Bon après-midi à tou(te)s ! ^^
Un petit chapitre d'Emmett…mais pas que !
Bonne lecture ! ^^
PS : aucun des personnages ne m'appartient (cette phrase commence à me faire des crampes aux doigts :) )
CloudeGirofle
CHAPITRE IX : EMMETT
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Je tirais une dernière bouffée de ma cigarette en levant les yeux au ciel.
Nuages gris, vent froid… Il allait sûrement pleuvoir dans l'après-midi, ce qui signifiait : cours dans le gymnase.
Devant moi, la forêt luxuriante de Forks s'étirait à perte de vue. Je me sentais bien comme ça, caché des élèves derrière le mur du gymnase, écouteurs dans les oreilles, et cloppe au bec.
J'esquissais cependant une grimace : si mon entraîneur découvrait que je m'étais remis à fumer, ça irait très, très mal pour moi. En tant qu'athlète, j'étais censé garder un mode de vie sain et en tant que professeur, donner un bon exemple.
Mais je crois que pour ça, c'était désormais foutu. J'étais un prof de merde.
Dès mon premier cours, j'avais su en croisant le regard chocolat de Bella Swann que j'allais vraiment galérer. Depuis, chaque mardi et jeudi, je passais une matinée de merde à angoisser le cours de l'après-midi en sa présence. D'où la petite fumette à l'ombre de la forêt.
Il fallait bien que je me détende un peu si je voulais garder avec elle un rapport strictement scolaire. Après tout, j'avais déjà échoué avec Hale…
Le pire ? Je n'arrivais pas à éprouver ne serait-ce qu'un seul remord.
La sonnerie retentit alors sur le parking désert. Je jetais ma cigarette sur le bitume, l'écrasais d'un coup de talon vengeur et me dirigeais vers le gymnase, le cœur battant entre mes côtes.
Calme-toi McCarthy, ce ne sont que deux toutes petites heures à passer… Ignore-la… Ignore-les…
Quand j'arrivais sur le terrain, j'avais réussi à peindre sur mon visage un sourire assuré et plein d'entrain, à la limite entre l'attitude professorale et la pub pour dentifrice.
- Bonjour m'sieur !
- Bonjour Mike ! Le saluais-je.
Crétin, va !
- Bonjour Emmett !
- Bonjour mademoiselle Stanley ! Grinçais-je en cochant la case Présents de ma liste.
Pouffiasse !
- Bonjour monsieur !
- Bonjour Angela ! Souris-je.
J'aimais bien cette fille – je pariais que mon pion d'ami Ben, aussi – elle était intelligente, gentille, dégourdie et, pour ne rien gâcher, incroyablement jolie.
- Bonjour Monsieur !
- B-bonjour Bella ! Répondis-je avec un calme olympien que j'étais bien loin d'éprouver.
Elle attrapa le bras d'Angela, et avec un dernier sourire pour moi, alla s'asseoir dans les gradins en papotant gaiement. La lumière sordide des néons allumait dans ses cheveux de beaux reflets acajou, et sa peau pâle semblait rayonner de l'intérieur.
Je baissais les yeux vers ma liste d'appel en soufflant doucement. Il fallait que je me reprenne.
- Alors, tout le monde est là ? Oh, m'interrompis-je avec un sourire goguenard, même Mademoiselle Hale vient nous honorer de sa présence aujourd'hui !
En effet, Hale venait de passer les portes du gymnase, mains dans les poches, démarche nonchalante dans son survêtement trop large et ses baskets trop grandes.
- Vous avez la mémoire courte Monsieur McCarthy, répliqua-t-elle avec un petit clin d'œil railleur, ma présence vous a bien plus qu'honoré ces derniers temps…
Je me liquéfiais. Elle était folle, ou quoi ?
En même temps, me souffla une petite voix, à trop tenter le diable, on le trouve…
Je toussais vigoureusement pour reprendre contenance alors qu'elle s'asseyait en tailleurs au milieu de mes autres élèves.
- Bref, repris-je en la fusillant du regard, pour cette séance, on va travailler par quatre équipes qui s'affronteront à tour de rôle sur le terrain central, pendant que les autres s'entraîneront. Des questions ?
- Oui, Lauren ? Soupirais-je en me pinçant l'arrête du nez.
- Est-ce-qu'on peut arbitrer avec vous ?
- Non, vous ne pouvez pas. Tout est clair ? Allez, faîtes-moi deux-trois tours de terrain pour vous échauffer !
Lauren et Jessica bondirent sur leurs pieds pour trémousser leur petit cul, auxquels je ne jetais pas le moindre regard.
C'était un cauchemar.
J'avais bien changé.
Quand Jones m'avait demandé de le remplacer jusqu'à Noel au lycée de Forks, je m'étais dit : pourquoi pas ?
J'allais peut-être enfin pouvoir m'acheter la bagnole pour laquelle j'économisais depuis cinq ans, tout en enseignant ma passion à de ravissantes petites lycéennes toutes émoustillées et des gars jaloux de mon corps de rêve.
J'allais être le mec que tout le monde rêvait d'être, le rêve !
Mais non, l'enfer.
Non seulement les lycéennes me faisaient chier, mais depuis que cette maudite Swann avait plongé son regard dans le mien, impossible de reprendre ma chère et tendre vie de joyeux coureur !
Merde, quoi ! FAIS CHIER ! JE TE HAIS SWANN !
Je reportais mon attention sur le match qui se jouait. Mike et Tyler se débrouillaient plutôt pas mal, même si ça me faisait mal de devoir le reconnaître. Lauren ne faisait que se trémousser dans mon champ de vision.
Pathétique.
Angela se démarquait habilement des autres joueurs, se mettant dans les coins reculés que les joueurs d'en face négligeaient. Naturellement, Swann était une catastrophe, malgré les efforts chevaleresques d'Eric pour alléger sa tâche, quand à Hale… Elle possédait le match. Elle le faisait sien.
Tout tournait autour d'elle, sans que personne ne s'en rende compte, mais chaque passe effectuée, chaque geste accompli…tout reposait sur ses frêles épaules.
Elle traversait le terrain en courant, bondissant, esquivant les attaques adverses avec la grâce, l'habilité et la vitesse d'un félin. C'était un spectacle fascinant, et terrible à la fois.
Terrible, parce qu'il y avait comme quelque chose de désespéré dans cette volonté de s'oublier dans le jeu, l'effort et la souffrance.
Un cri perçant déchira l'air ouaté du gymnase. Lauren gisait par terre, à quelques pas de moi – je ne l'avais même pas remarqué – en se tenant la tête entre les mains.
Je posais précipitamment mon carnet sur un siège des gradins et courus à ses côtés. Le silence s'était fait dans la salle, et tout le monde m'observait regarder avec des gestes précis le front de la blondasse.
- Qu'est-ce-qu'il s'est passé ? Demandais-je finalement quand je fus rassuré : ce n'était qu'un tout petit bleu.
- C'est cette pouffiasse de Swann, cracha-t-elle se retournant vers Bella qui avait les joues rouges de honte et de culpabilité. Elle n'a jamais le ballon, et la seule fois où elle l'a, il faut qu'elle tue les gens qui l'approchent !
- Bon, fis-je en tâchant de contenir mon fou rire, ce n'est qu'un bleu. Si tu veux, tu peux aller t'asseoir dans les gradins, ou si tu ne te sens vraiment pas bien, tu peux aller à l'infirmerie mettre de la crème…
- Oh, oui, geignit-elle, accompagnez-moi à l'infirmerie…
Et elle s'effondra sur mon épaule avec un râle d'agonie.
Ok.
- Bon, Tyler ! Appelais-je. Accompagnez votre camarade à l'infirmerie.
Je l'avais surpris en grande contemplation dans son décolleté, et j'en avais déduis que je ferais au moins un heureux. Le sourire – pervers ? – qui illumina néanmoins son visage vint me conforter dans ma décision.
- Mais, mais…Protesta Lauren quand je l'aidais à se relever pour la confier à ce cher Tyler. Vous ne venez pas avec moi ?
- J'ai un cours à surveillez Lauren, mais ne vous inquiétez pas, la rassurais-je avec un sourire hypocrite, j'irais prendre de vos nouvelles auprès de l'infirmière scolaire…
Puis ils quittèrent enfin tous deux les vestiaires, Tyler accaparant Lauren d'une grande, graaande sollicitude.
Ouf, bon débarras !
Je sifflais pour relancer le match, et félicitais quelques minutes plus tard Angela et Hale, qui semblaient s'être trouvées : elles échangeaient et enchaînaient les passes avec dextérité et intelligence, et pour la première fois dans ce stade, c'était deux filles qui menaient le match.
- Deux-Zéro ! Criais-je à la fin du match. C'est l'équipe d'Eric, Hale et Angela qui remporte la victoire !
Hale et Angela se sautèrent au cou sous les regards éberlués de la classe : je crois qu'aucun de nous n'était habitué à la voir dans de telles démonstrations d'affection.
Même moi… Bref.
Il y eut un moment de gêne où les deux filles se regardèrent timidement, puis le mouvement de foule vers les vestiaires les dispensa d'explications supplémentaires.
Je souris en secouant la tête, amusé, puis commençais à ranger les ballons dans mon sac. Le gymnase était désert, et j'avais très envie d'une nouvelle cigarette, ce foutu cours ayant mis mes nerfs à rude épreuve.
Après tout, je j'avais bien mérité.
Je m'apprêtais donc à sortir mon briquet quand une voix me fit sursauter.
- Euh… Monsieur ?
Et merde…
- Oui, fis-je poliment, que puis-je pour vous Mademoiselle Swann ?
Ma raison me hurlait de la faire dégager, de la virer hors des portes de ce gymnase pour ne plus jamais la revoir. Mais mon cœur…c'était une autre histoire : je la désirais autant que je la détestais. Peut-être aussi, me faisait-elle un peu peur…
Quel foutoir, je vous jure !
- Je… Hésita-t-elle. Je voulais m'excuser pour tout à l'heure…
Pour quoi ? Pour me pourrir mes soirées et mes nuits ? Pour m'empêcher de baiser qui je veux, quand je veux, où je veux ? Pour me faire redouter chaque cours que je vais devoir te donner ?
- Pour le ballon que j'ai envoyé sur Lauren, ajouta-t-elle en voyant mon air confus.
- Oh, ça…
- Ouais, grimaça-t-elle, je ne suis pas très douée…
C'est rien de le dire ! Grinçais-je pour moi.
Et puis alors, elle me sourit, d'un sourire si doux, si lumineux, que je sentis fondre toute animosité.
- Bah, ce n'est rien, la rassurais-je. Lauren a la tête dure !
Elle explosa de rire et ses joues se colorèrent de rose.
- C'est sûr, concéda-t-elle en tâchant de retrouver son sérieux, mais j'aimerais bien ne pas la viser, enfin, je veux dire…accidentellement, encore une fois : sinon, elle va vraiment croire que je cherche à la tuer !
Attends encore deux ans, j'aurais mon diplôme d'avocat et j'irais assurer ta défense au tribunal pour service rendu à la nation…
- T'inquiète, je vais te montrer, fis-je en me plaçant derrière elle, regarde…
J'avais fini ma phrase près de son oreille, et j'entendis sa respiration se couper. Moi, mon ventre se noua.
- Tu tends le bras, et tu lances le ballon comme ça – je mimais le geste – mais au pire, si tu n'y arrives pas, tu n'en as besoin que pour les pénaltys, au foot, ce qui compte c'est les pieds…
Et je me mis à rire bêtement, parce qu'elle avait baissé la tête et que le parfum fruité de sa chevelure m'avait envahi, me faisant perdre…pied.
Alerte rouge ! Fous-le camps ou vire-la, mais fais quelque chose ! N'importe quoi, mais vit…
Elle se retourna pour me regarder, enlaçant inconsciemment nos corps. Elle posa une main sur mon torse.
Je cessais de respirer.
Je posais alors une main sur sa joue, plongeant mon regard dans ses yeux ensorceleurs.
Je ne sais qui embrassa qui en premier, mais un instant on parlait de foot, le suivant, on s'embrassait. A la folie.
Mes mains dans ses cheveux, sur ses côtes, dans son dos, sur ses reins….Ses mains à elle, contre mon cou, sur ma nuque, contre mon torse, sur mes joues…
On s'étreignait comme deux évadés, hébétés par la lumière du soleil, deux drogués en manque, sachant qu'ils regretteraient tout à l'heure leur extase passagère.
Mais comme elle se pressait contre moi, que sa douce chevelure glissait sous mes doigts, que mon cœur brûlait d'impatience, et que je pouvais sentir le sien répondre à son rythme désordonné, je serrais plus fortement les paupières pour oublier.
Oublier que j'étais un putain de prof, oublier qu'elle était mon élève.
Quand je réalisais enfin ce que je venais de faire, trop tard, je brisais notre étreinte, et les yeux écarquillés d'horreur, je courus sans me retourner vers les vestiaires.
Bella n'essaya pas de me rappeler.
Je me précipitais sous la douche, tout habillé, reprenant mon souffle sous la chaleur bienfaitrice de l'eau.
Les gouttes qui coulaient le long de mes joues…
Des larmes ?
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Bon, alors je sais que tout ceci est un peu mélodramatique, mais bon…^^^
J'espère que vous avez aimé !
