Salut les filles !

Fiouuu j'ai carburé ! J'ai écrit 20 pages en une journée alors *MODE SAKURAI* Sumimaseeeen s'il y a des fautes/incohérences etc... je corrigerai comme d'habitude au fur et à mesure...

Au programme, pas de psy encore ! (mais si, mais, si, elle arrive, patience, je sais je dis ça à chaque fois ahaha...! Mais cette fois, c'est VRAIMENT VRAI ! On la verra dans le prochain chapitre, sans faute !)

Je n'en dis pas plus cependant et je vous laisse découvrir par vous même...

Je tenais encore à vous remercier pour votre fidélité et également dire à tous les lecteurs qui ne laissent pas de reviews mais ajoutent l'histoire en "favoris" que cela me va droit au coeur !

Enjoy !


Satsuki disait toujours que, quoiqu'il arrive, il y a en ce monde quelques certitudes.

Et l'une d'entre elles était qu'on en revient toujours à son premier amour, celui qui ne s'oublie pas quelles que soient les directions et les décisions prisent par notre vie.

Le premier amour de Daiki, c'était le basketball.

Et effectivement, il y était revenu, dernièrement. Bien qu'il n'ait jamais réellement rompu avec lui, ils avaient eu un passage à vide et le brun avait préféré prendre ses distances. Le temps, le manque de concurrence et l'ennui les avaient éloignés. Irrémediablement ? C'est ce qu'avait cru Aomine au départ. Un peu comme quand tu restes trop longtemps avec la même fille et que la routine s'installe... Le quotidien perd en excitation et toi tu te retrouves avec toutes ces questions plein la tête, jusqu'à l'inévitable saturation.

Finalement, le basket était devenu un poison. Qui lui faisait beaucoup plus de mal, que de bien.

Mais il était trop tard, il s'était enfermé dans ce couple toxique.

Alors, il avait pété un câble et sans jamais vraiment avoir le courage de mettre un terme à cette relation nuisible, Daiki avait trompé son premier amour.

Tout avait d'abord commencé innocemment, comme tous les jeux d'enfants.

Il n'avait que dix ans à l'époque et il avait pris l'habitude de venir jouer au terrain qui se trouvait près de la rivière. C'était un endroit calme et propre, un véritable havre de paix, juxtaposé à la jungle urbaine mais qui

semblait encore préservé. Aomine aimait venir ici. Que ce soit pour y attraper des grenouilles (et effrayer Momoi en lui mettant dans les cheveux) ou pour pêche des écrevisses. Ou simplement pour faire la sieste entre les racines d'un arbre. Oui, Aomine adorait cet endroit hors du temps et des problèmes. Et puis, pas mal de jeunes adultes et d'adolescents traînaient dans les parages... alors c'était un lieu plein de vie...

… et pas toujours dans le bon sens du terme...

La plupart des jeunes qui se retrouvaient ici se baignaient illégalement et fumaient, voire même, se droguaient. Il leur arrivait également de faire des feux de camp une fois la nuit tombée où d'amener des filles peu farouches...

Souvent, Aomine se mêlait à eux, malgré les réticences de Satsuki. Pourquoi refusait-elle de les approcher ? Ils étaient gentils ! Et en plus, ils étaient toujours partants pour jouer au basket, alors Aomine les sollicitait régulièrement. Jamais ils ne refusaient de l'affronter, eux. Malgré son jeune âge, ils ne se moquaient pas de lui et il ne le traitaient pas non plus comme un gamin à peine sorti de ses couches, contrairement aux « grandes personnes » qui disaient souvent que si on lui pinçait le nez, du lait maternel pourrait encore en couler !

Or, pour Aomine, la vie se résumait à l'époque à deux catégories de personnes : celles qui aimaient le basket et celles qui ne l'aimaient pas.

Puisqu'il adorait cela, il avait décrété qu'une personne appréciant également ce sport ne pouvait pas être foncièrement mauvaise ! Cela lui suffisait amplement.

Et ces étudiants à l'allure un peu négligée et qui riaient un peu trop fort, étaient forcément bons. Ils ne le jugeaient pas et donc, il en faisait de même.

Ce n'était pas compliqué.

C'est ainsi qu'un après-midi d'été, il s'était rendu seul à son lieu de villégiature favori, dans l'espoir d'y rencontrer quelques adversaires coriaces. Mais au lieu de cela, il n'avait trouvé qu'un endroit désert, laissé à l'abandon. Cependant, en y regardant de plus près, il y avait bien encore quelques traces de leur récent passage. Dans le coin qui leur servait de quartier général, près d'un panneau de basket écaillé par les intempéries, se trouvait une petite parcelle d'herbe. Ils aimaient s'y réunir pour jouer aux cartes et boire de la bière. Un jour, il y avait même un gars qui avait proposé à Aomine d'y goûter, mais le bambin en culotte courte avait refusé poliment. Ca ne l'intéressait pas vraiment les choses des grands. Sauf le basket ! Maman disait qu'il avait encore le temps pour découvrir cela et...

… quelque chose attira son attention...

Parmi les mégots de cigarettes encore fumants et les cadavres de bouteilles en verre, se trouvait négligemment posé ici...

… Un magazine.

Un des garçons avait du l'oublier là. On avait expliqué à Aomine que les flics venaient de plus en plus souvent patrouiller ici. Les « poulets » comme les appelaient ces jeunes. Comme Maman.

Et bizarrement, les jeunes n'aimaient pas trop les policiers...

Dès qu'ils les entendaient rappliquer, il se sauvaient en courant, laissant tout sur place...

Puis, ils revenaient quelques jours plus tard, comme si de rien n'était. Sauf que parfois, certaines garçons se faisaient attraper. Et tirer les oreilles.

… Alors Maman lui avait interdit de venir jouer ici, dorénavant. Mais Daiki n'avait pas écouté. Il était obéissant en général, cependant Maman était au travail aujourd'hui alors, elle n'en saurait rien s'il venait ici, pas vrai ? Personne ne lui dirait ! Il s'ennuyait. Satsuki était partie en week-end chez ses grands-parents dans la région de Kobe. Et il n'avait personne avec qui s'amuser... c'est pourquoi il s'était naturellement rendu ici, comme par instinct.

De toute façon, il ne faisait rien de mal, n'est-ce pas ?

Il s'approcha du magazine tourné face contre terre et il le ramassa naïvement. Maman disait souvent qu'il faut se montrer gentil avec ses amis. Et ces garçons étaient ce que Daiki avait se rapprochant le plus d'amis. Sortant l'ouvrage de la poussière, il le secoua pour le nettoyer et il décida de le rendre aux écoliers lorsqu'il les recroiserait.

Comme sa maman le lui avait appris. Elle serait probablement fier de lui s'il faisait une bonne action.

Mais c'est alors que la photo de couverture du magazine lui sauta aux yeux et lui vrilla le cerveau.

Il s'agissait d'une fille, non, d'une femme... TOUTE NUE !

Daiki sursauta et lâcha le magazine. Il tenait son ballon de basket serré contre sa hanche et il recula, sous le coup de la surprise. Il ne s'attendait vraiment pas à cela... Pourtant, il avait déjà remarqué que les garçons regardaient et s'échangeaient avec intérêt des magazines, mais jamais il n'aurait imaginé que...

Hmm...

Timidement, il s'avança vers le magazine qui jonchait à nouveau le sol et il le récupéra. Poussé par la curiosité, il commença à le feuilleter.

Que des dames à poil...

Et dans des positions étranges...

Avec d'énormes seins...

Et puis heu... le truc en bas. Différent de celui des garçons.

Cette découverte l'intriguait. Lui, il croyait que les autres lisaient des magazines de basket, mais non, c'était ça ! Pourquoi faire, franchement ? C'était nul, tout pourri !

… Dans ce cas, pourquoi ne pouvait-il pas s'empêcher de continuer à le parcourir ?

Il était comme happé, hypnotisé... complètement sous le charme de ces courbes douces et rebondies.

Ses yeux devinrent ronds comme des billes.

Et son bas ventre le lançait étrangement. Il avait l'impression que son cœur avait glissé entre ses cuisses et s'était mis à battre très fort là. Se tortillant d'inconfort et frissonnant, il piqua un fard sans en comprendre la raison.

Bon... mieux valait le ramener à la maison, juste au cas où... parce que s'il le laissait traîner ici, la pluie risquait de l'abîmer et quelqu'un pourrait le dérober. Une petite voix au fond de lui lui suggéra également de ne pas en parler à Satsuki, ni à Maman... Elles allaient sûrement lui crier dessus et lui demander où il avait trouvé ça et... il ne voulait pas leur mentir...

Car ce n'est pas bien de mentir, mais s'il ne disait rien, ça devrait aller, hein ? C'était pas un mensonge ça ! Aomine allait simplement cacher sa trouvaille sous son futon, dans la boîte qui contenait sa collection de cartes de joueurs de NBA et tout irait bien ! Après tout, il ne faisait rien de mal ! Il comptait le rendre ensuite, dès que possible, ce n'était qu'un emprunt destiné à mettre ce magazine en sécurité. De cette manière, son propriétaire pourrait bien entendu venir le récupérer plus tard !

… A part que le type en question n'en revit jamais la couleur.

C'est ainsi que, par la force du hasard, Aomine trouva une maîtresse possessive qui entreprit de le détourner de son basketball bien-aimé.

Rapidement, tout son argent de poche y passa et lorsqu'il arriva au collège, son pic hormonal atteignit son apogée ! L'adolescence est l'âge où les désirs sexuels prennent leur ancrage, n'importe qui vous le dira et c'est encore plus vrai pour les garçons. Parfois, après l'entraînement, il lui arrivait d'amener des DVD et des magazines issus de sa collection privée... Il les regardait alors avec Kise et parfois, Murasakibara ou Kuroko, qui y jetaient un coup d'oeil plutôt distrait, histoire de s'informer.

Bien entendu, il planquait le matos dès que Nijimura ou Akashi était dans les parages. Pas fou non plus, hein. A quoi ça sert d'investir tous ses deniers personnels dans de telles œuvres si c'est pour être dans l'incapacité de faire pleurer le Cyclope ensuite, tout ça parce que, dans un élan d'imprudence, il se serait fait trancher son serpent de mer par un de ces psychopathes ? N'empêche, c'était le bon temps ! Qu'est-ce qu'ils s'étaient marrés tous ensemble, enfin... surtout lui, à bien y repenser ! En particulier la fois où il avait ligoté Midorima à une chaise dans les vestiaires et l'avait collé devant le porno lesbien le plus crado qui soit : « Les Bouffeuses de Moules 3 ». Que de délicieux souvenirs... !

Et bien entendu, tout cela s'était déroulé avant qu'il ne tombe dans une certaine forme d'addiction... Car jusqu'ici, se tripatouiller était tout à fait occasionnel et uniquement guidé par la curiosité de découvrir son corps. Ca ou se soulager du stress du collège. Mais c'est ensuite que les choses avaient empiré... lorsque le basket avait commencé à le décevoir. Aomine avait multiplié les infidélité, se réfugiant dans ce monde de plaisirs artificiels et de poitrines gonflées à l'hélium (ou au silicone).

Le porno était devenu sa principale source de réconfort et il avait sombré dedans, au fur à mesure que le basketball perdait de son intérêt...


Mais ça, c'était avant !

Non parce que là... ben il... il se trouvait face à un de ses magazines favoris (spécial grosses poitrines naturelles) et pas moyen qu'elle se lève quoi !

Oh bordel, ça recommençait ! Dire qu'il avait cru un moment que ça c'était arrangé (si on pouvait dire ça comme ça...), quand Daiki Junior avait recommencé à donner signes de vie, il y a quelques jours de cela ! Mais là, rien, que dalle, impossible de monter le grand chapiteau sans piquet de tente ! Et donc, impossible d'emmener le petit Daiki au cirque !

Sa mère était allée faire des courses au konbini du coin de la rue et comme on était le week-end précédent sa consultation chez la sexologue, ben... il s'était dit que c'était le moment idéal pour faire un état des lieux. Et force était de constater que le locataire de son slip ne voulait pas déménager. Et malgré la procédure d'expulsion engagée et la fin de la trêve hivernale, ce dernier squattait inlassablement et semblait même avoir entamé un genre de grève de la faim ! En effet, le pénis du brun restait catégoriquement et désespérément au repos. Et alleeeeezzz rebelotte ! Tous ces efforts, tous ces progrès pour rien...

Heureusement (ou malheureusement, il ne savait plus très bien...), il restait à Aomine une arme ultime. Le genre de solution de dernier recours qui peut faire l'effet d'une bombe. Car en parlant de bombe, puisque Junior refusait de danser la samba avec la jolie bombe sexuelle gravée sur papier glacé, le brun dégaina sa botte secrète. Il pianota sur son téléphone, toujours à portée de main et il alla fouiller dans sa boîte mails, récemment envahie de messages du fameux « Phantom Thief »...

Ca pouvait marcher...

Une fois qu'il eut trouvé ce qu'il cherchait, il ouvrit le fichier et fit un agrandissement. Puis, il posa stratégiquement le téléphone sur le visage de la belle qui lui faisait de l'oeil, en vain jusqu'ici. Un fois sa face remplacée par l'écran de son portable, Aomine sentit son sexe tressaillir instantanément, comme il l'avait supputé.

Oh merde...

Il était gravement atteint quand même... Enfin, ce n'était pas nouveau...

Alors, il n'était plus à ça près. Et si ça pouvait l'aider à vidanger son huile, il ne disait pas non. Après tout, « peu importe le flacon, tant qu'on a l'ivresse... ». Et ouais... la bonne nouvelle dans tout ça, c'était qu'Aomine avait appris le pragmatisme... Il fallait bien essayer de voir le bon côté des choses, non ? En tous cas, c'était ce qu'il se répétait inlassablement et il préférait mettre cette mésaventure à profit autant que possible. Un peu comme quand tu te vautres des escaliers que tu essaies d'être positif en te disant « Chouette ! Je suis déjà en bas ! »

Ouais, voilà...

C'était exactement la même chose !

Sauf qu'aucune personne normalement constitué ne se dit jamais cela après être tombé dans les escaliers...

En tous cas, il devait bien reconnaître que c'était mieux. Il plongea sa main au chaud et Daiki Junior vint confirmer cette impression en se frottant affectueusement à lui. Ravi d'avoir retrouvé son compagnon de jeu, Aomine le salua d'une virile poignée de main (ou plutôt, d'un viril coup de poignet...) et il bascula tira la langue sur le côté, signe d'intense concentration chez lui.

C'était reparti comme en 40 !

Enfin... jusqu'à ce que son téléphone se mette à convulser sur la page...

Grognant de frustration, Aomine l'attrapa et il décrocha en criant un peu trop fort...

« ALLÔ !? »

« Dai-chaaaaaaan ! »

… et de manière un peu trop essoufflée, aussi...

« ! »

Ce qui ne manqua pas de mettre la puce à l'oreille de son analyste de meilleure amie.

« Ne me dis pas que tu étais en train de... »

« Non, je ne te le dis pas. Alors abrège stp, j'suis un p'tit peu occupé là ! »

« Aaaaaahhh tu es dégoûtant Dai-chan ! »

« Pfff... comme si ton Tetsu-kun était mieux ! Lui aussi j'parie qu'il doit se polir chinois et pourtant, t'en fais pas toute une histoire ! »

Hmm... Quoique... connaissant Kuroko... sa sexualité devait être à l'image de ses milk-shakes adorés : vanille. Pour les gosses, quoi. Pas fort de café, contrairement à la sienne. Enfin, il ne faut jurer de rien... Qui aurait cru que la sexualité de Kagami ressemblait à un remake salace de « Charlie et la Chocolaterie »... ?

Bref, il ne fallait jamais jurer de rien...

« Bref, si t'as rien d'autre à faire que t'indigner face à un besoin naturel, je te prierai de raccrocher et de me laisser finir... ME finir... en paix ! »

« … Je t'appelais simplement pour te prévenir... Il faut à tout prix que tu empêches ta mère de... »

« DAIKIIIIIIII MON POUSSIN JE SUIIIIIS RENTREEE ! » Cria une voix appartenant vraisemblablement à une créature féminine, à l'autre bout de l'appartement.

Aomine perçut distinctement la porte d'entrée claquer et il soupira de désarroi, avant de replier son antenne parabolique.

« Désolé, faut que j'raccroche, ma daronne vient de rentrer... Bye... »

« Attends, tu ne comprends pas c'est... »

Mais elle n'eut pas le temps de terminer sa phrase parce que le basané raccrocha hâtivement. Elle allait sûrement pester et le traiter comme du poisson pourri lundi en cours, mais... tant pis. Il se rhabilla, rangea son magazine et il éteignit son téléphone (qui affichait une belle photo de Kagami en train de marquer un dunk... gracieusement envoyée par Phantom Thief/Kuroko). Puis, il s'étira comme un gros chat paresseux et il se leva. Junior commençait à peine s'échauffer alors, ça allait. Il allait pouvoir dissimuler ça. Ca allait passer crème.

Il sortit de sa chambre en caleçon et débardeur, à la cool, et il se jeta immédiatement sur le sachet en papier qui contenait les courses du jour. Chouette... sa mère avait fait le plein de viande rouge... d'ailleurs, elle était justement en train de ranger du lait dans le frigo et Aomine en profita pour se mettre à table et attendre qu'on le serve, tel Dieu le Père.

Paraissant avoir remarqué sa présence, sa mère s'approcha de lui, mais au lieu de jeter quelque chose de comestible au fauve, elle posa une connerie de magazine féminin sur la table, pile sous le nez d'Aomine. Le bouquin était stratégiquement ouvert en page centrale et ce n'était un secret pour personne que Natsuki Aomine adooooorait la presse féminine et surtout les roman-photos de vieilles... mais là, ce qu'il vit manqua de faire tomber ses yeux.

Car ce n'était rien de tout cela.

Mais bel et bien...

LA

PUBLICITE

SEXY

POUR LAQUELLE IL AVAIT POSE AVEC KAGAMI, EN MAILLOT DE BAIN !

Mais bordel de chat paraplégique, qu'est-ce que ça foutait là ?! Et comment ça se fait que c'était déjà publié, en à peine une semaine ?!

Pas une campagne nationale, mon cul ouais ! Et Mai-chan elle met le chocolat dans le papier d'alu ! Ou dans la chocolaterie de Kagami ou...

Argh ! STOP !

De la sueur perlait sur son front et il se tenait droit comme un piquet. Mais si, vous savez, le fameux piquet de tente qu'il cherchait désespérément tout à l'heure...

Mince, mince, pris la main dans le sac ! Il aurait encore mieux valu qu'elle le prenne la main dans le caleçon il y a cinq minutes ! Là, il était fait comme un rat, dans la mouise jusqu'au cou... Le Titanic venait de percuter un iceberg et était en train de couler... et il était définitivement beaucoup trop jeune (ET VIERGE) pour mourir ! Ne pas paniquer, surtout, ne pas paniquer ! Il avala difficilement sa salive et il garda les yeux rivés sur le magazine, décidant qu'il valait mieux éviter tout contact visuel avec sa génitrice pour le moment...

Et il n'y avait pas à dire...

Kagami était sacrément bien foutu... Il avait des épaules de joueurs de football américain, un dos puissant, des muscles partout, une peau légèrement dorée et...

WOW.

Juste... WOW !

Aomine savait qu'il avait eu une réaction physique à cause de la proximité du tigre sexy, mais... là... oyyyy... ! Pas moyen que sa mère n'ait pas remarqué ça en zyeutant le magazine, parce que ça sautait LITTERALEMENT aux yeux !

Il bandait comme... un taureau. Un taureau dopé aux hormones de croissance, pour être exact !

Et la photo n'avait même pas été retouchée, non mais, c'était quoiiiiiiiii ces amateurs, franchement ?

Ca y est, là, il paniquait...

NE PLUS JAMAIS FAIRE CONFIANCE A CETTE QUICHE DE KISE ! (s'il en réchappait vivant...)

« Tu peux m'expliquer ça ? » Demanda sa mère en se plaçant derrière lui.

Coiiiiiiincéééééééééé ! Non mais qu'on en finisse tout de suite, sans attendre ! Il était prêt à se faire guillotiner, adieu monde cruel ! Adieu cul de Kagami ! Adieu seins de Mai-chan ! Dire qu'il n'avait même pas eu le temps de faire un testament, où il léguait sa collection de magazine et ses identifiants sur Youporn, à quelqu'un de méritant...

« Heu... je heu... c'est pas du tout c'que tu crois, m'man ! »

Ah ben oui, là, c'est clair qu'elle va te croire...

Mais il était totalement pris au dépourvu aussi, tel la cigale de la Fontaine, s'étant masturbée tout l'été et bien dépourvu, lorsque la Briseuse de testicules fut venue ! Et point de fourmi chez qui se réfugier !

Cependant, contre toute attente, ce fut sa tortionnaire qui prit la parole en premier.

« Tu sais... ma copine Makoto, celle qui est caissière au konbini en bas de la rue, elle dit que c'est toi... »

Ah ben ouais, normal. En même temps, faudrait être aveugle pour pas le voir...

« Alors, j'étais curieuse de recueillir tes explications. Faut dire que quand elle m'a montré ça, j'ai éclaté de rire et j'ai foncé à la maison sans réfléchir pour te le montrer ! Et franchement ça valait le coup ! Si tu voyais ta tête, mon poussin ! Ahahaha ! C'est à se pisser dessus de rire ! »

Heu... attends... quoi...?

On peut la r'faire ? J'étais pas prêt !

Non mais de quoi est-ce qu'elle parlait encore ? Décidément, elle commençait à devenir sénile, la vieille... Sans doute un des effets secondaires de la ménopause...

Non parce que... elle ne l'engueulait pas ? Sérieusement ?

« Tu crois que... c'est pas moi sur la photo ? » Compris Aomine, en parlant aussi intelligiblement que possible.

« Bien-sûr que non, voyons ! »

« Et comment tu peux en être aussi sûre ? »

« C'est l'instinct maternel, mon poussin ! C'est l'arme la plus puissante et la plus sophistiquée du règne animal ! Grâce à elle, une mère reconnaît toujours sa progéniture ! »

Mouuuuaiiiiis ça laissait à désirer comme explication, ça... Et sentant son fils particulièrement dubitatif, Natsuki décida de sortir son atout caché, en guise d'argument ultime...

« Non mais, tu as vu la taille du machin de ce gars ?! Impossible que ce soit toi ! Ton kiki est bien trop petit ! »

Et il était sensé le prendre comment, au juste ? La dernière fois qu'elle avait vu son « kiki », comme elle le disait si bien, il avait tout juste huit ans ! Encore heureux qu'il avait poussé depuis le temps, comme tout le reste, d'ailleurs !

« Tu sais... j'suis certain que la majorité des mannequins se mettent une coque ou des chaussettes dans le caleçon pour... enfin tu vois... alors... ça ne veut rien dire... »

Merde, qu'est-ce qu'il lui avait pris de dire ça ? Il s'enfonçait tout seul, là ! Ouais bah, elle n'avait qu'à pas dire du mal de Dai Junior ! Surtout qu'il était très susceptible en ce moment ! Mais au lieu de devenir suspicieuse, son indélicate mamounette repartit dans un fou rire.

« Ahahaha ! Bien essayé, mon poussin ! Ecoute, ce n'est pas grave que tu aies un petit zizi, on en a déjà discuté, en plus ! Il ne faut pas complexer là-dessus, vraiment ! Tu as plein d'autres qualités pour compenser ça et au moins, tu sais faire preuve d'humour à ce sujet ! C'est très bien ! »

Là, Aomine était à deux doigt d'enfoncer sa tête dans ses épaules... Touché au plus profond de sa virilité et blessé dans son ego, il rougit à mort en captant le rire insolent de celle qui l'avait mis au monde. Ouais, elle se payait royalement sa tronche, là, pas de doute. Et il se demanda même s'il n'aurait pas mieux valu qu'elle lui fasse la morale en comprenant que c'était bien lui sur la publicité... Par chance, elle sembla comprendre facilement qu'elle venait de toucher un point sensible et elle s'empressa de rectifier, ou plutôt, d'apporter quelques précisions quant au problème de taille de son fiston...

« Ahhh ? Mais c'est pour ça que tu te tires aussi souvent dessus ? C'est pour essayer de l'agrandir ? Allons Daiki ! On ne peut rien faire contre la nature ! Ton père aussi avait un tout petit sashimi, alors si tu veux blâmer quelqu'un, c'est de sa faute à lui, ok ! Paraît que c'est héréditaire ! Mais moi, je n'y suis pour rien, hein ! » Se dédouana t-elle à grand renforts de gestes des mains.

Voyant que des larmes d'humiliation commençaient à poindre dans les yeux de son fils adoré, la mère de famille recula, mal à l'aise.

« Heu je... je vais te préparer un chocolat chaud pour te consoler, d'accord ? Ahahaha... »

Wow quel élan de générosité... enfin, c'était la moindre des choses quand même, vu ce qu'elle venait de lui balancer cash... Surtout qu'elle continuait à se marrer comme une baleine fort discrètement, au passage, main devant la bouche pour étouffer ses gloussements.

Aomine soupira et il croisa les bras sur la table, s'affalant dessus. Encore un traumatisme de plus à attribuer à sa chère mère ! (qui était déjà responsable de 90 % de ses complexes !) Alors si la psy ne parvenait pas l'aider à régler son problème de pédérastie éclaire, elle pourrait au moins l'aider à régler son Oedipe mal dégrossi...

Parce qu'avec une mère pareille, par étonnant que...

Enfin, pas étonnant, quoi.


« Mouuuh Dai-chan ! Rien de tout cela ne serait arrivé si tu m'avais écoutée jusqu'au bout ! C'est de ça que j'essayais de te prévenir ! » Se justifia Momoi en serrant les poings.

Pour toute réponse, la panthère bâilla paresseusement.

Le Maji Burger était bondé, pourtant, c'était plus fort que lui. Son cerveau ne parvenait pas à rester concentré plus de deux minutes dès qu'une fille lui parlait. Il y avait toujours un moment où il se connectait et c'était encore un réflexe intempestif qu'il devait à sa tendre môman. En effet, il attribuait cette fâcheuse tendance à un mécanisme de survie mis en place par ses neurones pour éviter d'imploser. Les filles avaient un véritable don pour raconter des choses peu intéressantes.

En tous cas, la rose le réprimandait à présent copieusement et il fallut que Kise intervienne pour qu'elle accepte de se calmer un peu...

« Maaah mahhh Momoicchi ! Tu connais Aominecchi... »

« Hmpfff... »

L'apathie habituelle de son ami avait tendance à mettre la jeune fille dans tous ses états. Plus elle lui hurlait dessus et plus il manquait de réaction, comme si son corps se mettait en pause. Mais justement, voici qu'il redressait la tête et Momoi sentit un regain d'espoir enflammer son cœur !

« Oi Satsuki, si t'allais nous chercher à bouffer, on crève la dalle là... »

… !

« Je ne suis pas ta bonniche, Dai-chan ! »

« Ouais bon, pas la peine de crier... » Fit-il de son air morne favori.

Il se déboucha l'oreille à l'aide de son petit doigt et reprit d'une autre façon, pour qu'elle comprenne mieux.

« En fait, j'dois parler à Kise de trucs de mecs, alors si tu pouvais aller faire un tour ce serait cool... »

Daiki était vraiment insupportable lorsqu'il s'y mettait ! La pauvre manager soupira de lassitude et elle préféra s'éclipser, parce que quand Aomine se conduisait ainsi, ça lui filait des ennuis de meurtres, alors mieux valait qu'elle s'éloigne géographiquement de lui.

Oui, c'était mieux pour tout le monde.

Une fois la rose hors de portée d'oreilles, Aomine se pencha vers Kise et il chuchota, un peu gêné.

« Hmm... dis... t'as vu la pub' ? »

« Bien-sûr ! Impossible de la rater ! Il y a une affiche géante sur un des buildings de Shibuya ! » Sourit le grand blond.

Quoiiiiiii ? Pas besoin d'être en train de manger pour manquer de s'étouffer, sous la violence de cette révélation. Cette fois, c'est Aomine qui vit rouge et il attrapa rageusement Kise par le col de son débardeur.

« Bordel... j'vais te tuer ! »

« Gnaaaa du calme Aominecchi ! Tu m'étrangles ! »

« Ouais, bah estime-toi heureux que je n'utilise pas mes deux mains ! »

« Maiiiiiiiiis j'te promets que j'en savais rien moi ! »

« Prends-moi pour un con, tiens ! »

« J'te le jure ! » Assura Kise en réussissant à s'extirper des griffes du prédateur. « Il faut vraiment que tu apprennes à travailler sur ta gestion de la colère ! »

« Et toi que tu arrêtes de faire des conneries ! Comme si j'étais pas déjà assez dans la merde comme ça... »

Enfin... la bonne nouvelle, s'il y en avait une, c'est qu'il allait toucher un gros pactole avec une publicité de cette ampleur. Enfin, il l'espérait...

« Je ne vois vraiment pas pourquoi tu réagis ainsi... elle est très bien cette publicité ! Pas de quoi avoir honte ! » Essaya de le rassurer le blond, sentant que sa vie en dépendait.

« … t'as pas remarqué comme un problème sur la photo, abruti ? »

« Non ? Je ne vois pas ? »

« … C'est flagrant pourtant. On ne voit que ça... »

« Que veux-tu dire... ? »

« J'avais la gaule... » Avoua honteusement Aomine en détournant le regard.

Ah.

Ok.

Cash.

Sans transition, ni retenue.

Kise cligna un moment des yeux, incrédule. Que pouvait bien être en train d'essayer de lui dire Aomine ? Et surtout, pourquoi est-ce que ça le perturbait autant ? Hmm... il attendait sans doute que son ami lui donne un conseil ou lui dise une phrase gentille. Et Kise, c'est bien connu, est très gentil. La gentillesse par excellence, même. Sauf que là, il ne voyait pas quoi dire...

« Tu sais, les photographes retouchent souvent les photos pour faire paraître le sexe des mannequins plus gros... parfois même, on nous force à porter des prothèses pendant les shootings. » Tenta t-il quand même.

Ah, donc tout à l'heure, il n'avait pas eu totalement tort en invoquant cette excuse à sa mère. Mais ce n'était pas de cela qu'il voulait parler alors Aomine précisa sa pensée.

« … je crois que Kagami s'en est rendu compte... »

« Oui et... ? »

« Et ? Ca t'est déjà arrivé à toi de bander pendant une séance photo ? » Eructa Aomine, qui en avait marre que le blond ne pige rien à sa détresse !

« Je ne vois pas où est le problème... »

A ce niveau là, ce n'était plus de la gentillesse, c'était carrément de la bêtise ! Le brun tendit à nouveau le bras pour recommencer à secouer Kise, mais ce dernier comprit son erreur et il se recula dans son siège pour l'éviter. Ok, ce n'était pas la réponse qu'Aomine voulait entendre de toute évidence. Voyons voir... il devait réfléchir vite !

« Enfin... je veux dire, tu n'es pas le premier à qui cela arrive ! Ni le dernier ! C'est normal quant on est stressé de ne pas contrôler son corps ! Regarde, je connais des filles qui vomissent avant et après chaque séance, tant elles sont angoissées ! A moins que ce ne soit à cause de leurs pilules coupe faim... Mais brefffff... tout cela pour te dire que ce sont des choses qui arrivent et je suis persuadé que Kagamicchi ne t'en veut pas le moins du monde ! Il a du comprendre que la proximité... »

« M'excitait ? »

« … avait quelques effets sur toi ! »

« Heureusement que t'as pas dit que ça m'excitait, sinon t'étais bon pour devoir investir dans un respirateur artificiel ! »

Pfffiou c'était pas passé loin, mais il commençait à connaître la panthère soupe au lait, heureusement. Ca lui avait permis d'éviter le pire. Pour une fois...

« Tu es vraiment à cran dernièrement Aominecchi... Tu devrais... tu devrais peut-être... »

Le Kitsune posa gentiment (ah ! Quand je vous disais qu'il était gentil ! Même ses gestes l'étaient!) sa main sur le bras du brun et il le fixa.

« … Essayer de te changer les idées... »

« Ouais, t'as raison, s'cuz... »

ET BIEN ET BIEN ET BIEN ! Aomine venait de s'excuser, là ? Kise n'avait pas rêvé ? Monsieur Aomine le Grand, l'adolescent à l'ego le plus surdimensionné de tout Tokyo ? Incroyable ! Kise sentit une bouffée de soulagement le submerger. Mais cela l'inquiéta d'autant plus sur l'état d'Aomine. C'était comme si le Power Forward se battait contre quelque chose de plus grand que lui... quelque chose de démesuré et qu'il n'avait pas les épaules assez solide pour porter ce fardeau. Et instinctivement, Kise avait envie de l'aider, peu importe ce qui le perturbait.

En fait, ce qu'ignorait le blondinet, c'était que le rendez-vous avez la psychiatre approchait à grands pas et Aomine se sentait à cran. Il craignait qu'elle ne lui soit d'aucune aide parce qu'il était déjà trop profondément enfoncé dans la merde. Il avait les deux pieds dedans... et des ennuis jusqu'au cou. Et tout était de la faute de Kagami... Aomine savait qu'il devrait le détester à cause de cela et essayer de se détacher de lui, mais c'était au dessus de ses forces pour l'instant. Alors il continuait d'alimenter tout seul sa détresse en consommant à outrance les photos fournies par Kuroko...

D'ailleurs, son portable vibra soudainement et Aomine devina que le fantôme lui avait sans doute envoyé une nouvelle part de sa nourriture spirituelle préférée... Il avait vraiment l'impression de jouer à « Barbie » avec ces fichues photographies... Qu'est-ce que ça allait être cette fois ? « Kagami mange un cheeseburger de la façon la plus adorable qui soit ? » « Kagami sous la douche ? » « Kagami en cours ? » Ou bien « Kagami surle trône » ? Si ça continuait ainsi, Aomine allait bientôt avoir vu le tigre dans toutes les situations et les positions possibles... Et c'était dégradant... il se sentait dans la peau d'un de ces types dévorés par leur obsessions malsaines. Il était plus fort que cela, merde ! Et il valait mieux que cette attitude décadente qui avait pris possession de lui...

« Ryota-kun ! » S'exclama alors une lycéenne derrière eux.

Cette voix suffit à libérer Aomine de ses pensées morbides et il haussa un sourcils en voyant Kise se lever pour aller saluer la fille. Aomine ne la connaissait pas, c'était la première fois qu'il la voyait, pourtant, Kise avait toujours eu des petites-amies (auto-proclamées, le plus souvent), alors cela n'aurait pas du l'étonner. Mais... ce qui était beaucoup surprenant était que la nana en question était... laide. Oui, heu... enfin, sans jugements de valeurs quoi ! C'était la stricte vérité, selon les critères d'Aomine, en tous cas !

Une vraie sirène : Mi-Femme, Mi-THON. Une MORUE. Ohhh (accent du sud) une Murène !

Aomine n'en croyait pas ses yeux. Petite, brune, les cheveux gras tressés en deux nattes parallèles et des lunettes aux verres cul-de-bouteille qui bouffaient la moitié de sa tronche ingrate. Et plate. PLATE comme la coach de Kuroko ! Plate comme une limande ! (oh encore un poisson, tiens donc !) Tellement plate, qu'on pourrait la prendre pour une rampe de skateboard !

« Aominecchi, je te présente Chiako ! »

Moche à chier, plutôt, ouais !

« Salut heu... « plateau ».

OUPS. LAPSUS REVELATEUR.

Kise fronça immédiatement des sourcils, l'air menaçant. Bon, il n'aimait visiblement pas qu'Aomine se paie la tête de sa nouvelle chérie... Bizarre quand même qu'un mec aussi beau sorte avec une fille aussi... pas belle, quoi !

« Heu je veux dire, plateau ! Mon plateau ! Oi Satsuki ! Ramène-toi avec mon plateau, ça fait trois plombes que j'attends ! »

Ah Momoi ! Toujours là pour lui sauver le cul !

La jolie jeune lycéenne rappliqua à la hâte, déduisant que Kise et Aomine avait terminé leur conversation « entre hommes ». Et quelle ne fut pas sa surprise de voir Kise lui dire aurevoir et s'éloigner, bras passé autour du cou de Plateau. Il se montra très galant et il lui ouvrit la porte du restaurant, riant en lui racontant des blagues (sans doute aussi drôles que celles de Kev Adams).

Momoi se tourna vers son meilleur poto qui ne quittait pas des yeux le petit couple, l'air complètement ahuri.

Apparemment, il n'était pas le seul à connaître une misère sexuelle dépassant la taille de la Voie Lactée... Mais de là à aller se vider les c... là-dedans, pour parler crûment, il fallait avoir FAIM, très FAIM même ! Aomine ne comprenait vraiment pas ce qui était passé par la tête de Kise. Ni quelle mouche l'avait piqué. C'était peut-être tout simplement cette fille qui l'avait marabouté... ? Ou peut-être qu'elle avait pris son doudou en otage ? Ouais, sans doute un sombre truc du genre... C'était la seule explication plausible !

Momoi, quant à elle, était particulièrement intriguée par le comportement de son meilleur ami. Il semblait avoir bugué, ne montrant plus signe de vie.

« Dai-chan... ? » Tenta t-elle malgré tout.

« Non mais t'as vu ça, Satsuki !? La meuf de Kise... ! »

Oh ! C'était donc cela ! Mais ouiiiii, tout était logique à présent ! Et Momoi comprenait mieux le comportement quelque peu frustré du beau brun dernièrement. Il était en manque d'amour ! En manque d'affection ! Il avait besoin lui aussi, malgré ses airs de gros pervers et de gros dur, d'une petite chérie ! Comment n'y avait-elle pas pensé plus tôt ? D'abord, Kagami et maintenant Kise, tous les amis d'Aomine semblaient se caser petit à petit. Tous, sauf lui. L'éternel célibataire. Pas étonnant qu'il se sente laissé pour compte !

Et Momoi était bien déterminée à l'épauler ! Après tout, n'avait-elle pas justement guidé Kagami dans sa quête de l'âme sœur et avec succès, en plus ?

Sans hésiter, elle prit les mains d'Aomine et elle lui sourit.

« Je vais t'aider à trouver une petite-amie et t'arranger un rendez-vous dès demain avec la fille parfaite pour toi ! » S'enthousiasma la seule représentante de la gent féminine au sein de la Génération des Miracles.

Heiiiin ? Mais d'où ça sortait ça, encore ? Aomine allait protester, mais il se ravisa finalement en constatant que cette idée n'était pas si mauvaise que cela, pour une fois ! Et puisque Momoi proposait de se charger de tout, cela signifiait qu'il n'aurait pas le moindre effort à fournir. Notez que cela l'arrangeait complètement. Depuis le temps qu'il voulait se dégoter une p'tite nana so fresh, ça tombait bien ! On allait lui en servir une sur un plateau... argh naaaan pas « plateau » !

« Ok. » Approuva t-il. « Mais je veux avoir mon mot à dire ! »

« Bien-sûr ! »

« Et j'te préviens, j'ai une liste de critères braconniers à respecter ! »

« N'exagère pas quand même... même ma bonté a ses limites. Et on dit « draconiens, patate !» Sourit davantage Momoi, sans se laisser démonter par les exigences infantiles d'Aomine.

Parce qu'il ne fallait pas se faire d'illusions... Momoi, aussi douée soit-elle, n'avait que vingt-quatre heures pour trouver la perle rare... alors, il faudrait faire avec les moyens du bord et ne pas se montrer trop regardant... Car Aomine avait la manie d'oublier qu'il n'était pas franchement en odeur de sainteté auprès du sexe faible... Il avait beau être doté d'un physique des plus agréables, ce qui sortait de sa bouche l'était beaucoup moins et faisait généralement fuir toutes les prétendantes potentielles...

Regrettant presque de s'être proposée pour relever ce défi de l'impossible, Momoi se massa les tempes.

La nuit allait être longue...


Vers treize heure le lendemain MATIN (autant dire « aux aurores » pour la panthère), Aomine fut tiré des bras de Morphée par la sonnerie de son téléphone. Bordel... mais pourquoi n'était-il pas en silencieux ? Et surtout, qu'est-ce que l'appareil foutait dans son lit ? Ah oui, la raison lui revint tandis qu'il appuyait sur l'écran pour décrocher... Ecran qui affichait fièrement une photo de Kagami endormi en cours de Japonais... Bizarrement, ça avait tendance à l'apaiser et à l'aider à trouver le sommeil de regarder Kagami pioncer comme un bienheureux... Mais bref, ce n'était pas le sujet alors donc, comme je le disais, il décrocha.

« Satsuki kestuveu... ? » Questionna t-il, à moitié réveillé.

« Je l'ai trouvée, ça y est ! »

« La réponse à l'exo de maths à rendre pour demain ? »

« Mais non idiot ! LA fille ! Celle qu'il te faut ! »

Oh, oh ! Voilà qui était tout de suite plus intéressant !

Il se redressa bien pour pouvoir l'écouter et lui offrir toute son attention exclusive.

« Ah ouais ? Alors, bonnet E ou F ? Je n'prends rien en dessous ! »

« Dai-chan... ne commence pas... » le prévint-elle avant de reprendre avec excitation pour lui donner tous les détails du rendez-vous, à commencer par le lieu de la rencontre.

Force était de constater qu'elle avait bien préparé son coup. Et en un temps record. Cela méritait le respect et Aomine prit sur lui pour lui accorder une chance, elle méritait au moins cela pour tout le mal qu'elle s'était donné. Même s'il n'était pas franchement convaincu. Mais disons qu'il n'avait rien à perdre. Au pire, il ne reverrait pas cette fille et basta. C'était pas plus compliqué que ça. En tous cas, une chose était sûre : Momoi était encore plus excité qu'Aomine. Ou plus précisément, elle était excitée à sa place...

Et sans qu'il ne comprenne comment... (son cerveau avait un temps de connexion limité, rappelez-vous...) Momoi débarqua dans sa chambre et il roula de son futon jusqu'à elle. La jeune femme entreprit de lui trouver des vêtements confortables, mais décents. Car il était IMPERATIF qu'Aomine fasse bonne impression à sa future petite-amie ! Jamais elle ne laisserait un détail aussi insignifiant que la tenue vestimentaire de son frère de cœur venir ruiner tous ses efforts. Mieux valait s'en charger directement, on n'est jamais mieux servir que par soi-même, parait-il. Et pour cause, la courageuse Momoi avait passé une bonne partie de la nuit à passer des coups de fils et à envoyer des mails. C'était d'autant plus important pour elle qu'elle s'était énormément impliquée dans l'obtention de ce rendez-vous de la dernière chance !

La rose n'avait que peu d'amies féminines... bon, c'est vrai, elle n'en avait même aucune... Les autres demoiselles avaient tendance à ne la percevoir que comme une rivale venue marcher sur leurs plates bandes... et leurs plates poitrines, surtout. Parce que Momoi, elle, était pourvu de deux gros obus qui ne laissaient pas les mâles de Toho indifférents... Mais bon, elle avait l'habitude d'engendrer ce genre d'inimitiés. Ca avait toujours été comme ça et elle avait appris à vivre avec.

Il le fallait bien.

Une fois qu'elle eut jeté son dévolu sur une tenue appropriée, elle poussa Aomine jusqu'à la cabine de douche. Il serait dommage que l'hygiène déplorable du brun effraie sa conquête ! Elle espérait tant que la fille qu'elle avait sélectionné pour Aomine allait lui plaire et que ce serait réciproque !

It's the power of friendship et frienship is magic, comme diraient les Petits Poneys.

« Dépêche-toi Dai-chan ! Ton rendez-vous est dans moins d'une demi-heure ! » Le pressa t-elle, en se collant derrière la porte de la salle de bain.

« Où j'suis sensé la rejoindre, déjà ? »

« Ne t'inquiète pas pour cela ! Je vais t'envoyer les coordonnées du lieu de rencart directement sur ton téléphone, ainsi qu'une photo de Yukari-chan. »

Tout allait bien se passer, elle avait tout fait pour ! Pas de place à l'imprévu ! Elle en profita donc pour glisser quelques conseils au brun pendant qu'il se lavait.

« Exploitons au mieux le temps qu'il nous reste pour récapituler quelques bases de la séduction. »

Oi... depuis quand elle était son love coach ? Elle prenait vraiment son rôle très à cœur, alors Aomine décida de l'écouter malgré ses réticences...

« Premièrement, propose toujours de payer pour elle et fais-le, sauf si elle refuse. Ensuite, évite de fixer avec insistance sa poitrine ou de lui demander ses mensurations. Assure-toi qu'elle passe un bon moment en te montrant galant et poli. Et surtout, évite de parler de basketball à moins que ce ne soit elle qui aborde le sujet. Compris ? »

Quoi, c'était tout ? Franchement, il s'attendait à pire. Ca n'avait rien de très sorcier, finalement...

Fastoche, même !

« Mais de quoi j'suis sensé lui parler, alors ? Qu'est-ce qu'on va bien pouvoir se raconter ? » Ronchonna malgré tout le brun. Juste pour la forme.

« Essaie de trouver quels sont vos goûts communs, d'accord ? Pose-lui des questions, autant que tu voudras, mais reste correct ! Les filles adorent se confier et parler d'elles ! »

Génial... il n'était pas aussi pressé d'y aller que ça maintenant qu'il savait ça...

Ca sentait la caca... la cata... la catastrophe du siècle ! Au même titre que le bug de l'An 2000 !

Bref, en langage Aominesque : ça allait être chiant...


Momoi était inquiète. Peut-être qu'elle aurait du propose une double date avec elle et Kuroko, en plus ? Juste pour garder un œil sur les deux tourtereaux qu'elle avait tant peiné à réunir ! Juste par mesure de sécurité, hein ! Et voilà ! A présent, elle regrettait de ne pas l'avoir muni d'une oreillette ! Elle n'aurait eu qu'à lui souffler ce qu'il avait à dire, c'était pourtant plus simple et bien moins risqué comme solution ! Néanmoins, Momo décida de rester dans les parages, juste au cas où... pour pouvoir surveiller et voir sans être vue. Il n'était pas question non plus de gâcher le premier rendez-vous galant d'Aomine... et Yukari pourrait se faire des idées si jamais elle l'apercevait en train de traîner trop près d'eux... Aomine devait apprendre à voler de ses propres ailes, tel un aigle majestueux...

Bon ok, juste comme un pigeon, alors. Ce serait déjà bien... Il ne fallait pas trop en demander d'un coup non plus...

Et contre toute attente, Aomine s'amusait plutôt bien. La fille était assez grande (environ 1m75) et fine. Elle avait les cheveux courts, comme Mai-chan, ce qui était toujours un point positif pour lui et elle lui avait fait une excellente première impression en lui proposant des petits gâteaux faits maison.

Malheureusement, on ne pouvait pas en dire autant de son côté... La première impression qu'il lui avait laissée devait laisser à désirer... Effectivement, il s'était d'abord présenté à elle en lui tendant des fleurs à moitié fanées et lorsqu'elle lui avait tendu ses friandises, il les avait considérées avec méfiance. Sans doute un réflexe acquis à force de servir de cobaye pour les recettes culinaires douteuses de sa mère et de Momoi...

« C'est comestible tes trucs au moins ? »

Il n'avait aucune expérience en séduction et cela se sentait, confirmant les craintes de Momoi.

« C'est que... j'ai un match prévu après-demain et je ne voudrai pas risquer une intoxication alimentaire... »

Goujat un jour, goujat toujours. Mais lui, il préférait dire : "Prudence est mère de sûreté !"

Heureusement, Yukari ne sembla pas s'en formaliser et cette remarque la fit même rire légèrement. Pour lui prouver ses talents de cuisinière, elle croqua dans un des gâteaux et Aomine se laissa éventuellement tenter. Et il aurait vraiment été dommage de s'en priver, parce que ces douceurs étaient délicieuses ! Rapidement, Aomine s'empriffra comme un gros sac parce que ouais, les gâteaux étaient BONS et il avait FAIM, ok ?

Ne le jugez pas !

Ils parlèrent de tout et de rien en se baladant, Aomine écoutant principalement, comme Momoi le lui avait préconisé. Mais pour réellement lancer la conversation, la fille aborda le sujet du basket, parce qu'elle savait qu'Aomine jouait pour leur école et qu'il était plutôt balèze, apparemment. En tous cas, c'était ce que lui avait dit Momoi. Et qui disait mec balèze en sport, disait mec musclé. Ce qui était toujours un bonus appréciable. Il n'en fallut donc pas plus à Aomine pour BONDIR sur l'occasion. Dès qu'il s'agissait de basket, il était intarissable et la pauvre fille allait très vite regretter de lui avoir tendu cette perche...

« … Et tout à coup, Kagami était, mais ce gros naze était trop lent, alors je l'ai dribblé et... »

Aomine était au beau milieu d'un récit enflammé et passionné de son huitième one on one contre le rouge (à moins que ce ne soit le neuvième, déjà ?), quand la brunette l'interrompit en lui coupant la parole.

Décidément, ce n'était pas basket sa passion. C'était Kagami...

« Oh Aomine-kun allons ici, s'il te plaît ! Ils font une réduction pour les couples ! »

« Et moi je... errrrr... quoi ? »

Mais trop tard, cette fille avait une sacrée force et elle le traîna dans le café, puis elle se posta devant la vitrine des pâtisseries toutes plus colorées les unes que les autres. Et rien qu'à en voir le prix, Aomine sentit son portefeuille se tordre de douleur... Non mais sans déconner, comment un aussi petit machin pouvait coûter aussi cher ? S'il prenait une pâtisserie pour lui en plus, il allait finir sur la paille et il n'aurait alors plus d'argent pour payer son gourmand dealer (radin) de photos... Boire ou conduire, il faut choisir ! Et pour Aomine, la priorité du moment se nommait Kagami...

… A ce propos, en parlant de Kagami...

« Aomine... ? »

Ce timbre de voix grave...

Impossibiruuuuuu !

Aomine se tendit et il tourna la tête au ralenti, comme dans un western...

L'air aussi surpris que lui, se trouvait Kagami. A seulement quelques mètres de lui. C'était bien sa veine ! Qu'est-ce que ce foutu tigre faisait ici ? Et pourquoi était-il aussi bandant et... et...

« Ca alors, quel hasard ! Qu'est-ce que tu fabriques ici ? »

Evidemment qu'il fallait qu'il lui tombe dessus ! Evidemment... fatalement...

Montant immédiatement sur ses grands chevaux, Aomine bomba le torse et indiqua du doigt la jolie brune qui admirait toujours les pâtisseries.

« Je suis en rendez-vous galant. »

« Naaaan... for real ? Et donc c'est elle la malheureuse élue ? Qu'est-ce qu'elle a bien pu faire de si horrible pour mériter une telle purge ? »

« Ahahaha... très drôle bouffon. J'suis mort de rire.. »

« Elle est mignonne, cela dit. That's great dude, you're one lucky motherfucker, you know that ? » Le félicita Kagami.

Il semblait sincère.

Un peu trop, même.

Et un peu trop près, à dire vrai...

Il avait carrément passé un bras autour du cou d'Aomine en signe d'amitié. Pauvre fou... ne se doutait-il pas de la dangerosité de son geste ? Aomine se sentait sur le point de craquer... Kagami ne pensait bien-sûr pas à mal, mais vraiment... il ferait mieux d'éviter de se montrer aussi tactile... Parce que de là où il se trouvait à présent, Aomine pouvait sentir l'odeur de l'après rasage ambré de l'Américain venir chatouiller ses narines. Et qu'est-ce qu'il avait envie de plonger sa tête dans le cou de Kagami pour venir respirer à même la peau ce parfum si sensuel...

Trouvant miraculeusement la volonté de le repousser, Aomine échappa à la prise de Kagami et il recula en fronçant des sourcils.

« C'est pas ce que tu crois, j'ai aucun mérite... C'est Satsuki qui a trouvé cette fille pour moi... »

Et quasi instantanément, l'expression faciale de Kagami changea du tout au tour. Son sourire franc s'évanouit et un rictus moqueur prit place sur son visage.

« Oh, vraiment ? Voyez-vous ça ? Et la date du mariage-arrangé est prévue pour quand ? Je suis invité, j'espère... ? J'voudrai pas rater ça... »

Une minute... ? Etait-ce une pointe de jalousie qu'il décelait dans la voix du rouge ? Aomine en mettrait sa main à couper ! Mais c'était stupide, pas vrai ? Et totalement improbable ! Comme si Kagami en avait quelque chose à foutre de lui ! Pourtant, le tigre semblait bel et bien contrarié... Ca ne faisait aucun doute. Une sorte d'aura de colère irradiait de lui, mettant même Aomine mal à l'aise. Mais pas question de s'écraser pour autant...

« Ta gueule... T'étais bien content qu'elle t'arrange un rendez-vous à toi aussi, y a pas si longtemps ! D'ailleurs, il est où ton connard de petit-ami ? Tu l'as semé en marchant trop vite, parce que tu venais de lui casser le cul juste avant ? J'parie qu'il est en encore train de boiter dans un coin ! » Le provoqua le brun.

Oui, voilà qui était mieux. C'était sensé être comme ça entre eux et pas autrement. Quelque part, c'était plus rassurant lorsque les choses se déroulaient ainsi. Mépris, agressivité et violence. Des émotions familières, faciles à absorber... Même si une partie de lui regrettait la violence de ses paroles...

... qui eurent l'effet escompté. Pour preuve, Aomine ne rata pas le geste de l'autre fauve. Ce dernier serrait clairement le poing et se retenait de le frapper.

Mais ce n'était surtout pas ce que voulait Aomine.

Vas-y frappe-moi... J'en peux plus Kagami... j'ai besoin que tu me touches...

Mais presque aussitôt, il inspira profondément et sembla se détendre.

Putain... je t'en supplie... fais-le !

« J'devrai te coller mon poing dans la tronche là, mais t'en vaux vraiment pas la peine... »

Non... c'est vrai t'as raison, je mérite même pas que tu t'essuies les pieds sur moi... j'suis même pas assez bon pour ça...

« En fait, il devrait pas tarder à arriver... On a rendez-vous nous aussi et ouais, t'avais vu juste. Comme quoi, t'as pas le monopole là-dessus non plus. »

Il fouilla dans son sac tandis qu'il parlait et Aomine s'attendait à ce qu'il en sorte un flingue ou un truc du genre pour lui régler son compte, comme dans les films. Mais au lieu de cela, il lui balança une paire de chaussures bien connue...

La sienne...

Celle qu'il lui avait prêtée pendant la Winter Cup et que Kagami ne quittait plus depuis...

Pourquoi... ?

« Pour me remercier de les avoir invités au restaurant hier soir, sa famille et lui, Kojiro veut m'offrir de nouvelles chaussures ! C'est pour ça qu'on a rendez-vous aujourd'hui. On doit aller les choisir ensemble au Nike Store de Shinjuku. »

Aomine était sous le choc... Il en avait du mal à respirer...

C'était la fin cette fois. Pas de doute, Kagami « rompait » lui en lui annonçant cette mauvaise nouvelle. Il lui rendait même sa « bague » symbolique...

« Alors j'ai plus besoin de tes vieilles groles puantes. Tu peux les r'prendre. »

Il n'arrivait plus du tout à respirer maintenant. Il était au bord de la crise de larmes. Ou de la crise de panique. Ou les deux à la fois.

Et pour ne rien arranger, sa « petite-amie » attitrée s'approcha d'eux, juste quand Kojiro entrait dans le café. Aucun des deux ne sembla remarquer la tension qui régnait ici.

« Kojiro-kun ? » Sourit la jeune fille, en reconnaissant son camarade.

« Hmmm... ? » S'étonna le second tigre, en rejoignant son fiancé.

« Daiki-kun ! Kojiro-kun est dans la même classe que moi ! Qu'est-ce que tu fais ici, Kojiro-kun ? »

« Il est avec moi. » Répondit sans attendre Kagami, en attrapant possessivement son chéri contre lui.

« Ohhh magnifique ! Vous êtes un couple alors ? Comme nous ! N'est-ce pas merveilleux, Daiki-kun ? Tu me présentes ton ami ? Nous pourrions peut-être faire une sortie de couple tous les quatre, qu'en penses-tu ? »

Putain... Ca faisait tellement mal... Il avait l'impression que son cœur se déchirait. Même un coup de poignard eut été moins douloureux...

Et là, Yukari venait, sans le vouloir, de lui asséner le coup fatal.

Vite, vite, il devait fuir... Loin... pour ne pas qu'ils voient ses larmes...

Parce qu'il n'allait pas pouvoir les retenir encore bien longtemps...

Il attrapa fermement Yukari par le bras et il sortit en trombe du petit café romantique.

« Non, viens ! »

Mais il ne parvint à faire que quelques mètres, trouvant refuge dans la première boutique collée au café...

… Qui se trouvait être, à sa plus grande horreur, un magasin de lingerie ! Dans sa fuite, il n'avait vraiment pas fait gaffe à l'endroit où il avait embarqué sa conquête.

Yukari le regarda et elle se mit à rougir en gloussant adorablement.

« Daiki-kun... Ca va un peu trop vite entre nous là, tu ne trouves pas... ? Après tout, ce n'est que notre premier rendez-vous... »

Et illico, Aomine rougit à son tour, oubliant un peu sa douleur.

« Heu... non ! Je... je ne voulais pas... »

« Ce n'est rien, ne t'en fais... de toute façon, il est tard et je dois rentrer. »

« Oh d'accord... C'était sympa en tous cas, j'espère que tu viendras me voir jouer un de ces quatre ! »

Aomine avait beau manquer d'expérience quant aux choses de l'amour, il n'était pas idiot au point de ne pas remarquer qu'elle semblait... dans l'expectative...

Qu'était-il sensé faire ? La bienséance aurait suggéré qu'il l'embrasse délicatement mais au lieu de cela, Aomine tendit son poing vers elle et il lui fit un check. Comme il en avait l'habitude avec Kuroko.

La fille ouvrit grand la bouche, décontenancée et ne sachant comment interpréter ce geste...

« D'accord... » Répondit-elle en sortant avec une pincée de déception dans la voix.

Non mais quel genre « d'aurevoir » c'était ? Ridicule, vraiment ! Il avait honte de son attitude, jamais plus elle n'accepterait de sortir avec lui alors qu'elle était mignonne et sympa ! Elle attendait un baiser de toute évidence et lui, il l'avait traitée comme un pote masculin !

Pas étonnant que personne ne veuille de lui...

Kagami l'avait bien compris, c'était pour cela qu'il avait choisi Hyuga... L'autre brun avait tout ce qu'il fallait pour le rendre heureux, contrairement à lui... et dans un élan de rage et de tristesse, le brun effaça le dossier contenant les photos de Kagami.

Pourtant, lorsqu'il se coucha ce soir là, sûrement nostalgique de son rituel nocturne consistant à mettre une photo du tigre près de son oreiller pour s'endormir, il serra dans ses bras la paire de baskets que Kagami venait de lui rendre. Comme s'il s'agissait d'un ours en peluche...

Et cela lui donna assez de réconfort pour comprendre qu'il avait VRAIMENT besoin d'aide.

Pour une fois, ses mouchoirs ne lui servirent pas à moucher Daiki Junior, mais à sécher ses larmes...

Comme il lui tardait déjà d'être à demain...

Et de rencontrer le Docteur Aizawa.

Elle seule pouvait encore le sauver et tuer les indésirables sentiments qu'il avait encore pour Kagami. C'était le seul moyen pour qu'il ne sombre pas... pour qu'il ne devienne pas fou...

Ou il allait finir par s'arracher le cœur et le jeter aux pieds du tigre.

Et regarder Kagami le dévorer sans pitié...

Satsuki dit qu'on finit toujours par revenir à son premier amour...

Celui de Daiki était le basket...

... et Kagami...


Oh bordel... je hais ce chapitre, je le haiiiiiiiiis ! Je suis une personne horrible, pas vrai ?

Aomine est vraiment au fond du trou, là...

Je ne serai même pas étonnée si vous m'insultiez après ce que je viens de pondre, mais... ça va s'arranger, ok ? Promis !

TOO. MUCH. FEELS.

Je me sens trop mal pour eux, vraiment.

Sur ce, je vous laisse et je vais aller pleurer au fond de mon lit...

(et OMG merci, vous l'avez fait ! Cette fic a dépassé les 100 reviews ! Vous êtes géniales ! *w*)

(P.S.2 : J'espère que j'ai réussi à vous intriguer avec Kise ! Des suppositions, le concernant ? Et j'en profite pour vous demander qui vous préférez pour lui : Kasamatsu ou Haizaki ?)