Bonjour à tous!
Je sais qu'on vous avait laissé sur un cliff terrible avec le dernier chapitre et qu'on a mis du temps!
Je vous avais promis un teaser mais je n'ai pas eu le temps de le faire.... Etant donné qu'Anaïs a déjà traduit le chapitre qui suit, on vous le prépare cette fois-ci, c'est promis juré!
C'est un chapitre assez long mais j'ai pris beaucoup de plaisir à le traduire ;D
Bon j'arrête de blablater et vous laisser lire en paix!
J'en profite aussi pour vous dire que j'ai écrit un os avec Drinou et Eiphone Coup de poker et un autre toute seule Dance with me pour le concours Allocop, si vous voulez y jeter un coup d'oeil, ils sont sur mon profil :D
Chapitre 10
La discussion
Renée et moi nous assîmes à notre table au restaurant. Un doux brouhaha parvenait jusqu'à mes oreilles alors que je jetais un coup d'œil autour de moi. Un couple âgé était assis à côté de nous, se tenant la main par-dessus la table, se murmurant des choses, le visage souriant. Ils se regardaient avec tellement d'amour et d'adoration.
Mes yeux glissèrent vers une autre table. Une famille, à savoir, une mère, un père, une petite et un nouveau-né étaient assis en face de nous. La petite fille coloriait son menu pour enfant, qui était en réalité une simple feuille de papier avec divers petits jeux dessus. La mère jouait avec le bébé. Elle souriait et s'amusait à lui faire des grimaces pendant que le père la fixait avec tant d'émotion illuminant ses yeux. Le sourire sur son visage était tellement naturel alors qu'il examinait son épouse jouer avec leur petit dernier.
Je regardais un peu plus loin, me focalisant sur une jeune couple qui suivait la serveuse. Leurs mains étaient entrelacées alors qu'ils s'approchaient de leur table. Le garçon tira la chaise pour que son amie puisse s'assoir. Elle lui sourit alors qu'il l'embrassa sur la joue avant de prendre sa propre chaise.
Je me remémorais mon état d'esprit la nuit où ma mère m'avait pour la première fois parlé de son rendez-vous avec Edward. Je ne croyais pas en l'amour éternel à ce moment là. A cet instant là, qui remontait seulement à deux tous petits mois, je pensais que les gens s'engeaient beaucoup trop vite. Je pensais que la plupart des gens rencontrait quelqu'un, ressentait quelque chose et en déduisait qu'il s'agissait d'amour. Selon moi, l'amour avec un grand A n'était pas réel.
Mais à présent, en regardant ces couples autour de moi, je commençais à changer d'avis. Peut-être que l'amour inconditionnel était plus courant que je ne l'avais cru. Ces personnes avaient l'air d'être amoureuses. Cela ne pouvait pas être simplement dans leurs têtes. Peut-être bien que les âmes sœur existent. Peut-être que ce n'était pas si dramatique de croire en l'amour. Peut-être même que j'aurai droit à cela moi aussi, un jour.
De toute façon, il y a des relations auxquelles je ne comprendrais jamais rien, comme celle des parents de Jasper. Comment une femme qui était pourtant forte et pleine de vie avait pu se transformer en cette personne triste et soumise, incapable de se relever ? Comment avait-elle pu en arriver là ? Que lui était-il arrivé ?
Est-ce que l'on pouvait aimer quelqu'un au point de l'autoriser à vous briser physiquement, émotionnellement et mentalement ? Est-ce qu'elle l'aimait réellement ? Ou était-elle juste complètement dépendante de lui à présent? Peut-être croyait-elle ne pas mériter mieux. Peut importait la raison – c'était faux. Elle avait besoin d'aller chercher de l'aide auprès des autorités compétentes, une aide solide. Heureusement que Jasper pourrait la convaincre de faire le bon choix.
Il allait se rendre au poste sans attendre de coopération de sa part, et j'étais tellement fière de lui pour ça. Je n'avais jamais voulu le tenir pour acquis. C'était vraiment une personne merveilleuse. Il avait sacrifié sa chance de pouvoir intégrer une école prestigieuse pour rester chez lui et protéger sa mère. Il faisait toujours passer les autres avant lui.
Comme ce qu'il avait pour moi par exemple – il a passé plus d'un mois à rester à mes côtés pour essayer de me guérir de mon attirance pour Edward. Il aurait pu faire beaucoup d'autres choses à la place. Des choses plus productives…ou à défaut plus amusantes. Cela avait dû être exaspérant pour lui de m'entendre me plaindre à propos d'Edward et Renée. Quand j'y repensais, ce n'était pas une si grande affaire après tout, j'avais eu un coup de cœur pour quelqu'un, cela arrivait à des dizaines de millions de personnes. Je pouvais vivre avec ça.
Apparemment, il n'était plus le petit-mi de ma mère, cela rendait donc la situation un peu moins étrange. Maintenant, je craquais pour l'ex petit-ami de ma mère.
Il était justement temps d'en parler…
« Maman, » dis-je alors que mes yeux parcouraient le menu devant moi
« Oui » répond-elle en regardant elle aussi son menu
Je mordillais ma lèvre nerveusement.
« Est-ce que tu veux que nous ayons cette fameuse discussion maintenant ? »
Du coin de l'œil, je pouvais voir qu'elle avait posé le menu sur la table, et croiser ses mains par-dessus. Je relevais mes yeux et croisais mes siens.
« Est-ce que tu as apprécié tes rendez-vous ? » demanda-t-elle, le regard rivé au mien.
Pas ça encore. En quoi cela avait-il un rapport avec sa rupture d'avec Edward ?
« Maman. » Je secouais la tête. « Qu'est-ce que cela à avoir avec ce qu'il s'est passé hier soir ? »
Elle soupira et repris le menu.
« Rien. Emmett était le seul que j'appréciais vraiment. »
Je souris en pensant à l'étrange coïncidence qui avait fait qu'il était le frère d'Edward. Sérieusement, il ya avait combien de chances pour que cela arrive ? Le monde me semblait de plus en plus petit.
Elle hocha la tête.
« Est-ce que quelqu'un d'autre aurait retenu ton attention ? »
Le temps semblait s'être figé alors que je la fixais, le cœur battant à tout rompre. Elle savait. Elle savait, sans aucun doute. Elle me laissait une chance de tout lui avouer avant qu'elle me pousse dans mes retranchements. Depuis combien de temps était-elle au courant ? Etait-ce la cause de leur rupture ? Est-ce qu'elle l'avait quitté ou était-ce lui qui était parti ? Est-ce qu'elle lui avait parlé de mon attirance pour lui ou est-ce qu'il avait préféré arrêter de la voir, trop mal à l'aise de passer trop de temps avec moi dans les parages ? Est-ce que c'était pour cela qu'il avait appelé ma mère aujourd'hui pour savoir pourquoi je n'étais pas au travail ? Comme ça il pourrait me voir et me renvoyer ? Est-ce qu'il était vraiment tombé si bas ?
J'essayais de faire baisser mon stress et lui répondre simplement. Elle savait déjà. Il était inutile de mentir, mais je n'étais pas obligée d'être totalement honnête. Je ne pouvais pas tout lui dire. Cela la tuerait. Je décidais de rester vague.
« En quelque sorte. »
J'haussais les épaules.
« Rien de bien important. »
« Je n'en suis pas certaine, il me semble au contraire que c'est très important. »
Oh mon dieu. Est-ce que je commençais à pleurer dès maintenant, pour la supplier de me pardonner ? Je ne voulais pas que cela arrive ! J'aurais tellement aimé pouvoir contrôler ce que je ressentais. Sincèrement, j'aurais tellement voulu. Mais j'en étais incapable. J'avais essayé de faire disparaître ces sentiments bizarres que j'avais pour Edward, mais ils étaient restés.
Le serveur se matérialisa, avec un sourire sur son visage.
« Bonjour Mesdames. Mon nom est Jacob et je suis votre serveur. Qu'est-ce que vous souhaitez boire ? »
Il regarda Renée et prit sa commande.
Ses yeux glissèrent vers moi souriant de plus belle.
« Et pour vous ? »
« Du thé glacé. »
Il acquiesça une nouvelle fois.
« Prendrez-vous une entrée ? »
Je fis non de la tête et Renée ajouta un non merci à son tour.
« Très bien. Je reviens avec vos boissons » dit-il avant de s'en aller.
Renée s'éclaircit la gorge et j'étais de nouveau plongée en plein cauchemar. Je devais lui avouer mon béguin pour son petit-ami.
Pitié, quelqu'un, n'importe qui, achevez-moi maintenant.
« Il y a quelque chose qui te fait envie ? » demandai-j en pointant le menu
Parfait Bella. Une tentative de diversion évidente.
Ferme-la.
Elle ne regarda pas le bout de papier.
« Bella tu es ma fille, et tu sais que tu passeras toujours la première dans ma vie. Tu es au-dessus de tout ce que ce monde peut compter. »
Je fixais la table, retraçant les nervures avec les yeux. Je ne pouvais pas la regarder pendant qu'elle me sermonnait à propos de ma trahison. Je commençais déjà à me sentir coupable.
« Bella », elle attrapa ma main.
Mes yeux remontèrent vers elle au moment où Jacob se présenta avec nos verres.
« Un thé glacé pour vous, » dit-il en le plaçant devant moi, « et un coca light pour vous » en le déposant devant Renée.
Il se tourna vers moi avec un sourire.
« Vous avez déjà choisi ? »
Je n'avais pas vraiment prêté attention à ce qu'ils proposaient. J'avais regardé le menu sans vraiment le voir. Mes yeux tombèrent sur un truc qui avait l'ai mangeable. Renée commanda à son tour.
Au moment où Jacob tourna les talons, l'attention de Renée se focalisa sur moi.
« Pourquoi ne pas m'en avoir parlé plus tôt ? » murmura-t-elle dans un soupir.
Je savais parfaitement de quoi elle parlait. Je pouvais faire semblant et dire que je n'en avais aucune idée, mais cela aurait été immature. Et je n'étais plus une enfant.
« Je ne pouvais pas. » dis-je en fronçant les sourcils
« Pourquoi ? »
Je soupirais tristement.
« Parce que c'était mal. Je ne voulais pas te faire de la peine. »
« Tu ne m'aurais jamais blessée Bella. » Elle avait l'air tellement sincère. « Tu ne peux pas contrôler les sentiments que tu éprouves pour quelqu'un. »
Pourquoi était-elle aussi compréhensive ? Je savais bien qu'elle l'appréciait. Du moins avant. Elle parlait de lui tout le temps. Elle souriait et riait bien plus depuis qu'elle avait commencé à sortir avec lui. Elle ne devait pas être aussi indulgente avec moi. Si la situation était inversée, j'aurais été furieuse. Je n'aurais pas accepté, je n'aurais aussi indulgente ni compréhensive. De toute façon, je ne l'étais déjà pas en temps normal.
« Ne devrais-tu pas être…en colère ? » demandais-je confuse
Elle remua la tête. « Bien sûr que non. Je ne peux pas être en colère à propos de ça, mais je ne suis pas folle. »
« Est-ce que c'est de ma faute ? La rupture ? »
« Non. »
Je fronçais les sourcils.
« Que s'est-il passé alors ? »
« Nos chemins se sont séparés. Ce n'est la faute de personne. Cela arrive dans beaucoup de relations. C'était agréable au début mais au fur et à mesure c'est devenu…ennuyeux, pour être honnête »
Cela ressemblait à la Renée que je connaissais. Elle se laissait très vite de la plupart de ses rencontres.
« Ce qui nous unissait ressemblait plus à une amitié, ce n'était pas vraiment une histoire d'amour. C'était agréable de parler avec lui, tu comprends ? »
Hum. Plus une amitié. A quel point est-ce que c'était vrai ? Elle essayait peut-être de me faire me sentir mieux avec cette histoire de « j'ai flashé sur son petit-ami ». Elle tentait de minimiser les choses, de façon à me faire croire qu'il n'y avait quasiment rien entre eux. J'étais comme ça moins coupable de n'avoir pas su faire disparaître mes sentiments tout à fait déplacés.
« Je suis désolée. » Elle ouvrit la bouche, comme pour me dire que ce n'était pas ma faute. « Que la relation n'ait pas fonctionnée. » précisai-je
« Je préfère ça. » ajouta-t-elle d'un ton ferme.
« Donc…hum… » je remuais dans ma chaise. « Est-ce qu'il sait ? Edward ? Est-ce qu'il sait à propos de…hum…Tu sais… ? »
Elle restait silencieuse quelques secondes, réfléchissant aux mots qu'elle était sur le point d'utiliser.
« C'est à vous deux d'en discuter. »
C'était tellement étrange. Renée agissait comme si cela n'avait pas vraiment d'importance que j'aille parler de mes sentiments avec Edward. J'en étais incapable. Il était toujours aussi inaccessible. C'était mon patron. Les autres employés jaseraient dans mon dos. Ils me considèreraient comme une spécialiste de la promotion canapé, et je ne me sentais pas le courage d'être torturée pour le moment.
Et surtout, est-ce qu'il n'y avait pas des règles à propos des ex petit-amis qui sont intouchables ? Je secouais la tête. La situation était ridiculement bizarre. Pourquoi est-ce que je l'avais rencontré dans de telles circonstances ? Pourquoi est-ce qu'il était sorti avec ma mère ?
Je frissonnais. Est-ce que je pourrais embrasser quelqu'un qui avait embrassé ma mère ?
Ecœurant.
Une minute. J'allais un peu trop vite. Je partais du principe que j'avais une chance avec lui, bien qu'il soit l'ex petit-ami de Renée et mon patron. Il était peu probable qu'il m'apprécie lui aussi. Pourquoi serait-il resté avec ma mère si cela avait été le cas ? Donc, même s'il m'appréciait réellement, il l'avait préférée. Elle avait été son premier choix. Pas moi. Je devais bien garder cela à l'esprit. C'était elle qu'il avait désiré en premier. Même après m'avoir rencontrée. Il la voulait encore.
« C'était, aussi loin que je m'en souvienne, la conversation la plus étrange que j'ai pu avoir. » murmurai-je à moi-même
Renée acquiesça à son tour.
« Mais je ne comprends pas pourquoi tu es si… » J'agitais ma main, en cherchant le mot juste.
« Tolérante ? » finissait-elle
« Quelque chose comme ça. Tu es juste trop…compréhensive. J'aurais été anéantie si j'avais été à ta place. »
Elle soupira en posant sa main sous son menton.
« Je suis ta mère, Bella. SI tu venais au beau milieu de la nuit pour me dire que tu viens de tuer quelqu'un, je t'aurais aidé à cacher le corps. »
Mes yeux s'arrondirent à ces paroles ce qui la fit rire.
« L'amour d'une mère pour sa fille est inexplicable. C'est inconditionnel. Te voir heureuse serait la plus belle chose au monde pour moi. »
« Mais je suis heureuse à présent. »
Elle souleva un sourcil. « Tu es sure de ça ? »
« Je n'ai pas besoin d'avoir un petit-ami pour être heureuse, maman. Je vais bien… »
« Vivre le reste de ta vie dans la solitude ? » m'interrompit-elle
« J'étais sur le point d'ajouter avec toi et Jasper. »
« Jasper et moi t'aimons beaucoup, » elle prit mes mains « mais ce n'est pas la même chose que dans une relation amoureuse. Je veux que tu ressentes ça. Je veux que tu expérimentes l'amour avec quelqu'un qui peut t'offrir le monde. »
J'ouvris la bouche pour répondre mais je remarquais que Jacob était debout près de notre table. Il déposa l'assiette de Renée avant de placer la mienne. Il me sourit avec un clin d'œil.
Est-ce qu'il avait entendu ce que Renée venait de me dire ?
Le reste du déjeuner se passa avec une Renée anormalement compréhensive et généreuse. Jacob m'avait discrètement fait passer un bout de papier dans l'addition. Alors qu'il s'éloignait, je l'ouvris pour découvrir ses nom et prénoms, numéro de téléphone et adresse mail. J'éclatais presque de rire. C'était bien la première fois que ce genre de choses m'arrivait. Il avait l'air d'être quelqu'un de bien, mais mon cœur avait déjà été volé par quelqu'un d'autre, et même si ce quelqu'un d'autre préférait Renée, il lui appartenait toujours.
***
Renée me reconduisit à la maison en début de soirée. Nous avions passé plusieurs heures ensemble, marchant dans Seattle, juste pour parler. Après le déjeuner, le sujet « Edward » n'est pas revenu dans la conversation. Du moins, jusqu'à ce qu'elle me dépose devant notre maison.
« Je vois quelqu'un ce soir. » commença-t-elle alors que j'haussais un sourcil. Déjà ?!
« Ne me juge pas ! » dit-elle d'un air suppliant. « De toute façon, je vais te raccompagner, c'est sur mon chemin. Tu devrais appeler Edward pour lui dire ce qu'il s'est passé. »
Oh, parfait. Je devais déjà expliquer mon absence. J'avais espérer que cela pourrait attendre demain. Mais j'imagine que le plus tôt serait le mieux s'il choisissait de me virer. Il valait peut-être mieux faire ça au téléphone plutôt que d'aller jusque là-bas pour finalement être appelée dans son bureau et renvoyée chez moi.
Il avait deux bonnes raisons de terminer notre collaboration. La première, je ne l'avais pas prévenu de mon absence. Deuxièmement, notre relation (il devait probablement avoir peur de moi étant donné ce que je ressentais pour lui) pourrait interférée dans notre vie professionnelle.
Je rentrais à la maison pour apercevoir la mère de Jasper dans notre canapé, pelotonnée dans un coin, en train de se ronger les ongles.
« Hé ! Où est Jasper ? » dis-je dans un sourire
Elle se tourna vers moi, ses yeux remplis de larmes et ses mains tremblant nerveusement.
« Oh il est à l'épicerie. »
« Bien. Est-ce que tout va bien ? » lui demandais-je doucement.
« Je veux juste rentrer chez moi » répondit-elle en secouant la tête.
Je soupirais en attrapant une chaise.
« Je suis désolée, mais très honnêtement, je ne comprends pas pourquoi vous voulez y retourner. »
« Bella », elle s'allongea sur l'accouda, de façon à être plus près de moi. « Quand tu as été avec quelqu'un depuis longtemps, tu apprends à accepter ses défauts. Ils font partie de lui. Tout le monde a un bon et un mauvais côté. Nous sommes tous capables de faire des choses horribles, mais nous pouvons aussi en réaliser des merveilleuses. Mon mari – il est juste plus enclin à faire les mauvais choix. »
Je voulais protester. Je voulais lui rappeler qu'il y avait aussi des personnes cruelles dans ce monde qui ne ressentaient aucun remord. Selon toute vraisemblance, son mari pouvait en faire partie.
« C'est un homme bien Bella » poursuivit-elle « L'homme dont je suis tombée amoureuse est quelque part en lui, je peux voir cette fêlure à chaque fois. C'est la raison pour laquelle je reste. Je sais qu'un beau jour cet homme refera surface et brillera à nouveau. » elle souriait à elle-même en prononçant ces derniers mots.
Elle croyait réellement qu'il changerait. Je ne pouvais pas m'en convaincre. Il l'avait maltraitée. Et elle passait l'éponge en espérant qu'ils puissent rester ensemble ?
Je soupirais. Je ne pourrais jamais comprendre cela. Parler avec elle ne faisait qu'enflammer un peu plus la haine que j'éprouvais à son égard.
Je me redressais. « Et bien, je dois appeler mon patron pour lui expliquer pourquoi je ne suis pas venue travailler aujourd'hui. »
Elle baissa les yeux vers le sol, d'un air coupable.
« Je suis désolée d'avoir appelé. » dit-elle dans un murmure
« Pas moi. » Je m'agenouillais devant elle. « Je suis fière de vous pour ça. C'est le premier pas pour admettre que quelque chose ne va pas avec votre mari. Vous avez bien fait d'appeler. J'admets que j'étais bien moins contente lorsque vous n'avez pas voulu me suivre, mais je comprends qu'il vous ayez besoin d'y aller par étape. »
Elle ne répondit pas, je me redressais donc pour aller dans la cuisine, appeler Edward.
Je pris une profonde inspiration et composais son numéro.
« Allo ? »
S'il te plaît, ne me renvoie pas.
« M. Cullen, c'est Bella Swan. » Je levais les yeux au ciel. M. Cullen ? Parfait. Etre professionnelle pourrait vraiment aider.
« Bella, » il soupira de soulagement. « J'étais tellement inquiet pour toi. Où étais-tu ? Est-ce que tu vas bien ? »
Ce n'était pas comme ça que le discours « Vous êtes virée » débutait normalement.
« Je vais bien. »
Je me penchais vers le salon pour voir si la mère de Jasper écoutait ma conversation. Elle était toujours dans le canapé, la tête baissée.
« J'ai eu une problème personnel que je devais régler. Je suis tellement désolée de n'avoir pas appelé, mais je ne pouvais pas. Je n'avais pas pris mon portable avec moi. »
« Que s'est-il passé ? » demanda-t-il, d'un ton à la fois amical et concerné.
« Hum, et bien. » Je m'avançais dans la cuisine et parlais plus doucement. « Une personne m'a appelée très tôt ce matin pour me demander de l'aide. Elle avait un souci avec… »
Quelqu'un venait de frapper à la porte.
Je sortis en courant de la cuisine jusqu'au salon. La mère de Jasper était toujours au même endroit, fixant la porte, les yeux grands ouverts.
« Reste en ligne, il y a quelqu'un qui frappe. »
J'ouvris la porte.
Oh mon dieu. C'était lui.
Le père de Jasper se tenait devant moi, les yeux plantés sur moi. Je m'apprêtais à lui claquer la porte au nez, mais sa main la maintint ouverte.
« Fichez le camp d'ici ! » criai-je. « Vous n'avez pas le droit d'être là ! Je vais appeler la police. »
« Le bluff ne fonctionne pas avec moi » grogna-t-il
La mère de Jasper avait quitté le canapé pour venir jusqu'à nous ?
« N'y pensez même pas ! » lui criai-je avant de me placer devant elle, comme un bouclier. Son mari se faufila à l'intérieur alors que je lui criai de sortir.
Je pouvais entendre Edward à l'autre bout du fil.
« Bella ?! Que se passe-t-il ? Tout va bien ? »
« Non ! » lui répondis-je « Il y a un homme qui n'est pas le bienvenue et qui vient de s'introduire dans notre domicile ! »
« C'est bon j'arrive. Essayes de tenir quelques minutes. » dit-il précipitamment. J'avais entendu un bruit de démarrage en arrière fond.
Le beau-père de Jasper me jeta un regard mauvais alors que je laissais tomber mon téléphone et écartais les bras pour défendre sa femme.
« Sortez de cette maison, maintenant ! »
« Tu vas payer maintenant ! » murmura-t-il durement avant de me pousser sur le côté. Je m'étalais sur le canapé en gémissant. Cela faisait mal.
« Allons-y. » Il avait attrapé le bras de sa femme et la poussait vers la porte.
Je me redressais et me mis devant lui.
« Mon ami est sur la route. Il va te botter les fesses si tu ne dégages pas tout de suite ! »
Il éclata de rire avant de pousser de nouveau sa femme vers la sortie.
« Laurent ! » hurlai-je « Laisse-la ! »
Il m'ignora et continua à avancer. Je le suivais avant de cogner son dos. Il tourna alors sa tête vers moi et me poussa rudement, me faisant glisser puis tomber dans l'herbe. Il y eu un crissement de pneus et des phrases qui m'éblouirent alors qu'une voiture faisait son apparition. Laurent, avec sa main, retenait toujours sa femme tout en observant la voiture. La porte s'ouvrit et je me relevais.
« Bella ! »
C'était la voix d'Edward.
Il se précipita vers nous, haletant.
« Est-ce que tu vas bien ?! »
Je jetais un regard vers Laurent.
« Ca ira mieux lorsque cet enfoiré sera en prison. »
Edward les regarda lui puis sa femme.
« Cela ne devrait plus être très long. J'ai appelé la police en venant ici. »
A point nommé, les sirènes résonnèrent au loin avant de se rapprocher. Laurent commençait visiblement à paniquer et sa femme sanglotait à ses côtés.
Edward se tenait à mes côtés, si près qu'il n'y avait quasiment pas d'espace entre nous. Il pencha sa tête et laissa courir ses doigts sur mes bras. « Tu vas bien ? »
Sa voix était un souffle sur ma peau. « Je vais bien. » murmurai-je
Je ressentais cette indéniable attirance pour lui. Je voulais me rapprocher un peu plus pour faire disparaître l'espace qu'il y avait entre nous. Mais je fus vite ramenée à la réalité en entendant Laurent crier après sa femme avant de grimper dans sa voiture. Les lumières bleus et rouges tournoyaient alors qu'il démarrait sans sa femme.
Edward fit un pas en arrière lorsque la mère de Jasper courut en sa direction. Hurlant et pleurant. Je la rattrapais par l'en empêcher. Mes bras enserraient sa taille pendant qu'elle se penchait en avant en sanglotant.
« Je ne peux pas le perdre ! » dit-elle en pleurant.
Edward se retourna vers l'un des policiers. Laurent était coincé dans sa voiture, piégé par la voiture de police placée derrière lui. Il donnait des coups de poings sur le volant, hurlant des insultes tellement fort que je pouvais l'entendre malgré les pleurs de sa femme.
***
L'heure qui suivit fut surréaliste. Je devais raconter à la police ce qu'il s'était passé. Laurent avait été arrêté. Dieu merci. La mère de Jasper continuait à sangloter et ne voulait parler à personne. Jasper était là alors que la police se trouvait encore sur les lieux. Il était complètement paniqué, demandant ce qui était arrivé. Il expliqua qu'il ne s'était pas rendu au commissariat comme prévu et comme je l'avais espéré. Il avait voulu passer la journée avec sa mère et y aller le lendemain.
De toute façon, les dés étaient lancés à présent.
Edward passait constamment ses mains dans ses cheveux. J'aurai tellement aimé savoir ce qu'il avait en tête. Une fois que la police et toute l'agitation furent effacées, la tension et la gêne entre nous avaient refait surface.
Maintenant que je savais que lui et ma mère n'étaient plus ensemble, il était plus difficile d'être avec lui.
Nous n'avions pas eu la possibilité de nous parler en privé parce que Jasper voulait connaître tous les détails des évènements de la journée. Edward était parti après m'avoir demandée si j'étais sûre que tout allait bien. J'ai répondu oui, et après il m'avait demandée si je pouvais passer rapidement au restaurant, il voulait me parler de quelque chose.
Je n'arrivais pas à trouver le sommeil. Mon esprit ressassait ses mots dans ma tête. Il voulait me voir tôt demain, avant que les autres n'arrivent. De quoi voulait-il me parler ? Est-ce qu'il avait changé d'avis et me virer ? Est-ce qu'il avait réalisé que j'étais un vrai aimant à problèmes ? Et il ne voulait pas faire partie de tout ça ?
Apparemment, je devrais attendre demain pour avoir des réponses à mes questions.
Alors oui...je sais...c'est une fin très cruelle... Mais rappelez-vous, je ne suis que l'humble traductrice LOL c'est l'auteure qui a fait ce vilain cliff ;D
La suite est déjà traduite, on la corrige avec Anaïs et on la met en ligne d'ici ce week end je pense!
