Bonjour à tous ! Toute mes excuses pour ce retard, le bac et les concours approche, et je dois dire que je préfère réviser ma bio qu'écrire ma fic ! Oui, je sais, méchante auteur...
Mais je pense à vous, cher lecteurs ! Je vais faire de mon mieux pour éviter les retards, bien que je ne sache pas si cela marchera.
Gros merci aux gens qui prennent le temps de laisser une review, à Nesva qui me rappelle à l'ordre quand je vous fait trop attendre, et à OTH-FOQ qui prends sur son temps pour corriger mes fautes les plus grossières.
En espérant que ce chapitre vous plaise, et que le prochain ne soit pas trop long à venir.
Chapitre 9
La sensation de compression typique du transplanage disparût aussitôt que mes pieds touchèrent le sol en béton. Kreattur ne prit que la peine de lâcher ma main avant de se téléporter à nouveau.
Rassurant.
L'endroit était faiblement éclairé. Des torches lévitaient tous les dix mètres, laissant apparaître un mur poussiéreux. On se serait plus crû dans une cave que dans un manoir. Ces Lestranges devaient être misérables. Ou radins.
La pièce était très grande, mais assez étroite. Elle ressemblait plus à un couloir qu'autre chose. Je tendis l'oreille pour savoir si une autre personne que moi avait décidé de venir faire une petite promenade dans cet endroit peu luxueux. Aucun bruit ne se fit entendre, ce qui me soulagea et me terrifia à la fois. Les sorciers étaient sortis, donc pas de combats à l'horizon. Non pas que je n'aime pas les duels, mais ma connaissance en sortilège, comme le disait si bien Rogue, ne dépassait pas celle d'un Veracrasse. Je ne savais pas du tout ce que c'était, mais je pouvais bien deviner que ce n'était pas un compliment.
Mais ce silence restait effrayant. J'espérai de tout mon être que B ne soit pas là. Car grande gueule comme elle était, elle hurlerait à plein poumons les quatre vérités à ses ravisseurs. Et si elle était là et que c'était si silencieux...
Je secouai la tête, chassant les pensées négatives. B était en vie ! D'une part parce que je l'avais ressenti au niveau de notre connexion, d'autre part parce qu'elle ne pouvait pas mourir. Quoi, elle était morte déjà deux fois en 24 ans, et pourtant elle était encore là ! C'était la seule personne que je connaissais qui avait bravé la mort autant de fois, succombant à celle-ci, mais qui était encore bien vivante. Honnêtement, faudra qu'on m'explique. Je me fais poignarder et je reste 8 mois dans un coma profond, et elle, elle saute délibérément dans un portail fait d'énergie pure et elle fanfaronne deux mois après. Y a comme une injustice là, non ?
Laissant mes réflexions de côté pour l'instant, j'entrepris de longer le mur du couloir, devinant qu'il devait bien avoir quelque chose au bout.
La marche fut longue, principalement parce que je sursautai à chaque bruit comme une fillette. Heureusement que j'étais seule, car si quelqu'un m'accompagnait, j'aurais été obligée de le tuer. Question de fierté.
Une autre pièce apparut à la fin du maudit et honteux couloir. Elle était circulaire, et à peine entrai-je qu'un frisson me parcouru. C'était exactement la même salle que dans mon rêve. Le sol était en béton, et les murs en pierre suintaient d'humidité. La température de cette pièce était bien plus froide que celle du couloir, et sa luminosité n'était pas des meilleures.
Et bien évidemment, une silhouette était attachée dans un coin. Ce n'était pas la peine d'essayer de savoir qui c'était, les picotements dans ma nuque et le pincement au cœur que je ressentais ne pouvaient être provoqué que par une seule personne.
« B ! »
Je courus vers elle et me laissai tomber à genoux à ses côtés. Quelques plaies s'étalaient sur son corps, mais elles semblaient superficielles. Pas comme celles de Ken. Ken...
Je frissonnai en repensant au teint cadavérique et aux blessures de ma meilleure amie, puis je reportai mon attention sur la blonde dont les paupières fermées s'ouvrirent lentement.
« B, comment tu vas ? Demandai-je d'une voix basse en m'attaquant aux nœuds qui entouraient ses poignets. Les voyants se resserrer de plus en plus et Blondie grimacer, je sortis ma baguette, bien décidé à la sortir de la.
- Faith, non, c'est un piège... déclara la blonde à voix basse. »
Elle me prenait pour une idiote ou quoi ? Bien sûr que c'était un piège, j'étais pas conne non plus. Mais pouvait-elle comprendre que je ferai n'importe quoi si elle avait besoin de moi ? Que je serais prête à entrer dans n'importe quel piège pour m'assurer de sa bonne santé ? Bien sûr que non, vu qu'elle ignorait tout...
« C'est ce qui rend la chose intéressante, B, dis-je en pointant ma baguette sur les liens, ne sachant pas trop quoi faire.
- Faith, s'il te trouve, il te tuera... » m'avertit B, sa tête se penchant sur son épaule droite, comme incapable de tenir droite.
Cela me fit grimacer. Pas tant l'avertissement, non. Le danger de mort, c'était le quotidien d'une Tueuse. Non, ce qui me dérangeait, c'était qu'elle semblait vide de toute force. Je ne savais pas comment l'emmener hors d'ici si elle ne pouvait même pas se tenir droite. Ne parlons donc pas de marcher...
Soudain, elle ouvrit grand les yeux et fixa un point derrière moi.
« Faith, attention ! S'exclama-t-elle. »
J'eus à peine le temps de me retourner qu'une baguette en bois fut pointée au niveau de ma poitrine.
« Stupéfix ! S'exclama une voix aiguë. »
Le sortilège rouge me percuta de plein fouet et la dernière chose que je vis furent deux prunelles vermeilles avant de percuter le mur derrière moi et d'être engloutie par le néant.
Quand je repris conscience, je me trouvais exactement dans la même position que dans mon rêve. Mes bras étaient attachés au-dessus de ma tête et j'étais affalée sur le sol en béton froid, laissant l'humidité imprégner mes vêtements. Je tournai rapidement la tête et vit une silhouette sombre pointait sa baguette sur la forme assise que je devinai être Buffy. Je compris avec horreur ce qui allait se passer.
« Non !M'écriai-je.
- Endoloris !Répondit la silhouette à ma demande. »
Je fermai les yeux et entendis le cri de Buffy. C'était comme s'il perforait mes tympans pour mieux s'insinuer dans mon crâne. J'entendais ses membres frapper le sol et je serrai les poings en forçant sur mes liens, laissant mes ongles et les cordes pénétrer ma chair. Ce n'était même pas douloureux. Je ne pense pas que quelque chose pouvait être plus douloureux que ce hurlement de souffrance. Il s'estompa finalement et un frôlement de cape se distingua dans le silence, en plus de la respiration haletante de la femme que j'aimais.
Il allait le payer. Il allait vraiment le payer.
Il se pencha vers moi, et je n'eus même pas à essayer de savoir qui il était. Je n'avais vu son visage que 10 minutes, mais il ne pouvait que rester ancré dans mon esprit.
« Bonjour Faith, fit sa voix suraiguë.
- Tronche-de-serpent... vous m'avez pas manqué, murmurai-je, secouant la tête pour enlever le sang qui obstruait mes yeux. »
Il eut un rictus des plus effrayants et tourna la tête vers B.
« Ton amie est vraiment résistante... Je ne pensais pas qu'elle pouvait autant encaisser... Elle paraît si faible au premier regard.
- Elle est certainement beaucoup plus forte que vous, déclarai-je d'une voix haineuse en le regardant dans les yeux.
Il éclata de rire-un rire à vous donner les chocottes – et me fixa avec ses yeux froids.
« Rien de tout cela ne se serait passé si tu m'avais rejointe dès le début. Ton amie serait en Amérique et vivrai une vie paisible. De même que la brune.
- Arrêtez…chuchotai-je.
- J'ai pris un réel plaisir à la torturer. C'était la première Tueuse à qui je lançai le sortilège Doloris. Une bonne expérience. Tu sais, dans la caverne à Cleveland.
- Stop...
- Elle n'a pas crié au début. Elle a essayé d'être forte. Puis elle a commencé à se lâcher au bout du troisième. Ou du quatrième. Je ne sais plus vraiment.
- Fermez-là...
- Et ce soir, mmh. Un vrai délice. Tu as déjà entendu le bruit de la chair qui se déchire ? L'odeur du sang qui coule en abondance ? C'est vraiment une sensation des plus plaisantes. Mais je crois que j'ai adoré quand son corps s'est brisé sur une des pierres tombales. On a entendu tellement d'os se fracturer...
- LA FERME !Hurlai-je en tirant sur mes liens pour m'approcher le plus possible de lui, ce qui ne fit qu'accentuait la morsure des cordes sur mes poignets ouverts. »
Il s'esclaffa encore et j'eus envie de vomir. J'entendais encore haleter Buffy, et maintenant des images de tortures mettant en scène le Serpent et Kennedy emplissaient mon crâne. Que cela cesse, que cela cesse...
« Tout cela est de ta faute, Faith. Si tu t'étais rendue à Cleveland... Ou même si tu n'étais jamais sortie de la prison...
- Ne l'écoutes pas Faith ! Ce n'est pas ta faute ! Il essaie de t'embrouiller l'esprit pour que tu le rejoignes ! S'exclama B à mes côtés.
- Tu vas te taire ? S'écria la voix aiguë de Voldemort, alors qu'il pointait de nouveau sa baguette sur la blonde. Endoloris ! Hurla-t-il. »
Buffy, qui s'y attendait sûrement, serra les dents et ferma les yeux alors que son corps fut prit de violentes convulsions. Un gémissement sortit de ces lèvres entrouvertes, et ce fut trop.
« Qu'est-ce que vous attendez de moi ? Murmurai-je
- Tu sais ce que j'attends de toi, Faith. Tu es à moi, tu sais ? Tu ne pourras pas t'échapper éternellement.
Je commençai sérieusement à le croire. Je ne pouvais pas rester enfermée, mais je ne pouvais pas sortir non plus... Cette histoire était tellement compliquée.
« Faith, si tu le rejoins, je te tue, tu m'entends ? Fit la voix haletante de B. »
Je tournai ma tête vers elle et mon cœur se serra. Elle était à moitié affalée sur le sol, la respiration erratique et le corps tremblant. Mes ses yeux...
Comme je l'ai déjà dit, B et moi ne partagions pas des tonnes de regards. Mais c'est ce type de regard, celui qu'elle me lançait en cet instant, qui restait gravé dans ma mémoire.
Ses yeux étaient durs et froids, et pourtant, rien ne me fit plus plaisir. B avait peur. Et elle n'avait pas peur du sadique en face de moi et qui la torturait, non. Elle avait peur que je parte. Et cela me faisait plaisir. C'était certes un plaisir malsain, mais rien que de savoir qu'elle essayait désespérément de me retenir, de m'empêcher de le rejoindre m'emplissait de joie. Elle m'appréciait ! Elle me voulait à ses côtés.
Ce sentiment me fit presque oublier la phrase qu'elle avait prononcée.
« Toi, me tuer ? Voyons B, on sait toute les deux que je suis la plus forte d'entre nous, déclarai-je en la fixant.
- Tu as toujours pris tes rêves pour la réalité. C'est affligeant, fit-elle en souriant malicieusement, entrant dans mon jeu.
- Il suffit. Je n'ai pas le temps d'entendre vos railleries ! Endoloris !
Je fus surprise de voir le rayon me percuter moi au lieu de B. Elle aussi paraissait étonnée, bien que je n'eus guère l'occasion de plus la regarder.
Une violente douleur s'emparait progressivement et rapidement de l'ensemble de mes membres, me faisant fermer les yeux. Mes os se brisaient, mon sang bouillait et j'avais l'impression que toutes les cellules de mon corps avaient décidées de s'entre-tuer. La douleur était horrible, Ma tête semblait prise dans un étau, et j'eus l'impression que ma boîte crânienne allait exploser sous la pression. Mes membres étaient pris de spasmes irréguliers alors que mes doigts se tendaient, de même que mon cou. Je serrai les dents, refusant de lui laisser le plaisir d'entendre un de mes cris ou de mes gémissements. Refusant que B voie ma douleur. Refusant de paraître faible.
Il y a des fois où je détestais ma fierté et mon arrogance, car j'aurais bien aimé lâcher un cri. J'étais presque certaine que ça m'aurait soulagée.
La douleur partit aussi vite qu'elle était arrivée et je respirai bruyamment, les yeux écarquillés et fixés sur le sol bétonné.
Jamais je n'avais connu pareille douleur, ni pendant mon combat avec Angelus et mon coma mystique, ni au moment où B avait plongé mon couteau dans mes entrailles. Je comprenais la terreur de Kennedy dans la caverne.
« Tu sais maintenant ce qui attends ton amie si tu continues à t'obstiner. J'ose espérer que ta mère ne soit pas trop touchée de te voir blessée. »
Je me figeai. Ma mère ? Depuis quand pouvait-il parler aux morts lui ? Parce que la dernière fois que je l'ai vue, ma mère était allongée entre quatre planches sous de nombreux kilos de terre bostonienne.
« Je vois que le vieux fou continue de te tenir dans l'ignorance... »
Je serrai les dents, omettant de dire que je refusai autant de savoir que Dumbledore refusait de me l'avouer. Mais sa déclaration avait titillé ma curiosité. Et pour cause, il avait parlé de ma mère au présent. Comment pouvait-il parler d'elle au présent ?
Je n'avais jamais été connu pour mon intelligence et ma logique à toute épreuve. Mais il ne fallait pas être non plus une flèche pour comprendre. Et même si je l'avais compris depuis longtemps, cela restait quand même assez bouleversant.
« Qu'est-ce que vous me voulez ? Me balancer le nom de ma mère pour que je sois fragile psychologiquement ? Torturer B jusqu'à ce que je vous supplie d'arrêter ? Me tuer ? Que me voulez-vous ? Demandai-je en soupirant, commençant à en avoir vraiment marre de ce taré. »
Un rictus malsain déformait ses traits alors qu'il faisait habilement tourner sa baguette dans sa main.
« Honnêtement, les trois idées sont très tentantes. Mais te tuer est impossible. Et je ne peux révéler l'identité de ta mère, cela t'éloignerai de moi. Il ne me reste plus que... »
Il s'arrêta au milieu de sa phrase et se tourna vers Buffy que je vis se tendre.
« Si vous la torturez ou que vous la tuez, ne croyez pas que je vais tomber direct dans vos bras. Au contraire, je risque d'avoir vraiment la haine, déclarai-je en le fixant dans le blanc des yeux. »
Il me tourna autour, comme un rapace tourne autour de sa proie ou une Tueuse tourne autour de son vampire, puis réitéra son sourire malfaisant avant de pointer sa baguette sur moi et de faire un lent mouvement de poignet.
Aussitôt, mes bras furent libérés et tombèrent sur le sol, douloureux. Je me les étirais un peu avant de me lever, sans avancer. Il était clair qu'il ne m'avait pas libéré pour que je puisse avoir l'occasion de lui mettre une droite. Non, il n'était pas si con, hein ?
Je vis avec étonnement qu'il fit de même avec Buffy, qui se remit également debout en grimaçant, étirant ses membres endoloris mais gardant son regard fixé sur Tronche-de-serpent.
« Si je la torture, je ne pourrais pas te récupérer, c'est évident. Mais si c'est toi qui lui fais du mal, je suis pratiquement certain que tu t'empresseras de me rejoindre, ne supportant pas ta culpabilité,annonça-t-il.
- Oups, vous avez pas eu le mémo ? Je ne fais plus dans la torture. Vous croyez vraiment que je vais poinçonner Buffy comme ça ou quoi ? »
Il sourit (ou grimaça, je sais pas trop) et pointa à nouveau sa baguette sur moi.
« Tout est relatif. Impéro ! S'écria-t-il. »
Soudain, je sentis comme un poids sur mon cerveau. Ouais, étrange comme sensation. Une chaleur envahit mon corps, et je me sentis légèrement mal à l'aise. Je savais pas ce qu'il m'avait fait, mais ça sentait pas bon du tout.
« Frappe-la. »
Cette voix résonna dans ma tête, et automatiquement, mon bras se leva et infligea un coup de poing magistral dans la mâchoire à Buffy. Putain de merde, elle allait me démonter quand on sortirait de là.
« Mais qu'est-ce qu'il te prends Faith ? S'exclama-t-elle courroucée alors qu'elle frottait son visage endolori. »
Ce qui me prenait ? Apparemment, ce bâtard contrôlait mes mouvements !
« Continue ! »
J'avais envie de vomir. Voilà plus d'une heure que Buffy et moi combattions. Plus d'une heure que les coups pleuvaient entre nous, et elle était bien plus amochée que moi. J'avais plusieurs contusions aux bras et au visage, mais ce n'était pas grand-chose comparé à B. Du sang coulait de sa joue ouverte et de sa tempe. Elle avait un œil au beurre noir, une épaule déboîtée et un genou qui saignait abondamment. Je ne savais pas comment elle pouvait rester encore debout.
Tout ce que je savais, c'était que c'était moi et moi seule qui lui avait infligé ça.
Au début, elle n'avait pas voulu se défendre. Elle avait encaissé, évité. Essayé de me raisonner, pensant que cela venait de mon plein gré. Puis elle avait compris, ou alors elle en avait eu marre, et elle avait rendu les coups.
Le problème, c'était que j'étais plus forte et plus souple que jamais, contrôlée par notre tortionnaire. Je ne savais pas si le doloris était vraiment plus douloureux que de la regarder souffrir. Tout en sachant que c'était à cause de moi qu'elle souffrait. Tout en sachant que c'était moi qui la faisais souffrir.
Comme vous avez pu le constater, je n'étais pas vraiment ravie d'être redevenue le tortionnaire personnel de Buffy. Je m'étais fait le serment de ne plus jamais lui refaire de mal, et rompre cette promesse me déchirait le cœur. Voir son sang et ses membres meurtris me donnait envie de hurler. Et chaque coup que je lui portais me donner la gerbe.
« Faith, il faut que tu le combattes. S'il te plaît, murmura-t-elle en se tenant son épaule démise. »
J'entendis un rire froid en bruit de fond, et je reconnus aisément son propriétaire. Dès qu'il me libérerait, il passerait un sale quart d'heure.
Non, Buffy, je ne pouvais pas le combattre. Rien que sa présence sur mon esprit me faisait courber le dos. J'étais totalement et entièrement soumise à sa volonté, et j'aurais préféré mille fois le doloris au fait qu'il utilise ma force et ma vitesse supérieure pour te faire du mal. Je ne le supportais pas. Je ne me supportais pas.
« Tue-la. »
Cet ordre, je l'attendais avec peur depuis déjà une bonne demi-heure. Je savais que je ne pourrais pas m'arrêter s'il me le demandait. Je savais que je ne pourrais que lui obéir. Même si cela voulait dire que j'allais écourter la vie de la personne qui m'étais la plus chère.
Déjà que porter la main sur Buffy me déchirait le cœur et me retournait les entrailles, je ne me pensais pas physiquement capable d'en finir. Je ne me sentais même plus capable de porter un autre coup, je voulais tout simplement que cela se termine.
Je regardai B avec mes yeux inexpressifs. Tentant de lui faire passer le message, tentant de lui faire comprendre que le jeu était terminé. Mais je voyais dans ses prunelles qu'elle n'abandonnait pas. Je pense n'avoir jamais vu autant de détermination, que ce soit pour le combat contre la Force ou le jour où elle a viré le petit copain de Dawn de sa chambre après les avoir surpris dans leurs ébats. Non, elle n'avait jamais été aussi déterminée qu'aujourd'hui.
Et cela ne voulait dire qu'une chose.
Elle ne me tuerait pas.
Je voulais qu'elle le fasse. Non, il fallait qu'elle le fasse. Elle ne pouvait pas mourir, pas elle. B était invincible, elle l'avait maintes et maintes fois prouvé, contre les vampires, les Dieux de l'Enfer ou même les spectres prenant les différents visages de la mort. C'était l'élue. Elle ne pouvait pas mourir.
Je sentis mes mains tremblaient légèrement. D'adrénaline ou de fatigue, je ne savais pas. Pas de douleur en tout cas. Je ne ressentais pas la douleur physique, beaucoup trop occupée avec la psychologique.
Mon corps s'élança en avant, et mes mains trouvèrent facilement la gorge de Buffy.
Son corps percuta violemment la paroi rocheuse, lui faisant perdre le peu de réserve d'oxygène qu'elle avait alors que mes pouces appuyaient sur sa trachée. Ses mains trouvèrent mes poignets, essayant de me repousser.
« Faith, s'il te plaît... Haleta t-elle, ses yeux ancrés dans les miens. »
Tellement de choses s'étaient passées ces dernières années. Mais c'était très certainement sa rencontre qui avait bouleversé le plus ma vie. Pétillante, aimable, pleine de vie et responsable. Tout le contraire de moi. Bien évidemment, elle m'avait tout de suite attirée. Et je la tenais là, l'étranglant avec force alors que sa prise sur mes poignets se faisait de moins en moins forte. J'allais la tuer. J'allais tuer la personne que j'aimais...
Soudain, un grand bruit se fit au-dessus de ma tête, ce qui dut surprendre Tronche-de-serpent qui relâcha son emprise sur moi.
La chaleur disparut et je relâchai bien vite B qui était au bord de l'inconscience en train de tousser bruyamment. Je vacillai et m'écrouler contre la pierre de la paroi alors que Voldemort avait le regard fixé sur le couloir, la baguette tendu vers celui-ci.
« Cela faisait un certain temps, Albus, déclara le mage noir en vrillant ses pupilles rougeoyantes sur le directeur de Poudlard qui venait d'apparaître.
- En effet Tom. »
Je ne suivis pas le reste de la conversation, mes yeux fixés sur mes mains. Du sang. Plein de sang. Je détournai mon regard vers B qui frissonnait, à moitié affalée contre le mur, une main contre la poitrine. Elle ne me regardait pas, préférant observer le duel qui s'était engagé entre les deux grands sorciers.
Il est vrai qu'il était remarquable, mais je m'en foutais un peu. Mes membres tremblaient violemment, mon estomac se retournait et un froid immense me parcourut. Un seul autre regard sur mes mains ensanglantées me fit vomir le contenu de mes tripes sur le sol poussiéreux.
Vacillante, je me relevai à l'aide de la façade et tirai ma baguette de ma poche, une haine indescriptible me prenant.
Voldemort et Dumbledore se lançaient des sorts plus impressionnants les uns que les autres, et le tortionnaire était dos à moi, m'ignorant complètement.
Une cible parfaite.
« Stupé...Commençais-je.
- Répulso !Cria une voix féminine. »
Je me retrouvais plaquée contre la paroi alors qu'une silhouette venue d'on ne sait où intervint dans le combat qui s'arrêta quelques secondes plus tard. La nouvelle venue était brune aux yeux noirs, et je reconnu la femme qui était aux côtés du Seigneur des Ténèbres à la caverne à Cleveland.
« Mme Lestrange, fit poliment Dumbledore en gardant sa baguette tendue. »
Cette femme ne m'inspirait pas confiance du tout, mais elle me rappelait quelqu'un. Mais qui ?
« Dumbledore. Je ne suis pas ravie que vous veniez saccager mon manoir,fit-elle de sa voix aiguë. »
Ça y est ! Elle me rappelait la vieille folle du tableau ! Walbuna...Wuillelmina... Non, je sais plus. En tout cas, elle avait les mêmes yeux noirs fous et la même peau pâle. Beaucoup moins grosse, cependant.
« J'en suis navré. Mais c'était un cas d'extrême urgence, répondit-il en me regardant. »
La femme fit la même chose, et le plus choquant fut son regard. Il semblait légèrement peiné, et il me scruta de haut en bas, évaluant je ne sais quoi.
« Bonjour Faith. »
Je me souvins qu'elle m'avait connu enfant, elle aussi. Elle connaissait donc mon prénom. Pour toute réponse, je pointai ma baguette sur elle. Elle eut un petit rire.
Voldemort, lui, ne riait plus. Il avait les yeux fixés sur ma baguette, légèrement rageur.
« Comment est-ce possible ? La baguette de mon ancêtre ! Dans tes mains !S'exclama-t-il. »
Je regardai ma baguette, repensant au fait qu'elle semblait légèrement maléfique. Son créateur était de la famille à Voldy ? Pas vraiment étonnant.
« Pas trop dégoûté de ne pas pouvoir la contrôler ? Fis-je en resserrant mon emprise sur le bout de bois, la chaleur présente dans mon bras droit s'intensifiant légèrement. »
Il serra les dents (ou les crocs) et se tourna un instant vers son acolyte.
« Bellatrix, tu t'occupes d'elle. A moins que tu ne préfères que ce soit moi qui tue ta fille. »
Je serrai les dents, ne laissant pas paraître mon trouble. C'était elle. C'était elle, ma mère. Je ne savais pas pourquoi, cela ne m'étonnait pas davantage. Une folle meurtrière et alliée au pire méchant de l'histoire ? Ça pouvait être qu'elle.
Cependant, mon corps ne semblait pas d'accord avec mon esprit. Mon cœur se mit à battre un peu trop vite et mes membres tremblaient un peu. Je devais me reprendre. Maintenant. Maintenant. Maintenant !
« Stupéfix ! M'exclamai-je.
- Protego !Rétorqua-t-elle au dernier moment, légèrement choquée. »
Cela me fit rire légèrement.
« Quoi ? Tu crois que parce qu'on vient de me dire qu'on a le même sang, je vais me mettre à genoux et te supplier de me prendre avec toi ? Tu pourrais crever que j'en aurais rien à foutre. »
Elle ne sembla pas plus choquée que ça de mes propos et tendit sa baguette vers moi.
« Ne pense pas que ta vie m'importe, gamine. J'ai tout ce qu'il me faut ici, contrairement à toi, fit-elle. »
J'éclatai de rire cette fois.
« Une vie faîte de meurtres et de tortures auprès d'un homme qui n'en a rien à foutre de toi ? Je connais ça, et je ne donnerai ma place pour rien au monde.
- Je suis libre,ajouta-t-elle. »
Ce fut silencieux pendant quelques instants alors que nous nous jaugeâmes du regard. Soudain, des bruits se firent entendre et plusieurs silhouettes furent du côté de Dumbledore. Je reconnus Sirius, Lupin, Maugrey et Arthur Weasley. Les quatre pointèrent leurs baguettes vers le Mangemort et son maître.
« Bella, je crois qu'il est temps de s'éclipser, déclara Voldemort en regardant de haut l'assemblée. »
La brune s'approcha de lui et tous deux disparurent dans un bruit de détonation. Je baissais lentement ma baguette, apercevant du coin de l'œil Lupin et Arthur aider Buffy à se relever.
« Bienvenue dans le monde magique, gamine, maugréa Fol œil alors que je frottais mes mains contre mon jean. »
Je lui lançai un regard mauvais qui le fit sourire.
« Nous ferions mieux d'y aller, déclara Sirius en passant un bras autour de la taille de Buffy, lui servant de soutien. »
J'eus un élan de culpabilité en voyant B gémir doucement en appuyant sur son genou blessé. Dumbledore s'approcha de moi et me tendis le bras, le regard sérieux.
« Il faut qu'on parle, déclara-t-il. »
Le temps des remontrances était arrivé. Sans oser un autre regard sur B, j'attrapai l'avant-bras de Dumbledore et nous disparûmes en même temps.
