Chapitre 36.
Yuki rentrait chez elle en claquant la porte, folle de rage. Son père venait de lui annoncer qu'elle serait de corvée de baby-sitting lors du retour des humains aux enfers. Merveilleux, elle n'avait pas assez de boulot comme ça, ils revenaient pile avec la rentrée, l'année scolaire s'était achevée un mois auparavant et tout restait à faire. Ses premières estimations lui annonçaient l'arrivée de 630 nouveaux étudiants, au bas mot. Néanmoins, si son avis avait une quelconque importance pour son père, ça se saurait. Elle allait devoir traverser tout le territoire de son père pour accueillir les huiles humaines et les ramener au château. Tsunai lui proposa bien de l'y amener mais elle préféra décliner poliment ne voulant pas exposer son ami aux caprices des humains. Elle demanda à Akira de l'accompagner, ce qu'il accepta de bonne grâce, la compagnie de son amie lui plaisant bien davantage que celle de tous les autres réunis,et il n'appréciait vraiment qu'elle. Même s'il portait de l'affection à ses hommes, cela restait du domaine de camaraderie fraternel, et non de l'affection.
Comme à son habitude, Sharane leur prépara un panier repas capable de nourrir un régiment, Akira prit sur lui de porter ledit panier sans laisser le choix à la princesse, qui s'abstint sagement de tout commentaire. Ils se mirent en route en direction de la porte du royaume, la traversée leur prendrait trois jours, aller et trois autres retours. La perspective était simplement merveilleuse, toutefois, le trajet se passa sans encombre, et ils atteignirent la porte largement dans les temps. Ils purent se reposer quelques heures avant de voir le portail s'activer et recracher les humains, les uns après les autres. Quand les vingt représentants furent sur place, la princesse donna le signal du départ, sous les protestations virulentes des derniers arrivants, dont elle ne tint pas plus compte que ça. Elle reprit le chemin du château, libre à eux de la suivre ou non, ce qu'ils firent, bien évidement. Le retour prit, à l'inverse de l'allée, le double de temps à cause des fréquentes pauses exigées par les dignitaires en manque d'exercice. Rongeant son frein, elle soupira de soulagement quand le fief du roi fit son apparition au détour de la surprise de taille attendait la jeune femme quand elle franchit le seuil du hall. Une floppée de jeune noblaillons, fils et filles des huiles qui s'entassaient régulièrement dans la salle du banquet l'attendaient de pied ferme devant la limite de son territoire. Un air suffisant collé à la figure, celui qui semblait être le chef s'approcha d'elle d'un pas assuré et s'arrêta à une distance bien trop courte de la princesse que ne le demandait l'étiquette. Elle attendit qu'il prenne la parole, lui donnant une raison plus ou moins valable au fait qu'elle perdait du temps. Cependant il se contentait de la fixer, comme s'il attendait quelque chose. Au bout d'un moment, il poussa un profond soupir et prit la parole.
- Tu attend quoi au juste ?
Pardon ?
- Il est évident que seule notre présence peut légitimer cette "école", nous sommes prêt à considérer l'idée d'y entrer moyennant quelques droits, évidemment.
- Évidemment.
- Ravie de voir que nous sommes sur la même longueur d'ondes, donc, nous voulons...
- Peu m'importe, vous n'avez pas passez les tests, ni validé votre inscription.
- Et alors, nous sommes les enfants de...
- Je m'en moque.
- Attention si tu essaie...
- Premièrement, c'est vous, et princesse ou mademoiselle, crétin, deuxièmement, je ne tiens absolument pas à ce que vous entriez dans mon école et enfin, si vous tentez une nouvelle fois de me faire chanter, je vous tue, tout simplement. Compris ?
Les jeunes nobles reculèrent comme un seul homme pour la laisser passer, abandonnant leur chef. Elle se fit une joie de le bousculer pour passer de l'autre côté du champ de force, laissant le jeune coq fulminer tout seul dans le couloir, ignorant qu'il était observé. Elle l'entendit dire qu'il allait se plaindre à son père puis il tourna les talons et repartit vers le centre du château. Elle retrouva Newenne qui lui fit un rapide topo des événements de la semaine écoulée, rien de notable, mais elle tenait à se tenir au courant de tout ce qui se passait sur son territoire. Le reste de la semaine se passa comme elle avait été prévue, les chambres des nouveaux étudiants seraient prête dans les temps, le jardin prenait des allures de forêt vierge sur le toit, ce qui permettait de faire pousser nombre de plantes médicinales, il ne lui manquait qu'un démon compétent pour donner des soins et son équipe serait complète.
Le repas du soir était obligatoire pour tous les chefs de sections, salle des doléance incluse, et donc la princesse ne pouvait y couper. Elle s'engagea comme à son habitude dans le couloir qui menait à la salle des repas le plus rapidement et croisa le jeune noble qu'elle avait rabroué en public la fois précédente. Il lui fit un grand sourire mauvais et la regarda passer comme si quelque chose allait se produire. Elle l'ignora et continua sa route, tout simplement, ne tenant pas compte du soudain silence qui s'étendait autour d'elle. Elle n'eut pas le temps de se protéger qu'un impact l'envoya dans le mur qui se trouvait derrière elle. Sonnée, elle ne fit que regarder quand sept soldats de la maison de Yasus, puisque tel était son nom, se préparaient à lui faire du mal, visiblement. Ils auraient dû comprendre qu'elle était hors d'atteinte, jamais Akira ne la laissait sans surveillance plus longtemps que nécessaire, c'est à dire le temps d'un battement de cil, lorsqu'elle se trouvait hors de son territoire, et à peine plus quand elle y était. Elle ne s'étonna nullement de le voir apparaître derrière le premier de ses assaillants, prêt à engager le combat. Jamais encore elle ne l'avait vu si contrarié par quelque chose, cela ne présageait rien de bon pour eux.
Elle se tourna vers Yasus, un sourire accroché à son visage, se préparant au spectacle qui ne manquerait pas de suivre. Il attrapa le premier garde, celui qui avait projeté la princesse et l'envoya au loin, se réservant le loisir de le garder pour la fin. Il envoya un coup dans la nuque du second qui s'écroula, mort, les deux suivants périrent par l'épée, et deux encore suite à un sort de flamme particulièrement vicieux. Il brisa les cervicales du seul qui lui faisait encore face et se retourna, avec un grand sourire, vers celui qui avait osé lever la main sur celle qu'il considérait comme sa maîtresse et entreprit de lui faire regretter son geste. Il brisa un à un les os de ses mains, de ses bras, puis de ses jambes, se délectant des hurlements de souffrances qui se dégageaient de la masse de viande qu'était devenu l'homme. Sur une demande de Yuki, il abrégea ses souffrances, la jeune femme ne tenant pas à se mettre en retard pour le repas. Elle s'apprêta à ouvrir la marche mais fut stoppée dans son élan par des gardes de son père, qui se saisirent de son ami.
Akira ne l'entendait pas de cette oreille, il lutta pour se dégager, assommant au passage quelques uns des hommes supposés être les plus fort du royaume d'une poussée du bras. Ils durent s'y mettre à quatre pour le maîtriser physiquement et trois autres pour empêcher sa magie de faire des siennes. Lucifer lui même fit son apparition, un air outré soigneusement collé au visage, malgré l'occasion en or qu'il tenait là de se débarrasser de son pire cauchemar en l'enfermant à tout jamais dans le fin fond de ses oubliettes. Yuki eut beau hurler et protester, les gardes l'emmenèrent tout de même en direction des cachots. La jeune femme se retourna vivement et prit à partie l'hématome qui se formait de façon fort visible sur son épaule ainsi que le blason des morts. Elle fit reconnaître à tous qu'elle avait été attaquée et qu'il ne faisait que la défendre. Rien ne semblait arriver aux oreilles de son père. Elle laissa volontairement sa magie s'emballer, provoquant une secousse géante sur toute la surface du palais. Elle sourit de voir toutes ces nobles personnes se laisser tomber à quatre pattes pour souffrir moins des effets du séisme. Néanmoins le problème restait le même, Akira faisait route vers les cachots, escorté par toute la garde de son père. Et le libérer n'allait pas être simple, loin s'en fallait. Que de travail l'attendait.
Chapitre 37.
Yuki assommait son père d'une diatribe revancharde depuis maintenant deux heures. Il n'en pouvait plus, elle comptait l'avoir à l'usure, à tel point qu'il en viendrait presque à défendre son ennemi de toujours juste pour ne plus être la cible de la fureur de sa fille. Une violente migraine semblait montrer le bout de son nez sous le crâne du vénérable roi qui lui faisait face. Elle attaquait encore et encore, tournant en rond dans son argumentation, qu'elle savait incontournable, reprenant pour la troisième fois son discours. Le roi finit par craquer juste un peu avant midi, ordonnant la libération du serviteur de sa fille. Yuki retint un soupir de soulagement et un hurlement farouche de victoire, elle avait enfin eu gain de cause. Elle s'apprêtait à faire demi tour pour rejoindre l'entrée des cachots quand sa demi sœur préférée fit irruption pour contester la décision de son père. Ce n'était pas vraiment une surprise, Yuki la savait cachée dans l'ombre depuis longtemps, son intervention n'en restait pas moins passablement agaçant.
Beth se planta devant Yuki, qui s'abstint sagement de réagir, si cela pouvait lui faire plaisir de se croire si forte, pourquoi pas après tout. Elle ne mit le holà à sont petit numéro qu'après que sa demi sœur ait initié le contact, elle prévint son père que si Beth s'obstinait dans cette voie, elle allait répondre de la façon qui lui plairait. Lucifer lui ordonna de n'en rien faire, elle réitéra son avertissement, mais Beth, forte de la protection de son père, tenta de la pousser contre un mur. Pour la première fois depuis fort longtemps, Yuki fut sincèrement heureuse d'avoir trimé pour obtenir une formation de combat. Elle saisit sa sœur par le bras et, à l'aide d'une clé, mit à mal l'articulation de la jeune prétentieuse. Beth grimaça mais cela ne l'arrêta malheureusement pas. Elle tenta une attaque magique, Yuki ne put retenir un éclat de rire, elle envoya la boule de plasma dans le néant d'un revers de la main.
Quand une attaque en traître lui marqua la joue d'une fine ligne écarlate, elle se décida à riposter sérieusement et fit rayonner sa magie autour d'elle, s'en enveloppant comme d'une cape, et fit impulser suffisamment d'énergie pour lui faire perdre connaissance. Se retournant vers son père, elle tendit la main vers lui, attendant l'ordre de libération qui ferait sortir Akira de sa prison, Lucifer fit partir l'un de ses messagers personnellement pour faire remonter l'homme de sa cage. Comme prévu, il n'avait pas apprécié la blague, il se fit violence pour ne pas sauter à la gorge du dirigeant incompétent qui siégeait sur SON trône. Yuki lui prit le bras et l'entraîna vers un endroit plus calme, espérant pouvoir tenir avant de craquer. Elle eut à peine le temps de passer la limite de son territoire qu'elle sentit les larmes glisser sur ses joues, se laissant tomber contre le mur le plus proche. Elle se rendit à peine compte qu'Akira l'avait attiré à lui pour la prendre dans ses bras. Elle se laissa volontiers aller, consciente qu'il était la seule personne devant laquelle elle pouvait se permettre de montrer ses faiblesses. Il passa de longues minutes à lui caresser le dos d'un geste lent et apaisant, attendant qu'elle s'apaise d'elle même.
Il la mit au lit, traversant les défenses qu'elle avait mit en place sans problème, témoignant de sa confiance envers lui, puis repartit vers sa propre chambre, laissant à Rai le soin de la veiller. La princesse dormit d'une traite jusqu'au lendemain, s'éveillant fraîche et dispose malgré des marque rouge autour des yeux, signe des larmes qui lui avaient ravagées le visage la veille. Elle fit une toilette à l'eau froide qui fit disparaître toute trace de rouge et sortit de sa chambre comme si rien ne s'était passé. La princesse sortit de son territoire dans le but de rencontrer son père dans la salle du trône mais fut interrompue dans ses plans par Beth et Lana, encore, qui avaient visiblement en tête de faire ce qu'elle ne parvenaient pas à faire depuis l'arrivé de Yuki, prendre les commandes.
- Arrêtes toi !
- Laissez moi passer.
- J'ai dis, arrêtes toi !
Beth, sûrement sur l'impulsion de sa sœur, prenait en main les négociations.
- Tu vas nous laisser diriger.
- Waouh, et c'est tout, pas de baise main, tu es sur ?
- Tu... tu te moques de moi ?
- Nooooooon, j'oserais jamais.
- Fais attention sinon... sinon... sinon !
- Sinon quoi ?
- Euh...
Yuki s'avança jusqu'à sa demi sœur et entreprit de lui expliquer ce qui l'attendait si jamais elle se mettait encore sur sa route. Elle en avait plus qu'assez, et sa réserve de patience était depuis longtemps à sec.
- Sinon tu m'arraches la peau centimètre par centimètre jusqu'à ce que mort s'en suive, tu m'arraches les ongles, tu me plantes des aiguilles enduites de poison dans les articulations pour me faire souffrir les maux des enfers même, tu me frappes au sang tu me plonges dans l'eau pour entraîner la suffocation jusqu'à la limite de l'asphyxie, puis tu m'ouvre le ventre pour sortir mes boyaux de façon à en faire un collier et enfin, tu m'immole par le feu. C'est ce que je ferais, moi, en tout cas, si jamais quelqu'un venait à me contrarier.
Yuki vit avec une profonde satisfaction les yeux de sa demi sœur s'emplir d'effroi, Beth fit un pas en arrière, et Lana n'en menait pas plus large. Un poignard astucieusement lancé à quelque centimètres de la tête de la plus proche fit définitivement passer leur teint au verdâtre, exorbitant leurs yeux, et déclenchant des tremblements incontrôlés.
- Ne me parles plus JAMAIS sur ce ton tu m'entends ?
- ...
- Lâche, une réponse quelconque et il n'y a plus personne.
- Yuki...
- Non père, c'en est assez, je ne souffrirais plus leurs écarts suite à vos préférences. La prochaine fois qu'elle tenteront de me causer du tord, elle mourront, et je m'assurerais personnellement que ce soit douloureux, long et pénible.
La princesse se tourna vers les deux héritières, un sourire mauvais plaqué sur le visage, elle s'assura que le message était passé comme elle l'entendait. C'était le cas, elle le voyait dans leurs yeux. Une bonne chose de faite, même son père semblait surpris de cette soudaine prise d'autorité sur la lignée principale. Elle fit signe à Akira de la suivre et ils repartirent vers leurs quartiers respectifs. L'ancien roi s'assura qu'elle entre dans ses appartements et qu'elle y reste pour prendre du repos, il n'avait pas vraiment confiance quand à la capacité de la jeune femme pour le lezardage.
Le lendemain, c'est une véritable tornade qui secoua les fondations de son territoire, jamais encore la fratrie n'avait vu Yuki si agitée, et pourtant, la princesse était connu pour son énergie débordante. Elle fit le tour des salles de classes, du terrain d'entraînement, des dortoirs pour s'assurer que tout est en ordre suite au départ des enfants pour les vacances. Elle partit ensuite faire un tour dans la forêt pour se changer les idées, laissant les autres personnes du domaines pousser un soupir de soulagement collectif. Elle fut rapidement rejointe par Tsunai qui l'emmena faire un grand tour dans les bois, la ramenant fatiguée et heureuse pour le repas du soir. Ambre et Moira choisirent de s'asseoir de part et d'autre d'elle pour discuter d'un projet qui leur tenait à cœur. En effet, les jumelles désiraient transformer les jardins derrière le château en une extension de la forêt, ce qui aurait pour avantage de leur donner un itinéraire de repli en cas d'attaque.
Chapitre 38.
La princesse revenait de la salle des coffres avec un grand sourire, elle venait de vérifier les registres de comptes, et tout se passait pour le mieux. Les dépenses tenaient désormais une petite moitié des recettes de commerces avec les pays voisins, absorbant lentement mais sûrement la dette laissée par les bals et autres frivolités du genre. Elle savait pourtant que très bientôt, elle devrait faire face au mécontentement des noblaillons et de sa très chère belle mère, et en effet, la reine la convoqua peu après dans ses appartements privés. Sceptique, elle se rendit néanmoins au rendez vous, cherchant quand même le fin mot de l'histoire. Elle frappa deux coup et attendit l'invitation nécessaire à son entrée dans la pièce. Yuki resta droite et debout pendant que la femme qui la haïssait plus que tout la dévisageait d'un air satisfait. La reine fut la première à parler.
- Je vais organiser un bal, j'ai besoin de quinze mille pièce d'or pour demain, apporte les moi sur le champ.
- Non.
- Je te demande pardon ?
- Vous pouvez, mais la somme qui vous est allouée tous les mois est de mille cinq cents pièce et vous avez déjà dépensé la totalité de votre solde ce mois ci. Comme tous les précédents d'ailleurs.
- Je suis la reine !
- Et moi la trésorière.
- Je vais en référer au roi petite sotte, je vais te faire regretter ton affront.
- Faites donc, j'ai son approbation.
- J'exige que tu me remette ce que je t'ai demandé!
- Non, je vous l'ai déjà dit.
- Hors d'ici sale garce !
- Bonne journée votre majesté.
Le sourire qui s'épanouit sur ses lèvre échappa fort heureusement à sa belle mère, et c'est guillerette qu'elle prit son quart à la salle des doléances. La première ligne de requête restait somme toute habituelle, la princesse régla les problèmes de ses invités de façon impartiale. Elle devait se rendre à l'évidence, c'était trop beau pour durer, et de fait, une quantité non négligeable de nobles fit son entrée à quelques minutes dès la fin de sa journée.
Au vu de leur expression, cette arrivée tardive était tout ce qu'il y a de préméditée, ce qui n'engagea pas Yuki à se montrer aimable, elle attendit donc qu'ils lui fassent part de leur grief. En retard pour en retard, elle n'allait pas leur faciliter la tâche. Elle pouvait presque voir sa belle mère derrière eux avec des fils pleins les mains. De parfaits pantins manipulable si on les flattait suffisamment, nul doute que la reine y avait vu un profit pour ses desseins. L'homme qui lui faisait face, soigneusement mit en avant par ses camarades, lui rappelait étrangement Yasus, et à bien y réfléchir, il devait en effet être son père, le noble Troxas étant en visite au palais. Il devait y avoir à vue de nez une quinzaine de personne, peut être moins, mais quand bien même auraient ils été cinq cents, cela n'aurait pas fait grande différence. Au bout d'une demi heure de silence plus ou moins confortable selon le point de vue, elle se décida quand même à les écouter, ils avaient respecter l'étiquette à la règle après tout.
- Oui ? Puis je vous aider ?
Un soupir de soulagement général fut soudain audible, même de là où elle était, la princesse réprima un sourire et poursuivit son entrevue.
- Vous êtes ici à quel sujet ?
- Nos pensions.
- Vos pensions.
- ...
- Et que puis je faire pour vous ?
- Nous redonner notre solde initial... s'il vous plaît.
- Cela m'est impossible.
- Mais...
- Comprenez moi, je voudrais pouvoir vous donner plus, cependant, la dette du royaume a déjà atteint des proportions catastrophiques, si je n'y remédie pas maintenant, les enfers vont juste s'éteindre d'ici cinquante ans.
- Mais comment allons nous faire ?
- Supprimez les fêtes, les bals, les banquets pour un temps, allouez une somme mensuelle raisonnable à chacun et tenez vous y, votre économie repartira d'elle même.
- Vous nous demandez de laisser derrière nous tout ce que nous sommes, en résumé.
- Préférez vous mourir ?
- ...
- Alors ?
- Non, bien sur que non.
- Sachez que la dette commence déjà à se résorber, quand ce sera chose faite, j'envisagerais de remonter le montant de vos pensions, c'est une promesse.
Voyant qu'ils n'avaient pas l'intention de quitter les lieux, elle comprit que les pensions n'étaient pas le seul motif de leur présence dans cette salle. Elle se permit de les regarder tour à tour pendant quelques secondes avant de reprendre la parole, pour clore, elle l'espérait, le sujet.
- Autre chose ?
- Et bien...
- Parlez, cette salle est là pour ça.
- Nous avons eu quelques soucis sur nos fiefs.
- Tous ?
- Oui.
- Quel genre de soucis ?
- Des dégradations inexpliquées, des vols, une impression de mal-être, comme si nous étions surveillés.
- Et depuis quand ?
- Environ trois mois, Altesse.
- Et rien n'a été fait ?
- Le roi votre père ne nous croyait pas, la reine l'a convaincu que nous racontions des mensonges pour obtenir plus d'argent.
- Je vais envoyer des gens vérifier ça, je vous tiendrais au courant, laissez moi vos noms en sortant je vous prie.
- Oui, merci votre Majesté.
- Je ne suis pas une majesté, princesse suffira, Yuki serez parfait.
- Merci princesse.
Ils avaient l'air perdu, le rejet du titre honorifique n'était pas commun, elle en avait conscience, mais elle ne supportait tout simplement pas d'être comparé ne serait ce que de loin à sa belle mère. Elle regarda le petit groupe sortir avec empressement puis se leva dans le calme, ferma la pièce à l'aide d'un sort de son cru, et prit la direction du château. Sa priorité était de trouver Akira, elle avait besoin de son avis de toute urgence, elle ne savait pas de quoi il retournait, mais cela n'augurait rien de bon pour eux. Elle allait sans soute devoir envoyer ses trois hommes de confiance sur place, eux seuls avaient l'expérience nécessaire pour déterminer la nature du problème.
Chapitre 39.
Akira, Styx et Eschiel allait lui faire cruellement défaut, elle en était consciente mais elle n'avait pas vraiment le choix. Si la situations sur les terres des sujets de son père étaient si grave qu'ils l'avaient laissé entendre, elle devait agir au plus vite. Venves, alpha des chevaux démoniaques, proposa même les services de son groupe, ce qui confirma à Yuki qu'il se tramait quelque chose. Tsunai refusa catégoriquement de quitter son amie, et Zodiaque tenait à assurer les arrières de son chef, ce fut donc trois nouvelles têtes qui se présentèrent à la lisière de la forêt pour véhiculer les démons. Ils se présentèrent comme étant Karko, Myftou et Lyroy, ils avaient l'air calme, ce qui rassura la princesse, ces animaux étaient connus pour leur caractère emporté. Elle les regarda s'éloigner en espérant qu'ils reviendraient le plus vite possible. En attendant, elle décida de se rendre au village pour s'approvisionner en plante médicinale, les nymphes lui avaient demander de trouver certaines plantes qu'elles n'arrivaient pas à faire pousser à partir d'une graine, il leur fallait absolument une bouture.
Le doyen lui fournit avec plaisir ce qu'elle recherchait, la guidant au mieux de ses possibilités, la princesse repartit donc avec l'équivalent d'une jardin miniature sous forme de pousses. Elle s'attarda un peu plus que nécessaire, ne voulant pas éprouver l'absence de ses amis. Les enfants respiraient la joie de vivre, comme elle l'espérait lors de la fusion des territoires, mais il restait tant de village souffrant de l'incompétence de son père. Elle réfléchit au sort des six cent soixante villages qui n'étaient pas sous sa tutelles, et se dit qu'il était grand temps qu'elle demande à son père une augmentation de territoire en récompense des services qu'elle lui rendait. Elle déposa les plantes à une joyeuse bande de Nymphes ravies et se rendit d'un bon pas chez son père, qu'elle trouva en grande conversation avec ses ministres. Elle ne fut pas surprise de les entendre se plaindre d'elle, et de ses méthode, forcément, vu qu'elle les avait délesté d'une partie de leur exorbitante rémunération, comme tous ceux qui profitaient de son père, en somme. Le choc vint du fait que son père ne s'aplatit pas devant eux, il soutint leur protestations avec calme et indifférence, et finit par les envoyer aux fraises, concluant sur un " si vous n'êtes pas content, la porte est grande ouverte".
Elle attendit que les ministres sortent et se rendent compte de sa présence, se délectant de la gêne qui devenait visible au fur et à mesure de la découverte que représentait sa personne. Puis elle entra directement, sans s'annoncer, comme elle le faisait d'ordinaire. Elle le trouva plongé dans ses pensées, et préféra attendre qu'il émerge de lui même. Il se mit à parler soudainement, rompant le silence, à tel point que Yuki sursauta et manqua de tomber de sa chaise. Se moquant d'elle même en riant, elle fut surprise de constater que son père retenait une rire, qui sortit néanmoins quand elle même laissa libre court à son hilarité. C'était le premier moment de complicité qu'elle partageait avec lui depuis son arrivée dans le royaume. Elle attendit qu'il en vienne de lui même au sujet qu'il souhaitait visiblement aborder avec elle, lui laissant le soin d'ordonner ses idées pour formuler une requête correcte. Il se lança avec un "j'ai une faveur à te demander", direct, qui laissa la jeune femme perplexe. Le roi était en effet connu pour sa capacité aberrante à tourner autour du pot pendant des heures, et ce pour le moindre petit détail.
- Oui, père ?
- Est tu débordée ?
- Comment cela ?
- Te reste il du temps à me consacrer ?
- Oui, tout à fait, de quoi avez vous besoin ?
- Tu gère déjà le personnel, la salle des doléances et des finances du royaume. C'est beaucoup pour une seule personne, j'en ai conscience, mais pourrais tu t'occuper aussi de la répartition des ressources sur le territoire, le ministre qui s'en occupe fait n'importe quoi !
- Euh, cela doit pouvoir se faire, mais, père, cela signifierait que je contrôle tout le bas de la hiérarchie des enfers, en êtes vous conscients ? Seuls les actes militaires, les alliances et les décisions finales me seront étrangères, et encore, pour le militaire, les hommes font partie intégrante des ressources.
- J'en ai conscience, mais j'ai vu à quel point tu es efficace, ma fille.
- Comme vous voudrez dans ce cas.
- Parfait.
- Quand dois je commencer ? Maintenant.
- Père ?
- Oui ?
- Puis je me défaire des cinq ministres en charges de la gestion des ressources ? Je préfère travailler avec mes hommes.
- Fais à ta guise.
- Merci.
Yuki allait sortir quand elle se rappela du but premier de sa visite.
- Ah, père ?
- Oui ?
- Qu'aurais je en retour de cette faveur ?
- Que veux tu ?
- Du territoire.
- Encore ?
- Oui, il m'est plus facile de stimuler la relance de cette façon.
- Pourquoi ?
- Parce que l'économie des six villages que j'ai à ma charge s'est parfaitement remise des erreurs passées en un temps record, et qu'ils ont suffisamment d'argent pour relancer l'économie d'autres hameaux.
- Et combien de terres cela représenterait-il ?
- La quantité qu'il vous plaira de m'accorder.
La princesse se retrouva donc avec une vingtaine de villages à sa charge, le transfert se fit brutalement, ne laissant pas le temps aux personnes concernées de se préparer. Yuki dépêcha les doyens déjà sous sa tutelles exposer la situation à ses nouveaux protégés. Elle fut également soulagée de savoir Akira et ses compagnons de retour, les nouvelles qu'ils apportaient, en revanche, la firent frémir d'horreur. Les nobles n'avaient en rien exagère le problème, Akira soupçonnait des être dont la malveillance était sans limite. Les gargouilles, ennemies des démons depuis la nuit des temps, car elles laissaient des traces très spécifiques derrières elles. La princesse préféra prévenir le danger, et choisit d'envoyer des hommes d'armes patrouiller dans le royaume. Elle retourna voir le roi pour l'informer des derniers événements, il eut du mal à y croire, mais une fois rangé aux arguments de sa fille, il décida d'agir, et la félicita pour sa clairvoyance.
Elle profita des bonnes dispositions de son père pour l'introduire à ses projets de reformes. Elle souhaitait en effet donner aux paysans une formation de combat pour leur permettre de défendre leurs cultures et de pouvoir retenir les ennemis suffisamment longtemps pour que la garde puisse arriver. Lucifer, une fois n'était pas coutume, l'écouta attentivement et trouva l'idée excellente. Il décida de dépêcher des messagers dans chaque village pour les prévenir de l'arrivée d'un formateur sous huitaine. La formation n'était pas obligatoire mais fortement conseillée par le roi lui même, les gardes avaient aussi pour ordres de dispenser des conseils si jamais ils trouvaient cela pertinent. Dans la foulée, il légitima tous les efforts de sa fille pour instruire les plus jeunes et éviter ainsi de sombrer dans une ère d'ignorance. Le dernier conseil de la princesse fut de placer des points d'informations dans chaque village pour les tenir au courant des événements.
Chapitre 40.
Yuki comprit qu'elle allait avoir besoin d'aide, elle parla à Akira de son projet concernant ses quatre compagnons d'infortune qui restaient emprisonnés dans la forêt. Il tenta bien de protester mais comprit vite que fort peu de chose pouvaient faire changer d'avis ce roc d'entêtement. Plutôt que de la laisser aller seule au devant de dangers certains, il préféra s'assurer qu'elle courrait un minimum de risques. Il restait quatre démons prisonniers des champs de force de Gabriel, et ils étaient également quatre pour les ramener dans ce monde. Il choisit d'envoyer Styx avec elle, rééquilibrant ainsi les nivaux de pouvoirs. Les petits derniers étaient respectivement les numéros 3 et 5 pour le premier bouclier, 4 et 6 pour le second, en terme de puissance du groupe. Si lui même et Yuki se chargeait du plus puissant, Eschiel et Styx pourront s'en sortir avec les autres. Le voyage était prévu pour la fin de la semaine, histoire de prévoir les choses de façon satisfaisante, ce qui n'allait pas être triste, connaissant l'ancien roi.
Il s'avéra qu'Akira était un manique du contrôle prompt à prévoir le trajet au centimètre prêt, et pas question d'en dévier d'un cheveux sinon l'expédition virerait à la catastrophe international. Plan que Yuki avait la ferme intention de balancer aux ordures dès qu'ils se sépareraient. Le jour J arriva enfin, la princesse était littéralement survoltée, piétinant sur place en attendant de passer à l'action. Ils entrèrent dans la forêt et retrouvèrent les chevaux, comme convenu, Venves tenait toujours ses promesses. Tsunai, Karko, Myftou et Lyroy les attendaient, assurant que quatre autres équidés les rejoindraient le moment venus aux endroits mentionnés. Ils arrivèrent sur les lieux moins d'une heure après avoir commencé à courir, ce qui était surprenant, car les deux autres sphère de détentions se trouvaient bien plus loin dans la forêt que tout ce qu'elle avait pu explorer jusque là. Styx avait été plus que ravi de laisser les rennes à Yuki, bien plus encline à plaisanter que son chef. Il pénétra le bouclier après qu'elle y soit entré, n'ayant pas la puissance nécessaire pour forcer la protection des anges. Comme elle l'avait prévu, elle se fit agresser dès qu'elle franchit le seuil, elle ne du son salut qu'à la rapidité de son coéquipier qui les calma immédiatement après être entré à son tour.
Il prit son temps pour leur faire la morale concernant l'agression de leurs sauveurs alors qu'il avait lui même tenté de tuer la jeune femme à sa première entrée, ce qu'il passa, bien sur, sous silence. Elle laissa couler, elle avait besoin de leur coopération pour le processus. Ils avaient la charge de Whisper et Dante, laissant à Akira le soin de relâcher Déméter et Orion. Elle expliqua rapidement aux hommes ce qu'elle attendait d'eux et un résumé rapide du protocole. Elle entraîna Whisper près de l'endroit où il reposait tandis que Styx faisait de même avec Dante. La jeune femme vit que son homme avait une peur bleue de ce qui l'attendait. Yuki décida alors de prendre quelques instants pour le rassurer. Elle s'assit à côté de la tombe et commença à raconter tout ce qui lui passait par la tête, de son arrivée mouvementée aux enfers à sa première réanimation en passant par la reconquête du territoire de son père. Le guerrier l'écouta parler sans rien dire, puis hocha la tête, ce qu'elle avait dit avait visiblement suffit à le détendre suffisamment pour qu'il lui fasse confiance.
Sur la demande de Yuki, Whisper s'allongea au dessus de ses restes et attendit. La jeune femme commença à psalmodier, les hésitations du début ayant à présent disparu, elle allait au plus efficace et au plus rapide. Elle vit sans surprise les poussières d'os remonter à la surface, se ressouder, former un squelette, vit les ligament, les muscles et la peau se reformer comme à l'époque de sa mort, mais le plus dur restait à venir. Une poussée d'énergie pure renvoya l'esprit du combattant dans son corps, un chant le liant à nouveau à une enveloppe charnelle. Elle eut un doute quand à la réussite de l'opération pendant une seconde, mais Whisper partit d'une quinte de toux qui ne pouvait venir que d'un vivant. Il la regarda avec l'air de quelqu'un qui ne croyait pas ce qu'il voyait. Il finit néanmoins par hocher la tête pour la remercier, se remit debout, et lui tendit la main pour l'aider à se lever également. La jeune femme l'accepta avec reconnaissance, elle n'avait plus de force. Ils rejoignirent Styx et le désormais ressuscité Dante. Les deux compagnons d'Akira firent voler le bouclier en éclat en le traversant.
Comme promis, deux chevaux avaient rejoint leurs montures, ils se présentèrent comme étant Shiva et Vishnu, pourquoi pas, le choix des noms n'incombaient pas aux individus concernés après tout. Ils furent ramenés tout aussi vite qu'ils étaient venus, Akira et les autres étant déjà rentrés. La princesse laissa à son ami le loisir d'installer les nouveaux venus, et se prépara à recevoir un savon mémorable. Elle ressortit de la salle du trône une heure plus tard, sans avoir reçut le moindre reproche de la part de son père, mais ayant eu une conversation construite et presque agréable. Le roi s'était montré intéressé par sa stratégie concernant la lutte contre les gargouilles et l'avait questionnée concernant ses projets futur. Ils avaient planifiés quelques surprises pour ces sales bêtes, plus ou moins élaborées, mais néanmoins très efficace. Il l'avait relâché après l'avoir assuré qu'elle ne rencontrerait aucune objection de sa part concernant ses « petits copains ». Elle repartit dans ses quartiers pour voir comment s'en sortaient les quatre nouveaux après des centaines d'années de captivités. Elle les trouva sur l'étendue herbeuse, courant comme des gamins d'un bout à l'autre du terrain en riant aux éclats. Elle vit Akira lui adresser un signe de tête pour lui signifier que tout allait bien, puis retourna à l'intérieur s'entretenir avec Droum concernant l'avancée de la restauration du miasme gélatineux qu'était devenue la bibliothèque.
Le lendemain, elle fut réveillée par une série d'explosions plus bruyante les unes que les autres. Yuki dévala les escaliers et les couloirs jusqu'à l'origine du bruit. Elle trouva son père entrain d'essuyer un tir nourrit de la part de ses plus proches conseillers et amis. Écarquilla tout d'abord les yeux puis sentit la rage s'emparer d'elle. Elle courut se mettre entre son père et les traîtres puis répondit coup pour coup à cette bande de sales petits rats. Elle prit un malin plaisir à leur faire plus mal que nécessaire. Elle repoussa les assaillants jusqu'à la porte, les envoyant valser au loin à l'extérieur avant d'aller voir dans quel état se trouvait son père. Il en fut quitte pour une frayeur et une sensation de trahison, mais en un seul morceau, donc il s'en remettrait. Elle resta avec lui pour s'assurer qu'il serait encadré correctement mais personne ne vînt, même pas sa femme. La colère menaçait de refaire surface, tout le monde était au courant, et personne n'était venu en aide au roi. Elle pouvait concevoir que son père n'était pas le meilleur des rois mais de là à vouloir le renverser... il restait quand même le plus puissant démons candidat au trône, tout autre ne ferait qu'accentuer la déchéance du royaume. Elle était à deux doigt de placer son père sous sa protection pour le mettre à l'abri de ce genre de magouilles.
Il la remercia chaleureusement, lui promit une récompense à la hauteur de l'acte qu'elle venait de réaliser, puis lui demanda pourquoi personne ne venait. Elle lui expliqua pourquoi, selon elle, tout le monde s'attendait à le voir sortir en vaincu de la salle. Il finit par assimiler ce que sa fille tentait de lui dire, et se mit dans une colère noire. Il réussi néanmoins à se calmer suffisamment pour éviter de commettre un acte qu'il regretterait par la suite. La seconde chose qui lui arriva à l'esprit, c'était la dette immense qu'il avait envers sa fille, seule personne à avoir répondu à son appel. Il la regarda avec un œil nouveau. Il pouvait sentir qu'elle serait à l'avenir une alliée puissante, à condition de partager avec elle et de la laisser réorganiser comme elle l'entendait le système pourrit et corrompu de son palais. Il lui signifia son nouveau rang avant de la laisser pour se retirer dans ses quartiers et prendre du repos. Elle le vit ressortir de la salle d'un pas conquérant, sous le regard surpris de tous ceux qui s'attendaient à un changement de pouvoir. Yuki ne perdit pas de temps et se rendit à la salle des conseilles. Ils l'accueillirent avec la condescendance de ceux qui se pensaient supérieur et protégés. Haussant un sourcil, elle leur lâcha simplement qu'ils étaient renvoyés, par ordre de son père, le roi en place. La suffisance fit place à l'horreur et, même s'ils tentèrent d'implorer le pardon, elle resta inflexible. Elle regarda les anciens puissants sortir, chassés de leur propre fief, puis appela ses frères et sœurs pour rendre un peu d'ordre au chaos. Ils s'y employèrent tous. Elle sentit vaguement son territoire s'étendre en douceur à travers son lien. Elle possédait la moitié des enfers maintenant.
