Chapitre 10
Blessures

Lui, un prince elfe, grièvement blessé par une simple humaine. Comment était-ce possible ? Avec une arme crée par cette espèce entre les mains, n'importe quel être pouvait devenir mortellement dangereux. C'est pourquoi il commença immédiatement par fouiller sa captive. Son bras droit lui faisant souffrir le martyre, il dut ranger sa lance, et n'utiliser que son bras gauche. Il n'avait pas besoin de lui ordonner de rester calme, elle était trop effrayée pour bouger.

Meliell sentit la main du prince parcourir furtivement son corps. Elle ne pensait même pas à cette agréable distraction, tant elle s'inquiétait sérieusement de ce qu'elle allait devenir. La peur la rongeait toujours. Mais si elle servait d'otage, il ne pouvait pas la tuer, n'est-ce pas ?

Elle ne transportait rien sur elle à part un appareil inoffensif accroché à sa ceinture. Il fouilla alors son sac, et en sortit le revolver. Il le regarda avec dégoût, et après s'être assuré que l'humaine ne possédait pas d'autres armes que celle-là, il le jeta par terre et le transperça avec sa lance.

« Sit down there, lui ordonna Nuada en pointant avec sa lance l'endroit où il était assis lorsqu'elle l'avait vu la première fois. »

Elle obéit immédiatement. Son angoisse se dissipait au fur et à mesure qu'elle réalisait que sa vie ne se terminerait pas cette nuit-là : elle tremblait moins, et son rythme cardiaque se calmait lentement. Le prince le remarqua aussitôt, rien ne lui échappait.

« If you think you're safe, you're mistaken. I need you to be alive, not in good health. »

Leurs regards étaient plongés l'un dans l'autre. L'elfe faisait pression sur sa captive, affirmant son autorité, et Meliell n'arrivait pas à détourner les yeux tant elle trouvait ceux du prince fascinant... Pourtant, il ne fallait pas. Elle devait lutter contre ses sentiments. Elle n'obtiendrait rien en retour : ce sale raciste souhaitait plus que tout que l'humanité tout entière disparaisse, il ne verrait jamais au-delà de son apparence humaine... Seule la peur la défaisait de son cœur. Elle devait se rappeler que sa vie ne tenait plus qu'à un fil. Celui de la lame du prince. Elle payerait cher le prix d'un faux pas, quel qu'il soit.

« And don't even think about running away. I would hunt you and punish you in the most painful way. Is it clear, human ? »

Elle n'osa pas ouvrir la bouche, et hocha simplement la tête, les yeux baissés. L'elfe s'en contenta. Il sentait sa crainte. Les humains chérissaient leur propre vie plus que tout, et dès qu'elle était menacée, ils devenaient si obéissants... Ça lui donnait la nausée. Nuada avait déjà hâte que les sept jours soient passés. Après l'obtention de la Golden Army, plus un seul être humain ne l'importunera.

Il se détourna rapidement de Meliell et monta les escaliers sur lesquels elle avait trébuché. Elle l'entendit parler en une langue qu'elle ne connaissait pas, puis il reparut devant elle. Le prince ne faisait absolument plus attention à elle. Il retira son armure, sa ceinture rouge et son haut noir. Meliell, le visage rougissant et la bouche entrouverte, était horriblement gênée. Dieu que son corps était magnifiquement sculpté. Sa peau blanche lui donnait l'image de la lune perdue dans un ciel noir. Ses nombreuses cicatrices témoignaient de sa qualité exceptionnelle de guerrier... Cependant, la blessure encore toute fraiche et dégoulinant d'un sang doré foncé à l'arrière de son bras la fit stopper son admiration. C'était de sa faute. Même si elle l'avait blessé pour sauver la vie de Red, elle se sentait coupable d'avoir tiré sur quelqu'un. Surtout sur l'élu de son cœur... Drôle de manière de draguer.

Au petit rire léger qu'il entendit, Nuada se tourna rapidement vers l'humaine. Qu'est-ce qui la faisait rire ? Il ne vit pas son visage, elle était assise en position fœtale, le front sur les genoux. Il mourrait d'envie de la rouer de coups, et de lui trouer la peau comme elle avait osé lui faire. Mais il valait mieux qu'il se tienne tranquille jusqu'à l'arrivée du médecin, la balle se trouvait toujours dans son bras, il la sentait. De plus, la perte de sang et la téléportation l'avaient considérablement affaibli. En attendant, il essaya de bander la plaie avec un linge pour limiter l'hémorragie, même si cela présentait des difficultés avec une seule main. Si seulement Wink vivait encore, il aurait pu l'aider... et s'occuper de l'humaine à sa place. Mais ce démon l'avait tué. Pourquoi avait-il rejoint le camp de ces êtres abjects ? Qu'est-ce qu'on pouvait bien leur trouver ? De plus, il semblait particulièrement attaché à celle-ci : il n'avait pas hésité une seconde à la secourir dans l'entrepôt. Pourtant, elle n'était rien de plus qu'une simple souillure parmi tant d'autres. Tous ne méritaient que la mort pour ce qu'ils avaient infligé à son peuple.

Meliell pensait à Red. À présent qu'elle savait que sa vie ne courait plus aucun danger, elle reportait son inquiétude sur lui. Au fil du temps, il était un peu devenu comme un père pour elle, Liz, une mère, et Abe, un bon professeur et une épaule compatissante. Elle s'était constitué une belle petite famille. Mais avait-elle tiré à temps pour en sauver le chef ? Aucune pensée ne pouvait la réconforter. De plus, un courant d'air passant à travers son t-shirt léger lui rappela qu'elle ne se trouvait plus entre les murs du B.P.R.D. Et dire que ses pièces surchauffées lui manquaient... Les techniciens n'arrivaient jamais à régler la température, qu'il s'agisse de la climatisation ou du chauffage.

Des bruits de pas hâtés firent relever la tête à Meliell. Peu de temps après, un gobelin descendit les escaliers. Deux cornes lui sortaient du haut du front, dont une était cassée, et il était couvert d'un long manteau de cuir. D'un coup, la plupart des soucis de la jeune fille s'envolèrent, tant elle était concentrée sur le nouvel arrivant.

« Sire, what happened ?

- I need you to get a bullet out of my arm.

- Let's see that. »

Merde, alors sa balle était restée dans son bras... Meliell se mordit la lèvre. Rien que d'y penser, elle avait mal pour lui. Et dire que c'était elle qui avait causé ça. Le prince s'assit par terre tandis que le gobelin sortit une lampe et un plateau en métal sur lequel il disposa une pince, un scalpel et d'autres instruments chirurgicaux. Donc, il était docteur...

« Hum... Unfortunately, it just missed a few millimeters and the bullet would have gotten out by the other side... It would be difficult to get it out by here. I'm sorry but I think I'll have to finish what the bullet began, and cut the front of your arm to get it out.

- Do what you have to do.

- Then, I'll need water and cloth.

- Human !, hurla Nuada »

Meliell, qui était très concentrée sur l'intervention du gobelin, sursauta.

« Bring what the healer need. There is cloth in this bag, and you'll find water in the bathroom on your right in this tunnel. »

Meliell hocha la tête, apporta le sac, et partit vers la salle de bain. Enfin, il avait appelé ça une salle de bain, mais ce n'était pas tout à fait ça. Mal éclairée, la pièce ne contenait qu'un lavabo, une armoire, un grand baquet, et un robinet qui sortait du mur servant sans doute de douche. Pendant qu'elle cherchait de quoi transporter l'eau, elle entendit assez clairement ce qui se disait à côté.

« She is human ?

- Yes.

- Well, she's really obedient for one of this kind. Usually, humans are so stubborn they don't make good slaves. You've subdued her very well, my prince. »

Quoi ? Il pensait qu'elle était son esclave ? Nuada reconnaissait que tous deux venaient d'agir comme un maitre et son esclave : il lui avait donné un ordre, elle s'était exécutée sans discuter. Mais en plus, ça présentait un avantage majeur. Personne ne saurait le réel but de cette humaine : obtenir la Golden Army. Certains partisans de son père pourraient s'en prendre à elle pour contrecarrer ses plans. Cependant, ils n'oseraient pas toucher à sa propriété. Ils n'en auraient pas le courage. Et cela permettra d'éloigner aisément son cousin d'elle sans éveiller le moindre soupçon.

Quoi ? Depuis quand était-elle son esclave ? Cela l'avait tellement choquée, que le sceau lui avait échappé des mains. Elle tendit encore l'oreille, mais ils ne parlaient plus. Alors, le prince ne le démentait même pas ? Frustrée, elle commença à remplir le récipient d'eau en soupirant. De toute façon, ça ne changera pas grand-chose. Il exercerait toujours son autorité sur elle, et elle obéirait, car elle n'aurait rien d'autre à faire, qu'elle tenait à tous les membres de son corps, et qu'elle était bien élevée...

Oui, en y réfléchissant, elle était de nature assez docile. Non pas parce qu'elle aimait particulièrement rendre service, mais plutôt parce qu'elle voulait qu'on n'ait aucune raison de lui refuser une faveur... Ça, ça n'arrivera jamais que le prince lui accorde quoi que ce soit en retour. Même pas en rêve. Quoique. Son imagination pouvait se montrer très puissante. D'ailleurs, quand Nuada ne se trouvait pas près d'elle, ne l'idéalisait-elle pas ?

Meliell revint, déposa le seau à côté du gobelin, et allait se rasseoir là où Nuada lui avait ordonné lorsqu'on l'interrompit dans son mouvement.

« Stay here, I'll need you. »

Effectivement, elle était clairement une esclave aux yeux de médecin. En même temps, vu ses pulsions meurtrières face aux humains, pourquoi Nuada s'embarrasserait-il à épargner l'une d'entre eux et à la garder avec lui ? Certainement pas parce qu'il l'aimait... Ha, ce n'était pas le moment ! Il fallait qu'elle se concentre pour aider le gobelin. Il était quand même sur le point d'extraire une balle du corps de quelqu'un. Surtout que ce quelqu'un se trouvait être le prince d'un peuple fantastique, qui avait sa vie entre ses mains, et dont elle était accidentellement tombée amoureuse.

« I'll anesthetize your arm, and begin to cut, so move as less as possible. And you, you will clean the blood with that. »

Le gobelin lui mit un chiffon humide entre les mains, et prépara sa seringue. Nuada ne grimaça pas quand l'aiguille pénétra dans sa chair. Meliell, si. Tout au long de l'intervention, son visage exprimait la souffrance qui aurait dû s'afficher sur celui de l'elfe. Elle avait mal pour lui. Beaucoup de sang coula durant la coupe, mais elle remplit merveilleusement sa tâche d'assistante. Elle trouvait bizarre que son sang soit doré. Cela lui donnait l'impression qu'il avait l'allure d'un prince jusque dans ses veines.

En tant que guerrier, Nuada avait l'habitude de la douleur. Mais il sentait également celle de Nuala. À chaque fois, cela lui déchirait le cœur que sa sœur souffre à cause de lui... Non, cette fois, c'était la faute de...

À cet instant, le regard de l'elfe croisa celui de sa captive qui relevait la tête après l'extraction de la balle. Nuada, les sourcils froncés, remarqua la joie affichée sur le visage de l'humaine, son large sourire, ses yeux pétillants. Presque immédiatement, elle détourna le regard et se concentra de nouveau sur sa tâche, l'air contrarié. Il lui semblait même qu'elle rougissait légèrement. Mais pourquoi se réjouissait-elle ? La balle provenait de son arme. Et elle avait réussi à sauver sa peau, ses amis, et sa race pour une semaine de plus. De plus, elle était parvenue à l'humilier, lui, un prince guerrier. Cet enjouement n'avait pas lieu d'être. Mais il avait vu juste, il en était certain. Même lorsque le contact ne durait qu'un instant, ses grands yeux noirs laissaient transparaitre la plupart de ses pensées. Et elle le savait, elle en rougissait. Peut-être en avaient-ils dit plus qu'elle ne le souhaitait. Enfin, ce n'était qu'une humaine, il n'y avait pas de quoi s'en préoccuper autant.

Ha ! Quelle conne ! Ce n'est pas possible ! Qu'est-ce qui lui avait pris de relever la tête avec son sourire béat démesuré ? Pourquoi ne pas lui sauter au cou, l'embrasser, puis lui déclarer sa flamme, pendant qu'elle y était ? Des fois, elle se demandait vraiment ce qui n'allait pas chez elle... Tout de même, elle avait pu apprécier le regard dur, sombre, et imperturbable du prince... Elle parvint difficilement à écouter le gobelin qui lui enseignait comment faire le pansement de Nuada. En entendant la moitié de ses mots, elle comprit quand même qu'il fallait enduire la blessure d'une crème spéciale, puis faire un bandage serré.

« Thank you healer.

- You're welcome, my prince. But I'm afraid you'll have to stop training for some days if you don't want the wound to open again. And, I noticed your human is not in good health. Do you want that I examine her ?

- Hum... Yes, please. »

Il avait accepté pour la simple raison qu'en tant que son maitre, il se devait de bien la traiter un minimum. Surtout pour une personne de sang royal. Une esclave blessée ou malade ne lui servirait à rien. Et le fait qu'elle soit humaine n'y changeait rien.

Cependant, il devait avouer qu'elle avait mauvaise mine. Son teint pâle, sa maigreur, ses lourds cernes... Nuada espérait vivement qu'il ne serait pas trop obligé de se préoccuper de l'humaine. Non seulement il trouvait cela dégradant, mais en plus il devait se soucier de bien d'autres problèmes. Comme mettre en place un plan d'attaque pour l'échange, essayer de forcer le lien avec sa sœur pour connaître la tactique du B.P.R.D., garder les partisans de son père ou d'éventuels ennemis à distance... Il lui avait dit qu'il se foutait de sa santé, mais il ne parlait pas de maladies, juste de coups et blessures mineurs.

Meliell haïssait aller chez le docteur. Non seulement à cause de l'odeur insupportable de la salle d'attente, mais aussi parce qu'elle devait se laisser toucher. Et elle détestait cela, les mains baladeuses des médecins. Déjà, elle frémit rien qu'en sentant le gobelin effleurer la coupure à son cou.

« Don't be afraid, I will not hurt you. »

Pourquoi était-elle aussi tendue tout à coup ? Elle semblait pourtant s'être remise du voyage. Il en fallait vraiment peu pour l'effrayer.

Et merde... En plus, le prince s'était relevé et la regardait de haut. Il devait surement penser qu'elle n'était qu'une froussarde... Et bah, ça commençait bien. Parce que ce n'était pas fini, elle allait encore l'emmerder avec ses problèmes de santé dont elle s'occupait parfaitement toute seule. D'ailleurs, pourquoi avait-il demandé à ce qu'il l'examine ? Elle doutait très fortement qu'il s'inquiète pour elle.

« Who made this cut, prince ?

- Me. »

Le gobelin le regarda avec de grands yeux étonnés.

« She did not surrender without a fight.

- Since when do you have her ?

- Some minutes. »

Il croyait surement que cela faisait beaucoup plus de temps qu'il la possédait, car ses yeux s'agrandirent encore. Meliell n'avait pas réalisé que si le prince mentait à propos d'elle, cela impliquerait d'autres mensonges. Heureusement qu'elle n'avait pas ouvert la bouche.

« And she obeys you so soon ?

- She knows what will happen if she dares disobey me. »

Meliell tressaillit au regard noir que le prince lui lança. Non, elle ne savait pas exactement ce qu'il lui réservait, mais elle pouvait aisément deviner que ce serait extrêmement douloureux.

« She's also wounded at the back of her head, and at her left arm, informa l'elfe. »

Le gobelin appliqua une crème sur la coupure au cou de la jeune fille, mais pas sur la tête vu qu'une croute s'était déjà formée. Puis il lui releva sa manche gauche pour regarder la plaie. Meliell ne remarqua qu'à ce moment-là qu'elle avait froid. Il fallait avouer que son t-shirt ne tenait pas particulièrement chaud.

« The wound is already bandaged and treated.

- I know, she had time to go to hospital before I met her again. Please take a look at it, I do not trust human medicine. »

Nuada inventait son mensonge au fur et à mesure en se basant le plus possible sur la réalité. Heureusement que l'humaine ne parlait pas, il ne fallait pas que le gobelin ait le moindre doute sur la véracité de ses paroles. Car ici, les rumeurs circulaient rapidement, et cela pourrait lui causer des ennuis si on soupçonnait qu'il cachait quelque chose. Surtout avec son demeuré de cousin.

Le médecin retira le bandage ensanglanté, et Meliell put voir clairement sa blessure. La coupure était nette et aurait été assez large pour la tuer si Red n'avait pas dévié la lance. Le sang n'avait pas encore tout à fait coagulé. Mais en dessous se trouvait un grand bleu qui s'étendait du bas de sa plaie jusqu'à son coude. Il était surement apparu quand le prince lui avait demandé l'emplacement du cylindre. Le gobelin appliqua un baume sur l'hématome, et pansa de nouveau la blessure après l'avoir traité.

« Why are you so pale and thin ?

- I'm anorexic and insomniac. »

Meliell réalisa qu'elle parlait pour la première fois depuis son départ forcé du B.P.R.D. Le médecin soupira.

« Prince, you'll have to watch if she eats well. And if you want to punish her, don't deprive her of meals. About her insomnias, make her drink an infusion before sleeping. You know which herbs you have to use, I presume. And give her a blanket if you don't want her to catch a cold. »

Nuada acquiesça et remercia le gobelin. Maintenant qu'ils n'étaient plus que tous les deux, il jeta un œil à l'humaine avant de commencer à préparer son infusion. Elle était perdue dans ses pensées, le menton appuyé sur ses genoux. Cela semblait arriver souvent. Au moins, elle était silencieuse et calme. Deux qualités rares pour un être humain. D'après son regard, elle était angoissée. Cogitait-elle sur son nouveau statut ? À ce qui se passerait durant cette semaine ? À ses amis ? Quant à lui, il devait préparer une histoire cohérente concernant sa jeune esclave. Le lendemain, il l'informerait sur ce que cela impliquait. Et puis, il devait réfléchir à un endroit et une tactique pour récupérer le cylindre et le fragment de la couronne. Mais pour l'instant, il allait dormir. La blessure et la téléportation l'avaient totalement épuisé. Il faudrait juste qu'il attache l'humaine avant, pour être sûr qu'elle ne profite pas de son sommeil pour essayer de s'enfuir.

Bon, au moins, elle était soignée, et elle ne mourra pas de faim... mais peut-être de froid, vu les courants d'air. Meliell espérait que le prince suivrait les conseils du médecin. Déjà, il lui préparait l'infusion pour ses insomnies, tout espoir n'était donc pas perdu pour la couverture.

Une foule de questions attendaient de trouver une réponse, lui donnant pratiquement une migraine. Mais pour le moment, elle ne voulait penser à rien. Nuada allait l'endormir, et elle n'aurait pas le temps de finir ses réflexions et suppositions. Demain, elle aura toute la journée pour ça. Quoique... Devra-t-elle vraiment jouer les esclaves ? Qu'est-ce qu'elle ferait ? Oh, elle le saura bien assez tôt.