Dans la salle de bains, Ginny finissait de se maquiller quand des coups se firent entendre à sa porte. Elle alla ouvrir, s'attendant à voir Lavande, mais ce fut Cormac qui l'attendait devant la porte. Sa mâchoire tomba d'une manière bien peu élégante et elle demanda :

— Mais comment t'as fait pour monter ici ?

Il sourit largement.

— Les escaliers ne sont pas la seule façon d'accéder aux dortoirs des filles, je l'ai découvert il y a des années.

Ginny le regarda, effarée, et il se racla la gorge.

— Oui, bref. Je venais te rendre tes vêtements.

Il tendit à la jeune fille le jean et le pull qu'elle avait portés la semaine précédente, quand elle avait passé la nuit dans son dortoir. Ils s'étaient à peine vus depuis, et Ginny n'avait pas réussi à savoir où leur relation se situait maintenant.

— Ah oui, j'ai aussi ton t-shirt, attends…

Elle farfouilla dans sa chambre quelques instants et rendit enfin la pseudo chemise de nuit à son propriétaire. Celui-ci la regarda dans les yeux avant de dire :

— Ecoute Ginny, pour samedi dernier… Tu as eu raison d'arrêter ça quand tu l'as fait. Ça n'aurait rien aidé du tout. Sans rancune ?

Elle sourit, soulagée.

— Sans rancune.
— On se voit ce soir, alors !


À dix-neuf heures tapantes, Ginny et Neville arrivèrent dans les appartements de Slughorn, décorés pour l'occasion. L'endroit était déjà rempli de dizaines de convives, tous un verre de champagne à la main. Slughorn apparut devant eux peu après leur arrivée.

— Mademoiselle Weasley, je suis ravi de vous compter parmi nous ! Et vous êtes ravissante ce soir, si je puis me permettre.

Ginny sourit. Elle portait une simple robe bleue à manches longues, qui épousait bien ses formes, il fallait le dire.

— Et votre cavalier… monsieur Londubat, ajouta Slughorn, son sourire se flétrissant un peu. Bienvenue.

Neville sourit mais Ginny vit que son esprit était déjà ailleurs.

— Ginny avait besoin d'un visage amical, ce soir.

Slughorn hocha la tête, reconnaissant sans le dire qu'il y avait effectivement bien peu de Gryffondor. Il souhaita une bonne soirée à Ginny et Neville et partit saluer d'autres invités. Un valet offrit des coupes de champagne aux jeunes gens, qu'ils prirent avec un sourire. Ils sentaient sur eux les regards plus ou moins hostiles des autres invités, presque tous affiliés de près ou de loin au parti de Voldemort, de la véritable armée d'étudiants de Serpentard jusqu'à plusieurs employés du ministère que Ginny reconnaissait pour les avoir croisés au bureau de son père.

— Enfin, vous voilà !

Ginny et Neville se tournèrent pour voir Cormac et Lavande s'approcher d'eux, des sourires soulagés aux lèvres.

— Ça fait quinze minutes qu'on est ici, on commençait à désespérer de vous voir.
— Qui y a-t-il d'intéressant ? demanda Neville, entrant tout de suite dans le vif du sujet.
— Les deux Carrow sont là-bas, dans le coin. Et on a le forfait famille, ce soir : les jumelles sont revenues, dit Cormac.
— Je n'ai pas vu Rogue, mais j'ai entendu Malefoy – il est là avec toute sa brigade, évidemment – dire qu'il arriverait plus tard.
— Les hommes là-bas, c'est Runcorn et Kellerman, du ministère, les informa Ginny.

Neville fronça les sourcils.

— Runcorn… ce nom me dit quelque chose…
— OH ! s'exclama Lavande, attirant des regards courroucés de quelques invités qui se trouvaient non loin d'eux. Il était impliqué dans l'affaire du ministère, au début de l'année. Harry ou Ron avait pris son apparence, vous vous souvenez ?

Ginny lança un nouveau regard vers Runcorn. Alors comme ça, il avait peut-être vu Harry. Elle verrait si elle ne pouvait pas essayer de lui parler, ce soir.

— Il ne travaille pas avec –
— Hum hum.

Les quatre Gryffondor échangèrent des regards paniqués et se tournèrent lentement pour faire face à la silhouette trapue et rose qui s'était jointe à eux.

— Professeur Ombrage, siffla Ginny.

Elle leur sourit d'un air faussement gentil, ses mains croisées devant son ample poitrine.

— Sous-secrétaire d'état Ombrage maintenant, les enfants, les reprit-elle.
— Oui, nous avons tout entendu de vos… exploits, cracha Neville.

Ombrage rit, de sa façon si particulière qui donnait des frissons à tous ceux qui l'entendaient.

— Oui, ma commission est fabuleuse, n'est-ce pas ? Vous aviez une amie née-Moldue, n'est-ce pas ?

Ginny plissa les yeux.

— Granger, non ? Hermione Granger, continua Ombrage, faisant mine de ne pas voir les regards meurtriers que lui envoyaient maintenant tous ses interlocuteurs. Elle m'a échappé pour le moment. Mais ne vous en faites pas, mes Rafleurs la trouveront. Ils finissent toujours par trouver tous les voleurs de magie. Comme votre parrain.

À cette mention, Cormac s'avança d'un pas.

— Espèce de…

Lavande lui posa une main sur le bras.

— Cormac, non, elle n'en vaut pas la peine…

Ombrage ricana.

— Dommage que je n'enseigne plus ici, je ne me souviens pas vous avoir eu en retenue durant mon passage à Poudlard. Mais j'imagine qu'avec vos professeurs actuels, vous n'avez pas l'occasion d'être aussi irrespectueux que vous l'étiez avant. Je vais de ce pas les féliciter de leur excellent travail de discipline.

Sur ce, elle fit volte-face, laissant les quatre élèves avec une envie furieuse de sortir leurs baguettes et de lui lancer une collection de sortilèges dans le dos.

— Misérable crotte de doxy, marmonna Cormac avant de s'éloigner à grands pas vers la table où étaient posés les hors-d'œuvre.

Lavande suivit son cavalier, laissant Neville et Ginny seuls.

— Alors, on commence par qui ? demanda Neville en prenant une gorgée de son champagne.

Elle jeta un coup d'œil à Slughorn, mais celui-ci était en pleine conservation avec Zabini et Malefoy à l'autre bout de la salle. Son verre de champagne était encore presque plein. Il était encore tôt, Ginny aurait amplement le temps de lui parler de Tom pendant la soirée.

— Et si on allait parler à Runcorn ? Si Harry ou Ron s'est servi de lui pour entrer au Ministère en septembre, il sait peut-être pourquoi.

Neville acquiesça. Il fallait bien commencer quelque part. Ils se dirigèrent vers l'employé du ministère, qui était justement seul à ce moment.

— Monsieur Runcorn ?

Le grand homme aux cheveux foncés se tourna vers eux, un hors-d'œuvre à moitié mâché dans la bouche. Il les regarda tour à tour de la tête aux pieds avant d'avaler.

— Je t'ai déjà vue, non ? demanda-t-il sans autre forme d'introduction.
— Je suis Ginny Weasley, la fille d'Arthur Weasley. On s'est rencontrés à la fête de Noël du ministère il y a trois ans.
— Ah. Oui.

Il la regarda alors avec un dédain visible et s'apprêta à se détourner, désintéressé. Elle devait dire quelque chose.

— Avez-vous vu Harry Potter le 2 septembre ?

Cela attira effectivement son attention. Il posa son assiette sur le plateau d'un valet qui passait à ce moment-là et fit face à Neville et Ginny.

— Comment avez-vous entendu parler de ça ?
— À votre avis ? Vous croyez que le Ministère contrôle toutes les diffusions d'information ? Vous êtes moins puissants que vous le pensez.

Runcorn plissa les yeux et avança pour être nez à nez avec Ginny. Celle-ci ne recula pas, levant la tête pour regarder l'homme dans les yeux.

— Je vous trouve bien impertinente, jeune fille.
— Nous voulions juste savoir si vous saviez ce qu'il faisait là, intervint Neville.

Runcorn tourna son regard vers le jeune homme.

— Comment le saurais-je ? grinça-t-il entre ses dents. Je marchais vers le bureau, et puis quelqu'un m'a attaqué par derrière, et quand je me suis réveillé, une heure plus tard, tout le ministère était en effervescence. Je n'ai rien su de plus que vos petits amis avaient été là et avaient foutu le bordel.
— Qu'est-ce qui se passe ici, Albert ?

Ginny soupira. Ombrage s'était à nouveau approchée d'eux et les interrompait de sa voix doucereuse.

— Ils veulent savoir ce que Potter et ses petits amis faisaient au Ministère le 2 septembre.

Ombrage sourit et croisa les bras.

— Je ne vois pas en quoi ça vous regarde. Vos amis ne sont rien de plus que des voleurs. J'ose espérer que vous ferez mieux dans la vie. Mais j'en doute.

Avec un dernier regard hautain, Runcorn et Ombrage tournèrent le dos aux deux étudiants, qui se regardèrent en levant les yeux au ciel.

— Tu crois qu'ils ont volé quoi ? murmura Neville.

Ginny haussa les épaules. Quoi que c'était, ça devait être important. Elle était donc contente qu'ils aient réussi.

— Et alors, Weasley, tu passes de Potter à Londubat ? Ta vue se détériore ?

Soupirant, Ginny se tourna pour faire face à Malefoy, qui la regardait avec son air mesquin habituel. Ses yeux passèrent du blond à Parkinson, qui était comme toujours postée à sa droite, tel un fidèle chien de compagnie.

— Et toi, Malefoy, tu n'as toujours pas évolué ? Tu dois être né aveugle.

Pansy devint écarlate et Neville éclata de rire. Crabbe et Goyle s'avancèrent vers Ginny et lui d'un air menaçant, mais les deux Gryffondor ne firent que poser la main sur leur poche, où était rangée leur baguette, sans pour autant perdre leurs sourires. Slughorn, à la table, vit ce qui se tramait entre les élèves et accourut, déterminé à ne rien laisser miner cette soirée.

— Que se passe-t-il ici, Malefoy, Weasley ?
— Rien du tout, Professeur, dit Malefoy en foudroyant Ginny du regard. Nous venions simplement souhaiter la bienvenue à nos camarades.

Sur ce, Malefoy et ses acolytes firent demi-tour et repartirent se servir des hors-d'œuvre. Slughorn se tourna vers Ginny avec un sourire.

— J'ai invité Gwenog Jones à nouveau cette année, sachant comment vous aviez apprécié la rencontrer l'an dernier, dit-il. Mais elle a refusé, malheureusement.

Ginny regarda autour d'elle. Cela ne l'étonnait pas le moins du monde : Gwenog Jones avait toujours été anti-Voldemort et ne se gênait pas pour le dire. Elle n'aurait jamais mis les pieds dans une telle soirée, où il y avait dix partisans de Voldemort pour un rebelle.

— C'est dommage, Professeur. La prochaine fois, peut-être.

Il hocha la tête et les quitta à son tour, non sans jeter un dernier regard désapprobateur à Neville - comme si l'incartade de plus tôt avait été de sa faute. Ginny nota avec intérêt qu'il attrapa une nouvelle coupe de champagne en se joignant à un groupe de professeurs qui discutait près de la table.

— Bon, ça manque un peu d'animation comme soirée, tu trouves pas ? dit Neville en faisant la moue.

Ginny éclata de rire.

— Effectivement, l'an dernier, c'était moins... tendu.

Ils retrouvèrent Lavande et Cormac au moment où la porte de l'entrée des appartements de Slughorn s'ouvrait, laissant entrer le professeur Rogue vêtu de sa robe de sorcier qui lui donnait l'air d'une chauve-souris. Il jeta à peine un coup d'œil aux groupes d'étudiants qui étaient agglutinés autour de la porte – les quatre Gryffondor formant une île au milieu de tous les Serpentard– et se dirigea directement vers les Carrow, à qui il murmura quelque chose d'un air pressé.

— Qu'est-ce qu'il se passe, à votre avis ? demanda Lavande.

Alecto haussa une épaule et se retourna vers son assiette alors que son frère répondait à Rogue d'une voix posée. Ils étaient trop loin pour entendre quoi que ce soit, mais ils durent supposer que ce n'était rien qui les concernait directement : rien sur Harry, en tout cas. Si ça avait été le cas, tous trois auraient déjà disparu.

— Cormac, Amycus a déjà été collègue de ton oncle, non ? demanda Neville.

Cormac fronça les sourcils.

— Je crois bien, oui, quand il travaillait à la Gazette. Pourquoi ?
— Tu crois que Lavande et toi pourriez le distraire pendant que je parle à Alecto ?

Les trois se mirent rapidement d'accord sur une marche à suivre. Quand Cormac et sa cavalière partirent hameçonner Carrow, Neville se tourna vers Ginny.

— Tu veux venir ?

Ginny venait de voir Slughorn vider une flûte de champagne presque en une gorgée. Visiblement, seul l'alcool l'aiderait à traverser l'épreuve que s'avérait être cette soirée. Elle déclina l'invitation de Neville, disant qu'elle avait des choses à demander à Slughorn. Le jeune homme haussa un sourcil ; Slughorn n'avait pas été dans leur plan de la soirée. Mais avant qu'il ne puisse demander à son amie ce qu'elle comptait obtenir du professeur de Potions, Lavande fit le signe derrière son dos qui signalait à Neville que le champ était libre. Les deux amis se souhaitèrent mutuellement bonne chance et chacun se dirigea vers son objectif.

En route vers le professeur, Ginny croisa un valet. Celui-ci ne transportait plus des flûtes de champagne mais des coupes de vin rouge, pour aller avec le repas qui était maintenant servi sur les tables. Elle s'empara de deux coupes et en posa une devant Slughorn avant de s'asseoir sur la chaise libre à sa gauche.

— Mademoiselle Weasley, encore ! Vous êtes très... présente, ce soir !
— Eh bien, c'est une fête absolument charmante, Professeur, mentit-elle. Vous devez être fier.
— Oh, vous me flattez, vous me flattez, protesta-t-il en prenant une gorgée de vin.

Ginny commença à se servir une assiette du poulet fumant qui était apparu sur chacune des tables.

— Faites-vous toujours des fêtes de Noël avec les membres de votre club ?
— Oh oui, depuis des années ! J'ai commencé au tout début de mon premier mandat à Poudlard, en 1940.
— Ça devait être intéressant, dans ces années. Y avait-il autant de gens impressionnants qu'aujourd'hui ?
— Oh non, bien sûr ! Je n'en étais qu'à mes débuts, je ne connaissais pas autant de gens haut placés que j'en connais maintenant, dit-il fièrement. Et il y avait relativement peu de membres dans mon club, dans ce temps-là. Que des garçons, vous comprenez.

Ginny hocha la tête.

— Que sont-ils devenus aujourd'hui, ces élèves que vous aviez dans les années 40 ?
— Eh bien, Jonathan Quick est photographe à la Gazette du Sorcier. Travis O'Leary est ministre des Affaires étrangères. Oh, Marty Price est ambassadeur de la Magie en Chine, très bonne relation à avoir, celui-là ! Vous pensez aller en Chine ? Non ? Eh bien, vous me le direz si c'est le cas. J'y suis allé une fois, il m'a logé comme un roi. Vous devez aussi connaître Felix Gavaris, il est entraîneur de l'équipe de Quidditch de Stanstead. Les Flyers... non, les Stars...
— Les Kings, l'aida Ginny, souriant intérieurement. Et en 1944 ? C'était une grosse année pour vous, non ?

Il la regarda dans les yeux et elle déglutit. Peut-être n'avait-il pas encore assez bu, si tel était le cas elle venait de ruiner sa chance d'obtenir des informations sur Tom.

— Vous voulez encore poser des questions sur Jedusor, c'est ça ?
— Eh bien, vous devez savoir ce qu'il m'est arrivé quand j'étais en première année ?

Slughorn fronça les sourcils et secoua la tête.

— J'ai été... possédée par un morceau de l'âme de Tom Jedusor quand il avait seize ans. C'est la première fois que je rencontre quelqu'un qui l'a connu à cette époque. Je suis curieuse...

Le visage de Slughorn s'attendrit quelque peu.

— Bon, j'imagine que je peux vous en dire un peu alors, soupira-t-il finalement en se servant à manger à son tour. Il était ambitieux, Jedusor. Trop ambitieux. Il manipulait même les professeurs, se servant de nous pour apprendre des choses qu'il n'aurait pas dû savoir.
— Comme quoi ?
— Oh, ce n'est pas important, dit le professeur en mordant dans une patte de poulet, évitant le regard de la jeune fille.

Ginny prit une bouchée de sa propre assiette pour masquer sa frustration. Voilà ce que Tom ne voulait pas lui dire, elle en était certaine. Ce que cherchait Harry. Slughorn le savait, il pourrait lui dire, mais ne le ferait jamais. Elle décida de changer de sujet ; elle n'obtiendrait rien de plus précis de la part du professeur, il faudrait qu'elle cherche ailleurs.

— Et avant d'arriver à Poudlard, savez-vous où il était ?

Slughorn la regarda d'un air surpris.

— Vous ne savez pas ! Tom Jedusor était orphelin, il a grandi dans un orphelinat. C'est Dumbledore qui est allé lui annoncer qu'il était accepté à Poudlard. Une grande bâtisse à Londres, je crois...

Ginny faillit dire qu'elle reconnaissait la description. C'était donc l'endroit qu'elle avait vu quand Tom l'avait amenée dans ses souvenirs. Un orphelinat... Cela expliquait peut-être certaines choses. Mais après tout, tous les orphelins ne sont pas des psychopathes. Regardez Harry.

— Qu'est-ce qui est arrivé à ses parents ? demanda-t-elle à Slughorn.
— Sa mère est morte en accouchant, et son père...

Il tourna un regard acéré vers Ginny.

— Pourquoi voulez-vous savoir tout ça, encore ?

Ginny sourit.

— Simple curiosité, comme je vous l'ai dit.

Sentant qu'elle n'obtiendrait plus rien de cette discussion, elle s'excusa et rejoint Neville, Cormac et Lavande, qui s'étaient installés à la seule table encore vide — que tout le monde évitait comme la peste depuis, personne ne voulait s'installer avec des Gryffondor — après leur petite mission de reconnaissance. Elle posa son assiette et sa coupe de vin à côté de Neville.

— Et puis ? demanda-t-elle.
— Succès, répondit Lavande en souriant. Neville envoie le message aux autres.

Effectivement, le jeune homme avait sorti son Gallion de l'AD et le manipulait sous la table.

— Et toi, tu as appris des choses ? demanda Cormac à Ginny.
— Oh, pas vraiment...
— Tu voulais savoir quoi, au fait ?
— Juste ce que faisait Slughorn pour aider Rogue. Vu qu'il est à la tête de son ancienne maison, vous savez. Mais il ne sait rien. Ou en tout cas il ne dit rien.

Elle haussa les épaules, ravie quand Neville les interrompit pour leur dire que le message était bien parti, détournant les regards perplexes des deux autres.

— Dans une heure, grand maximum, on devrait pouvoir partir d'ici.

Ils profitèrent donc au mieux possible de leur dernière heure, provoquant les multiples élèves de Serpentard qu'ils croisaient, faisant des grimaces dans le dos d'Ombrage, envoyant un sortilège d'entrave à Alecto Carrow et se mordant la lèvre pour ne pas éclater de rire quand celle-ci trébucha sur sa robe et tomba la tête la première dans le pudding.

Pendant ce temps-là, Ginny pensait de plus en plus souvent au moment où elle pourrait retourner dans son dortoir et parler à Tom. Ils auraient de quoi discuter.

Puis, pile une heure plus tard, Argus Rusard entra dans la salle, ses haillons habituels détonnant au milieu de tous les invités bien habillés. Il se dirigea rapidement vers Alecto Carrow et lui murmura quelques mots à l'oreille. Les Gryffondor virent ses yeux s'agrandir comme des soucoupes. Quand Rusard eut terminé son rapport, elle hurla :

— QUOI ?!

Un silence tomba dans les appartements de Slughorn et tout le monde se tourna vers Carrow.

Elle parla quelques instants à son frère, puis Rusard et les deux Carrow quittèrent la fête, lançant presque leurs verres vides au premier valet qui passait par là et ne remerciant pas Slughorn.

Trois étages plus haut, des membres de l'AD avaient laissé un message en lettres d'un mètre de haut sur le mur derrière lequel, avait appris Neville, se cachaient les appartements de Carrow.

« Dumbledore et son armée ne vous souhaitent pas la bienvenue entre ces murs. »