Salut à tous et à toutes ! Et oui, encore en retard, la Maud-Chan ! Mais c'est que j'ai vraiment envie de m'appliquer pour cette fic, et je sais que quand j'écris sans avoir le temps ou l'inspiration, ba c'est pas fameux ! Alors voici un nouveau chapitre où les choses progressent (enfin) ! J'espère que ça vous plaira autant que moi j'ai aimé l'écrire ! Je crois que c'est d'ailleurs le plus long chapitre que j'ai écris pour l'instant, ou du moins le plus dense !

Je tenais à remercier tous ceux qui me laisse des reviews ça fait vachement plaisir et, il faut le dire, ça booste !

D'ailleurs, pour répondre à la question de gobi 78, sache que je ne sais pas encore combien de chapitres sont prévu exactement, mais je dirais que dans l'histoire, nous arrivons environ à la fin du premier tiers je dirais. Disons que j'ai beaucoup de choses à dire que j'ai envie de faire passer dans cette fic et je ne sais pas si tout va pouvoir rentrer, dans les détails mineures :P

Je tiens donc à tous vous remercier et je vous fait plein de bisous ! Allez, bonne lecture et on se retrouve à la fin !

Chapitre 10 : Séparation, Dispute et Division

« -Ça fait combien de temps qu'on est là ? »

« -Heu... J'dirais quatre jours ? »

« -Ça fait cinq jours. »

Ussop avait la tête posée à-même la table, les yeux mi-clos par l'ennui. Ils étaient donc dans l'Iceberg depuis cinq jours et rien ne s'était réellement passé. Il regarda ses différents compagnons de déjeuner. À ces côtés Chopper et Franky semblaient vérifier mentalement l'information, pendant que Luffy leur subtilisaient les restes de leurs assiettes. Zoro, qui était à côté du capitaine semblait s'être endormi assis. Brook avait quitté la table, expliquant qu'il donnait des cours de musique aux enfants qu'il avait rencontré -Aaron en premier lieu, mais d'autres demandèrent à leur tour d'apprendre. Robin était elle aussi absente, elle avait en effet remarqué une bibliothèque l'autre jour et avait décidé de l'explorer de fond en comble. En se contorsionnant le cou, le sniper réussi à voir en face de lui la petite Zoya. Depuis leur rencontre, elle ne les avait pratiquement pas lâchés d'une semelle, semblant voir leur présence comme un jeu, ou bien un rêve. Mais contrairement à son habitude, l'enfant n'était ni très souriante, ni très bavarde. En effet, elle jetait un regard ennuyée vers la navigatrice, en bout de table, les yeux tournés vers les vitres, laissant voir le paysage sous-marin.

Il est vrai que le comportement de Nami était assez étrange ces derniers temps. Elle semblait perpétuellement plongée dans ses pensées, qui ne paraissaient pas des plus réjouissantes. Il ne savait quoi, mais quelque chose s'était passé quelque temps après leur arrivé et l'Iceberg. Parfois, la jeune femme semblait vouloir lâcher ce qu'elle avait sur le cœur, mais à chaque fois, elle s'abstenait, lançant un regard anxieux vers Zoya, quand celle-ci avait les yeux tournés. Ussop se demanda quel rapport cela pouvait bien avoir avec l'enfant... Peut-être son père, Sanji, qui sait ? Aujourd'hui, cette anxiété se mêlait à une étrange colère, faisant taire Nami et effaçant sa présence de toute discussion. Et Zoya s'en était rendu compte, mais ne semblait pas se résoudre à se séparer d'eux, préférant faire face aux paroles de la navigatrice.

« -Dis, Zoya » lança Luffy d'une voix pâteuse « Tu sais quand est-ce qu'on rejoint la prochaine île ? »

« -La... La prochaine île ? » sursauta la petite, tournant la tête vers le garçon « Comment ça, la prochaine île ?

« -Ben, quand est-ce qu'on va à terre, quoi ? »

« -Hé ben... » bredouilla-t-elle « C'est que ce n'est pas vraiment prévu... On ne peut pas aller dehors comme ça... »

« -Ba pourquoi ? Tick peut faire ça, non ? »

« -Oui, mais on ne peut pas se promener dehors, comme si de rien était ! Vous êtes des pirates ! »

« -C'est si dangereux que ça ? » demanda Chopper, surpris « Tu sais, on a disparu pour la Marine depuis quinze ans, ils ont du nous oublier... »

« -La Marine n'oublie personne. » répondit-elle d'un air sombre « Et on ne peut pas prendre de tel risque ! Dans le doute, il vaut mieux... »

« -Qu'on reste gentiment ici jusqu'à qu'on nous sonne. »

Ussop avait envie de frapper sa tête contre un mur devant l'entrée en scène de Nami. On peut dire que la rousse avait décidé de ne pas faire dans la dentelle, aujourd'hui.

« -Je... Je suis désolée. » s'excusa Zoya, terriblement gênée « Mais c'est comme ça, ici. On ne sort que pour ravitailler l'Iceberg ou pour des missions... Moi aussi je ne sors jamais... Même je crois que ça n'est jamais arrivé... »

Ils tournèrent un regard étonné vers la petite.

« -Seul les adultes les plus forts sortent, et que par petit nombre. Nous, les enfants, ça n'arrive jamais, car c'est trop dangereux. A la rigueur, il faudrait être accompagné par quelqu'un qui ne soit pas pirate, mais les seuls adultes qui sortent sont des pirates... Alors on reste ici. »

Elle baissa la tête, les yeux rivés sur son assiette vide.

« -Ceux qui sortent le plus souvent sont Morg et Papa. C'est à eux qui faut demander si vous voulez sortir... »

« -Si on arrive à le voir, celui-là. » remarqua Franky « On ne l'a pratiquement jamais vu. »

« -C'est vrai qu'il est très occupé » ajouta la petite « Je ne sais pas où il est, en ce moment... Tick ou Tack doivent le savoir... »

« -Alors, allons leur rendre visite » conclu Nami en se levant « Une discussion s'impose entre nous et Sanji. »

Ussop hocha la tête, approuvant à la fois la jeune femme et pour lui même. Oui, le problème de leur navigatrice était bien leur ancien camarade.


Blanc. Du blanc à perte de vue. Cette couleur neutre, cette couleur calme, recouvrait ce petit monde, perdu dans la guerre. Ce lieu qui inspirait au silence était l'endroit parfait pour disparaître. Le froid mordant soulevait le manteau cotonneux, dessinant des spirales dans le ciel, emportant toute vie. Un étrange mélange de tranquillité et d'hostilité. Oui, l'île de Crow était l'endroit parfait : Un lieu menant à la protection et l'exil, au renouveau et au regret.

Le gel lui engourdissait les membres, la neige se mêlait à ses cheveux, fine pellicule semblant le vieillir, lui rougissant le visage et les mains. Son manteau de même couleur que le pays l'enveloppait, permettant de tenir face à la température, largement en dessous de zéro. Il regarda en dessous de lui, vers le bas de la vallée, essayant de deviner le village, en vain. En effet, l'épaisse tempête qui recouvrait quasiment toute l'année le mont était si dense, que personne ne pouvait voir le sommet sans s'y rendre à pieds. Cela était fort pratique pour lui, il pouvait alors s'y promener à sa guise, sans être inquiété d'être vu. De plus, si quelques gêneurs venaient faire une promenade dans les environs, le paysage et la neige faisait que, de son emplacement, il pourrait les voir distinctement, avant qu'eux ne puissent apercevoir l'ombre d'une silhouette.

Seul Crow donnait un tel avantage, une telle liberté au fugitif qu'il était. Il adorait cet endroit qui lui donnait du baume au cœur, dont le bruyant silence lui ôtait toute pensée, dont le blanc lui faisait oublier ce qu'il se passait, là en bas.

Il ferma les yeux, se concentrant. Il sentait les habitants, les enfants, les femmes, les travailleurs, même les animaux. Cet étrange particularité qu'il avait acquis, au fil de ces années de combat, lui permettait de « voir » sans utiliser ses yeux. Un guerrier qu'il avait rencontré lui avait dit que ce pouvoir se nommait le Haki et que seul de bons combattants pouvaient le maîtriser. Il avait donc perfectionner cet étrange sens et le contrôlait aujourd'hui parfaitement. Il avait appris à utiliser le Haki Offensif, lors des différents combats. Il était devenu fort.

En bas, dans la vallée, c'était l'après-midi. Les villageois s'activait, dans le quotidien de leur vie. Quotidien qui s'était montré de plus en plus dur, mais ils s'étaient adaptés, pliés comme du fer blanc, prenant la forme que leur imposait les plus grands, sans résister, sans réellement voir. Ce n'était pas eux, qui était visé, de toute manière, alors à quoi bon ? Oui, c'était une attitude normal, pour ne pas avoir d'ennui.

Il tourna la tête vers le laboratoire de Crow. C'était une grande bâtisse de fer et d'acier, en assez mauvais état, verrue grise et noire dans le duvet hivernal. Ce laboratoire, dut au climat si particulier de cette montagne, était consacré à la météorologie. Il avait cependant été condamné, il y a plus de vingt ans, car la bâtisse repose, paraît-il, sur un sol trop meuble, et proche d'un ravin, à l'arrière. Tout le monde avait donc déserté les lieux et plus personne venait par ici. Il leva les yeux, espérant apercevoir le toit du laboratoire, en forme de dôme. On devinait, dans le vent, le couinement rouillé de la vieille girouette, balancé au gré du vent capricieux.

Sans se retourner, il sentit quelqu'un sortir de la bâtisse, d'un pas tranquille.

« -Beau temps pour la saison, n'est-ce pas ? » lança-t-il à l'homme qui le rejoignait.

« -Vous m'avez entendu venir avec ce vent ? » s'étonna l'autre « On aura beau dire, ce Haki est bien pratique ! »

Il arriva à sa hauteur, regardant à son tour le paysage qui s'offrait à lui. Le silence reprit ses droits.

Sanji connaissait depuis maintenant plusieurs années Armand. C'était un vieil homme, qui avait du être de grande taille, à l'époque où le temps ne l'avait pas encore enfoncé -aujourd'hui, Sanji le dépassait légèrement. Ces gestes étaient mesurés, économisés, mais précis, comme si le temps n'avait aucune importance. Ses yeux gris noirs, surmontés de fines lunettes, ses rides qui sillonnaient son visage, son teint pâle -sans être maladif- et ses cheveux blancs coiffant son front d'ancien. Tout chez lui aspirait à la sagesse qu'obtiennent les hommes, à la fin de leur vie. Lui aussi emmitouflé dans un épais manteau, tourna son regard vers lui, avec un sourire bienveillant, que Sanji lui renvoya.

« -C'est dur à croire, n'est-ce pas ? » lança Armand de sa voix posée « C'est dur d'imaginer, quand on est ici, qu'une guerre nous étouffe. »

Sanji hocha la tête, tournant de nouveau son regard au lointain.

« -Lorsque j'étais un jeune météorologue et que la guerre n'était même pas encore imaginable » continua-t-il « Il faisait déjà ce temps là. D'après les légendes de Crow, ça a toujours été comme ça, depuis le commencement. C'est un endroit où, quoiqu'il arrive, quoique face les hommes, ce lieu ne changera jamais. On a pourtant bien essayé, en installant ce centre de recherche, mais, comme par hasard, tout le monde a du déserté les lieux, et bientôt, ce bâtiment s'écroulera, dans quelques années ou deux. »

« -Vous êtes toujours là, pourtant. » remarqua le plus jeune.

« -C'est vrai ! » ria-t-il « Espérons que ces lieux me laisse mourir en paix avant de faire tomber le laboratoire ! Je n'ai pas envie de vivre mes derniers jours dehors ! »

« -Ne dites pas ça, Armand. » sourit Sanji « Vous avez encore quelques belles années devant vous ! »

« -Je l'espère mon garçon, je l'espère. Hélas, cela ne dépend plus que de Dieu ou de la Marine ! Elle pourrait bien décider de débarquer un jour ou l'autre et abréger mon existence. Ils ne sont pour l'instant jamais venu très longtemps sur cet île, mais ce serait de la folie que d'espérer que notre chance nous porte pour toujours. »

Sanji acquiesça. Armand l'invita alors à retourner à l'intérieur, pour rejoindre Luis et Lydie. Il accepta à contrecœur, triste d'arriver à ce moment fatidique.

Ils entrèrent dans le laboratoire, par l'énorme porte en fer qui grinça bruyamment. Devant eux se trouvait l'intérieur du dôme, aussi vieux que vide. En effet, l'énorme cercle, froid et silencieux, protégeait du froid que des vieux instruments de météorologie, traînant ça et là, recouverts de poussière. Leurs pas raisonnèrent jusqu'à qu'ils atteignent un globe au fond de la salle. C'était une sphère transparente, où de multiples boussoles, baromètres et autres objets de mesure était suspendu à l'intérieur par des barres sphériques, tel un système solaire composé d'astres à aiguilles. Malgré la vieillesse de ce globe, il était toujours opérationnel, grâce à sa qualité. Armand saisit les cercles de fer qui soutenait le globe et les déplaça, faisant tourner la sphère sur elle même, jusqu'à qu'une brèche apparaisse , jusque là caché sous le support. Le vieil homme y inséra les premières phalanges de ses longs doigts veineux. Il fit tourner le « système solaire » sur lui même, faisant bouger boussoles et autres. Il saisit un petit baromètre qui se trouvait auparavant au centre les autres et le retira. Il régla alors le baromètre pour que celui-ci indique « tempête » et il le glissa de nouveau dans la sphère et ré-actionna le mécanisme. Il ne l'arrêta que lorsque le baromètre retrouve sa place initiale.

Un mécanisme s'activa alors, les aiguilles tournèrent alors en cadence et le globe tourna à son tour. Au sol, au centre du dôme, une trappe s'ouvrit, laissant apparaître dans une douce lumière un escalier en colimaçon.

« -Cela m'a fallu plusieurs années pour perfectionner ce mécanisme » dit fièrement le vieil homme « mais aujourd'hui, il est tout à fait opérationnel. Le sol de ce dôme est fait d'un alliage d'acier particulièrement puissant. Seul ce mécanisme extrêmement fragile peut ouvrir cette trappe. Il suffit de soulever le globe de son socle pour que le sous sol soit à jamais condamné et, connaissant les Marines et leurs fouilles brutales, ils briseront ce chez d'œuvre sans s'en rendre compte! »

« -Vous n'avez pas peur qu'il décide de détruire le sol et découvre cette cachette ? » demanda Sanji en commençant à descendre les escalier.

« -Oh ! Ça je m'en doute, qu'ils tenteront ! » continua Armand en refermant la trappe derrière lui « Mais comme je l'ai dit plus tôt, les bases de ce bâtiment sont des plus friables, il suffirait d'un coup de pioche un peu trop fort au mauvais endroit et le laboratoire irait s'écraser au bas du ravin ! »

Le blond acquiesça avec un sourire. Armand n'était pas un novice dans la matière, il avait pensé à tout pour protéger le secret du lieu. Soit il survivait, soit il disparaîtrait, mais il ne serait jamais découvert.

Au bout des marches, l'atmosphère se réchauffa de plusieurs degrés, ils ôtèrent leur manteaux, alors inutiles. Il se trouvaient dans un petit salon aménagé : la demeure d'Armand. Ils posèrent leurs affaires sur un canapé et se dirigea vers une porte en bois jauni.

C'était une petite chambre, avec une grande table au milieu. Dessus y était déroulées des cartes, représentant les mers, les continents, les îles... En face d'elle, Lydie et Luis était assis dans un canapé, l'ancien aubergiste tenant la main de sa femme. Un grand miroir se trouvait à leur droite, fixé au mur. Dès que les deux hommes rentrèrent, le couple se leva doucement, sachant ce que signifiait le retour de leur ami.

« -Vous avez trouvé un nouvel endroit pour vivre ? » demanda doucement Sanji.

Luis fit signe que oui. Il y a quelques jours, lui et son épouse lui avait signalé leur envie de rejoindre la terre ferme, ne pouvant vivre cette vie de fugitif. Sanji les avait donc emmené -à l'aide du pouvoir de Tick- chez Armand, le Passeur.

Armand aidait depuis plusieurs années maintenant des fugitifs « légers » de la Marine à changer de vie, de nom, de pays... Afin qu'ils puissent retourner à une vie à peu près normal, dans des lieux moins dangereux. L'Iceberg aidait ces personnes à prendre contact avec les Passeurs pour pouvoir atteindre ce but de tranquillité -ou du moins le frôler. Armand était l'un des plus anciens passeurs que Sanji connaissait et sûrement le plus fiable. Beaucoup craquait, préférant dénoncer ces protégés plutôt que de risquer leur vie pour des inconnus. Mais Armand, sous ses allures de vieil homme, avait un mental d'acier et faisait preuve du plus grand sang-froid. Il avait donc sans hésiter décidé de confier la vie de ces chers amis et sauveurs entre ses mains.

« -A partir de maintenant » dit Lydie dans un rire sans joie « Mon nom est Line et mon mari se nomme Tom. Tout notre passé est réécrit, dans les moindres détails et nous allons partir vers une nouvelle île que l'on ne connaît pas... C'est tellement... Soudain. »

« -Je suis désolé pour tout ça. » dit sincèrement Sanji.

Elle lui fit un signe de la main, lui faisant comprendre qu'il n'y était pour rien. Mais il ne le voyait pas comme cela. Il était responsable de toutes ces années où ils avaient risqué leur vie pour lui, pour ces cachotteries, pour cette fuite soudaine de leur village.

« -Nous partirons tout à l'heure » prévint Armand « Êtes-vous sûrs de votre choix sur l'île ? »

Les époux échangèrent un regard et hochèrent de la tête. Le cœur de Sanji se resserra, l'heure des adieux approchaient. Armand s'éclipsa de la chambre, prétextant d'aller faire chauffer du thé, laissant l'homme et le couple seul.

« -Armand nous a dit » commença Luis après un silence « que tu ne devrais pas être au courant de notre futur emplacement. »

« -Oui » admit-il « Après que l'Iceberg ai permis aux fugitifs de rejoindre un passeur, nous ne devons pas être au courant des chemins empruntés par ceux-ci, ainsi que leur nouvelles identités et emplacements... »

« -Mais entre nous, Sanji » réagit Lydie « Entre amis, sans compter Iceberg et passeurs, nous pouvons te dire où nous serons... »

« -Non ! » intervint fermement l'ancien pirate « Je ne dois pas le savoir ! C'est la règle ! »

« -Sanji... »

« -Je vous ai déjà bien assez mis en danger avec mes histoires, il est hors de question que vous risquiez plus longtemps vos vie pour moi ! »

Il eut un silence. Sanji reprit la parole, plus calme.

« -Pendant ces quinze dernières années, vous m'avez aidés, vous avez fais ce que je vous ai dit, sans poser de questions. Je vous suis extrêmement redevable et je n'ai rien d'autre pour vous rembourser... Sauf une nouvelle vie.

»

Il regarda le couple, qui ne disait rien. Lydie se leva et s'approcha du jeune homme et, avant qu'il ne puisse réagir, elle saisit ses mains.

« -Jamais de ma vie » dit-elle solennellement « J'attendrais que tu nous rembourse quoi que se soit contre ces années. Jamais de ma vie je ne regretterais ce que nous avons fait pour toi, tu entends ? Tu n'as pas à te sentir redevable pour tout ça. »

Il n'eut pas le temps de répondre que son aînée, d'un geste presque maternel, le prit dans ses bras. Les cheveux roux qui frôlaient sa joue, son parfum, sa chaleur, l'apaisa.

« -Tu es un ami très cher. Tu fais même parti de la famille. Alors quoi qu'il arrive, quelque soit ton problème, n'hésite pas à demander à Armand notre nouvelle habitation. Il y aura toujours un miroir chez nous pour que tu puisses nous rejoindre. »

Il serra doucement Lydie dans ses bras, posant sa tête sur son épaule, en chuchotant un « merci » à peine audible et ils se séparèrent. Il tourna son regard vers Luis qui se rapprocha, avec un sourire triste. Sanji lui tendit la main, en signe d'adieu, que l'homme accepta.

« -Tu as de la chance que je te connaisse aussi bien » rajouta l'aubergiste « J'ai tabassé d'autres hommes pour avoir fait beaucoup moins qu'un câlin à ma femme. »

Ils rirent, mais l'aubergiste fut interrompu par un coup de coude dans les côtes de ladite femme. Ce qui fit rire davantage le cadet.

« -Vous allez me manquer. » dit-il avec un sourire.

« -Toi aussi. » ajouta Luis en posant une main sur son épaule « Espérons qu'un jour, peut-être, nous nous reverrons dans de meilleurs circonstances. »

Il ne répondit pas, peu convaincu qu'un tel espoir soit permis. Il les regarda une dernière fois, leur affichant un sourire pour masquer son angoisse.

« Armand est un excellent passeur » se répéta-t-il, cherchant à se convaincre, mais les imprévus et les bavures existaient.

Il se dirigea vers le miroir et en tapota la surface. Le reflet se brouilla, pour finalement laisser place à une sorte de couloir noir. Lorsque le miroir était trop éloigné de Tick, ces couloirs se produisaient, au lieu de directement renvoyer l'image de la destination. Il enjamba le cadre du miroir et rentra dans l'étrange tunnel.

« -Saluez Armand de ma part. » dit-il simplement sans se retourner.

« -Attends ! »

Il resta de dos, ne voulant voir son interlocutrice. C'était l'heure de partir, qu'ils changent de vie, une vie sans lui. S'il les regardait encore, s'il reparlait avec eux, jamais il ne partirait. Il voulait les accompagner, s'assurer que tout irait bien pour eux, qu'ils seraient en sécurité dans leur nouvelle vie. Il ne voulait pas perdre ses si vieux amis, qui l'avaient vu changer, se tordre, se casser. Mais c'était impossible, ils devaient se séparer, maintenant que la tâche des deux charpentiers étaient fini. Cependant, ses pas s'arrêtèrent d'eux même, voulant tout de même entendre une dernière fois ces voix qui lui paraissaient si chaudes, si amicales.

« -J'ai... J'ai vu Zoya ! » continua précipitamment Lydie cherchant un sujet de conversation pour retarder encore leur dernier au revoir « C'est une adorable petite fille ! Je suis sûre qu'elle deviendra très belle ! Et je suis sûre que tu l'élèves très bien ! Elle à l'air si gentille... Et le Sunny ! Fais-y attention, d'accord ? J'espère qu'il te sera utile... Et je... Je... »

Elle n'arriva pas à finir sa phrase, sanglotant violemment. Il se retourna pour voir la rousse dans les bras de son mari, s'accrochant à lui comme à une bouée de sauvetage. Luis leva la tête pour croiser le regard de Sanji. Il regardait le blond avec le plus grand sérieux et finit par dire d'une voix calme :

« -Adieu Sanji. Et continu à vivre. Quoiqu'il arrive. »

Sanji ferma les yeux et retourna vers le couloir, cette fois pour de bon. Il fit quelques pas, essayant d'oublier les sanglots de Lydie, qui se turent brutalement. La connexion avec le miroir de Crow était rompu. C'était fini, à jamais. Il ouvrit les yeux doucement, faisant face à l'obscurité solitaire.

« -Est-ce que ça va, Grand-Chef ? »

Il tourna les yeux vers Tick qui s'était matérialisé juste à ses côtés, l'air ennuyé.

« -Tu nous a entendu, n'est-ce pas ? » eut le jeune garçon pour toute réponse.

Il acquiesça la tête, gêné. Il était le gardien de ce tunnel, par son pouvoir du fruit du démon, il voyait et entendait donc tout ce qui s'y passait.

« -C'était de bons amis à toi, Grand-Chef. » remarqua le plus jeune « Et se sont d'excellents charpentiers. Ils auraient pu rester avec nous dans l'Iceberg... »

« Ne dit pas n'importe quoi. » répondit sévèrement le blond « L'Iceberg n'est pas une colonie de vacances. Il a été créer pour protéger les gens recherchés, comme toi et moi. Luis et Lydie ont l'énorme possibilité de refaire leur vie, sans être inquiétés. Je n'ai pas le droit, quelque soit la raison de les laisser rejoindre l'Iceberg, même s'ils le souhaitaient. Ce serait purement égoïste. »

Le cadet n'ajouta rien, ce genre de sujet n'était pas très abordable avec Sanji. En effet, le meneur de l'Iceberg avait une idée bien clair sur leur fonction et hors de question d'y changer quoique ce soit, où de faire une quelconque exception... Et cela n'annonçait rien de bon vu ce qui allait suivre.

« -Dans le cœur de l'Iceberg » ajouta Tick « Il y a tes anciens amis qui t'attendent. La rousse -Nami, c'est ça ?- semble assez remontée. »

« -Je vois » dit le blond d'un ton un peu sec« Peux-tu leur dire de venir me voir plus tard ? J'ai besoin d'être seul. »

« -Je ne crois pas que ça va être possible. Ça fait plusieurs jours qu'ils attendent, et ils tournent comme des lions en cage. »

Il ravala une remarque cinglante. Comme si personne ici ne tournait comme un lion en cage... Mais il devait arrêter de les fuir. Il avait promis des explications, alors explications ils y auraient, même s'il n'était particulièrement pas d'humeur. Il se retourna une dernière fois vers le couloir sombre qui s'était refermé, le séparant de Luis et Lydie. L'amitié qu'il avait noué avec ce couple lui semblait à des années lumières de celle qu'il avait avec ceux qu'il avait considéré, il y a longtemps, comme sa famille. Et, à vrai dire, il ne voulait pas les voir.


« Tick, t'es mon meilleur pote, mais là, à cet instant précis, t'es qu'un sale chien... »

Étaient les poétiques pensées de Tack qui, à son bureau croulant sous les cartons d'archives, au milieu du Cœur, se lamentait de l'ambiance de la salle.

En effet, quand la troupe du chapeau de paille et Zoya étaient entrés dans le bureau des archives et de la communication, il avait tout de suite senti un malaise. Bien sûr, ça ne venait pas des zouaves de l'équipage, mais plutôt de la rouquine qui ne semblait pas dans ses meilleurs jours. Ses bras croisés, ses yeux froncés, cette façon de se tenir... Oui, tout reflétait une colère prête à exploser. Il avait fallu que les deux garçons échangent un coup d'œil pour confirmer leur doute : Quelqu'un allait se prendre la remontée de bretelles de sa vie.

Elle s'était avancée vers eux et leur avait demandé sèchement de pouvoir parler à Sanji. Ils lui répondirent qu'il était parti de l'Iceberg et qu'il faudrait patiemment attendre son retour. La réponse ne sembla pas plaire à la navigatrice qui décida de rester ici jusqu'au retour de son ancien ami.

Alors que l'ambiance était au plus mal, demandant alors un geste de solidarité, Tick et Tack étaient censés s'épauler et se soutenir face à l'adversité... Selon la logique de Tack en tout cas. Car ce petit malin de Tick se leva et prétexta qu'il allait chercher directement le chef par miroir et, avant qu'il n'est le temps de protester, le traître s'était engouffré dans l'un de ses miroirs, le laissant seul avec ses archives. Sanji avait été très clair, le contact entre les deux miroirs ne devaient avoir lieu qu'à sa demande et pas avant et Tick n'allait sûrement pas désobéir, oh non ! Il allait plutôt errer dans ces dédales de reflets créés par son fruit du démon, en attendant l'appel du meneur, en abandonnant son camarade, oui c'était mieux !

Alors qu'il n'en finissait de grommeler, il remarqua que son travail était sur le point de se terminer. En effet, il ne restait qu'à peine quelques dossiers sur son bureau à classer. Bientôt, il serait libéré de cette tâche infâme et rébarbative !

Devant lui se trouvait plusieurs cartons. La plupart étaient remplis de fiches d'identité des pirates et autres, morts depuis plus de vingts ans. Seulement deux parmi eux contenaient les noms des survivants. Il allait placer le dernier dossier dans l'un de ses cartons, lorsqu'il se rendit compte de l'ironie du sort : Ce dossier qui allait clôturer son travail n'était autre que celui des Pirates aux Chapeaux de Pailles.

« -Votre attention à tous ! » dit-il, ne pouvant garder ce moment pour lui. Ses interlocuteurs se tournèrent alors vers lui « Voici un grand moment historique vous concernant ! »

Il leva solennellement le dossier en question et le plaça de manière théâtrale dans le carton.

« -Ça y est, mes amis ! Vous êtes officiellement... Pas morts ! Hourra ! Félicitation ! Bienvenu dans le carton des vivants ! »

Cette blague, qu'il croyait cocasse, fut accueilli par un grand froid, au désespoir de Tack. Bon, d'accord, ce n'était pas très fin, comme remarque, mais tout de même ! Enfin bon, c'est sûr que sans son acolyte chauffeur de salle, c'était beaucoup plus ardus de faire rire des gens de mauvais poil. Au moins, dans le cas d'un bide comme celui-ci, ils auraient pu s'épauler... Oui, Tick n'était vraiment qu'un traître...

Soudain, l'image d'un miroir se troubla et la tête de Tick réapparu :

« -On est de retour ! » s'écria le brun aux lunettes disproportionnées.

Il fut accueillit par un regard meurtrier de son ami et d'un « c'est pas trop tôt » des plus équivoque, lui donnant envie de replonger dans son miroir, mais il n'avait pas vraiment le choix. Il sortit donc complètement et aida Sanji à en faire de même. Celui-ci apparut et au premier coup d'œil, Tack comprit que son chef était de mauvaise humeur... La discussion allait être mouvementée avec la rouquine...


Blanc... Du blanc, seulement du blanc... Voilà à quoi pensait Sanji à ce moment précis. L'île de Crow, ce lieu qu'il venait de quitter, cet intense silence, le calme, aspirant ses pensées et ses douleurs, tel un gouffre béant, une bouche éclatante, éternel et lointain. Il fallait qu'il reste calme face à la discussion qui allait suivre. Il se trouvait à présent dans une salle annexe des archives, contenant les plus anciennes, certaines datant même d'avant le début de la guerre. Il avait choisit cet endroit car seul un miroir y menait, empêchant ainsi toutes perturbations autre que celle de Tick, dans ce cas là sous son ordre. Face à lui, l'équipage au chapeau de paille au grand complet, le reste de l'équipage - Robin, Franky et Brook – les ayant rejoint, quant à Zoya, elle était restée dans le Cœur, où Kaya était venue la chercher. Ils étaient entourés d'étagères contenant toutes les archives et les fiches des morts tombés au combat. Depuis, un silence s'était installé.

« -Alors » finit-il par dire en s'adossant contre l'une des étagères « Il paraît que vous vouliez me voir... »

« -Oui » répondit Nami les bras croisés « Tu nous a promis des explications sur ce qu'il se passe ici, et depuis on s'est à peine croisé. »

« -C'est vrai oui. Bon, finissons-en, que voulez-vous savoir? »

Sanji essayait de ne pas paraître trop froid, mais il savait déjà comment cette discussion allait finir. Mal.

Un ange passa. C'est vrai, l'équipage n'avait pas vraiment de question en particulier. Il s'apprêtait à ce lancer dans un autre monologue explicatif, fixant la rousse qui ne semblait vouloir parler, lorsqu'ils furent coupés par le capitaine.

« -En fait, moi, j'ai pas vraiment de question, je veux juste te dire qu'on va partir de notre côté avec le Sunny. »

Le blond fut tellement surpris par l'affirmation de son cadet qu'il crut s'en décrocher la mâchoire ! Après quelques balbutiements d'incompréhension, il finit par lancer d'un ton mêlé de panique et d'agacement.

« -Mais... Mais c'est hors de question ! Comment oses-tu me lancer un truc pareil ?! »

« -Ba tu peux venir si tu veux ! On pourrait partir à l'aventure ! »

« -Mais le problème n'est pas là, abruti ! » s'égosilla-t-il « Qui t'as dis que tu pouvais sortir comme ça ?! »

« -Moi. » répondit-il. Il se plaça devant le miroir et tapota sa surface comme les habitants de l'Iceberg le faisait « Hého ! » lança-t-il « Y'a quelqu'un la d'dans ! On veut sortir de l'Iceberg ! Faut que vous nous rendiez not' bateau aussi ! »

Il frappa encore la surface, sans réponse. Il se retourna, étonné et déçu et ajouta :

« Ba, j'comprend pas, c'est cass... »

Il n'eut pas le temps de finir sa phrase, qu'un coup de pied le frappa le plein fouet, l'envoyant valdinguer sur les étagères du fond, dans un immense fracas. Face à cette attaque, chacun se mit en garde, face au blond qui écumait de rage.

« -Comment oses-tu... » articulait-il, la panique ayant cédé sa place à la colère « Comment oses-tu agir de la sorte ! N'es-tu donc qu'un simple idiot égoïste, Luffy ?! »

Le garçon se releva simplement, ramassa son chapeau de paille qu'il épousseta, avant de l'enfoncer sur sa tête, l'air grave.

« -Moi et les autres, on quitte l'Iceberg » continua-t-il « On s'est bien amusé et je te remercie de nous avoir accueillit et d'avoir fait réparer le Sunny, mais faut qu'on y aille maintenant. »

Sanji était atterré. Tout simplement atterré. Il lança un regard vers le reste de l'équipage qui n'avait pas bougé d'un pousse, sauf peut-être Ussop, bizarrement. Mais Zoro lui avait barré le chemin par l'un de ses sabres.

« -Vous ne dites rien ? » souffla-t-il doucement « N'avez vous pas d'avis sur la question ? »

« -Luffy a dit qu'on partait » répondit Zoro, le regard aussi tranchant que ses lames « Ordre du capitaine. »

Un silence d'une froideur sans nom enveloppa la salle. Ce fut un rire tout aussi glacé qui le coupa.

« -Ordre du capitaine » répéta le blond « C'est vrai, je l'avais oublié celle-là : Ordre du capitaine. »

Son rire reparti de plus belle. Un moment, il ria tellement fort qu'il du se raccrocher à l'une des étagère, tournant le dos à ses anciens amis.

« -Ordre du capitaine ! C'est drôle non ? » continua-t-il d'un ton dédaigneux « Cette phrase qui semble résoudre tout les problèmes ! Ordre du capitaine ! Oui, elle tient chaud cette phrase, elle nous protège, comme si la prononcer justifiait tout, permettait tout, nous rendait invincible face à tout. »

Et il ria de nouveau, accrochant sa main à l'un des revers d'une boîte d'archives.

« -Le plus drôle là dedans, c'est que tous ces gens, tous ces morts sans dépouilles, sans tombe, dont le nom est simplement écrit ici, seule trace restante de leur misérable vie de pirate, ont du certainement entendre cette jolie phrase avant de crever seul, la peur au ventre. Ordre du capitaine ! »

et sur cette intonation, il renversa fébrilement le carton de l'étagère, déversant son contenu au sol, rejoint presque immédiatement par un autre carton.

« -Ordre du capitaine ! A la gloire de la piraterie ! Pour l'honneur ! Pour la Liberté ! »

Et à chaque fois un nouveau carton qui s'écrasait au sol, dans un fracas de feuilles et d'images.

« -Pour nos frères ! Pour nos sœurs ! Pour nous ! Pour notre orgueil ! Pour nos peurs ! Pour notre survie ! Pour la fin ! Pour la mort ! ORDRE DU CAPITAINE ! »

Et il fit basculer, de tristesse et de rage, le reste de l'étagère. Faisant de nouveau face à ces inconnus au traits douloureusement familiers.

« -Vous n'avez toujours pas saisis ! Vous ne comprenez toujours pas ! Nous ne sommes plus comme il y a quinze ans ! La piraterie est morte ! Nos amis sont morts ! Toutes les personnes qu'on a croisées, qu'on a aimées... Tous morts ! Il n'y a plus de révolutionnaires, de pirates ! Il n'y a que des fugitifs qui essaient juste de survivre ! Je suis un fugitif et vous aussi maintenant, que ça vous plaise ou non ! C'est fini ! On a perdu ! »

La colère bouillonnait littéralement en lui. Étaient-ils donc si inconscients ? Aurait-il été d'accord, il y a de ça quinze ans, de suivre ces ordres insensés, sans se poser plus de question ? Sûrement oui, et ça le dégoûtait.

« -Sanji » reprit Robin, espérant faire médiateur entre le blond et son capitaine « Nous ne sommes pas à notre place ici, ce n'est pas notre époque. Quelque chose ou quelqu'un nous a amené ici et on doit savoir pourquoi et comment. Nous avons cherché des réponses dans l'Iceberg, nous n'en avons pas trouvées. Il faut continuer nos recherches, mais ailleurs. »

« -Ah oui ?! » explosa-t-il en se tournant vers elle « Et tu crois que vous allez trouver facilement ?! Que personne n'attend, là dehors, pour vous sauter à la gorge ?! La Marine est bien plus forte qu'avant ! On ne se terre pas ici pour le plaisir ! »

« -Ceux qui nous barrent la route, on les défonce » trancha Luffy, d'un air déterminé « T'as pas à t'en faire. »

« -Oh, mais je ne m'en fait pas pour vous, imbécile ! Faites ce que vous voulez, faites vous trucider, ça ne me concerne pas ! Le problème, tu vois, c'est les autres ! En quittant ce navire, caché depuis plus de huit ans, tu as de grande chance de le faire repérer ! Cet endroit est une cachette, tu t'en rappelle ! Il s'y trouve à son bord des recherchés, des blessés, des innocents, des enfants, Luffy ! Des enfants ! Alors quoi ?! Tu pars, sans un regard en arrière, persuadé de faire le bon choix ?! Oui, je l'ai comprise votre idée ! Quitter le navire, trouver celui qui vous a envoyé là, quel qu'en soit le prix pour qu'il vous ramène à votre époque. Et une fois cela fait, empêcher la guerre ?! Empêcher tout ces morts ?! Trouver le One Piece ! Non mais quel ego ! »

Il s'approcha du brun, le dominant par sa hauteur, des flammes dans les yeux. Il prononça du voix dangereusement calme :

« -J'ai vu des pirates bien plus fort que toi tomber au combat. Des équipages bien plus nombreux que le tien se faire décimer. J'ai tout vu et toi rien. Alors n'essaie pas de me faire comprendre comment le monde là dehors marche. Tu te dis que tu peux tout arranger, mais c'est faux. Tu n'est qu'une goutte d'eau dans cet océan et rien de plus. La seule chose que tu puisses faire aujourd'hui, en quittant l'Iceberg, c'est de condamner tout ceux qui s'y trouvent... »

« -Et je partirai quand même. »

Sanji se stoppa fixant le brun, horrifié devant le regard aussi sérieux du cadet.

« -Je tenterais tout ce qui est en mon pouvoir pour retourner à mon époque et j'arrangerai tout. Tu peux me faire confiance. Je vais botter le cul à celui qui nous a amené ici, les Marine avec, et j'empêcherai que tout ça arrive et je deviendrai le roi des pirates ! »

« -Pauvre fou ! » cracha-t-il « Si tu crois que je vais te laisser faire une chose pareille ! »

Et sur ces mots, il frappa la surface du miroir, fixant les membres de son ancien équipage. Une main traversa le miroir et attrapa la sienne, le retirant de la salle annexe des archives. Il vit Luffy accourir vers lui, mais le brun ne pu traverser le miroir à son tour.

« -Hé ! » s'égosillait-il « Pourquoi ça marche pas ? On peut pas sortir ! »

« -A partir de maintenant, équipage du Pirate aux Chapeau de paille » répondit-il depuis la salle du Cœur « Vous n'êtes plus les hôtes de l'Iceberg. A cause du danger que vous représentez pour nous, vous êtes dès à présent nos prisonniers. »

Et le miroir où il voyait l'équipage s'affoler ne renvoya bientôt que son simple reflet.


« Une petite poupée. Une petite poupée dans une maison de poupée. »

Zoya regardait avec attention le morceau de chiffon souriant qu'elle tenait dans les mains. Attrapant le bras gauche, puis le bras droit, avec toute la douceur du monde. La tenant ainsi, elle laissait les pieds effleurer le sol, essayant de créer un geste proche de la marche. Mais la poupée dodelinait de la tête, la laissant tomber en arrière, seulement secouée par de troubles sauts venant de ses bras agités. Ses cheveux de ficelles jaunes bougeaient en rythme, loin de ressembler à ceux des jolies femmes, soyeux, emportés par le vent, où du moins ce qu'elle en avait imaginé. Loin d'une démarche humaine, à des gestes humains, seulement désarticulés, la petite fille ne lâcha cependant pas la poupée. Elle la ramena contre elle, la serrant contre son cœur, la regardant avec attention, comme une maman félicitant son enfant pour ses efforts... Ou du moins elle l'imaginait ainsi.

« Tu te débrouilles très bien. » pensa-t-elle très fort, songeant que les jouets parlaient aux enfants ainsi, par la pensée « Bientôt tu marcheras comme une grande. »

Elle se leva, la poupée dans les bras et se dirigea vers une vieille maison de poupée qu'elle ouvrit en grinçant. Elle déposa la poupée doucement dans la maison et referma avec douceur le toit, comme on ferme la porte de la chambre des enfants, sans les réveiller. Une fois cela fait, elle resta debout quelques instants, songeuse. Combien de temps serait-elle resté comme cela si une main ne s'était pas posé sur son épaule, la faisant sursauter.

« -Ça va ? » demanda simplement le garçon, aussi surprit que la jeune fille.

« -Ethan ? » répondit Zoya « Ça va pas de me faire une frayeur pareille ! »

« -Mais je t'appelle depuis tout à l'heure ! » s'énerva Ethan « On va faire un tour avec les autres, Kaya est parti, faut en profiter ! »

Zoya remarqua qu'en effet que tout les enfants s'étaient rassemblés vers la porte, semblant l'attendre, guettant que leur gardienne ne revienne pas à l'improviste.

« -Dépêche toi ! » dit son ami « Sinon on va partir sans toi ! Et t'auras pas intérêt à nous cafter ! »

« -Je suis pas une cafteuse ! » s'énerva la petite, puis continua fièrement « Mais je peux pas venir avec vous, j'ai un rendez-vous ! »

« -Ah bon ? Avec qui ? » répondit le garçon, piqué de curiosité.

« -Avec Chopper, il a promit de venir jouer avec moi ! »

« -Oh la chance ! » lança une petite fille du groupe « Moi aussi je veux jouer avec le raton laveur ! »

« -C'est pas un raton laveur, c'est un renne ! » rétorqua-t-elle fièrement, les mains sur les hanches.

« -Hé ! Nous aussi on peut jouer avec lui ? »

« -Ouais ! Nous aussi ! On a déjà fait tout le tour de l'Iceberg, c'est plus amusant de jouer avec le renne ! »

Et les enfants commencèrent à s'exciter à l'idée d'un nouveau jeu, de l'arrivé d'un nouveau camarade. Alors ils restèrent dans la salle de jeux, attendant en piaillant. Mais le temps passa : dix minutes, un quart d'heure, une heure... L'excitation faisait place à la déception dans la tête des enfants.

« -On va encore l'attendre longtemps le renne? » demanda un enfant agacé.

« -Il a promis qu'il viendrait. » essayait de se justifier la petite Zoya.

« -C'est vraiment pas juste ! » rouspéta Ethan « Les grands, eux, ils ont le squelette pour jouer, nous on a aucun des nouveaux qui est venu jouer avec nous ! »

Et les enfants commençaient à s'énerver face à cette injustice. Puis, l'un fini par proposer d'aller directement chercher le renne dans les couloirs. C'est vrai, Kaya n'était toujours pas revenu, sûrement à l'infirmerie avec des patients, il suffisait de demander à Tick de les aider ! A peine l'idée évoquée que les garnements se mettaient déjà à taper sur la surface gigantesque du miroir de la salle, attendant une réaction du possesseur du fruit du démon. Réaction que ne se fit pas attendre plus longtemps, car le visage de Tick apparu et les laissa rentrer dans le Cœur.

« -On veut jouer avec le renne ! » s'écrièrent les enfants en chœur, essayant de l'apercevoir par l'un des miroirs.

« -Du calme les gosses ! » s'écriait Tack, essayant de calmer le brouhaha ambiant des enfants.

Alors qu'ils essayaient de tous les réunir, Zoya réussi à s'échapper du groupe et regardait à travers les différents miroirs. Le pouvoir de Tick était vraiment incroyable ! Alors qu'elle cherchait Chopper, c'est la silhouette de quelqu'un d'autre qui apparu à ses yeux et qui la fit sourire. Ni une, ni deux, elle sauta à travers le miroir pour arriver dans le bureau de son père. Mais celui-ci, assis sur son siège, ne semblait pas l'avoir remarquer, les yeux dans le vague.

« -Papa ? » essaya-t-elle timidement.

L'intéressé se redressa, comme s'il venait de se réveiller et regarda la petite fille, d'abord étonné, puis arbora un sourire.

« -Zoya, mais qu'est-ce que tu fais là ? »

Elle sourit à son tour, s'élançant vers lui, se réfugiant dans ses bras. Il la prit par la taille, la souleva pour la poser sur ses genoux. Il eut un silence reposant pendant quelques minutes. Zoya n'osait pas trop bouger de l'étreinte de son père, elle savait que quand il était aussi silencieux, s'est qu'il réfléchissait sur quelque chose d'important et le plus souvent peu joyeux. Elle resta donc collée contre lui, laissant elle aussi ses pensées divaguer au gré de son inconscient.

N'osant pendant un temps ne pas interrompre le blond dans ses réflexions, la jeune fille fini par poser la question qui lui brûlait les lèvres depuis un moment.

« -Papa, ils sont où tes amis? Vous avez discuté ? »

Elle sentit les bras de son père se raidir et sa respiration se bloquer. Elle comprit alors que ses problèmes venaient d'eux.

« -Oui, on a discuté » dit-il enfin « Mais on s'est aussi disputé. Luffy est buté et ne veux pas comprendre... Mais ça c'est tout lui. »

La petite hocha la tête, songeuse.

« -Vous êtes plus amis alors ? »

« -C'est... Compliqué. » répondit-il « Beaucoup de chose ont changé et... »

« -Mais pas eux. » compléta la petite, sans vraiment réfléchir, étonnant quelque peu sont père.

« -Enfin bref » trancha celui-ci « C'est des histoires de grands, Zoya, ne t'inquiètes pas pour ça. Je vais m'occuper de tout ça, tu verras. »

Il la serra contre lui, embrassa le haut de son crâne avec affection et se leva, la posant doucement par terre. Il la prit doucement par la main et l'emmena de nouveau dans le Cœur.


« Prisonniers ? Sans déconner ? »

C'était la pensée qui traversait l'esprit de tout les chapeau de paille, sous différentes formes. Ça semblait surréaliste pour tout le monde. Et quand allaient-ils pouvoir de nouveau sortir ? C'était un mystère. Mais certains ne semblaient pas vraiment partant pour attendre jusqu'à que le blond change d'avis, certains comme Zoro par exemple. En effet, celui-ci venait de se lever, sortant ses sabres de ses fourreaux, s'approchant de l'un des murs.

« -Hé ! » réagit Nami « Qu'est-ce que tu compte faire avec tes sabres ? »

« -C'pas évident ? » répondit simplement l'épéiste « Y'a plus de sortie, alors je m'en fait une. »

« -Non mais ça va pas ?! » s'énerva Franky « Tu comptes pas faire un trou au milieu d'un navire, au p'tit bonheur la chance ?! »

« -Ba... Si, où est le problème ? »

« -Mais ça t'arrive de réfléchir ?! » renchérit Ussop « On a aucune idée où on se trouve dans ce sous-marin de malheur ! Peut-être que le mur que tu t'apprêtes à trancher est un mur porteur ! Ou pire, peut-être que c'est une paroi extérieur ! Tu feras quoi si de l'eau rentre ici ?! »

« -Ba je nagerai. »

« -Ouais ben p'têtre que toi tu t'en sens capable, monsieur muscle, mais y'a des êtres humains normaux ici ! » s'énerva la rousse « Et moi, résister au courant et à la pression de l'eau à cette profondeur, j'le sens pas trop ! »

« -Ouais ben si t'as une meilleure idée, la sorcière » se vexa le bretteur « Te gênes pas, hein ! Parce qu'il est hors de question que je reste plus longtemps ici ! »

« -Si tu crois que ça m'amuse ! Moi aussi ça me soûle d'être prisonnière comme ça mais c'est pas pour ça qu'il faut arrêter de réfléchir et foncer dans le tas ! »

Et ils continuèrent à se disputer comme des gamins. Ussop souffla, agacé. Sur le bateau, lorsqu'il y avait dispute entre deux membres de l'équipage, il suffisait de s'éloigner et attendre que ça passe, mais là, dans une pièce aussi exiguë, on était condamné à subir ces jérémiades. Il alla s'asseoir au pied de l'une des étagères encore debout, laissant son regard aller d'un coin à l'autre de la salle, essayant d'oublier ses deux amis en pleine joute verbale. Il remarqua alors Brook assis à ses côtés, la mine sérieuse – du moins le pensa-t-il car ne possédant pas de visage. Il tenait entre ses longues phalanges blanches plusieurs feuilles qui s'étaient échappées des cartons, les inspectant silencieusement. Ussop se pencha à son tour sur ses feuilles, remarquant la foule de noms écrite dessus.

« -Ça fait beaucoup de morts » semblait penser à voix haute le musicien « Cette guerre entre la Marine et la Piraterie a été des plus sanglantes. »

Ussop hocha de la tête, sombre, se souvenant de sa discussion avec Kaya, il y a déjà quelques jours. Il regarda les papiers avec une certaines appréhension, certains possédaient sûrement les noms d'amis, de connaissances, d'alliés. Il se releva, avec une certaine nausée, il n'avait pas envie de savoir tout ça. En fait, la seule chose qu'il désirait, c'était de retourner à son époque, ça allait comme ça, les voyages dans le temps !

« -Bon, qu'est-ce qu'on fait, capitaine ! » conclu Zoro, lassé de se disputer avec la navigatrice « T'as bien dis qu'il fallait qu'on sorte, oui ou non ? »

Luffy, qui n'avait pas dit un seul mot depuis le départ de Sanji semblait plongé dans ses pensées, son chapeau de paille vissé sur sa tête. Il releva son revers de l'index, les yeux déterminés.

« -Je n'ai pas changé d'avis. » répondit-il « Il faut qu'on sorte d'ici, avec ou sans l'accord de Sanji. Il faut qu'on trouve comment revenir chez nous. »

« -Mais ? » réagit Ussop « Tu n'as pas entendu ce que t'as dit Sanji ? On s'est pas ce qu'il y a dehors, comment ça se passe ! Les Marine sont surpuissants ! »

« -Ceux qui se mettront sur mon chemin, je les explose. » dit-il sérieusement « Ce seront pas les premiers, ni les derniers. »

« -Et on sera pas non plus les premiers à s'opposer à eux ! » paniqua le jeune homme au long nez « Moi aussi je veux rentrer chez nous, mais on va tout de même pas se jeter là dedans sans réfléchir tout de même ! »

« -Pourquoi pas ? » reprit Zoro « Tu préfères attendre jusqu'à qu'on nous sonne ? On a très bien compris nous aussi ce qu'il se passe, mais tu comptes faire quoi ? Attendre jusqu'à que ça se calme enfin ? Ça fait quinze ans que ça dure, apparemment ! Si on attend que ça se fasse tout seul, on est bon pour rester un sacré paquet d'années ici ! »

« -Je suis d'accord avec notre snipper » objecta l'archéologue « Durant ces derniers jours, j'ai fais mes recherches de mon côté, à propos de cette guerre. La Marine est puissante et aux aguets. Il nous faut un plan, si nous espérons trouver les raisons qui nous ont amenés ici. Et il semblerait que seul l'organisation qui mène l'Iceberg soit celle qui a la plus grande longévité face à la Justice Radicale. Il nous faut donc leur aide si nous voulons nous en sortir. »

« -Ce n'est pas une raison, poupée ! » réagit Fanky « Ils tiennent parce qu'ils sont cachés dans ce navire ! C'est vrai, ça marche bien, mais ce n'est pas comme ça qu'on va avancer ! Vous ne comptez tout de même pas sérieusement attendre qu'on nous donne le feu vert ! On est des pirates ou on n'est pas des pirates ?! »

« -Et les gens qui sont ici ? Tu y as pensé ? » dit Chopper à la limite de la colère « Il y a des enfants, des malades, des civils qui sont ici pour survivre ! L'Iceberg est un abris, pas un navire de guerre ! Des gens sont morts pour ce navire et pour protéger ses habitants ! Ils nous ont accueillit et vous voulez partir sans vous retourner, en risquant leur vie ?! Je refuse d'être responsable de ça ! »

« -Je suis d'accord avec monsieur le renne ! » renchérit Brook, pensant à Aaron et ses amis, avec qui il avait passer ses derniers jours à leur apprendre le violon « Nous sommes des pirates, mais nous ne sommes pas sans-cœur -enfin je n'en ai pas vraiment vu que je suis mort ! »

« -Mais la question ne se pose pas ! » s'énerva l'épéiste « Luffy est le capitaine, il a dit qu'on partait, alors on part ! Point barre ! »

« -Non mais ça va, la tyrannie ! On a quand même le droit d'exprimer notre avis, capitaine ou non ! Et puis est-ce cette règle marche encore ici ?! Y'a plus de piraterie ! »

La dispute, divisant de plus en plus l'équipage, aurait put continuer à s'envenimer de la sorte, si une alarme tonitruante n'avait pas retentit dans tout l'Iceberg. Ils cessèrent de parler, couvert par la sirène affolée, faisant valser les lumières du blanc éclatant au rouge sinistre.

« Buster Call en approche ! » se fit entendre une voix « Buster Call en approche ! »


« Ceci n'est pas un exercice ! Buster Call en approche ! Je répète, Buster Call en approche ! »

A cet annonce, Zoya s'accrocha de toutes ses forces à la main de son père, paniquée. Celui-ci la prit dans ses bras, la souleva et prit un pas beaucoup plus rapide. La petite fille, s'accrochant maintenant aux épaules du blond, put voir tous les adultes présents dans les couloirs s'agiter et commencer eux aussi à courir à leur poste, pour faire face à l'offensive. La peur grandissait, lui serrant le ventre et lui faisant monter les larmes aux yeux.

Son père la décrocha de ses épaules et la posa à terre. Il s'agenouilla face à elle, à sa hauteur, la regardant droit dans les yeux. Ils se trouvaient devant la porte de la salle de jeux.

« -Écoute moi bien, ma chérie. » dit-il le plus sérieusement du monde « Tu vas tout de suite retourner dans la salle de jeux, tous tes amis s'y trouvent. Kaya est là également, elle va s'occuper de vous. Il va falloir que vous soyez sages et courageux, tu comprends ? Je compte sur toi pour lui obéir et l'aider si les autres enfants paniquent. »

« -Mais Papa... »

« -Pas de mais, Zoya. Maintenant, fais ce que je t'ai dis et fais moi confiance. Tu as confiance en moi, pas vrai ? »

« -Si. » dit-elle en essayant de retenir le plus possible ses larmes.

Il lui sourit, caressant affectueusement ses cheveux bruns. Il se leva ensuite et partit en courant dans l'autre sens, laissant l'enfant rejoindre la salle, encore un peu angoissée.

Sanji arriva ensuite au Cœur, où Tick et Tack s'activaient. Morg se trouvait aussi là, espérant avoir sa dose de combat qui lui manquait tant. Ce fut Yaël, le jeune homme aux cheveux d'ében qui accouru vers lui.

« -Une flotte de Buster Call vient de rentrer dans notre périmètre de sécurité » expliqua-t-il

« -La Marine nous à repérer ? » demanda le blond, regardant par l'un des miroirs centrales l'énorme flotte se déplacer, canons sortis.

« -Je ne crois pas, non » répondu le jeune homme « Ils ne se dirigent pas vers nous directement, ils vont sûrement s'attaquer à une île à proximité. Cependant, nous sommes en plein jour et même s'il n'y a que la « barque-vigie » qui est sortit, cela peut paraître douteux. Ce n'est qu'une question de temps avant qu'il nous repère, qui sait! »

« Sais-tu quel île va être attaquée ? » demanda le chef de l'Iceberg « Pouvons-nous faire évacuer des civils ? »

« -Hélas, c'est trop tard. » répondit Tack devant ses écrans, la mine dégoûtée « Ils sont beaucoup trop proche de leur destination, maintenant. Ce serait suicidaire de débarquer maintenant.» Il jura en frappant du poing sur la table « C'est pas vrai, mais à quoi ça rime ! On a des taupes chez eux ! On sait toujours au moins quatre heures à l'avance avant qu'un Buster Call ne commence ! D'où sort cette attaque ?! On peut ni sauver les habitants, ni essayer de nous enfuir ! On peut que prier pour qu'ils nous repère pas ! Pourquoi je n'ai pas reçu de rapports ?! J'ai rien reçu sur une attaque dirigée contre l'île de Crow ! »

« -L'île... De Crow ? » se stoppa le blond.

Il regarda par les miroirs. Oui, aucun doute, c'est vers cette direction que s'élançait la plus terrible attaque de la Marine. Son souffle se stoppa... Luis, Lydie, Armand... Il fallait qu'il fasse quelque chose.

« -Tick ! » s'écria-t-il « Ouvre un passage dans l'un des miroirs de la cachette d'Armand ! Il faut les récupérer ! »

« -Attends, t'es pas sérieux, là ?! » s'écria Yaël « On a dit que c'était pas possible ! On sait même pas si tes amis sont encore là bas, tu peux pas prendre un tel risque ! »

« -Armand est l'un de nos meilleurs passeur » répondit Sanji en attrapant son manteau d'hiver adapté, posé dans son bureau, qu'il put récupérer grâce aux pouvoirs de Tick « Nous ne pouvons pas le laisser mourir, il est notre priorité ! »

« -Te moque pas de nous ! » grogna Morg « Tu veux juste récupérer tes deux potes les charpentiers, te prends pas trop pour un héros ! »

« -C'est un ordre. » conclu Sanji, le regard sévère « Je vais les récupérer maintenant. Tick, ouvre le passage. Si je ne suis pas revenu d'ici cinq minutes, referme le, je me débrouillerai pour revenir. Yaël, informe les autres à la machinerie que nous allons nous déplacer. Gardez une vitesse basse et enfoncez l'Iceberg petit à petit, jusqu'à qu'il soit totalement immergé. Change aussi la fréquence magnétique du navire, nous passons en code bleu. »

Il fini d'enfiler son manteau, rabaissant sa capuche et entra dans le couloir de miroir de Tick en courant. Morg souffla, déjà agacée de ne pouvoir sortir, éternellement coincée ici, sans combat, voilà maintenant que l'autre partait en solo.

« -Moi je vous le dit » grinça-t-elle « Ça lui réussit pas, de traîner avec ses vieux potes les pirates. »


Sanji vit enfin la fin du tunnel et la lumière de la salle où il avait laissé plus tôt Luis et Lydie. Il l'atteint enfin, à peine essoufflé. Il fallait faire vite, avant que le massacre ne commence. La salle était vide, il s'élança vers la porte pour arriver dans la salle principale de la cachette d'Armand. La jeune fille qui y était sursauta, évitant de peu de renverser tout le service à thé qu'elle portait sur son plateau. Elle devait avoir une vingtaine d'années, des cheveux châtains attachés en un chignon où s'échappait quelques mèches. Elle portait une robe longue bleu, avec un tablier blanc par dessus, serrant sa taille. Elle était tout en finesse et semblait fragile comme du verre. Ses tâches de rousseurs, cachés par le rougissement de ses joues face à l'entrée violente de l'homme, illuminait des yeux gris, étonnés.

« -Toinette, c'est ça ? » fini par dire Sanji « Tu es la nièce d'Armand je crois. »

Elle hocha la tête, toujours surprise, puis, comme se rappelant des convenances, lui proposa gentiment une tasse de thé.

« -Non, ça ira, il faut partir, un Buster Call arrive. » dit-il « Où est Armand ? »

« -Il se repose » répondit-elle, ne semblant pas le moins du monde choquée, par l'idée du massacre imminent « Voulez-vous que j'aille le chercher ? »

« -Heu... Oui. » articula le blond, décontenancé.

Elle acquiesça de la tête, posa le plateau sur une table basse et partit par une autre porte, laissant Sanji dans la salle confortablement aménagé. Elle était faite de bois, avec un feu de cheminée crépitant contre l'un des murs. De gros fauteuils s'y trouvaient, tourner vers l'entre flamboyante, renvoyant sa douce lumière sur les murs et le plafond. La table basse en acajou se trouvait entre les deux fauteuils, l'argenterie scintillait sous le reflet des flammes. Dehors, on entendait le vent souffler sur la neige du mont enneigé de Crow. Dehors volait la neige, dehors volait le blanc... Le blanc... Sans vraiment sans rendre compte, il se retrouva assis dans l'un des fauteuils moelleux de la salle. Depuis combien de temps ne s'était-il pas assis dans un tel siège ? Depuis combien de temps ne s'était-il pas sentit aussi bien ? Chaque fois qu'il venait à Crow, il se sentait si bien, à l'abri de tout, en sécurité... Dans le blanc. Ses yeux se fermaient doucement, endormis dans ce silence confortable, loin de tout, loin de ce qu'il y avait là dehors...

Il eu alors un violent haut-le-cœur, comme si quelqu'un venait de le frapper dans le ventre. Le Buster Call ! Où avait-il la tête ?! Il se releva aussitôt, mais un violent vertige le prit, le faisant s'écrouler sur le sol, le nez dans le tapis. Il réussit difficilement à se redresser, agrippant au bras du fauteuil. Le Buster Call ! Il fallait faire vite ! Luis, Lydie, Armand ! Il fallait les sauver ! Mais... Mais... Le Blanc... Tout tournait autour de lui, les couleurs se confondaient. Toujours accroché au bras, il tâta son manteau de sa main libre, mal assuré. Quelque chose ne tournait pas rond ici, le Buster Call arrivait, il fallait, il fallait...

« -Allo, Sanji ? Que ce passe-t-il ? »

Il avait réussi ! Il avait réussi à attraper son escargophone d'urgence, l'un des seuls qu'ils avaient réussit à retirer tout micro de la Marine. Celui ci se trouvait au sol, tombé sur le côté. La main tremblante, il attrapa l'écouteur, le portant à la bouche.

« -Oui, Blind... C'est moi. » Sa voix était sifflante et empâtée « Je... Je suis sur l'île de Crow... Le Buster Call, il faut... »

« -Sanji, ça va ? » répondit l'homme « Que ce passe-t-il ? Et que fais-tu sur l'île de Crow ? »

« -Le passeur... Armand » articula-t-il, lâchant prise peu à peu « Le passeur de Crow... En danger... Le Buster Call... »

« -Un Buster Call à Crow ? C'est impossible Sanji ! Cette île a été rasé il y a plus de dix ans maintenant ! Personne n'y vit depuis des années ! Sanji, tu m'entends ?! Sanji ! »

« -Le blanc, Blind... Que... Du... Blanc. »

Le blond s'écroula sur le sol, entendant au loin la voix de Blind. Le décor disparaissait autour de lui, emporté au loin. Seul le blanc régnait... Seulement du blanc... Pris au piège.

WTF ?! Mais qu'est-ce que sait que cette fin qui s'arrête de façon si dramatique ! Est-ce que Sanji va s'en sortir ? Qu'est-ce que c'est que ce bordel à l'île de Crow ? Où sont Armand, Lydie et Luis ? Qui est donc cette mystérieuse Toinette qui ne réagit à peine face à l'annonce d'un Buster Call ? Les Chapeaux de Pailles vont-ils se réconcilier ou vont-ils se séparer tel un boys band n'arrivant pas à gérer leur succès ? Zoya est-elle bien retourné dans la salle de jeux ? Que fout Kaya a toujours s'absenter alors qu'elle est censé surveiller les enfants ? C'est si dur d'appeler quelqu'un pour prendre le relais ? Et enfin... D'où sort cette obsession du blanc chez Sanji ? Est-ce parce qu'il n'a plus d'adoucissant pour lessive pour avoir toujours des chemises immaculées ? Pourquoi l'auteur écrit-elle conneries sur conneries depuis qu'elle a commencé à écrire les bonus ? Arrêtez là, bordel de merde !

*SBAF ! *

Ah ! Merci, Sanji d'âge mûr (AM je rappelle).

Sanji AM : Mais ce n'est rien, j'en avais besoins moi aussi. Et sache que je n'utilise pas d'assouplissant...

Ah bon, pourquoi ?

Sanji AM : Parce que je porte plus de chemise... Ça coûte cher, c'est fragile et peu pratique pour les mouvements rapides.

Sanji : Mais tu portes plus de costume ? Tu portes quoi ?

Sanji AM : Hé ben...

Aha ! Oui, ça c'est marrant ! Dès que j'ai inventé cette histoire, j'ai tout de suite imaginée l'arrivée de Sanji AM tel que vous l'avez lu dans les premiers chapitre : encapuchonné avec une cape. Mais dans l'Iceberg, ce genre de costume sont inutiles donc il est en costume normal qu'il a sous sa cape... Et j'ai jamais vraiment visualisé ce qu'il pouvait bien porté... Je suis nul en fringues...

Sanji AM : Donc théoriquement... Ch'uis à poil.

Ouais on peut dire ça... Chères lectrices, vous pouvez relire les précédents chapitres avec cette idée en tête, grand bien vous fasse !

Non, allez je déconne, ne faites pas ça... Disons qu'il a un pantalon souple et une tunique... Et des tonnes de couteaux et pistolets ! Yeah ! C'est un guerrier !

Sans aucune transition, maintenant que l'histoire est plus installée, je voudrais juste parler d'autres version de cette histoire qui aurait pu exister. L'idée de voyage dans le temps m'est très vite venue à l'esprit ! J'adore vraiment les histoires de voyages temporels et de tout ce qui en découle... Sûrement du à Retour vers le Futur, ça...

Enfin bref, une première version aurait du être où TOUT l'équipage au complet serait parti dans le temps et aurait rencontré TOUS les eux adultes. Le premiers rencontré aurait été Sanji, assez proche de celui d'origine, un peu moins dragueur et plus cinglant. Il aurait été solitaire et méfiant vis à vis de l'équipage. J'ai pensé aussi à Nami, qui aurait été plus proche du Sanji que j'expose dans cette fic. Elle serait devenu commandent d'une flotte révolutionnaire et détesterai Sanji car, vu que je n'arrivai pas à trouver de la place pour tout le monde, les autres seraient morts pour diverses raisons, plus ou moins à cause du cuisinier. Mais j'ai abandonnée cette version car trop alambiqué et cruel pour les autres de l'équipage, morts et mis de côté. De plus, nos voyageurs temporels ne me semblaient pas assez « impliqués » dans cette version et perdait donc du sens à mes yeux.

Enfin bref, c'est une version auquel j'avais pensé ! Si ça donne des idées à quelqu'un, qu'il me le demande, je serais ravis de lui en donner les droits (mais demandez le moi d'abord quand même!) J'en exposerai d'autres dans les autres bonus, parce que, croyez moi, certaines versions, on se demande ce que j'ai bien pu fumer pour en arriver là!

Enfin bref ! Bonne journées à tous et à toutes, et laissez une petite reviews si vous avez le temps :)

Bye !

PS: Je dis toujours "enfin bref"... Si quelqu'un à d'autres mots de transitions, pouvez vous me dire lesquels, parce que ça devient redondant...

PS 2: J'ai changé la couverture! C'est cool, non? On voit qu'y a du Drama dans cette fic maintenant :D