NdA : Bon, je ne vous aurais pas fait attendre pendant des mois, cette fois, c'est déjà ça. Le chapitre suivant est presque terminé également. Aujourd'hui, on a quelques informations intéressantes de la part d'Akako (que je me suis bien amusée à écrire, d'ailleurs).
(En général, je préfère poster le samedi, mais j'ai utilisé ma journée d'hier pour passer la barre des 50k mots du NaNoWriMo et j'ai complètement oubliée de publier le chapitre à la date prévue... (ne tenez pas compte de cette remarque bourrée de fierté personnelle, please, c'est juste l'émotion))
Lonie : Et non, ne t'inquiète pas, je n'ai pas l'intention d'abandonner cette histoire. Le chapitre précédant avait juste beaucoup de mal à sortir x) (Et oui, Kaito est totalement une mère poule, merci, au revoir.)
Disclaimer : Magic Kaito est la création d'Aoyama Gōshō et Miraculous Ladybug appartient à Thomas Astruc.
Chapitre Dixième
Kaito fronça les sourcils. Ça ne ressemblait pas à Akako de lui envoyer ce genre de message en général, elle préférait venir elle-même sans s'annoncer, même quand elle faisait une prédiction. Alors qu'est-ce qui l'avait décidée à envoyer un mail pareil ?
« Kaito ? »
Il releva la tête. Les trois collégiens étaient déjà plusieurs dizaines de mètres devant lui, et c'est à ce moment qu'il se rendit compte qu'il avait arrêté de marcher depuis qu'il avait lu le message de la sorcière.
Alya s'approcha de lui et demanda :
« Il y a un problème ?
— Non, non, j'ai juste reçu un message… enfin, plusieurs. C'était des gens qui m'ont entendu dans ton direct et qui s'inquiétaient.
— Oh, je vois. Mais tu vas pouvoir les rassurer, dans ce cas. »
Le magicien hocha la tête. Il ne savait toujours pas quoi penser.
C'est alors qu'il sentit une présence derrière lui. Il se retourna et tomba nez-à-nez avec un policier français. Oups.
« Oui ?
— Vous étiez à proximité lors de l'attaque ? »
Il avait posé la question aux quatre jeunes, qui s'entre-regardèrent.
« Moi, oui, fit Alya. Je suis la gérante du Ladyblog.
— Hum ? Oh, oui tiens, je te reconnais, toi, fit soudain le policier avec un air réprobateur. Il me semblait t'avoir déjà dit de ne pas t'approcher d'un combat, non ? »
Alya grommela. Ce n'était manifestement pas la première fois qu'elle croisait cet officier-ci.
Alors que l'apprentie journaliste essayait de justifier pour ce qui semblait être la millième fois la raison d'être de son blog, Kaito préféra s'éloigner discrètement – sans pour autant quitter le groupe, bien sûr, mais simplement pour appeler Akako. Il ignorait si elle accepterait de lui parler de ce qui l'inquiétait au téléphone, mais au moins pourrait-il avoir une idée de ce qu'il se passait.
Alors qu'il se glissait entre deux voitures de police, il croisa une ambulance où s'affairaient des médecins. Une femme était assise à l'arrière du véhicule, une couverture métallisée posée sur ses épaules. Kaito la reconnut alors comme la femme qu'il avait supposé être le Démon. Il s'approcha du groupe, plus par curiosité qu'autre chose, et entendit un médecin qui demandait des précisions sur ce qu'il s'était passé avant l'attaque.
« Je ne sais pas… j'étais au dojo en train de m'entraîner… et puis après c'est le trou noir… »
Un dojo ? Voilà qui expliquait au moins l'apparence du Démon. La pauvre femme avait due être en train d'évacuer sa colère sur un sac de sable ou face à un adversaire quand le papillon l'avait possédée.
« Bien, je sais que cet événement a dû être traumatisant, mais j'aimerais que vous respiriez doucement. Y a-t-il quelque chose ou quelqu'un envers qui vous étiez particulièrement énervée à ce moment-là ? »
La magicien haussa un sourcil en comprenant ce que tentait de faire le médecin : il cherchait à savoir qui était la personne contre qui le Démon s'était déchaîné avant l'arrivée de Ladybug et de Chat Noir, sans doute pour la retrouver.
Il pensa soudain à la femme qu'il avait croisé en chemin et qui était en pleine crise de panique. Il ne faudrait pas traîner avant de la retrouver.
Il s'approcha donc d'un autre médecin et le tira par la manche.
« Qu'est-ce qu'il se passe ? Vous avez besoin d'aide ?
— Non, mais je voudrais vous informer que j'ai croisé la victime d… de l'Akuma en arrivant ici.
— Vraiment ? – Le médecin se redressa. – Et où se trouvait-elle ?
— Je ne pourrais pas vous dire de nom de rue, mais elle se trouvait dans cette direction. – Il pointa l'endroit par lequel il était arrivé plus tôt. – C'est environ à cinq minutes si on court. J'espère que ça peut vous être utile…
— Totalement, merci mon garçon. »
Le médecin alla prévenir ses collègues et un policier eut tôt fait de partir en compagnie de l'un d'eux pour aller chercher Mlle la responsable de la gestion interne.
« Dis donc, toi, je peux savoir ce que tu fabriques ici ? »
Il sursauta et se retourna pour voir le policier qui se disputait avec Alya plus tôt.
« Et bien… j'avais croisé la victime en arrivant alors j'étais venu aider », trouva rapidement Kaito.
Même si ce n'était pas la raison initiale de son éloignement, cela suffirait amplement. Le policier le fixa un instant, comme s'il essayait de trouver une faille dans l'excuse du jeune japonais.
« Bon, et bien maintenant que c'est fait, tu vas me faire le plaisir d'aller avec les autres. Ce n'est pas un terrain de jeu, ici. »
L'homme de loi le traîna jusqu'à l'endroit où Alya, Marinette et Adrien étaient regroupés et les trois collégiens s'approchèrent de lui, surpris.
« Kaito ? Où étais-tu passé ?
— Rien, je… voulais juste rassurer quelqu'un qui m'avait envoyé un message…
— Oh ! Tu aurais pu le faire ici, tu sais.
— Oui, mais avec le policier…
— Bah, il est parti maintenant si c'est ça qui t'inquiète, fit remarquer Adrien.
— C'est vrai… »
Après tout, aucun des trois jeunes français ne parlait japonais, alors la conversation ne serait pas très risquée… il finit par reprendre son portable et sélectionna le numéro d'Akako dans le répertoire. Il eut à peine à attendre deux sonneries qu'il entendait la voix de la sorcière au bout du fil.
« Kuroba-kun, enfin ! Tu avais éteint ton téléphone ou quoi ?
— Ah, désolé Akako. J'ai juste été pris dans l'attaque du Démon et c'était assez tendu…
— Tu étais là-bas ? Et bien… tu te mets toujours dans les ennuis, à ce que je vois…
— Oh, c'est bon, hein. De quoi tu voulais me parler ? »
Il y eut un silence de l'autre côté. Puis Akako soupira.
« J'ai ressenti des pulsations au cours de la dernière demi-heure. Les énergies étaient plus rassemblées et puissantes que jamais.
— Comment ? s'exclama Kaito. Tu veux dire que tu a réussi à en identifier l'origine ?
— Je n'en ai pas eu le temps, malheureusement, répondit la sorcière. Mais concernant l'énergie diffuse dont je t'avais parlé… j'ai réussi à en saisir une partie. Ce n'était pas aussi précis que je l'aurais voulu, mais j'ai réussi à obtenir quelques informations qui pourraient être utiles.
— Lesquelles ?
— Et bien, toute l'énergie qui se trouvait diluée dans l'air a commencé par se concentrer à un endroit… je ne l'ai senti que parce que tout ce qui se trouvait autour de moi avait disparu. Et ensuite, même si ce n'était pas précis, j'ai pu sentir qu'elle se divisait en deux.
— Évidemment… le Papillon et le Démon…
— En effet, répondit Akako. Mais il y a quelque chose d'intéressant : c'est que les deux sources sont liées.
— Que veux-tu dire ?
— Et bien… il y a deux noyaux. Et ces deux noyaux sont reliés par un fil énergétique. C'est sans doute grâce à ça que le Papillon peut transmettre ses ordres et recevoir les informations de son pantin.
— C'est vrai que ça a du sens… mais donc ça veut dire que tu pourrais localiser sa cachette s'il repassait à l'attaque ?
— Si j'arrive à suivre le fil jusqu'à l'autre extrémité, oui. Techniquement. »
Les deux lycéens restèrent en silence pendant un moment. Ce qu'Akako venait de dire aurait pu aider la Police à mettre la main sur le Papillon… si seulement il avait été possible de leur transmettre des informations. Kaito savait à quel point la sorcière était prudente sur ses pouvoirs, fait qui était tout à fait compréhensible. Mais cela signifiait qu'ils ne pouvaient compter que sur eux-mêmes pour ça. Encore une fois.
Kaito soupira. Si ces informations avaient pu être collectées plus tôt, elles leur auraient sans doute été d'une grande utilité, mais à présent, il n'y avait aucune chance que le Papillon attaque de nouveau avant plusieurs jours au moins. Ils seraient déjà repartis au Japon quand ça arriverait.
« Il y a autre chose dont il faut que je te parle, en revanche… »
Le magicien sortit de ses pensées, surpris.
« De quoi ?
— Et bien… j'étais toujours au musée quand l'attaque a eu lieu.
— Oui, et… ?
— L'épée. Elle a réagi aux énergies.
— Quoi ? L'épée ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ? demanda Kaito, la curiosité piquée au vif.
— Tu te souviens que je t'ai dit trouver quelque chose d'étrange avec l'épée… et bien, quand l'attaque du Démon a eu lieu, j'ai senti l'énergie qui s'en dégageait devenir plus condensée. Comme ça m'intriguait, je suis retournée là où les policiers la stockaient et j'ai pu m'approcher vu qu'une partie d'entre eux était sortie pour aller protéger la population…
— Viens-en au fait, Akako.
— Oui, oui. Bon, alors. J'ai sondé l'épée, et j'ai réussi à repérer le noyau… ou plutôt, l'endroit où il est censé être placé.
— Qu'est-ce que tu veux dire ? »
Il y eut un moment de silence à l'autre bout du fil.
« Le joyau est un catalyseur, je l'ai compris immédiatement. Mais l'épée a perdu sa source d'énergie principale, et par conséquent elle s'est mise à capter celle qui se trouvait autour d'elle Ce faisant, j'ai réussi à trouver des creux autour de la garde.
— Des creux ?
— Hum. C'est sans doute de là que partait l'énergie, mais j'ignore à quoi cela servait. Sans doute à enchanter la lame…
— C'est possible de faire ça ?
— Ça n'a plus été fait depuis des siècles… mais oui. »
Kaito tria lentement les informations de la sorcière. Le fait que l'épée avait été enchantée à un moment dans l'Histoire était assez inentendu, mais pas impensable quand on songeait à son état et à sa qualité. Cela pouvait éventuellement être inquiétant, mais tant qu'on approchait pas de magie à proximité, il ne devrait pas y avoir de problèmes…
Globalement, le plus important en premier lieu restait quand même le lien entre le Papillon et ses Démons. Même si lui et Akako ne pourrait pas faire grand-chose contre eux, il pouvait toujours essayer de prévenir les deux jeunes super-héros d'une manière ou d'une autre. Ça leur faciliterait la tâche, même si ce n'était pas grand-chose.
« Bon, il faut que j'y aille, Kuroba-kun. Essaie de ne pas te mettre encore dans les ennuis, compris ? »
Sur ce, elle raccrocha et la magicien ne put que fixer le combiné qui bipait doucement.
« Kaito ? »
Il se retourna. Adrien le regardait d'un air inquiet.
« Il s'est passé quelque chose ? Ça avait l'air plutôt grave vu comment tu parlais…
— Et bien… d'une certaine manière, oui… mais c'est personnel et je n'ai pas vraiment envie d'en parler. »
Le jeune mannequin hocha la tête et n'insista pas. Kaito lui en fut reconnaissant il avait déjà suffisamment à penser pour réfléchir en plus à des excuses.
Il soupira et se décida à appeler Aoko – qui se mit à hurler dans le combiné dès qu'il eût obtenu la connexion, mais sinon allait bien – et Jii qui semblait extrêmement soulagé d'entendre sa voix et à qui il fit un compte-rendu rapide de sa conversation avec Akako avant de raccrocher.
Il pensa un instant à jeter un coup d'œil au message de Hakuba avant de hausser les épaules. Il n'avait pas envie de devoir supporter les remontrances du détective, ni ses remarques sur la courtoisie de répondre aux messages qu'on lui envoyait si jamais il commettait l'erreur de laisser le sien en « lu ». Il verrait plus tard.
Pour le moment, il avait d'autres choses à penser.
