Chapitre 9

05 décembre 19xx (21 jours après la venue du commando du Sergent Major Uley à bord du Newmoo II)

« Demain, c'est le grand jour ! On décolle avec Whitlock. On vient de suivre un entrainement de survie en milieu hostile et j'ai de plus en plus peur. Je ne le sens pas. Whitlock est aussi de plus en plus distant et froid ici, mais c'est peut-être à cause des incessantes remarques faites sur son passage… Je ne sais pas si je vais en revenir vivant ou entre quatre planches alors je vais te dire au revoir là, cher confident. »

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- Garde cette altitude Cullen…

- Hum, dis-je en gardant le manche et en fixant les cadrans.

La nuit était tombée et nous volions assez bas pour éviter les radars ennemis. Nous avions déjà survolé une petite base mais il était clair qu'une base plus imposante se trouvait dans le secteur.

- Quand on rentre, je me fais masser, entendis-je.

Je m'en occupe si tu veux, pensai-je en lorgnant sur la chair tentatrice à côté de moi.

- Putain, c'est quoi ça ! S'exclama-t-il tout à coup.

Je reportai mon regard devant moi et vis comme lui une sorte de lueur… ou plutôt, un groupement de lueurs.

Bien vite, elles s'identifièrent d'elles-mêmes, mais trop tard, elles se dirigeaient droit sur nous.

- Remonte, gueula-t-il en prenant ses commandes.

Seulement, un furtif c'est lent, tout le monde le sait, et les balles frappèrent l'acier et la vitre. Un cri déchira soudain le bruit du métal transpercé et je jetai un œil à Whitlock pour voir avec horreur qu'il avait lâché le manche, du sang transperçant son habit à la place de ses poumons.

Jurant comme pas possible, je lâchai moi aussi le manche, me rendant compte que tout seul je n'arriverais pas à piloter et qu'il ne nous restait que peu de temps avant que d'autres calibres ne perce l'avion.

Je me ruai sur le blessé, qui était un peu dans les vapes dues à l'impact. Me souvenant des ordres en cas de pépins, je le détachai et un bruit sourd frôla mon oreille. Un autre bruit se fit entendre derrière moi et je vis que c'était une balle qui venait de détruire un ordinateur de bord, la même qui avait frôlait mon oreille et qui créait en moi un bruit intolérable. J'eus bien envie de crier en me bouchant lesdites oreilles mais je ne pouvais le faire, je devais nous sortir de là ! Et le fait que le beau blond n'était plus parmi nous, étant dans un monde où la douleur seule était présente, n'allait pas être chose facile.

Je le tirai avec moi vers la soute, endroit d'où on pourrait sauter, seulement l'avion perdit de la hauteur et il piqua du nez. Je me traitai d'idiot et sans préambule, je lâchai le blond pour aller enclencher le pilote automatique.

Je revins sur mes pas ensuite, pour reprendre le poids mort qu'était mon supérieur, et sur le coup j'avais bien envie de lui dire deux mots pour qu'il fasse un régime, car il était vachement lourd, même si au premier abord je l'aurais imaginé plus « poids plume ».

Je nous descendis par l'échelle mais j'en ratai une marche et le blond retomba.

Encore heureux qu'il était dans l'impossibilité de me dire, avec sa voix trainante, que j'étais un incapable.

OoOoOoOoOoOoOoO

J'avais mal et douloureusement, je trainais le corps de Whitlock derrière un arbre. Nous avions atterri tout sauf en douceur et ma jambe avait morflé. Je ne savais pas où nous étions, la nuit tombait et à part un pistolet, une barre de chocolat, une gourde et une carte de la région approximative, je n'avais rien pour m'aider et je commençais à paniquer.

Cette mission était suicidaire ! Je n'avais aucune formation sur « comment réagir en terrain ennemi » et ce n'était pas les peu de jours où l'équipe d'Uley avait tenté de nous inculquer, à Whitlock et moi, les rudiments des commandos, que j'allais m'en sortir.

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Deux jours ! Deux jours que je nous dirigeais tant bien que mal dans cette végétation, que je me faisais dévorer par les moustiques et autres bêtes non identifiées. Et deux jours où Whitlock me lâchait. Il avait de la fièvre et divaguait, sans oublier que sa plaie s'infectait. La balle ne l'avait pas raté. Certes, elle n'avait pas touché le poumon, mais elle n'était pas passée loin.

J'avais eu beau tenter de nettoyer la plaie avec un peu d'eau, rien n'y avait fait, et la fièvre m'inquiétait.

- Cullen ?

Je sortis de mes pensées à cette voix, celle que j'avais si rarement entendue après son cri pendant que l'on sautait en parachute.

- Whitlock, dis-je précipitamment en allant vers lui.

Son visage était couvert de sueur, et même comme ça, mon esprit tourmenté le trouvait beau.

- Situation, murmura-t-il.

- On est perdu en plein milieu de nulle part, tu as de la fièvre, certainement due à l'infection de ta blessure par balle, on a presque plus d'eau et je… je… je ne sais pas quoi faire, débitai-je à toute vitesse.

- Fallait que je tombe sur un incompétent comme toi, me dit-il avant de fermer les yeux.

Je ne savais pas comment mon envie, qui me taraudait, de lui foutre mon poing dans la gueule restait en moi, mais je faisais un effort surhumain pour ne pas l'abandonner ici, à la faune environnante.

Mais je me contins du mieux que je pus et me laissai tomber au sol avant de prendre ma gourde et d'en boire une gorgée. J'étais exténué, à bout de force et le fait que ce petit con ne voyait ou plutôt ne se rendait pas compte que je lui sauvais la vie, m'énervait au plus haut point, multipliant ma fatigue.

OoOoOoOoOoOoO

Je courais, pour ma vie et celle de Whitlock. Nous étions tombés sur un homme que j'avais dû abattre de sang froid, mais seulement, mon coup de feu avait alerté les autres et là, je priais pour les distancer. Je courais à travers les arbres, les arbustes et l'herbe haute de cette forêt, et je me rendais compte que moi seul, supportant le corps de mon supérieur sur mon dos, je n'y arriverais pas.

Mon pied se prit dans une racine et j'en tombai au sol. Je gémis de douleur, tout comme Whitlock. Je me relevai tant bien que mal, le souffle court et commençai les gestes pour soulever de nouveau le corps blessé du blond, quand il me dit entre ses dents :

- Sauve ta peau Cullen ! Laisse-moi ici et casse-toi !

- Non, dis-je en me battant avec lui pour le remettre sur mon dos.

- Mais bon dieu, on va crever tous les deux… laisse-moi ici, je m'en sortirai, clama-t-il avec véhémence.

- Amiral, si je puis me permettre, fermez-là et laissez-moi nous sauver les miches, dis-je en recommençant à courir.

Seigneur, que ne donnerais-je pas pour m'enfuir à bord d'un avion de chasse. Mais je ne pouvais compter que sur mes jambes qui faiblissaient à mesure que mes boots, plus sales que jamais, se posaient à une vitesse ahurissante sur le sol terreux.

Seulement, je sentis une douleur dans mon fessier et sans pouvoir m'en empêcher, je chutai à nouveau tout en sombrant dans l'inconscience.


Voilà, le chapitre 9 est publié.

Je vous dis à demain pour le chapitre 10 (^-^)

Jes Cullen-Malfoy

Ps : Si l'envie vous en prends, j'accepte bien entendu vos reviews -)