre il y en a un j'ai donné un coup de pied dans sa tête et celle-ci a volé en éclat.
— Beeeh ! Fit Kaori écœurée avant de reprendre : Ca veut peut-être dire que le point faible est la tête non ? Comme dans ton jeu vidéo dont je ne retrouve pas le nom.
— Peut-être est-ce le point faible mais certainement pas mon jeu vidéo. Dans le jeu deux trois balles de Python suffisent. Alors tu as une arme ?
— Ben en fait mon arme favorite est restée dans la voiture.
— Je te laisse l'Uzi alors sait-on jamais. Bon ! Allons explorer ce bâtiment puisque nous y sommes 'invités'.
— Attends Ryô ! Qu'est-ce que c'est que cet engin ? Demanda Kaori en désignant une machine avec une plaque noire sur le devant.
Ryô s'approcha de la machine et l'observa sous toutes les coutures.
— D'après ce qui est écrit sur le côté c'est un vieil appareil de radiologie assez rudimentaire. Il en est de même pour son mode d'emploi. La personne à examiner doit juste se placer derrière la plaque tout simplement. Le squelette humain apparaissant alors… Tu veux essayer ?
— Je n'aurais que la confirmation de ce que je redoute.
— Vas-y je verrais bien.
Kaori s'avança et entra alors dans la petite cabine. Ryô inspecta alors la plaque noire tentant de ne pas s'esclaffer. D'abord il n'y avait rien de bien risible.
— Oups ! Pas génial ça ! S'exclama Ryô.
— Qu'est-ce qu'il y a ? Demanda Kaori.
— Tiens tu as mal aux côtes ?
— Non pas spécialement… Mais maintenant que tu me le dis tout à l'heure après la course j'avais une impression de brûlures… pourquoi ?
— Tu peux sortir au fait.
Tandis que Kaori sortait, Ryô rajouta alors :
— Bien. Outre ta clavicule cassée, si je ne me trompe pas, tu as deux côtes gauches fêlées.
Kaori grimaça.
— Comme à priori ça ne te dérange pas ça devrait aller quand même.
— Oui. Bon on y va cette fois ? Demanda Kaori tandis que son regard se posa sur une seconde machine.
— Go ! Fit Ryô en ouvrant alors la porte.
— Kaori qu'est-ce que tu fais ? demanda Ryô en se retournant.
— Oh ! Rien pardon. Dit-elle confuse et détournant son regard du synthétiseur de produits chimiques dont le nom était inscrit en gros dessus.
Sortant de ce qu'ils nommèrent la pharmacie, ils retournèrent dans le hall en passant par le vestibule. En y prêtant plus attention, ils remarquèrent diverses tâches de sang séchés sur le mur. Une chose terrible était arrivée ici. Quand ? Avec qui ? Pourquoi ? Il n'y avait pas de réponses. La petite salle était éclairée faiblement et les ombres donnaient un air lugubre à cet endroit. Ils se retrouvèrent de nouveau dans le hall d'entrée.
