Salut tout le monde !
Voilà une fin de dimanche, ça me rend twiste. Du coup, j'compense en vous postant un chapitre. Merci à Marion, pour la correction.
Et merci à vous, du précédent chapitre : samystère, Shirley, halay, aude77, kikinette11, choubidou. lily, Shiriliz (je reconnais que les Edward en difficultés ont un certain atrait je trouve...), nini54, ulkan13, Grazie, Anais88, Maryfanfictions, vanina63, Ptitewam (moi je sais où on va, mais je ne dirais rien... sinon c'est pas drôle!), Caro632, soraya2107, aussidagility, sarinette60, Lily-Rose-Bella, Imaginaire-de-kiki, Fo7, Nini Hathaway (Jasper est effectivement très dur avec Edward, mais je crois qu'il lui en veut un peu de ne pas être resté avec sa famille pour s'en sortir...), tacha vaillant, katner, erika shoval, tilunarou, tia 63, siobhanne, Mariefandetwilight, vinie65, Elodie pixie B, calimero59 et mlca66.
Voilà ce neuvième chapitre, ça file vite !
Bonne fin de week-end et bonne semaine !
Prenez soin de vous.
Tiffany.
Chapitre 9 : Le garage
Charlie.
J'attrapais mon dossier épais, très épais de cette sordide affaire après que les parents de ce petit garçon mort visiblement « par erreur » pendant la tuerie, aient quitté mon bureau.
Pas un seul indice, pas une piste... A part quelques témoignages...
Tous parlaient de plusieurs hommes, se visant mutuellement. Un règlement de compte, sur fond d'affaire de drogues... Voilà ce que nous savions. Terminé.
Ça, et l'identité du premier homme tué, avant ce petit garçon. Jeffrey Caradine, atteint par deux balles. Deux au thorax. Caradine était connu pour avoir trempé dans des affaires de drogues, des trafics et plusieurs casses dans la région. Prison, centre de désintoxication, sans réussite. Orphelin, Caradine avait toujours échoué, pour finir par être tué. Il n'aura jamais eu de vie, et sera parti prématurément.
Voilà tout ce que nous avions. Le décès de Jeffrey Caradine. Nous avions convoqué des anciens acolytes de Jeffrey, pour les interroger et voir. Voilà, voir. Juste voir. Je n'aime pas partir de rien, mais vraiment pas !
On toquait contre ma porte.
- Chef ?
- Oui Joseph !
- Emmett n'est toujours pas arrivé et les premiers témoins vont arriver...
- Je rêve... Merci Joseph ! Je vais l'appeler...
- Pas d'quoi, chef !
Il quittait mon bureau, et j'attrapais mon téléphone pour composer le numéro de mon domicile. Pour contacter mon gendre, qui était en train de faire « je-ne-veux-pas-savoir-quoi » avec ma fille !
Pas de réponses. Évidemment.
- Emmett, tu exagères, je vais vraiment finir par m'...
La porte s'ouvrit sur le dit Emmett, m'interrompant dans mes paroles.
- Désolé, chef !
- Je t'avais bien proposé de t'amener, non ?
- Ouais, je sais, mais...
- Ce n'est pas une façon de se comporter, professionnellement parlant ! Je suis le père de Rosalie, et je te prie de croire que ça m'est déjà assez pénible de tolérer ta présence dans son lit un soir sur deux ! En plus de ça, je te place en tête de liste pour prendre ma place, et tu n'es pas fichu de respecter les horaires, les exigences de ce métier ! Si tu n'as pas envie de vivre cette évolution, rien ne m'empêche de remplir un formulaire de licenciement, c'est bien clair ?
Il pâlissait. Bien. C'est ce que j'espérais. Il me fixait, idiot.
- Tu es encore là ? Hors de ma vue, va te mettre derrière ton bureau et sors tes dossiers ! Et plus vite que ça ! Allez ! Avant que je ne décide de te virer de MON commissariat, de MA maison et du lit de MA fille !
Ahh... ça fait du bien... Je n'avais rien, a priori, contre Emmett. C'était un bon garçon, et un bon flic. Il était sérieux et courageux, téméraire. Il ne rechignait pas devant les heures supplémentaires, et il savait s'y prendre, notamment avec les jeunes difficiles. Mais depuis qu'il sortait avec la petite Rosalie, je le voyais différemment. Bien évidemment, je ne pouvais m'en prendre qu'à moi-même, parce que c'était moi qui l'avais invité à dîner à la maison un soir de novembre. Il avait eu le coup de foudre pour ma Rose, et j'avais dû la freiner parce qu'elle était obsédée par lui, réellement. Mais comme bien évidemment ce qui est interdit est bien plus excitant, ma fille avait bravé mon couvre-feu, et était partie le rejoindre. Depuis ce jour-là, ils ne se quittaient plus. J'avais dû entendre de la bouche de Rosalie les termes comme : « Besoin d'aller au gynécologue... Prendre pilule » et j'avais cru ne pas le supporter.
Mais j'avais pris le parti de lui faire confiance, tout en l'armant pour se protéger. Elle savait toutes ces choses de contraception et tout ça. Je n'avais pas fait la leçon moi-même, mais l'avais accompagné dans un genre de planning familial où elle avait rencontré une femme qui l'avait très bien informé. Je me doutais également que ses sœurs étaient passées par là. Bella, ma grande fille, était la plus raisonnable de mes trois petites diablesses. Elle était le premier fruit de mon amour pour Renée, que jamais je n'avais oublié. Je me rappelais de chaque seconde de ce 13 septembre où ma petite fille avait vu le jour à la maternité, faisant de moi l'homme le plus heureux du monde. Je n'ai jamais eu de soucis avec Bella, bien que j'imagine trop la couver. Depuis qu'elle a quitté la maison, il y a une chambre toujours vide. Mais que je tiens toujours prête, au cas où. Je sais que je peux avoir confiance en elle, parce qu'elle est douce et raisonnable. Très intelligente, aussi. Elle gère sa vie du mieux qu'elle l'entend et je ne suis jamais déçu.
Puis, il y a eu Alice, mon deuxième trésor. Une petite fille beaucoup plus vive que ne l'était Bella. Beaucoup plus aventurière et casse-pieds, aussi. Mais avec Alice, impossible de s'ennuyer. Elle ne tenait jamais en place et depuis qu'elle possédait son permis de conduire, je devais presque demander un rendez-vous pour la voir. Alice était très secrète concernant sa vie sentimentale. Elle avait fréquenté un certain Diego pendant plusieurs mois, avant de s'en séparer. J'ignorais si elle avait quelqu'un, mais il me semblait qu'elle s'investissait énormément dans ses études de stylisme. Je faisais au mieux pour lui obtenir de quoi payer son cursus scolaire, afin qu'elle aboutisse à ses espérances.
Il manquait toujours une mère à mes filles, je ne voulais plus les voir souffrir d'une quelconque façon que ce soit.
La mort de Renée, aussi soudaine que déchirante, nous avait tous soudé. Je n'avais pas pu accepter de voir partir cette petite Rosalie dans une famille d'accueil, alors qu'elle était la fille de Renée. Non. Même si je n'étais pas le père, cette gamine avait des sœurs, et méritait de vivre avec elles. Je l'avais recueillis, alors qu'elle n'avait qu'une petite semaine. Elle était aussi fine et gracieuse qu'un cœur, et elle avait bien grandi. Elle ne ressemblait pas beaucoup à Renée, mais surtout à Phil. Pourtant, elle était ma fille, comme j'aurais aimé qu'elle le soit.
- Chef ?
Je sursautais. Emmett était devant moi, ses dossiers sous la main.
- Quoi ?
- À quoi vous pensiez ?
Je reculais mon regard des photos de mes filles sur mon bureau.
- À rien qui ne te regarde, impertinent !
Et il souriait, cet espèce d'idiot.
- Rosalie est très belle... murmura-t-il.
- Je sais...
- Vous avez fait les choses bien, pour elle. Elle vous est reconnaissante...
- Tu es venu pour me parler de ma gamine ?
- Non... Pour l'enquête...
- Alors, on s'y met ! Les premiers témoins vont arriver !
Il dépliait devant moi ses dossiers. Rien. Rien de convaincant, ni de plus important que ce que nous savions déjà. J'épluchais les journaux, espérant trouver une phrase interpellatrice dans un article mais non. Non.
- Au fait, où en est Bella avec son SDF ?
- J'espère qu'elle lui a dit de partir, c'était de l'inconscience...
- Elle a fait un beau geste, vous ne pouvez pas le nier !
Bien sûr que je ne le niais pas. Mais elle ne connaissait certainement pas ce type, qui pouvait lui faire du mal à tout moment. Bella est une rêveuse. Elle s'imagine souvent que le monde est bon, mais à cause de mon métier, je suis le premier placé pour savoir que ce n'est pas le cas.
- Il vaut mieux ça, que devoir lui passer les menottes pour « non-assistance à personne en danger », pas vrai ?
Je grognais. Emmett devait arrêter ce petit jeu immédiatement. Fort heureusement pour lui, Joseph entrait dans la pièce.
- Valterri est ici !
- Fais-le entrer !
Valterri, de son prénom Alec, entrait, le dos voûté. Il avait désormais une quarantaine d'années, et de ce que je savais, ne trempait plus dans les affaires sordides.
- Qu'est-ce que vous m'voulez ? J'suis tranquille avec ma femme et mes gosses !
- Assis-toi, avant de commencer à nous agresser... Tu connaissais Caradine, pas vrai ?
- Jeffrey ? Ouais, bien sûr que j'le connaissais... On s'est pas mal fréquentés...
- Dis-nous ce que tu sais sur lui...
- Pas question que j'vende un ami !
- Il est mort, Valterri ! Il a été tué dans la tuerie en pleine avenue...
- Pauvre gosse...
- Alors, dis-nous tout !
Il gardait le silence quelques instants.
- Tout ce que j'sais de lui, c'est qu'il trempait dans pas mal de trucs sur la drogue, ces derniers temps... Et pas que de l'herbe, si vous voyez c'que j'veux dire...
Emmett tenait l'enregistreur vocal à côté d'Alec. J'écoutais attentivement le témoin. Chaque geste, voire chaque parole, était capital.
-Tu as des noms ? Demandait mon gendre.
- Des noms ? Bon sang, qu'est-ce que j't'en sais moi ! Jeffrey allait et venait... mais il était toujours avec ce mec, ce grand baraqué avec des dreadlocks...
- Description physique ?
- Environ 1m80, peut-être 90... Type occidental, et des dreads jusqu'aux épaules. Un bouc, des yeux marrons... J'l'ai rencontré une ou deux fois quand j'étais... enfin vous savez !
- Quand tu faisais ton petit trafic, ouais je sais ! Ensuite ?
- Je sais pas... Peut-être qu'il s'appelait Laurent ou j'en sais rien... Quelque chose comme ça !
Il m'énerve ce type. Avec ces « quelque chose ». On ne PEUT PAS se permettre de s'en tenir à ça.
- T'es sûr ?
- Ouais... ouais, presque... À l'époque, ce mec traînait aussi avec un type, ils étaient pas nets tous les deux, et crois-moi je sais les reconnaître !
- Comment était ce mec ?
- Il s'appelait James, ça c'est une certitude ! Aucune idée du nom de famille ! Un blond, avec des yeux d'un bleu acier, très particulier... Il était plus petit que Laurent, mais il avait l'air plus nerveux. Des cheveux longs, noués.
James... James...
- Il disait qu'il venait de Port Angeles, qu'il était né là-bas et que c'était une mine d'or. Un paradis pour dealer parce que la moitié des flics achetait à ses boss.
- Nature de la relation entre Caradine, ce Laurent et ce James ?
- Il est possible qu'ils aient fait des affaires ensemble. Mais après, on n'a plus revu ce James. Seulement Jeffrey et Laurent ensemble, et quelques autres abrutis...
- Est-ce que le premier, Laurent, faisait des trucs illégaux ?
- Sûrement... Il avait pas une tête innocente, vous savez ? Le genre trop calme pour être honnête... Et de toute façon, traîner avec Carradine n'était pas un gage de sécurité...
- Autre chose ?
- Pas que j'sache...
- Tu pourrais faire un portrait robot de ce Laurent ?
- Peut-être... Faut voir... Combien vous me donnez ?
Enfoiré !
Emmett l'attrapait par le col et le soulevait, sans peine.
- Hé ! Lâche-moi malabar !
- C'est la foire aux promotions ! Tu vas aller faire ce portrait robot et on l'aura gratuitement, pigé ?!
Il l'amenait avec lui pour voir notre dessinateur, me lançant avant de partir le magnétophone. Je ré-écoutais la discussion, rédigeant un avis de recherches de ces deux bonhommes, James et Laurent. Après tout, ils auront peut-être des indications, voire des choses suspectes sous le coude.
Suspects potentiels ? Ils sont tous suspects potentiels, tant que leur innocence n'est pas prouvée...
.. ::..
~ Bella ~
Nous avions repris le travail à la crèche, et heureusement. J'en avais marre de rester cloîtrée dans mon appartement, à tomber nez-à-nez avec la rose envoyée par Edward. J'essayais d'oublier le fait qu'il m'avait prise pour une idiote en me volant mon argent. Je savais que c'était mal de penser ainsi, parce que c'était moi qui lui avais dit de venir ici. Moi aussi qui avais été imprudente de ranger mes espèces alors qu'il était dans l'appartement. Mais c'est ainsi. Même si je me sentais un peu gênée pour lui, parce qu'il n'aurait jamais les moyens de manger tous les jours, j'étais un peu en colère. Humiliée, aussi.
Trop bonne, trop conne !
J'aurais certainement dû écouter Charlie, qui m'avait conseillé de le faire partir. Je n'avais pas voulu, pas osé. Après ce qu'Edward a vécu, il ne méritait pas d'être traité comme un chien. Mais je n'aurais jamais imaginé qu'il m'aurait volé.
Bref, je suivais les conseils de mes sœurs et de Siobhanne. Elles voulaient que j'oublie Edward, que je passe à autre chose. Mais je n'arrivais pas à me l'ôter de la tête. Ôter toutes ces horreurs qu'il a pu me raconter. Un enfant ne devrait jamais vivre une telle situation et pourtant, il a vu sa mère mourir sous ses yeux, frappée par un dégénéré. Rose avait même émis l'hypothèse qu'il ait pu me mentir, mais je ne pouvais m'y résoudre. Sa peur, sa terreur du vent par exemple, ne pouvaient pas être simulées. J'avais vu l'angoisse dans ses yeux quand le blizzard s'était levé. Qui, pour tricher, se mettrait dans un tel état de panique ?
Je me préparais pour aller dîner chez Charlie ce soir. Il nous avait invité, Siobhanne et moi-même. Charlie me faisait sourire, à toujours convier mon amie. Elle avait refusé, parce qu'elle devait dîner avec son frère. Elle ne comprenait pas l'empressement de mon père à la recevoir. Je savais qu'il l'appréciait beaucoup, et il m'arrivait de rire à les regarder faire tous les deux. Lui, complètement fasciné et elle très intimidée.
J'espérais qu'aucune de mes sœurs n'avoue à Charlie qu'Edward m'avait dérobé mon argent. S'il l'apprenait, je prendrais probablement un savon d'enfer, et nous nous disputerions parce qu'il me maternait trop. Je comprenais son obsession de nous protéger, à cause du décès de Renée. Dès notre plus jeune âge, il avait dû être à la fois un père et une mère, mais aussi le Shérif de Forks. Il avait jonglé, parfois réussissant, parfois échouant, dans ses missions auprès de nous. Mais il était un bon père, bien que parfois son comportement me dépassait.
Je relançais ma camionnette après le passage au feu vert et faisais quelques kilomètres avant de sentir ma voiture s'emballer et se mettre à tressauter.
- Hé merde...
Elle calait en pleine route. Je tentais de la redémarrer, mais l'insistance que le moteur prenait ne me disait rien qui vaille. Et effectivement, elle ne redémarrait pas.
- Fais chier !
J'attendais une minute, parce que mon camion était une vieille chose très capricieuse mais rien n'y faisait. Non. Elle s'arrêtait là. J'attrapais mon portable, et composais le numéro de mon père.
« - Oui ? »
- Alice ? C'est Bella ! Papa est là ?
- « J'te le passe ! »
- Merci...
Je l'entendis appeler mon père, et la voix de Charlie me répondit.
- « Hey, ma belle ! »
- Papa, le camion est en panne...
- « Tu es où ? »
- Je viens de longer les côtes Quileutes...
- « Tu dois avoir un garage, pas très loin... Tu as passé le panneau pour aller vers Seattle ? »
- Oui ! Ils sont juste derrière moi !
- « Je vais te trouver le numéro du garage, attends... »
- Merci...
J'attrapais mon agenda et mon vieux crayon à papiers qui traînait dans mon sac.
- « Tu as de quoi noter ? »
- Oui !
- « 555 – 672, c'est le garage de Jasper Cullen, le fils du docteur ! »
- Oh super ! Merci p'pa !
- « Tu veux que je vienne te chercher ? »
- Je te rappelle, selon ce qu'il me dira...
- « Sois prudente, petite fille ! »
- Promis !
Je raccrochais, et composais le numéro du garagiste. 18H55. Ça m'étonnerait qu'il soit encore ouvert...
- « Garage Cullen, j'écoute ! »
- Bonjour, je suis Bella Swan... Je suis tombée en panne le long des côtes Quileutes... Vous êtes encore ouvert ?
- « En principe, si j'vous réponds c'est que j'suis là ma petite dame ! »
Très aimable...
- Oui effectivement...
- « Vous avez besoin d'une dépanneuse ? »
- En principe, si je vous appelle, c'est que oui, j'en ai besoin...
Tu veux jouer à ça, tête de cochon... Je l'entendis rire à l'autre bout du fil.
- « Bien joué ! Vous êtes où, exactement ? »
- Je suis au niveau des côtes Quileutes, vers la grande forêt. Je viens tout juste de passer les panneaux d'indications pour se rendre à Seattle, sur la D21. J'ai une vieille chevrolet rouge à plateau...
- « J'suis là dans dix minutes ! »
- Merci...
Je raccrochais. Je m'enfermais à l'intérieur de mon véhicule, peu rassurée par la forêt. Pas que j'en ai peur, mais on ne sait jamais. Fort heureusement, je n'eus pas à patienter très longtemps. Après cinq minutes à peine, une dépanneuse arrivait à ma hauteur, en sens inverse. Je baissais ma vitre. La pluie s'était mise à tomber drue.
- Bella Swan ?
- Oui, c'est moi !
- J'vais essayer de vous faire redémarrer ! Si ça marche pas, j'vous amène au garage !
Il garait son camion devant ma voiture, et sortait de la cabine. Il semblait plutôt séduisant, et il me semblait déjà l'avoir vu quelque part... Mais où... Son visage ne m'était pas du tout inconnu, mais je n'arrivais pas à remettre un nom dessus. S'il est garagiste, il est possible que je l'ai déjà aperçu en ville... Oui... ça doit être ça...
- Ouvrez votre capot, m'dame !
Je m'exécutais. Il était trempé, en marcel sous la pluie. Ça doit être un rude, celui-là... Il tripatouillait mon moteur un long moment, avant de rebaisser le capot.
- Votre batterie a lâché j'crois, et le démarreur est dans un sale état ! Vous n'avez pas eu de voyant ?
- Non, je ne crois pas...
- J'vais vous ramener jusqu'au garage, vous ne tirerez rien de c'te voiture ce soir ! Descendez !
Je m'exécutais, récupérais mes papiers et mon sac, avant de monter dans la cabine du camion. Il remorquait mon véhicule sur le plateau, et me conduisait jusqu'au garage.
- Quel temps de merde ! J'aimerais pas avoir à coucher dehors...
Dieu sait où est Edward...
- J'peux rien faire ce soir pour votre voiture, et demain c'est dimanche ! J'travaille pas, c'est contre ma religion...
Je lui souriais. Il avait l'air un peu rustre, mais plutôt gentil.
- Mon père m'a dit que vous êtes le fils du docteur Cullen ?
- Ouaip !
- C'est mon médecin traitant...
- Ça ne me surprend pas vraiment... il est le médecin traitant de tout Forks, ceci dit !
- C'est vrai...
- J'vais devoir commander la batterie et le démarreur pour votre voiture... ça mettra deux jours... J'ai pas de voiture de remplacement, je l'ai déjà loué !
- Ce n'est pas grave, je me débrouillerais avec mon père...
Au même moment, la voiture de police se garait devant la pompe à essence.
- Oh merde putain... j'savais qu'il allait me foutre dans les emmerdes jusqu'au cou celui-là... marmonna-t-il.
- Qui ?
Je cherchais du regard un éventuel intrus, mais le garage était plongé dans un calme très relatif. Charlie et Alice descendaient de la voiture.
- Alors ? Elle a quoi ta voiture ?
- Elle est pourrie, Bella ! Je t'ai dit d'en changer ! Râlait Alice.
Jasper Cullen s'avançait.
- Vous êtes de la famille de la dame ?
- C'est ma fille, grognait Charlie, méfiant.
C'est alors que j'aperçus le regard de ma sœur. Elle était fixée sur Jasper, des étoiles dans les yeux et la bouche entrouverte. Oh, oh...
- Sa batterie est flambée, et le démarreur ne va pas tarder à lâcher... C'est une bombe ambulante, cette caisse ! Expliquait Jasper à mon père.
Alice fronçait les sourcils.
- Ah ! Tu vois ? Je te l'avais dit, Bella ! C'est indécent de rouler dans un truc pareil !
- Hey !
- Les filles ! Grondait Charlie. Vous en avez pour longtemps ?
- J'ai pas les pièces avant lundi ou mardi, m'sieur !
- Faites en sorte d'aller le plus vite possible ! Menaçait mon père.
Je détestais quand il jouait au mauvais flic. Certes, c'était pour m'éviter d'être handicapée par le manque de véhicule, mais ce pauvre garagiste ferait sans doute son possible.
- Vous ne me faites pas peur, chef ! Je n'ai rien à me reprocher !
La dernière réplique du garagiste eut le don de calmer mon père. Alice, elle, éclatait de rire.
- On y va, Bella ?
- Oui...
- J'vais prendre votre numéro de téléphone...
Je le suivais dans son bureau, pour qu'il récupère toutes les informations utiles. Il promettait de me la rendre jeudi au plus tard, et je le remerciais avant de grimper dans la voiture de police. Je n'eus pas refermé la portière qu'Alice se mit à hurler sur le siège avant, faisant sursauter Charlie.
- AHHH !
- NON MAIS CA VA PAS BIEN ALICE !
- IL EST TROP CANON CE MEC ! JE LE VEUX !
J'éclatais de rire, et Charlie grognait.
- ça suffit, jeune fille !
- Bella ! Donne-moi le numéro de son garage !
- Non ! Hors de question ! Scandait mon père.
- M'en fiche, je le trouverais dans le bottin !
.. ::..
~ Edward ~
Je détestais le week-end, parce qu'il n'y avait rien à faire. La semaine, je pouvais me balader dans la rue et regarder les magasins. Des fois, j'y rentrais et observais les vitrines ou me mettais au chaud. Mais souvent, on me disait de partir parce que ça « dérange la clientèle ».
Mais le week-end, c'est pénible. Rien à faire. Rien. Je ne peux même pas me mettre au chaud, parce que les boutiques sont fermées. Et puis Jasper est en week-end. Il a bien voulu me laisser les clés de son garage, mais personne ne devait me voir y rentrer parce que sinon ils appelleraient la police et il les laisserait faire. Carlisle avait voulu que je revienne chez lui, mais je ne voulais pas. Il m'agaçait, parce qu'il s'énervait tout le temps quand je lui disais « non ». Esmé s'était mise à pleurer encore au garage, et je n'aimais pas ça parce que c'est ma faute si les gens pleurent tout le temps.
Je n'avais pas voulu sortir aujourd'hui, parce qu'il faisait encore très froid et même si le garage n'était pas très bien chauffé, c'était toujours mieux que de rester dehors. Et puis, il y avait la voiture de Bella ici. Je l'avais reconnu, parce que je n'imaginais pas Bella conduire une telle chose et pourtant, elle était déjà garée devant chez elle.
Bella est venue ici... et je n'étais pas là... Est-ce qu'elle aurait bien voulu me voir ? Et est-ce que la rose lui a plu ? Et je vais rester là, pour quand elle reviendra chercher sa voiture... J'aimerais bien la voir... lui demander pour la fleur...
J'aimerais bien savoir si elle l'a aimé. Parce que si elle l'aimait bien, je pourrais demander à la vendeuse qu'elle lui en envoie encore une. Je ne voulais pas lui voler son argent, mais grâce à ça j'ai pu m'acheter un bon sandwich hier soir, avec plein de fromage. Il était tellement gros que je n'ai pas voulu le manger en entier. Comme ça, ce soir, je l'ai encore et rien que l'idée de manger me donnait déjà faim. Mais je savais que ce n'était pas encore l'heure de manger, parce qu'il faisait jour. Je ne mangerais que quand il ferait nuit, comme ça j'irais me coucher après et je n'aurais pas faim en dormant. Donc je pourrais bien me reposer aussi.
Le garage de Jasper ne sentait pas très bon, et dehors il y avait un petit soleil froid. Il était froid, parce qu'il ne brillait pas beaucoup. Pas comme Bella m'avait raconté. Dans les îles, il paraît que le soleil tape fort, et qu'il y fait toujours chaud. Elle veut aller vivre là-bas, et moi aussi j'aimerais bien. Avoir chaud, et me baigner dans la mer, ça doit être bien... Je n'ai jamais vu la mer, je crois...
Je sortais par la porte de derrière, pour que personne ne me voit comme le voulait Jasper. Il y avait un homme devant les pompes à essence, qui attendait.
- Vous êtes le patron ?
- Euh... non... c'est Jasper, mais il est pas là !
L'homme s'avançait, il avait un blouson sur le dos, et une barbe.
- Je cherche Jasper...
- Il est pas là... c'est mon cousin, mais il est pas là !
Je m'éloignais, mais je l'entendais qui me suivait. Il est chiant ce mec...
- Ton cousin... Oh seigneur je rêve... Tiens... Regardez qui voilà... Mon cher fils... T'es toujours vivant, toi ?
