Alors, petite précision pour les chapitres à venir: il s'agit des 4 fins possibles (je suis pas douée pour choisir). Cependant, les évènements qui y sont décrits peuvent aussi se succéder, si vous préférez donc, à vous de voir ce que vous voulez considérer comme arrivant en dernier ;) J'espère que vous trouverez votre bonheur ! J'ai perdu quelques revieweurs au fur à mesure, j'espère ne pas vous avoir déçus :_)
/!\ petit rating M /!\
Fin 1 : et si... c'était là depuis le début.
Kise ne se présenta à aucun des entraînements de basket prévus dans la semaine, absolument pas motivé et incapable de rester calme face au capitaine de l'équipe. Toutefois, il finit par croiser celui-ci dans un couloir, le vendredi, juste quand il allait quitter le lycée. Le brun semblait également pris au dépourvu par cette rencontre fortuite. Refusant de faire lâchement demi-tour, le plus jeune regarda droit devant lui et ne put s'empêcher de presser le pas au moment de le dépasser. Mais on agrippa son avant-bras, le forçant à se retourner.
« T'étais pas à l'entraînement. »
Il avait son ton moralisateur. Kise soutint le regard accusateur, avec une pointe de mépris, sans répondre. Pour lui, il n'avait plus aucun compte à lui rendre et ce n'était pas quelques entraînements de moins qui allaient faire baisser son niveau, surtout qu'il pouvait jouer en one-on-one avec Aomine pour compenser. En plus, c'était bientôt la fin de l'année scolaire et le troisième année allait devoir quitter son poste et rentrer à la fac. À partir de là, ils n'allaient très probablement plus se voir, alors à quoi bon faire des efforts.
« Pense à l'équipe au moins.
Le prodige serra les dents, en proie à une exaspération inhabituelle. Il ne supportait plus ce genre de remarques de sa part.
-Pourquoi tu ne me lâches pas ? C'est pourtant ce que tu as dit que tu ferais. »
À son grand regret, sa réplique sonnait plus aigrie qu'acerbe. D'autres lycéens les dépassaient sans leur prêter grande attention, en un flot de moins en moins fourni. Le plus âgé ne répondit rien, se contentant de soutenir son regard avec la même hargne, les sourcils froncés.
Soudain, il lui empoigna le poignet, à lui en faire mal, et l'entraîna sans ménagement dans une salle de classe, désormais vide, le week-end ayant été annoncé par la dernière sonnerie. Le mannequin s'échoua contre un bureau, lorsque l'autre relâcha sa prise sans prévenir. Cela ne fit qu'attiser sa rancoeur, d'autant que son aîné ignora son nouveau regard noir, croisant les bras et s'appuyant négligemment contre la porte, qu'il avait refermée sur eux.
Il l'observa, d'un air embêté, puis lui fit finalement la leçon pendant plusieurs minutes sans que Kise n'écoute la moindre syllabe, l'ignorant avec insolence, sachant pertinemment qu'il n'était pas réellement question de l'équipe, d'honneur ou de basket, que l'autre ne faisait que meubler pour éviter de se confronter au vrai malaise qui s'épanouissant à son aise entre eux. Et puis il rabâchait toujours à peu près la même chose.
-Tu t'en fous vraiment ?
L'interrogé soupira avec théâtralité.
-Non. C'est bon, je peux y aller ? »
Il s'approcha de la sortie et posa d'autorité la main sur la poignée. Mais ce faisant, il se retrouva à serrer de près l'autre garçon, qui ne s'était pas décalé et faisait obstacle. Trop proche, bien trop proche pour ne pas avoir envie de l'embrasser. Il pouvait sentir son odeur et détailler les nuances de bleu et de gris dans ses iris. Et une boule d'épines sautillait alors entre sa gorge et son ventre. Ce n'était pas bon. Ça ne le serait peut-être jamais.
Il parvint à se reprendre et à ouvrir d'un geste sec la porte pour quitter la salle, s'enfuir presque. C'était peut-être bien là son plus gros problème avec Kasamatsu; il n'arrivait pas à vraiment le détester. Malgré tout, il reconnaissait toujours autant ses qualités de leader, et le trouvait toujours aussi attirant physiquement.
...
Il n'aurait pas su dire ce qui l'avait réveillé. Le bruissement d'un pas peut-être, ou la sensation désagréable de ne plus être seul. Toujours est-il qu'en ouvrant les yeux, il vit la silhouette, malgré la faible lumière, et l'adrénaline l'envahit immédiatement. Il bondit en émettant un cri strident et abattit son oreiller sur l'intrus avec toute la force qu'il avait, plusieurs fois.
« Arrête !
Cette voix. Il obtempéra et chercha l'interrupteur pour allumer la lumière.
-Kasamatsu-sempai. Qu'est ce que tu fous là ?
-Tu as oublié de fermer la porte !
Kise fronça les sourcils, en proie à la perplexité.
-Et tu faisais le tour du voisinage pour vérifier toutes les serrures ? Juste par mesure de sécurité ?
L'accusé s'empourpra. Il tenta de se justifier, sous le regard moqueur de l'habitant :
-Je... j'arrivais pas à dormir, fallait que je te parle alors je suis venu ici sans réfléchir. Au moment où j'allais frapper, je me suis rendu compte de l'heure qu'il était et j'allais partir, je te jure mais, je sais pas pourquoi, j'ai appuyé sur la poignée et voilà, ça s'est ouvert.
-Et t'es monté me regarder dormir comme un vieux pervers ?
-N'importe quoi !
Il lui asséna un coup sur le haut de la tête, sans réfléchir.
-N'empêche que t'étais là, au pied de mon lit.
Il bafouilla une explication incompréhensible en détournant le regard, cramoisi, enfonçant le plus profondément possible ses mains dans les poches de son gilet à capuche. Maintenant qu'il était à sa merci, Kise sentit sa rancune s'évaporer et se décala pour lui faire une place sur son matelas.
-Bon assied-toi et parlons, puisque tu es venu pour ça.
L'autre s'exécuta avec raideur. Il mit un moment avant de se lancer, si bien que le mannequin était à deux doigts de s'assoupir. Toutefois, la suite le réveilla efficacement :
-Quand on était ensemble je... ça allait trop vite pour moi. Mais je me rend compte que je pense toujours beaucoup trop à toi. Tu me manques, je crois.
Il soupira une nouvelle fois, avec résignation.
-J'avais l'impression que j'allais le regretter si je ne te le disais pas. Mais bref, je devrais y aller, ajouta-t-il précipitamment au vue du manque de réaction de Kise, qui le regardait avec une tête de débile.
Au moment où il esquissait le mouvement de se lever pour partir, deux bras enserrèrent sa taille pour le maintenir où il se trouvait. Il pouvait sentir le front du blond, appuyé contre son dos tendu par l'expectative de ce qui allait suivre. À vrai dire, celui-ci ne le savait pas vraiment non plus, il avait réagit impulsivement et maintenant il ne savait pas trop quoi faire, ou quoi dire. Il relâcha donc sa prise, troublé, et l'autre acheva de se remettre debout.
-Il est tard. Tu veux rester dormir ici ? Avec moi. Précisa-t-il, plus ou moins conscient d'être en train de jouer avec le feu, sans trop savoir pourquoi il le faisait.
Le brun se figea, hésita, se balançant très légèrement sur ses pieds, évitant de regarder son kouhai, pour finir par répondre dans un souffle :
-Ok, merci. »
...
Il se ré-installa sous la couette aux côtés de son invité et lui tourna le dos, ayant besoin de réfléchir à ce qui venait de se passer. On lui avait presque fait une déclaration et lui n'avait globalement rien répondu à ça, ce qui devait probablement tenir son invité éveillé et incertain. Il l'espérait presque, ça prouverait qu'il n'était pas indifférent. Et à vrai dire, il ne voulait pas lui faire de déclaration en retour, parce qu'il n'était tout simplement plus amoureux de lui. Pire, il avait été blessé. Ça l'avait, pas en surface mais en profondeur, rendu plus méfiant et moins démonstratif. Si l'autre voulait qu'il lui revienne, il allait falloir qu'il s'en montre digne et motivé.
Cependant, puisque lui non plus, n'arrivait pas vraiment à se détacher complètement de son ex-copain, il n'était pas contre retenter quelque chose. Il ne voulais juste plus le montrer à quelqu'un qui ne le faisait pas se sentir spécial. Il s'imaginait l'amour comme le bord d'une falaise, avec en contre-bas une étendue scintillante, et il ne demandait qu'à retomber dedans; il était ressorti du précipice petit à petit, et se tenait maintenant juste au bord, près à ressauter au moindre encouragement. Les sensations éprouvées pendant la chute, cette impression grisante d'être porté par l'air, de le fendre, que son cœur allait se décrocher, cette sensation de légèreté et d'insouciance, cette appréhension qui se muait en excitation, l'adrénaline, étaient incroyables. Mais, si on pouvait sans doute atteindre l'eau en bas et s'y prélasser, on pouvait aussi heurter la roche à mi-chemin. Et plus la chute était longue, plus le crash était rude et la remontée longue et difficile. Ça décourageait un peu de s'y lancer à la légère. Quoique. En tout cas, si Kasamatsu voulait qu'il l'y suive cette fois, il devrait s'y jeter le premier, et sans faire semblant; à corps perdu.
Il se replaça sur le dos, repoussant vers le bas la couette un peu trop chaude.
« Du coup, tout à l'heure, quand tu m'as traîné dans une salle de classe vide... c'était vraiment que pour parler des entraînements ?
Comme il le soupçonnait, son voisin ne dormait pas non plus et lui répondit sans délai :
-Ah, ça. C'était un peu trop, hein ?
Ils rirent, un peu nerveusement.
-Je savais plus très bien pour quoi j'avais fait ça et... -il baissa la voix- j'ai... Tu... me perturbes, j'avais un peu envie de t'embrasser. Mais bon, j'ai pas osé et il fallait bien que je dise quelque chose alors... Je sais même pas ce que j'ai dit au juste.
-Tes sermons habituels de capitaine relou.
-Heey ! Au départ j'avais pas très envie de te parler non plus ! »
Il le pinça au niveau des côtes et le jeune gandin tressaillit, lui donnant envie de continuer. Il se releva dans une position assise pour avoir un meilleur angle d'attaque et lui chatouilla les flancs. Sa victime se tortilla un peu en gloussant quelques « Arrête ça » étranglés, avant de réussir à riposter efficacement. Malheureusement le plus âgé n'était pas spécialement chatouilleux, au grand regret aussi bien de sa fratrie que du blond. Ce dernier roula sur la côté pour s'échapper, manquant de tomber du lit. Il fut rattrapé de justesse par une emprise ferme sur sa taille, et par réflexe, il s'agrippa à son sauveur, enfouissant son visage dans le creux entre son cou et son épaule.
Se rendant pourtant parfaitement compte du caractère intime de leur imbriquement, aucun des deux ne bougea. Ils restèrent un moment ainsi, Kise se retenant de lécher la parcelle de peau frémissante et sans défaut sous son nez et Kasamatsu ignorant les fourmis qui s'installaient dans sa jambe.
Au grand étonnement du mannequin, même si la soirée avait déjà été riche en surprises, ce fut l'autre adolescent qui prit l'initiative de faire prendre aux événements une tournure plus... concrète. Il déplaça, d'abord très lentement, ses doigts, pour caresser, effleurer plutôt, le dos de son coéquipier. Ce dernier le laissa faire, incapable de le repousser car incapable de savoir précisément ce qui était une bonne idée ou une erreur monumentale. Il était, malgré l'excitation du moment qu'il ne pouvait nier, fatigué et il était si bien, installé comme ça qu'il n'avait pas la force de bouger.
Puis les mains se firent aventureuses. Très aventureuses. C'était presque suspect. On passait quand même du rien au tout en à peine une heure. Kise posa donc ses paumes sur les avant-bras de son co-équipier, stoppant la progression de celui-ci, pas très sûr de lui.
« Te sens pas obligé hein. Je t'ai vraiment proposé de rester pour dormir.
C'était un peu stupide; Kasamatsu n'était pas le genre à se forcer à faire un truc dont il n'avait ni l'envie ni le devoir, ou à penser que son hospitalité valait bien une pipe ou autre chose du genre, mais d'un autre côté, le blond ne pouvait pas croire qu'il le désirait.
-Non c'est bon. Affirma-t-il.
Ils restèrent cependant un moment ainsi, à mi-chemin, sans trop bouger.
-J'ai eu le temps d'y penser, précisa-t-il.
-En te...
-Chuuut, tu vas dire un truc stupide.
Il lui administra une pichenette à l'aveugle, qui l'atteignit juste entre les sourcils.
-... Tu me connais si bien, grimaça l'adolescent aux cheveux dorés.
-Et oui. » conclut-il dans un murmure en rapprochant son visage. « Enfin, c'est bon pour moi, si c'est bon pour toi. » se reprit-il d'une voix moins assurée.
Kise réalisa alors qu'il était effectivement resté assez passif et peu encourageant depuis la simili-déclaration. Il pouvait à présent sentir le souffle du capitaine de l'équipe s'échouer contre ses propres lèvres, provoquant une accélération notable de son rythme cardiaque. Il y avait vraiment deux versants à un baiser parfois c'était un geste presque anodin, pour s'amuser, et d'autre fois, ça scellait vraiment quelque chose. C'est ce que le prodige essaya de faire passer en joignant leurs deux bouches; cette fois, il avait vraiment envie d'y mettre du sens.
Au vue de l'ardeur avec laquelle il lui répondit, il lui sembla que Kasamatsu avait eut le même genre de raisonnement. Lorsqu'ils se séparèrent, il se sentit légèrement pris de vertiges et, même si il était de toutes façons sur son lit, se retint à son partenaire.
« Ha ha, tu me fais tourner la tête.
-Imbécile.
Il le sentit ensuite enfouir son nez dans son cou, sans doute embarrassé. Il fit de même et, joue contre joue, demanda :
-Sempai ? Ça va ?
-Oui, oui. » S'empressa-t-il de le rassurer. « Je sais juste... pas ce que je peux faire...
-C'est simple : de quoi t'as envie ? Lui chuchota-t-il à l'oreille.
Pour toute réponse, après un moment d'hésitation, la capitaine prit sa main dans la sienne, qui était un peu tremblante, pour l'amener contre son entre-jambe et la bosse qui s'y formait.
-Ça répond à ta question ? » demanda-t-il d'une voix rauque.
Kise sentit immédiatement son ventre s'embraser en réaction. Il ne prit pas la peine de répliquer, glissant sa jambe entre celles de son vis-vis pour se coller plus étroitement à lui, sans retirer sa main, qui avait amorcé une caresse de haut en bas à travers le tissu. L'autre laissa échapper un soupir comme si il retenait sa respiration depuis son geste explicite, puis déplaça lentement sa main pour venir lui rendre ses caresses tandis qu'ils s'embrassaient sans retenue. Les respirations s'approfondirent et les érections gagnèrent rapidement en ampleur sous leurs gestes. C'était pas aussi débridé qu'avec Aomine, mais exceptionnellement bon. Il n'aurait voulu être nul part d'autre.
Kise sentit son partenaire se tendre un peu quand il glissa sa main à l'intérieur de son caleçon, directement au contact de la peau, il ralentit donc son mouvement en l'embrassant de plus belle, et l'autre sembla rapidement se détendre. Repoussant alors les draps sur son passage, il se plaça au dessus, vira leurs deux t-shirts et descendit, en prenant soin de parsemer le cou puis le torse de son aîné, de baisers plus ou moins appuyés, jusqu'à avoir les lèvres au niveau du ventre et hanches de son homologue, qu'il embrassa également. Leurs respirations se faisaient plus précipitées, presque haletantes. Laissant sa langue repasser d'abord le dessin de ses abdominaux, il abaissa le sous-vêtement et son propriétaire frémit d'appréhension et d'excitation mêlées, tout en égarant l'une de ses mains dans la chevelure blonde qui descendit encore d'un cran.
Le prodige avait fait ça sans même réfléchir. C'était un peu idiot, mais il avait eut envie de lui faire profiter de ses talents, acquis après des heures de pratique. Surtout qu'il était connu pour apprendre vite les techniques...
Kasamatsu désapprouvait un peu de ne plus pouvoir vraiment toucher son coéquipier et de rester à ne rien faire d'autre que profiter oisivement, même si pour être honnête, peut-être même au-delà des sensations physiques toutes nouvelles pour lui, il savourait particulièrement le dévouement du plus jeune et la position de légère domination dans laquelle il le plaçait. En tout cas, il appréciait pleinement l'attention et sa respiration était hachée, son corps parcourut de frissons, il se cambrait, gémissait et sa main ne quittait plus les mèches dorées qui suivaient maintenant un va-et-vient soutenu.
Il bloqua justement ce mouvement avec sa paume sur le haut de la tête du plus jeune, pour le stopper avant le point de rupture, ne voulant pas particulièrement lui imposer d'éjaculer dans sa bouche, déjà que c'était son cadet qui faisait tout le boulot depuis tout à l'heure. Il sentit le regard fauve se relever vers lui, question silencieuse de quoi faire ensuite.
« On peut... continuer.
-Vraiment ? Demanda Kise, pas très sûr de ce que l'autre entendait par là.
-Ça... ça me va d'être... tu sais... en dessous. Pour cette fois ! S'empressa-t-il de préciser.
-Ha ha, d'accord, d'accord. » le rassura le prodige en lui caressant spontanément la joue du dos de la main, après avoir assimilé l'information.
Il avait du mal à y croire. Ce genre de choses lui semblaient un peu prématurées mais Kasamatsu voulait probablement lui prouver quelque chose, à moins que ce ne soit à lui-même. Ou c'était peut-être la façon qu'il avait trouvé de se faire pardonner, de rattraper le temps perdu. Kise hésita à lui redemander si c'était vraiment d'accord mais, n'en fit finalement rien, se disant qu'il n'apprécierait pas qu'il lui repose une énième fois la question, comme à un enfant. Au pire, il ne se gênerait sans doute pas pour l'arrêter si il ne voulait plus aller plus loin.
Ils finirent d'envoyer valser les vêtements résiduels et se rallongèrent l'un sur l'autre avec un soupir commun de contentement, ne se lassant pas de la proximité de l'autre, son contact, sa chaleur, le parfum de sa peau et l'esthétisme de leurs corps de jeunes sportifs. Kise finit par se libérer un bras pour attraper dans sa table de chevet le nécessaire pour la fameuse suite, du lubrifiant notamment. Clignant vivement des yeux, il éloigna l'image de Kagami, avec qui il l'avait acheté, de son esprit. L'autre ne fit pas de remarque sur pourquoi il possédait déjà ce genre de chose, mais de toutes façons le tube était neuf et intact.
Leurs regards s'accrochèrent dans l'obscurité. Kise chercha une plaisanterie à faire pour détendre l'atmosphère mais n'en trouva aucune qui ne soit pas complètement hors de propos. Et puis il était certain que le réflexe de son capitaine aurait été de le frapper, pas de rire. Ce dernier ne savait pas trop comment se positionner mais le mannequin coupa court à son questionnement d'ordre logistique, en se blottissant contre lui, les plaçant en cuillères. Kasamatsu pouvait le sentir, juste derrière lui, qui lui embrassait la nuque et lui léchait le lobe de l'oreille, lui faisant courir des frissons le long de la moelle épinière et l'excitant au plus au point.
Profitant de sa distraction, Kise fit rentrer le plus furtivement possible son index lubrifié. Ils avaient beau savoir que c'était nécessaire, ils avaient l'impression de n'avoir jamais rien fait de plus bizarre. Le mannequin, fit passer sa main libre par dessus les hanches du brun pour recommencer à cajoler et attiser son érection. Les sensations gênantes de la pénétration s'estompèrent, au profit d'un plaisir plus diffus que ce que la masturbation classique lui procurait habituellement. Kasamatsu ne réalisa pas tout de suite que son bassin venait de lui-même à la rencontre des doigts insérés, et fut surpris des initiatives que son propre corps pouvait prendre lorsqu'il se laissait un peu aller, mais aussi du fait que tout ceci se révélait plutôt agréable. Voire très. L'orgasme le prit au dépourvu et il jouit sans prévenir dans la main de son partenaire.
Ce dernier s'écarta légèrement et se redressa pour attraper deux mouchoirs en papier, tout en hésitant pour la suite. Même si les deux doigts qu'il était en train d'essuyer glissaient plutôt bien avec le lubrifiant, ils étaient restés encore un peu à l'étroit, le stress jouant sûrement. Il en avait envie évidemment, mais est-ce que ça allait vraiment être suffisant pour le prendre sans trop de mal ? Et maintenant qu'il l'avait fini, était-il seulement partant pour poursuivre les folies ? En avait-il encore l'énergie et la motivation ?
« On continue ?
L'interrogé hésita, un peu mal à l'aise.
-C'était bien. Vraiment ! Mais... on peut arrêter là ? Pour ce soir.
Il semblait vraiment désolé, mais pas particulièrement effrayé, simplement, il avait assez donné dans la découverte de son corps pour aujourd'hui. Kise acquiesça puis, n'étant pas sûr que son geste avait été discernable dans l'obscurité de la chambre, ajouta :
-Pas de problème.
-Merci. »
Le blond n'était pas vraiment déçu, ils étaient déjà arrivés bien plus loin qu'il ne l'aurait jamais imaginé au début de la soirée, mais un peu frustré, physiquement, c'était sûr. Heureusement, son partenaire, qui se sentait aussi un peu redevable, comprit ça et, se mettant à genoux face à lui, l'attrapa par la nuque pour l'embrasser avec reconnaissance, tout en baladant son autre main le long de sa cuisse jusqu'à se saisir de son érection pour s'en occuper avec toute l'habileté dont il pouvait faire preuve. Quelques mouvements de poignets plus tard, ils se retrouvèrent lovés l'un contre l'autre, un peu poisseux de sueur et complètement vidés.
« Hey.
-Hmmm ?
-Je suis content que tu sois venu. »
Le brun ne répondit rien, se contentant de raffermir sa prise en souriant.
