Hi there !
Nouveau chapitre pour clôturer ce mois de Mai ^^ ! Ca a beau être beaucoup d'introspection, il se passe mine de rien pleeiin de trucs au fur et à mesure ;) ! Je vous laisse découvrir ça ! Bonne lecture !
10 – A.O.D.
« « Il traînait du pied.
« Dépêche toi. » lui siffla-t-on.
Il leva les yeux au ciel.
« J'imagine que vous n'êtes toujours pas décidé à me dire qui vous êtes et pourquoi est-ce que vous me trimbalez toujours de la sorte dès que j'ai l'immense honneur de vous voir ? » souffla-t-il presque en riant pour lui-même.
L'autre grogna, raffermi sa poigne autour de son avant bras et accéléra le pas.
« Tu la fermes et tu avances. »
« Non. Non, je ne la fermerais pas. » protesta le plus jeune. Mais l'autre n'ajouta rien, se contentant simplement de toujours avancer en perpétuant d'émaner ce bruit sourd de sa poitrine. « Où est-ce que vous m'emmenez ? »
Le plus grand souffla, exaspéré par le tempérament de son compagnon.
« Olivia t'a convoqué. » déclara-t-il, sec.
« A la bonne heure, j'apprends enfin quelque chose. Et j'imagine que vous ne me direz pas qui est cette fameuse Olivia ? » dit l'autre d'un air sarcastique.
Le plus vieux se retourna violemment, lui faisant face. Il lui lança des éclairs avec ses yeux, espacés des siens de quelques centimètres. Ses orbes cramoisies suffirent à laisser le plus jeune se soumettre à la supériorité écrasante de l'homme lui faisant face, qui justement commençait à lui faire saigner le bras tellement ses griffes étaient enfoncées avec hargne dans sa chaire. Pas un mot ne sorti de sa bouche fermée avec force. Ses crocs menaçant de lacérer le joli visage du jeune homme, doucement éclairé par la lune haute dans le ciel, étaient sortis et un râle de rage s'échappait d'il ne savait quel orifice.
Lui, de son côté, n'arrivait pas à voir l'expression de douleur qui déformait les traits du plus jeune, tellement sa colère envers lui était grande. Convoqué par la supérieure … Il ne manquait plus que ça ! Depuis le début, de toutes façons, il faisait tout de travers. Pas à un seul moment il n'avait réussit à faire quelque chose de correct, de normal … Il détestait le savoir dans cet état là, car il savait l'image qu'il lui renvoyait … Et il n'y avait rien de plus détestable comme condition.
A mesure que sa colère diminuait, il remarquait que son vis-à-vis avait les yeux fermés fortement, une larme coulant sur sa joue gauche. Ses légers gémissements lui firent comprendre qu'il souffrait … Et à juste titre ! Son avant-bras ne faisait qu'un avec sa poigne acérée. Il relâcha prise pour examiner son membre.
En face, l'adolescent souffrait en silence. A sa connaissance, il savait que plus il ferrait de bruit, plus cet homme lui ferait du mal. Il venait d'en faire encore l'expérience … Son bras lui lançait, il pouvait sentir dans celui-ci tous les battements douloureux de son cœur affolé. Soudain, il senti quelque chose de légèrement râpeux et humide lui parcourir son membre. Intrigué par la douce sensation que cette mystérieuse action lui procurait, il ouvrit discrètement un œil afin de voir de quoi il s'agissait. Il fini par les écarquiller entièrement lorsqu'il vit son kidnappeur lui lécher l'avant bras, laissant doucement traîner ses crocs sur sa peau fine avant qu'ils ne rentrent à leur place, dans ses gencives. Par reflex, il essaya de la retirer furtivement, mais l'autre ne le lâcha pas pour autant, finissant de passer sa langue aux effets salvateurs sur la plaie béante du plus jeune.
Lorsqu'il eut fini de le lui lécher, il lui lança un regard sur lequel son vis-à-vis ne pu vraiment mettre de mots. Il ne savait pas trop si c'était un coup d'œil accusateur, réprobateur … Ou si, au fond, il y décelait une once d'excuse, de regret … Après tout, pourquoi ne pas combiner les deux, ce n'était pas impossible ! Cela dit, malgré cette impression de pardon qu'il semblait dégager, l'autre ne le remercia pas pour autant … Il lui avait tout de même presque arraché le bras, bon sang ! Il retrouva sa couleur d'yeux normale, si on pouvait considérer ce mélange de couleur comme normal et ils continuèrent leur chemin à travers les bois.
Lorsqu'il s'arrêtèrent à l'endroit escompté, le plus jeune eut soudainement une impression de déjà-vu … Cet espèce de grand manoir en ruine, à quelques mètres de là, lui rappelait étrangement un souvenir sur lequel il n'arrivait pourtant pas à mettre le doigt. La porte de la dite battisse s'ouvrit lentement dans un grincement strident, déchirant le silence de cette nuit humide. Une femme aux traits tirés et aux habits démodés sorti sur le perron, un air très grave sur la figure. Elle marqua une courte pause avant de reprendre son chemin, descendre pieds nus les marches en bois et arriver sur le sol terreux et poussiéreux devant le manoir. De son côté, il sentait une certaine angoisse monter. L'homme derrière lui le poussa légèrement, comme s'il fallait qu'il aille à la rencontre de la vieille femme, quand elle leva succinctement sa main vers eux, comme pour les stopper.
« William, c'est à toi que je veux parler. » prononça-t-elle avec une voix complètement éraillée et avec un léger accent.
« … Olivia, je … Je ne comprend p... » bafouilla-t-il.
« Tout de suite, William. »
Il put entendre l'homme derrière lui déglutir bruyamment et même son pouls accélérer. Il commença à marcher lentement, dépassant le plus jeune. Chacun de ses pas lui semblait être un pas de plus fait vers l'enfer, comme s'il se dirigeait vers la potence. Il tourna sa tête de biais pour voir sa victime. De nouveau, l'autre ne pu déchiffrer ce que signifiait son regard. Il y voyait de la frustration, de la pitié, de la colère ainsi que mille et une autre émotions, comme si de par seuls ses yeux il voulait tout lui transmettre, comme si c'était la dernière fois qu'il allait pouvoir lui soutenir son regard, allant des pires sensations, comme aux meilleures. Le plus jeune se liquéfia devant cet afflux d'impressions qu'il lui renvoyait. L'autre finit par se retourner complètement et se diriger vers la dame.
Ses cheveux noirs corbeaux, courts, contrastaient avec la lueur blanche de la lune qui se reflétait sur son visage flétri. Ses lèvres pincées et ses sourcils froncés ne laissaient rien présager de bon. Elle semblait lancer des éclairs avec ses yeux et malgré le fait qu'elle était légèrement plus petite que l'homme maintenant face à elle, Olivia semblait écraser tout autour d'elle dans une atmosphère plus lourde encore que le temps ne le faisait déjà.
« Tu sais pourquoi est-ce que je l'ai convoqué. Et toi avec. » dit-elle avec gravité.
« A vrai dire, non. » marmonna William.
L'autre eut un petit rire moqueur. Elle alterna son regard entre l'homme enragé devant elle et le jeune homme en arrière plan.
« Plus tôt dans la journée … Il a tenté de me tuer. » déclara-t-elle toujours aussi placide, avec un léger rictus. Son vis-à-vis se mit à trembler et à grogner. « Et il lui faudra me le payer. »
De son côté, le cadet ne savait qu'en penser. A vrai dire, il semblait parfaitement en dehors de tout ça. Tout lui paraissait tellement irréel et futile … Il patientait donc sagement de son côté à observer la scène, toujours troublé par le regard que William lui avait lancé, mais touché par une profonde indifférence envers ce qui se passait à trente mètres de lui. Quand soudain, il vit l'homme se tendre de tous ses membres alors que la vieille dame semblait lui avoir mit la main derrière son crane. De là où il était, il pouvait entendre sa respiration saccadée, comme s'il suffoquait. Il se retourna lentement vers le jeune homme et lorsqu'il fut parfaitement face à lui, il put remarquer que ses yeux avaient repris leur lueur cramoisie, tout en brillant cependant. Pour sûr, là, il pouvait dire sans hésitation qu'il voyait dans les yeux de William une grande peur alors qu'il s'approchait de lui, sous le contrôle d'Olivia.
Plus il s'avançait, plus le jeune homme pouvait distinguer ses griffes sorties, ses crocs de nouveau dépassants sur ses lèvres … Tout dans son regard ordonnait au plus jeune de s'enfuir car il risquait, sans l'ombre d'un doute, de passer un très mauvais quart d'heure. Il entreprit de prendre ses jambes à son cou, mais devant la menace qui s'approchait à grands pas, il ne pu bouger d'un iota. Comme à de nombreuses reprises, il était réduit à l'état de statue, attendant la sentence. William tentait de dire quelque chose, mais sa mâchoire serrée l'empêchait de laisser un quelconque bruit audible, si ce n'était toujours ce grondement qui émanait de sa poitrine. Une fois à sa hauteur, ils fermèrent tous les deux les yeux. L'un parce qu'il ne voulait pas cautionner l'acte qu'il s'apprêtait à faire, étant à la merci de la psychopathe qui avait ses griffes plantées dans sa nuque et l'autre parce qu'il savait éperdument ce qui allait lui arriver et que cela allait très certainement faire très mal. Accompagné d'un cri qui sortit du plus profond de ses entrailles, le plus jeune reçu un coup violent à son visage, qui se déboîta presque sous le coup et qui sembla s'être fait déchirer par les griffes de William.
« Continues. » ordonna Olivia.
Toujours en grognant de plus en plus fort, lui enlevant peu à peu ce qui lui restait d'humain, l'homme porta de nouveau son poing à son hôte, à terre, le visage déjà en sang de par son premier coup. A contre cœur, il dû lui en remettre encore un autre, aussi puissant, si ce n'était plus, ce qui fit craquer les os de la mâchoire et de la nuque du jeune homme, toujours joint à ce cri de douleur lancinant qu'il poussait, bien que cela ne pouvait rendre compte de la douleur qui lui était infligée. Sa tête lui brûlait, il avait l'impression qu'on lui portait au visage des coups de batte de base-ball sur laquelle on y aurait sadiquement fixé quelques pics acérés.
Soudainement, Olivia sembla distraite un léger instant alors qu'elle inspectait le corps gisant du garçon. William ressentant alors son pouvoir persuasif diminuer, il cessa aussitôt de laminer le corps presque sans vie de sa victime et fit volt face pour asséner à la femme un coup de griffe au visage qu'il lui espérait être fatal. Mais malheureusement, elle anticipa le coup, l'esquiva et puis se jeta sur l'homme face à lui.
Elle laissa son côté animal prendre le dessus et se transforma en un espèce de loup noir anormalement grand et attaqua d'un coup de gueule l'homme qu'elle plaquait fermement au sol avec ses pattes. L'autre était dans un état de rage tel que cela lui conféra une certaine furtivité qui lui permit d'éviter de justesse les assauts mortels qu'Olivia lui portait. Mais cela ne dura pas bien longtemps, car la louve, toujours au dessus de lui, atteint sa jugulaire avec l'un de ses crocs et à ce moment précis, un bruit claquant se fit entendre. Un bruit qui s'apparentait tant à un coup de tonnerre qu'à la détonation d'un canon. Il ne suffit que de quelques instants pour qu'Olivia reprenne sa forme humaine, où l'on pouvait lire sur son visage une expression de surprise, agrémentée d'une légère impression de panique qui traversait ses yeux affolés. Elle tourna doucement sa tête vers le corps supposé sans vie du jeune homme et elle le découvrit, avachi sur un bras, un Beretta pointé dans sa direction. Le jeune homme tira un deuxième coup entre ses deux yeux, ce qui la fit tomber inexorablement à la renverse. Elle pouvait légèrement voir apparaître quelques volutes de fumée violacée devant ses yeux …
« Aconit tue-loup … » murmura-t-elle.
A moins d'un mètre d'elle, William était en train de se laisser mourir. Sa carotide tranchée et son incapacité à bouger l'un de ses bras pour panser la plaie faisait que son sang s'échappait fluidement de son artère, sans que rien ne puisse l'arrêter. Il entendit plus qu'il ne vit son hôte bouger vers Olivia pour faire il ne savait pas trop quoi. Il voulait lui ordonner de ne pas l'approcher, car elle pouvait se relever à tout moment et l'achever pour de bon et c'est d'ailleurs ce qui se produisit, car il entendit ce bruit particulier de griffes qui tranchent la gorge d'une victime, répandant son sang sur le feuillage alentours. » »
Alexandre se réveilla en sursaut avec une intensité telle qu'il se prit le coin du bureau de sa cousine en pleine tête, faisant tomber sur lui par la même occasion une pile de livre en cuir qui tenait par le saint-esprit sur un bord de celui-ci, ainsi qu'un coffret où elle rangeait son arbalète. Lorsqu'il se la reçu dessus, il put témoigner assurément qu'elle ne l'avait pas rangée ailleurs ! Il porta les mains à son visage endolori, s'essuya les yeux puis constata au réveil numérique posé à quelques mètres de lui qu'il était déjà près de 13h. Il se précipita donc, n'ayant rien à faire au lit à cette heure-ci et dans sa course, il s'étala de tout son long sur la moquette, la tête la première. « Décidément … »
Allison déboula dans sa chambre rapidement, ne sachant pas ce qui avait pu causer autant de boucan dans la maison. Elle vit son cousin aplatit, les jambes entremêlées dans ses draps, les mains dans son dos et sa figure ne faisant qu'un avec le sol. Elle ria pour elle-même avant de lui demander comment cela allait. Il se contenta d'une bouillie sonore en guise de bonjour, ayant la bouche écrasée contre la moquette.
« Je comptais sortir ce midi. Est-ce que tu voudrais bien m'accompagner ? » balança-t-elle avec toujours ce sourire si particulier qu'elle arrivait à faire et auquel il est était bien entendu impossible de répondre non.
Il acquiesça tout en se relevant avec grande difficulté. Une fois debout, sa cousine lança un coup d'œil vers lui alors qu'elle cherchait des affaires dans sa penderie et elle ne pu s'empêcher de rire un peu en voyant dans quel piteux état était son cousin. Son réveil brutal avait causé quelques dégâts et elle lui semblait qu'il sortait d'un champ de bataille, les cheveux dans tous les sens, des bleus sur son visage renfrogné, sa posture désarticulée … Elle rigola encore plus. De son côté, Alexandre ne comprenait pas pourquoi cet éclat de rire soudain et ne désirant pas comprendre, étant au courant que c'était de lui dont il s'agissait, à moins que sa cousine devenait folle et se moquait du mur derrière lui, il s'engouffra dans la salle de bain. Là, lorsqu'il vit à quoi est-ce qu'il ressemblait dans le miroir face à lui, il comprit pourquoi elle pouffait et ne pu s'empêcher lui-même de laisser échapper quelques gloussements légers.
« On part quand tu es prêt, d'accord ? » dit-elle derrière la porte tout en repartant de plus belle dans sa moquerie.
Alexandre comprenait qu'il ait pu avoir l'air ridicule dans cette posture peu glorifiante, mais au point de mourir de rire de la sorte ! Ce n'est qu'en déposant les yeux légèrement plus bas qu'il comprit pourquoi tant d'histoire … Sous son boxer, déjà moulant d'habitude, se dessinait une courbe très prononcée, signe de cette fameuse « rigueur du matin » à laquelle, en règle général, il arrivait à éviter … Peut-être était-ce dû au fait qu'il s'était levé précipitamment ? Peu importe, il trouvait le comportement de sa cousine bien ridicule pour le coup … A moins qu'elle ne l'avait pas remarqué ? Peu importe, le voilà à se poser trop de question encore … La seule vraie question qu'il fallait se poser à présent était : « que faire de ce joli morceau là ? » Après tout, cela faisait longtemps qu'il ne s'était pas offert quelques minutes de plaisir … A vrai dire, cela remontait à presque une semaine au par avant … Mais la simple remémoration de l'anniversaire de Scott et tout ce qui s'y était passé – ou ce qui avait dû s'y passer, n'étant toujours sûr de rien – le dégoutta et il refusa de faire quoi que ce soit avec mini-Alexandre. Il réalisa que cette histoire avait prit des proportions énormes, car le voilà à se priver de ce plaisir exquis, lui remémorant tout un tas de mauvais sentiments, de peur, de honte et d'angoisse … Ce n'était pas comme si cela faisait quatre années qu'il était habitué à ce genre de pratique et qu'il connaissait par cœur cette sensation si particulière qui en était la clé. Et pourtant, ce simple détail semblait l'avoir traumatisé. Il se résigna donc à faire quoi que ce soit et de toutes façons, le simple temps de ces quelques réflexions et les parties basses de son corps s'étaient à peu près calmées assez, en tout cas, pour mettre un autre boxer sans qu'il ne soit vraiment gêné.
- ⁂ -
« Et … où est-ce qu'on va, au juste ? » demanda-t-il alors qu'ils étaient déjà à quelques minutes de voiture de chez eux.
« Eh bien … Je comptais manger à la pizzeria du centre commercial et ensuite … Oh merde … » chantonna-t-elle avant de porter sa main à la bouche.
« … Quoi, qu'est-ce qu'il y a ? » demanda son cousin en secouant la tête.
« J'ai … Je suis désolé … J'ai appelé Lydia pour savoir si elle voulait que l'on se fasse un bowling et … »
« … Et ? » l'invita-t-il à continuer, ne voyant décemment pas où était le problème.
« Et elle va venir. Avec Scott. »
Alexandre ne répliqua pas.
« Et S-Stiles. »
Alexandre écarquilla les yeux tout en regardant la route. Il allait revoir Stiles aujourd'hui, alors qu'il l'avait déjà vu deux fois la veille, de manière impromptue qui plus est, le faisant se liquéfier sur place … Était-il prêt à le voir maintenant ? Aujourd'hui ? Ou même un autre jour ? Faire comme si de rien n'était alors qu'il s'ignoraient depuis une semaine ?
« J-Je suis désolée, je savais que je faisais quelque chose de mal en t'invitant … Enfin, non, c'est pas ce que je veux dire ! Bien sûr que ça me fait plaisir de t'avoir ! Mais je n'ai pas pensé que cela puisse te poser un problème … » paniqua-t-elle.
« Allison … »
« Je … Je vais faire demi-tour dès que possible, je suis vraiment stupide, excuse moi ! » dit-elle alors qu'elle cherchait des yeux le premier endroit propice à faire sa manœuvre.
« Allison ! » haussa-t-il le ton en posant sa main sur la sienne. L'autre le regarda de biais en avalant sa salive. « C'est pas grave, ça ne gâchera pas notre sortie. » tenta-t-il de la réconforter.
Sa cousine laissa s'échapper de ses poumons tout l'air qui y était accumulé, soulagée qu'Alexandre prenne la nouvelle ainsi. Elle se mit donc à vite changer de sujet et à parler vite pour que son cousin ne se mette pas à trop réfléchir à l'après midi qui les attendait. Mais cela ne marcha pas vraiment, car Alexandre, même s'il répondait au flot de questions d'Allison, n'avait qu'une seule image en tête à présent : Stiles.
Qu'allaient-ils bien pouvoir se dire ? Depuis une semaine, c'était à peine s'ils s'étaient échangés plus de deux mots. La veille au soir était un excellent exemple de toute la frustration que ces deux jeunes hommes pouvaient ressentir l'un en face de l'autre. Lorsque Alexandre était rentré de sa ballade avec Oliver, au moment où il franchissait le pas de sa maison et où il avait entendu la voix d'une personne qui lui semblait familière, mais dont certaines circonstances lui en avait fait oublier le doux son mélodieux, quand il vit Stiles et vice-versa … Des deux côtés, ils se raidirent. Pas un mot ne pu suivre cet échange visuel. Stiles s'était retourné vers Allison, avait hoché la tête avec ses lèvres pincées, puis se releva, frotta ses affaires plus pour se donner une contenance que pour réellement en enlever les plis, puis marcha droit vers la porte, dont Alexandre s'était grandement écarté, regardant le sol et l'autre sortit, sans rien faire de plus. Alexandre referma la porte d'un coup de pied, puis se permit enfin de respirer de nouveau. Voilà à quoi en était réduites toutes leurs rencontres.
Allison se gara sur le parking de la pizzeria. D'ici, Alexandre pouvait voir, quelques mètres plus loin, l'entrée du bowling … Non seulement il était une véritable quiche à ce jeu, mais en plus, dans quelques minutes, il allait y retrouver Stiles …
- ⁂ -
« P'pa ! Je pars chercher Scott, on va au bowling. A ce soir ! » cria-t-il alors qu'il était déjà en train de descendre les marches jusqu'à sa bonne vieille Jeep, toujours fidèle au rendez-vous, fière, dans son bel habit bleu. Il grimpa dedans et fila à toute vitesse pour ne pas être en retard. Ils étaient censés manger au chinois avant leur partie, ça aurait été bête d'avoir à faire attendre Allison et Lydia alors qu'elles étaient prêtes !
Il le prit au passage, presque sans s'arrêter, comme ils avaient l'habitude de faire, Scott étant doté d'habilités le lui permettant. Cette cascade un peu périlleuse avait toujours l'effet positif de les faire instinctivement sourire, se croyant dans un film en faisant ce genre d'acrobaties, alors que s'arrêter ne leur aurait strictement rien coûté, si ce n'est le risque que McCall rate son coup, se viande sur le bitume alors qu'ils fonçaient à toute allure, qu'il se fasse renverser par une autre voiture, qu'on l'emmène à l'hôpital et peut-être même que l'on y découvre que c'était un lo...
« Stiles ! » appela Scott en passant sa main devant les yeux perdus du conducteur.
L'intéressé fit un léger bond, comme s'il se réveillait. « Oui, désolé, pardon, je réfléchissais à … Non, rien. » bafouilla-t-il, sorti de ses pensées qui s'étaient, comme toujours, mises à extrapoler d'elles-mêmes sans qu'il n'ait rien demandé.
« Je te demandais comment tu allais ? » s'inquiéta l'autre.
« … Bien et toi ? » répondit-il, interloqué par le ton de son ami.
« Eh bien … Bien. » dit-il simplement.
Stiles ne comprenait pas trop pourquoi est-ce que Scott avait prit cette intonation aussi … Inquiète, lorsqu'il lui demandait comment est-ce qu'il allait.
« Bon, écoutes, je … Je suis désolé pour hier, je me suis comporté comme un idiot … Comme si ça changeait de d'habitude … Je voulais m'excuser de la façon dont je t'ai parlé, m'excuser pour ce que je t'ai dis … » continuait-il d'essayer de se faire pardonner.
A vrai dire, Stiles avait quelque peu oublié leur altercation de la veille dans la voiture et il comprenait à présent pourquoi est-ce que son ami semblait aussi gêné et si inquiet de son état. Il n'y avait pas mort d'homme, voyons ! Il lui expliqua donc que, même s'il tenait à maintenir le fait que ça l'avait quand même blessé, cette histoire était passée et qu'il ne servait à rien de revenir dessus. Scott ne pu s'empêcher de sourire face à cette nouvelle, cette affaire l'avait tracassé toute la soirée jusqu'à même s'en donner du mal à dormir.
« Au fait, rappelle moi pourquoi est-ce que tu as accepté de jouer au bowling ? Alors que, avec tout mon respect, tu as autant de chances de gagner à ce jeu que j'en ai à la crosse ? » Scott leva un sourcil. « Autant dire, presque aucune ? » demanda-t-il, gardant sa tête parfaitement neutre du côté visible de son ami, l'autre arborant un rictus trahissant son envie de rire.
« « Parce qu'il y aura Allison » te semble-t-elle une raison valable ? » proposa-t-il avec une moue.
« Ai-je vraiment besoin de dire ce que j'en pense ? » rigola-t-il.
« Hé, ça va, jalouse ! Et puis, je te rappelle que j'ai maintenant un super niveau ! Tu sais, tous ces trucs de loups-garous … Rapidité, superbe acuité, précision, force … »
« Ouais, les même habilités qu'à la patinoire l'année dernière, en gros ? » pouffa Stiles.
« … Ouais, c'est habilités là … » dit-il d'un air faussement dépité, avant de rejoindre son meilleur ami dans une franche rigolade.
Ils arrivèrent rapidement au restaurant chinois et prirent ce qu'il leur fallait pour reprendre les forces nécessaire. Comme d'ordinaire, ils discutèrent de tout et de rien jusqu'à ce que, sans qu'ils ne sachent vraiment pourquoi, la conversation prit une tournure telle qu'ils se mirent à parler de Derek.
« Toujours aucune nouvelle ? » demanda Stiles.
« Non. Rien depuis près d'un mois. Je ne sais même pas où il est parti. Il m'a parlé de sa fameuse meute d'Alphas … Et depuis, il n'a plus jamais pointé son nez. J'ai essayé de lui envoyer des messages, mais tu le connais … C'est pas trop son truc. Je suis retourné plusieurs fois chez lui, toujours aucune trace de Derek … Disparu. » soupira Scott, la disparition soudaine de son Alpha lui pesant sur la conscience.
« Ché-un-pfeu-pfoblématchique-cha ! » tenta de prononcer l'autre, du riz cantonais plein la bouche. Il avala douloureusement sa bouchée alors que son vis-à-vis l'interrogeait du regard. « En parlant de Derek, tiens. Hier, Allison m'a appelé pour me parler des meurtres qui sévissent en ce moment et elle m'a montré une liste que son père a fait. Le nom des victimes étaient classés de telle sorte que cela corresponde au nom d'un certain Logan Wood, un loup-garou qui ferrait parti de la meute d'Alpha. Un truc un peu tiré par les cheveux, certes, mais qui mérite tout de même toute notre attention. » Il avala un peu d'eau.
« … D'accord, mais je ne vois pas en quoi Derek vient faire là dedans … » marmonna l'autre en fronçant les sourcils, cherchant un lien.
« J'y viens, j'y viens. Quand je suis arrivé chez Allison, sa maison était dans un sacré bazar. Genre, décor post-apocalyptique quoi ! Quelqu'un était rentré chez elle par effraction très certainement. En y réfléchissant bien, c'est même une évidence. Enfin bref, elle soupçonne que ce soit Logan qui soit entré pour chercher je ne sais trop quel document dans les archives de son père. » dit-il, toujours calme.
« Quoi ?! Cambriolée ! Mais pourquoi … Pourquoi est-ce qu'elle ne m'a rien d... » commença-t-il.
« Concentration, Scott ! Concentration. Je n'ai pas fini. Tout le dossier concernant sa tante Diane était éparpillé dans toute la pièce. La plupart des documents étaient déchirés … Sauf un. La fameuse liste. Pourquoi ? Parce qu'elle était imbibée d'aconit tue-loup. » dit Stiles d'un air concerné. « Mais c'est pas là le plus space ! Une fois son père rentré chez eux, Allison lui a parlé de cette histoire et il lui a affirmé que ni lui, ni Gérard n''en avaient mit sur ce bout de papier ! … Et il est évident que ce ne soit pas Logan qui ait fait ça … En bref, Derek se fait vraiment désirer, là, c'est le seul dans le coin qui possède assez d'expérience dans le domaine pour nous être utile. Pas que tu sois inutile et sans expérience, hein ! » se reprit-il face à la tête déconfite de Scott.
« Non, non, ce n'est pas ça, t'inquiètes. Bien sûr que je ne serais pas d'une grande aide là dedans … » dit-il les yeux froncés, comme s'il cherchait une solution dans sa tête. « Et … » Il secoua la tête, « Vous avez demandés à Alexandre si ce n'était pas lui qui a mit de l'aconit tue-loup ? » demanda-t-il sans en croire un mot.
« … Pas personnellement en tout cas. » se contenta-t-il de dire en replongeant dans son riz, comme si soudainement il ne se sentait absolument plus concerné par la discussion.
« Tu … Tu ne lui parle toujours pas ? »
« Non. Pourquoi le devrais-je ? » marmonna Stiles entre deux bouchées.
« C'est pas toi, hier, qui me disait que nous devions nous occuper de lui, le protéger ? » rigola Scott.
L'autre releva ses yeux foudroyants sur lui, sans prononcer un mot, jusqu'à ce qu'il ré-attaque sa nourriture à coups de baguettes.
« Je croyais que tu ne l'aimais pas. »
« En effet. » répliqua Scott. Stiles le regarda, les sourcils froncés. « Mais pour toi et uniquement parce que c'est toi, je suis prêt à faire un effort. S'il compte autant pour toi à tes yeux … Alors, je m'engage à porter un œil sur lui et faire en sorte que rien de grave ne lui arrive à nouveau. » prononça-t-il, l'air un tantinet trop solennel pour être vrai.
« … Sérieusement ? » demanda l'autre, interloqué.
« … Moui. Mais comme visiblement tu n'es pas décidé à lui parler et que je ne compte pas lui adresser la parole, j'ai bien peur que mon engagement tombe à l'eau et que ce pauvre Alexandre ait à se débrouiller tout seul ! » dit-il avec un faux sourire, alors qu'il avalait fièrement une nouille qui rentra dans sa bouche accompagnée d'un son peu distingué.
Stiles avait les yeux mi-clos. Quel enfoiré, se disait-il en son for intérieur, alors qu'il esquissa un petit rictus face à la blague de son ami.
« Non, sérieusement, tu sais très bien que je ferrais en sorte que rien ne lui arrive. Tu me connais, je ne peux pas m'en empêcher, même avec ceux qui ne sont pas mes amis ! » soupira Scott, comme s'il était fatigué de ne pouvoir résister au désir de maintenir tout le monde en vie.
Stiles pouffa légèrement en regardant son vis-à-vis qui était à moitié allongé sur la table, la tête relevée et un bras couvrant son front, comme l'aurait fait l'héroïne d'une tragédie grecque.
« C'est … Gentil, Scott. » murmura-t-il, touché par l'attention de son ami.
Ils se levèrent pour aller payer leur repas et alors qu'ils sortaient, Stiles reprit la conversation.
« Je veux que tu saches qu'Alexandre ne te remplacera jamais. J'entretiens avec lui une … Enfin … J'entretenais avec lui une relation différente de la notre, donc peu importe ce qui aurait pu se passer entre lui et moi, ça n'aurait jamais eut d'incidence sur nos liens. » bredouilla-t-il.
« Tu parles de lui au passé comme si tu n'allais plus jamais lui adresser la parole et que tu n'allais plus le voir ! » riposta Scott en tenant ouverte la porte du Bowling, dans lequel ils s'engouffrent.
« Bah, je vois difficilement comment ce serait possible ! A chaque fois que nous nous voyons, nous sommes tous les deux muets comme une car … » commença-t-il à dire avant de croiser les yeux paniqués d'Alexandre, à seulement dix mètres de lui.
Stiles s'arrêta net dans sa marche, faisant manquer à Scott de tomber, n'ayant pas vu que son ami s'était stoppé au milieu de l'allée. Il ouvrit grand les yeux et avala sa salive.
« Quoi ! Déjà hier, maintenant aujourd'hui, c'est un complot, qu'est-ce qu'il fiche ici ?! » siffla Stiles entre ses dents, complètement affolé devant la présence de l'autre.
Alexandre, au même moment, détourna la tête et fit mine de regarder ailleurs … Comme si le plafond avait quelque chose de très intéressant ! Il rabaissa donc ses yeux … Non, le sol non plus n'avait rien d'assez extraordinaire pour qu'il puisse y porter toute son attention … Il se résigna à sortir son portable pour vérifier l'heure, comme un reflex, sans vraiment la regarder. Pour se donner une certaine contenance, il fit glisser ses doigts sur son écran, comme s'il cherchait quelque chose sur son téléphone, alors qu'il n'avait même pas enlevé l'écran de déverrouillage.
Allison se retourna, ayant remarqué le changement soudain d'attitude de son cousin et vit Scott, le sourire aux lèvres et Stiles, blanc comme un linge. Elle leur fit un geste élégant de la main pour signaler sa présence, même si cela était parfaitement inutile, parce que, à part un groupe d'adulte à proximité, ils étaient les seuls avec Lydia à attendre au comptoir. Les garçons avancèrent donc vers leurs amis et alors qu'ils se faisaient tous la bise, la tension augmenta d'un cran lorsque Stiles et Alexandre se retrouvèrent face à face, sans que l'un d'entre eux n'ose faire quoi que ce soit.
Pas un « bonjour » ne traversa la barrière solide que formaient leurs lèvres pincées. Pas même un sourire n'arriva à s'étirer sur leur visage figé par l'angoisse et le malaise. Leurs yeux noisettes respectifs ne trahissaient aucune émotion, leurs sourcils étaient délicatement posés au dessus d'eux, parfois légèrement froncés par un spasme nerveux. Ils s'efforçaient à se regarder droit dans les iris, ne voulant pas dévisager l'autre, sans pour autant dévorer des yeux cette délicate couleur caramel qui coulait derrière leurs deux grandes orbes. Pas même leurs paupières ne purent battre pour apaiser cette douleur lancinante à laquelle ils étaient proie, à force de fixer aussi intensément l'autre dans cet épique duel oculaire. Ils avalèrent ensemble leur salive, trahissant leur stress et eurent tous deux de légers tremblements dans les doigts … La tension était palpable … On se serait cru dans un mauvais western, où les deux protagonistes, le visage en sueur et recouvert d'une fine couche de poussière étaient prêts à dégainer leur arme dès lors que l'autre aurait amorcé un premier mouvement, même minime. Le comble de cette scène était qu'en fond sonore, dans le Bowling, était diffusé « L'homme à l'harmonica » … Pouvait-on plus de circonstance ? L'attention de ces deux cow-boys fut soudainement happée par le claquement de doigts d'une Lydia quelque peu exaspérée à côté d'eux.
« Bon, les deux là, vous venez vous inscrire ? » souffla-t-elle en regardant leurs têtes de merlans frits.
« Je ne joue pas. » s'empressèrent-ils de dire en même temps.
Ils sursautèrent en entendant leur voix se faire mutuellement écho. Ils se lancèrent un regard en biais alors que la blonde vénitienne levait progressivement un sourcil tout en alternant son regard entre les deux.
« Bon, je joue. » dirent-il encore de façon parfaitement synchronisée.
Cette fois-ci, ils se regardèrent droit dans les yeux, les sourcils froncés. « Non mais il en fait exprès ? » se disaient-ils au même moment dans leurs têtes respectives. Ils essayaient à présent de lire dans les yeux de l'autre afin de savoir quelle serait sa prochaine réponse … Mais ils devaient se rendre à l'évidence, ils allaient très certainement balancer encore la même réponse. Ils se retournèrent donc vers Lydia et soupirèrent : « On ne joue pas. »
Celle-ci leva les yeux au ciel et balança ses bras en l'air. « Comme vous voulez ! »
Elle se retourna et rejoignit Scott et Allison qui essayaient leurs magnifiques souliers aux couleurs raffinées, pour ne point abîmer le prestigieux parquet ciré et lustré de la piste de Bowling … Alexandre était bien content de ne pas avoir à enfiler ces immondices, étant condamné à rester sur de la moquette, où les bancs d'attente prenaient place et où il sera assis pendant de longues minutes, si ce n'étaient des heures, face à un Stiles tout aussi perturbé que lui.
Alors que pendant toute leur partie Scott et Allison s'asseyaient sur le même siège, légèrement écartés du reste du groupe, lorsqu'ils n'étaient pas tous les deux à se chuchoter on ne savait trop quelle mièvrerie sur la piste, Lydia alternait un coup à côté d'Alexandre, elle lançait sa boule, puis elle venait s'asseoir à côté de Stiles et ainsi de suite. Une fois son quatrième lancé effectué et son troisième strike enchaîné, elle s'assit à côté de Stiles tout en regardant le cousin d'Allison, sur le banc d'en face, à un peu plus de trois mètres d'eux.
« Ok, je ne te demanderais pas quel est le problème entre toi et Alexandre, je crois l'avoir bien saisi depuis le temps. Ce qui m'intrigue juste, c'est pourquoi faire comme si il n'existait pas, alors qu'il est juste en face de toi et qu'il meurt d'envie de te regarder … Tout comme toi ! » chuchota-t-elle.
Stiles alterna son regard entre elle et lui puis fronça les sourcils. « … Je ne meurs pas d'envie de le reg … »
« Stiles … A moins d'être une imbécile aveugle et dénuée de tout bon sens, ce qui n'est pas mon cas, il impossible de ne pas remarquer que la position dans laquelle tu tiens ton téléphone n'est pas des plus naturelles … Et je puis t'assurer qu'il y a de bien meilleures façons de le regarder qu'à travers le reflet de ton écran ! » répondit-elle avec un sourire, alors que l'autre avait le visage qui s'enflammait. Elle rigola un coup, lui tira l'une de ses joues rougies puis reparti jouer.
De nouveau un strike. Elle s'assit cette fois-ci à côté d'Alexandre.
« Et toi mon chou. Que fais-tu ici si tu ne joues pas au bowling ? »
Sorti de son nuage, il regarda Lydia comme si elle venait d'apparaître devant lui comme par magie.
« Je … Je te demande pardon? »
« Qu'est-ce que tu fais là ? » dit-elle en croisant les jambes.
« … C'est un reproche ? » demanda Alexandre en fronçant les sourcils, n'aimant pas comment la question lui était adressée.
« Aucunement ! Je pense qu'il faudrait simplement que tu redescendes sur terre et que tu regardes autour de toi … Car à quelques mètres d'ici se trouve Stiles. Tu sais, cette fameuse personne avec qui il s'est passé pleins de trucs mystérieux, sur qui tu flashes, à qui tu penses tout le temps et bla bla bla … Tu te rappelles ? » lui dit-elle sans le regarder.
« … Qu … » il n'arrivait pas à prononcer un mot, partagé entre la surprise, la colère et un tas d'autres émotions qui se bousculaient aux portes de son esprit trop vite sortie de sa rêverie.
« Ce Stiles-ci. » chuchota-t-elle en tournant du doigt la tête de son voisin vers la personne en question. Stiles, remarquant qu'Alexandre le regardait à présent, ouvrit grand les yeux et rebaissa sa tête vers son téléphone, la tête plus rouge encore. « Et il meurt d'envie de te regarder comme tu as sûrement pu le constater. » Alexandre fit de même que l'autre et recentra son regard vers ses pieds.
« … Et ? »
« … Et je ne peux admettre un seul instant que cela puisse te laisser aussi indifférent que tu ne veuilles me le faire croire ! » pouffa-t-elle.
« … Qu'est-ce qui te fait dire ça ? » demanda Alexandre avec un rictus.
« Eh bien, j'aurais bien répondu mon flair ou mon intuition féminine … Mais hélas, je ne dois ceci qu'à ma vue, car la seule perception de tes mains tentant de cacher de leur mieux cette région-ci de ton pantalon en disent bien plus que tu ne le crois ! » lui dit-elle placidement, les yeux dans les yeux tout en désignant de son doigt l'entre jambe du garçon. Elle se rapprocha de son oreille et chuchota : « Je ne suis pas une imbécile aveugle, dénuée de tout bon sens ! » Puis, avant de s'en aller, elle referma la bouchée bée d'Alexandre du bout de son doigt vernis. C'était lui où elle l'avait maté à un moment donné pour remarquer un pareil détail ? Lorsqu'il prit conscience, en effet, de sa position fort peu discrète et très révélatrice, il s'empressa de retirer son pull, le laissant en débardeur, afin de déposer son vêtement sur ses cuisses, comme s'il avait trop chaud, lui permettant ainsi d'avoir l'air moins bête, les mains entre les jambes.
Elle continua sa lancée et fit un cinquième strike avant d'aller s'asseoir à côté de Stiles qui soupira à son arrivée.
« Qu'est-ce que tu es allé lui dire … ? » marmonna-t-il.
« Moi ? Rien … » Il leva les yeux au ciel. Il y eut un petit battement avant qu'elle ne reprenne la conversation. « Mon Dieu, tu as vu ses bras ? » dit-elle langoureusement.
« Qu'est-ce que je pourrais bien avoir à faire de ses bras … » gronda Stiles, la tête toujours baissée.
« Tu … Ne veux même pas jeter un coup d'œil ? » proposa Lydia.
« Non … » répondit-il, cassant. Lydia soupira.
« Tu ne vas pas lui parler je présume ? » souffla-t-elle.
Un simple mouvement de la tête lui fit comprendre que non. Elle leva les yeux au ciel. Pourquoi était-ce aussi compliqué de réunir deux personnes alors qu'elles mouraient d'envie de se voir ? Elle réussit à attraper le regard d'Alexandre en face. Lydia esquissa un mouvement de tête vers Stiles, les yeux grand ouvert, mais le jeune homme fronça les sourcils et fit non de la tête, avant de la tourner vers la piste. La demoiselle laissa tomber ses bras.
Alexandre fut sorti de ses pensées pour la énième fois par le bruit fracassant des quilles propulsées par le strike de Lydia. Ce jour-ci, il était plus sur les nerfs que d'habitude et le moindre bruit lui semblait amplifié, lui causant une véritable migraine. Mais en plus de cela et il pensait que c'était ce qui l'irritait le plus à cet instant, c'était la présence de Stiles juste à côté de lui. Au lycée, ils arrivaient généralement à maintenir une distance de minimum cinq mètres, mais là …
En y réfléchissant, qu'ils soient éloignés ou aussi prêt qu'à ce moment, cela ne l'empêchait pas de penser à lui. Mais justement, peut-être que cette petite distance les séparant avait tendance à le faire se sentir très mal, combiné à ses pensées. Trop de Stiles, se disait-il dans sa tête … Cela faisait une semaine qu'il avait tenu, qu'il ne lui avait pas adressé la parole, qu'il ne l'avait pas regardé pour autre chose que simplement le regarder, comme il l'avait fait quelques minutes au par avant avec Lydia … Mais plus il attendait, plus cela devenait lourd à supporter, c'était comme s'il s'essoufflait et que cela pompait toute son énergie de lutter contre l'irrésistible envie de plonger ses yeux dans les siens, de l'avoir plus près de soi encore, de respirer son délicat parfum, de sentir sous ses doigts la peau lisse et douce de …
« Non, Alex, non ! On arrête ça, on ne pense plus à ça … T'as déjà bien l'air assez malin avec ton pull sur tes genoux, alors on se calme et on laisse ce genre de pensées ailleurs. Rappelles-toi, cela n'apporte que le malheur ! Tu te souviens ? Black out, sang, mauvaise réputation, menace, tout ça tout ça … Jamais je ne pourrais y retoucher … Je devrais même l'oublier … Sors de ma tête, Stiles, sors de ma tête ! » se disait-il dans ses pensées, crispant son visage, se sermonnant lui-même. Il se donnait des claques invisibles, faisant se contracter chaque muscles de son corps sous les assauts qu'il se portait dans son esprit … Et si c'était la seule façon de passer à autre chose ? Ce serait la solution idéale pour qu'il puisse enfin vivre apaisé de nouveau, cependant, il ne pouvait toujours pas faire fi de sa présence quotidienne … Le simple fait qu'il se trouve prêt de lui donnait l'impression au jeune homme que l'autre l'épiait. Il se sentait constamment observé, que Stiles le fasse véritablement ou non ! En même temps qu'il pensait à ça, il tourna sa tête légèrement vers l'intéressé. Une fois celui-ci dans son champ de vision, le dos courbé, les bras sur ses jambes, la tête baissée … Alexandre remarqua qu'entre les doigts du jeune homme sur l'autre banc, dans le reflet de l'écran de son téléphone, deux orbes noisettes l'observaient intensément. Ces mêmes orbes qui, une fois ayant compris qu'elles s'étaient faites repérées, s'ouvrirent brusquement, avant de disparaître pour ne laisser refléter que le plafond de la salle.
« Est-ce qu'il … Est-ce qu'il me stalkait avec son … Téléphone ? » se demandait-il.
« Et merde … Merde, merde, merde ! » se sermonna Stiles dans sa tête. « C'est foutu, il m'a capté … Super ça, bravo Stiles ! Se faire griller entrain de le mater avec mon portable … Il ne manquait plus que ça ! Quel tact, mon grand … »
Sa main en sueur tremblait terriblement. Il se l'essuya rapidement contre son jean délavé puis déverrouilla son téléphone par reflex. Il était déjà 15 heures. Cela faisait à peine une demie heure qu'ils étaient là, assis à trois pas l'un de l'autre et pourtant, il lui semblait être ici depuis des heures ! Pendant ces trente minutes, il avait passé son temps entre admirer secrètement Alexandre d'une façon ou d'une autre et se sermonner pour arrêter ce qu'il était entrain de faire.
« Non Stiles, tu n'as pas envie de lui rendre la vie facile. Il faut arrêter les concessions, c'est à lui de venir présenter ses excuses. Il y en a marre de toujours faire comme si de rien était ! Tu es exaspérant, Stiles. Toujours à vouloir rendre service autour de toi et à faire en sorte de maintenir tout le monde dans la bonne humeur … Il est temps de prendre des vacances ! Après tout, il t'a pourri la vie, hein ? Regardes, il te défonce et prétend ne pas s'en souvenir, te laisse les flancs en sang, te créait une sale réputation de violeur … Sans parler de tout ce qui en découle ! Non, décidément, il ne mérite pas qu'on s'occupe de lui comme tu aimerais t'en occuper !
Mais … A côté, il n'a pas non plus le sort en sa faveur … Regardes, il s'est fait enrôler dans une histoire de meurtres pour lesquels il est évidement innocent, on le menace de mort, on le lamine pour je ne sais trop quelle raison, il a une réputation de tueur, personne ne l'approche, alors qu'il est nouveau ici et qu'il n'a pas encore eu le temps de se faire des amis … Ouais, à côté, j'ai encore la belle vie … Pourquoi tous ces éléments ? Pourquoi est-ce si compliqué, alors qu'il suffirait juste de faire comme s'il n'existait pas ? … Justement, parce qu'il existe … Et qu'il est juste là, avec … Oh mon Dieu, Stiles, regardes ces bras ! Et ces pecs … Où a-t-il pu aller pour sculpter son corps de cette façon ? Ce gars est … Merde ! » se disait-il, la bouche entrouverte, lorsqu'il aperçu pour la seconde fois Alexandre le regarder à travers le reflet de son écran.
C'était inutile de faire comme si de rien était, l'autre avait très certainement compris qu'il le reluquait sans cesse et il passait à présent pour un obsédé … Il n'osait même pas imaginer ce qu'Alexandre en pensait ! Lui, Stiles, le gars qui l'évite, ne lui adresse pas la parole, l'ignore au possible, mais qui par derrière le stalk en secret, pense à lui souvent … « Mon Dieu ! Et si il lisait dans les pensées, tant qu'à faire ? Je suis un homme mort, honte sur moi ! » se réprimanda-t-il en secouant la tête et en se levant brusquement. « Eh … Attend un instant … Pourquoi tu t'es levé ? Mon Dieu … Qu'est-ce que je fais maintenant ? Bouges ! Ne restes pas planté là à regarder le décor ! » se gronda-t-il lui même.
De son côté, Alexandre regardait Stiles s'en aller d'un pas hésitant vers le bar. Il ne savait pas s'il fallait être amusé par ce comportement ou, au contraire, s'en inquiéter. Ce qu'il croyait être une simple impression s'avérait être, au final, vraie : Stiles le regardait toujours dans son dos. Il aurait aimé être flatté et touché par cette attitude qui ne pouvait que lui plaire, voir même rassuré de voir qu'il semblait avoir passé l'éponge sur tout depuis le début ! Mais vis-à-vis de tout ce qui s'était passé depuis une semaine, il trouvait ça quelque peu malsain et très mal placé … Enfin, objectivement, cela n'avait rien de vraiment déplacé, c'était juste lui, dans son esprit, qui s'était fixé ces bornes-ci … Et puis, quand il y réfléchissait, à la remémoration de certaines de ses pensées depuis le week-end dernier concernant l'intéressé, que Stiles l'observe de la sorte n'avait définitivement rien de pervers. Vraiment rien.
Peut-être était-il temps enfin de crever l'abcès ? Peut-être même que c'était ce qu'il attendait, de son côté ? Après tout, à chaque fois qu'il y avait eu ce sentiment de rupture et de malaise, cela avait toujours été Stiles qui était venu réparer les dégâts … Il était grand temps qu'Alexandre prenne les rênes en main et qu'il sorte de cet état de stupide esprit borné et trop fier pour se démonter devant des prétendus principes … Il reporta de nouveau son regard vers l'intéressé quand il remarqua, encore une fois, que celui-ci le regardait du coin de l'œil. Stiles sursauta et se précipita vers la première échappatoire qui lui était donnée. Dans le même mouvement, comme inexorablement emporté par ses jambes, Alexandre se leva et se mit à suivre rapidement l'ombre de la tignasse châtain clair qui serpentait à travers les tables de billard installées entre les pistes de bowling et la sortie.
Stiles sentait monter en lui une crise de panique … Il savait qu'Alexandre était parti à sa recherche et qu'il allait certainement le massacrer … Quelle idée d'avoir voulu encore le regarder, même de loin ? Il allait sûrement lui demander des comptes et il ne saura pas quoi répondre ! Il s'engouffra derrière la première porte qui lui était donnée et une fois fermée, il se reposa contre elle, les yeux clos, la respiration haletante. Ce n'est qu'une fois après avoir senti une forte odeur très désagréable de produits d'entretien qu'il ouvrit un œil et découvrit avec horreur qu'il venait d'entrer dans les toilettes … Alexandre allait le coincer ici, pour sûr ! Il n'y avait pas la moindre fenêtre pour éventuellement s'échapper, il allait finir en chair-à-pâté-de-Stiles sans même avoir eu le temps de dire au revoir à qui que ce soit, sans avoir rédigé son testament … Les six cabines sur le mur droit étaient verrouillées … Et d'ici là que quelqu'un sorte, Alexandre aurait eu tout le loisir de venir le séquestrer dans cette pièce, pour l'instant, immaculée.
Il se posa contre les lavabos et s'aspergeât la tête d'eau fraîche pour qu'il puisse se calmer. Après tout, les chances pour qu'Alexandre vienne le tuer était extrêmement minces ! Pourquoi paniquer de la sorte ? C'était ridicule … Il se regardât dans le grand miroir en face de lui et il crut avoir à faire à un zombie en voyant sa tête ahurie, pâle et trempée, ses cheveux en l'air et ses vêtements mal enfilés. Il tenta de remédier à ses deux derniers points, ne pouvant malheureusement pas retoucher au physique pour l'instant, puis, soudain, le bruit libérateur d'une chasse d'eau ainsi que d'une porte se déverrouillant se fit entendre. Il ne se fit pas prier pour vite se poster devant, attendant impatiemment qu'on lui laisse de la place pour se cacher. Une fois l'homme à moitié hors de sa cabine, il l'aida presque à en sortir le plus vite possible, le tirant de l'encadrement de la porte, faisant beugler sourdement cet espèce de veau de 120 kilos avec son bandana noir sur la tête et ses tatouages sur les bras. Il se barricada à l'intérieur, fermant le verrou, en cherchant même d'autres éventuels sur la porte, puis recula … Comme si soudainement la porte avait pu s'ouvrir violemment sur lui.
Il ne prit pas même le temps de vérifier si la lunette était propre et il s'assit dessus, sentant les forces lui manquer dans les jambes. Il resta dans cette position deux bonnes minutes, parfois à sursauter dès que quelqu'un tirait la chasse à côté de lui où allumait le sèche-main … Mais au bout de tout ce temps, une fois posé et plus ou moins calme, il se mit enfin à raisonner correctement.
« Si Alexandre avait voulu me zigouiller, me séquestrer, m'enfermer, me … Peu importe … Il serait déjà rentré ! Enfin, je l'aurais entendu rentrer ! Si ça se trouve, il est dehors, à attendre que je sorte … Tu délires Stiles, qu'est-ce qu'il pourrait bien te faire, hein ? » murmura-t-il pour lui même, la tête entre les mains.
Il déverrouilla sa porte le plus discrètement possible, ce qui, bien entendu, fut un cuisant échec … Puis, il passa délicatement sa tête à travers l'ouverture, vérifiant d'un coup d'œil si Alexandre était rentré ici sans qu'il ne l'ait entendu. Personne à gauche, personne à droite … Qu'est-ce qu'il pouvait bien foutre à la fin ? Il sorti de sa cabine et rata un battement de cœur tout en mimant une sorte de mouvement de karaté lorsqu'une porte derrière lui s'ouvrit brusquement, laissant sortir des toilettes un gamin d'une douzaine d'années à peine. Soulagé, il souffla tout l'air qui s'était emmagasiné dans ses poumons sous le choc … Puis, une fois que le garçonnet esquissa ses premiers pas vers la porte, Stiles en profita pour se cacher tant bien que mal derrière lui, même si de par leur différence de taille, cette idée de cachette semblait parfaitement stupide. Le plus jeune tentait de ne pas tenir compte de la présence de ce gars étrange dans son dos et sorti des toilettes. A ce moment très précis, Stiles vit Alexandre, posté juste derrière la porte.
De son côté, le jeune homme espérait voir Stiles sortir à un moment ou un autre des toilettes … Il préférait l'attendre ici plutôt qu'à l'intérieur, ne voulant pas passer pour un obsédé qui attend sa proie à la sortie même des cabinets … C'était toujours mieux d'attendre que l'autre ait fini ses affaires ! Après tout, si il était parti aux toilettes, ce n'était pas pour rien ! Mais soudain, la porte s'ouvrit et comme s'il l'avait pressenti, il se retrouva nez à nez avec Stiles. Moins de trente centimètres les séparaient … Un gosse qui se trouvait en sandwich entre eux-deux les séparaient également. Celui-ci, d'ailleurs, s'échappa le plus vite possible de cette étreinte en courant vers le bar.
Ils restèrent plantés comme ça pendant quelques longues secondes, à se regarder dans le blanc des yeux, avant que Stiles ne fasse un mouvement de recul, suivi d'un pas en avant d'Alexandre, les faisant entrer tous les deux dans les toilettes. Ils ne se dirent toujours rien, comme s'ils attendaient mutuellement que l'autre se mette à parler … Et plus ils attendaient, plus ce silence devenait gênant. Leur contemplation semblait lourde et pesante sur leurs épaules … Alexandre avala sa salive.
« Hey … » balança-t-il, hésitant.
« ...Salut. » répondit l'autre après s'être pincé les lèvres.
Alexandre balançait son regard entre les deux yeux de Stiles à présent, comme si cette simple salutation l'avait libéré d'un poids tel qu'il pouvait à présent se mouver un minimum. Il pouvait lire en l'autre une certaine angoisse qu'il ne saurait justifier … Lui aussi était quelque peu anxieux et quand il prenait un peu de hauteur sur la scène qu'ils étaient en train de vivre, il soupira en son for intérieur et fini par se dire que ce n'était pas si dramatique, qu'il suffisait juste de parler, d'avouer ce qui leur pesait sur leur cœur et peut-être qu'avec cet échange, ils arriveraient à crever l'abcès et à repartir sur une meilleure base. Mais pour cela, il fallait trouver les mots … Comment introduire ceci ? Il ne prit pas plus le temps d'y réfléchir et se lança dans un discours non préparé, trouvant ce silence fort gênant.
« Écoutes … Je ne sais même pas pourquoi est-ce que je ne suis pas venu te voir avant pour m'excuser … Pour tout. A vrai dire, il se passe tellement de trucs autour de moi en ce moment et j'ai l'impression d'être complètement dépassé par tout ça … Je n'ai la main sur rien, aussi interne à moi cela soit-il. Mais … Je pense sincèrement que j'y verrais plus clair si je commençais par venir te voir toi et te présenter mes excuses les plus sincères … » Il marqua une pause, relevant ses yeux vers Stiles, alors qu'il avait le regard fuyant pendant tout son monologue hachuré par des hésitations et des reprises de souffle. « Je … Je ne sais pas comment tu te sens à l'égard de tout ça … Si ça se trouve, ça te passe complètement au dessus ou alors tu n'as simplement pas envie d'en parler ! Et dans ce cas là, je respecterai ton choix et je m'abstiendrais d'aborder le sujet … Mais … Sache que … Que ça m'aiderait grandement de revenir avec toi sur ce qui s'est passé le week-end dernier. Vraiment. » dit-il faiblement, très embarrassé.
Face à lui, Stiles hésitait. Devait-il tout lui raconter dans les moindres détails ? Devait-il se contenter des grandes lignes ? A sa connaissance, on lui avait déjà plus ou moins raconté ce qui s'était passé, de façon très brève et peut-être même un peu brutale … Alors, il prit une grande inspiration et se mit à lui raconter tout ce qui s'était passé, en détail, ayant la faculté de transcrire les émotions et les sensations qu'ils avaient pu vivre, faisant lui-même partie intégrante de la scène.
- ⁂ -
Lydia bailla, comme si elle était fatiguée de faire des strikes à n'en plus finir. Elle se retourna vers les deux amoureux, Allison toujours sur les genoux de Scott et ne pu s'empêcher de remarquer l'air inquiet de ce dernier. Il avait le regard perdu et eu soudainement un frisson. Allison retourna donc sa tête vers lui.
« Scott ? Ça va ? » demanda-t-elle.
« … Mhhh ? Oh, oui, ça va … » répondit-il, sorti de son nuage. Les filles se regardèrent, puis reposèrent leurs yeux sur lui. « Quoi ? J'ai dis que ça allait … ! » ronchonna-t-il.
« Certes, mais cela ne va pas visiblement. » répliqua Lydia tout en s'asseyant.
« C'est rien de très imp … » il se pinça les lèvres. Allison haussa un sourcil, sentant bien l'inquiétude de l'autre. Scott râla un coup en basculant sa tête en arrière. « Promettez moi de ne pas me prendre pour un fou si je vous dis ce qui ne va pas, d'accord ? » supplia-t-il.
Les filles hochèrent la tête naturellement, sans avoir à se concerter. Après tout, Scott restait Scott !
« Bon. On va finir par croire que c'est une obsession chez moi, mais je suis sûr qu'il y a un truc qui ne va pas avec lui … Ton cousin, Alexandre. » souffla-t-il, toujours les yeux dans le vague. « Est-ce que … Saurais-tu par hasard à quoi ressemblent ses sessions d'apprentissages de … Tu sais … De chasse ? » demanda-t-il à Allison.
Celle-ci fronça les sourcils, ne voyant pas où il voulait en venir.
« Et bien … Nous n'en parlons pas plus que ça, tu sais quel est mon point de vue là dessus … Et mon père le partage. Du coup, je ne prétend pas tout savoir de ce qu'il fait avec Gérard, mais jusqu'à présent, je sais qu'il fait … De l'exercice physique. Beaucoup d'exercice physique, mais très peu de pratique et heureusement ! Je ne suis même pas sûr qu'il ait déjà un vu un loup-garou … » elle marqua une pause. « A part toi, hein ! Et encore, il ne sait même pas que tu en es un … »
« Et mieux vaut que cela demeure ainsi, n'est-ce pas ? » murmura-t-il.
« Hélas, oui. Papa m'a raconté le discours qu'il a tenu quand il a apprit que c'était un loup-garou qui avait tué sa mère Diane … Un sermon digne de mon grand-père … » soupira-t-elle.
« Du genre « Tous ceux que je trouverais, je les tuerais » ? » rigola-t-il nerveusement, se souvenant de Gérard après avoir tranché en deux un Oméga pendu par les poignets avec son épée.
« Ouais, c'est à peu près ça. Je ne le laisserai jamais te faire du mal. » geignit Allison en se blottissant contre son partenaire.
Lydia roula des yeux « Et donc c'est ça qui t'inquiète autant ? »
« … Non. C'est juste … Je ne sais pas, je ne le sens pas bien comme gars et ça s'accroît de jour en jour ! Rien que tout en l'heure, lorsque nous nous sommes dit bonjour … J'ai encore reçu cette décharge électrique et cette impression de domination … C'est très frustrant ! » s'énerva-t-il contre lui-même, n'arrivant pas à poser des mots sur ce qu'il ressentait vraiment.
« Et … Est-ce que c'est ton loup qui le ressent ? Ou toi en ton for intérieur ? » proposa Allison.
« J-je ne sais même pas, c'est ça qui est le plus énervant. Faire la distinction entre les deux est déjà très dur, car une intuition reste une intuition ! Mais là, c'est quasiment indétectable … J'aurais tendance à tout remettre sur le dos mon loup, n'étant visiblement pas doté d'une telle faculté naturellement … Mais … Qu'est-ce que ça voudrait dire ? » Il laissa un léger battement, cherchant ses mots. « Allison, est-ce que … Alexandre manipule de l'aconit tue-loup ? »
« … Pardon ? » dit-elle interloquée. Elle interrogeât Scott du regard et remarqua qu'il était parfaitement sérieux. « Et bien, oui, c'est évident ! Il travaille avec tous les outils mis à sa disposition dans les ateliers de Gérard … Et une très grande partie d'entre eux sont trempés dans de l'aconit, que ce soit des balles, des flèches … P-pourquoi ? » demanda-t-elle, concernée.
« … Rien. » murmura-t-il. « Pour rien. »
- ⁂ -
« Et après, il me semble que tu te souviens de ce qui s'est passé. » termina Stiles, neutre.
Face à lui, assis contre le rebord d'un lavabo, le regard dans le vide, cherchant à restituer les images dans sa tête, Alexandre avait les yeux embués de larmes. Elles étaient montées jusqu'à ses deux grandes orbes noisettes pour plusieurs raisons. La première était parce que ce qu'il croyait avoir rêvé s'était, pour la plus part de ses souvenirs, bel et bien réalisé. Puis, parce que ce long récit avait été, pour lui, comme une sorte de libération. Mais ces larmes étaient surtout dû au fait que Stiles, du début à la fin, avait prononcé ces mots d'une façon si clinique, placide et froide que cela en avait fendu le cœur d'Alexandre. En écoutant l'autre, il s'était cru à son procès, où on l'aurait accusé d'avoir succombé aux avances trompeuses de son partenaire qui, une fois l'acte achevé, poignardait l'autre à coups de remords et de culpabilité.
De son côté, Stiles s'était juste contenté de restituer comme il se devait cet acte, sans y injecter une once de sentiment, de peur de faiblir et de succomber de nouveau à ses démons. Il voulait rester fort et ne pas perdre sa crédibilité, s'étant montré réticent à toute forme d'approche depuis la semaine dernière. Le simple fait d'avoir recensé toute cette histoire lui faisait ressentir ce qu'il éprouvait quelques jours au par avant, c'est à dire de la colère, de la frustration et de l'effroi envers l'autre. Mais devant l'allure piteuse et démunie de son vis-à-vis, Stiles ne pu résister longtemps à garder cet air complètement détaché de l'histoire, comme s'il se contentait de raconter quelque chose de parfaitement extérieur à lui.
« Alexandre … Je … »
« C'est pas grave. » renifla-t-il discrètement. « Je ferrais en sorte que tu ne me vois plus … Pour que tu puisses oublier cet ho-horrible moment. » dit-il, entrecoupé par quelques légers sanglots incontrôlés.
« Alex … Ce n'est pas ce que je veux … Je suis … Désolé. » dit-il en s'approchant de lui.
« Tu n'as pas à être désolé Stiles … Tu es toujours désolé pour des choses pour lesquelles tu n'es pas responsable. Arrêtes d'être désolé pour moi, ça n'en vaut vraiment pas la peine. J'ai bien senti que la remémoration de ce week-end ne t'a pas … Plu. C'est moi qui est désolé. » sa voix se brisa et alors qu'il croyait avoir la tête assez penchée pour que Stiles ne la voit pas, il la laissa se défigurer par le chagrin et la déception, faisant couler silencieusement quelques larmes.
L'autre se pinça les lèvres, ne sachant pas quelle attitude adopter. Une profonde culpabilité s'installa en lui, voyant dans quel état il avait mit Alexandre … Lui qui pensait lui enlever un certain poids en lui racontant ce qu'il voulait savoir … Il avait aggravé son état ! Certes, la situation s'était légèrement améliorée car ils pouvaient se parler et rester près l'un de l'autre à présent. Mais il lui semblait avoir réduit les chances pour que leur relation reparte de zéro. Entre temps, Stiles s'était lui aussi assit sur le lavabo et instinctivement, il porta sa main sur la cuisse d'Alexandre, comme pour le réconforter. Au même moment, il remarqua la courbe sous le pantalon de l'autre qui, en plus d'être déjà bien dessinée, semblait croître sous cette main amicale.
Alexandre se crispa. Le simple récit des événements de la semaine précédente l'avait fait se tendre, imaginant sans gène et sans difficulté la situation et cette main baladeuse n'allait sûrement pas l'aider à se calmer. Qu'en penserait Stiles s'il remarquait la bosse sous son pantalon ? Alors qu'il pensait à un moyen de cacher rapidement cette érection grandissante, l'autre retira sa main et la coinça avec l'autre entre ses cuisses. C'était sûr, il l'avait remarqué …
« Je … Je suis désolé pour ça … » s'excusa Alexandre, ne sachant pas quoi dire d'autre.
« C'est … C'est pas grave, ça ne me dérange pas. » chuchota Stiles.
L'autre releva légèrement le regard et remarqua du coin de l'œil que, de son côté, le châtain tentait lui aussi de cacher son entrejambe de sa vue. Il laissa s'esquisser sur son visage un léger sourire tout en cherchant Stiles des yeux. Lorsqu'ils se croisèrent, il s'empressa vite de les détourner d'Alexandre, rouge de honte. Afin de se calmer, il avait toujours eu pour habitude de parler, afin de détourner l'attention et de faire baisser la tension. Mais à cet instant, il ne voyait pas trop comment parler avec lui aurait pu arranger les choses ! Alors il dû se contenter d'un simple « Désolé … ».
« … C'est pas grave. » Alexandre eut un léger rire avant de reprendre son air triste. Ses yeux rougis le démangeait alors il se les frotta avant de détourner sa tête vers Stiles qui, lui, le regardait déjà.
Leur tête séparées par quelques vingt centimètres se dévisageaient. Alexandre se souvint des dernières fois où ils avaient été si proches l'un de l'autre … A chaque fois, c'était Stiles qui entreprenait un premier baiser … Mais l'étrangeté de la situation dans laquelle ils se trouvaient était telle que celui-ci n'osa bouger, de peur de paraître inapproprié. Cependant, face à lui les yeux toujours embués de larmes, Alexandre les ferma et se rapprocha de l'autre pour venir déposer sur ses lèvres légèrement entrouverte un baiser chaste. Peu importe comment Stiles l'aurait prit, lui en ressentait le besoin pressant.
Stiles, de son côté, n'avait pas vu venir cette embrassade. Du moins, venant de la part d'Alexandre ! Il n'avait jamais été vraiment entreprenant jusqu'ici dans quoi qu'ils aient pu faire et cette soudaine prise de décision de sa part était des plus inattendues. A vrai dire, il se demandait même presque s'il rêvait ! Et pourtant, lorsqu'il rouvrit les yeux, il l'aperçu toujours pendu au bout de ses lèvres, les yeux clos, quelques larmes séchées sur ses joues … Il était si près qu'il pouvait voir les iris d'Alexandre se balader sous ses paupières avant qu'elles ne se relèvent, le laissant admirer la jolie couleur noisette de ses yeux. L'autre se recula légèrement, brisant le contact entre eux. Toujours la bouche entrouverte, Stiles était comme abasourdi … Il lui sembla que c'était le premier baiser qu'ils échangeaient. Alexandre ayant remarqué cet air un peu choqué de son partenaire, crut qu'il n'avait pas apprécié le geste, alors il relaissa tomber sa tête vers le sol, les épaules voûtées, avant qu'il ne sente des doigts délicats lui soulever le menton. Stiles n'avait toujours pas changé d'expression, mais ses yeux brillants semblaient en demander plus. Alors, face à cette nouvelle opportunité, Alexandre plongeât littéralement pour choir sur ces lèvres si excitantes qui lui étaient présentées.
Ils se prirent mutuellement leur crane pour approfondir leur baiser et le blond profita que son vis-à-vis ait la bouche entrouverte pour y faufiler sa langue, cherchant désespérément celle de l'autre. Une fois trouvée, il ne la quitta pas et entreprit de la caresser de tout son long, l'envelopper, l'entrelacer, alors qu'il en faisait de même avec ses mains sur le jeune homme face à lui. Le châtain subissait ces assauts buccaux avec beaucoup de plaisir et avec on ne pouvait plus de consentement. Il se demanda même pourquoi est-ce qu'il avait attendu autant de temps avant de parler à Alexandre, pour qu'il puisse enfin goûter de nouveau au fruit délicieux qu'était cette simple forme de luxure. Il ne pensait pas y devenir accro aussi rapidement ! Une semaine passée sans embrasser l'homme qui lui roulait un palot exquis à l'instant même … Comment avait-il pu résister tant de temps ? Comment avait-il fait pour oublier quelle agréable sensation cela lui procurait ? Il se mit à participer un peu plus à leurs ébats naissants, en agrémentant ce ballet de langues de quelques gémissements bien placés, accompagnant tout ceci d'une étreinte plus étouffante encore avec Alexandre, réduisant à néant l'espace qu'il pouvait y avoir entre eux quelques secondes au par avant. Ils ne formaient plus qu'un … Soudainement, à l'apparition de cette réflexion dans sa tête, Stiles rompit le baiser.
Il s'était reculé et reprenait son souffle. La dernière fois qu'il avait pensé à ça, au fait qu'il voulait faire un avec lui, qu'il voulait le posséder … Ça s'était fini en catastrophe pour les raisons qu'il évoquait il y avait encore quelques minutes à Alexandre. Celui là, d'ailleurs, ne comprenait pas pourquoi cette réticence soudaine.
« Alex … Il faut … Il ne faut pas. Pas maintenant, pas ici … J'ai … J'ai peur que ça recommence et je pense qu'il serait … Plus raisonnable de s'en tenir pour l'instant à quelque chose de plus … Calme et … Simple. » articula-t-il entre deux bouffées d'air. Il releva les yeux vers Alexandre.
Lui haletait, tiraillé entre de la frustration, de la confusion et un tantinet de remord … En effet, il ne voulait en rien que les événements de la semaine précédente se renouvellent ici, dans les toilettes du bowling, ou même ailleurs ! Il croisa le regard de Stiles qui, lui, le regardait avec un air très concerné … Voir même un peu inquiet.
« Alexandre, est-ce que tu vas bien ? » marmonna-t-il, figé.
Soudainement, la porte des toilettes s'ouvrit avec une telle violence qu'elle aurait pu sortir de ses gonds si jamais la personne qui voulu rentrer ne l'avait pas retenue à temps. Les garçons sursautèrent en même temps et se retournèrent vers l'homme qui se tenait dans l'encadrement de la porte.
« … Oliver ? »
Allison, Scott et Lydia déboulèrent rapidement derrière lui.
« J'ai … Je t'ai laissé des messages et tu n'y as pas répondu … » bredouilla-t-il, voyant qu'il dérangeait clairement. Son visage ahuri, par contre, suscitait l'inquiétude, étant toujours de nature enthousiaste et souriante.
« Oliver, dis moi ce qui se passe ? » ordonna Allison derrière lui, visiblement énervée.
« J-je … » hésita-t-il. Comme pour l'encourager, Alexandre, qu'il fixait, lui fit un signe de tête tout en fronçant les sourcils, prêt à l'écouter. « … C'est Olivia. Elle est morte. » murmura-t-il, ayant conscience du fait qu'il était en présence de personne qu'il ne connaissait pas plus que ça et que l'annonce d'une telle nouvelle pouvait créer une vague de panique.
« … Qui ? » demandèrent Lydia et Stiles en même temps, un peu sous le choc.
Alexandre écarquilla les yeux, le regard dans le vide … « Olivia Garcia, l'Alpha des Alphas … Mais comment ? » murmura-t-il pour lui-même.
« « Attaque animale » … » dit l'autre, placidement.
Tous, sachant malgré eux ce que cela voulait dire, s'observèrent, muets. Alexandre était trop préoccupé pour examiner l'attitude des autres. Hier encore il en parlait avec Oliver … Il en avait même rêvé cette nuit et … Et c'est là qu'il prit peur. Il se souvint, dans son rêve, tuer Olivia Garcia … A coup de Beretta cependant et non pas en la réduisant en charpie, mais tout de même … Cette sorte de prémonition lui semblait atroce dans la limite où, à plusieurs reprises déjà, il avait rêvé – tant et si bien que l'on pouvait considérer cela comme des « rêves » – de choses qui, les jours suivant, se réalisaient …
« Elle a été réduite en lambeaux par un animal et nous n'avons retrouvé d'elle que quelques membres dispersés … » chuchota Oliver, prêt de son oreille pour que personne d'autre n'entende.
Alexandre, à cet instant, se leva, finit de caresser la cuisse encore chaude de Stiles et parti en trombe de la pièce, suivi d'Oliver puis d'Allison. Lorsqu'il passa devant Scott, celui-ci frémit et se recula. Le vide qu'ils laissèrent s'accompagna d'un silence très étrange … Ce même genre de silence lorsque l'on sort d'une boîte de nuit, un peu déroutant, étrangement bienfaiteur mais aussi un peu angoissant. C'est le raclement de gorge de Lydia qui brisa ce mutisme.
« Et … Qui est cette Olivia ? » demanda-t-elle.
« C'est l'Alpha de la meute d'Alpha … » répondit Scott, en plein songe.
« Et … Si elle a été tuée par un loup-garou … Alors … » commença Stiles.
« Alors ce loup-garou est devenu un Alpha … » murmura son ami, les sourcils froncés.
« S'il n'était pas un Alpha avant … » ajouta Stiles.
« L'Alpha des Alphas ? » proposa la demoiselle, appuyée contre l'encadrement de la porte.
« Je … J-j'en sais rien … »
« Il aurait fallu Derek pour répondre à ça … Mais, je crois que la bonne humeur qui régnait jusque là montre indéniablement sa non-présence dans les 10 kilomètres environs ! Et ce depuis un paquet de temps … Jamais là quand on a besoin de lui ! » rigola Stiles. « Et sinon, c'est normal que le grand dadet soit venu voir Alexandre en priorité et non Allison ? Je veux dire … Elle est dans le business depuis un peu plus longtemps, non ? »
« … Il faut croire que ce n'est pas le même « business » … ! » soupira Lydia.
Ils sortirent de l'entrée des toilettes pour se diriger vers le comptoir où payer, puis vers la sortie. Ils virent Allison venir vers eux en courant, leur disant qu'Alexandre était parti avec Oliver et qu'elle rentrait chez elle pour l'intercepter à son retour. Scott proposa de l'aider, mais elle s'y opposa fermement, ne sachant pas comment les choses allaient évoluer et ne voulant pas mettre son secret en danger. Oliver connaissait Scott et mieux valait ne pas les avoir ensemble trop longtemps sous peine que le sujet soit vite abordé devant Alexandre, ce qui était la dernière des choses à faire. Elle ne lui laissa pas le temps de répliquer et parti en trombe du parking. Après un petit battement, Lydia sorti également du parking et les deux autres rentrèrent dans la Jeep.
« Je n'aime pas le savoir mêlé aux affaires de la meute d'Alpha … » souffla Scott tout en s'asseyant. « Je n'aime pas le savoir mêlé à des loups-garous tout court. »
« C'était inévitable ! Que veux-tu … Il est dans une famille de chasseur de loup-garou, il ne pouvait pas ne pas y être confronté d'une manière ou d'une autre ! » dit l'autre en démarrant.
« Non, non, c'est bien plus compliqué que ça … » murmurait-il les yeux fermés.
« … Quoi ? Qu'est-ce que tu veux dire ? »
« … Rien, tu vas me prendre pour un taré. » grogna-t-il.
Stiles le regarda puis rit un coup.
« Mec, t'es une créature de la nuit et tu crois qu'après ça je pourrais te prendre pour un taré ? Ha ha ! » pouffa-t-il.
« C'est très sérieux, Stiles. Je suis vraiment inquiet. » réprimanda le brun.
« … Et bien, vas-y, parle ! »
Scott prit une grande inspiration.
« Bon. Depuis le début, je sens qu'il y a un truc qui cloche avec lui, on en a déjà parlé. Entre ses absences, ses crises de paniques et même, voir surtout, l'impression qu'il me laisse à chaque fois que l'on se croise … Il y a un truc dans l'air qui ne tourne pas rond. Rien que tout à l'heure, quand on est arrivés au Bowling. Juste en passant devant moi … J'ai ressenti un truc super bizarre, une impression de force écrasante … Comme si mon loup voulait s'incliner devant lui, j'étais en position de soumission totale, c'était atroce … Et ça me l'a refait quand il est parti, en passant devant moi. Il y a quelques semaines, au lycée, quand il a essayé de me rattraper quand je suis tombé, même si c'était moins fort en intensité, encore cette décharge électrique … Je … Je suis presque sûr que c'en est un aussi. Un loup-garou. » il marqua une pause. « Bon, en le disant à voix haute, ça perd tout de suite en crédit … Mais je le pense sincèrement. Peu importe qu'il arrive à manier de l'aconit tue-loup sans que ça ne lui fasse quelque chose visiblement … Qu'est-ce que tu en penses toi ? » demanda-t-il à Stiles.
L'autre, de son côté, écoutait attentivement son ami parler, impassible. Il semblait perdu dans ses réflexions quand Scott reprit.
« Et cette histoire d'Alpha tuée … Ça m'intrigue beaucoup. Avant aujourd'hui, je n'avais pas ressenti la présence d'Alexandre comme aussi dominatrice, plutôt comme une gène … Mais là, depuis qu'il y a un Alpha en moins de leur côté, j'ai l'impression d'en avoir eu un en face de moi toute la journée. » dit-il en frémissant. « Mais sait-il au moins qu'il est un loup-gar … »
« Faut-il encore qu'il en soit un, avant de qu'il ne se pose la question de savoir s'il est vraiment un loup ou non. » siffla Stiles.
« … J'en suis presque persuadé. A vrai dire, c'est même presque une évidence ! Je ne ressens ça devant personne d'autre que lui ! » se défendit Scott.
« C'est sûrement dû au fait que tu ne l'aimes pas, mhhh ? »
« … Ça doit sûrement jouer … Mais mince, il ne faut pas prendre ça à la légère ! Si je ressens qu'il y a quelque chose de dangereux avec lui, ce n'est pas pour plaisanter. Je ressens une vraie menace, Stiles. »
« Peut être parce que c'est un chasseur ? Et que, du coup, tu te sens un peu plus méfiant envers lui ? Si ça se trouve, il porte de l'aconit sur lui, ce qui fait que ton loup se plie à chacun de ses mouvements ? Qu'est-ce que tu veux que je te dise ! Tout est à porter à interprétation … » chantonna-t-il.
Scott posa sa tête dans la paume de sa main droite et observa le paysage forestier défiler derrière sa fenêtre.
« Je n'en reste pas moins persuadé qu'il y a un truc qui cloche avec Alexandre. » chuchota-t-il entre ses doigts.
Une fois arrivé devant la maison des McCall, Stiles laissa le temps à son ami de descendre avant que celui-ci ne retienne de sa main l'encadrement de la fenêtre.
« Stiles … Promet moi de faire attention. S'il te plaît. » demanda-t-il, le visage dur.
« … Attention à … ? »
« A toi. Je sais que … Tu l'apprécies beaucoup et que c'est certainement réciproque. Mais … Si jamais un malheur venait à se produire … Je ne m'en remettrai sûrement jamais. » dit-il avec un air triste.
« Que veux-tu qu'il se passe entre nous, pire que la semaine dernière ? » répondit-il ironiquement avec un superbe sourire, avant de s'en aller du quartier pour rentrer chez lui.
- ⁂ -
Alexandre s'était enfermé dans la salle de bain, les mains agrippées au lavabo, le visage perlé de sueur. La mort de l'Alpha aurait dû le réjouir, « un en moins » aurait-il dû se dire. Hélas, ça l'inquiétait plus encore, puisque Wood courait toujours … Et qu'il avait, dans son cauchemar, tué la dite Alpha la nuit précédente. Pourquoi rêvait-il toujours de ce genre de massacres ? Pouvait-il les éviter ou bien se rendre utile et les empêcher une fois réveillé qu'ils se produisent ? Ou alors était-il, par il ne savait quel moyen, témoin de ces scènes, sans qu'il ne s'en souvienne le lendemain ? Pourtant, il était sûr de rêver, étant capable de faire des choses impossible dans la vraie vie et ne se sentant pas vraiment lui-même.
Son esprit, parfaitement annihilé par toutes ces questions sans réponses fut sorti de ses songes par le frappement frénétique de la porte de la salle de bain.
« Alexandre, ouvre, c'est moi. » demanda Allison. Elle continua de taper jusqu'à ce que son cousin déverrouille la porte, abasourdi par tout ce vacarme. « Il faut qu'on parle. » Elle le traîna par la main sur son lit et alors qu'ils étaient droits comme des piquets, Allison entama l'interrogatoire. « Première chose, pourquoi est-ce que tu traînes avec Clark ? » demanda-t-elle sèchement.
« Quel mal y a-t-il a être avec Oliver ? » s'offusqua Alexandre.
« Tu n'as pas répondu. Pourquoi ? »
Il n'avait pas l'habitude de voir sa cousine dans cet état et avec cet air aussi autoritaire. A vrai dire, c'était même la première fois qu'elle le regardait aussi durement, comme s'il l'avait déçue, qu'il avait rompu une promesse.
« … Parce que c'est un ami qui a su être là quand personne d'autre ne le pouvait. » dit-il.
« Ami … Quel genre d'ami ? Type ami confident ? » continua-t-elle, toujours sur le même ton, les sourcils froncés.
« Je dirais … Amis très proche … Allison, pourquoi toutes ces quest … » commença-t-il avant d'être impoliment interrompu.
« Est-ce que tu es du genre à lui dire tout, que ce soit d'une confidentialité extrême ou quelque chose que tu considère de bénin ? »
« Allison, stop ! Quel est l'intérêt de cet interrogatoire ? » s'énerva-t-il.
« Oliver n'est pas une bonne personne, que tu le croies ou non. » Alexandre écarquilla les yeux. Qu'est-ce que c'était que ces manières d'apporter un tel jugement alors qu'il pouvait se le constituer lui-même comme un grand ? « Je veux savoir tout ce que vous vous êtes dit, je veux que tu me dises ce que vous faites lorsque vous êtes ensemble … » énumérait-elle.
« Mais comment veux-tu que je te dise ça ? Ça fait presque un mois que nous nous voyons tous les jours, je ne peux pas me souvenir de tout ce dont nous avons parlé ! »
« Vous ne pouvez pas avoir pu parler de la pluie et du beau temps non plus ! A ton avis, de quoi est-ce que je veux que tu parles ? » souffla-t-elle, exaspérée.
« Et bien figure toi que si, nous parlons de tout et pas seulement de toutes vos histoires de loups-garous à la con. Lui, au moins, n'a pas que ce mot à la bouche et au moins, je peux parler librement, sans gène avec lui ! » brailla-t-il. « Maintenant, si tu veux savoir, oui, nous parlons parfois de la meute d'Alpha, oui je suis déjà allé chasser avec lui, oui, j'ai prévu de recommencer, que Gérard soit mit au courant ou non. Mais hormis cela, comme avec un vrai ami, car c'est ce à quoi cela sert aussi, nous parlons de tout, absolument de tout. » prononça-t-il, maintenant debout, en un seul souffle.
Allison se retrouvait bête sur son lit. Cependant, ne voulant pas se démonter face à lui et étant toujours persuadée qu'Oliver, au même titre que les rares chasseurs de l'équipe de son grand-père toujours vivants, étaient de mauvaise fréquentation, elle se leva également et ré-attaqua.
« Est-ce que tu lui as parlé de la liste de Logan ? » demanda-t-elle enfin.
Alexandre la regarda, les bras tombant dans le vide.
« Attends, tout ça pour ça ? Tu essayes de me dégoutter de lui pour ne pas que je lui en parle ? » répondit-il, offusqué.
« Alexandre. Est-ce que tu lui en as parlé, oui ou non ? » dit-elle gravement, sans appel.
Face à lui, son cousin était sous le choc. Il déglutit comme pour avaler une pilule qui passerait mal.
« Non. » répondit-il froidement, soutenant sa cousine du regard.
En face, Allison relâcha un peu de la tension qui s'était accumulée dans ses épaules, apaisée par cette réponse.
« A présent, je t'en supplie, éloignes toi absolument de ce type néfaste. » dit-elle, dégoûtée.
« Allons bon ! Et pourquoi devrais-je le rayer de ma très maigre liste d'amis, mhh ? » demanda-t-il ironiquement, pensant même qu'en dehors de Stiles avec qui il était dans une situation un peu bizarre, c'était la seule personne assez proche de lui en dehors de sa famille qui puisse être considéré comme un ami.
« … Parce que Clark, au même titre que les hommes de Gérard, sont dangereux. » lâcha-t-elle.
« A la bonne heure ! Et en quoi le sont-ils ? C'est parce qu'ils chassent des loups-garous, c'est ça ? Non mais parce que dans ce cas là, vous faites quoi toi et ton père ? Vous chassez des lapins ? »
« Ce sont des extrémistes qui seraient prêt à éradiquer n'importe quel être si on leur demandait de le faire, il n'y a rien de bon à rester avec eux ! A ce que je sache, les responsables de génocides n'ont jamais filé un bon coton ! La particularité des loups-garous, c'est qu'ils demeurent tout de même humain d'un côté ! » claqua-t-elle.
« Oh, je t'en pries, je vais finir par croire que tu les protèges ! Après tout, pourquoi pas, c'est pas comme si c'était eux qui avaient tué notre tante, ma mère et la tienne ! » dit-il méchamment.
« Et avec raison. Ces créatures n'agissent pas sans motif spécifique et … »
« Nous sommes une famille de chasseur, Allison ! Ce n'est pas un assez bon motif pour un lycanthrope pour décimer notre famille ? » brailla-t-il, énervé et sûr d'avoir le dernier mot à cette dispute.
« C'est à cause de personnes comme Gérard que l'on continue encore à s'en prendre à nous, ne crois pas que c'est notre nom de famille qui les attire naturellement. Ils nous laisseraient bien tranquille si il n'essayait pas de les supprimer pour aucune raison valable ! »
« Alors c'est ça, on y est, tu les protège. Ou est-ce par lâcheté que tu veuilles te résigner à te soumettre à ces brutes monstrueuses et sanguinaires ? » pesta le jeune homme.
« Tu parles d'eux comme si tu en étais un spécialiste et que tu les avais tous côtoyés pour te permettre de faire de telles généralités … » grogna Allison.
« Et toi, alors ? T'en a déjà côtoyé d'assez prêt pour prétendre qu'ils soient inoffensifs et aimables ? » hurla-t-il.
Face à lui, Allison se retrouvait frustrée, elle ne pouvait dire son nom, mais cela lui démangeait de citer Scott comme exemple parfait du loup-garou qui sorte de cette image qu'on leur attribuait. Les larmes commencèrent à lui monter aux yeux, fatiguée de se battre avec son cousin à ce sujet et dans l'impossibilité de lui dire la vérité.
« Non, j'en étais sûr. Il n'y a pas de gentil loups-garous, ça, je suis dans le regret de te dire qu'on ne les trouve que dans Twilight et autres mièvreries pour adolescents niais pré-pubères … Un loup, par essence, n'a rien d'une énorme peluche à laquelle tu as envie de faire des câlins, ne serait-ce même qu'une seconde … Non, ce sont des monstres sanguinaires, hargneux, haineux, violents, cauchemardesques … Cela ne devrait même pas exister sur terre ! Il faut tuer ces bêtes ! » prononça-t-il de manière solennelle alors que sa cousine fondait littéralement en larme devant lui.
Elle mit un petit moment avant de pouvoir parler sans être entrecoupée de sanglots.
« Tu te trompes. Tu ne connais pas ces personnes, tu ne les a jamais considéré comme étant, avant tout, humain. Tu es à l'image des hommes de Gérard, sadique, arrogant, bestial … C'est toi le monstre Alexandre, ce n'est pas eux. » murmura-t-elle.
« … Nous chassons ceux qui nous chassent. » prononça-t-il mécaniquement.
Allison porta sa main au cou, là où était attaché son pendentif dans lequel, enfermée, une photo d'elle et Scott prise dans un photomaton prenait place.
« … Nous protégeons ceux qui ne peuvent pas se protéger eux-mêmes. » chuchota-t-elle en fermant les yeux et en serrant fort son pendentif.
Alexandre, à ce moment là, remarqua cette drôle de position et se souvint de ce qu'il y avait de renfermé dans ce bijou … Se pouvait-il que …
Allison rouvrit les yeux pour voir son cousin la mâchoire pendante, les articulations tremblantes, alors qu'il fixait sa main. Par reflex, elle relâcha le pendeloque immédiatement et par malheur, il s'ouvrit face à Alexandre.
« … Scott … Un lo … » il s'arrêta en plein milieu de phrase.
Un air de dégoût profond défigura son visage alors qu'il réalisa soudainement, par association d'idées, que le petit ami de sa cousine était un loup-garou et qu'elle tentait de le protéger, alors que, comme toute son espèce, bien qu'il ait l'air inoffensif, ça n'en demeurait pas moins un monstre … Il commença à s'en aller de la pièce quand il entendit derrière lui le bruit d'un chargeur de Beretta. Il s'arrêta net et se retourna vers elle. Elle le pointait dans sa direction, les yeux rougies de larmes et le visage dur et excessivement énervé.
« Si jamais tu l'approches pour ne serait-ce qu'essayer d'attenter à sa vie d'une façon ou d'une autre … Alexandre, je n'hésiterais pas à me servir de ce flingue pour te tirer dessus. » prononça-t-elle le plus calmement possible. « Je te jure que je le ferrais si j'en avais besoin. Alors fais en sorte que cela n'arrive jamais. Garde ce que tu as appris pour toi, car si jamais cela se répand, je saurais à qui m'en prendre. » déglutit-elle.
Alexandre restait impassible. Il était très frustré et complètement chamboulé de l'intérieur, mais de l'extérieur, c'était un mur. Il ne pouvait pas rester une seconde de plus ici. Alors il se retourna lentement et sorti de la chambre sans dire un mot. De toutes façons, quand bien même il aurait voulu aller tuer Scott, il n'avait aucune arme sur lui, son Beretta étant actuellement braqué sur sa personne jusqu'à ce qu'il ait tourné dans le couloir vers les escaliers.
Allison laissa tomber l'arme sur son lit avant de s'effondrer également dessus, éplorée.
- ⁂ -
« Olivia. Garcia. » Il posa son stylo.
Laury Davis
Ophelia Baker
Georges Davis
A ?
Nadège O'brien
Walter O'brien
Olivia Garcia
O ?
D ?
« A. O. D. … Bon sang, qui sont A., O. et D. ? » chuchota Stiles, assit dans son lit, la liste fraîchement complétée sur ses genoux. « Pourquoi A. et D. étaient déjà griffonnés … C'est illisible ! » pesta-t-il.
Il connaissait beaucoup trop de monde qui puisse commencer par un A, un O ou encore un D, il était donc inutile de chercher la solution de cette manière. De plus, il ne connaissait pas la moitié des personnes présentes sur la liste … Cela pouvait être n'importe qui !
« Stiles, qu'est-ce que tu fais ? » interrogeât une voix depuis sa porte grande ouverte.
L'intéressé releva rapidement la tête en cachant tant bien que mal la feuille qu'il tenait entre les doigts sur le bas côté de son lit. Hélas, la discrétion légendaire de Stiles ne se révéla pas être à la hauteur de ce qu'il espérait. Il ferma les yeux. « Merde … »
« Qu'est-ce que tu me caches ? » demanda-t-il alors qu'il s'approchait de son fils.
« Qui, moi ? Te cacher quelque chose ? Jamais de la vie ! Tu me connais ! » bafouilla-t-il alors qu'il tâtonnait le sol à la recherche d'une nouvelle feuille à lui montrer, une page de cours ou quoi que ce soit d'autre.
« Justement, je te connais trop bien pour savoir que tu es entrain de me mentir ! » souffla-t-il en levant les sourcils et en fermant les yeux. « Qu'est-ce que c'était ? »
Stiles attrapa le premier papier qu'il trouva, priant pour que cela ne soit pas la liste. Il la ramena devant ses yeux, son père juste à côté de lui. Il écarquilla ses deux grandes orbes noisettes, ayant oublié qu'il avait de cachées sous son lit quelques photos érotiques stupidement imprimées, alors qu'il aurait suffit de les laissées cachées dans un dossier sur son ordinateur portable … John avait la mâchoire pendante et Stiles fit mine que tout était normal.
« Quoi, j'ai 17 ans, j'ai le droit … Enfin non … Mais je suis assez mature sur ce point pour me permettre d'avoir ce … genre de photos, non ? » déblatérât-il en se rendant compte de l'absurdité de la situation.
« Certes … Mais que ce soit des hommes qui y figurent … Là, ça me fait tiquer. » murmura-t-il, comme s'il n'en croyait pas ses yeux.
Stiles se retourna devant la photo et comme s'il avait besoin de revérifier les dires de son père, il inspecta de haut en bas l'image …
« Oui, c'est bien un homme … Je crois que nous avons déjà eu une discussion à ce sujet, non ? » conclu le jeune homme.
John secoua la tête, puis prit la direction de la sortie.
« Je ne préfère même pas imaginer ce que tu allais faire de cette photo … » soupira-t-il.
« … Rien, non, vraiment ! Et … Non, papa, attend ! » l'intercepta-t-il avant qu'il ne referme la porte derrière lui. Son père se retourna lentement vers lui. « Est-ce que … Tu as du nouveau du côté de l'enquête ? » demanda-t-il, pour satisfaire son insatiable curiosité. John soupira.
« Et bien, nous pensons peut-être avoir trouvé un lien entre tous ces meurtres … »
« Sans blague ? Qu'est-ce que c'est ? Qui est-ce ? » s'affola Stiles dans son lit.
« Ah non, les affaires secrètes doivent demeurer … secrètes ! » geignit le Shérif.
Le jeune homme avait bondi de son matelas pour retenir la porte avant qu'elle ne soit refermée par son père, puis il l'implora de lui révéler ce qu'il avait découvert.
« Tu sais, en philo, on a apprit qu'il fallait laisser ce genre de choses se libérer, qu'il fallait dire les choses … Car si nous les contenons pour nous, elles finissent toujours d'une manière ou d'une autre par être refoulées et qu'y a-t-il de pire qu'une idée refoulée ? Tu n'as pas envie d'en rêver cette nuit, j'imagine ? Alors s'il te plaît, exprime toi, je suis tout ouï ! »
Son père le regarda hésitant … Puis il souffla, comme s'il savait déjà qu'il allait regretter ce qu'il allait dire.
« Bon, concernant les morts de Laury et Georges, Ophelia, Nadège et Walter, même si ces trois meurtres n'ont visiblement rien à voir en commun, nous avons retrouvé, parmi toutes les personnes qu'ils aient pu côtoyer dans leur scolarité, une qui revenait sans cesse. Ils n'ont jamais été en classe tous ensemble et pourtant, chaque année, quelqu'un l'avait avec lui en cours. » prononça-t-il solennellement.
« Qui ? Qui ! » s'impatienta Stiles.
« Un certain … William Larry, si je me souviens bien. » dit-il en réfléchissant. « Mais nous n'avons fait que remarquer ce fait, rien ne nous dit que cela pourrait nous mener à quelque chose de plus concret ! Et je vois mal comment d'ailleurs … »
« Ah ? Et pourquoi ? » dit l'autre, un peu déçu.
« … Et bien, parce que nous avons eu beau avoir rentré son nom une dizaine de fois dans la banque de données, nous tombions à chaque fois sur le même résultat. » Il reprit sa respiration. « Décédé, Août 2006. »
Stiles resta perplexe face à cette annonce … Ce nom de William Larry ne lui disait rien et le fait qu'il soit mort ne lui faisait franchement ni chaud ni froid. Il le remercia, ferma sa porte puis revint sur son lit où, cette fois-ci, il attrapa la bonne feuille de papier.
Il la regarda et se dit que, là où en était l'enquête, aucune piste, aussi improbable soit-elle, n'était à écarter tant qu'elle faisait sens. Il inscrit « William Larry » au crayon à papier sur la liste puis observa le tout. Il essaya de faire coller son nom aux personnes tuées par Logan Wood – et il gloussa légèrement à l'évocation de ce nom insensé –, mais hélas, les places du W et du L étaient déjà prises … Mais soudainement, une idée lui vint à l'esprit … Il recula la feuille plus encore de son visage puis écarquilla les yeux.
Il savait que « Logan Wood » était un nom trop peu sérieux pour être vrai, surtout lorsqu'il s'agissait d'un loup-garou … Pour lui, cela ne pouvait être qu'une très mauvaise plaisanterie ou bien un pseudonyme. Il opta pour ce dernier choix lorsqu'il remarqua que les lettres W et L se trouvaient en début de nom et de prénom pour William Larry … Et pour Logan Wood également … Il n'y avait juste qu'à inverser les initiales.
Tadaaaaa o/ ! Je vous l'avais dis, plein de trucs ^^ !
La fin est proche, mes chers amis ! Je finis de corriger les prochains chapitres et je vous poste tout ça ;) ! D'ici là, portez-vous bien !
Hasta luego my friends :* !
