Dosvidania !

J'avais plein de trucs à vous dire, et puis j'ai oublié… d'ailleurs en parlant de ma mémoire de moineau, je tenais à m'excuser pour les teasers que j'ai donné aux personnes qui ne le souhaitaient pas…je sais, c'est moyen^^

Par contre je n'oublierai pas de vous remercier encore un par un pour tous vos commentaires, ma boite mail a littéralement explosé ! Vous avez battu des records la dernière fois ! MERCI.

Ah oui je voulais vous rappeler aussi que je passerai cette fic en rated M. Je vois que certains se réveillent subitement, on reconnait les pervers *se racle la gorge* ^^. Je vais être franche, je ne sais pas moi-même si ce sera le prochain chapitre ou non, mais ne soyez pas surpris de ne plus trouver les MAJ en rated T la fois prochaine, je vous dis ça juste au cas où…

Réponses à quelquesreview anonymes :

Let me sign : Voilà, voilà, ça arrive !

Blandine: Tu m'as fait rire avec ta question, bien sûr que non ça ne me vexe pas ! Alors pour être honnête je n'ai jamais compté le temps que me prend l'écriture d'un chapitre, mais des dizaines d'heures, ça c'est sûr. Sans t'ennuyer avec mes explications, j'ai un carnet ou j'écris la trame du chap d'abord, ensuite je commence à taper, je dirais environ 5/6h par jour en moyenne. Au total je ne dois pas être loin des 50h… Bon finalement je n'aurais pas dû faire le calcul^^

Elodii: Que dire si ce n'est 'merci' pour tout ?

Brise: Ton idée de raconter le POV d'Eddy quand il vient au resto de Bella est vraiment intéressante, mais si je dois le faire je pense que ce serait un out-take. A voir…

Nanar: j'étais mdr en lisant ta review, une 'desodreyxication', vraiment ?

Sab: Je t'aurais donné avec plaisir un teaser, mais pour cela il faut que tu sois identifié sur le site, sinon je n'ai aucun moyen de te joindre…

Katia: Heureuse de constater que je rentre dans tes critères de sélection ^^^, j'espère que cette longue suite te plaira.

kmi: Coca light ? J'adhère, moi c'est 1,5l par jour et pour l'écriture, il me faut ma tablette de chocolat noir et mon verre de lait (comment ça à 25 piges on ne boit plus de lait ?! Il me faut ma dose de calcium moi^^). Et ne t'inquiète pas j'irai au bout de cette histoire, je l'aime trop pour ça.

Je voulais vous dire aussi que j'aimerais beaucoup pouvoir lire vos fic (pour les personnes qui en écrivent) et vous donner mon avis, mais malheureusement, vous comprendrez que je n'en ai pas le temps en lisant ma reply à Blandine… :-(

Bon ben finalement je vous aurais tout dit… Après plus de 16000 mots de chapitre, je ne suis pas encore bonne à jeter faut croire...

Bonne lecture mes toxicos préférés, enjoy it ! (quelques nouveaux liens sur mon profil pour ce chapitre)

Odrey ;-)

Chapitre 10 : Passé, présent, futur

« Et merde… » murmurai-je tout bas. Je me retournai et fis mon plus beau sourire d'hypocrite. « Jane ! Quelle coïncidence de te voir ici ! Comment vas-tu ? » m'écriai-je en voyant la jeune femme blonde venir vers moi.

« Nettement mieux maintenant… » dit-elle à mon oreille avant de déposer un baiser sur ma joue.

Par réflexe, je levai les yeux vers notre table et croisai le regard de Bella, mais aussitôt, elle détourna le regard et baissa la tête.

POV Bella

Embarrassée d'être surprise par Edward, je baissai la tête et attrapai machinalement une miette de pain sur la table pour occuper mes mains. Qui était cette fille ? Elle devait bien le connaitre pour lui faire la bise… Non, ça avait été bien plus qu'une simple 'bise', c'était carrément un baiser qu'elle lui avait fait sur sa joue, le genre de baiser qui voulait dire plus que 'Oh Edward je suis contente de te voir !'. Sans savoir pourquoi et sans connaitre cette fille, je savais que je la détestais déjà.

« Ça va Bella ? » s'inquiéta Rosalie en me sortant de mes pensées.

« Hum, oui, tout va très bien » répondis-je avec sourire en balayant avec le dos de ma main les miettes que je venais de piler entre mes doigts.

« J'en reviens pas, mais qu'est-ce qu'elle lui raconte encore ? » maugréa Kate en regardant dans la direction d'Edward. Visiblement, je n'étais pas la seule à l'avoir remarqué et encore moins à l'apprécier.

« Qui est-ce ? » demandai-je de la façon la plus innocente possible.

« Jane Volturi. » répondit Alice avec un regard mauvais en la regardant discrètement. « Je ne peux pas la sentir cette fille ». Voyant que je n'étais pas plus avancée, Kate prit la parole.

« C'est la fille d'Aro, Edward t'a déjà parlé de lui peut être ? C'est un de nos plus gros clients. »

« Alice m'en a touché deux mots » dis-je en hochant la tête.

« Il a des jumeaux, Alec, et Jane ici présente. Ils sont jeunes mais occupent déjà des places importantes dans la société, tout comme le reste de la famille d'ailleurs. » précisa-t-elle avec dédain.

« Quoi, c'est elle la Jane en question ?! » chuchota Rosalie en se penchant vers les filles.

« Et ouai… » soupira Alice.

« Dois-je être inquiète ? ». Ces mots étaient sortis de ma bouche sans ma permission. Mais pour qui me prenais-je ? Je n'avais pas à penser à des choses pareilles ! Heureusement que dans cette conversation ils étaient tout à fait appropriés…

« Non. » répondirent Alice et Kate simultanément.

« Elle l'exaspère, ça fait pas mal de temps qu'il la connait et qu'elle lui tourne autour. Elle voudrait bien mettre le grappin sur lui pour faire plaisir à son père, mais plus elle essaye et plus il recule. » expliqua Kate.

« Ne me dis pas qu'elle est comme Heidi ! » m'indignai-je dans un murmure.

« C'est pas loin tu vois, à croire que c'est la mentalité Volturi & Co…mais je suis persuadée qu'au-delà de ça, elle veut Edward à son tableau de chasse. Que la vengeance va être délicieuse ! » dit Alice avec sourire en continuant notre conversation à voix basse.

« Vengeance ? » m'étonnai-je.

« J'ai hâte de voir sa tête quand elle va savoir qu'Edward est marié ! » ajouta Alice avec des yeux pétillants.

« Parce que tu crois que ça va l'arrêter ? » dit Kate en plissant les yeux vers Jane.

« Chut ! Ed et mademoiselle 'je me la pète' arrivent » dit Rosalie.

Je me redressai sur mon siège et levai les yeux sur eux. Edward semblait contrarié, ça avait l'air de vraiment l'embêter de venir avec Jane.

« Jane, je te présente, mon frère Emmett et sa fiancée Rosalie… » dit-il en montrant les intéressés, « …tu connais Kate, son compagnon Garrett, ma sœur Alice que tu connais également et un ami, Jasper… », quand les yeux d'Edward se posèrent sur moi, ceux-ci se mirent à s'illuminer subitement « …et enfin Bella, ma merveilleuse femme » finit-il avec un sourire satisfait avant de regarder Jane. « Et je vous présente Jane Volturi, de Volturi & Co »

Elle était arrivée avec un grand sourire aux lèvres, mais celui-ci avait vite fait place à une sorte de rictus.

« Bonsoir à tous. Je dois dire que je suis surprise Edward, on ne m'avait pas prévenu que tu t'étais marié…je te présente mes félicitations. » dit-elle avec une tension dans la voix.

« Merci » répondis-je à la place d'Edward pour marquer son manque de politesse.

« Euh oui bien sur, félicitations à vous deux. » rectifia-t-elle entre ses dents en me lançant un regard mauvais. « Mon père va être ravi de l'apprendre, j'en suis sûre. Bien, je vous laisse finir de diner. Edward, Bella, je vous dis à très bientôt ». Sur ses paroles, elle nous fit un petit signe de tête puis partit rejoindre sa table qui se trouvait non loin de là.

« Désolé, elle a insisté » s'excusa Edward en se rasseyant à coté de moi.

« Au contraire, ça à l'air d'être une personne charmante, ça aurait été dommage de manquer ça. » dis-je avec ironie en regardant Jane s'assoir à sa table, pile dans mon champ de vision. « Au fait, pourquoi elle nous a dit 'à très bientôt' ? » demandai-je en reportant mon attention sur Edward.

« Les Volturi ont un mécénat, et ils participent ou organisent de nombreux galas de charités et autres festivités en tout genre. Pour eux c'est souvent l'occasion de parler affaires, du coup je suis régulièrement invité. J'essaye d'esquiver quand je peux, mais là, je vais être obligé de me rendre au prochain gala…et par conséquent toi aussi... Désolé Bella » dit-il avec gêne.

« Bien au contraire, je me ferai un plaisir d'y aller » dis-je en lissant ma serviette sur mes genoux.

« Vraiment ? » s'étonna Edward.

« Vraiment. » affirmai-je avec un petit sourire en plantant mes coudes sur la table puis en croisant mes doigts sous mon menton. Cette femme représentait tout ce qu'il cherchait à fuir, et j'allais me faire un devoir de la remettre en place pour préserver Edward. C'était le moins que je puisse faire.

Jane Volturi la pétasse contre Bella Swan l'épouse aimante. Le match a débuté ma grande.

Juste avant que le dessert ne soit servi, Emmett voulut porter un toast en l'honneur d'Edward.

« A mon cher frère ! Je te souhaite un joyeux anniversaire Ed ! » dit-il en levant son verre. Tout le monde leva son verre également et attendit. « Ben quoi ? » s'agaça-t-il en voyant que personne n'avait bronché, ni répondu à son toast.

« C'est tout ? Tu n'allais pas rajouter encore un truc cochon après ? » reprocha Rosalie.

« Nan, j'ai pas le droit de dire que ça ? » rétorqua-t-il.

« C'est pas dans tes habitudes, c'est tout » dit-elle.

« Ben non, là j'avais envie de dire seulement ça »

« C'est pas tout ça mais je commence à avoir des crampes dans le bras, moi ! » s'impatienta Alice.

« Bon je recommence, mais là vous répondez ok ? »

« Em ! » s'écria Alice. Tout le monde se mit à pouffer de rire.

« Ok, ok. Alors, à mon cher frère ! Je te souhaite un joyeux anniversaire ! »

« A Edward ! » s'écria tout le monde.

« Merci à tous » répondit celui-ci.

En menant mon verre à mes lèvres, je croisai le regard froid de Jane.

« Je voudrais moi aussi porter un toast si vous me le permettez. » dis-je. Je tournai légèrement sur ma chaise pour faire face à Edward et levai à nouveau mon verre. « A Edward, à l'amour de ma vie, au rayon de soleil qui est venu illuminer ma vie… » dis-je d'une voix suave mais assez forte pour que Jane m'entende. Je savais que j'avais réussi à capter son attention car je la voyais nous regarder du coin de l'œil. « Je te souhaite un très joyeux anniversaire mon chéri. » ajoutai-je avant de poser mes lèvres sur celles d'Edward.

« Joyeux anniversaire ! » répondirent les autres à nouveau.

Je reculai la tête et pris soudainement conscience de mon geste quand je croisai le regard d'Edward. Une fois n'était pas coutume, il s'était figé et quand je sentis son souffle sur moi, je compris qu'il avait retenu sa respiration. Mais pourquoi avais-je fait ça bon sang ?! Il fallait que j'arrête de jouer à la femme fatale, cela ne m'apportait rien de bon. Ne pouvant supporter son regard, je lui fis un petit sourire timide et détournai les yeux, croisant celui de Jasper. Ce dernier me regardait en haussant discrètement un sourcil.

Je n'avais envie que d'une chose à ce moment, fuir d'ici le plus vite possible et m'isoler. Mais je ne pouvais pas, je devais rester à coté d'un Edward tendu comme un arc, d'un Jasper avec un air supérieur, et d'un public qu'il fallait amuser, sans compter l'autre harpie de Jane qui émettait ses ondes néfastes.

Tandis que les autres parlaient de choses et d'autres, je n'arrivais pas à chasser de mon esprit le geste que j'avais eu. Je n'avais pas enfreint ma règle n°3, non ? J'avais juste déposé un innocent baiser sur ses lèvres…c'était justifié compte tenu de la situation… c'était purement stratégique…oui c'était ça, stratégique…

« Bella, Jasper m'a dit que tu savais danser la salsa, c'est vrai ? » s'exclama Alice avec enthousiasme. Je levai soudainement la tête en réalisant ce qu'elle venait de dire.

« Vraiment ? Jasper t'a dit ça ? » marmonnai-je en le regardant. Penaud, il passa sa main sur sa nuque et évita mon regard.

« Disons que c'est venu dans une conversation… » dit-il.

Le traitre !

« Oui, c'est vrai Alice. Mais il y a longtemps que je n'ai pas pratiqué » répondis-je avec un ton que j'espérais ferme pour éviter qu'elle parle de ça.

« Oh j'adorerais voir ça Bella ! Il faudrait que tu nous montres ! » dit-elle à mon grand désespoir.

« Je…non… je ne crois- » bredouillai-je sous la panique.

« Oh oui ! Ce serait sympa, on irait tous dans un club cubain pour danser. » me coupa Rosalie.

« Pourquoi pas le soir du 4 juillet ? Ce serait cool de fêter ça là-bas ! » proposa Alice avec excitation.

Je reportai mon regard sur Jasper qui n'osait toujours pas me regarder.

« Allez-y, Edward n'aimera pas ça de toute façon, je préfère rester avec lui. » dis-je en le regardant. Il allait ouvrir la bouche quand Alice l'interrompit dans son mouvement.

« Roo, je crois qu'ils auront aussi de la bière là-bas, il aura de quoi s'occuper ! » dit Alice en faisant un geste en l'air avec sa main comme pour indiquer que ce n'était pas une grosse affaire.

« Je te remercie pour ce portrait Alice » dit Edward avec sècheresse. Elle leva les yeux au ciel.

« Allez, ce serait marrant ! » dit-elle.

Kate et Garrett se dirent partants, Rosalie et Emmett aussi, et Jasper et Alice serait évidemment de la partie. Je me rendis compte que je n'avais pas d'autre choix que d'accepter malgré la panique qui courrait dans mes veines, mais je ne voulais pas parler de la cause de mes réticences.

« Bella ? » demanda doucement Edward en mettant sa main sur la mienne.

« Je ne sais pas…j'ai l'habitude de danser avec Jacob- »

« Dis lui de venir ! On aura l'occasion de le rencontrer ! » m'interrompit Alice.

« Je…d'accord… » dis-je finalement en soupirant.

J'avais deux semaines devant moi pour me préparer à affronter mon passé.

Les serveurs vinrent amener nos desserts et Emmett s'extasia devant son Lunar Orbiter. Cette glace était servie dans une coupe avec de la neige carbonique et quand le serveur versa de l'eau chaude dessus, un nuage blanc se déversa sur la table. Emmett avait un sourire qui s'étirait jusqu'aux oreilles et ne se lassait pas de contempler le phénomène jusqu'à son arrêt complet.

« Dis Em, t'as pas demandé s'ils te donnaient un jouet avec ton Happy Meal ? » dit Alice avec affliction en regardant son frère.

« Mais tu sais que t'es drôle, dis donc ? » rétorqua celui-ci. « Et toi, t'as pas demandé s'ils avaient un rehausseur pour que tu puisses voir ton assiette ? »

« Bouffon ! » dit-elle.

« Saleté ! » répliqua-t-il.

« Crétin ! »

« Merdeuse ! »

Brusquement, Rosalie qui se trouvait entre eux deux, plaqua ses mains sur leurs bouches.

« Stop ! Ou je devrais sévir. » dit-elle avec un ton sans appel. « Compris ? ». Elle les regarda tour à tour puis les lâcha.

Alice et Emmett étaient vraiment uniques en leur genre, ils adoraient se chamailler comme s'ils avaient oublié de grandir par moment, et je devais avouer que cela me faisait souvent rire.

Quand vint l'heure de partir, je me levai et cherchai ma veste mais je fus un peu agacée de voir qu'Edward m'avait précédé et tenait le vêtement de façon à ce que je l'enfile. Moi qui pensais que Jasper était un peu trop révérencieux et galant, ce n'était rien en comparaison d'Edward. Quand ce n'était pas les portes qu'il tenait ou les choses à porter à ma place, voilà qu'il m'aidait à m'habiller ! Pour ne pas me faire remarquer néanmoins, je me retournai et glissai mes bras dans les manches. Il tint la veste jusqu'à que je revêtis complètement l'habit, si bien que ses mains se retrouvèrent sur mon sternum. Puis je sentis ses mains glisser jusqu'à mes épaules et je sursautai quand ses lèvres frôlèrent ma tempe. Instinctivement, je fermai les yeux pour reprendre mes esprits, mais quand je les rouvris, mes yeux se posèrent sur Jane.

Mais qu'est-ce que tu as crû pendant une seconde ? Reviens sur terre ma fille ! Il a fait ça parce que son cauchemar du moment nous regardait…

Je m'en voulais pour avoir rêvé le temps d'un battement de cil qu'Edward pouvait s'intéresser à mes beaux yeux. Non seulement parce qu'il s'agissait d'Edward lui-même, le garçon complexé et traumatisé par la gente féminine, mais aussi parce que j'avais crû le temps d'une seconde, qu'un homme me trouve à son gout, moi, Bella Swan, banale et quelconque par excellence. J'étais vraiment masochiste pour avoir encore ce genre d'espoir après toutes ces années.

Le retour à la maison fut toujours aussi silencieux et dangereusement expresse. Edward avait conduit sans se soucier des limitations de vitesse et lorsque nous étions arrivés à la maison, j'avais cru que je n'arriverais jamais à décoller ma main de la poignée tant elle était crispée dessus.

Aussitôt la porte de l'appartement franchie, je m'excusai et m'éclipsai dans ma chambre. Cette journée m'avait paru interminable et j'étais épuisée par les émotions qui m'avaient submergé depuis ce matin. J'avais besoin de calme et de solitude pour rassembler mes pensées. Les yeux dans le vide, je repassai la journée dans ma tête tout en détachant mes chaussures. Puis j'enlevai ma veste avant de me lever et attraper la fermeture éclair dans mon dos.

« Oh non…allez ! » m'énervai-je en voyant que je n'arrivais pas à descendre la fermeture, apparemment un bout du tissu était pris dedans. « Comme si j'avais besoin de ça ce soir ! ». J'avais beau y aller en douceur ou essayer de tirer dessus avec toute la force que je pouvais, rien n'y faisait. Je devais me rendre à l'évidence, à moins de dormir avec, j'étais obligée de demander l'aide d'Edward.

Je sortis de ma chambre et ne le voyant nulle part dans le séjour et dans la cuisine, je me dirigeai vers le couloir. La porte de la salle de bain était entrouverte mais sans lumière à l'intérieur, j'en déduis qu'il était dans sa chambre. J'allais frapper à sa porte quand je pris conscience que c'était la seule pièce que je n'avais encore jamais vu, je ne m'étais jamais résolue à y pénétrer à son insu. Je rassemblai mon courage et soufflai un bon coup avant de taper.

« Oui trente secondes ! » dit-il derrière.

J'entendis des pas précipités puis un 'aïe' me laissa présager qu'il s'était cogné.

« Oui ? » dit-il en entrouvrant la porte.

« Euh…je suis désolée de te déranger Edward…mais j'aurais besoin de ton aide. En fait la…la fermeture de ma robe est comment dire…elle est bloquée » balbutiai-je en n'arrivant pas à quitter des yeux ses cheveux encore plus en bataille que d'habitude.

Dieu, que j'ai envie de te recoiffer en passant mes mains dedans…

Je t'interdis de penser à ça Bella, tu dois lui prouver que tu n'es pas comme ces autres femmes !

« Je pense que je devrais y arriver…je crois. » répondit-il avec concentration en hochant la tête.

Il ouvrit davantage sa porte mais je ne pris pas le temps d'examiner sa chambre. Je me retournai et levai mes cheveux au-dessus de ma tête. Avec hésitation, ses mains vinrent sur ma nuque et il commença à essayer d'ouvrir la fermeture. J'étais gênée de la situation, je savais que ça ne le mettait pas à l'aise.

« Je…hum…je ne vois pas grand-chose ici…entre dans la chambre. » proposa-t-il.

Je le suivis et pénétrai dans sa chambre. Je ne savais pas trop à quoi m'attendre, mais je fus presque déçue de voir qu'elle était dans le même style que le reste de l'appartement. Des murs aux couleurs neutres, un mobilier contemporain et quasiment aucune décoration, seuls quelques vêtements posés sur un petit fauteuil montraient que ce n'était pas une chambre d'exposition.

« Attends, mets-toi sous la lumière » me dit-il en désignant un spot au plafond qui se trouvait au bout du lit.

Je m'avançai et lui tournai le dos à nouveau avant de relever mes cheveux, quand je vis que le cadre que je lui avais offert était sur le lit. J'étais curieuse de savoir ce qu'il allait en faire, peut être allait-il le mettre au placard une fois que je serais partie, ou alors peut être allait-il l'accrocher au mur ?

Mais bien sûr ! Et puis il va mettre des bougies devant et faire des offrandes tant que t'y es !

« Euh, t'as raison, le tissu s'est coincé dans la fermeture…j'ai peur de l'abîmer… »

« Edward, je ne peux pas garder cette robe sur moi, il va bien falloir que ça cède. Tire dessus, tu as plus de force que moi ». Je l'entendis se racler la gorge.

« Tu pourrais peut être…essayer de l'enlever comme un t-shirt… » tenta-t-il de me convaincre.

« Pour restée coincée les bras en l'air, non merci ! Non, non, non ! Cette putain de fermeture va s'ouvrir oui ! » m'énervai-je avec panique en attrapant le col arrière de la robe et en tirant dessus comme une forcenée. Je sentis ses mains venir m'aider et tout à coup, un bruit de déchirure résonna dans la pièce.

« Euh je pense que ça doit être bon là… » murmura-t-il avec une voix grave après quelques secondes de paralysie totale chacun de notre coté.

« Je…je pense aussi… » répondis-je en sentant mon dos totalement à l'air. « Merci Edward…à demain » dis-je rapidement avant de partir sans me retourner pour ne pas le regarder.

Je courus jusqu'à ma chambre et claquai la porte derrière moi avant de coller mon dos à celle-ci. Cette journée avait-elle une fin ?! Mais qu'avais-je fait pour mériter une telle punition ? Aujourd'hui tout avait changé, du moins la manière dont je percevais Edward, on était loin du mec odieux et glacial du début que je détestais. Au moins avec celui-là, il n'y avait pas de danger pour que je me fasse avoir tant il m'exaspérait. Mais maintenant… Etait-il plus chaleureux parce que ma perception avait changé, ou bien était-ce de son fait ? Sûrement les deux…

Mais une chose était certaine, cette situation n'était pas, mais alors pas du tout évidente pour moi, et je ne pouvais plus le nier, Jasper avait encore vu juste. Cette espèce de traitre avait vu venir le truc, j'avouais aujourd'hui que j'étais très attirée par Edward Cullen…

Mais je ne devais pas me laisser aller, il fallait absolument que je réprime tout ça et ce, pour deux raisons principales. En premier lieu, mon traitement ne durerait que quelques semaines selon Eleazar, et à son issue, cette comédie avec Edward cesserait par la même occasion. Or, je m'étais promis que je ne souffrirais plus pour un garçon, voilà pourquoi je ne pouvais pas craquer. Et en second lieu, Edward avait ses problèmes et il n'avait pas besoin d'une énième fille dans ses pattes qui le regarde avec avidité. Pour sa tranquillité et son bien être, je n'avais pas le droit de succomber.

La seule chose que je pouvais me permettre, était de devenir son amie, lui montrer qu'il pouvait avoir confiance en moi et donc lui prouver que toutes les femmes n'étaient pas comme il l'imaginait. Ce serait déjà une grande satisfaction de l'aider de ce coté là, une sorte de remerciement pour ce qu'il a fait pour moi. Oui, je devais ravaler mes émotions et tenter de devenir une amie pour lui.

Attention, Bella Swan part en croisade avec ses utopies !

Utopies peut être, mais j'allais néanmoins essayer. Pour lui. Et tant pis si je risquais de me brûler les ailes.

Sur mes bonnes résolutions, je finis de me déshabiller puis me glissai dans mon lit.

Le lendemain, comme dimanche dernier, j'avais préféré laisser de l'espace à Edward et passer la journée avec Jacob. Je n'avais plus trop l'occasion de le voir depuis que j'habitais chez Edward, et quand je lui téléphonais, monsieur répondait une fois sur trois à mes appels car il était toujours 'occupé'. Je lui avais parlé du projet d'aller dans un club de salsa le jour de la fête nationale et expliqué que je n'avais pas pu dire non. Je lui avais aussi dit qu'il était invité et qu'il n'avait pas intérêt à me planter, car si je devais danser, autant avoir mon partenaire habituel. Il avait accepté même s'il n'avait pas arrêté de me dire que ça lui cassait un super coup pendant le reste de l'après-midi, juste pour me taquiner.

Cette nouvelle semaine chez Edward ne fut pas très différente de la précédente, sauf à un point près, le soir j'essayais de rester devant la télévision avec lui et j'avais remarqué qu'il travaillait de moins en moins de son coté.

Mardi, le livreur était venu apporter le fauteuil qu'Esmée avait acheté pour Edward. Je devais admettre que la mère d'Edward avait un gout sûr pour la décoration, il s'agissait d'un fauteuil en cuir marron qu'elle avait trouvé chez un antiquaire, et contre toute attente, il se mariait très bien avec le mobilier contemporain et apportait une petite touche rétro. Comme prévu, il fut installé près du piano et je n'avais pas pu résister de me lover dedans pour lire un livre le soir venu, tant le cuir était souple.

Le jeudi suivant, je dus me rendre à ma séance de rayons à la clinique. Edward avait proposé de m'accompagner mais j'avais décliné. Depuis que j'avais rencontré Eleazar, j'avais repris de l'assurance et la maladie ne m'angoissait plus autant qu'au début, j'étais beaucoup plus confiante. De plus, les séances se passaient bien et je ne ressentais aucun effet pour le moment.

Samedi matin, je me levai de bonne heure car j'avais décidé de passer la journée dans le labo d'Angela pour développer quelques photos. Mon exposition arrivait à grand pas et j'avais encore du pain sur la planche.

J'avais l'habitude d'amener de la musique avec moi, j'adorais chanter et me déhancher sur des chansons tout en travaillant. Mes gouts musicaux étaient un sujet récurrent de moquerie entre mes gars et moi, ils ne comprenaient pas mon penchant pour ma ringardise, que d'ailleurs, je n'expliquais pas. Cependant, pour ne pas déroger à règle, je fis mes développement en me dandinant sur You make me want to shout de Little Richard et Heartbreaker de Pat Benatar, ou encore en m'égosillant sur Wuthering Heights de Kate Bush et sur How will I know de Whitney Houston.

Evidemment, je n'étais pas aussi rapide que je pouvais l'être, mais c'était plus fort que moi, je ne pouvais m'empêcher de prendre pour micro la pince qui me servait à baigner les clichés dans les bacs et me prendre pour une rock star. Quand Touch Me de Samantha Fox retentit dans la petite pièce, je me mis instantanément à faire glisser ma main sur mon corps comme le faisait la chanteuse provocante.

Touch me

Touch me

I want to feel your body

Your heart beat next to mine

Touch me, touch me now! *

Bien que je ne possédasse pas les mêmes arguments que madame Fox, cela ne me m'empêchait pas de bomber la poitrine, passer ma main dans mes cheveux et de me prendre pour une bombe sexuelle le temps d'une chanson.

Hot and cold emotion confusing my brain

I could not decide between pleasure and pain.

Like a tramp in the night I was begging for you

To treat my body like you wanted to.*

« Touch me, touch me now ! 'Cause I want your body all the night *...» chantai-je en fermant les yeux et en ondulant mon corps avec sensualité.

Quand la musique commençait à se terminer, je décidai qu'il était temps de retrouver mon sérieux et finir mon travail. Je me retournai pour aller diminuer le son quand une ombre près du rideau qui barrait la lumière me fit hurler de peur.

« Putain de merde ! » criai-je.

« Désolé, je ne voulais pas t'effrayer » dit Edward avec un sourire jusqu'aux oreilles en avançant dans le halo rouge.

« Dans ce cas tu aurais dû m'avertir de ta présence ! » répondis-je avec irritation en allant couper la musique.

« Oui mais j'aurais loupé le spectacle… » me taquina-t-il. Heureusement que la faible lumière du laboratoire était rouge car ainsi, mon visage était en osmose.

« Depuis quand es-tu là ? » bougonnai-je en me retournant vers lui, vexée.

« Ne le prends pas mal mais je ne pense pas que tu pourras un jour rivaliser avec Kate Bush… ».

« Depuis tout ce temps ?! Bravo Edward, je me sens humiliée maintenant. La honte ! » m'écriai-je en plaquant ma main sur mon front.

« Mais je dois dire que Touch Me était assez fidèle… » continua-t-il avec son fichu sourire en coin.

« Et vas-y, rajoute-en une couche ! T'étais pas censé voir ça je te signale ! » me renfrognai-je. « Et puis d'abord, qu'est-ce que tu fiches ici ? » dis-je en donnant un coup de menton vers lui.

« T'avais oublié ton portable sur le comptoir de la cuisine et comme je passais par là, je te l'ai amené. » expliqua-t-il en plongeant sa main dans la poche de son jean.

« Ah…merci » dis-je confuse en prenant le téléphone.

« Bon euh… je vais te laisser à tes activités 'artistiques' et ne pas t'importuner plus longtemps. »

« Tu m'as coupé dans mon élan maintenant…Tu vas où au fait ? » demandai-je.

« J'ai pas eu le temps d'aller tester la batte de baseball que Rose m'a acheté, alors du coup… » commença-t-il, il marqua une pause et passa sa main sur sa nuque, « euh…peut être que ça te dirait de venir avec moi ? Enfin euh… »

Je réfléchis un instant à sa proposition, le baseball n'était pas ma tasse de thé mais c'était une bonne occasion de partager avec lui une de ses activités fétiches. C'était ce que les amis faisaient, non ?

« Hum oui, pourquoi pas. De toute façon, je ne ferais plus rien de bon ici alors autant profiter de cette fin d'après-midi ! » répondis-je.

« Bon et ben, très bien… » dit-il en hochant la tête avec une pointe de tension.

Quand nous arrivâmes au club, il était déjà un peu plus de seize heures mais le parking n'était pas rempli. Comme d'accoutumée, Edward vint m'ouvrir la porte puis il prit ses affaires et sa batte dans le coffre.

« Bonjour. Je voudrais une batting cage pour une heure, s'il vous plait » dit Edward en sortant son portefeuille de la poche arrière de son jean.

« Bien sûr. Ça fera 30$. » répondit le type de l'accueil. « Je vois que vous n'êtes pas venu seul aujourd'hui… » ajouta-t-il sur un ton mielleux en me lorgnant du coin de l'œil. Ce mec était répugnant, vu sa corpulence, il ne devait pas beaucoup utiliser les installations du club et son hygiène était plus que douteuse…

« Et oui, il a ses fans que voulez-vous, on ne peut pas en dire autant pour tout le monde… » répliquai-je avec sarcasme en caressant affectueusement le bras d'Edward.

« Cage n°5. » répondit-il sèchement en plaquant le ticket sur le comptoir. Je lui fis mon plus beau sourire forcé et suivis Edward qui avait pris ma main dans la sienne.

« Ben dis donc, il est toujours comme ça ? » demandai-je en pointant mon pouce derrière mon épaule. Edward me fit un hochement de tête blasé.

« Bon, je suppose que Jasper t'a appris à jouer, non ? » me demanda-t-il une fois que nous ayons pris place dans la cage.

« Oui alors c'est là que ça se complique tu vois, lui et Jacob ont voulu m'apprendre, mais j'ai jamais vraiment réussi à toucher une balle. Et quand j'y arrivais, ils disaient que je tapais comme une fille…jusque là rien d'anormal pourtant. Du coup, ils préféraient jouer à autre chose quand j'étais avec eux… » expliquai-je.

« Ah bon… Je te propose quand même d'essayer. Tiens » dit-il en me tendant sa batte.

« Non, non, vas-y en premier » répondis-je.

« C'est ça, et puis quand viendra ton tour, tu ne voudras plus le faire car je t'en aurais mis plein la vue. » dit-il avec un sourire en coin.

« Absolument pas ! Je ne me laisse pas impressionner aussi facilement, surtout pas par des mecs qui prennent un vulgaire bout de bois pour un symbole de leur virilité. » le taquinai-je à mon tour en prenant la batte de ses mains. Il pouffa de rire et partit s'adosser au grillage, en croissant ses bras et ses chevilles.

Je lui rendis son petit sourire puis me tournai vers la machine avant de lever la batte devant moi. Postée ainsi, je me sentais tout d'un coup moins rassurée, j'avais toujours eu peur de ces lanceurs automatiques car on ne savait jamais quand la balle allait arriver.

« Prête ? » demanda Edward. Malgré qu'il soit dans mon dos, je pouvais toujours entendre son sourire dans la voix.

« Bien sûr ! » répliquai-je avec une assurance feinte.

« Ok… ».

Je resserrai ma prise autour de la batte et me replaçai bien mes pieds au sol, puis j'entendis un 'clic' et la balle arriva sur moi à toute vitesse. De toutes mes forces, je frappai mais n'atteignis que le vide et fis presque demi-tour, emportée par mon élan.

« Merde ! » marmonnai-je entre mes dents. J'eus à peine le temps de me replacer que la seconde arriva. « Mer-DE ! » m'énervai-je en voyant que je ne l'avais pas touché. Le troisième, la quatrième et la cinquième ne furent plus glorieuses et je faillis tomber pour les trois suivantes.

« Attends » dit Edward en stoppant la machine. « Tu t'y prends mal en fait. Les premières fois, tes jambes étaient trop rapprochées, c'est pour ça que tu te laissais emporter, ensuite elles étaient trop écartées et tu as failli tomber. ». Il se mit face à moi. « Il faut juste que ce soit un peu plus large que le bassin, comme ça. Il faut aussi que tu plies un peu les genoux ». Je m'exécutai. « T'es pas obligé de mettre les fesses en arrière non plus ! » rit-il.

« Oui et toi t'es pas obligé de rire en disant ça » dis-je en fronçant les sourcils.

« Mille excuses. » s'excusa-t-il avec un peu trop de politesse pour être sincère. Il se retourna et se mit dos à moi. « Quand la balle arrive, il faut que tu te prépares en t'appuyant légèrement sur ta jambe droite, pour que tu ne perdes pas ton centre de gravité quand tu frapperas, tu vois. ». Il mima le geste plusieurs fois. « Ensuite, au moment de frapper, il faut que tu fasses pivoter tes jambes, de façon à ce que ton bassin se retrouve dans l'axe de la balle. Et à la fin, il faut que tu contrôles ta batte pour amortir le mouvement en l'amenant de l'autre coté de ton épaule. ». Il se retourna à nouveau pour me voir.

« Mouai… » dis-je avec scepticisme.

« C'est pas sorcier pourtant »

« Dit l'homme qui sait à peine cuire un œuf… » bougonnai-je en crispant mes mains sur le bois.

« Ah ah…bon allez, recommence » dit-il en allant remettre en marche le lanceur.

Dès la première balle je me rendis compte que je n'avais pas compris grand-chose, à moins que ce ne soit parce que je n'avais pas été très attentive à ses explications…

« Non, non, Bella…c'est toujours pas ça » dit-il en arrêtant la machine.

« Je crois que je vais arrêter les dégâts pour aujourd'hui et te laisser jouer. » répondis-je en lui tendant la batte.

« Il ne te manque pas grand-chose. Attends ». Il vint se placer derrière moi. « Mets-toi en place ». Je levai la batte et la plaçai au-dessus de mon épaule droite. « Tu…tu permets ? » demanda-t-il en venant poser ses mains sur les miennes. Je sentis ma respiration s'emballer quand il se colla contre moi et je dus me concentrer pour garder la tête froide.

C'est juste un ami qui t'apprend à frapper au baseball Bella, comme le ferait Jasper…

« Bon alors… ». Je le laissai me guider et m'expliquer comment il fallait incliner l'objet sans pouvoir quitter des yeux ses mains sur les miennes. « T'as compris ? »

« Je crois… » répliquai-je sans trop d'assurance.

« Maintenant, pivote sur tes pieds ». Je fis ce qu'il demanda. « Euh non…pas comme ça…je peux…je peux poser mes mains sur tes hanches ? » dit-il avec gêne.

Mais tu peux les poser où tu veux Edward !

Bella, reprends-toi !

« Oui, oui… » dis-je doucement après m'être raclé la gorge.

« Bon euh…il faut que tu tournes sur tes pieds de façon à ce que tes hanches arrivent comme ça… » murmura-t-il en accompagnant mon bassin. « Tu vois ? ». Je ne savais pas si je le voyais mais je pouvais le sentir en tout cas, Edward était si près de moi que son odeur anesthésiait mon cerveau. « Allez essaye maintenant ! » dit-il soudainement en me laissant.

« Hein ? Je…oui d'accord. » balbutiai-je en reprenant mes esprits.

Je ne savais pas comment j'avais réussi à assimiler quelques uns de ses conseils, mais je réussis à toucher quelques balles. Après une bonne dizaine de frappes, j'abandonnai car j'avais eu ma dose de sensations.

« Je suis désolée, il te reste à peine vingt minutes pour t'amuser… » m'excusai-je en lui tendant la batte.

« Oh mais je me suis amusé plus que tu ne le crois… » dit-il avec son habituel sourire en coin en s'installant. Je plissai des yeux dans sa direction puis partis m'assoir sur le petit banc qui se trouvait juste derrière.

« Ça fait longtemps que tu pratiques ? » demandai-je en le regardant taper les balles sans en louper aucune.

« Depuis l'âge de huit ans je crois… Ma mère avait inscrit Emmett et moi au football et au baseball, mais mon frère a vite arrêté le baseball, c'était pas assez 'violent' pour lui et avait en horreur l'uniforme qui selon lui était le même que son pyjama. Quant à moi, le foot ne me plaisait pas vraiment, je préférais le baseball pour la concentration que ce jeu demande, et puis il faut aussi courir vite. Depuis, je n'ai jamais arrêté, enfin, il y a longtemps que je ne joue dans des clubs mais je viens toujours m'entrainer…ça me permet de me défouler. Enfin voilà… » expliqua-t-il tout en continuant ses frappes.

Pendant le reste de l'heure, il continua à me parler de cet engouement et des anecdotes qu'ils avaient eues. Bien que les récits de certains de ses matchs ne passionnent pas vraiment, j'étais heureuse de l'écouter car pour la première fois, il me parlait de lui alors que nous étions seuls, sans aucun membre de sa famille comme public, sans qu'il doive se forcer.

Rentrés la maison, chacun partit vaquer à ses occupations. Edward mit son casque sur les oreilles et écouta de la musique depuis sa chaine stéréo, et je me mis à préparer le diner en chantonnant. Lorsque ce fut prêt, j'allai avertir Edward pour passer à table. Nous avions à peine commencé à manger quand le téléphone sonna. Edward se leva en râlant et alla décrocher.

« Oui ? » dit-il. « Alice ! Du calme ! Mais qu'est-ce qu'il te-…quoi ?! Mais-… »

En entendant ses paroles, je reposai ma fourchette et le regardai avec inquiétude.

« …Tu plaisantes j'espère ?!...Comment ça tu peux pas faire autrement ?...Emmett et Jasper aussi ?...Je crois qu'on a pas le choix de toute façon…ouai c'est ça, j'y compte bien. A demain » dit-il avant de raccrocher rageusement.

« Que se passe-t-il ? » m'inquiétai-je en le voyant revenir s'assoir à table. Il souffla d'agacement puis piqua sa fourchette dans ses pâtes.

« Alice a une 'urgence professionnelle' »

« Et en quoi ça nous concerne ? »

« Elle vient d'apprendre qu'elle doit faire une chronique dans son émission télé lundi matin alors que ce n'était pas prévu. Elle doit parler de trucs cosmétiques pour hommes ou je sais pas quoi, du coup on lui a filé plein de produits pour qu'elle les teste ». Je fronçai les sourcils. « Elle veut, non pardon, elle exige qu'on aille tous chez elle demain pour faire les cobayes » finit-il en plantant avec hargne sa fourchette dans ses pauvres pâtes qui n'avaient rien demandé.

« Nous, les filles, allons devoir jouer les esthéticiennes sur vous, les gars ? » dis-je en réprimant difficilement un fou rire. « Et t'as accepté ça ?! » ajoutai-je en riant cette fois.

« Ce qu'Alice veut, Dieu le veut… » soupira-t-il avant de prendre une bouchée.

Le lendemain, en fin de matinée, nous nous rendîmes chez Alice. Elle habitait à dix minutes de là dans un immeuble modeste mais relativement moderne. Quand elle nous ouvrit, nous vîmes que tout le monde était déjà arrivé.

« Bon allez, allez ! On s'y met ! » ordonna-t-elle alors que nous finissions de nous dire bonjour. « J'ai pas de temps à perdre alors les mecs, vous vous installez sur le canapé cote à cote. Et vous les filles, vous vous mettez derrière eux. »

Je partis me placer derrière Edward et Rosalie vint se mettre à coté de moi.

« Tenez, j'ai des bandeaux » dit Alice en nous les tendant.

« Bon, faites-vite pour qu'on en finisse » dit Emmett en se laissant passer le bandeau autour du cou avant que Rosalie le relève sur le haut de son front.

J'inspirai discrètement et fit de même avec Edward. Je faillis m'évanouir en réalisant que c'était la première fois que j'avais l'occasion de toucher ses fameux cheveux qui me donnait tant fil à retordre émotionnellement. Si seulement Alice avait eu des soins capillaires plutôt que des crèmes et des masques…

« On va commencer par un masque purifiant à l'argile verte. » expliqua Alice en lisant le flacon.

« Je suis déjà très pur comme mec moi ! » râla Emmett.

« Alors imagine après le soin, on te donnera le bon Dieu sans confession » dis-je en souriant.

« Commence pas Em ! » pesta sa sœur.

Chacune de nous mit du produit dans le creux de la main et les filles commencèrent à l'appliquer sur le visage de leur cobaye respectif. De mon coté j'eus un moment d'hésitation car ce geste qui pouvait paraitre très anodin chez les autres, prenait une toute autre importance pour moi, et sûrement pour Edward également. Ne pouvant pas retarder l'inévitable, je rassemblai mon courage et commençai à recouvrir ses joues, son front puis son menton de la mixture verte pale, ne laissant que les yeux et la bouche visible. Pendant toute la durée du traitement, j'avais remarqué qu'Edward avait gardé les yeux fermés, était-ce juste parce qu'il avait apprécié ce traitement ou bien parce que ça l'avait mis mal à l'aise ?

« Maintenant vous restez comme ça dix minutes, et on rincera. Venez, on va se laver les mains » dit Alice.

Nous la suivîmes dans sa salle de bain et une fois toutes à l'intérieur, elle renferma la porte en vitesse et se tourna vers nous.

« J'avais hâte de pouvoir vous parler ! » s'exclama-t-elle à mi-voix.

Rosalie et moi nous regardâmes, intriguées.

« Qu'est-ce qu'il y a ? » demanda celle-ci en allant passer ses mains sous l'eau.

« Je suis inquiète à propos de Jasper et moi… »

« Pourquoi ? » dis-je.

« Ça fait presque trois semaines qu'on se voit, qu'on passe des soirées ensemble, qu'on se téléphone…et ça fait presque trois semaines, qu'il a rien tenté avec moi… » dit Alice avec découragement. « Je commence à me poser des questions, d'habitude je dois toujours calmer les ardeurs des mecs, mais là… »

Je partis dans un fou rire nerveux et voir les yeux éberlués des filles en face de moi n'arrangeait rien.

« Excuse-moi Alice, je…je suis désolée » réussis-je à dire entre deux éclats de rire. « C'est juste que c'est du Jasper tout craché… »

« C'est normal ? » s'inquiéta-t-elle.

« Un peu oui ! Franchement, de vous deux, tu es bien la seule à embrasser un inconnu en plein centre commercial ! » dis-je en reprenant mon souffle. « En fait…Jasper a besoin de temps pour être 'intime' avec une fille Alice, ça ne veut pas dire qu'il ne t'apprécie pas bien au contraire, crois-moi »

« Tu me rassures… » dit Alice avec tendresse en mettant sa main sur son cœur. « C'est bon signe alors »

« Oui je pense. » dis-je en lavant mes mains. « Alice, si je peux te donner un conseil, je pense que tu devrais faire le premier pas »

« Tu crois ? » dit-elle en pinçant ses lèvres. Je hochai la tête.

« Oui…il aime ta spontanéité et ton brin de folie, prends-le au dépourvu » lui dis-je en lui faisant un clin d'œil.

« Merci Bella ! » s'écria-t-elle en m'enlaçant. « Bon, allons préparer à manger pendant que ces messieurs se 'purifient' ! »

« Oui parce que Em a accepté de venir que s'il y avait de la bonne nourriture…ah je vous jure ! » dit Rosalie en sortant.

*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*

POV Edward

« Nan mais regardez-nous les mecs, comment a-t-on pu en arriver là ?! » dit Emmett en pointant son visage.

Nous nous dévisageâmes tous les trois pendant une seconde puis nous partîmes dans un fou rire, se fichant de nos têtes. Il fallait dire que c'était la première fois que je voyais Emmett avec un bandeau dans les cheveux et une pâte verte sur la figure, mais le pire était Jasper. Etant donné qu'il avait les cheveux un peu plus long que nous, Alice avait laissé son coté créatif s'exprimer et lui avait fait deux petites couettes sur le sommet du crane.

« Parle pour toi Emmett, tu ne ressembles pas à un extraterrestre avec des antennes toi ! » rit Jasper en désignant ses cheveux.

« Pfff, mais pourquoi j'ai accepté ça ? » demanda Emmett.

« T'as pas eu le choix » dis-je en soupirant.

« On ne peut pas résister à Alice… » dit Jasper avec un sourire en coin alors qu'il regardait ses pieds. Ce petit sourire m'agaça et à voir la tête d'Emmett, il devait ressentir la même chose que moi. Bien que nous avions décidé de donner la chance à Jasper et Alice de se fréquenter librement, c'était toujours étrange pour nous de voir quelqu'un parler de notre petite sœur comme ça.

« En attendant, heureusement que j'ai amené ma Play Station… » dit Emmett en se levant pour brancher la console. « Dis Ed, Bella n'aurait pas fait son super gâteau des fois ? »

« Le poire-chocolat ? » demanda Jasper en levant subitement la tête.

« Ouai c'est ça… » répondit Emmett en salivant.

« Elle vous en a fait, le bol ! » dit Jasper. « Elle le fait rarement car il est trop calorique selon elle… »

« Eh bien non elle n'en a pas refait, par contre j'ai amené des bières, si ça intéresse certains »

« Envoie ! » dit Emmett en se rasseyant sur le canapé. Je partis les chercher puis revint m'assoir. Soudain, on entendit un éclat de rire dans la salle de bain et Emmett et moi nous regardâmes.

« Ça c'est Bella » dit Jasper en appuyant sur les touches de sa manette sans lever les yeux de la télé.

Je ne me lassais pas d'entendre Bella rire. Son rire était communicatif et vous faisait oublier tous vos soucis le temps d'une fraction de seconde. Elle me fascinait, malgré tout ce qu'elle avait vécu dans sa vie, elle ne se laissait pas à broyer du noir et me donnait l'impression de rayonner. Je l'enviais beaucoup pour ça. Elle avait connu bien pire que moi et c'était pourtant elle qui me montrait que tout n'était pas noir ou blanc, et qui rallumait en moi la petite étincelle de bonheur.

« Ed, tu le choisis ton bonhomme ?! » dit Emmett avec impatience.

« On se calme visage pâle ! » répliquai-je en faisant défiler les personnages à l'écran.

« Très drôle, faut que Bella arrête de te dévergonder petit frère ! »

« Alors comment va mon panda préféré ? » demanda Rosalie en faisant réapparition.

« Hier au lit j'étais ton gros grizzli, et voilà que maintenant je ne suis plus qu'un vulgaire 'panda' ?! » rétorqua Emmett.

« C'est mignon un panda » dit Alice derrière elle.

« Ma Rosie me préfère 'sauvage' plutôt que 'mignon', si tu vois ce que je veux dire… »

« On voit très bien Em, merci » dit Rosalie avec un ton sans appel en se dirigeant vers la cuisine. « Encore une allusion de ce genre et je te fais bouffer des pousses de bambou ! » ajouta-t-elle en ouvrant le frigo.

Bella réapparut à son tour et je lui fis un petit sourire mais elle éclata de rire en retour et je fronçai les sourcils.

« Désolée Edward, mais t'es vraiment à mourir de rire ! Oh attends ! » dit-elle en riant. Elle alla prendre son sac à main et sortit un petit appareil photo. « Heureusement que j'ai toujours mon numérique avec moi… »

« Non Bella, épargne-moi ça ! » répliquai-je en mettant ma main en face de moi. Elle claqua plusieurs fois la langue et attrapa ma main pour l'enlever mais je tournai la tête et brandis mon autre main.

« Allez Edward ! T'es pas marrant ! » rit-elle en essayant de me contrer. Brusquement, elle perdit l'équilibre et tomba sur mes genoux. Par réflexe, je la rattrapai et elle en profita pour prendre une photo. « Merci » murmura-t-elle en baissant lentement l'appareil. Elle me sourit puis alla rejoindre les filles dans la cuisine.

« Elles finissent par avoir tout ce qu'elles veulent ces femmes… » chuchota Emmett entre ses dents.

« Tiens en parlant de ça… » dit Rosalie. Je réprimai un sourire en voyant Emmett sursauter, il n'avait pas entendu Rosalie arriver derrière lui. « …tu sais que l'on doit prendre des cours de danse pour ne pas être trop ridicules le jour de notre mariage »

« On a déjà parlé de ça Rose… » bougonna-t-il en pianotant sur sa manette de jeu.

« Oui et t'as dit qu'on verra ça plus tard, or on est plus tard. »

Je pouffai de rire et je vis Jasper tapoter l'épaule d'Emmett en feignant sa compassion.

« Ça peut pas attendre qu'on soit rentré chez nous franchement ? »

« Ça t'arrangerait bien, hein ? Je connais vos méthodes pour éviter de discuter Emmett Cullen, ça finit toujours au même endroit ! »

« Tu me déçois Rosie, la dernière fois on a innové pourtant…Aïe ! » s'écria-t-il quand Rosalie lui donna un coup sur la tête.

« Bref, le fait est que nous allons prendre des cours, un point c'est tout. »

« Mais si t'as décidé ça, qu'est-ce tu viens me faire chi-…euh m'embêter pour discuter de ça ? ». Ce qui me faisait rire dans leur couple, c'était que contrairement aux apparences, c'était Rosalie qui portait la culotte et elle avait souvent le dernier mot. Voilà pourquoi ça marchait si bien entre eux, Emmett avait besoin d'être cadré et plus Rosalie le reprenait et plus il l'aimait.

« T'en veux une autre ? » le menaça Rosalie en montrant sa main.

« Oh oui Rose ! » se moqua-t-il. Elle lui lança un regard que seul Emmett était en mesure de comprendre. « Euh pardon… » s'excusa-t-il comme un petit enfant. Jasper me regarda avec stupéfaction et un sourire s'esquissa sur ses lèvres, il ne connaissait pas encore bien nos futurs mariés.

« Voilà, en fait j'ai eu une idée cette semaine. »

« J'ai peur… » dis-je en reportant mon attention sur le jeu.

« Tu peux. ». Je retins ma respiration. « Je veux que nos demoiselles et garçons d'honneur sachent danser correctement »

« Tu veux qu'on prenne des cours de danse nous aussi ? ! » s'exclama Alice en venant nous rejoindre, suivie de Bella qui était beaucoup moins enthousiaste.

« C'est une plaisanterie ? » demandai-je avec crispation en me retournant pour voir Rosalie.

« Pas du tout, et en plus c'est à toi que je pensais en particulier. Tu es le témoin d'Emmett, c'est important. ». Rosalie n'y allait jamais par quatre chemins.

« Ne me demande pas ça, s'il te plait Rose » la suppliai-je. La danse était quelque chose qui m'avait toujours mit mal à l'aise, et spécialement quand il fallait danser en couple.

« Edward, tu n'oserais pas me contrarier le plus beau jour de ma vie quand même… » dit-elle en faisant la moue pour me faire craquer. Que pouvais-je répondre à ça ?

« Rosalie… » soupirai-je.

« Edward… » dit-elle sur le même ton.

« Allez vieux ! Si on est dans le même bateau ce sera plus fun ! » dit Emmett. Je jetai un coup d'œil à Bella qui m'offrit un petit sourire contracté.

« Je vois que j'ai pas le choix.. » dis-je.

« En effet ! » s'écria Rosalie avec un sourire victorieux.

« Ça va être cool ! On va bien s'amuser Jazz ! » dit Alice en tapotant les épaules de Jasper.

« Comment ça ? J'ai rien à voir avec ça moi ! » se braqua-t-il.

« Avant que Bella n'arrive, je devais y aller avec Edward, mais maintenant il me faut un nouveau cavalier…je pensais que t'accepterais de venir avec moi… » dit Alice avec timidité à ma grande surprise, à moins que ce ne soit encore une tactique de persuasion.

« Mais c'est que… » bredouilla-t-il.

« Jasper ne fais pas ton timoré ! Tu vas ramener tes fesses au mariage et satisfaire Alice ! » dit Rosalie.

« Rose, ne lui donne pas des idées pareilles ! Satisfaire ma sœur ? Et puis quoi encore ! »

« Mais j'espère bien qu'il va me satisfaire ! » s'exclama Alice en faisant un clin d'œil à Bella. Je vis Jasper se tasser sous l'embarras et entendis Bella pouffer de rire derrière moi.

Des cours de danse…avec Bella. Le destin cherchait à me persécuter ou quoi ?! Mais comment allais-je m'en sortir ? J'allais vivre un véritable enfer, doux enfer, mais enfer quand même… Rien que lui apprendre à frapper avec une batte de baseball avait été une rude épreuve pour mes hormones, et ça n'avait duré que quelques secondes. Ne valait-il pas mieux arrêter cette mascarade avant que je devienne fou ? Chaque jour qui passait je sentais me rapprocher un plus d'elle, et il ne s'agissait plus seulement d'attirance physique. Ça me foutait une trouille inimaginable car je savais que je ne sortirais pas indemne de cette situation. Encore.

« Je pense qu'on peut enlever le masque maintenant. En position ! » dit Alice de façon militaire.

Après un soupir, je me réinstallai au fond du canapé et reposai ma tête en arrière avant de fermer les yeux. C'était déjà un véritable calvaire de savoir que les mains de Bella touchaient mon visage, si je gardais les yeux ouverts je risquais de perdre le contrôle. Il était plus facile pour moi de penser à autre chose qu'aux mains délicates de Bella sur ma peau. Ces mêmes mains qu'elle avait fait courir sur son corps en chantant cette vieille chanson de Samantha Fox, pas plus tard qu'hier dans son labo… Un spectacle à mi-chemin entre l'hilarité et l'érotisme.

Après qu'elles aient retiré toute l'argile à l'aide d'un tissu en éponge, Alice passa en revue chacun de nos visages pour voir les effets du produit.

« Mouai… » dit-elle en écrivant quelques notes sur son carnet. « Bon maintenant on va passer au masque 'hydratation maximale et régénérescence cellulaire'. T'entends ça Em ? Ça va peut être aussi te régénérer le cerveau avec un peu de chance. »

« T'es désopilante frangine ! » répondit Emmett avec ironie. « Allez ma poulette ! Envoie la sauce ! » dit-il à Rosalie.

« Appelle-moi encore 'poulette' et c'est ta sauce que tu pourras garder ! » répliqua Rosalie avec un lourd sous-entendu avant de faire couler le gel rose fluo sur son nez.

« Dis Alice, t'aurais pas une chronique sur les huiles de massage aussi ? Hum…oh oui Rose…c'est bon… » dit Emmett en faisant exprès de faire des bruits suggestifs.

« Nan mais si t'es volontaire, j'aurais quelques cires dépilatoires… » répondit Alice avec taquinerie.

Après être passé par toutes les couleurs de peau, mangé et bus quelques bières, Alice nous mit presque à la porte en milieu d'après-midi pour rédiger sa chronique.

Une nouvelle semaine en compagnie de Bella commença. Après environ un mois de cohabitation, notre relation n'avait plus rien à voir avec les débuts chaotiques. Nous avions appris à nous connaitre et les piques que nous nous lancions étaient purement amicales, elle ne démarrait plus au quart de tour et j'arrivais à ne plus tout prendre au premier degré. Mais paradoxalement, ça ne rendait pas les choses plus faciles pour moi. Je commençais à m'habituer à son contact pendant 'nos représentations' et c'était à chaque fois un peu plus difficile de revenir à une relation cordiale dès que le seuil de la maison était franchi.

A mesure que les jours de la semaine passaient, je sentais que Bella était de plus en plus tendue, mais quand je lui demandais si tout allait bien, elle m'affirmait que oui. Bien que je me doutais que c'était faux, je n'osais pas insister, je ne m'en sentais pas le droit.

Vendredi soir, Bella partit assez tôt dans sa chambre. En allant me coucher à mon tour, j'entendis sa voix à travers sa porte. Elle était au téléphone. Je fis un pas en arrière pour continuer mon chemin, quand une envie d'irrésistible d'écouter sa conversation me prit.

« Nan c'est pas ça Jake…oui je sais bien mais ça va être dur…je sais pas si je pourrais encore affronter ça… » dit-elle.

De quoi parlait-elle ? De sa maladie ? C'était pour ça qu'elle était si tendue depuis une semaine ? En même temps c'était tout ce qu'il y avait de plus normal. Mais tout semblait bien aller pourtant…s'il y avait des complications j'aurais espéré qu'elle m'en parle… Un peu déçu, je m'apprêtais à partir quand elle reprit la parole.

« T'as raison Jake, je sais qu'il ne faut pas que je me gâche la vie à cause de ce type, mais…je m'en veux d'avoir accepté, je n'aurais pas dû… ». Non ce n'était pas à cause de sa maladie qu'elle était comme ça, c'était à cause de moi… « Ok, a demain soir Jacob. Bisous ».

Je me décollai rapidement de sa porte et me précipitai dans ma chambre à pas feutrés avant de me laisser tomber sur mon lit, le cœur serré. Je m'étais emballé, j'avais pensé qu'elle commençait à m'apprécier et j'avais même espéré qu'elle essaye de connaitre celui que j'étais. Mais j'avais été fou d'envisager une telle chose, j'avais baissé ma garde trop rapidement, au fond Bella ne valait pas mieux que les autres. Elle venait de me rappeler avec force qu'elle ne faisait l'hypocrite que pour mon assurance. La seule chose qui l'intéressait chez moi.

Je me retournai sur le dos avec violence et tapai avec mes poings le matelas avant de jeter un regard sur le cadre noir et blanc qui se trouvait au sol, contre le mur. Tout à coup, le petit sourire qu'affichait Bella était devenu celui d'une hypocrite.

Elle fait juste ce que tu lui as demandé Cullen.

C'est vrai mais…ça fait mal. Je ne veux plus avoir mal.

Tu savais que ça arriverait.

De colère, je m'assis et balayai tout ce qui se trouvait sur ma table de chevet avec fureur, envoyant tout valser à terre avec fracas.

Cette nuit là, je ne dormis quasiment pas.

Le lendemain, ma colère était passée, mais la blessure était toujours là. Une vielle amie qui faisait sa réapparition. Aujourd'hui, je voulais éviter Bella le plus possible, j'allais déjà devoir endurer sa présence toute la soirée dans un endroit qui ne m'enchantait pas, je n'avais pas besoin de la côtoyer en plus toute la journée. Et puis il fallait que je me défoule. Aussi, j'allais passer la matinée à taper quelques balles mais en prenant soin d'aller dans un autre club cette fois. Bella hantait déjà les lieux de mon club habituel. L'après-midi, je savais qu'elle ne serait pas à la maison, Alice avait prévu d'aller faire du shopping entre filles.

La journée se déroula donc sans surprise et je ne croisai pas Bella pour mon plus grand soulagement. Après avoir tenté en vain de jouer du piano une nouvelle fois, je partis me doucher puis me préparer en prenant tout mon temps. J'étais entrain de m'habiller quand j'entendis Bella rentrer. Apparemment, elle n'était pas seule, car j'entendais également les rires d'Alice, Rosalie et Kate. Super, mon appartement était devenu un repaire de filles. Un comble…

Je finis par sortir de ma tanière et rejoindre le salon en attendant de partir. Les filles s'étaient enfermées dans la chambre d'amis depuis plus d'une heure quand on sonna à la porte.

« J'arri- » commençai-je mais la porte s'ouvrit aussitôt et Emmett apparu. « -ve… Emmett tu pourrais attendre que je t'ouvre ! » râlai-je.

« Pourquoi ? Je sais que t'es là » répliqua-t-il avec incrédulité. « Les mecs arrivent derrière. »

« Vous auriez pu me prévenir qu'on se retrouvait là… » marmonnai-je en voyant les autres pénétrer.

« Salut vieux ! » dit Garrett.

« Salut Edward » dit Jasper en refermant la porte derrière lui.

« Bon elles sont prêtes ? » s'informa Emmett en se frottant les mains.

« Sais pas. Je les pas vu encore » répondis-je en allant me rassoir devant la télévision.

Au bout d'une demi-heure et quelques gloussements plus tard, les filles finirent par sortir. Dès que j'aperçus Bella, toute ma tristesse et ma rancœur envers elle s'évanouirent. Elle était presque méconnaissable et diablement séduisante. Elle portait une robe noire courte près du corps relativement simple, mais ses cheveux tirés en un chignon bas et ses grands anneaux dorés aux oreilles faisaient d'elle la femme la plus tentante qu'il m'ait été permis de voir. Et c'était sans compter sur l'eye-liner qui soulignait l'or brun de ses yeux et le rouge carmin qui rehaussait la pulpe de ses lèvres.

Elle était magnifique.

« C'est trop ? » s'inquiéta Kate.

« Quoi ? » dit mollement Jasper.

« T'avais peut être raison Bella finalement… on devrait y aller en jean » dit Rosalie.

« Hein ?! Mais non ! » s'écria Emmett en nous sortant tous de notre transe. « Ne changez rien surtout ! »

Les garçons s'avancèrent vers leur compagne et s'enlacèrent ou s'embrassèrent. J'aurais aimé en faire autant mais je ne souhaitais pas 'gâcher la vie' de Bella un peu plus…

« Bon allons-y alors ! » s'exclama Alice. « J'ai hâte d'y être ! »

Tandis que les autres piaillaient autour de nous en sortant de l'appartement, sans le vouloir, mes yeux ne quittaient pas Bella. Je la voyais se mordiller la lèvre inférieure et éviter mon regard tout en rajustant nerveusement les bretelles de sa robe. Elle semblait nerveuse et mal à l'aise. Sûrement à cause de moi.

« Prête ? » demandai-je en m'approchant d'elle.

« Non. Et toi ? » murmura-t-elle en levant les yeux vers moi.

« Non plus » répondis-je en la regardant. Je n'étais vraiment pas prêt.

Elle inspira et souffla, puis passa devant moi. C'est à ce moment là que je faillis faire une attaque. Bella avait carrément oublié le bout de tissu qui devait recouvrir son dos.

« Putain… » lâchai-je dans un murmure en voyant son dos totalement nu en face de moi.

Elle n'a pas de soutien-gorge ma parole…à moins qu'elle ait revêtu un de ces truc autocollants…

« Edward, tu viens ? » dit Bella qui se trouvait près de la porte, en inclinant la tête sur le coté.

« Euh oui, descends rejoindre les autres, j'arrive ». Elle acquiesça avec hésitation puis partit.

Je me ruai jusqu'à la salle de bain pour m'asperger le visage d'eau froide.

« Garde la tête froide ! Pense à ce qu'elle a dit au téléphone, tu lui gâches la vie ! » dis-je entre mes dents à mon reflet avant de m'éponger et partir.

Nous étions allés diner au restaurant avant d'aller au club et je fus soulagé de voir que Bella portait une veste, mais cela n'empêcha pas le serveur de se rincer l'œil plusieurs fois au cours du repas. Pendant le trajet jusqu'au club, Bella resta silencieuse et je pouvais la voir jouer nerveusement avec ses mains. Les autres étaient déjà garés quand nous arrivâmes au parking, et c'était stressés que nous les rejoignîmes, Bella et moi.

« Jacob n'est pas là ? » demandai-je en regardant autour de moi.

« Non, il est déjà à l'intérieur normalement » me répondit Bella dans un souffle.

En levant la tête pour prendre le chemin de l'entrée, mon regard tomba sur Jasper et bizarrement, il semblait aussi anxieux qu'elle. Bien qu'il tienne la main de ma sœur, il se trouvait près de Bella et ses yeux balayaient avec frénésie les alentours. Ceci ne s'arrangea pas quand nous pénétrâmes dans l'enceinte de l'établissement, ils semblaient tous deux sur le qui-vive.

« Je ne l'ai pas vu… » dit Jasper à l'oreille de Bella.

« Moi non plus… » répondit celle-ci en continuant de jeter des regards ici et là.

C'était Jacob qui les rendaient ainsi ou quoi ? J'étais déjà assez nerveux à l'idée de passer ma soirée ici, je n'avais pas besoin qu'ils me mettent la pression. Nous continuions à nous frayer un chemin vers le bar quand le grand mec baraqué en question vint à notre rencontre.

« Vous êtes arrivés ! » s'écria-t-il en enlaçant Jasper. « Ah ma Bella adorée ! » dit-il avant de prendre les joues de Bella dans ses mains et de l'embrasser rapidement sur sa bouche. Mais qu'est-ce qui lui prenait à ce bouffon ?! C'était pas sa copine à ce que je sache ! Il méritait mon poing dans sa gueule !

« Jacob ! Je t'ai dit de ne plus faire ça ! Je te rappelle que je suis mariée ! » riposta celle-ci avec irritation en levant nos mains enlacées. Bon au moins, elle n'avait pas l'air d'avoir apprécié…

En même temps ça ne te regarde pas Cullen. C'est pas ton problème.

« Edward. » me salua-t-il avec un bref coup de tête.

« Jacob » répondis-je sur le même ton.

Bella et Jasper présentèrent brièvement Jacob au reste du groupe, puis ce dernier chuchota quelque chose à l'oreille de son amie. J'étais intrigué, il se passait quelque chose mais je ne savais pas quoi et cela m'agaçait. Soudainement, je sentis Bella se détendre instantanément et son visage crispé se transforma en un sourire jovial.

« Venez, j'ai réservé une table là-bas. » dit Jacob avec bonne humeur.

Nous le suivîmes, puis après avoir commandé des consommations, Jacob prit la main de Bella sans rien demander et l'entraina sur la piste de danse. Les autres suivirent presque immédiatement et je me retrouvai seul sur ma banquette à boire ma première bière.

« Ça faisait longtemps qu'on s'était pas retrouvé en tête à tête dans une boite nous deux, hein ? » dis-je à mon verre de bière avant d'en boire une gorgée.

Je soupirai puis me calai dans le dossier moelleux pour regarder le spectacle qui se déroulait en face de moi. Emmett et Rosalie étaient les premiers dans mon champ de vision. Je ne pouvais m'empêcher de sourire en voyant mon frère rester coi devant les explications de Rosalie, apparemment celle-ci essayait de comprendre les pas des danseurs qui se trouvaient à proximité, puis les traduisait en langage 'Emmett'. A coté, Kate et Garrett se laissaient aller et dansaient une salsa réinventée. Quant à Jasper et Alice, je devais avouer qu'ils se débrouillaient pas mal, visiblement Jasper savait danser et Alice apprenait vite. Je scannais le reste des danseurs pour apercevoir Bella et Jacob, mais je ne les trouvais pas, une sorte de cercle improvisé venait de se former et m'empêchait de voir. Subitement, je réalisai que c'était eux qui se trouvaient au milieu de ce cercle. Totalement abasourdi, je me levai et m'approchai jusqu'au bord de la piste pour regarder. Ils formaient un couple de danseurs extraordinaires et Bella était resplendissante. Elle semblait libérée et complètement dans son élément à cet instant. Elle tournoyait, se déhanchait et ondulait avec volupté. Son dos nu laissait entrevoir ses muscles se dessiner et ses talons allongeaient ses jambes fines qui s'agitaient avec légèreté. Leurs bras s'entremêlaient dans une parfaite synchronisation avec une facilité déconcertante. Je devais avouer que j'étais estomaqué.

« Impressionnant, non ? »

Je sursautai en voyant Jasper à coté de moi.

« Plutôt oui…on dirait qu'ils ont fait ça toute leur vie. » répondis-je.

« Non juste deux ans » répliqua-t-il simplement en buvant une gorgé de sa bière. « Et encore, ça faisait plus d'un an et demi qu'ils n'avaient pas pratiqué… »

« Sans blague ? »

« Sans blague » affirma-t-il avec un ton plus dur ce qui me rappela l'épisode de tout à l'heure.

« Alice n'est pas là au fait ? » demandai-je.

« Elle est partie se rafraichir aux toilettes »

« Jasper, je peux te poser une question ? ». Il tourna la tête vers moi et me jaugea quelques secondes.

« Vas-y, je verrais si je peux y répondre » dit-il en reportant son attention sur la piste.

« Bella et toi sembliez tendus en entrant dans le club tout à l'heure, jusqu'à ce que Jacob vienne vous parler… ». Je ne terminai pas ma phrase intentionnellement, il avait bien saisi ce que je voulais savoir. Il soupira et resta contempler son verre un instant avant de me regarder à nouveau.

« J'en déduis que Bella ne t'a rien dit. Je ne m'attendais pas à ce qu'elle le fasse en même temps… Je ne pense pas que c'est à moi de t'en parler, mais je vais quand même le faire néanmoins. ». J'acquiesçai lentement pour l'encourager à continuer. J'étais réellement intrigué. « Je ne sais même pas par où commencer… Bella n'a jamais eu de bol dans sa vie amoureuse, c'est le moins que l'on puisse dire, mais sa dernière histoire a été particulièrement éprouvante. »

Tiens donc…

Jasper semblait soudainement absorbé par ses pensées.

« En y réfléchissant, je crois qu'il faut que je te raconte toutes ses histoires…»

« Tout ? » m'étonnai-je.

« Oui, même si je m'expose à des représailles de sa part. A ma connaissance, Bella n'a eu que trois histoires d'amour. La première c'était avec Jacob, au lycée. »

« Avec Jacob ?! »

C'était son ex ?!

« Et oui… c'était en terminale, ça a duré quelques mois, jusqu'à ce que Jacob réalise qu'il était gay. » rit-il.

« Jacob est gay ?! » m'exclamai-je à nouveau.

« Bien sûr. Bella ne te l'a jamais dit ? »

« Non… » répondis-je incrédule.

« Eh bien il est gay. » rit-il de plus belle.

Je me sentais stupide d'avoir éprouvé une pointe de jalousie pour ce type.

« Ce n'est pas ça le plus important, mais le fait que Bella s'est sentie rejetée pour la première fois. Ensuite, il y a eu Laurent. Elle était à la fac d'art, en deuxième ou troisième année, je ne me souviens plus trop. C'était un français qui était venu étudier la photographie, il avait un an de plus qu'elle et ça été le coup de foudre, enfin du moins, c'est ce qu'elle disait… lui, semblait beaucoup moins amoureux. Bref, après presque un an de relation, ils avaient décidé de s'installer ensemble. Il allait finir ses études et Bella avait encore un an à faire. ». Il marqua une pause puis soupira avant de fixer droit devant lui. « Quelques temps après la remise des diplômes, Bella m'a appelé un soir. Elle était complètement paniquée et ses pleurs m'empêchaient de comprendre ce qu'il se passait. Je suis donc allé chez elle et je l'ai retrouvé recroquevillée au sol, tenant une lettre dans la main. Laurent était reparti en France sans rien lui dire, emportant ses affaires et en laissant une lettre qui disait simplement qu'il avait trouvé une opportunité en or chez lui et que sa vie était là-bas… Je te laisse imaginer dans quel état émotionnel elle se trouvait. Ce deuxième rejet a été particulièrement difficile…»

Je ne savais pas quoi dire. Je posai mes yeux sur Bella qui continuait de tournoyer gaiement autour de Jacob. Quand on la voyait ainsi, on était loin d'imaginer toutes les horreurs que le destin avait mises sur son chemin. La vie était bien cruelle.

Soudain, je me rappelai que Jasper avait dit que sa dernière expérience avait été la plus éprouvante. Pouvait-on avoir connu pire ?

« Qui était le dernier ? » demandai-je d'une voix étranglée par l'émotion sans quitter des yeux Bella.

« James. Celui que Bella cherchait à éviter à tout prix ce soir. » dit-il d'une voix dure.

Brusquement, ses paroles firent 'tilt' dans ma tête. Ce n'était pas de moi qu'elle parlait au téléphone avec Jacob hier soir, c'était ce James… Une vague de soulagement incontrôlée m'envahit aussitôt.

« Il devait venir ? »

« C'est possible, il traine souvent ici… James est prof de salsa, c'est lui qui leur a appris à danser, et en particulier Bella… » dit-il entre ses dents. « En fait, Bella n'était pas bien du tout après sa 'rupture' forcée avec Laurent, elle n'avait plus de gout à rien, plus d'entrain, elle sortait avec nous parce qu'on lui disait de venir. Un jour Jacob était venu chez nous en disant qu'il les avait inscrit à un cours de salsa. Il avait craqué sur James dans une discothèque et avait appris qu'il était prof, du coup il avait entrainé Bella là-dedans et elle avait suivi sans rien dire. D'un coté ça faisait de la compagnie à Jake et d'un autre, ça permettait à Bella de changer d'environnement. Très rapidement, Jacob a compris que James était un hétéro à 100% mais les cours lui plaisaient et Bella semblait y prendre gout, alors ils ont continué à y aller. Seulement, il a suffit de quelques cours pour que James remarque Bella autrement que comme une élève. Au bout de quelques mois et des heures de charme plus tard, Bella a craqué et est tombé dans ses bras. Faut dire qu'il a le physique et l'attitude qui va avec son métier, il se prend pour un vrai latin lover. »

« Un coureur de jupon ? » demandai-je en fronçant les sourcils.

« Oui et le mot est faible… Bella était sa 'muse' comme il l'appelait, mais pendant presque un an il l'a pris pour une gourde et elle était trop aveugle pour s'en rendre compte. Il se tapait des midinettes à longueur de temps dans son dos et quand Bella s'en apercevait, il lui sortait son jeu de séduction pour faire passer la pilule. Un jour, Bella était allé lui faire la surprise dans son studio de danse mais elle surprit James entrain de donner des cours de 'salsa horizontale' avec Victoria, une de ses élèves, si tu vois ce que je veux dire… Ça a été la goutte d'eau et elle l'a plaqué sur le champ »

« Quel enfoiré ! » grinçai-je en serrant mon verre dans ma main.

« Attends la suite. » dit Jasper. J'écarquillai les yeux. « James n'a pas supporté que Bella le laisse tomber. »

« Tu plaisantes j'espère ! C'est lui qui se fout de sa gueule et il n'est pas content qu'elle le largue ?! » m'énervai-je.

« On ne 'largue' pas James, c'est lui qui décide quand il met fin à une relation » ironisa Jasper avec un rire jaune. « Bella était devenue son obsession, il voulait la récupérer coute que coute. Paradoxalement, plus aucune fille ne l'intéressait, il n'y avait qu'elle. »

« Il l'harcelé ? » demandai-je avec crainte.

« Exactement. Pire qu'un paparazzi, il la suivait partout, lui téléphonait sans cesse, une véritable traque. Un vrai malade ce mec. C'était invivable, pour Bella comme pour Jacob et moi. Un jour il est allé trop loin et a failli frapper Bella parce qu'elle refusait de lui parler. Jacob et moi avions rendez-vous avec elle ce soir là et on a assisté à la scène. Résultat, il est rentré chez lui avec trois côtes cassés et le nez en bouillie… »

« Ça a suffi pour qu'il la laisse tranquille ? Vous n'avez pas fait appel à la police ? »

« Dans notre grande mansuétude, après lui avoir refait le portrait, on lui a dit que s'il pointait son nez encore une fois, alors là on ferait tout pour le foutre en taule. Ça fait plus d'un an maintenant et on ne l'a pas revu… il est tordu mais pas stupide »

« Du coup Bella n'a jamais redansé à cause de ce fumier, elle évitait tout ce qui pouvait la ramener à lui… »

« Absolument…Et voilà pourquoi elle a failli me tuer quand Alice a parlé de salsa à table l'autre jour. C'était une épreuve pour elle de revenir ici Edward » me dit-il solennellement.

« Je comprends maintenant pourquoi elle était si tendue depuis des jours… ». Tout s'expliquait.

Il hocha simplement la tête.

« Je pense que Bella ne se sent pas capable d'être aimée, d'abord Jacob la rejette parce qu'il aime les hommes, ensuite Laurent ne se préoccupe pas d'elle et part faire sa vie ailleurs, pour James elle n'était qu'un objet sexuel, et pour moi-. »

« Toi ? » m'étonnai-je en le regardant.

« Je la connais depuis l'âge de huit ans Edward, et je ne l'ai jamais vu autrement que comme une sœur, flirter avec elle aurait été comme incestueux pour moi. Je pense qu'une part d'elle l'a vécu comme un rejet aussi. Je ne pouvais pas l'aimer 'd'amour'… ». Il soupira et se tut. « Mais ne parlons plus de ça, d'accord ? James n'est pas là ce soir et Bella peut enfin savourer ce moment… » dit-il en la regardant avec tendresse.

« Ah Jazz tu es là ! Je te cherchais ! » s'écria Alice en poussant tout le monde sur son passage. « Viens ! » ajouta-t-elle en le tirant par la main pour aller danser.

Je repartis m'assoir sur ma banquette et prit ma tête entre mes mains. Je ne savais pas quoi penser de tout ça. Toute sorte d'émotions me submergeaient, j'étais à la fois en colère, attristé, compatissant, et…soulagé. Bien que nos histoires fussent différentes, Bella n'avait jamais été heureuse en amour et en avait bavé tout comme moi, elle était en mesure de me comprendre. Mais je ne pouvais pas parler de ce genre de choses avec elle, d'une part elle ne savait pas que j'étais au courant de ses histoires, et d'une autre part, j'étais bien incapable de lui déballer les miennes.

C'était peut être curieux, mais je me sentais encore plus proche d'elle maintenant.

« Waouh ! J'avais oublié ce que c'était ! » dit Bella a bout de souffle en venant s'assoir près de moi. Je levai la tête et vis les autres arriver aussi, tous en sueur.

« Jacob et toi dansez extrêmement bien, je suis impressionné » dis-je.

« Merci, j'ai perdu un peu de pratique, mais je ne suis pas déçue d'être venue finalement » dit-elle avant de boire la moitié de son verre de soda d'une traite. Je jetai un regard complice vers Jasper qui me sourit.

Nous restâmes discuter de choses et d'autres pendant quelques minutes, puis Bella se leva et tendit une main vers moi.

« Viens Edward, je ne compte pas te laisser enfiler des bières sur cette banquette toute la soirée ! »

« Non Bella, ne compte pas sur moi ! » répondis-je en mettant les mains devant moi.

« Allez ! Fais-moi plaisir ! De toute façon, il va bien falloir que tu viennes aux cours de danse avec moi » insista-t-elle en prenant ma main et en la tirant. Le 'fais-moi plaisir' eut raison de moi et presque contre ma volonté, mon corps la suivit.

« Bon, je vais te guider, donne moi tes mains » dit-elle avec enthousiasme. Rien que pour la voir heureuse comme ça, j'étais prêt à danser le kasakchok devant elle. Je lui tendis mes mains mais à peine les prit-elle que je vis la panique envahir ses yeux. « Oh non…oh non… » murmura-t-elle en fixant un point derrière mon épaule.

« Qu'est-ce qu'il y a Bella ? » m'inquiétai-je en me tournant.

« Vite Edward, je veux partir d'ici » paniqua-t-elle. Je ne cherchai pas à l'apercevoir, je savais qu'elle parlait de James.

« Viens » dis-je fermement en lui tirant la main.

« Bella ?! » entendis-je une voix derrière nous. Je marchai plus vite pour me frayer un chemin. « Eh ! 'Bellissima Bella' ! Attends ! » dit-il plus fort à mesure qu'il nous suivait. Bella et moi nous mîmes à trotter mais les plaintes des gens derrière nous nous indiquaient qu'il nous suivait toujours.

Je n'avais qu'un seul objectif, emmener Bella le plus loin possible de cette ordure et rapidement. Nous ne nous préoccupâmes pas de nos vestiaires, ni d'avertir les autres, on leur expliquerait après.

Sans attendre notre reste, nous poussâmes la porte de sortie du club.

« Bella ! Mais merde attends ! Je veux te parler ! » s'énerva-t-il.

« Non James ! Je ne veux pas avoir affaire à toi ! » s'écria Bella sans s'arrêter.

« Putain arrête-toi bordel ! Et toi le guignol, laisse-la ! » cria-t-il.

Je serrai les dents pour ne pas répondre à ses provocations mais Bella stoppa et fit volte-face alors que nous étions arrivés sur le parking.

« Ta gueule James ! Ne lui parle pas comme ça ! »

« Alors c'est lui qui a le droit de te sauter en ce moment ?! ». Je ne pouvais pas laisser passer ça.

« Je t'interdis de lui manquer de respect ! » dis-je entre mes dents en le défiant du regard.

« Edward, ne te mêle pas de ça ! » chuchota Bella à coté de moi. Je ne tins pas compte de sa remarque.

« T'es qui pour me faire la morale connard ? » me dit-il avec hargne en s'approchant.

« Son mari et celui qui va te péter la gueule si tu continues à la faire chier ! » lançai-je en tirant sur la main de Bella et en faisant demi-tour pour aller jusqu'à la voiture qui se trouvait à quelques mètres.

« Son mari ah ouai ?! T'as payé combien pour qu'elle te suce la queue ? ».

Je n'étais pas quelqu'un qui cautionnait la violence physique, mais là il l'avait cherché. Je continuai mon chemin vers la voiture, ouvrit la portière de Bella et la fit monter à l'intérieur. Puis je fis le tour et ouvrit mon coffre pour prendre ma batte de baseball.

« Edward ! » entendis-je Bella crier derrière moi.

« Allez Flashdanse ! On va voir si tu sais aussi danser avec ça ! » dis-je en tapant ma batte dans ma main. Voir son regard paniqué me fit jubiler.

« Je t'attends minable ! » me provoqua-t-il.

J'eus un rire dédaigneux et commençai à tourner en même temps que lui.

« Edward, non ! » cria encore Bella en sortant de la voiture.

« Bella reste en dehors de ça ! Remonte dans la voiture immédiatement ! » hurlai-je sans le quitter des yeux.

« Ne me dis pas ce que je dois faire ! ».

Je roulai des yeux avec agacement devant son caractère de chien.

« 'Ne me dis pas ce que je dois faire' " répéta-t-il en imitant la voix de Bella, " t'as rien compris vieux, c'est elle qui faut mater avec ton bâton ! » dit James avec haine.

Il était allé bien trop loin et j'avais suffisamment attendu. Je levai ma batte pour lui assener un coup quand un claquement de porte retentit.

« Espèce d'enfoiré ! » cria une voix familière.

Instinctivement, je tournai la tête vers l'individu mais à peine avais-je reconnu Jasper que James profita de la diversion pour décocher une droite. Complètement sonné, je m'écroulai au sol avec une douleur fulgurante au visage.


*Traduction paroles de S. Fox

[Touche-moi, touche-moi

Je veux sentir ton corps

Ton cœur bat tout près du mien

Touche-moi, touche-moi maintenant !

Les chaudes et froides émotions troublent mon esprit

Je ne peux me décider entre le plaisir et la douleur

Comme un bruit dans la nuit

Je t'ai supplié de faire ce que tu voulais de mon corps

Touche-moi, touche-moi maintenant ! Car je veux ton corps toute la nuit.]


Je suis sûre qu'il y a encore des questions que vous vous posez (je sais que certains se triturent beaucoup le cerveau^^), mais bon, je ne peux pas vous faire des romans à la place des chapitres quand même !

Ah, et oui je sais, Bella a vraiment pas de bol, bla bla bla … mais c'est pour ça qu'elle en est là, et ne vous inquiétez pas, je suis une fervente partisante des happy ends.

Bon, vous avez vu comment vos reviews me boostent ? Comment ça il y a un message subliminal sous cette allusion… ? *regarde ailleurs* ^_^

Je vous adore ;-)