Hola !
Réponse aux reviews :
anna : Aaaah mais je veux pas te spoiler ! Oui pauvre Law :'( Moi-même je veux pas lui faire ça !
Nocturnis-Lepus : Je t'en veux pas XD Est-ce que Krys a encore des sentiments ? C'est à voir dans ce chapitre ! Et je ne pense pas que le flamant sera le seul en colère si tu vois où je veux en venir ;)
Seika-Chan : Mdr il va faire un AVC O_O Merci beaucoup !
nikkouyoku : Thanks ! Pas sûre que ce soit marrant d'être séquestrée ._. Enfin, si c'est avec Law... x)
Ouji-chan0005 : Ouh tu vas me faire prendre la grosse tête toué ! é-è Merki !
loulou380 : Tu peux pas être plus en retard que moi :D Mille merci ! J'ai l'impression d'avoir un peu amélioré mon écriture, enfin j'espère ^^ Law n'en ressortira pas indemne c'est sûr :o
Ic'ilver : Oui enfin ! Victoire pour le peuple ! Ok ça dérive... Anw merchi :3 Ouais c'est mieux qu'elle sache à propos de Sirius, et avec un peu de chance ça l'aidera à accepter Law ! Non plus jamais de fin comme "Under the Iron", ça m'a trop brisé le coeur :')
Sur ce, bonne lecture !
Don't be scared my little puppy, I just want to keep you safe.
« C'est définitif, j'aurais dû détourner le regard pour ne pas subir ce dilemme. Prétendre ne pas l'avoir remarquée et tracer ma route aussi lâchement que lorsque j'ai quitté le manoir en feu. Je l'ai moi-même amenée à nous ressembler. J'ignore vraiment ce qui m'a pris. J'avais sûrement ce jour-là le bête espoir qu'elle trouve une meilleure vie que ce que j'avais pour elle, ou au moins qu'elle s'éteigne sans avoir connu ma véritable nature. »
La vérité au bord des lèvres il trouvait ces pensées bien stupides. Il n'aura finalement pas pu la sauver, et l'aura même tuée pour en ressusciter une autre, celle qui a l'âme dangereuse. Krys n'avait jamais poussé de tels hurlements, si semblables à la voix d'une bête torturée alors qu'il ne faisait que tenter de la toucher.
Lorsque la nuit tomba sur les bois et que le sommeil prit le dessus sur sa rage et sa raison, il défit les liens autour de ses jambes qui la retenaient prisonnière de la chaise et l'allongea sur le sol avec une trousse médicale en guise d'oreiller. Il y avait toutes les chances pour qu'elle s'enfuit, mais avec ses poings encore attachés dans le dos, elle n'irait pas bien loin, songea-t-il. Elle remua les lèvres pour avaler sa salive. Le corps de la cyborg avait indéniablement changé lui aussi. Elle restait de petite taille mais avait développé une musculature auparavant inexistante. Même endormie elle semblait encore prête à bondir sur lui et attaquer sa jugulaire. « Dangereuse » n'était finalement qu'un euphémisme devant cette sauvagerie qui prenait soudain vie. Et pourtant ça l'envoûtait de courir son existence et la mettre en danger sous son regard assassin.
Trafalgar déposa un rapide baiser sur son front et partit aussitôt. Son ventre se déchirait à l'idée de la laisser seule une nuit entière, après l'avoir enfin retrouvée ! Seulement il s'interdisait de rester pour plusieurs raisons et la haine de Krys en était une. Imprévisible était le mot qui justifierait le mieux son choix. Il ne saurait deviner quel sale coup elle lui préparerait au matin et de plus, il ne désirait pas mettre son équipage au courant de la situation. De toute façon ils peineraient à le croire en sachant quel état flegmatique l'avait submergé au point de le rendre totalement instable. A des moments il en venait à se demander si le sang coulait toujours dans ses veines ou si ce n'était que l'espoir d'avoir survécu un peu plus longtemps à cet ennui qui l'accablait.
Encore une fois on le regarda venir comme un fantôme traînant par-ci par-là. Il avait quelques remords à devoir mentir pour cacher ce qu'il lui arrivait. Couvrir son secret dans les bois. Mais il ne doutait pas une seconde que Bepo s'en était rendu compte. L'ours polaire le connaissait depuis bien trop longtemps pour ne pas déceler ses fourberies malgré lui. Il se coucha sans pour autant trouver le sommeil, remuant dans son esprit tous ses souvenirs depuis sa rencontre avec la jeune fille. Elle avait été pour lui ce que serait une perle sans coquille pour se protéger du monde extérieur, mais la principale chose que Law se remémorait était son envie d'apprendre chaque sentiment humain à travers lui, puis ses grands yeux bleus, si vifs, qui semblaient chaque fois inondés d'étoiles lorsqu'il apparaissait. Il était un héros pour son regard naïf, bien qu'il ait toujours renié cette image. Il la reniait avec un sourire au coin des lèvres, car malgré tout fier d'impressionner son petit chiot adoré. Se rappeler tout ça ne faisait en réalité que creuser un peu plus profondément le gouffre océanique qu'il avait dans l'âme. Mais rouvrir ses propres plaies l'aidait à ne pas finir sa nuit en cauchemar, et le lendemain, il retourna dans la forêt peu après l'aube. Ses pas lui semblaient lourds, il avait également la boule au ventre. Ne rien voir au travers des deux fenêtres poussiéreuses ne le rassura pas dans ses sombres pensées. Il laissa s'écouler quelques secondes sous le son des craquements de feuilles avant de reprendre contrôle de ses membres et ouvrir la porte grinçante.
Tout le long du trajet Law avait appréhendé ce moment où il la verrait pour la deuxième fois. Il était sûr et certain qu'elle ne serait pas dans un état normal et il eut raison. La cyborg avait le front suintant d'effort et ce regard vide et fou qui caractérisait si bien les animaux sauvages retenus en captivité. Pour respirer si mal il devina qu'elle avait passé des heures à essayer de se détacher. Krys continuait de haleter en le fusillant du regard.
-Uuh.. Ah… soufflait-elle en tentant de prononcer les mots.
Il jeta son sac à terre et s'accroupit à bonne distance de la jeune fille.
-Si tu es un peu plus calme, on pourra avoir une discussion.
-… veux pas.
-Je t'ai amené un repas. C'est ce que mes questions coûtent. Si tu ne veux pas parler de toi-même je vais t'y forcer : tu ne mangeras rien tant que ne m'auras pas répondu.
Il la vit serrer les dents, détourner les yeux et soupirer. Il se demandait alors si elle avait réussi à dormir sans cauchemars, enfin quelle utilité ? Sa priorité pour le moment était de la garder en vie et d'en savoir plus. Mais il ne savait amadouer que l'ancienne Krys, or cette dernière ne se laisserait pas si bien mener à la baguette aujourd'hui. Il récupéra son sac et s'avança un peu plus. Il avait au moins remarqué son attachement à sa position au sein de la pègre.
-Il vaut mieux pour toi m'écouter que mourir bêtement de faim.
-Tu ne me laisseras pas mourir.
-J'ai tout intérêt à ce que tu meurs, détrompe-toi.
Mensonge. Il avait déjà atteint sa limite.
L'odeur du paquet emballé fit rugir son estomac. Elle laissa la bave couler au coin de sa bouche entrouverte, le regard pendu sur cette nourriture qui la séduisait par son odeur salée. Sa respiration se détraqua à nouveau comme une vieille horloge, elle se mit à pousser de légers glapissements tandis que son ventre la torturait violemment. Trafalgar ne lui laissa pas le temps de se pencher et écarta la boîte de son regard affamé.
-Je t'ai dit que tu ne mangerais pas sans m'avoir répondu.
-Je veux pas de tes questions ! hurla-t-elle soudain. Donne-moi ça !
-Combien de fois t'a-t-il maltraitée ?
-...
Il saisit sa mâchoire et planta ses yeux dans les siens. Ses grognements avaient cessé, le silence complet.
-Réponds.
-Ça ne te regarde pas ! s'écria la jeune fille en se dégageant de sa prise.
Il soupira. Tout ce qu'il disait n'était que mensonge et provocation dans ses oreilles. Elle n'entendait pas, ne comprenait pas le sens de ses mots. Comme un animal sa tête s'était vidée pour absorber l'image de nourriture dans son estomac et oublier le reste.
-Tu ne t'en es pas si mal sortie.
-Pas grâce à toi… marmonna-t-elle en agitant les pieds pour atteindre la boîte.
-Joker doit être content de son chien de garde.
-La ferme !
-Qu'est-ce que tu croyais ? Jamais il ne tient ses promesses. Il ne t'aurait jamais laissée me tuer, même pas dans une dizaine d'années.
-Et pourquoi ?
-Parce qu'il sait que tu ne le peux pas, et que rien ne se passera de la sorte. La vérité est que ni moi ni Doflamingo ne peut prédire tes décisions. Raison pour laquelle il te garde loin de moi.
-J'm'en fous qu'il mente ! Il m'a sauvée la vie. Je lui dois bien plus.
-Si tu admettais les faits et non pas ce que tu t'imagines, je n'aurais pas à te faire ça, cracha le capitaine. Qu'est-ce que tu essaies de cacher hein ? J'ai déjà tout vu. Tu as une cicatrice au ventre, c'est lui. Dis-le.
-Il ne m'a pas touchée.
Law enfonça violemment son poing dans le mur, tout près de son visage. Quel intérêt à défendre à cette ordure ? Il ne l'aurait pas fait pour elle ! Il n'avait d'ailleurs rien fait pour elle si ce n'est l'éduquer en soldat. Mais elle n'a que dix-sept ans. Le chirurgien reprit l'affrontement contre ses yeux bleus meurtriers.
-Tu peux le défendre, c'est à moi que tu appartiens Krys-ya.
-Espèce de malade…
-Je ne suis pas fou, je protège ce qui est à moi.
-Et c'est pour ça que tu m'as abandonnée alors ?!
-Oui. Je l'ai fait dans le but de t'aider. Tu peux me croire ou pas, j'espérais que tu vives comme une personne normale et finisses par oublier.
-Je te déteste.
-J'ai fait ce que j'ai pu.
-T'as fait ce qui t'arrangeait ! Puis t'es parti ! Tu m'as abandonnée.
Sa voix craqua en sanglots. Elle serra les dents et renifla pour retenir l'eau salée qui trempait ses paupières.
-J'ai frôlé la mort à cause de toi ! J'étais tout le temps affamée ! J'avais plus rien d'humain ! C'est ta faute si je suis comme ça ! T'as plus aucun droit Law…
Elle enfouit son visage dans ses genoux, continuant de susurrer des mots qu'il ne comprit même pas. Mais elle n'avait pas tort sur tout, il était conscient d'avoir commis des atrocité irréparables, et malgré tout, considérait encore la jeune fille comme sienne. C'était le cauchemar Rouge insufflé en elle qui avait permis à son mental de tenir bon. Elle n'avait pas viré au traumatisme, ne s'était pas suicidée, avait simplement gardé les pieds sur terre et les mains dans le sang. Mais la vie normale reprenait maintenant. Trafalgar approcha doucement pour ne pas l'effrayer, la cyborg lui jetait un regard méfiant.
-Je veux pas de ta pitié, me touche pas !
-Du calme… Je n'ai pas l'intention de t'affamer figure-toi, répondit-il en déballant sous son nez le paquet.
Ses yeux s'écarquillèrent encore sous l'odeur, mais aussi à la vue des carottes, du riz… et de la viande cuite. Depuis combien de temps n'en avait-elle pas mangé ? Joker l'avait accoutumée à un régime plus sanguinolent. Lorsque le chirurgien plaça la fourchette pleine devant ses lèvres elle accepta la première bouchée par curiosité. Ce fut comme si sa gorge lui criait que c'était ignoble, mais elle avala car son cerveau contredisait, prétendait que c'était ça, la nourriture normale. Krys déglutit péniblement avant la prochaine.
-Ne vomis pas miss.
-Hm… Je fais ce que je veux !
Son sourire la fit grogner intérieurement. Elle se força à en manger un peu plus malgré le goût infect des légumes sur sa langue et serra les dents pour ne pas régurgiter sur son pantalon. Le brun haussa les épaules et tendit une gourde vers sa bouche. Elle se précipita dessus, espérant ainsi faire passer son envie de vomir. Il dut la tenir en arrière comme une enfant pour empêcher qu'elle ne s'étouffe.
-Calme-toi, ricana-t-il.
-Hmrr… Dégage tes mains !
-Chuut. Tu ne peux même pas manger toute seule.
Elle poussa un rugissement, tenta vainement de le repousser avec ses genoux, mais face à ses fragiles défenses il réussit sans mal à se placer derrière elle, la prendre dans ses bras et serrer ses flancs entre ses jambes pliées. Law ne tint pas compte de ses insultes, ça sonnait en murmures dans ses oreilles. Et être à nouveau si proche de son corps lui donnait l'irrépressible envie de redessiner ses courbes dangereuses, ses lèvres délectables, mais il se contenta d'un baiser dans le cou où ses canines se plantèrent d'elles-mêmes. Un baiser fugace était visiblement trop peu pour étancher sa soif d'elle, il avait inconsciemment mordillé sa peau et elle avait poussé un ronronnement félin. Cette petite douleur venait miraculeusement de faire taire ses injures. La cyborg chercha, malgré ses sons de contentement, à s'évader de lui, et il comprit alors que sa haine n'empêchait en rien le plaisir de la submerger. Trafalgar imposa la marque de ses lèvres sur l'épiderme de la jeune fille. Cette dernière serrait son t-shirt gris entre ses doigts, le griffait pour quémander plus de ses caresses humides, et il ne dit pas non, il en crevait d'envie et ne pensait qu'à la toucher depuis tout ce temps.
Mais il ignorait encore si c'était bien l'excitation qui l'avait poussé à faire ça : il avait tranché ses liens avant de mêler son regard envoûtant et envoûté au sien. Sa langue avait longtemps joué un ballet enflammé avec celle de Krys pour finir en véritable carnage. La cyborg dévorait littéralement sa peau. Il grimaçait certes, il avait mal, et pourtant il sentait qu'elle ne cherchait pas vraiment à le blesser, que c'était simplement sa manière à elle de témoigner un sentiment à douleur égale. Le capitaine se laissa donc rythmer par ses embrassades presque violentes avec lui. Ce ne devait être que son imagination mais il avait la vague impression qu'elle lui transmettait là tout ce qu'elle n'avait pas voulu répondre. Son dégoût des hommes, sa haine délibérée pour Joker. Il lui rendit sa prochaine morsure et posa ses lèvres contre la main métallique. Un frisson le parcourut jusqu'au bout des ongles. Si longtemps qu'il ne l'avait pas ressenti… Elle le repoussa tout à coup. Il eut juste le temps de saisir sa cheville blessée avant qu'elle ne se lève. Clouée au sol la jeune fille s'énerva.
-Tu viens de gâcher ma chance !
-Je t'avais bien dit que je te garderais avec moi.
-Mais pour combien de temps ?! rugit-elle. J'ai une mission à finir et tu mets ma vie en danger !
-Tu sais bien que c'est faux. Transport de drogues ce n'est pas très sain de base comme job.
-Combien de temps Law ?
-Aussi longtemps qu'il faudra pour que tu comprennes.
-Je reviendrais jamais ! Je suis pas ton jouet !
-Je ne décide pour personne. Souviens-toi de ce que je t'ai dit au manoir Krys. Je t'ai dit qu'un jour tu me le pardonnerais. J'avais une raison ce jour-là.
Il serra plus fort sa cheville et la ramena vers lui.
-Tu as toujours pu dépasser ce sentiment. Tu peux encore le faire et m'écouter : cette vie n'est pas pour toi !
-Oublie ce qui vient de se passer. Je te déteste vraiment.
-Fais-toi à l'idée que tu ne reverras plus Joker.
Il la plaqua violemment au sol et rattacha ses poignets entre eux. Ç'aura été de courte durée. Elle opposa moins de résistance que ce à quoi il s'attendait. La jeune fille se laissa même toucher sans pousser le moindre son animal.
-Tu ne vas pas encore te débattre ?
-J'en ai plus rien à foutre… De toute manière mon délai de livraison va s'écouler à cause de toi. Que je revienne ou pas chez Doffy je suis morte. Alors fais-toi plaisir, donne-moi l'occasion de me venger, Doffy ne pourra pas me blâmer pour m'être défendue.
-Est-ce si important pour toi de mettre fin à ma vie ? Tu penses que c'est ce que ton frère aurait voulu voir ?
-Ne parle pas de lui !
-Mir était au courant de ce que je préparais.
-Quoi ?
-Il l'avait deviné. Il savait que c'était pour le mieux. Il a fait en sorte que je ne change pas d'avis, pour toi. Ton frère t'a protégée jusqu'au bout. A toi de voir si c'est ce que tu veux maintenant, mais je te le dis petit chiot, ça, ce n'est pas la vie que tu veux.
-T'en sais rien !
Elle se recroquevilla tête basse. Penser à Mir et entendre à la suite ce foutu surnom d'enfant qu'il lui attribuait la ramenait à cette nuit noire. Elle revoyait son corps massif étalé à côté des autres dans le hall, pourtant il n'avait jamais été vaincu. Et maintenant elle se souvenait, il avait le visage serein. Sa peau mate avait pâli, il restait pour elle l'homme le plus magnifique, et qu'importe le temps perdu sans lui, dès leur rencontre elle avait su qu'il était sa famille. Krys serra les dents comme son coeur : il lui manquait trop. A tel point qu'elle ne pouvait entendre son nom sans penser à son odeur familière et ses peintures sur le visage qu'elle reproduisait encore aujourd'hui dans son esprit. Il avait définitivement été l'homme de son coeur, son grand-frère adoré.
-Je l'aimais… souffla-t-elle tout bas.
-Il t'aimait aussi Krys-ya, mais il savait que tu pouvais vivre sans lui.
-Tais-toi ! Tu sais rien de tout ça ! T'as fait que le poignarder !
-J'ai fait en sorte qu'il ne souffre pas.
La jeune fille se referma aussitôt comme une huître. Ça l'agaçait, le chirurgien avait réponse à tout, à croire qu'il avait été dans sa tête ce jour-là. Mais que savait-il vraiment ? Quoiqu'il puisse avancer il restait purement mauvais ! Elle ne reconnaissait qu'un fait : elle avait pu continuer de vivre sans un frère. La peine s'était ancrée dans sa chair sans planter son coeur elle vivait sans un frère. Elle vivait mais n'oubliait rien de la Nuit. C'était pourtant, malgré elle, ce que le cyborg aurait voulu.
-Fiche-moi la paix… Je veux que te tuer. J'écouterais rien de ce que tu me diras. Tu ne fais que gagner du temps.
-Et quel temps ? sourit le capitaine. Tout dépend de toi petit chiot. Ou tu abandonnes, ou tu continues de te battre contre moi.
-Tch… Pourquoi j'abandonnerais ? aboya la jeune fille.
-C'est comme tu le souhaites. Mais j'insiste, tu ne retourneras pas à cette vie, et je gagnerais.
-Sois pas si prétentieux !
-Ne sois pas si ravissante, je pourrais bien en décider autrement, menaça-t-il d'une voix de velours.
-Ose encore poser tes mains sur moi et je te les arrache !
-Et sauvage en plus de ça. (Il caressa sa joue froide avec un mince sourire.) J'ai encore plus envie de te garder pour moi.
-J'suis pas ta poupée !
-Non tu ne l'es pas. Encore plus précieuse.
Elle écarquilla les yeux en face à face avec ce regard empreint d'attirance, qu'elle examinait minutieusement. Ça la dégoûtait d'y trouver tant de sincérité, d'attachement… d'amour. Comme si appartenir à un homme pouvait faire plaisir ! Rien que l'enfermer, c'était bien assez pour attiser sa haine. Mais il semblerait que le supernova n'était pas apte à comprendre que séquestrer quelqu'un ne le ramenait pas vers soi… Au fond elle s'en amusait un peu. Law avait beau être sacrément intelligent il ne pouvait rien faire face à l'imprévisible elle. Et Krys continuait inlassablement à lui grogner dessus, à croire qu'il la provoquait même dans le silence. Il se sentait démuni contre ses colères, il voudrait juste qu'elle abandonne maintenant et le suive, qu'il puisse enfin lui montrer qu'il n'a pas fait que détruire. Car tout n'a pas disparu.
Trafalgar saisit ses poignets, désormais attachés à l'avant, et l'emmena à l'extérieur. Depuis les fenêtres crasseuses de la cabane on apercevait difficilement la nature maîtresse au dehors. Les senteurs de la forêt pénétrèrent vite les narines de la jeune fille, qui tira sur ses poings pour s'arrêter et respirer l'air sans poussière ni sentiment de captivité.
-Où est-ce que tu m'emmènes ?
-Je ne sais pas.
-Comment ça tu ne sais pas ? s'énerva la brune.
-Ta cheville guérit bien alors tu peux faire un peu de chemin avec moi.
-Quoi ?
-Ça se voyait dans tes yeux, Krys-ya. Tu as besoin de sortir alors je te fais sortir. Dis merci.
-Tu me ballades comme un chien ouais !
-Ce n'est pas ce que je pense. Mais si tu préfères te rendre malade au lieu d'accepter mes faveurs c'est ton problème.
-Tch !
-Ah, et je ne te conseille pas de t'enfuir miss. Qui sait, tu pourrais encore trébucher…
-T'as fini de me menacer ?!
-Ça n'était vraiment pas mon intention.
Elle se mordit la langue. S'il croyait la décourager avec sa jolie voix provocante il se fourrait le doigt dans l'œil ! Et d'autre part, elle ne doutait pas une seconde qu'il agissait dans son intérêt, en sachant parfaitement qu'elle ne tiendrait pas une journée de plus dans cette baraque sans se cogner la tête contre les murs. Alors malgré tout elle suivit ses empreintes dans la terre, faisant de son mieux pour retenir ce courant électrique dans ses membres qui l'incitait à trahir le rythme du chirurgien, courir encore et encore dans les bois, se perdre jusqu'à ce que la nuit tombe, ne garder en mémoire que le vent de la Liberté dans ses cheveux… Krys serra les dents pour ne pas céder à ses pensées parasites. Elle pressa le pas, lui filant un coup d'épaule au passage et répondit à son grognement par un regard hautain.
« Tu ne vas pas me dompter Law. Jamais. »
