Point de vue de Félicity

Ses lèvres étaient douces, tout comme son baiser. Qui aurai cru que cet homme qui endossait le costume de justicier la nuit, pouvait faire preuve d'autant de douceur et de délicatesse. Le contact de ses lèvres m'électrisa éveillant la moindre parcelle de mon corps, allumant un véritable brasier au creux de mon estomac. Je restais quelques secondes figée, ne sachant comment réagir. Devais-je le repousser ? Ou au contraire répondre à son baiser ? Lorsqu'il laissa glisser ses mains de mon visage jusque ma taille, je choisis la seconde option. Nouant mes bras autour de son cou, je le laissai approfondir le baiser qui me transporta à des milliers de kilomètres d'ici. Une déferlante de sensations se répandit le long de mon corps. Mon cœur battait à un rythme que je pensais impossible, mes mains tremblaient et ma peau semblait s'enflammer au contact de ses doigts.

Je m'étais toujours imaginé que ces descriptions dans les films et les livres étaient exagérées. Je me trompais. Le moindre de mes sens était en éveil, tel un volcan entrant en éruption, mettant ma raison à rude épreuve. Notre étreinte me sembla dans et j'aurai voulu que le temps s'arrête, faisant durer cet instant à l'infini. Cependant la réalité nous rattrapa et ce fut à bout de souffle, que nous mimes fin au baiser afin de reprendre notre respiration puis à mon plus grand regret, il recula son visage de quelques centimètres, éloignant sa bouche de la mienne. J'enlevais mes mains de sa nuque et nous nous toisâmes du regard. Nous devions être aussi choqués et surpris l'un que l'autre car malgré le regard intense qu'il portait sur moi, une gêne se fit sentir. Nous restâmes quelques secondes à nous regarder dans les yeux, ne sachant comment réagir. Cet instant me parut durer une éternité et au contraire, j'aurai voulu qu'il se dissipe au plus vite. Il se décida enfin à rompre le silence.

- Je suis désolé. Je n'aurai pas dû t'embrasser, je ne sais pas ce qu'il m'a pris, dit-il d'une voix rauque tout en se levant.

Il se passa une main dans les cheveux, arborant un air coupable digne d'un condamné à mort. Je restais là sans rien dire à le fixer, terriblement déçue qu'il regrette ce qui venait d'arriver. Pourtant nous en étions là, il s'excusait et s'en voulait de m'avoir embrassé. Puis me revint à l'esprit que j'étais son assistante, sa partenaire et son amie. Rien de plus. Il était évident qu'il regretterait notre rapprochement. Cherchant à masquer mon trouble, je pris un ton que je voulus détaché, mais ce fut d'une voix monocorde et automatique que je répondis.

- La journée a été longue. La fatigue fait faire des choses stupides.

Et fait dire des choses stupides aussi visiblement.

Je prononçais cette phrase pour moi et il ne l'entendit pas ou fit semblant de ne pas l'entendre car il n'argumenta pas. Il n'y avait pas à dire, ses excuses étaient la chose la plus stupide que j'avais jamais entendu sortir de sa bouche. Je pensais Oliver entêté mais certainement pas au point de se laisser aveugler par sa mission et refouler la moindre parcelle d'émotion. N'avait-il donc rien éprouvé en m'embrassant ? Non, surement que non. Après tout, bien des femmes étaient passées avant moi. Et de sacrés femmes au charisme indéniable et aux nombreuses qualités dont la beauté naturelle faisait partie. Sans compter que je n'étais que la bonne Félicity Smoak, l'informaticienne de service, la fille délurée et excentrique, sortant du rang.

- Je ferai mieux de remonter me coucher, ajoutais-je rapidement tout en me levant.

Puis je partis avant qu'il ne puisse ajouter quoique ce soit et le plantai là. Je n'aurai pas pu supporter d'entendre quoique ce soit de plus sortir de sa bouche. Cette même bouche qui quelques secondes auparavant était collée à la mienne, ces lèvres qui m'avaient dispensée du plus beau baiser auquel j'aurai pu rêver.

Je montai les escaliers à la hâte de peur qu'il ne me rattrape pour me confronter et courus jusque ma chambre. Lorsque j'eus refermé ma porte, je m'appuyai contre celle-ci et laissai éclater mes sanglots. Incapable de ravaler mes larmes, je me laissai glisser au sol et enfouis ma tête dans mes genoux. En l'espace de quelques minutes, Oliver m'avait fait vivre la plus incroyable des sensations. Mais aussi la plus terrible. Pour la énième fois, mais cette fois la pire, il venait de me briser le cœur, l'arrachant de son emplacement pour le réduire en morceau. S'il avait été auparavant impitoyable avec les malfrats, la pire cruauté infligée était celle de ses mots. La balle que j'avais prise pour Sarah des mois auparavant me semblait bien agréable à côté.

En cet instant je réalisai que je ne voulais pas vivre cela une fois de plus, je devais me protéger de l'attraction qu'il exerçait sur moi. Désormais, je garderais mes distances et ne le laisserai plus m'approcher d'aussi près. S'il était incapable de baisser ses défenses alors j'allais ériger des barrières autour de moi afin de ne plus souffrir. Je ne laisserai plus Oliver Queen influencer mes sentiments. J'allais faire une croix définitive sur mes sentiments pour cet homme.


Point de vue d'Oliver

J'avais l'impression de sentir encore ses lèvres contre les miennes. Je n'arrivais toujours pas à expliquer ce qui s'était passé. J'avais cédé à une pulsion mais jamais auparavant je n'avais autant perdu le contrôle. Elle avait un effet dingue sur moi, elle me rendait faible. Lorsque j'étais avec elle, je laissais parler mes sentiments. Cela tournerait très vite à un jeu dangereux si je ne me reprenais pas. Je ne devais plus laisser ce genre de choses arriver. Le mal que j'avais eu à mettre fin à cette étreinte me montrait dans quoi je m'embarquerai si j'écoutais mon cœur. Il fallait que je reprenne mon sang-froid. C'est Félicity, à quoi pensais-je ? La situation allait s'avérer gênante désormais alors que j'essayais d'améliorer notre relation. Comment être crédible maintenant quand je lui demanderai de me faire confiance… À force de refouler mes émotions, j'avais été aveuglé quant à mes sentiments. Il était évident qu'il y avait quelque chose entre Félicity et moi, bien plus fort que de la simple affection ou de l'amitié. Je devais me tenir éloigné le plus possible de tout engagement ou relation. Au vu de mes précédents échecs dans mes tentatives, je n'étais pas prêt à la perdre elle aussi.

Au bout d'une heure je remontai me coucher. La nuit fut longue cependant. Ressassant ce qui s'était passé, je n'avais pu fermer l'œil. Ce fut tout naturellement que je me réveillai très tôt et partis au bureau de bonne heure. Je préférais laisser dormir Félicity et ainsi éviter tout face à face où nous serions seuls. Je pris donc la route seul, profitant d'un tour en moto pour me vider la tête et me focaliser sur des choses plus importantes telles que les bilans financiers et interactions financières de Queen Consolidated. Lorsque j'arrivai à l'entreprise, Diggle était déjà là, un drôle d'air sur le visage. Il tenait entre les mains un dossier et lorsqu'il me vit, il me suivit dans mon bureau. Il le déposa devant moi lorsque je m'assis et je levai vers lui un regard surpris.

- L'incendie n'est pas accidentel. Je me suis procuré les rapports des pompiers et de la police. Des traces d'acéthanium ont été retrouvées et même si personne ne fait le lien, nous nous pouvons.

Il ne me fallut pas longtemps avant de deviner où il voulait en venir. Les nombreuses investigations que nous avions menées, les divers rapports étudiés et les nombreuses heures de travail fournies sur la recherche d'un nom me permirent de faire le lien.

- Keller.

Il hocha la tête.

- Pourquoi aurait-il pris en cible l'immeuble où habite Félicity ?

- Au vu des habitants, cela voudrait dire qu'elle est sa cible, répliqua-t-il.

- J'aimerai croire que ce n'est qu'une coïncidence mais ça ne peut être qu'elle qui est visée. La question est, pourquoi ? Il ne la connaît pas et ne sait rien de son implication dans les missions, répondis-je.

- C'est ce que j'aimerai bien savoir, ajouta John. En attendant nous devons garder un œil sur elle. Je vais continuer de lui apprendre deux trois choses au cas où mais il est important qu'on la garde en sécurité. Il vaudrait mieux ne pas l'affoler et ne rien dire. D'ailleurs, où est Félicity ?

- Elle est encore chez moi.

- Tu l'as laissé seule ?

Il ne me jugea pas mais son ton était désapprobateur. Il avait raison de l'être. Elle était seule chez moi, encore bouleversée par l'incendie, la visite à l'hôpital, son emménagement… Et notre baiser. Des images me revinrent et je fermai les yeux un instant. Il ne pouvait pas comprendre mes raisons d'être parti et je ne pouvais pas lui expliquer au risque de me confronter à un interrogatoire sans fin et à de nombreux reproches. Depuis notre dispute à Félicity et moi, il n'avait cessé de prendre sa défense, de me rabâcher que je m'étais comporté comme un parfait idiot et que je devais m'excuser. Il avait certes tapé juste mais si je lui racontais ce qui s'était passé, je n'avais pas fini de l'entendre.

Il m'appela, me ramenant à la réalité.

- Trouve tout ce qui peut les lier, tout ce qui ressort sur lui et ses derniers agissements. Il est temps que je me remettre sur son cas. Et cette fois, il ne s'en tirera pas, répondis-je.

Il partit et je me plongeai dans le travail. Je n'avais pas vu le temps passer car lorsque Félicity débarqua dans le couloir, plus de deux heures étaient passées. J'eus à peine le temps de lever les yeux qu'elle entra en trombe dans mon bureau.

- Pourquoi tu ne m'as pas réveillée ? J'aurai pu continuer à dormir longtemps si ta mère n'était pas entrée dans la chambre.

Y repenser la fit rougir car je pus voir ses joues se colorer. Amusé, je la scrutai. Elle portait une mignonne petite robe vert d'eau aux découpes agréables, la mettant en valeur et faisant ressortir parfaitement la pâleur de son grain de peau. Habillée ainsi elle était radieuse et je notai mentalement que les choix de Thea étaient judicieux. Ses jambes étaient allongées par de fins escarpins bleu électrique, la touche spéciale de Félicity. Typiquement elle.

- Elle cherchait Thea. Inutile de te préciser l'ambiance quand elle m'a vu. J'ai quand même trahi son secret, brisant sa relation mère-fils et maintenant je vis chez elle…

- Tu n'as rien trahi, au contraire tu m'as été loyale et tu es donc une amie en qui je peux avoir pleinement confiance. Si quelque chose a été brisé, le tort lui en revient. Les secrets m'ont amené à être ce que je suis devenu, ils ont divisé ma famille et ils ont conduits à la destruction des Glades. Je n'en tolèrerais pas plus.

- Alors je vais t'en confier un…

Décontenancé, je la regardais se tordre les doigts tout en se mordillant les lèvres. Que me cachait-elle ? Elle mit un moment avant de reprendre. Elle rougit de plus belle et mon cœur s'accéléra.

- Ta maison… enfin ta « demeure »…dit-elle en insistant sur le mot.

- Félicity, la pressais-je à bout, perdant patience.

- Elle me fout les jetons. J'ai l'impression de me retrouver dans Shining.

Face à mon air de totale incompréhension, elle ajouta :

- Tu sais, les longs couloirs, le gosse à vélo, les fillettes en sang, le silence, le père qui devient fou, le…

- Je connais le film Félicity, l'interrompais-je.

J'étais amusé par sa gêne mais n'en montrai rien. La voir se dépatouiller dans des explications farfelues me faisait rire.

- J'osais pas sortir de mon lit quand je me suis réveillée ce matin… il faisait encore nuit et ça m'effrayait légèrement… tu sais me lever, me déplacer dans le noir, dans la chambre…c'est comme ça que j'ai fini par me rendormir.

Cette fois, je ne pus m'empêcher de rire et ma réaction la vexa car elle me fit les gros yeux et dégaina sa mine boudeuse. Je m'interrompis et me raclai la gorge. Reprenant mon sérieux, ce fut le plus naturellement du monde que je lui proposai :

- Dans ce cas, le matin je viendrai personnellement te prendre dans ton lit.

Conscient que ma phrase pouvait signifier autre chose, une légère tension s'installa et l'air devint électrique.

- Pour te réveiller, tentais-je de rattraper.

Depuis quand étais-je celui de nous deux qui sortait des phrases confuses ? La bouche entrouverte, elle était stupéfaite et mortifiée. Allait-elle penser que j'avais explicitement parlé de ça en rappel de notre soirée de la veille ? La situation devint carrément gênante et je crus que l'instant durerait éternellement. Fixer ses lèvres ne m'aida pas à recouvrer la raison. D'un joli rose-corail, elles étaient pleines et gourmandes, une invitation à réitérer mon erreur passée. Je sentis mon corps s'embraser et dans un élan incontrôlable, je me levai. À ce moment précis sonna son téléphone portable. Je lus un intense soulagement dans son regard, elle décrocha et sortit rejoindre son bureau. Quant à moi, je reprenais doucement mes esprits. J'avais failli céder. Encore une fois. I nous n'avions pas été interrompus, en quelques secondes j'aurai franchi l'espace qui nous séparait, réduisant la distance entre nos deux corps et je l'aurai étreinte avant de l'embrasser. Cela aurait été ma plus cruelle erreur. Et faire machine arrière une deuxième fois en prétextant un quelconque emportement aurai été peu crédible et je me refusais à la laisser croire qu'elle n'était vu que comme un objet de satisfaction. Car à l'évidence, même si je préférais me prendre une flèche plutôt que de l'avouer, je l'aimais. À quel point ? Était-ce un amour sincère, inconditionnel ? Je n'avais pas encore les réponses. Tour ce que je savais en cet instant c'était que peu importe comment et à quel point, j'aimais Félicity Smoak. Chaque facette d'elle, chaque rôle. Mon assistante, mon amie, ma partenaire.


Point de vue de Félicity

Mon propriétaire au bout du fil m'expliqua que bonne nouvelle, le feu ayant été finalement été maitrisé, les pertes chez moi étaient moindres. Mauvaise nouvelle, j'allais devoir patienter deux semaines avant de pouvoir retourner vivre chez moi, ce qui signifiait deux semaines chez Oliver. Avec Oliver. Ça s'annonçait compliqué. Depuis ce qui s'était passé, la moindre proximité ferait flancher mes bonnes résolutions et il était hors de question que je me reprenne une claque telle que fut celle de la veille. Si je m'aimais un minimum, je devais songer un minimum à me préserver et m'éviter de souffrir.

Je raccrochai, soudain de mauvaise humeur. Comme si passer mes journées et mes nuits avec lui n'était pas assez difficile, voilà que maintenant nous vivions sous le même toit. Et malgré la superficie de son manoir, nous risquons de nous croiser bien plus que je ne l'aurai voulu. Heureusement qu'il y avait Thea. Je trouverai refuge dans sa compagnie et cela me changerai les idées. Rester constamment avec deux hommes débordant de testostérone commençait à me donner le tournis.

John vint vers moi et me demande d'effectuer des recherches sur Keller. Je fus surprise de voir que nous revenons à lui. Cela fit remonter en moi une certaine appréhension. La dernière fois que j'avais travaillé sur cette affaire, les choses avaient assez mal tournées entre Oliver et moi. Notre relation n'était déjà pas au beau fixe alors un ultime conflit et notre amitié n'y survivrait probablement pas. Il se dirigea dans le bureau d'Oliver et tout deux discuteront. Vexée de ne pas être mêlée à la conversation et voyant qu'ils me jetaient de drôles de coups d'œil, je me levai et me dirigeai vers eux. Lorsque j'eus franchi la porte vitrée du bureau, ils se tournèrent instinctivement vers moi et s'interrompirent.

- Vous avez des infos ?

- Non, nous discutions de l'OPA de l'entreprise de UNIDAC, répondit John.

- Rien de bien important, ajouta Oliver.

J'étais peut-être blonde mais si côtoyer Oliver m'avait permis d'apprendre une chose, c'était de déchiffrer quand quelqu'un mentait. Et aussi incroyable que cela puisse me sembler, en cet instant, tous les deux me mentaient. Je n'aurai jamais cru penser ça mais Oliver et John me cachaient quelque chose. Et je comptais bien découvrir quoi.

Alors ? Impressions ? Laissez donc vos Reviens !

Si vous avez des envies, des suggestions Go ! Je suis preneuse car j'ai trop d'idées pour savoir laquelle choisir

Les choses vont bouger prochainement !

Impatiemment,

Lia L.