Chapitre 9 :

- Lieutenant Taylor, d'après la déposition que vous avez fait au lieutenant Flack, vous affirmez voir vu Jimmy Shaker pointer une arme vers vous n'est-ce pas ?
- C'est exact oui.
- Vous et votre collègue avez donc immédiatement fait feu ?
- Oui
- Alors comment pouvez-vous expliquer le fait qu'aucune arme n'ait été retrouvée près du cadavre de Shaker ?
- Je ne peux l'expliquer à l'heure actuelle, mais un examen de la scène de crime pourra apporter toutes les réponses.
- Un examen de la scène de crime hein ? Pour quoi faire ? Y déposer une arme afin de couvrir votre bavure ?
- Je n'ai commis aucune erreur ! dit Mac en élevant la voix.
- Très bien lieutenant… Je ne demande qu'à vous croire… Mais où est l'arme ? Où est passée l'arme de Shaker ?
- Il a dû la lâcher en tombant.
- Non, il n'y avait rien près du corps et vous le savez ! La vérité Taylor c'est que Shaker n'a jamais été armé n'est-ce pas ?
- Il était armé !
- Quel calibre ? Vous avez vu son arme, vous pouvez donc me dire de quel calibre elle était non ?
- Je n'ai pas eu le temps de voir quel était le calibre de son arme, j'ai fait feu…
- Vous êtes un ancien marine entrainé non ? Vous pouvez rapidement enregistrer le moindre détail. Alors c'était quel type d'arme ? Un révolver ? Un semi-automatique ? Un Glock peut-être ?
- Je n'ai pas eu le temps de voir, répéta Mac. Tout s'est passé très vite.
- Vous savez qu'en deux mois et huit victimes, Jimmy Shaker n'a jamais utilisé la moindre arme à feu ? C'est un peu étrange qu'il en utilise une soudainement. Surtout quand on ne peut pas la retrouver.

King se pencha alors vers Mac, un air de conspirateur sur le visage avant de reprendre sur un ton bien différent.

- Et si vous nous disiez ce qui s'est vraiment passé Mac ? Cela faisait deux mois que vous traquiez ce type, la presse vous a trainé dans la boue vous et votre labo, votre patron vous a harcelé pendant des jours et pour finir ce salopard a fait huit victimes n'est-ce pas ? Vous avez fait ce que n'importe quel flic de cette ville rêve de faire. Vous avez réglé son compte à ce type avant qu'il puisse facilement sortir de prison grâce à son avocat véreux.
- J'ai fait feu après l'avoir vu pointer son arme sur le lieutenant Bonasera et moi-même.
- Ce n'est pas la première fois que vous faites quelque chose comme ça n'est ce pas ? Le nom de Clay Dobson vous dit quelque chose ?
- J'ai été totalement blanchi dans cette affaire. Clay Dobson s'est suicidé en voulant me faire porter le chapeau pour son meurtre !
- Bien sûr, bien sûr… dit King sur un ton qui disait clairement Mais oui je vais te dire que je te crois alors qu'en fait pas du tout. Lequel de vous deux a vu l'arme en premier ?
- Que voulez vous dire ?
- Qui du lieutenant Bonasera ou de vous-même a fait feu en premier ?
- Stell… Le détective Bonasera a fait feu la première. J'ai tiré moins d'une seconde plus tard.
- Vous avez tiré parce que Shaker avait une arme dans les mains ou bien parce qu'elle a fait feu ?
- J'ai tiré parce que Shaker nous aurait tué tous les deux !
- Dites-moi lieutenant Taylor, quelles sont vos relations avec le lieutenant Bonasera ?

Mac savait parfaitement ce que King essayait de faire,

- C'est ma partenaire, nous somme amies depuis plus de 10 ans.
- Vos relations s'arrêtent uniquement à ça ? Ou bien vous êtes amis avec quelques avantages ?
- Le lieutenant Bonasera et moi sommes de simples amis. Nos relations se limitent uniquement à ça.
- Vraiment ? Humm même au bout de 10 ans d'une si belle amitié ? Vous savez Taylor vous êtes un homme et elle c'est une femme… pfiouuu superbe et j'ai du mal à croire que vous n'y avez jamais pensé.

Mais bien sur qu'il y avait pensé. Quel homme n'y penserait pas ? Mais cela faisait partie des choses qu'il préférait garder pour lui, des choses qu'il ne révélerait pas à n'importe qui et surtout pas à un enquêteur des affaires internes.

- Comme je vous l'ai déjà dit Stella et moi sommes de simples amis.
- Vous savez lieutenant, j'ai entendu certaines rumeurs sur vous deux. D'après les bruits qui courent c'est votre bras droit et pas uniquement pour finir la paperasse…
- Si vous avez quelques chose à dire, dites-le mais arrêtez vos insinuations salaces ! explosa Mac.

Il ne supportait plus le regard malsain et le sourire entendu de King. Ce type cherchait à le faire craquer. Il jeta un vague regard vers Spencer, toujours assis silencieusement. Il ne disait rien et se contentait de regarder l'échange entre les deux hommes.

- Ok Taylor, je vais être direct avec vous. Avez-vous tué Shaker pour couvrir une erreur de votre collègue ?
- Quoi ?
- Personnellement je pense que vous n'êtes pas responsable de ce qui s'est passé. Alors dites-nous, vous avez vu Bonasera tirer alors que Shaker était désarmé et vous avez décidé de la couvrir ?
- C'est n'importe quoi !
- Qu'est-ce qu'elle vous a promis Taylor ? Elle vous a supplié de l'aider ? Elle a pris un air triste et vous vous êtes laissé attendrir ? Vous savez Taylor, si elle a acheté votre silence par une quelconque faveur sexuelle, le jury en tiendra compte et vous…

La chaise tomba sur le sol avec fracas alors que Mac se leva d'un seul coup hors de lui.

- ça suffit ! hurla-il. Soit vous m'arrêtez soit vous me laissez partir, l'interrogatoire est terminé, j'attendrai un membre de mon syndicat avant de reprendre.

Il était debout face à King, les poings serrés. Mac devinait facilement qu'on pouvait voir ses veines pulser sur ses tempes alors que sa plus grande envie était de sauter par-dessus la table et de saisir King par le col afin de lui expliquer tout le bien qu'il pensait de ses idées salaces.

- Calmez-vous Taylor et rasseyez-vous…
- Ne me dites pas de me calmer ! Cet interrogatoire est terminé ! Si vous avez encore la moindre question, prenez contact avec mon avocat !

Sur ce, il quitta la pièce et se dirigea vers la sortie du commissariat d'un pas décidé. Il entendit vaguement King hurler que ce n'était pas encore fini mais il n'en avait cure, trop furieux pour y prêter attention. Il passa devant une salle d'interrogatoire vide à l'exception d'une seule personne, une jeune femme avec des boucles reconnaissables entre mille : Stella. Si elle était toujours la, ça ne pouvait signifier qu'une chose : ils ne l'avaient pas encore interrogée. Elle ne savait donc encore rien des méthodes et des sous entendus de King. Connaissant sa collègue, il savait qu'elle ne garderait pas facilement son calme. A vrai dire, il était prêt à parier qu'elle perdrait son calme bien avant lui, si King ne finissait pas avec une bonne gifle, c'est qu'il aurait de la chance.

Il songea un instant à s'arrêter pour lui parler quelques instants avant qu'elle soit interrogée à son tour mais il se reprit. Le moment était sans doute mal choisi pour une discussion en tête à tête. Les affaires internes transformeraient ce geste et avec eux, il deviendrait un rendez vous amoureux ou bien un arrangement entre deux complices qui se mettent d'accord sur l'histoire à raconter aux flics. Il ne s'arrêta donc pas et se contenta de la regarder à travers la vitre : leurs yeux se connectèrent et comme à son habitude elle lui fit un petit sourire qui n'était réservé qu'à lui seul.

Il tenta de lui apporter un soutien quelconque par son regard, de lui expliquer ce qu'elle allait sans doute traverser pendant cet interrogatoire et de lui dire qu'il aimerait rester pour la soutenir même si cela s'avérerait quasiment inutile.

Oui il tenta de lui faire passer tout ça dans un regard, comme si ses yeux pouvaient transmettre tout ce long discours. Mais au final ce n'était rien d'autre qu'un simple regard.


A suivre! ^^

N'hesitez pas à me dire ce que vous pensez de mon histoire, que votre avis soit bon ou mauvais!

Et un grand merci à danseuse qui me corrige!