Pardon. Hm, désolée pour mon retard. Est-il pardonnable ? Je ne vous infligerai pas une réflexion philosophique sur le sujet... Toujours est-il que voici enfin le chapitre 9, et cette histoire sera à nouveau publiée une fois par semaine grâce à Anaïs72. Merci à elle, donc. Et merci à ceux qui ont continué de me soutenir malgré mon absence '. Bonne lecture à tous.
Chapitre 9
- Un nouveau nom…
C'est la première parole de Sabad à son réveil le lendemain matin. Il regarde Remus.
- C'est une nouvelle vie qui commence, il faut un nouveau nom.
- Choisissez-le, répond Remus.
- Qui es-tu? demande Ghaele.
Remus réfléchis un instant.
- Le loup qui refuse de perdre sa liberté.
- Bienvenue parmi nous, Vaden, le Sauvage.
Le silence retombe dans leur grotte, puis Vaden commence à faire à manger, distrait. Il réfléchit à une théorie qu'il a élaboré depuis que Ghaele lui a raconté l'histoire de la magie.
- Il doit y en avoir d'autres…
- Des êtres brisés? demande Sabad pour avoir confirmation.
Ghaele ferme légèrement les yeux.
- Bien sûr qu'il y en a d'autres. Ils vivent dans la solitude et la souffrance, oubliés de tous. Seuls les plus forts peuvent survivre. Ils sont bien plus nombreux que ce que l'on croit.
- Et que font-ils?
- Ils attendent. Ils espèrent qu'un jour quelqu'un se souviendra et les appellera.
- Ghaele, tu n'as aucun moyen de te souvenir de ce que le couatl t'a repris?
- Non. C'est plus par supposition que je suppose que quelque chose m'a été repris. Il y a des trous dans l'histoire que j'ai en tête.
- Et si les trous montraient ce que nous cherchons?
Sabad et Ghaele le regardent sans comprendre. Vaden poursuit.
- Nous savons d'où vient la magie. Nous savons d'où viennent les animaux magiques. Quand nous aurons tout maîtrisé, nous serons sans doute parmi les plus puissants êtres vivants. Maintenant, réfléchissez au monde actuel. Voldemort n'est pas qu'une menace pour la Grande-Bretagne. Les sorciers sont une menace pour beaucoup de monde. Ces créatures qu'ils ont eux-mêmes invoquées, regardez comment ils les traitent maintenant. Les sorciers disent que les créatures magiques sont bien plus vieilles qu'eux-mêmes. Mais alors, d'où peuvent bien venir les elfes de maison, si ce n'est d'un sorcier qui désirait des serviteurs? Que sont les dragons, à part des traces de la colère et de la haine des anciens sorciers? Ils les accusent de tous les maux, pourtant ce sont eux qui sont responsables de leur apparition.
Vaden s'arrêt un instant, et reprend son souffle. Ghaele et Sabad le regardent fixement. Ils n'ont jamais pensé à tout cela.
- En parallèle, nous apprenons que des gens sont dispersés de par le monde, attendant leur heure. Que tous sont des guerriers en puissance, qui ont dû se battre pour survivre. Que tous ne sont probablement pas humains. Cela ne vous rappelle rien?
Sabad marmonne sombrement.
- Un plan. Dont nous ferions partie, encore et toujours manipulés.
-Seulement si nous le voulons! crie presque Vaden. Nous avons, ou nous aurons, beaucoup de pouvoir. Nous connaissons l'histoire mieux que personne, mieux que les créatures magiques peut-être! A mon avis, un bon nombre ont oublié leurs origines et considèrent ce monde comme le leur. Et elles ont raison. Elles sont nées ici, c'est maintenant leur monde. Nous pouvons agir, mais nous pouvons aussi décider de ne rien faire, de laisser la place à d'autres.
Ghaele pâlit de plus en plus. Les paroles de Remus lui en rappellent d'autres, dont il ne se souvenait même pas.
- Trois, unis par le hasard. Trois, qui peuvent appeler. Trois, qui seuls ont le choix. Les dieux ne s'y opposent pas. Trois séparés, qui par leur volonté deviennent un.
Il secoue la tête, comme émergeant d'une rêverie, puis continue d'une voix rauque.
- C'est ce qu'il y avait écrit. Autour de la porte. On le retrouve dans de nombreux endroits. C'était écrit ici même, juste derrière ma magie. Quand je me suis libéré, l'inscription a disparu.
- Pourquoi ce serait nous? demande Sabad.
Il a l'air presque effrayé par les paroles de ses compagnons.
- On a déjà bien assez de problèmes. Et puis il y a sûrement beaucoup de groupes de trois personnes dans le monde, nous ne sommes pas les seuls.
Vaden désigne la grotte dans laquelle ils vivent d'un large geste de la main.
- Beaucoup de gens qui vivent en haut d'une montagne, isolé de tout, introuvables sauf s'ils le veulent? Beaucoup de gens qui usent des incantations? Beaucoup de gens qui ont vu la mort de très près, qui ont vu leur vie brisée sans qu'ils ne puissent rien y faire? Non, il n'y a pas tant de groupes qui nous ressemblent.
- Il n'y a qu'un moyen de le savoir.
Ghaele a parlé d'une voix dure.
- Allons dans la Grotte de la Mémoire.
Les deux autres approuvent et se lèvent à leur tour. Ils sortent puis s'envolent vers la mémoire du monde.
En quelques instants, ils arrivent devant la grotte et Ghaele leur désigne, faisant le tour de la porte de métal, les symboles.
- C'est ce que je vous ai lu avant. Espérons que le couatl est ici.
Il dessine à nouveau le signe sur la porte qui s'ouvre, faisant toujours autant de bruit. Sans la moindre once de peur, déterminés à trouver ce qu'ils sont venus chercher, ils marchent vers la salle principale, indifférents à l'obscurité et à la moiteur de ce qui les entoure.
Alors qu'ils pénètrent dans la Grande Salle, une voix les interrompt.
- Vous n'avez rien à faire ici, mortels. Repartez d'où vous venez.
- Non.
Sabad a parlé d'une voix claire et forte, qui porte incroyablement loin dans la salle déserte. Vaden complète la phrase.
- Nous partirons lorsque nous aurons les réponses que nous sommes venus chercher.
- Bien de mortels sont morts dans leur quête de savoir. Etes-vous prêts à les suivre?
Ghaele prend la parole à son tour, d'une voix basse et grondante.
- Nous ne sommes pas des mortels normaux. Tu me connais. Je ne les aurai pas amené dans le cas contraire.
Un étrange sifflement retentit dans l'air.
- Toi… Tu étais censé être emprisonné!
- Aucune magie n'est éternelle, c'est toi-même qui me l'as appris.
Un mouvement dans l'ombre, puis une splendide créature apparaît dans le cercle de lumière. C'est un serpent de couleur pâle, mais doté d'ailes aux superbes couleur évanescentes. Il leur répond, d'une voix totalement différente de celle qu'il avait avant. Du soulagement, peut-être.
- J'en suis heureux. Qui sont tes deux compagnons?
- Sabad et Vaden. Nous cherchons des réponses qui nous concernent tous trois, nous les donneras-tu?
- Sabad? Vaden? C'est toi qui leur as donné ces noms?
Ghaele incline la tête pour confirmer.
- Et toi, comment t'appelles-tu maintenant?
- Ghaele.
Le couatl ne répond pas tout de suite, dévisageant tour à tour les trois hommes en face de lui. Il finit par retrouver sa voix et parle lentement.
- Je connais le passé, pas le futur.
- C'est le passé que nous voulons connaître pour le moment, intervient Vaden.
- Posez vos questions. Je ne promets pas que je pourrai y répondre. J'ai moi aussi mes propres lois à respecter.
- Pourquoi avoir enlevé des souvenirs à Ghaele? demande Sabad.
- Parce que certaines choses ne doivent être sues qu'au bon moment.
- Quelles choses?
- Je ne peux pas répondre.
- Qui sont ceux qui marchent et attendent leur heure dans l'ombre? demande à son tour Vaden.
- Les Errants, brisés par les dieux ou par les hommes. Ils espèrent qu'on les appellera. Ils connaissent la légende et rêvent de pouvoir y répondre.
- La légende?
- Ce qui est écrit sur la porte.
- Sommes-nous concernés? demande Sabad d'une voix hésitante.
Il a presque peur d'entendre la réponse, mais le couatl le prend au dépourvu. C'est un rire qui sort de sa gorge, ressemblant à un croisement entre un pépiement de joie et un sifflement.
- Concernés? Mais vous êtes la légende! Ghaele, le Protecteur, Sabad, la Liberté, et Vaden, la Sauvagerie. Sans même en avoir conscience, vous vous êtes donné les noms qui vous allaient le mieux! Vous êtes les Trois, vous pouvez choisir. Il n'y a pas de futur, c'est vous, Changeurs, qui le ferez.
- Et si nous refusons? demande Vaden d'une voix calme.
- Vous pouvez refuser, admet le couatl. Vous pouvez choisir de ne pas combattre. Alors d'autres Changeurs naîtront, et peut-être qu'eux accepteront. On ne peut forcer personne à faire une telle tâche, car la volonté en est la base. Nombreux sont ceux qui ont déjà refusé, et personne ne vous en tiendra rigueur.
- Quelle est cette partie concernant les dieux? fait Ghaele.
- Un dieu a déjà tenté de s'opposer à vous. Il est mort. Vous êtes, ou serez, des Invoqueurs. Vous, premiers depuis des millénaires, pourrez maîtriser l'invocation jusqu'au premier niveau. Vous pouvez façonner votre futur. Vous pouvez choisir de simplement assouvir votre haine et votre vengeance, de vous retirer du monde.
- Qui en est à l'origine? fait Sabad.
- La légende a toujours existé, depuis l'apparition desmenteurs. Il n'y a pas d'origine et il n'y a pas de fin. Tous, même les dieux, doivent suivre des règles. Les contrer…
Son regard se pose sur Ghaele, puis il reprend en le fixant droit dans les yeux.
- Les contrer conduit à la mort et la disparition. Tout le monde a oublié ce dieu, toi-même tu ne te souviens plus de son nom. Ses prêtres sont morts, les ruines de son temple se sont effacées. Il ne vit même plus à travers les mémoires.
Le couatl lève soudain la tête, comme semblant écouter quelque chose d'inaudible.
- J'ai déjà trop parlé. Le reste, vous devrez le découvrir par vous-même. Vous êtes forts. Vous avez le choix, profitez-en. Personne ne vous dictera votre voie si vous ne le souhaitez pas.
Comprenant qu'ils sont congédiés, les trois hommes repartent, marchant lentement et méditant sur ce qu'ils viennent d'entendre. De retour dans leur grotte, c'est Ghaele qui parle le premier.
- Que faisons-nous?
Les deux autres ne répondent pas tout de suite, puis Sabad parle d'une voix hésitante.
- Continuons comme si de rien n'étais pour l'instant. Ce n'est pas une décision à prendre à la légère, beaucoup trop de choses sont en jeu.
- Dans ce cas-là, il est temps d'enlever un sceau supplémentaire.
Ghaele s'exécute et bientôt lui et Vaden sont au dessus de Sabad, tentant de calmer la douleur qui l'assaille. Vaden pousse un soupir de frustration.
- Je ne sais pas qui lui a mis ces sceaux, mais il risque de passer un sale quart d'heure quand je le retrouverai.
- Quand on le retrouvera, corrige Ghaele distraitement.
Leur vie reprend, marquée par leurs entraînements de plus en plus durs. Sabad et Vaden sont maintenant arrivés au niveau de Ghaele, mais tous trois estiment qu'ils n'ont pas encore atteint leurs limites. Il ne reste qu'un sceau et ils ont convenu de l'enlever quand ils pourraient tous se servir du premier niveau d'incantation.
Au milieu du mois de février, tous trois estiment qu'ils sont proches de leurs limites. Il leur faut maintenant s'entraîner à se battre de concert, et pour cela il leur faut un adversaire valable.
- Inutile de chercher parmi les sorciers, fait Ghaele d'une voix catégorique. Une incantation bien placée suffirait à le battre.
- Je me refuse à risquer de tuer une créature magique, ajoute Vaden.
Sabad hausse les épaules.
- Dans ce cas-là, appelons un dieu.
Il rougit un peu devant les regards stupéfaits des deux autres.
- Bah quoi, on trouvera bien un dieu qui accepte de nous aider. Et puis Ghaele sait lancer des invocations du premier niveau, j'en suis au deuxième et Vaden au troisième. Avec son aide, nous progresserons sûrement.
- Ca me va, approuve Vaden. Il ne faut pas se tromper de dieu.
Ghaele acquiesce.
- Je vais prendre beaucoup de temps à appeler le dieu. Faites ce que vous voulez en attendant. Si vous voulez m'aider, ce sera plus facile à trois que tout seul.
- Comment faire pour réaliser une incantation à plusieurs? interroge Vaden. Nous ne pensons pas forcément aux mêmes mots pour la même chose.
- Je suppose qu'il faut lier nos esprits…dit Sabad en regardant Ghaele en quête d'une confirmation.
- Exact. Allons à l'extérieur, les dieux aiment bien voir les choses en grand.
Ils s'assoient en cercle sur la plate-forme, genoux contre genoux, puis ouvrent leurs esprits à leurs deux compagnons. Tout devient instinctif et leurs trois voix s'élèvent de concert. La voix rauque de Vaden, celle très grave de Ghaele et celle nettement plus jeune et plus aiguë de Sabad.
- Alors que la tempête s'annonce, alors que les premières victimes tombent, alors que les premières larmes coulent, entends le cri de ceux qui veulent lutter…
Les yeux fermés, ils énoncent les paroles telles qu'elles viennent dans leurs esprits reliés. Peu à peu l'air ambiant se réchauffe, le vent tourbillonne autour d'eux alors qu'ils sentent leurs magies s'agiter de plus en plus.
Les nuages s'amoncellent en dessous d'eux et soudain la gravité semble s'inverser. Il commence à pleuvoir à l'envers, l'eau s'élançant à toute vitesse vers le ciel. Le tonnerre gronde et les éclairs se mettent à frapper les pics qui dépassent, faisant voler d'énormes éclats de roche.
Après plus d'un quart d'heure d'incantation, transis par la pluie glacée qui les transperce, ils achèvent leur appel et ouvrent les yeux, espérant de tout cœur que leur appel a été entendu.
Ils n'ont même pas remarqué qu'ils n'entendent plus rien, mais le bruit de l'orage frappe soudain leurs oreilles. La pluie tombe autour d'eux. Ils se regardent, stupéfaits par ce qu'ils ont déclenché, puis bondissent sur leur pied, sur la défensive.
La pluie semble prendre une forme vaguement humaine et soudain tout s'arrête.
- Vous m'avez appelé, mortels.
La voie est grondante et leur rappelle l'orage qui faisait rage un instant avant.
- Je vous ai entendus. Je vous aiderai.
Soulagés, ils acquiescent. Soudain, sans prévenir, la forme les attaque. Ghaele se met hors d'atteinte d'un bond, Sabad roule sur le côté et Vaden se jette dans le vide, invoquant rapidement ses ailes.
Il se déplace derrière la forme. Sabad s'envole à son tour et part vers le côté. Bientôt le dieu est encerclé. D'un même mouvement, ils appellent leurs armes et chargent à leur tour.
Pas une seule fois ils n'arrivent à atteindre le dieu, qui semble prendre plaisir à s'évanouir dans les airs chaque fois qu'ils le prennent en tenailles, les forçant ainsi à arrêter leur mouvement sous peine de se blesser entre eux. Peu à peu ils apprennent à coordonner leurs mouvements, à se déplacer toujours plus vite autant pour esquiver que pour attaquer.
Ils n'ont plus conscience du temps qui passe. Ils devraient être épuisés par l'invocation, pourtant seule compte leur prochaine attaque, leur prochain mouvement. Bientôt, ils se sentent assez sûrs d'eux et ajoutent leur magie dans la bataille, dessinant de longues traînées lumineuses dans le ciel. Leur adversaire commence à répliquer: ses sorts sont bien plus rapides et puissants. Bientôt Ghaele est blessé, puis Vaden. Ils sont obligés de se concentrer sur leur défense commune. Quand soudain, Sabad a une idée.
De toutes ses forces, il projette son esprit aux frontières de ceux de Vaden et de Ghaele, qui l'accueillent par réflexes. C'est ainsi, unis dans leurs pensées, qu'ils recommencent à se battre. Le dieu se fige soudain dans le ciel.
- STOP!
Ils s'immobilisent à leur tour.
- Détachez vos esprits. Apprenez à combattre par votre connaissance de vos alliés.
Non sans regrets, ils séparent leurs esprits, mais leur dieu se pose sur la plate-forme.
- Nous continuerons demain.
Alors seulement ils s'aperçoivent que la nuit est tombée depuis longtemps. Leur lassitude les rattrape d'un coup et ils se posent sur la plate-forme, titubants de fatigue.
- Bonne nuit, fait le dieu d'un ton moqueur.
Ils se traînent jusqu'à leurs matelas, comprenant que toutes les journées qui vont suivre seront pareilles.
Le dieu ne leur fait pas de cadeaux, mais cela porte ses fruits. Bientôt ils sont capables d'anticiper les mouvements de leurs alliés et de leur adversaire. Puis il décide de compliquer les choses et se change en trois silhouettes distinctes, chacune dotée de ses propres attaques.
Encore plus tard, c'est face à dix adversaires qu'ils doivent faire face, puis face à vingt. Un mois après, c'est toute une armée qu'ils affrontent. A ce stade-là, il n'y a plus de victoire ou de défaite: il s'agit juste pour eux de rester en vie.
Un soir, le dieu vient leur parler.
- Mon temps ici touche à sa fin. Cela faisait longtemps que je n'avais pas été invoqué dans le monde réel, et j'ai beaucoup aimé vous entraîner.
- Merci de ton aide, dit Ghaele gravement.
- Avez-vous pris votre décision?
Ils se consultent du regard et voient leurs yeux briller de la même lueur.
- Je sais ce qu'est le rejet à cause de la différence, déclare Vaden. Bientôt je ne serais plus un lycanthrope, mais tous n'ont pas cette chance. Je souhaite aider du mieux que je peux.
- Je n'ai jamais pu contrôler ma vie, et maintenant que je le peux, je suis conscient du trésor auquel cela correspond, poursuit Sabad. J'aimerais que tous puissent goûter à ce bonheur.
- J'ai appris ici la confiance dans une autre personne que moi-même, termine Ghaele. Je suis conscient de la chance qui m'est offerte, et je ferais tout pour la saisir.
Le dieu les regarde et c'est ce qui semble être une flamme de joie qui s'allume dans ses yeux.
- J'en suis heureux, fit-il en inclinant la tête. Je vous aurai bien aidé plus longtemps. Encore merci de m'avoir choisi.
- C'est toi qui as répondu à notre appel, répond vivement Vaden. Ce n'est pas nous qui t'avons choisi.
- Si un jour vous en avez assez de votre monde, je serais honoré de vous accueillir dans le mien.
Les trois compagnons s'aperçoivent que les bords du dieu s'effacent peu à peu et comprennent qu'il quitte ce monde.
- Vous êtes forts.
C'est sur ces derniers mots que le dieu disparaît. Ils se regardent, à nouveau seuls dans la nuit glacée. La lune presque ronde étincelle de tous ses feux au dessus d'eux.
- Vous croyez que quelqu'un nous a vu? demande Sabad.
- C'est vrai que nous n'étions pas discrets, dit Ghaele en riant un peu.
Leur magie aurait provoqué nombre de cataclysmes s'ils n'avaient pas été protégés par le dieu. Pendant plus d'un mois, les éclairs avaient illuminé le ciel jours et nuits. Sabad rejoint Ghaele dans son rire, mais Vaden ne les suit pas. Il regarde pensivement la lune.
- Elle sera pleine dans deux jours, murmure-t-il pour lui-même.
- Peut-être que pour la première fois, un lycanthrope ne se transformera pas, fait Sabad d'un ton soudain très sérieux.
- Rentrons. Nous serons mieux à l'intérieur pour une telle opération, poursuit Ghaele.
Ils vont s'installer à l'intérieur et Ghaele et Sabad plongent vers la magie de Vaden.
L'obscurité y a augmenté, sans doute à cause de la proximité de la Pleine Lune. Les deux hommes s'en approchent. Ils sont conscients qu'ils vont provoquer une douleur très vive. Sabad s'avance et plonge ses mains dans la magie obscure de Vaden, y injectant la sienne propre pour la purifier.
La magie noire se met aussitôt à pulser, se débattant pour échapper à ces mains entourées de lumière. Vaguement, Sabad et Ghaele sente leur compagnon se plier de douleur et Ghaele vient ajouter sa force à celle de Sabad pour accélérer la guérison.
Ils mettent malgré tout plus d'une demi-heure pour chasser la moindre trace d'obscurité. Prudents, ils font encore une fois le tour du cœur de Vaden. S'il reste même un tout petit peu d'esprit de loup, Vaden aura enduré toute cette douleur pour rien et ils devront recommencer. Après une ultime vérification, ils ressortent de son esprit et s'effondrent tous les trois, épuisés.
Ils se réveillent quelques heures plus tard en pleine forme. Vaden fait un large sourire, ne semblant pas croire à ce qu'il sent.
- Guéri, je suis guéri…
Il répète ses mots comme une litanie, puis se met à remercier à toute vitesse ses compagnons.
- Le dernier sceau.
C'est Ghaele qui a parlé. Il plonge dans l'esprit de Sabad et brise le dernier sceau. Cette fois-ci, Sabad ne montre aucun signe de douleur et ils devinent qu'il est parti à la poursuite de celui qui a posé les sceaux. Au bout d'un quart d'heure, il rouvre les yeux.
- Il va être temps de retourner à Poudlard.
Sa voix est chargée de colère, puis il se radoucit en voyant ses interlocuteurs. Sans raison précise, ils commencent à sourire tous les trois, puis à rire légèrement, avant de partir dans une véritable crise de fou rire.
Ils ont oublié leur douleur, seul compte le fait d'être ensembles, heureux et libres.
