Hello les filles ! Comment ca va ?
Je sais que je suis en retard mais j'ai des excuses ^^
Merci à toutes pour vos reviews, à milk40 pour sa correction.
Merci à Milk40, Bellatrix18, Bristolly Bristolla, Ma Nane de Bru, Rokia et si j'en ai oublié, je suis désolée.
CHAPITRE NEUF
Point de vue de Rosalie
Neuf mois, neuf longs mois. Cela faisait deux jours que je n'avais pas dormi. Bien trop stressée.
Nous avons eu de sacrés coups de pression pendant toutes ces semaines. Entre les malfrats arrêtés par la police plus d'un mois après les premiers cambriolages, les déplacements des garçons, les imprévus au travail pour moi…
Les crises de panique lorsqu'un appel du dimanche tardait à arriver, les terreurs nocturnes après un bruit suspect dans la maison ou un cauchemar si réaliste que si j'avais pris un stylo ensuite j'aurais été capable de le redessiner au détail près.
Neuf mois éprouvants.
Neuf mois de lettres plus touchantes les unes que les autres, de mots d'amour murmurés au téléphone. De conversations Skype rares mais très motivantes.
Et surtout, neuf mois de manque perpétuel, mais sans jamais devenir des mois de doute.
Mais on y était, c'était le grand jour. Nous étions le matin de Thanksgiving. Ce jour tant attendu. Depuis des semaines maintenant.
Esmé, Alice, Bella, Carlisle et moi étions debout, dans le hall d'arrivée de l'aéroport.
Leur vol avait du retard, plus d'une heure. Mais rien d'alarmant. Ils étaient en route. Ils allaient rentrer. Nous allions les retrouver.
Après neuf mois d'attente, leur vol a été annoncé sur le panneau d'affichage. Encore quelques minutes.
Alice s'est dandinée nerveusement d'un pied sur l'autre pendant toute le durée de l'attente, Esmé pleurait déjà, Isabella avait le sourire immense qui nous caractérisait toutes à ce moment-là. Et moi, moi j'avais cette énorme boule dans le ventre. Cette boule d'appréhension incontrôlable qui avait manqué de me faire tomber dans les pommes à trois reprises déjà.
Carlisle a fermement tenu ma main dans la sienne.
Les premières personnes ont commencé à faire leur apparition. Deux hommes en costumes, des femmes, des enfants… Un militaire, deux militaires, trois mili…Emmett. Il s'est avancé parmi les autres et dès que son regard s'est posé sur moi, je me suis élancée vers lui comme dans ces films à l'eau de rose.
Je me suis alors jetée dans ses bras, j'ai respiré son odeur. Embrassé ses lèvres encore et encore. Caressé chaque parcelle de son visage marqué par la fatigue et par la guerre. Il était là, il était enfin rentré à la maison.
Soulagement, inquiétude, amour, tristesse… joie.
Tant de sentiments contradictoires. Mais il était là, il était en vie, dans mes bras, contre moi.
« Bébé, tu m'as tellement manqué, » a-t-il dit.
Sa voix, ses paroles. J'ai éclaté en sanglots sans pouvoir m'en empêcher, m'accrochant à son corps comme une naufragée se serait accrochée à une planche, pour garder son air.
Parce qu'Emmett était mon oxygène, ma raison de vivre.
Plus rien ne comptait autour de nous à ce moment-là. Plus rien, sauf sa mère. Soulagée et heureuse de revoir ses fils, ses grands bébés… cette partie d'elle revenir en vie.
Il a serré sa mère contre son cœur longuement, la laissant déverser sa colère, sa peur, sa tristesse sur son tee-shirt obligatoire.
Impossible de le lâcher cependant, de ne pas toucher sa peau, de ne pas l'embrasser, de ne pas m'assurer qu'il était là. Tout simplement.
J'ai serré Edward et Jasper dans mes bras eux aussi, les remerciant de l'avoir protégé, de s'être protégés eux-mêmes et d'être rentrés, leur disant combien je les aimais à eux aussi. Parce qu'ils étaient ma famille, une partie de moi.
Nous sommes tous partis chez Carlisle et Esmé ensuite, nous y étions pour les deux nuits à venir, ensuite les garçons devraient repartir. Mais je n'étais pas prête à le revoir partir, mon Emmett.
Lorsque je me suis assise dans la voiture, il m'a attrapée et m'a serrée contre lui si fort que mon souffle s'en est coupé. Cependant, pour rien au monde je n'aurais voulu changer de place.
Emmett était rentré, il allait être à la maison. Tout allait bien.
Je n'ai pas eu conscience du trajet que déjà nous nous garions dans l'allée. Je ne m'étais même pas aperçu que nous étions en route, bien trop absorbée par les yeux d'Emmett plongés dans les miens.
Nous avons mis du temps à descendre, ne voulant vraiment pas nous lâcher. Trois jours, c'était bien trop court. Mais nous n'avions pas le choix et il fallait que je m'en contente.
Esmé a mis les petits plats dans les grands, comme toujours, préparant chacun de nos plats préférés et nous les servant les uns après les autres.
Les conversations sont allées bon train, mais sans jamais aborder le sujet de la guerre, de l'Irak. Ils en parleraient plus tard. Lorsqu'ils seraient prêts.
Les éclats de rire, la joie dans le regard d'Esmé et Carlisle et dans le nôtre. Mais le silence d'Emmett, comblé par toutes ces caresses, tous ces regards amoureux, toute cette affection.
Je n'avais pas été capable de formuler une seule phrase depuis son retour, tant l'émotion de le revoir là était puissante.
Finalement, tard dans l'après-midi, il a saisi ma main et nous a conduits dehors, après avoir pris un des nombreux plaids du canapé. Il m'a fait me mettre entre ses jambes, nous installant sur un des bains de soleil présents sur la terrasse, sans un mot. (je ne pensais pas qu'on pouvait s'asseoir sur un bain de soleil…)
Au bout de quelques minutes, il a saisi mon visage entre ses grandes mains et m'a embrassée comme jamais il ne l'avait fait auparavant. Essayant sans doute de faire passer tous ses sentiments à travers ce baiser.
Il a fini par se séparer de moi au bout d'un moment, à bout de souffle mais loin d'être rassasié. J'ai alors caressé son visage. Il avait changé en quelques mois. Neuf mois d'angoisse.
« Je t'aime Emmett, » ai-je alors murmuré tout bas, de peur de briser ce moment magique.
Il m'a alors souri, un sourire vrai, sincère. Ce sourire qui m'avait tant manqué depuis tant de temps. Ce sourire que je n'aurais jamais oublié.
« Je t'aime aussi, bébé. Je suis heureux d'être là avec toi, » m'a-t-il répondu.
Et nous sommes restés là, assis l'un contre l'autre, nous embrassant à perdre haleine, comme pour se rassasier de l'autre sans jamais le pouvoir.
Trois jours de bonheur.
