Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas (ça n'a pas changé...Dommage)

Note de l'auteur : Bonjour, et voici l'arrivée du nouveau chapitre (focalisé sur John, comme dit précédemment). Il est peut-être un peu plus court que d'habitude, mais j'ai eu beaucoup de travail (et je continue à en avoir pas mal. Bref, je n'ai pas vraiment d'excuse en fait). Donc sur ce, je vous laisse avec ce chapitre, espérant que celui ci vous plaise. Enjoy it !


Chapitre IX

Weep not (1)

Il courait à travers les flammes, le corps inanimé d'une jeune fille dans les bras. L'incendie se propageait à une vitesse vertigineuse. Il ne ressentait pas la fatigue, pas la chaleur, il n'y avait que l'adrénaline dans ses veines. L'atmosphère étouffante lui faisait presser le pas, l'adolescente inconsciente avait trop inhalé de fumée pour rester encore dans cet épais nuage blanc. Une soirée qui tournait mal. Une seconde d'inattention et c'était toute une maison qui était dévorée par le feu. Le craquement du bois, les crépitements ardents du métal et de l'électronique le replongeaient étrangement en Afghanistan. Les balles qui fusaient, les incendies, la chaleur et les explosions. Une multitude d'images se rejouèrent dans son esprit. Il n'avait besoin d'aucune distraction, il avait besoin d'une concentration maximale. Il s'efforça de penser à la jeune fille mourante et il courut presque vers la sortie. Ce fut l'air de l'extérieur saturé en carbone qui l'étouffa. Il amena l'adolescente vers l'ambulance afin qu'ils s'occupent d'elle. La bâtisse était en cendre mais il n'y eut aucune victime. Cette fois fut une chance. Pourtant, la réussite de l'intervention ne l'emplit pas de joie. Non, elle avait un goût amer dans sa bouche. Un goût de trop plein, le goût que les gens ont quand ils en ont trop vu, trop vécu. Et il était exactement dans ce cas-là.

Keep your eyes fixed on me...(2)

La nuit avait été agitée par ses cauchemars trop longtemps oubliés. Il s'était réveillé à plusieurs reprises, le souffle court et le corps tremblant. Tous ses pores transpiraient la peur et le dégoût. Tout était trop. La révélation passée, il aurait dû se sentir soulager de le savoir le cœur battant. Mais à présent, il n'avait envie que d'une seule chose : le lui arracher et le lui piétiner comme il l'avait si bien fait un an et demi auparavant en sautant de ce toit.

I'm a fake, John…(3)

Sur le chemin du retour, Harry lui avait dit que tout ce qu'il ressentait était sur le coup de la surprise et de la colère, que ça passerait. Mais au fond de lui, il savait que c'était totalement faux. Comment pouvait-il un jour pardonner une chose pareille ? Ce n'était pas cruel. C'était pire que cela. Il ne valait pas mieux que Moriarty. Il avait tellement souffert de cette absence. Il avait tellement pleuré sa disparition. Il s'était détruit au lieu de se reconstruire, persuadé qu'il le retrouverait dans l'au-delà. Maintenant, tout était clair. Ce n'était pas comme cela que tout devait se passer.

I don't have friends…(4)

Rentré à la caserne, il se changea dans le vestiaire, le regard éteint. Eteint comme l'incendie qui avait détruit une vie entière. Incendie qui brûlait à présent dans son être, un feu de colère et de rage dévorant le peu de raison qu'il pouvait lui rester. Raison qui lui dictait la destruction de toute forme d'intelligence supérieure.

« John ? Une voix l'interpella derrière lui, le faisant sursauter de stupeur. Il n'avait pas eu conscience d'être resté figé face à la porte fermée de son vestiaire. Son esprit était ailleurs depuis quelques temps, absorbé dans un conflit interne. Il se retourna mollement face à son supérieur, marquant son attention silencieuse. J'ai quelque chose pour toi. Le capitaine lui tendit une enveloppe qu'il tenait dans les mains. Elle était petite. Il l'observa longuement, reconnaissant la fine écriture élégante de l'homme qu'il détestait. Dans un premier temps, il ne voulut pas la prendre. Mais il sembla que son capitaine s'impatientait, alors il se résigna. Il l'attrapa amèrement, les mains tremblantes. Il leva finalement les yeux vers son supérieur qui se tenait face à lui, immobile, dans l'attente d'une explication.

-Qui te l'a donné ? Interrogea fébrilement John, la voix très peu assurée.

-Un type un peu bizarre. Ecoute John, je sais qu'en ce moment ça ne va pas trop. Mais il va falloir que tu te ressaisisse, ça peut être dangereux autant pour les personnes que l'on secoure que pour toi. Est-ce que tu comprends ? Il hocha la tête. Il croyait entendre sa sœur. Il n'avait pas besoin qu'on lui fasse la morale. Il avait besoin d'une pinte de bière, d'une seringue ou d'une mort subite. Tout pour le soulager. Mais il ne dit rien, restant le regard fixait sur le capitaine Cole. Bien, je te fais confiance pour te reprendre en main. En attendant, je t'autorise à rentrer chez toi. » Il hocha de nouveau la tête, ne répondant toujours pas, la bouche fermement close sur ses pensées assassines.

Une fois seul, il s'assit sur un des bancs de la petite salle, les yeux ne se détachant pas du petit rectangle blanc. Il l'intriguait mais le répugnait dans un même temps. Il tenait fermement l'enveloppe entre ses mains, froissant le papier. Son nom était écrit d'une fine écriture gracieuse, telles des notes de musique jouées au violon. Pourquoi pensait-il à cet instrument de malheur? Pourquoi ces mélodies calmes et apaisantes résonnaient dans son esprit ? Il ferma rageusement les yeux, grognant contre ce cerveau indiscipliné. Fermement clos, il se concentra pour étouffer ces images mentales qui l'assaillaient. Il avait tant pleuré pour entendre à nouveau les cordes vibrer sous l'archet. Il avait tant rêvé revoir ce corps souple dans un mouvement d'une élégance irréelle. Et pourtant, il voulait taire ce bruit insupportable et grinçant de souvenirs mortels. Dans un geste de désespoir, il déchira le papier en de multiples morceaux, tombant sur le sol en une pluie acide. Représentation de son cœur atrophié, de cette blessure purulente s'agrandissant chaque jour un peu plus sur une âme à l'agonie. Toute cette colère l'épuisait. Il ne voulait plus le voir. Cela avait été fatal cette fois-ci. Cela ne pouvait pas être la réalité. Depuis le début. Depuis la chute. Non. En fait, depuis le jour où il avait posé les yeux sur lui dans ce laboratoire. Il devait être mort en Afghanistan. Blessure au cœur. Et il était enterré six pieds sous terre. En enfer. Les hommes morts ne revenaient jamais (5). Il ne saurait jamais ce qu'il voulait lui dire. Au diable, ses excuses ! Ma vie est foutue ! Pensa-t-il amèrement, s'enfuyant du vestiaire qui semblait hanter pendant une trop longue seconde.

Alone protects me…(6)

Deux semaines. Deux longues et interminables semaines. Cela paraissait un siècle pourtant qu'il vivait avec la connaissance de la survie du génie. Qu'est-ce que cela avait changé ? Un trou noir au centre de sa poitrine, un cerveau déroulant le film de leur existence passée et une rage en constante ébullition qui menaçait de tuer des innocents à chaque nouvelle intervention. Monstre infatigable qui ne le laissait pas dormir, hantant ses rêves les plus doux et ses cauchemars les plus horribles. La guerre était une enfant de cœur à côté de la bombe instable qu'il devenait. Tic, tac, tournait l'heure (7). Le temps viendrait où Londres tomberait sous la puissance de son malheur. Sa sœur le regardait d'une douloureuse impuissance, ne sachant que faire ou que dire pour soutenir ce frère en détresse. Si dans la rue il s'était senti souillé, ce n'était rien face à la funeste trahison de cet homme aux allures d'ange gardien. Foutaise. Il n'était ni un ange gardien, ni même de leur côté. Il était le maître qui contrôlait l'Enfer dans lequel il était mort. Qu'est-ce que le Pardon quand on vous brisait toutes vos illusions d'un simple « au revoir » prononcé du haut d'un toit ?

Your mind is so placid…(8)

Il n'en voulait plus autant à Grégory. Que Dieu lui pardonne d'avoir succombé au pêché. Mais aucun Holmes ne l'atteindrait plus. Il en avait fini avec ces génies du mal, gouvernés par leur égocentrisme maladif et leur insensibilité colossale. Et pourtant, Harry souriait. Il voyait ce sourire au fond de ses yeux. Elle pensait savoir. Mais elle ignorait. Tout comme Mary. Oh, Mary….Gentille fille. Assez intelligente pour son bien mais pas trop pour le malheur des autres. Elle le faisait rire, quand tout le monde avait lamentablement échoué. Mais elle ignorait tout autant la peine qui le consumait. Et elle ne voyait rien, aveuglée par son amour trop grand pour elle. Il était triste de ne pas réussir à lui rendre, ne serait-ce qu'un quart, de tout l'intérêt qu'elle lui portait. Il essayait, il luttait contre toutes ces réminiscences indomptables. A chaque fois qu'il l'embrassait, son esprit lui envoyait l'image de cet homme trop grand et trop pâle. Il se souvenait du goût de ses lèvres. Son cœur battait vite. A chaque fois qu'il la touchait, sa mémoire sensorielle se mettait en alerte. Remémorant le grain de sa peau, son odeur, la sensation sous ses mains...Son cœur battait fort. C'était toujours la même rengaine. Toujours la même musique qui martelait dans son crâne. Il brûlait d'envie de l'oublier. De tout oublier. Il voulait Mary du plus profond de son être. Cette femme adorable qui l'aimait d'un amour si sincère que ça en était douloureux. Mais il ne pouvait pas. Mais il n'arrivait pas. Elle méritait tellement mieux qu'un vieux soldat malade du cœur et qui était impossible d'assumer une attirance trop tortueuse à porter.

Oh John, you're an idiot…(9)

Et il s'obstinait à lui envoyer des lettres. Mais il ne les ouvrait jamais. Elles finissaient inexorablement sur le sol du vestiaire, les yeux clos dans une tentative vaine d'obstruction. Qu'il soit maudit pour lui infliger autant de souffrances. Plus les jours passaient et plus sa fureur progressait dans son corps, dans ses veines. Et plus sa détermination s'effritait. Les minutes s'égrainaient lentement, la lettre entre les doigts. Et il hésitait. Il réfléchissait. Devait-il détruire ces mots ? Devait-il lire, juste une fois ? Que pouvait-il se passer de pire ? Ce jour-là, il alla jusqu'à desceller l'enveloppe, le cœur s'affolant à chaque mouvement. Ses membres avaient tremblé, n'ayant plus le contrôle sur lui même. Il souffla, se donnant du courage. Il allait savoir. Il allait le faire. Et puis, il y avait eu le bruit d'une porte qui claque, et ce fut comme une gifle. Il s'était ressaisi. Il brûla la lettre, jurant et priant toutes les divinités qu'on ne le reprendrait plus dans un tel état de faiblesse. Il retourna chez Harry, une boule bloquant sa gorge. Quand il revint de la caserne, il était complètement fatigué et irrité. Irrité par lui même, incapable de dire non à cet homme. Incapable de contrôler ses émotions, ses sentiments. Il se haïssait autant qu'il le haïssait. Harry discutait dans le salon avec Clara quand il se montra. Il claqua ses chaussures contre le meuble, dans une démonstration d'irritabilité à son paroxysme. Les deux femmes avaient arrêté leur conversation, le regardant d'un œil dubitatif. Il les rejoignit dans la salle de séjour et s'installa sur un siège près de la fenêtre, le visage fermé. C'était à peine s'il remarquait la présence autour de lui. Il se flagellait mentalement pour sa faiblesse. Clara se racla la gorge, le ramenant un peu à la réalité.

« Comment s'est passé ta journée ? Demanda-t-elle par pure politesse, la voix légèrement hésitante.

-Merveilleusement bien. L'ironie était clairement lisible, et la jeune femme brune eut un mouvement de recule, surprise.

-Laisse-moi deviner, ça a un rapport avec Sherlock ? Hasarda-t-elle tout de même, pas très sûr. Elle porta sa tasse de thé à ses lèvres, le scrutant attentivement. Pour toute réponse, elle reçut un regard amer de la part du blond.

-Ne prononce pas le nom de cette ordure dans cette maison, merci. Et non, ça n'a pas avoir avec cette chose. Tout ne tourne pas autour de lui, désolé de vous décevoir mesdames.

-Tu sais, je pense que tu ferais mieux d'aller lui parler. C'est ton copain après tout. Intervint Harry, jusqu'alors silencieuse. L'ancien militaire eut un reniflement de dégoût envers son aînée.

-Mon copain ? Tu plaisantes là j'espère ? Je ne suis pas gay, si tu ne le savais pas encore. Je sors avec Mary, pas avec lui. Il était sur la défensive. Cette remarque l'avait piqué au vif. Son copain ? Il eut un rire dédaigneux. Harry leva son sourcil gauche tellement haut qu'il manqua de se décrocher alors que Clara devenait progressivement plus nerveuse.

-Tu ne sais même pas pourquoi il a fait ça. Va lui parler et après tu prends une décision le concernant.

-J'aurais envie de l'assassiner. J'ai trop de colère et de haine envers lui. Ancien soldat, tu te rappelles ?

-Et par téléphone ? Tu raccroches quand tu veux et pas moyen de l'assassiner. Bon plan ? Proposa Clara, essayant de tempérer le conflit naissant. L'atmosphère était étrangement plus oppressante qu'avant l'arrivé du plus jeune. Il ne put retenir son soupir las.

-Je ne sais pas…Quand la personne que tu aimes le plus te fait croire pendant un an et demi qu'elle est morte. Ça fait mal. Mais quand elle revient comme une fleur parce que ce n'est pas le cas, c'est pire. Surtout quand tu l'as vu mourir et que tu as senti qu'il n'y avait plus de pouls. Je ne peux pas m'empêcher de me sentir trahi, humilié. Et je ne peux pas m'empêcher de le haïr et de l'aimer en même temps. Et je ne peux pas m'empêcher de me demander ce qu'il foutait pendant tout ce temps et en même temps je ne veux pas le savoir.

-A part ça, t'es pas gay…Murmura Harry, dans un sourire amusé. Malgré sa façade détachée et calme, elle était dans une inquiétude extrême. Elle se pencha vers Clara afin de lui poser un léger baiser sur la joue, dans une tendresse infinie. Ce genre de contact la relaxait.

-C'est le seul homme que j'ai jamais aimé. Que j'ai réellement aimé. J'ai fait des conneries pour lui et en fait il n'était même pas mort. Je me dis qu'il n'en valait pas la peine. Il inspira profondément, le souffle lui manquant. Mais bordel, ça fait mal, là, juste là. Il pointa son cœur à l'aide son index, appuyant ses propos. Je l'aime à en crever cet enfoiré. Ce fut alors le tour de Clara de se pencher, mais vers le blond cette fois-ci. Elle posa délicatement sa main sur la cuisse de son beau-frère, en démonstration de sa compassion. Avec une voix doucereuse et très basse, elle ajouta sous l'œil brillant de sa femme :

-Appelle le et dis lui que tu veux lui parler. Entre homme adulte et mature. Un nouveau soupire s'échappa des lèvres du seul homme de la pièce avant qu'il ne se cache le visage entre ses mains. Il secoua celle ci avec tellement de vigueur qu'elle menaça de se détacher des cervicales, dans un craquement macabre.

-Je ne peux pas…Je suis trop en colère…

-Laisse toi le temps… » Conclut Harriet, finissant son thé qui avait fini par refroidir dans l'atmosphère glacée du salon.

Don't be absurd...(10)

Trois semaines. Toujours des lettres. Il commençait à dormir chez Mary. Fréquemment. Il ne supportait plus le regard de sa sœur sur lui. Il ne supportait plus les marques d'affection que les deux femmes s'échangeaient quand elles pensaient être seules. Il ne supportait plus de recevoir ces enveloppes. Il ne supportait plus l'amour débordant de Mary alors qu'il était dans l'incapacité de lui rendre pareille attention. Ses cauchemars étaient violents, sanglants. Tout devenait limpide dans son esprit, tout s'éclairait alors que la colère se muait en immense déception. Si personne n'était venu à l'enterrement, ce n'était pas par manque d'amour. Si Mycroft avait été hostile à sa présence, ce n'était pas par supériorité. Si Gregory avait eu un comportement étrange ces derniers temps, ce n'était pas par fatigue. Tout semblait si logique tout à coup. Il se sentait si idiot de n'avoir rien remarqué plus tôt. Mais comment aurait-il pu ?

It's the worst kind of pain I've known….(11)

Il était assis sur un banc, aux vestiaires. C'était devenu une habitude, une routine. Des morceaux de papier trônaient lâchement à ses pieds. Son regard fixait sur ceux-ci, piquant de n'avoir pas cillé. Esprit absent, volonté éteinte.

« Quelqu'un pour vous à l'entrée, Watson. »

Son cœur bondit dans sa poitrine. Serait-ce possible ? Une lueur brillante atteignit ses yeux, emplissant son être d'un infime espoir. Le sang battant à vive allure dans son corps alors qu'il traversait toute la caserne jusqu'à son mystérieux visiteur.

Douche froide. Avalanche d'émotion. Dégringolade de son cœur, se logeant désagréablement dans son estomac. L'espoir vola en éclat, se plantant dans les parois de son être miséreux. Mais il resta droit et digne, et sourit de toutes ses dents face à sa petite-amie. Cette dernière lui rendit son sourire, éclatant et chaleureux, comme à son habitude. Sourire qui, malgré la beauté et la brillance de celui-ci, ne suffit pas à réchauffer la froideur qui l'envahissait. Il la prit dans ses bras, après l'avoir saluer le plus joyeusement qu'il le put. Pourtant, l'air grave qu'elle arborait le stoppa dans sa tentative de vie heureuse. Il fronça les sourcils, inquiet de la poursuite des événements. Il ne voulait pas la perdre aussi. Non, pas elle. Pas sa Mary.

« Quelque chose ne va pas ? L'interrogea-t-il, perplexe face à l'expression de son amante.

-Le capitaine Cole m'a appelé. Tu sais, je suis la personne à prévenir en cas d'urgence. Au début, j'ai cru qu'il t'était arrivé quelque chose. Et puis, il m'a fait part de son inquiétude. Alors me voilà. Tu sais que tu peux tout me dire. On ne peut pas commencer à se mentir comme ça. Son ton n'était pas en colère, il trahissait une crainte montante doucement mais vicieusement. Elle était beaucoup trop attachée à ce petit blond. Il se sentit mal. Très mal de devoir garder cette trahison pour lui. N'était-il pas en train de la trahir aussi ? Il était perdu, en colère et amoureux éperdu.

-Oui, je le sais mais je vais bien, je t'assure. Il lui envoya son plus beau sourire, qui cachait avec beaucoup de peine la rancœur et l'amertume qui le consumait depuis des jours. Mais elle était intelligente.

-Pas avec moi, John. Je tiens énormément à toi, tu le sais. Et ça m'inquiète de te voir aussi fatigué,la tête ailleurs. Et tu ne m'en parle pas. Alors je commence à croire que tu vois quelqu'un d'autre. John ne put retenir son expression de surprise tout à fait sincère. Ses yeux étaient si écarquillés qu'ils risquaient de sortir de leurs orbites. Oh et ne fait pas cette tête. J'ai une entière confiance en toi mais tu comprends que je me pose de plus en plus de question.

-Qu'est-ce que tu racontes ? Je suis juste un peu fatigué à cause du travail, c'est tout. Je t'aime Mary, n'en doute pas. Il lui fit, encore une fois, un de ces faux sourire amoureux ce qui sembla la contenter puisqu'elle ne fit aucune remarque à ce sujet. Il lui caressa tendrement le bras alors qu'elle eut un rire léger. Il ne put s'empêcher de penser qu'elle était belle quand elle riait. Et qu'il aimait beaucoup son rire. Pourquoi n'arrivait-il pas à l'aimer ? Pourquoi était-ce si compliqué de l'aimer ? Cela avait été tellement facile d'aimer l'autre homme. Pourquoi pas elle ? Il s'insultait mentalement d'être un parfait imbécile.

-Je t'aime aussi, John. » Elle le prit dans ses bras, dans une étreinte amoureuse et répondit à cette sollicitation avec, néanmoins moins de cœur, l'esprit trop préoccupé par une personne d'une importance tout autre.

Et pourtant, là, à plusieurs mètres du jeune couple, il était là. Il le vit, par dessus l'épaule de Mary. Il le vit et son corps se tendit imperceptiblement. Au niveau des grilles, il les observait dans l'ombre de son col. Il imaginait ses prunelles glacées posées sur lui. Son cœur fit une embardée inexpliquée et physiquement impossible dans sa poitrine. Son rythme cardiaque s'accéléra à son tour. Il ne se sentit pas rougir, sachant pertinemment qui cette silhouette analysée. Alors, une subite envie de courir vers lui le prit. Il eut un besoin pressant, presque vital, de se retirer des bras de la blonde et de se précipiter à la rencontre de ce grand fou. Il voulut lui foncer dessus, l'assaillir de ses poings serrés, de lui enfoncer ses ongles dans sa chair trop blanche. Il eut la nécessité de lui sauter dessus et de l'embrasser à pleine bouche, de sentir son corps contre le sien, de sentir ses mains sur lui. Le souffle lui fit défaut. Il défaillit. Ses jambes ne voulaient plus le tenir, elles allaient le laisser tomber sur ce sol humide et dur et froid. Alors que ses yeux fixaient l'autre homme, le brun s'en alla précipitamment dans une direction opposée à la sienne. Une déception plus grande encore le submergea, assombrissant son regard d'une infini tristesse. Mary se dégagea d'elle même de cette étreinte étouffante d'un sentiment qu'elle ne connaissait pas. L'effroi se lisait sur le visage du blond, elle ne comprit pas.

« John, est-ce que ça va ? On dirait que tu as vu un fantôme. Mary lui tenait solidement les épaules, le retenant de s'écrouler sur le bitume.

-Je...Je crois que je vais rentrer chez moi… » Prononça l'ancien soldat, dans un marmonnement indescriptible.

Il repoussa Mary, dans un mouvement brusque qui l'offusqua. Mais il en avait cure. Il se dirigea presque au pas de course vers les grilles, sous les protestations de la femme qui l'aimait. Où que tu sois, Sherlock, je te retrouverais. Je te retrouverais et je te tuerais. Je te tuerais après t'avoir fait monter au septième ciel, espère d'enfoiré.

(...)


(1) Weep not : Ne pleure pas (parole faisant partie de la chanson Roads Untraveled de Linkin Park)

(2) Garde tes yeux sur moi... (épisode 3, saison 2)

(3) Je suis un imposteur, John...(épisode 3, saison 2)

(4) Je n'ai pas d'amis...(épisode 2, saison 2)

(5) Paroles de la chanson To hell and back de Sabaton (il n'y a que le temps qui change. La phrase originelle étant : Dead men will never come back)

(6) La solitude me protège...(épisode 3, saison 2)

(7) Vient de l'épisode Night Terrors (épisode 9, saison 6) de la série Doctor Who. Ce sont les poupées qui chantent (même si de base, c'est au présent :p)

(8) Ton esprit est si placide...(épisode 2, saison 2)

(9) Oh John, tu es un idiot... (euh...Un peu tout le temps ? XD)

(10) Ne soit pas absurde...(Bon bah là, vous pouvez vous refaire la série si vous voulez, parce que je ne peux pas vous dire d'où ça vient XD)

(11) C'est la pire forme de douleur que j'ai connu (paroles venant également de Roads Untraveled de Linkin Park)