Réponses aux reviews :

Guest inconnue number one : Oui, je sais, je suis une grosse flemmarde… j' ai honte, hein, mais là, j'ai une excuse : je ne suis pas très à l'aise avec l'écriture du genre de chapitre qui suit… je devrai être moins bloquée pour la suite.
Quant à mettre ma fic au niveau de Burning Moon… quand on voit la qualité de cette dernière… ben ça, c'est du compliment ! Merci !

Guest inconnue number two : Nan, elle s'est pas trompée de chambre… la réponse est encore plus consternante, hélas ! Mais que veux-tu, j'ai un humour de chiotte. ( ha, ha, ha.) Merci pour ton message, et encore une fois, j'espère être de retour pour le prochain chapitre plus rapidement !

Axelle : Oui, je sais, je suis une vilaine, mais tout auteur te le dira, y a pas plus jouissif que les cliffhangers. Et dans une fic 100 % romance, c'est pas facile d'en faire, alors quand je peux, ben je me prive pas !
Oui, Leah évolue, c'est évident. Une lectrice ( qui ne doit plus l'être, à présent, je pense !;-D) se plaignait en PM (message privé, du coup pas la peine de chercher son message dans les reviews ) que mon héroïne était triste à pleurer dans les premiers chap, voir carrément déprimante. Ben oui, tout à fait. Et c'est le contraste avec cette Leah et celle qui prend vie au contact de Jordy que j'aime, comme toi, apparemment !
Je reste en attente des résultats de tes recherches maritales pour publier les bans, hein !
Encore merci de ta review enthousiaste !

Laurie : pardon, Laurie, je le referai plus ! Enfin… peut-être une ou deux fois encore, hein, mais dis-toi que c'est bon pour le suspense ! Merci de ta review !

Nicky : Aaah, Nicky, je me suis mal fait comprendre ! Je ne dis absolument pas d'arrêter de reviewer, oh la la, non, malheureuse !;-) Tu rigoles ? J'adoooore les reviews, comme tout auteur de fic ! Non, juste, ça m'embête quand on s'excuse de ne pas en laisser à chaque chapitre, ou bien quand on le fait mais pas dès la parution du nouveau chap… je suis comme toi, quand j'aime, je le fais savoir, mais parfois je n'ai pas le temps sur le moment et j'oublie de le faire ensuite, ou alors j'ai une panne d'inspiration… bref, quand une lectrice s'excuse pour quelle que raison que ce soit, j'ai l'impression qu'elle se sent obligée de laisser une review, et ça m'embête, c'est tout. Alors si tu dis que pour toi, c'est un plaisir, c'est tout bon, parce que c'en est un pour moi aussi de te lire !
Et en ce qui concerne la raison du réveil nocturne de Leah… je pense que tu vas avoir des envies de lancer de tomates… j'espère te le faire oublier avec la suite du chap !
Encore merci pour ta review !

Flower-cullen : je viens de me rendre compte, juste au moment où j'allais poster le chapitre, que je ne t'avais pas répondu ! Je crois me souvenir avoir filé vérifier si tu n'avais pas posté la suite de Burning Moon, et du coup j'ai zappé… bref, je fais comme toi, je réponds ici !
Oui, cliffhanger assumé, très chère, et c'est pas évident dans une romance, je te ferai remarquer ! Et, ô que tu vas être déçue quant à la raison du réveil de Leah ! Matt et Johanna ? Ils sont au Canada, à ce moment de l'histoire ! Et je te rappelle que ni l'un ni l'autre ne sont au courant de la liaison entre Leah et Jordy avant la fin de « La Mission… » !
Je suis contente que le passage des flash back de Leah t'ait émue. J'avoue que moi aussi, c'est un moment qui me touche ( comme quoi, sur certains sujets, on peut avoir la même sensibilité !;-) C'est tout juste évoqué dans les livres, mais j'imagine qu'effectivement, ça n'a vraiment pas été facile pour elle.
Et pour ce qui est des sentiments avant le sexe, une fois encore, on se rejoint (eh, faudrait pas que ça devienne une habitude !) Mais pour la suite de l'histoire, fallait pas que je fasse trop traîner les choses ! Mais parce que tu es une des mes auteurs préférées, je vais te faire une confidence : comme tu le dis, on se doute déjà que Leah a quelques sentiments pour Jordy ; et bien Jordy, lui, est carrément dingue de Leah. Voilà, tu le répètes à personne, hein !?
Merci pour tout !

Ptitesfrimousses : je l'ai fini aujourd'hui samedi. Et j'ai promis de poster le plus rapidement possible. Alors j'ai une excuse en béton pour passer outre la pré lecture. De toute façon, je suis bien placée pour savoir que t'as pas le temps !:'-(

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CHAPITRE 10

HISTOIRE D'EAU

Quand on a les sens affûtés d'un monstre de légende, il ne s'écoule qu'une fraction de seconde entre le sommeil et la pleine conscience de son environnement. Il fallut juste une seconde de plus à Leah pour comprendre l'origine du bruit qui l'avait réveillée. Elle retomba lourdement sur son oreiller en grognant.

L'un des voisins de Jordy, ou une de ses voisines, avait eu besoin de soulager une envie pressante nocturne. Et aux oreilles hyper sensibles de la louve-garou, cela raisonnait comme les chutes du Niagara. (1)

Habituée à vivre seule, cette promiscuité inhabituelle avec des dizaines d'inconnus pourrait se révéler inconfortable. Leah soupira, tandis que le ou la fauteur de trouble n'en finissait pas.

C'est pas vrai, il a évacué au moins trois litres, là ! Il va s'arrêter un jour ?!

Enfin, au bout de quelques secondes supplémentaires, le vacarme cessa. L'Indienne put de nouveau distinguer les murmures de la nuit, dont le plus perceptible était une respiration profonde venant de la chambre jouxtant la sienne : Jordy dormait visiblement comme un bienheureux, lui. Chose qui risquait de prendre quelques temps à Leah, car ce réveil intempestif lui avait ôté tout espoir de replonger rapidement dans les bras de Morphée. Agacée, elle se tourna sur le côté, vers la fenêtre, un bras replié sous la tête, et fixa le ciel où perçaient faiblement les rares étoiles assez étincelantes pour rivaliser avec la pollution lumineuse de Los Angeles. Voilà au moins une chose où la mégalopole ne pouvait rivaliser avec la Push : dans la péninsule d'Olympic, elles se comptaient par centaines, embrasant le firmament. Et malgré les nombreuses années passées à les admirer, Leah ne s'en était toujours pas lassée.

Ici, hélas, elle ne pourrait pas compter sur leur contemplation pour occuper son insomnie. La Quileute se tourna et retourna dans son lit pendant dix minutes, puis finit par se lever pour s'approcher de la fenêtre, espérant apercevoir dans la rue quelque chose susceptible de l'occuper. Mais à cette heure-ci, aucune âme n'errait dans le quartier résidentiel, sans doute trop occupées à roupiller tranquillement dans leur lit. Leah pariait que c'était d'ailleurs ce que faisait en ce moment même la chute du Niagara humaine qui l'avait réveillée.

Et pour couronner le tout, elle commençait à avoir soif. Si jusque là elle hésitait à quitter sa chambre pour tromper son ennui, cela lui donna une excuse valable pour en sortir et trouver de quoi s'occuper. Peut-être qu'elle parviendrait à allumer la télé de Jordy et trouver comment changer de chaîne ? Il avait baissé le volume pour ne pas la déranger, elle doutait que le son au minimum perturberait son sommeil... ou avec un peu de chance, elle devinerait comment utiliser sa tablette magique. Au pire, tenter d'y comprendre quelque chose devrait lui faire passer le temps un moment, et elle aurait l'avantage de pourvoir la ramener dans sa chambre.

Leah ne tergiversa pas longtemps : elle tendit l'oreille avec circonspection, et le souffle régulier de Jordy finit de la décider. Elle enfila à la va-vite le T shirt sans manche que le jeune homme lui avait prêté et qui descendait juste sous ses fesses, et elle quitta sa chambre sur la pointe des pieds, passant devant celle de Jordy sans s'arrêter, respirant à peine, comme une enfant s'apprêtant à faire une bêtise. La lumière provenant de la rue à travers la baie vitrée de la pièce principale lui suffisait pour se déplacer avec assurance. Elle se dirigea donc en premier lieu vers le salon, où elle prit la tablette posée négligemment sur le divan. Puis elle rejoignit la cuisine et la posa à côté de l'évier, avant d'ouvrir le robinet et boire au filet d'eau. Dès la première gorgée, elle se recula en grimaçant, laissant échapper une exclamation dégoûtée : elle avait eu l'impression d'avaler l'eau d'une piscine. Dépitée, l'Indienne pria pour trouver quelque chose de moins chloré dans le frigidaire de Jordy.

Elle resta quelques secondes dubitative devant la porte de l'appareil gris acier pourvue d'un écran tactile rempli d'icônes incompréhensibles. Haussant les épaules, elle l'ouvrit sans s'attarder sur cette bizarrerie de plus, et cligna un peu des yeux face à la brutale agression de la lumière qui jaillit, dévoilant divers aliments, pas toujours identifiables, et quelques bouteilles rangées dans la porte. Pleine d'espoir, Leah se pencha pour les examiner de plus près, mais déchanta très vite : du soda, du jus de fruit, du lait. Pas idéal pour étancher sa soif.

Au moment où elle se relevait et refermait le réfrigérateur, l'obscurité soudaine fut de courte durée : le plafonnier de la cuisine illumina la pièce entière, et la louve-garou sursauta tandis qu'une voix encore un peu lourde de sommeil grommelait :

« Tu cherches quelque chose ? »

Leah expira bruyamment, étonnée de ne pas l'avoir entendu arriver. De toute évidence, elle n'était pas la seule à savoir se déplacer à pas de loup.

Jordy, les cheveux en pétard et les yeux clignant un peu sous la lumière, se tenait debout dans l'encadrement de la porte de la cuisine. Son regard bleu détailla rapidement son invitée qui tentait désespérément de rallonger le T shirt qui la couvrait en le tirant sur ses cuisses des deux mains. En une seconde, il sembla tout à fait réveillé.

« Heu… désolée, mais je meurs de soif… t'as de l'eau en bouteille ? Celle de ton robinet est infecte…

- Dans le placard, là…»

Il se dirigea vers le meuble à gauche de Leah et en ouvrit une porte du bas. L'Indienne l'examina tandis qu'il farfouillait, penché devant elle, vêtu en tout et pour tout d'un caleçon sobrement noir.

Il n'était certes pas aussi imposant que les Quileutes avec qui elle partageait sa vie, mais on ne pouvait pas le qualifier de chétif pour autant. Il était tout en muscles fins, qu'elle voyait jouer dans son dos hâlé par le soleil californien tandis qu'il se battait contre une bouteille récalcitrante coincée dans le placard.

Quand il se redressa, enfin victorieux, et qu'il tendit la bouteille à Leah, elle le remercia d'un petit sourire.

« Où tu mets les verres ?

- Là, mais tu peux boire direct, comme ça… on est que tous les deux… mais si ça te dérange de partager la bouteille…

- Non, non, pas de problème ! »

Elle défit prestement le bouchon et porta le goulot à ses lèvres, tout en prenant bien garde à ne pas lever trop haut le bras pour éviter que le T shirt ne remonte et dévoile ce qu'il était censé cacher. Après quelques gorgées, elle rabaissa la bouteille et allait la reboucher quand le jeune homme tendit la main vers elle.

« Non, passe! »

Il lui prit des mains et but à longues gorgées, faisant couler dans son avidité un mince filet d'eau qui glissa de la commissure de ses lèvres sur son menton, poursuivit sa course le long de sa gorge, puis franchit la clavicule pour mourir sur son torse.

Comme fascinée, Leah suivit sa progression, sans se rendre compte du petit soupir qu'elle laissa s'échapper. Sans s'apercevoir non plus qu'elle s'était approchée pour effleurer du bout des doigts l'endroit où l'eau avait fini sa course. C'est quand Jordy émit un grognement bref qu'elle retira sa main brusquement, relevant les yeux vers lui en se demandant vaguement ce qui venait de se passer.

Jordy reposa la bouteille sur la table lentement, tout en s'essuyant la bouche de son autre main, sans quitter Leah des yeux. Malgré ses cheveux qui se dressaient en épis désordonnés sur sa tête, il n'avait plus du tout l'air d'un petit garçon. Ses yeux d'ordinaire si chaleureux semblaient briller d'un feu glacé, parcourant avidement le visage de l'Indienne ; il pinça brièvement la bouche quand il s'attarda sur ses lèvres. La ligne de sa mâchoire qu'il contractait le faisait paraître en colère. Sa respiration saccadée en était peut-être un signe, aussi.

Ou alors c'était tout autre chose.

Leah resta immobile, à se demander ce qu'il allait résulter de ce face à face. Elle lui laissait le choix. Parce qu'elle-même n'arrivait pas à se décider de ce qu'elle souhaitait qu'il fasse.

Ils étaient très près l'un de l'autre, et quand Jordy s'approcha encore d'un pas et qu'elle ne recula pas, il dut estimer qu'il bénéficiait de son accord tacite : sans plus hésiter, il l'enlaça et posa ses lèvres encore humides et fraîches sur les siennes, délicatement dans un premier temps, voulant sans doute lui donner une dernière chance de lui échapper. Mais comme au contraire Leah entourait le visage du jeune homme de ses mains chaudes pour mieux répondre à son baiser, son étreinte se fit plus impérieuse, et sa langue s'invita à la rencontre de celle de son amante avec assurance. Leah se cambra et gémit presque imperceptiblement, mais cela n'échappa pas au jeune homme qui en sentit les frémissements dans son souffle. Une de ses mains descendit jusqu'aux reins de l'Indienne, la plaquant contre lui, ne lui laissant aucun doute de son envie d'elle. Délaissant le visage de Jordy dont elle pouvait sentir la barbe naissante sous ses paumes, Leah promenait des mains avides le long de ses épaules, puis caressa le dos, où la peau nue était si ferme, si douce… Quand il abandonna ses reins pour glisser le long de ses fesses, puis plus bas encore, pour agripper sa cuisse et faire remonter sa jambe tout contre sa hanche, de façon à s'immiscer un peu plus entre les cuisses de l'Indienne, elle renversa la tête en arrière en fermant les yeux, mettant fin à leur baiser. Jordy ne s'en formalisa pas, profitant au contraire de la gorge offerte pour y faire courir ses lèvre, sa langue, et parfois même ses dents, tout en maintenant la jambe de Leah d'une main, s'appuyant contre elle, bougeant sensuellement son bassin, lui donnant envie se s'ouvrir encore plus, de l'accueillir, enfin…

Sans plus attendre, il passa sa deuxième main sous l'autre cuisse et souleva la louve-garou comme si elle était une poupée et pas une femme quasiment de la même taille que lui, c'est-à-dire dépassant de peu le mètre quatre-vingt. C'est tout naturellement que Leah se retrouva les jambes enroulées autour de ses hanches, comme il en avait exprimé le souhait quelques heures plus tôt.

« Tu as une préférence ? Cuisine, salon, chambre ? » murmura-t-il d'une voix rauque et hachée en l'asseyant sur la table, puis en faisant glisser les bretelles du T shirt, dénudant ses épaules dont il caressa l'une d'une main tout en mordillant l'autre en attendant la réponse.

Leah ferma les yeux en plongeant ses mains dans les cheveux du jeune homme, tout en essayant d'aligner deux pensées cohérentes.

« Personnellement, poursuivait-il entre ses douces morsures lascives, ça m'est égal… vu que je compte bien te faire l'amour dans chaque pièce de cette maison… »

L'Indienne gémit quand il poursuivit son exploration plus bas, tirant encore le T shirt sur son buste, dénudant ses seins, et qu'arrivé à un de ses mamelons il en saisit la pointe érigée entre ses lèvres alors qu'une main s'emparait de l'autre et le caressait avidement.

« Et même plusieurs fois, parce qu'il n'y en a pas beaucoup… »

Le souffle de ses paroles murmurées sur le téton qu'il venait de lécher de la pointe de sa langue la fit se cambrer encore plus, et elle abandonna sa chevelure blonde, préférant prendre appui des deux mains sur la table, pour s'arquer encore plus, s'offrir sans retenue à ses caresses. Il ne se fit pas prier, embrassant, caressant des lèvres ou de la langue, chaque parcelle de ce que Leah lui proposait. Elle se tenait la tête penchée en arrière, les deux bras tendue dans son dos, le T shirt à présent inutilement chiffonné autour de ses hanches, et ce n'est que quand Jordy murmura « Bon, ben ce sera sur la table de la cuisine, alors… » qu'elle reprit assez ses esprits pour protester dans un souffle :

« Non… non ! »

Jordy se redressa un peu, et elle fit de même, pour capter son regard.

« Non… pour la première fois… ça sera dans ton lit… »

Le jeune homme la libéra de son étreinte en souriant, puis sans crier gare la souleva dans ses bras telle une princesse, encore une fois comme si elle ne pesait pas plus lourd qu'un oiseau. Elle noua les bras autour de sa nuque en ricanant nerveusement :

« Tu vas te faire un tour de rein, abruti !

- Mais non ! Bon, six étages à pied, je dis pas, mais jusqu'à ma chambre, je devrais pouvoir y arriver ! »

Tout en parlant, Jordy s'était déjà avancé dans le couloir, et comme il l'avait affirmé, il parvint à porter Leah jusque devant sa chambre. Il repoussa la porte entrouverte d'un coup de pied, puis s'avança devant le lit, et essaya de poser délicatement la louve-garou dessus. Mais c'est là que ses forces le trahirent, et il fut entraîné par le poids de son fardeau, la posant un peu rudement sur le matelas et tombant sur elle avant d'avoir pu dégager ses bras. Leah protesta d'un grognement et il roula immédiatement sur le côté tout en s'excusant :

« Désolé ! Je t'ai fait mal ? »

Elle le rassura d'un sourire :

« Mais non ! Je ne suis pas en sucre ! »

Soulagé, il répondit à son sourire, et elle glissa une main sur sa nuque pour le pencher vers elle et l'embrasser. Il y répondit avec enthousiasme, mais trop vite au goût de l'Indienne, se recula. Intriguée, elle fronça les sourcils quand il l'observa étrangement, avec ce qu'elle prit pour de l'hésitation. Mais très vite il la détrompa en repoussant délicatement une mèche de cheveux noirs qui barrait son front, lui cachant un peu un œil, tout en lui murmurant :

« Je n'ai jamais rencontré une femme comme toi, Leah… »

La louve-garou ne put s'empêcher de pouffer :

« Ah ben tu m'étonnes !... »

Jordy eut un bref gloussement, puis hésita encore un instant, semblant vouloir dire autre chose… pour finalement préférer laisser tomber ses atermoiements et reprendre là où il s'était arrêté, à la grande satisfaction de son amante.

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OoOoOoO

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Quand Leah ouvrit les yeux, la vive lumière qui illuminait la chambre la surprit. Sourcils froncés, elle voulut se redresser un peu sur le coude pour parvenir à lire l'heure sur le réveil de Jordy, mais constata rapidement qu'un poids mort l'entravait, l'empêchant de se mouvoir. Enfin, un poids plus « vivant » que mort, pour être précis. Qui respirait tranquillement dans son dos, en ronflant un peu, et dont le souffle chatouillait son épaule nue.

Jordy la tenait enlacée, son corps lové tout contre celui de la louve-garou, en épousant étroitement chaque contour. Le bras du jeune homme reposait sur sa hanche et la plaquait contre lui. Leah s'amusa un instant à comparer leur carnation, elle plus foncée et tirant sur le cuivré, lui nettement doré, impression accentuée par les rares poils blonds qui parsemaient son avant-bras.

Après un rapide débat intérieur, elle décida de rester un peu allongée là, malgré l'heure manifestement avancée. Après tout, rien ne pressait. Elle était en VACANCES. Et les grasses matinées faisaient généralement partie du programme, non ? Surtout si on considérait que la nuit avait été plutôt courte. Et intéressante.

Courte, intéressante, et… délicieuse.

Certes, elle était en manque. Et effectivement, dans ces moments là, elle n'était généralement pas très regardante. Mais elle n'allait pas se mentir, Jordy avait été à la hauteur de ses vantardises. S'il était évident qu'il préférait mener la danse et ne manquait pas d'imagination, il n'avait pas rechigné à expérimenter quelques pratiques que la Quileute, forte de sa longue expérience, n'avait pas manqué de lui montrer. Et qu'il avait approfondies avec un enthousiasme affirmé. Leah se réjouissait à l'avance de ce qu'elle pourrait encore lui apprendre, et espérait qu'il serait de son côté aussi divinement entreprenant que cette nuit. Et inspiré. Parfois audacieux. Et, d'autres fois, lui manifestant plus de…

… la louve-garou n'arrivait pas à mettre le doigt dessus, le mot lui échappait.

Elle n'eut pas le temps de chercher, car le bel endormi se réveillait enfin. Il remua doucement les jambes et s'étira, en la serrant davantage contre lui dans le même mouvement, puis relâcha ses muscles, de nouveau alangui dans son dos. Leah tourna la tête vers lui et récolta un baiser sur la tempe, juste avant qu'il ne murmure un « Bonjour, princesse ! » ensommeillé dont le souffle chatouilla son oreille, faisant courir une onde à la frontière entre le plaisir et l'inconfort le long de ses reins.

« Tu me chatouilles ! protesta-t-elle en essayant de se soustraire à son emprise.

- Désolé ! »

Il roula sur le dos, la libérant enfin, mais plutôt que de sortir du lit, elle se retourna pour lui faire face, posa sa tête dans le creux de l'épaule du jeune homme, et il l'enveloppa aussitôt du bras, en caressant nonchalamment sa hanche d'une main paresseuse. Elle observa son profil, constatant qu'il avait refermé les yeux. Manifestement, il était de ceux dont le réveil était laborieux. D'ordinaire, ce genre d'homme était une bénédiction pour Leah : ça lui évitait les explications fatigantes quand son partenaire réclamait un autre round qu'elle ne consentait généralement pas lui accorder. Cette fois, pourtant, ce fut pour une toute autre raison que la Quileute apprécia l'indolence de son amant : ainsi somnolent, presque vulnérable, elle pouvait à loisir le contempler sans qu'il ne l'assaille de remarques plus ou moins spirituelles, de compliments plus ou moins indécents, ou que plus simplement, il ne lui fasse perdre la tête par ses caresses et ses baisers.

Un peu comme si elle était dans l'œil du cyclone, en fait. L'ouragan Jordy apaisé avait son charme, aussi.

Leah se redressa sur un coude et de sa main libre fit courir légèrement ses doigts sur le torse du jeune homme qui se soulevait en cadence à chaque respiration légère. Il entrouvrit une paupière, du côté de l'Indienne, et bailla en s'étirant comme un chat.

Tout à fait réveillé cette fois, Jordy tourna la tête vers Leah et plissa le nez en une grimace comique.

« J'aimerai me la jouer hyper romantique après la nuit qu'on vient de passer et dire un truc genre « je n'ai faim que de toi ! », mais là, j'avoue, j'ai vraiment les crocs… »

Comme pour prouver ses dires, son estomac émit un grondement sonore. La louve-garou tenta de réprimer vainement un éclat de rire.

« Alors avant toute chose, un bon p'tit dèj s'impose ! affirma-t-il en se redressant.

- Vu l'heure, on est plus dans le déjeuner que le petit déjeuner… fit remarquer Leah.

- Tu as absolument raison, princesse, je vais donc préparer une double ration pour rattraper tout ça ! »

Avant de sortir du lit, il se pencha vers la Quileute pour lui embrasser le bout du nez. Puis il se redressa, posa les pieds par terre et se leva, superbe et nu. Leah se régala de la vue, et avant de quitter la chambre, il lui lança un regard un peu moqueur. Mais pas seulement. Il y avait aussi…

La louve-garou trouva enfin le mot qui lui échappait tout à l'heure.

De la tendresse.

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OoOoOoO

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(1) : Celles qui veulent des munitions pour les jets de tomates et œufs pourris, le stand, c'est par là… oui, là, au fond à gauche… mais allez-y doucement quand même !...