Auteur : Crazyitachi-la-malade-de-Shaka et Effy-chu pour m'être largement inspirée de plusieurs rps fait ensemble.
Disclaimer : Rien ne m'appartient, sauf Verlio et Ulrich
Couple : ZackXRufus
Quendie : N'étant pas sur le bon ordinateur, je ne sais pas si tu m'avais envoyé une review mais si tel est le cas, merci beaucoup ! *_*
Effy-chu chéwie, quand tu verras le coup de la confiture, tu te marreras un peu
Sinon bonne lecture à vous tous, en espérant que ça vous plaira toujours autant ! :D
ONE-SHOT 2 de Embrasse tes rêves. –Je n'en ai pas
Ça faisait une petite semaine que l'adolescent était arrivé à Gongaga. Il vivait dans la maison des parents de Zack et, même s'ils ne pouvaient faire certaines choses pas très 'chastes', les deux amants vivaient très bien et surtout, heureux. Heureux, enfin, tout était relatif. Zack avait trouvé un petit travail, histoire de gagner un peu d'argent. Rufus ne possédait rien d'autre que lui-même et inutile de compter sur son père pour une quelconque aide. Zack travaillait donc pour aider ses parents et pour un jour, vivre avec Rufus. Ça paraissait vraiment digne d'un conte pour jeune fille écervelées. Le plus fort va travailler pour subvenir aux besoins de la famille… En fait, ce n'était pas du tout ainsi. Vraiment pas du tout.
Zack ne travaillait pas tous les jours, fort heureusement couperait Rufus. Le jeune homme ne travaillait qu'un jour sur deux et seulement un jour sur deux donc, il partait avec d'autres hommes pour divers travaux allant du ravitaillement du village aux travaux des champs en passant par le travail du bois. Certaines activités impliquaient de partir tous les jours, toute la journée, mais Zack se débrouillait pour ne pas partir tout le temps et revenir tôt. Il n'aimait pas être loin de l'adolescent qu'il avait eu tant de mal à convaincre. On se demandera où était le problème ? Hé bien, il ne résidait qu'en un seul point. Ce n'était pas les transports ni les embouteillages qui posaient problème. Il y avait une ou deux camionnettes, seules témoignages d'un peu de modernité et le trafic sur les routes de campagne bordant Gongaga n'était pas spécialement intense, même aux heures de pointes en comptant le bétail.
Le problème était plus simple et à la fois beaucoup plus épineux. Zack n'était pas un matinal, au grand dam de Rufus. Les seuls matins où le réveil sonnait, Rufus se devait de l'éteindre avant qu'il ne trouble le sommeil de Zack sous peine de finir écrasé. Non, Zack n'était pas violent, il voulait juste donner une tape au réveil mais, dans son sommeil, il avait tendance à oublier qu'il était dopé au Mako… Rufus, pour épargner le réveil, se levait donc très rapidement pour éteindre l'engin. Sauf qu'après, Zack dormait toujours et Zack avait le sommeil lourd… Ce matin était comme les autres, et comme les autres matins, Rufus soupira de lassitude en voyant le jeune homme étalé comme une étoile de mer sur son lit.
« Et que va-t-on faire ce matin, hein ? lança-t-il, je vais devoir te lancer un sot d'eau sur la tête ? »
Zack grommela vaguement dans son sommeil avant de se retourner.
« Zack, debout ! s'exclama Rufus, tu va être en retard !
- …non… »
Ah ! se dit Rufus, il parle, ça veut dire qu'il y a une chance pour le réveiller. Le blond croisa les bras et mit en route, un peu trop tôt à son goût, son cerveau de stratège. Il fallait trouver un moyen de sortir Zack du lit pour le réveiller. Un sourire vainqueur éclaira le visage de l'adolescent.
« Je vais revenir et si tu n'es pas réveillé à mon retour, tu risquerais d'être déçu et de le regretter longtemps.
- …hm… quelques minutes…
- Tss… Dire que c'est moi l'adolescent… Allez, Dark Nation, en route. »
La panthère bondit de son fauteuil attitré et se plaça derrière son maître pour le suivre au rez-de-chaussée, puis, à la cuisine, où ils rencontrèrent Maria, pas encore habillée. Elle ouvrit de grands yeux en voyant que Rufus était déjà prêt à cette heure si matinale alors qu'il n'avait rien de spécial à faire mais elle se reprit en se rappelant qui était son fils…
« Bonjour ! Bien dormi ?
- Très bien, merci. Je cherche un plateau, vous pouvez…
- Bien sûr ! Dans le placard de droite. Juste là ! »
Le blond prit l'objet convoité et le posa sur la table.
« Tu comptes lui amener son petit-déjeuner ?
- Oui, comme ça, il se réveillera peut-être.
- Tss… Si tu trouves un jour le moyen de le lever en moins de dix minutes, je sais pas ce que je ferais…
- J'y arriverai, soyez sûre. La guerre d'Utai ne m'a pas résisté, je finirai bien par comprendre Zack de A à Z.
- Bon courage !
- Merci. »
L'adolescent chargea le plateau de jus de fruit et de tartine déjà beurrée. Il croyait se souvenir que Zack aimait bien la confiture, mais entre fraise et framboise, il ne savait plus laquelle mais il pensa que la fraise serait la bonne. Il la prit donc et, comme un certain première classe quelque temps auparavant, il rejoignit sa chambre, armé d'un petit-déjeuner de roi.
Quand il ouvrit la porte, il soupira en voyant que le jeune homme n'avait que peu bougé. Il n'était, certes plus étalé, mais sur le côté. Et, Rufus nota avec étonnement que les deux yeux étaient ouverts. Il sourit et s'approcha du plus âgé.
« Bonjour… »
Zack s'assit tout à coup en remarquant le plateau.
« Bonjour mais… le petit dej' au lit ? Mais je suis un roi ce matin !
- Pas que ce matin pour moi…
- Tss… »
Zack sourit et tendit ses mains pour saisir le plateau. D'une main, il le posa sur ses genoux et de l'autre, il attrapa l'arrière de la tête du plus jeune pour l'embrasser et le faire tomber sur le lit.
« Zack, tu vas être en retard si… »
L'aîné le coupa en l'embrassant à nouveau.
« Mangeons un peu, veux-tu ? C'est la première fois que mon ange me prépare à manger et je veux savourer ce moment !
- Je n'ai pas fait de cuisine, Zack… j'ai juste beurré des tartines.
- Taratata ! C'est fait par ces petites mains dont j'aime sentir les ongles dans mon dos ! »
Rufus rougit. Zack avait gardé quelques 'traces' du jour de leur arrivée et ça l'avait fait beaucoup rire. L'adolescent en gardait un souvenir quelque peu gêné…
« J'ai pris ça comme un compliment, rassure-toi !
- … Mange un peu.
- Et tais-toi c'est ça ? Tss… Il n'y a qu'un verre et une assiette, tu as déjà mangé ?
- Je n'ai pas encore faim.
- Tu sais qu'il est mauvais de sauter…
- Les repas quand on est en pleine croissance, je sais, merci Zack. Mais je n'ai vraiment pas faim.
- Et soif ?
- Zack… »
Le plus âgé esquissa un sourire coquin avant d'avaler une gorgée de jus d'orange. Il sembla avoir une idée et l'étincelle de malice qui éclaira alors les pupilles inquiétèrent un peu Rufus. Il avait tendance à se méfier de Zack quand il était comme ça…
« Zack ? tu… »
Le jeune homme saisit le visage du blond et l'embrassa. Rufus fut surpris de sentir une main lui ouvrir la bouche en tirant un peu son menton, mais il comprit pourquoi en sentant du jus de fruit lui couler dans la gorge. Quand Zack eut fini, il lécha le petit filet qui coulait sur la peau claire et sourit.
« Encore un peu ?
- … Zack… Tu es… unique.
- ça veut dire oui ?
- Non ! Tu vas être en retard !
- Bah, j'irai à pied alors !
- Et tu arriveras plus tard donc ce soir.
- Oh… Tu n'aimes pas quand je rentre tard ? »
Rufus détourna les yeux et lâcha faiblement, comme si on lui arrachait les mots :
« Je n'aime pas que tu me laisses. »
Le plus âgé sourit et embrassa, cette fois-ci normalement, le front du blond.
« Je vais me dépêcher et ce soir, je te ferai une surprise.
- Quel genre de surprise ? répondit Rufus inquiet.
- Si je le dis, ça n'en sera plus une ! »
Le blond soupira et baissa les yeux. Zack était la perle rare, il commençait à en être sûr.
« Pas trop dur de quitter 'ton dulciné' ? lança gentiment un des hommes dans la camionnette. »
Encore embué par le sommeil, mais néanmoins en état de rétorquer, Zack répondit sur le même ton que c'était très dur, mais que, comme chaque matin, il surmonterait. Le tout sur un ton théâtrale assez cocasse. Le groupuscule éclata à peu près de rire, Zack sourit. Il tourna la tête vers la maison et remarqua le blond à la fenêtre. Il souriait vaguement, mais semblait perdu dans ses pensées. Zack se mordit les lèvres. Il ne le laissait pas mais… il resterait toute la journée tout seul… et ça, il n'aimait pas. Il avait bien vu que Rufus détestait la solitude maintenant et même si ça ne durait qu'une partie de la journée et un jour sur deux, l'adolescent se sentait seul. Zack sourit tristement et agita en grand les bras pour que Rufus le voit du haut de sa fenêtre. Le blond sursauta en voyant ce soudain élan et répondit d'un sourire et d'un signe de la main.
Rassuré quant à l'état de son amant, Zack s'assit confortablement dans la camionnette. Il avait encore peur parfois quand le regard de Rufus se perdait ainsi. Il avait peur de devoir faire comme le jour où Verlio avait…
« Zack ? Tu penses à quoi ?
- Pour ne plus parler !
- Hm ? Oh, je pensais à ce soir.
- Ce soir ?
- Oui ! Je vais récupérer ma toute belle !
- Ah ! Ta moto tu veux dire !
- Bien entendu !
- Et tu vas emmener Rufus faire un tour dessus ?
- J'aimerais bien, ouais. Mais je ne dois pas rentrer trop tard ce soir.
- Allez ! Tu fais quoi aujourd'hui, Zack ?
- Le ravitaillement.
- Tu rentreras tôt alors ! Arrête de te faire du mouron !
- Tss… Ouais.
- Au fait, c'est bientôt l'anniv' de Rufus, non ?
- Le 7 novembre et on n'est qu'en octobre quand même…
- J'ai déjà tout prévu ! s'exclama Zack, il n'en reviendra pas !
- Oh, et on peut savoir ?
- Bien sûr que non ! »
La conversation continua joyeusement autour de Rufus d'abord, puis progressivement sur des sujets divers et variés auxquels Zack prêta de moins en moins d'attention, préférant réfléchir à ce qu'il ferait le soir avec son amant. Il se l'avouait sans problème, Rufus lui manquait.
L'adolescent était demeuré immobile à fixer la fenêtre pendant un petit moment après le départ de la camionnette. Il pensait à ce qu'il allait faire durant la journée et aujourd'hui encore, le temps allait être un peu long. Il reprit soudainement ses esprits et alla s'asseoir sur le lit où Zack avait laissé son bas de pyjama gisant comme un torchon. Il n'aimait pas le bazar qui régnait derrière l'ancien SOLDAT, mais il ne rangerait pas pour autant. Orgueil oblige. Rufus s'allongea un peu sur le lit encore chaud et sentit une odeur familière. L'oreiller de Zack avait une odeur si agréable… Le blond posa sa tête sur cet oreiller et soupira. Cette odeur, il l'aimait tant… Il resta quelques minutes, allongé simplement sur cet oreiller à penser à son amant.
Si seulement il avait pu prendre un peu d'argent avant de s'enfuir de Midgar… Fils du Président et sans le moindre sou, ça faisait doucement rire, non ? Il n'avait rien. Ou du moins, ce qu'il avait, c'était ce que lui avait donné Zack. Rufus se reprit quand il sentit que Dark Nation lui tirait la manche. Il tourna la tête vers l'animal et remarqua qu'elle voulait sortir. Il sourit, conciliant. Oui, depuis qu'ils étaient à Gongaga, la panthère demandait beaucoup à sortir pour aller gambader dans la forêt. L'adolescent descendit et mangea un peu avant de prendre un petit sac avec une bouteille d'eau. Il allait se promener dehors avec sa panthère pour la matinée.
« Tu ne trouves pas qu'il a l'air triste ? »
Maria observait par la fenêtre de sa chambre l'adolescent qui venait de sortir. Il avait les yeux assez inexpressifs et le visage terne. Complètement différent qu'en présence de Zack en fait.
« Anton ?
- Oui, il a l'air triste.
- Pourtant Zack prend tant soin de lui…
- Je ne crois pas que le problème soit là. Rufus est peut-être simplement fatigué.
- Non non, regarde ! Il a vraiment l'air… »
Anton jura légèrement et se redressa pour regarder de ses propres yeux. Il ravala sa bonne humeur et lança en s'en allant :
« Zack a dit qu'il avait été maltraité. En voilà la preuve.
- Qu'est-ce qu'on lui a fait à ton avis ?
- Je n'en sais rien, demande-lui. Bon, je vais me doucher.
- Je vais lui préparer à manger et lui apporter pour ce midi !
- Si tu veux. »
Quatre heures s'étaient déjà écoulées depuis qu'il avait commencé sa petite balade et le blond devait s'avouer qu'il ne pensait pas la forêt bordant Gongaga aussi grande. Il n'avait jamais vu autant de nature sans le logo Shinra quelque part et quelque part, ça le rassurait un peu. Il avait toujours un peu l'angoisse de voir un jour un Turk débarquer dans la nuit et lui dire qu'il devait retourner chez son père. Quand il était avec Zack, l'angoisse n'était que bagatelle, mais seul, ce n'était pas pareil… Sans lumière, on ne voit plus, non ?
L'adolescent parlait beaucoup, mais dans sa tête. Depuis le début de sa marche, il réfléchissait. En silence, il repensait à tout ce qu'il oubliait quand Zack était là et… il aurait préféré ne pas s'en souvenir en fait. Fatigué, il décida de s'asseoir sur un tronc d'arbre couché. Il soupira et leva la tête vers la cime des arbres. La lumière perçait assez bien la ramure de ces troncs gigantesques et réchauffait très bien le léger froid que la brise annonçant la fin de l'automne répandait. Rufus ouvrit son sac et prit la bouteille d'eau qu'il avait préparée. Il en but une gorgée et observa Dark Nation qui chassait un oiseau trop rapide pour elle. Il sourit, amusé, mais cela ne dura pas longtemps.
Il avait envie de parler. C'était peut-être bête, mais il voulait désengourdir sa mâchoire qui n'avait dit que quelques mots ce matin. Seulement… à qui pouvait-il parler ? Dark Nation était une bonne oreille, mais pour les réponses, on repasserait. De même pour les arbres. Le blond soupira encore et replia ses genoux pour poser ses bras dessus et ensuite sa tête. Il n'avait rien à faire. Strictement rien. Et rien à dire. En fait… il n'avait rien, ne disait rien et ne faisait rien. C'était… comme ça.
« Ce joli visage affiche une mine très triste qui ne me plaît pas du tout… »
Le blond sursauta en croyant avoir entendu Zack, mais il tomba sur Maria.
« Oh… Désolé.
- Il ne faut pas t'excuser. Je t'ai apporté à manger ! »
Rufus hocha la tête. Les manières de la mère lui rappelait beaucoup le fils. C'était drôle. Est-ce qu'il avait aussi des… des mimiques de sa 'Mère' ? Le blond se mordit la lèvre. Bien sûr que non, elle était morte trop tôt…
« C'est reparti…
- Ah euh… Je…
- Zack te manque ?
- … Oui, beaucoup, mais il sera de retour ce soir.
- Tout à fait. Tu as faim ?
- Pas vraiment.
- Ce n'est pas bon de…
- Sauter les repas quand on grandit, je sais…
- Pardon ?
- Zack me le répète tout le temps, désolé. »
Maria éclata de rire.
« J'ai dû le marquer à force de le lui dire !
- Et il a beaucoup de vos expressions, je viens de le remarquer.
- C'est un peu normal.
- … »
Le blond baissa les yeux. C'est lui qui n'était pas normal.
« Quelque chose ne va pas ?
- Je crois… je crois que j'envie Zack.
- Pardon ?
- Je sais que ce n'est pas normal, mais… je dois me l'avouer… Je suis un peu jaloux de lui.
- A propos de quoi ? demanda sincèrement Maria.
- Hé bien… Il a une famille pour commencer… Des amis, une maison, des gens qui l'aime et… moi je n'ai que lui et…
- Et nous aussi, non ? »
Rufus baissa les yeux.
« ça ne vous dérange pas de… de vous dire que votre gendre est le fils du plus grand fléau de la Planète ?
- Je comprends pourquoi Zack s'est intéressé à toi.
- …
- Tu as réellement besoin d'affection. »
L'adolescent détourna les yeux. Il le savait bien, il avait besoin de chaleur en permanence, besoin de se sentir utile, aimé et qui sait ? Indispensable, même.
« Tu as dû vivre des choses très dures pour en arriver là à seize ans…
- Je ne peux pas dire, je n'ai pas d'éléments de comparaison.
- …
- Mais je peux affirmer que ce n'était pas agréable… »
Le blond repensa à ce qu'il se disait devant le miroir en sortant du bain parfois. Quand il regardait ses yeux auparavant éteints et débordant de douleur.
« Mais, mais ça va mieux maintenant ! tenta-t-il en souriant, Zack est… Il est là et il…
- Il t'aime énormément, c'est certain. Moi aussi je t'aime, Rufus, comme si tu étais mon deuxième fils. »
Le blond se figea. Instantanément. Une deuxième personne le lui avait dit ? c'était…
« ça va ? Tu sembles étonné. Tu ne penses pas que je puisse t'aimer ? Tu as pourtant beaucoup de qualité… »
Rufus hocha la tête et déclara :
« Personne à part Zack ne m'a jamais dit ça… C'est juste que je ne suis pas habitué… »
Maria se figea à son tour.
« Personne ? Vraiment ?
- … Oui. Pourquoi ? ça vous fait pitié ?
- Non, ça me rend très triste. Parce qu'un enfant aussi formidable que toi méritait d'être aimé à sa juste valeur. »
Rufus ouvrit de grands yeux. Depuis quand les gens lui parlaient ainsi ? Il… Il n'était vraiment pas habitué et ça se lisait dans son regard.
« Merci… Maria. Vous êtes…Enfin, c'est plutôt Zack, mais… Vous vous ressemblez beaucoup. Vraiment.
- Merci ! J'ai toujours essayé d'éduquer Zack comme un homme juste et fier et je pense avoir réussi !
- Oui, il n'y a pas à en douter.
- Et toi ?
- Comment ?
- Tu ressembles à ta maman ? Comment s'appelait-elle ? »
Le blond détourna le regard qu'il avait eu tant de mal à accrocher et se mordit la lèvre.
« Je… Je ne sais pas quel était son nom… Pour moi, c'est juste 'Mère' et… je ne me souviens plus beaucoup d'elle…
- C'est pour ça que tu envies Zack ?
- Un peu oui, mais… mais je l'aime quand même. C'est juste que…
- Oui, je vois. Mais tu ne sais vraiment rien d'elle ?
- Si, Dark Nation lui appartenait.
- Et comment tu le sais ?
-P ère passait son temps à dire que même morte, Mère continuait de lui mettre des bâtons dans les roues.
- Oh, et elle est toujours vivante ? J'avais cru comprendre que le Président avait des méthodes…
- Vous savez ce qu'on dit des bébés ?
- …
- Si, durant leurs premières années, ils ne reçoivent aucune affection, aucune attache ou simplement aucune attention, ils meurent. C'est simple. Père devait le savoir et il m'a laissé Dark Nation.
- Tu veux dire que…
- Je n'ai jamais reçu d'amour autrement que par ma panthère ou Zack. Un peu Mère mais comme je l'ai dit, je ne m'en souviens plus. »
Après un court silence, le blond reprit :
« ça doit faire pathétique… Père ne m'a jamais vu comme son fils, j'ai oublié Mère et le monde entier me considère comme le fils du monstre…
- Non, il ne faut pas dire ça. Tu es quelqu'un de bien. Je suis sûre que tu tiens ça de ta maman.
- … J'avais oublié, mais… il y a une chose que j'ai en commun avec Mère, le rire. Il paraît que j'ai le même rire…
- Oh, c'est bien ! Comment le sais-tu ? »
Rufus déglutit. Comment il le savait ?
« … Père me l'a dit…
- Oh, il y a un problème ?
- Juste… Juste un mauvais souvenir. Ce n'est rien.
- Tu veux en parler ? ça te soulagera peut-être un peu. Tu sembles très triste aujourd'hui.
- … C'est que… C'est long à expliquer…
- Tu veux manger pour prendre des forces avant de le raconter alors ? lança gentiment Maria. »
L'adolescent esquissa un sourire. Maria était très gentille. Autant que Zack.
« Je veux bien, merci. »
La mère de Zack sourit et tendit un sandwich de fortune tout droit sorti de son panier.
« J'ai cru comprendre que tu appréciais beaucoup notre cuisine.
- Tss… Oui, beaucoup, merci. »
Le blond prit le sandwich et ouvrit le papier avant de mordre dedans. Il avait un peu faim finalement. Il sourit en remarquant que Dark Nation avait enfin attrapé son oiseau et commençait, comme son maître, son déjeuner.
« Raconte-moi un peu plus… Comment as-tu rencontré Zack ?
- … La toute première fois ?
- Oui, de préférence.
- Hé bien, je m'étais échappé de mes appartements et avais prit un hélicoptère pour aller sur les toits de la caserne du SOLDAT de Midgar.
- Echappé ?
- Ah… Père m'obligeait à dire que c'était une sécurité pour la survie de son unique héritier, mais en fait, il avait peur que je ne décide de me rebeller et m'enfuir pour ne pas prendre sa suite. Alors il m'obligeait à rester enfermé.
- C'est horrible…
- J'avais quand même de quoi faire. Chambre, salon, salle de bain, séjour, enfin, des appartements de roi. J'étais juste… un peu seul.
- … Et donc tu es sorti un jour ?
- J'avais profité d'une fois où je devais sortir pour le travail pour aller me balader un peu.
- Oh…
- J'ai donc été sur les toits et laissé Dark Nation se promener comme elle voulait et un homme est arrivé. Il avait dû voir la panthère d'en bas et était venu la voir.
- C'était Zack ?
- A ce moment, je n'en savais rien. C'était un jeune homme qui venait de mettre fin à ma sortie. Avec lui là, je devais partir pour ne pas risquer qu'il me reconnaisse et me vende à mon père…
- Un premier contact houleux alors ? ricana gentiment Maria.
- Je lui en voulais beaucoup, d'ailleurs étonnant qu'il ne m'ait pas détesté. Je devais avoir un regard mauvais…
- Zack ne se laisse jamais démonter. C'est un battant.
- Oui, j'avais remarqué. Un peu borné sur les bords…
- Oui, il tient ça d'Anton !
- …C'est bien…
- Et après ?
- J'ai dû rentrer mais la nuit-même, j'étais convoqué dans le bureau de Père. Une bombe avait explosé dans une caserne à Utai et il voulait que je m'occupe des stratégies pour mettre fin à la guerre.
- Mais la guerre n'était pas finie depuis six ans ?
- La désinformation Shinra. Ils y ont fait croire mais la guérilla a continué.
- Oh… Donc tu as été envoyé au SOLDAT ?
- Oui, Séphiroth avait été convoqué lui-aussi et il était accompagné de Zack, qui a d'ailleurs failli me balancer sans le savoir…
- Pourquoi ?
- Quand je suis entré, il s'est exclamé 'Tu es le garçon sur le toit !'.
- Tss… Je vois.
- J'ai dû mentir et dire à Père que je ne le connaissais pas.
- Tu devais le détester davantage, non ?
- … Oui et non. Je lui tenais rancune pour l'après-midi, mais j'étais étonné de voir qu'il m'avait reconnu et qu'il ne semblait pas du tout se souvenir que j'avais été désagréable…
- Et ensuite ?
- Je suis parti m'installer au SOLDAT et Zack a été chargé de me trouver un appartement et en fait, c'est là qu'il a commencé à vraiment… s'occuper de moi. Il m'a proposé d'utiliser sa salle de bain, de prendre son peignoir, il m'apportait même le petit-déjeuner et m'a fait à manger une fois !
- Il est très avenant.
- Ça m'a… troublé. Jamais quelqu'un n'avait été aussi attentionné et ne m'avait autant souri. Et en fait… sans que je ne le réalise vraiment, j'ai commencé à lui parler des secrets de ce qui me sert de famille et il m'a écouté. Il m'a écouté et m'a même répondu…
- C'est adorable…
- Mais mon Père me faisait surveiller… Il m'espionnait en même temps, sans que je ne le sache, évidemment.
- …
- Il a chargé quelqu'un pour ça et ce quelqu'un m'a transmis une mission officieuse.
- Laquelle ?
- Tuer les première classe qui étaient fidèles à Séphiroth. J'ai… j'ai hésité parce que ça impliquait tuer Zack certainement et… et même si je ne l'aimais pas encore, je me plaisais à croire qu'il pouvait devenir un ami. Et je devais le tuer…
- Mais…
- Si je n'obéissais pas, j'étais puni. Mais… Père est expéditif avec les autres, avec moi, ça serait pire.
- Et qu'as-tu fait ?
- Rien. Je ne pouvais rien faire. Plus on me menaçait, plus j'avais peur mais je ne pouvait pas le faire et finalement, c'est Zack qui est venu. Il a dû m'espionner lui-aussi, et je l'en remercie, et il a tout appris.
- C'est lui qui a tout fait alors ?
- Il m'a dit que nous étions amis. Personne ne me l'avait jamais dit et je crois que c'est à ce moment que j'ai commencé à l'aimer. Il… Il a tout fait pour me sauver et l'a d'ailleurs fait sauf que… le jour où nous projetions de nous enfuir, Père nous a rattrapé. Enfin, m'a rattrapé. Et, comme promis, j'ai été… puni…
- Mais où était Zack ?
- Il ne savait pas où j'étais mais grâce à Dark Nation, il a pu me retrouver.
- A temps ? »
Le blond baissa les yeux et ne répondit pas.
« Je vois… Que t'a-t-il fait ? Si tu peux me le dire… »
Rufus se recroquevilla sur lui-même et frissonna un peu en y repensant. Maria crut comprendre la nature du crime, mais n'osait y croire. Comment pouvait-on commettre un crime aussi affreux sur sa propre chair ?
« Mais tout s'est arrangé. Zack m'a sauvé et quand j'ai été 'guéri', nous nous sommes enfuis pour venir ici.
- C'est une longue histoire effectivement et je comprends pourquoi il peut te manquer aujourd'hui.
- … Mais je m'ennuie un peu aussi… »
La mère sourit.
« Si tu t'ennuies, j'ai un problème pour toi ! Tu es intelligent à ce que j'ai compris et tu pourras donc résoudre le problème de l'eau !
- Ah oui.
- Viens à la maison, je vais te donner les documents nécessaires pour travailler dessus. Il n'y a pas de raison que Zack soit le seul à travailler, hein ?!
- Tss… Bien entendu. »
Les deux humains et l'animal rejoignirent bien vite la maison. Là, Maria montra une pile de dossier et de photos à Rufus qui observa cela d'un œil méfiant et pesta légèrement.
« Il y a un problème ?
- Pas vraiment, je mettrais juste plus de temps parce que les dossiers ne sont pas aux normes.
- Oh… Tu penses y arriver ?
- Evidemment. Je vais m'y mettre de suite.
- Tu veux à boire ou à manger ?
- Non merci, ça sera bon. »
Le blond sourit et prit les dossiers avant de monter dans la chambre et investir le bureau de Zack. Il s'attela à sa tâche avec ardeur. Il comptait bien résoudre le problème vite fait bien fait. Il avait horreur du travail inachevé et trop long. Il y passa deux longues heures et ce, sans même s'en rendre compte tant il était concentré.
En bas, Maria repensait aux révélations de la journée. Elle n'osait pas croire que Rufus avait vécu tant d'horreur. Non pas qu'elle ne le croyait pas, mais c'était si… Comment pouvait-on faire une chose aussi horrible à cet adolescent si agréable et si mignon ? Poussée par son instinct de mère, Maria saisit le seul PHS de la maison et appela son fils. Elle voulait en avoir le cœur net.
« Maman ? »
Le jeune homme s'était arrêté subitement dans son travail et avait décroché son PHS.
« Zack.
- Qu'y a-t-il ?
- Je voudrais te parler de Rufus.
- Quoi ?! s'inquiéta Zack, il y a un problème ? Il ne se sent pas bien ?
- Non non, lança gentiment Maria, mais, nous avons discuté assez longuement aujourd'hui.
- Et il y a un problème ?
- Il m'a parlé de votre rencontre.
- Oh…
- Et de la punition dont il a été victime pour ne pas t'avoir tué…
- …
- Zack ?
- Que veux-tu savoir, Maman ?
- Il ne l'a pas dit clairement mais… c'est bien… Il a été…
- Violé. Oui. C'est monstrueux, je sais…
- Mon Dieu…
- C'est tout ? Il va bien ?
- Il est très triste aujourd'hui… Je lui ai remonté le moral. Tu lui manques beaucoup.
- Oh… Je reviendrai tôt alors, quoique… Attends !
- Qu'y a-t-il ?
- Je veux lui faire une surprise. Dis-lui qu'il y a eu un imprévu et que je rentrerai beaucoup plus tard que prévu.
- Mais…
- Allez ! Après on ira faire un tour à moto !
- Tss… Bon, je veux bien participer au mensonge, mais seulement cette fois !
- Merci, Maman ! Je t'aime !
- Moi aussi, Zack. »
Maria raccrocha et sourit. Décidément, non seulement son fils était avenant, mais en plus, il était farceur.
Deux heures plus tard, sur le coup de cinq heure de l'après-midi donc, Rufus quitta la chambre pour aller manger un petit casse-croûte. Réfléchir demandait de l'énergie et le sandwich du midi était déjà loin. Il se confectionna donc un deuxième petit sandwich, sous l'œil inquisiteur de Dark Nation et, alors qu'il repartait, il tomba sur une Maria à la mine éteinte.
« Que se passe-t-il ? Il y a un problème ?
- Zack a appelé. Il y a eu un imprévu.
- Et ?
- Il rentrera beaucoup plus tard que prévu.
- Oh…
- ça va ?
- Oui oui… Combien de temps de retard ?
- Je ne sais pas. Le travail avance ?
- J'aurais fini dans deux heures. »
Maria sentit quelque mal à mentir ainsi, même si la farce allait faire très plaisir au final, mais voir le regard lourd et si déçu du blond lui avait fait l'effet d'un pic et elle se promit mentalement de ne plus jamais le refaire. Elle observa l'adolescent remonter dans la chambre silencieusement.
Arrivé au bureau, le sandwich dans une main, un dossier dans l'autre, le blond lisait mais n'assimilait pas. Zack rentrerait bien plus tard… Dire qu'en temps normal il devait être de retour dans une petite heure… Durant trois quart d'heure, Rufus tenta de travailler, en vain. L'esprit était trop préoccupé. Qu'à cela ne tienne, il devait faire une pause. Il prit une serviette et un peignoir et alla sous la douche. Cette fois-ci, il mit lui-même la cale. Prudence est mère de sûreté comme on dit.
Il fit couler l'eau qui s'engouffra bientôt dans ses cheveux courts et dorées et essaya de se détendre. Il se sentait mal aujourd'hui, il ne savait pas concrètement pourquoi, mais parler de ce qu'il avait subi à Maria avait ravivé des douleurs qu'il croyait éteintes. Son corps frissonna. Les mains du Turk, il… il les sentait de nouveau et… L'adolescent crispa sa main sur le pommeau de douche et pleura silencieusement, poings serrés, yeux fermés. Il ne se sentait vraiment pas bien.
Lorsque Zack gara enfin sa moto devant sa maison, il ne mit pas plus de deux secondes à en descendre pour se précipiter chez lui. Il avait eu le temps de repenser à ce qu'avait dit sa mère et si Rufus avait, comme elle le disait, parlé de ses problèmes passés, il risquait d'être dans un état un peu plus grave que de la tristesse… Lorsqu'il entra dans la maison, il entendit l'eau couler et vit sa mère lui montrer l'étage avec un regard mêlé de reproche. Il soupira et courut à l'étage où l'eau venait de s'arrêter. Il resta devant la porte à attendre qu'elle s'ouvre et il fut choqué de voir qui en sortait. C'était bien Rufus, mais emmitouflé dans un peignoir avec une serviette sur la tête cachant son visage. Zack sourit en regardant ça, mais lorsqu'il souleva la serviette, ce sourire s'effaça en même temps que la plus profonde surprise marquait le visage clair.
« Zack ?! Mais… tu…
- Je voulais te faire une surprise, mais… que t'est-il arrivé ? »
Devant ce regard lourd de peine le blond ne sut que faire à part essayer de se frotter les yeux en feintant comme il le pouvait la joie.
« Ce n'est rien ! Ne t'inquiète pas !
- C'est justement parce que tu me dis de ne pas l'être que je vais l'être. Tu as pleuré. Que s'est-il passé ? Dis-moi… »
L'adolescent se mordit les lèvres. Il ne pouvait pas le dire. C'était impossible. Il fallait parler de ce qui l'avait engendré et ce n'était tout simplement pas possible. Il baissait les yeux quand il sentit qu'on le prenait dans ses bras.
« Zack ! Pose-moi ! Je vais bien, je t'assure !
- Je ne te crois pas. On va discuter un peu.
- Non ! Zack ! »
Rufus se débattit, bien décidé à se faire entendre, mais, face à la force physique de l'ancien SOLDAT, il dut rendre les armes et attendre. Lorsqu'on le posa sur le lit, il se redressa d'un bond, dans un état proche de la colère.
« Je t'ai dit que tout allait bien, Zack !! Fiche-moi la paix pour une fois ! »
Le jeune homme afficha un sourire calme et empli de peine en s'asseyant sur le lit à son tour.
« Ça serait plus convaincant sans les larmes, tu ne crois pas ? »
Le blond se figea. Des larmes ? Il toucha fébrilement sa joue et, en sentant l'humidité salée, il se rendit compte que sa vue se brouillait. Il pleurait, à grosse larmes, et il ne s'en était pas rendu compte…
« Je… je…
- Je t'ai tant manqué ? Pourtant, les autres fois, tu n'avais pas ce problème.
- Je n'ai rien à dire !! Laisse-moi !
- Te laisser ? »
Zack sourit et s'approcha du blond qu'il prit dans ses bras pour le serrer tendrement.
« Après tout ce que tu as traversé, t'abandonner serait plus qu'un crime. »
Rufus serra les poings et s'écarta violemment de Zack.
« Je vais bien ! Tu entends ?!
- J'entends que tu cries et je vois que tu pleures.
- Va-t'en ! Je n'ai rien à te dire !
- Rien à me dire ? Tu crois ça ? »
Zack s'avança d'un pas tandis que Rufus reculait.
« Je sais qu'il y a des choses que tu ne me diras jamais. Non pas parce que tu n'oses pas, mais parce que tu es trop fier pour. »
Rufus baissa les yeux. Zack avait l'air de tout savoir de lui et il ne le cachait pas. Son orgueil en prenait un coup auquel il tentait de répliquer d'une colère maladroite.
« Je ne te reproche pas ce trait de caractère. En un sens, je l'aime bien. Ce que je reproche, c'est qu'il t'oblige à cacher ou pire, à ignorer ce que tu as subi jusqu'au déni. »
L'adolescent resta silencieux. Il n'allait pas conforter Zack dans son idée, aussi juste était-elle.
« Ça suffit maintenant ! J'en ai assez entendu !
- Ou plutôt trop, non ?
- Tu ne te tais donc jamais ?!
- Tu devrais pourtant le…
- Il suffit ! Laisse-moi tranquille, je ne veux plus te voir ! »
Zack serra les poings. Il voulait bien être conciliant, accepter que Rufus ne veuille pas parler, mais entendre ça. Entendre cette phrase après tout ce qu'il avait fait pour lui ! Trop c'est trop, et Zack devenait l'exemple même de cette petite expression.
« Maintenant, tu vas m'écouter, trancha sèchement Zack, je veux bien supporter certaines choses mais tu vas trop loin. »
Le jeune homme franchit d'un pas la distance qui le séparait de l'adolescent et le prit fermement par les épaules.
« Ce que tu veux oublier te ronge, Rufus. Et aujourd'hui plus parce que tu te l'es rappelé. Si tu n'essayes pas de vivre avec, ça vivra à ta place.
- …
- Essaye de comprendre ! Tu risques de te détruire purement et simplement ! »
Rufus ne répondit pas et commença à se débattre avec violence et ardeur pour s'enfuir. Excédé, Zack le plaqua contre le lit en gardant les poignets prisonniers de ses grandes mains.
«Tu n'iras nulle part, Rufus, parce que c'est simple, tu es à moi comme je suis à toi et personne ne se mettra entre nous. Ton passé n'y fera pas exception.»
L'adolescent ouvrit sa bouche en un cri muet avant de se remettre à pleurer plus que jamais. Il avait si mal en voyant le regard si confiant de Zack…
« Z-Zack… Je… Désolé… Je…
- Chut… »
Zack redressa le blond et le serra contre son torse chaud.
« Tout est fini… Le gros chagrin est fini et je suis là…
- C'est horrible… Zack, c'est horrible… Je le sens… Je sens ses mains… Je… Père, il va… Zack… »
En entendant cette supplique, Zack eut le cœur lourd et son étreinte se resserra aussi fortement qu'il maudit alors Verlio et le Président.
« Zack… Pardon, je… voulais pas te dire ça et…
- Chut… Je le sais bien. Je sais bien que tu as dit ça pour essayer de te protéger, mais je ne te voudrais jamais le moindre mal.
- … Je t'aime…
- Je t'adore. »
Le jeune homme sourit et enfouit son visage dans les cheveux dorés.
« J'ai une surprise pour toi.
- Une surprise ?
- Tu t'habilles ?
- … Pourquoi ?
- Tu ne vas pas sortir à poil, si ? Je ne suis pas contre mais bon…
- Tss… »
Le blond essuya ses larmes et reprit sourire. Zack et son humour étaient de retour, ça voulait dire que l'orage était passé. Rufus posa sa main sur une des jambes à sa portée et serra un peu. Alors, c'était comme ça ? Ce n'était pas si mal finalement…
« Une moto ?
- Et ouais ! Mais ce n'est qu'un bout de la surprise !
- …
- Ne fais pas cette tête ! Monte !
- Je… Je ne monterai pas sur cet engin c'est…
- Trop dangereux ? »
Zack tendit un casque. Il était déjà assis, prêt à partir, il ne manquait plus que le blond qui, pour l'instant, appréhendait à peine le petit voyage… Dark Nation avait préféré la fuite et son maître en aurait fait de même s'il avait été capable de rivaliser avec l'ancien guerrier.
« Mais…
- Je suis le meilleur conducteur de ces petites bêtes de toute la région ! Il ne nous arrivera rien !
- Mais… Mais pour faire quoi ?
- Si je le dis, ce n'est plus une surprise ! »
L'adolescent hocha la tête, partagé entre appréhension et curiosité. Après une très courte polémique intérieure, il finit par se dire qu'après ce qu'il venait de faire, il devait bien ça à Zack. Il monta donc sans plus de cérémonie.
Mal lui en prit…
Dieu que c'était étrange. Ce n'était vraiment pas comme une voiture. On aurait pu comparer de loin à un vélo, mais il n'en avait jamais fait ! Il attrapa le casque qu'on lui tendait et, entendant le moteur démarrer, il s'agrippa à son vis-à-vis qui éclata de rire.
« Je ne suis pas encore parti, Rufus ! Détend-toi !
- … »
L'adolescent ne répondit rien, préférant rester bien accroché. Pourquoi Zack n'avait-il pas une voiture comme tout le monde ? Le blond ferma les yeux et resserra ses doigts sur le pull bleu marine de Zack quand il sentit que l'engin commençait à rouler. Et ce fut pire quand la vitesse arriva. Au 'volant', le jeune homme souriait. C'était si adorable comme réaction… Lorsque après une bonne demi-heure de route à plein gaz, le moteur se coupa, Rufus ne se décrispa pas de suite.
« On est arrivé, mon petit ange… Lâche-moi maintenant… »
Zack se retourna tant bien que mal de trois quart pour apercevoir le visage de l'adolescent et sourit en constatant que celui-ci avait les yeux rivés sur le paysage.
C'était la mer. Une immensité verte et bleue aux reflets d'orange et de doré surplombée d'un disque rouge perdu dans un ciel rosé de bleu. Une légère brise agitait les cheveux noirs libérés du casque et une odeur de sel chatouilla les narines de Rufus.
« Rufus ? »
Le susnommé ne réagit pas tout de suite, mais, progressivement, il se détacha de Zack et le laissa lui enlever le casque. Le visage du plus jeune était marqué de la plus intense surprise mêlée à une indicible joie. La mer ! Il n'avait jamais vu autre chose qu'une ville noire et polluée, une campagne totalement perdue récemment et maintenant… la mer ? C'était… C'était magnifique…
« Je… C'est beau…
- J'étais sûr que tu aimerais ! »
Le plus âgé descendit de l'engin et invita son amant à en faire de même. Descendus, ils se dirigèrent vers la plage. Arrivé à la lisière du sable, Zack s'assit pour enlever ses chaussures qu'il laissa par terre. Le blond hocha la tête. Pourquoi ?
« Le sable rentre dans les chaussures sinon, tu devrais faire pareil, indiqua Zack.
- Oh… »
Le plus jeune s'assit et fit de même. Il se releva ensuite et ouvrit la marche vers l'étendue aux remouds rythmiques et berçants. Une fois proche de l'eau, Rufus s'accroupit et mit une main dans une des vagues échouées. Il avait lu des livres, vu des photos et des films mais la réalité c'était… c'était magnifique…
« Ça te plairait de rester voir le couché de soleil ? demanda innocemment Zack, ça fait un max cliché, mais c'est beau alors on s'en fiche, non ? »
Rufus tourna la tête et sourit avec tellement de sincérité que Zack en tomba des nues.
« Ça va ?
- Je veux rester ici, avec toi.
- … »
Un regard doux et tendre imprégna le visage de l'ancien première classe.
« Tu veux bien t'asseoir ?
- Évidemment ! »
Le plus jeune profita de Zack pour s'allonger et il posa sa tête sur les jambes, soupirant quand il sentit une main caresser ses cheveux. Les minutes passèrent, longues et dans le silence le plus complet. Il le fallait bien puisque le plus jeune s'était endormi.
« C'est malin, murmura Zack, pour ton premier coucher de soleil, tu t'endors… »
Pas de lime ni de lemon pour cet OS, juste de la poésie ! ^^ J'espère que ça vous aura plu !
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