salut salut salut
Je ne suis pas morte. Ma fanfiction non plus. Qui l'eût cru ?
Je suis terriblement désolée de ce retard. Vraiment, j'ai jamais mis autant de temps à publier. Je suis tellement désolée.
Mais je vous assure que j'ai fait de mon mieux, vraiment. En ce moment je galère sur tous les plans de ma vie, et l'écriture ça guérit autant que ça détruit. À consommer avec modération :)
Au moins suis-je satisfaite de ce que je vous sert, j'espère que vous le serez aussi. En petite compensation, le chapitre est plus long que d'habitude. Plein de bisous, et je vous aime très fort, et inconditionnellement.
PtitePointe2 : Oui je pense que des références à l'oeuvre originale sont très importantes, par ce que de un, se sont de sympathiques clins d'oeil, et de deux, ça aide à reconnecter avec l'univers :) et en plus j'adore les faire ! Très contente que tu les apprécies. Ah… ce Sirius ! Un vrai cinéma ! Je l'adore aussi, il me fait beaucoup rire ! Et je trouve que le débat des saison est un véritable débat de société, on peu le dire ! J'ai pensé que l'inclure serait pas mal du tout. Et ce bon vieux Slug ! Je m'étais rendue compte, juste avant la rédaction de ce chapitre, que je l'avais jamais mentionné, scandale ! Je me suis empressée de corriger le tir. Quant à Remus, oui le pauvre, il est un peu perdu (mais moins que Sirius). Quant à celui-là, je sais, il est vraiment pas doué. Pourtant il essaye très fort. Aussi, je suis tellement contente que tu aimes mon humour haha ! Je crois qu'il est un peu bizarre parfois, mais tant mieux s'il plait :D En tout cas, un grand merci pour ta review, elle m'a tellement fait chaud au coeur ! Je t'aime beaucoup beaucoup beaucoup beaucoup *keur keur*
Kahouete : Trop contente que ce dernier chapitre t'aies plu ! Tu as tout à fait raison, laissons l'idée même de l'amour pour Remus faire son petit bonhomme de chemin dans la tête de Sirius. Il est encore tout perturbé, ce bébé ! Bonne lecture et plein d'amour et de bisous ! :)
Witchroom : « merci d'être si régulière » oupsi…. Je me sens un peu mal là. Bon au moins j'ai publié, c'est déjà bien haha ! Tes compliments, comme toujours, m'enivrent et me montent à la tête… merci merci merci ! Tu es tellement adorable ! Si tu savais combien ça motive à écrire, wow… D'ailleurs, ça fait un moment que j'ai plus de nouvelles de toi sur twitter, j'espère que tout va bien. Vu que j'ai toujours peur de trop coller les gens, j'ai pas insisté. Mais fais-moi signe ! Plein d'amour, comme toujours, des bisous et des bisous. Bonne lecture !
Yunea : Hey ! Trop contente de la publication coïncidence avec ton anniversaire ! J'espère que ça a été une très belle journée, et bon anniversaire avec deux mois de retard (à l'aise) ! Pour que Remus et Sirius sortent ensemble, patience, patience… ça viendra ! Merci encore pour tes compliments, et bonne lecture ! :) (et oui je crois que tu es un des seuls garçons à lire cette fic. au moins il y en a, ça fait grave plaisir!)
Len Black : Merci, merci pour tous tes gentils mots ! T'es un amour ! Et oui, la chute à la McGo… je l'adore aussi. Quelle femme géniale quand même, cette sorcière ! Amour et bisous *cœur coeur* bonne lecture !
nesache : Alors, ce premier wolfstar en français, une bonne expérience ? Je l'espère en tout cas :) D'habitude ils sont en anglais, j'imagine ? En tout cas j'avoue préférer les fics et la vision anglophone de ce ship, personnellement. J'ai essayé d'intégrer les éléments qui me plaisaient en tout cas :) Aussi, super fière que tu aimes la façon de traiter le blocage de Sirius. Ça me fait trop plaisiiiiir ! « on sent bien qu'il est…bloqué » hahahahha j'ai tellement rigolé mamene ! En tout cas, bisous bisous, et bonne lecture !
Loan-Luka : SHIPshipsHiP ! Je te comprend tout à fait. À ces deux là… il me tuent. Allez bisous, ship bien et enjoyyyyyyyy
ThePotterheadPhilosophie : mais PUTAIN JE SUIS TELLEMENT EN JOIE QUE TU AIMES TOUJOURS AUTANT GROS BISOUS BAVEUX ET AIMES TOUT AUTANT CE CHAPITRE
10.
○ Lune
James avait du mal à rassembler une équipe. C'était le moins qu'on puisse dire. Cela faisait maintenant plus de deux heures qu'il faisait passer les essais à plus de candidats qu'il ne s'en était jamais présenté au cours de leur scolarité. Une chose était sûre : James avait plus de succès que le Quidditch.
Il avait suffit de voir le nombre de filles absolument incapables ne serait-ce que d'enfourcher un balais, qui n'étaient venues que pour lui adresser un sourire mielleux et un clin d'oeil — ainsi que quelque gloussements entre elles ; bon… en soi, ça n'était pas si dérangeant. En tout cas, cela collait parfaitement au plan.
Il y avait aussi deux ou trois garçons passablement intéressés, mais James ne sembla pas réaliser la raison de leur subite gentillesse et serviabilité. À la grande surprise de Remus, il s'aperçu que Sirius, à l'inverse de son meilleur ami, avait l'air d'en avoir compris bien plus long que celui-ci. Il abordait un sourire arrogant aussi soigné qu'à l'ordinaire, observant les prétendants avec amusement. Sirius aurait-il gagné en perspicacité ? Serait-ce possible ? Il devait alors probablement avoir remarqué qu'il n'y avait pas que des filles qui le zieutaient dans les couloirs. Est-ce-que… L'estomac de Remus fit un bond. Non, non… tout de même pas. Sirius était peut-être devenu plus perspicace, mais il y avait peu de chances qu'il soit arrivé à une telle extrémité.
Lâchant un soupir, Remus re-dirigea son regard vers le terrain. Il leva les yeux, attiré par une tâche rouge flamboyant sur les gradins d'en face. Lily Evans abordait un air pincé sous ses nombreuses couches de vêtements la protégeant du froid automnal, tandis que James faisait de l'oeil aux jeunes candidates restantes, faisant mine de ne l'avoir pas remarquée. Remus voyait bien que cela lui coûtait de ne pas lui crier au travers le stade de sortir avec lui ce soir, mais pour l'instant, il jouait son rôle de manière plutôt convaincante ; toujours selon le plan.
Lily, bien évidemment, n'était pas venue supporter James, mais son amie Mary Macdonald qui était prétendante au poste de gardienne. Une qui, au moins, était véritablement venue par amour du Quidditch, et non pour flirter avec James ; ça, Remus en était sûr. Selon lui, Mary avait plus de chances de finir avec cette Poufsouffle qu'elle lâchait rarement du regard, qu'avec son meilleur ami. Rien que l'idée lui paraissait risible.
De plus elle semblait avoir de bonnes chances au poste de gardienne, elle était véritablement douée, et l'idée d'avoir une fille au poste plutôt qu'un vieux lourdaud, Remus le savait, séduisait beaucoup James. Restait à espérer qu'aucun garçon ne se montre plus habile qu'elle.
Après avoir invité l'une des poursuiveuses qualifiées (une brunette de Cinquième année) à sortir avec lui à Pré-au-Lard (et avoir soigneusement évité le regard de Lily) dès que la prochaine date serait annoncée, James se tourna vers les prétendants au poste de gardien.
Croisant les doigts, Remus regarda la qualification avancer.
Mary était vraiment douée, rien à redire. Sa touffe de cheveux frisés volait en tout sens, tandis qu'elle zigzaguait entre les trois buts à une vitesse surprenante, tâche rouge écarlate contre le blanc brumeux du ciel de septembre.
Un seul garçon parvint à arrêter autant de tirs qu'elle. Un type du nom de Barnaby Woolcombe, petit, bâti comme un singe avec de larges épaules et des bras anormalement longs. Remus l'avait croisé quelque fois dans les couloirs et ce qui lui était resté de lui était son sourire tordu et son rire guttural, accompagnés tout deux d'un humour des plus raffinés. Une vraie perle de délicatesse.
Il bloqua quatre tirs sur cinq, soit exactement le même nombre que lors du premier tour de qualifications. Paraissant très content de lui, il descendit de son balais en lançant quelque chose à l'intention de Mary, qui attendait son tour. Des gradins, Remus ne put entendre ce qu'elle lui rétorqua mais fut en revanche très satisfait du teint blême que Woolcombe afficha à sa réplique. James ne chercha même pas à cacher son sourire.
— Selon toi, qu'est-ce qu'elle lui a dit pour qu'il fasse cette tête ? s'enquit Remus en se penchant vers Sirius, les yeux toujours fixé sur le terrain où à présent Mary décollait en donnant un grand coup de pied par terre.
— Aucune idée, mais j'avoue que j'aurais bien aimé l'entendre, ricana Sirius. C'est vraiment un gros boulet ce Woolcombe.
Remus éclata de rire, et Sirius lui lança un regard du coin de l'oeil, un sourire étonnement flottant aux lèvres, une drôle de satisfaction dans le regard.
— Elle lui a peut-être parlé de cette fille qui lui a posé un lapin jeudi passé, siffla Peter, à la droite de Remus, entre les épaisseurs de son écharpe.
— Une fille lui a posé un lapin jeudi passé ? s'enquit Remus en fronçant les sourcils.
— Oui, Casper de Cinquième, qui est dans sa classe, m'a dit que Larry…
— Peter, t'es une vraie commère, le coupa Sirius avec un bâillement. Tu n'as pas d'autres sujets de conversations vaguement plus intéressants ?
Remus étouffa un rire dans sa propre écharpe. Sirius parut encore plus satisfait.
— Pour ma part, déclara-t-il en étendant les jambes sur le dossier des bancs de la rangée d'en dessous. J'ai eu la brillante idée de…
— Les gars ! Elle a arrêté le cinquième tir ! s'écria soudain Peter à leur droite, bondissant littéralement de son siège, le doigt pointé sur le terrain.
Détournant son regard de Sirius, Remus le posa sur la silhouette rouge écarlate de Mary, qui atterrissait triomphalement sur la pelouse du terrain, le poing en l'air.
À sa gauche, Sirius sauta également du banc et se mit à siffler, puis à applaudir avec une telle vigueur, que Remus se demanda comment il ne s'éclatait pas les mains l'une contre l'autre. L'imitant par réflexe, Remus et Peter se mirent aussi à acclamer la nouvelle gardienne.
— EH ! EH, MARY ! ÇA TE DIT DE SORTIR AVEC MOI POUR FÊTER ÇA ? hurla Sirius de toute la force de ses poumons.
La jeune fille, qui venait d'étreindre James, adressa un doigt d'honneur à Sirius, nettement visible malgré la distance les séparant.
— J'adores les fille comme ça, commenta Sirius en souriant de toutes dents.
— Quoi, les filles qui refusent de sortir avec toi ? questionna Remus, haussant les sourcils.
— Peut-être bien.
Remus se sentit applaudir avec une vigueur renouvelée.
Son équipe rassemblée et ses amis tapageurs calmés, James se plaça en face de ses six nouveaux coéquipiers et se lança dans un discours dont Peter, Sirius et Remus ne pouvaient saisir le sens, mais devinaient sans peine la durée. Sirius se leva sans plus attendre, et lança à la cantonade :
— Bon on y va les gars, j'ai faim.
— Tu veux pas attendre ton meilleur ami ? objecta Remus.
— Je connais très bien mon meilleur ami, et je sais que dès que ça parle de Quidditch, il faut le bâillonner pour qu'il se taise. Merci, mais mon estomac réclame un bon repas de midi bien chaud et en plus j'ai oublié mon écharpe, donc j'ai froid.
Remus leva les yeux au ciel.
— Pauvre chou.
Un sourire amusé se dessina sur les lèvres de Sirius.
— Par ce que je suis ton chou, maintenant ? HA ! J'étais sûr que t'allais re-lever les yeux ciel !Quelle belle journée, décidément, continua-t-il à part soi en se mettant déjà en marche.
Au comble de l'exaspération, Remus se tourna vers Peter, affichant son air le plus désespéré.
— Sauve-moi, lui murmura-t-il.
— Désolé Moony, sur ce point là je peux rien faire, s'excusa Peter en haussant les épaules. En plus, moi aussi j'ai faim.
Puis il se leva à son tour et suivit Sirius.
— Mais t'as tout le temps faim ! lui cria Remus.
— C'est ça de ne pas avoir sa période sensible du mois ! lui rétorqua Peter par dessus son épaule, s'éloignant déjà.
— Hé ! s'indigna le lycanthrope, toujours assis sur le banc des gradins. Je suis pas une fille !
— Non ! Mais tu fonctionne comme elles !
Remus fixa les dos de Sirius et de Peter, qui descendaient les escaliers menant à terre en riant très fort d'une plaisanterie dont le lycanthrope n'avait aucun mal à deviner le sujet.
— Pauvres idiots, marmonna-t-il en enfonçant ses mains dans ses poches et se levant à son tour.
✧ Étoile
Remus les bouda tout le repas. D'une bouderie très remussienne, de l'ordre de ce qu'il y avait de plus adorable. Ses joues rougies par le froid enfoncées dans son écharpe qu'il n'avait toujours pas ôtée — un terrible frileux ce Moony —, les sourcils froncés, mâchonnant d'un air mauvais son poulet, et lançant des regards noirs à Peter et à Sirius. Surtout à Sirius. Beaucoup de regards noirs à Sirius. Ce dernier était absolument ravi. Quoi de mieux pour attirer l'attention de son dulciné ?
Une fois tous les trois rassasiés, ils se levèrent de la table des Gryffondors et s'en allèrent vers la salle commune. Cependant, dans le hall ils croisèrent James qui revenait du terrain de Quidditch, trempé (il avait dû pleuvoir le temps de leur repas), en grande conversation avec Woolcombe, qui ne l'avait toujours pas lâché.
Sirius fit halte.
— Mais… mais… tu ne peux pas la prendre elle ! vociférait Woolcombe, l'air absolument outré.
James haussa un sourcil, et Sirius, qui le connaissait bien, voyait que c'était exactement ce tic là, ce tic précis, qui annonçait qu'il commençait à perdre patience.
— Écoute, euh… comment tu t'appelles, déjà ? (L'air abasourdi de l'autre garçon sembla lui rendre la mémoire.) Ah oui, Barnaby. Écoute Barnaby, je l'ai choisie par ce qu'elle a gagné à la loyale. Elle a arrêté cinq tirs et pas quatre, à l'inverse de toi…
— J'ai été distrait ! Ton ami châtain là, il me regardait de travers !
Un petit attroupement s'était formé autour de la querelle ; et lorsque Woolcombe pointa son doigt boudiné sur Remus, une demi-dizaine de têtes se tournèrent vers le lycanthrope, qui pâlit et ouvrit la bouche sous l'effet de la surprise.
— Hé ! s'interposa Sirius, indigné. Pourquoi tu le mêles à ça ?
— Sirius, calme-toi, le coupa James. Et toi, Barnaby, si t'es incapable de jouer par ce que quelqu'un te ''regarde de travers'', je n'ai pas besoin de toi dans mon équipe. Sache qu'au prochain match c'est toute la maison Serpentard qui te regardera de travers.
Woolcombe eut momentanément l'air hébété de quelqu'un que l'on aurait frappé à grand coup de tisonner dans le crâne, cependant il se ressaisit — fort malheureusement — avant de repartir avec encore plus de hargne :
— Mais non, tu comprends pas, bordel ! Et pis, comment tu veux la faire jouer de toute façon ?
Le sourcil de James se haussa encore plus haut, si c'était possible.
— Eh bien, avec bien moins de difficultés que si c'était toi.
Un groupe de garçons, quelque part dans la foule qui s'était encore accrue, se mit à siffler bruyamment.
Malgré la tension du moment, James eut tout de même un sourire espiègle et fit une révérence aux garçons qui l'avaient sifflé ; l'air très content de lui.
Le peu d'attention manifeste que James lui accordait eut le don de faire complètement perdre les pédales à ce pauvre Woolcombe.
— Mais… postillonna-t-il au visage du capitaine, les bajoues rouges et frémissantes. Mais c'est une fille !
Un silence interloqué tomba brutalement sur l'assemblée.
— En quoi… s'aventura une voix sur la droite de Sirius. En quoi… est-ce un problème ?
Sirius pouvait entendre le froncement de sourcils dans le ton de Remus.
— Eh bien, une fille ne peut pas jouer au poste de gardien !
— Tu as engagé une fille comme gardien, Potter ? retentit une voix traînante derrière eux.
La foule se tourna d'un seul mouvement pour faire face à Lucius Malfoy, habituel sourire narquois à ses lèvres pâles, cheveux lisses d'un blond argenté noués sur sa nuque. Entouré d'Avery et de Mulciber, il avait croisé les bras dans une délicate posture arrogante, menton relevé, empestant l'aristocratie. Un frisson parcouru Sirius au souvenir de son père, posant de la même manière à un détail près : sa baguette brandie au dessus de la tête d'un petit garçon, l'aîné noiraud. Il serra les poings.
— Oui, j'ai engagé une fille comme gardienne, Malfoy. D'autres questions ? s'enquit James.
Sirius le vit resserrer furtivement sa main dans la poche de sa robe de Quidditch, sur ce qui devait être sa baguette.
Malfoy ouvrit la bouche afin de rétorquer, mais fut coupé dans son élan par les grandes portes de chêne qui s'ouvrirent en grinçant sur personne d'autre que Lily Evans et Mary Macdonald en personne, cette dernière elle aussi toujours vêtue de sa robe écarlate.
Un tel silence tomba sur la foule compacte du hall, que Mary et Lily firent halte à la seconde où leur yeux se posèrent sur la vingtaine de têtes qui les observaient.
— Euh… on peut savoir ce qu'il se passe ici ? s'interrogea Mary après un moment de silence.
Avant que quiconque ait pu répondre, Malfoy railla :
— Je voulais demander qui c'était, mais la réponse est toute belle sous mes yeux. Juste Ciel ! une pareille touffe de cheveux suffirait à elle seule à bloquer le Souaffle, elle n'aura même pas besoin de jouer. D'ailleurs je suis sûr qu'elle ne sait pas le faire.
Le sang de Sirius se mit à battre très fort dans ses oreilles, par grands à-coups.
Malfoy et son teint plus blanc que neige étudiait attentivement la peau cuivrée de Mary, quelque chose de l'ordre de la répulsion dans son regard.
— Une Sang-de-Bourbe, c'est bien ce que je pensais, finit-il par conclure avec dérision.
Momentanément assourdi, Sirius bondit en avant, faisant face à cette vieille ordure manucurée.
— Oh ! Tu surveilles un peu ton langage ! lui cracha-t-il au visage.
— Mais il est des plus complets, Sirius Black. Cela m'étonne que tu n'en aies pas un semblable… on est du même milieu, toi et moi, rétorqua lentement Lucius Malfoy.
Il avait une lueur inquiétante dans le regard, comme s'il se préparait à quelque chose.
— Il y a longtemps que j'ai quitté ce milieu, Malfoy ! répliqua Sirius, ses mots claquants comme un fouet.
Le cercle qui s'était formé autour d'eux, s'élargit subitement. Les gens avaient brusquement reculé au son de la voix de Sirius. Enivré de la sensation de pouvoir que cette réaction lui donnait, Sirius releva la tête plus haut encore, fit son sourire plus orgueilleux.
Oh… oh ce petit blondinet ! Comment osait-il, ne serait-ce qu'insinuer, qu'il avait pu y rester dans ce milieu ? Comment osait-il ?
— De toute façon nous serons bientôt de la même famille, toi et moi, continua Malfoy de sa voix doucereuse, imperturbable.
Momentanément décontenancé, Sirius s'entendit s'exclamer :
— Comment ça ?
— Je suis promis à ta chère cousine, susurra Malfoy.
Le monde, soudain, ne fit plus aucun sens.
— Andromeda ? brailla Sirius.
Cela ne pouvait être vrai ! Pas Andromeda…?
— Non, Narcissa. Celle qui a les idées bien en place, corrigea le blondinet, suffisant.
Sirius se relâcha, faillit tituber.
— Oh ! elle… à la réflexion, vous irez bien ensemble, rétorqua l'Animagus avec le ton le plus hautain dont il était capable. De toute façon, nous ne ferons jamais partie de la même famille. Ma mère m'a sûrement brûlé de l'arbre généalogique, à l'heure qu'il est.
Lucius Malfoy l'observa un long moment de ses yeux gris, perçants et glacés. Sirius ne broncha pas, lui rendant son regard. Lui aussi de ses yeux gris, qu'il savait rendre tout aussi perçants, tout aussi glacés. L'éducation de Sang-Pur. Son coeur battait toujours aussi fort à ses tempes.
Malfoy finit par lâcher un ricanement.
— Au final tu avais raison. Un sale Traître à ton sang, hein ? Défendre des Sang-de-Bourbes, fumer des cigarettes de Moldus, traînasser avec des Sang-Mêlés, porter une ''veste en cuir''… Ça fait longtemps que tu n'es plus des nôtres. La prochaine étape c'est quoi, hein ? Sortir avec ton pote pédé ?
Le poing de Sirius éclata la pommette saillante de Malfoy ; et le sang, couleur bravoure Gryffondor, gicla sur le sol en gouttelettes sombres. Comme ce jour-là dans la cuisine, alors que Sirius avait cinq ans. Dieu. Il n'arrêterait donc jamais de tomber.
○ Lune
Le sang décrivait de lentes volutes pourpres dans l'eau tiède, que Sirius fixait d'un regard vide.
Remus, y replongeant le linge, les troubla ; où elles se délavèrent en rose translucide, colorant l'entier du liquide.
Délicatement, il releva la tête de Sirius et appliqua la compresse sur sa mâchoire écorchée. L'Animagus eut un léger spasme.
— Qui eût cru que Malfoy savait utiliser ses poings ? murmura le lycanthrope, riant légèrement au travers des mots.
Sirius eut un petit sourire, un peu grimaçant, tandis que Remus se baissait pour s'occuper de son arcade sourcilière. Le contact de la peau de son ami le brûlait comme toujours, cependant cette fois il n'avait pas le choix.
— Tu as deux retenues en plus, continua le loup-garou, tout bas.
Sirius haussa les épaules en faisant la moue. Peu importait.
— Je me suis bien dit que ça n'était pas très grave. Je viendrai te chercher les deux fois si tu veux.
Sirius leva enfin les yeux vers son ami, un air infiniment reconnaissant lui flottant au visage. Il souriait sans grimacer cette fois, un tout petit peu.
Remus écarta une mèche noir d'encre, poisseuse de sang, du front de son ami. Il examina de plus près la plaie à présent propre de l'arcade sourcilière.
— Il n'y est pas allé de main morte, le blondinet. C'est profond, j'espère que ça va pas laisser de cicatrice.
Sirius haussa à nouveau les épaules, les yeux baissés.
— T'as raison. Ça te donnera une allure de bad boy.
L'Animagus leva vers lui un regard offensé, indécis, les lèvres vaguement incurvées vers le haut.
— Oui, pardon je sais. Tu es déjà un bad boy.
Le sourire de Sirius perdit un peu de son air brumeux, celui de Remus s'accentua à la vue de ceci.
— Alors… souffla-t-il, laissant sa main s'égarer vers l'autre cicatrice que son ami abordait à la joue, trace de sa fuite. Alors, tu auras un air de guerrier.
Il traçait du bout de ses doigts, hypnotisé, pourtant n'osant la témérité d'un contact plus franc, la longueur de la cicatrice. Du menton à la pommette, de la pommette au menton…
— Non, non… tu n'aimes pas ce terme. Tu auras un air de…
Il suspendit son geste, en quête d'un mot correspondant mieux à l'essence même de Sirius.
— Tu auras un air d'aventurier.
Il remonta sa main au niveau de la tempe de l'Animagus, avec l'impression que la peau de Sirius allait lui laisser des cloques au bout des doigts.
— Tu trembles.
Sirius reposa sa tête contre la main de Remus. Ses lèvres se tordirent.
Soupirant, le lycanthrope plaça son autre main à l'arrière du crâne de son ami. La tête de celui-ci bascula sans plus d'efforts et s'enfoui dans le torse de Remus. Ce dernier se mit à caresser les cheveux noirs et soyeux de Sirius ; et, lorsque les épaules de l'Animagus tremblèrent de plus belle, il y déposa un baiser par lequel il tenta d'exprimer tout ce qu'il ne saurait jamais dire.
— Pourquoi t'aimes pas ''guerrier'' ?
La voix de Remus brisa le silence qui, depuis un très long temps, avait imposé sa présence à titre de troisième invité. La question était sortie de sa bouche, tout à coup, sous sa forme la plus indistincte, d'une voix précipitée. En soi, elle ne voulait rien dire, le lycanthrope ne pouvait blâmer Sirius d'avoir brusquement sursauté et de fixer à présent Remus d'un air de totale perplexité. La salle commune était presque vide aussi tard dans la soirée, et Sirius semblait, jusque là, avoir oublié la présence de son ami.
— Hum, pardon… enfin… balbutia Remus. Je voulais dire, pourquoi tu n'aimes pas ce terme ? Enfin, tu l'as déjà dit, mais sans expliquer pourquoi, et je… enfin, je me demandais juste, quoi, finit-il par marmotter en baissant les yeux sur la tasse de thé vide qu'il tenait entre les mains.
Seigneur, était-il à ce point incapable de s'exprimer, qu'il se retrouvait à placer quarante-trois « enfin » en une seule phrase ? Quel pauvre idiot.
— Oh ! murmura Sirius, en se re-positionnant dans son fauteuil. Ça…
Il fixa un instant le feu d'un regard vide, puis se reprit dans un sursaut.
— Ça a rien de fifou, hein. Juste que j'aime pas la soumission à une certaine autorité que ce titre implique. James et Peter ne sont plus là ? demanda-t-il finissant par remarquer leur absence.
— Non, ils sont partis se coucher un peu plus tôt. Ils t'ont dit bonne nuit mais t'as pas eu l'air de les avoir entendus.
Sirius baissa le regard vers sa tasse vide comme s'il la voyait pour la première fois.
— Oh… je… j'étais perdu dans mes pensées. Et j'ai fini ma tasse de thé, apparemment.
Son regard reprit un air brumeux, un temps.
— Je crois que j'en veux une autre, déclara-t-il de but en blanc.
— Tu vas avoir besoin de pisser toute la nuit, le taquina Remus avec un petit sourire.
Merlin, il adorait quand Sirius lui lançait ce regard faussement outré. Il lui donnait envie de faire tout ce qui pourrait scandaliser l'Animagus.
— Ma vessie est vexée de l'insulte, commenta celui-ci.
— Elle est susceptible.
— La seule partie de moi qui l'est. Que veux-tu, chacun à ses faiblesses, soupira Sirius avec ce sens de la théatralisation qui lui était propre.
S'il était capable de se donner en spectacle, c'était qu'il allait mieux. Remus sourit encore un peu, sans raison.
— Bon, je crois que je vais quand même appeler Jelly, grogna Sirius en s'étirant.
— Merlin, je n'arrêterai jamais de m'émerveiller des noms d'elfes, souffla le lycanthrope en ricanant.
Sirius lui lança un regard en coin, sourire complice aux lèvres bleuies. Ses yeux gris, où des nappes de brume subsistaient, s'attardèrent sur le rictus chaleureux de Remus, puis firent leur chemin vers les yeux de ce dernier. Il rigola sans raison, parut plus heureux. Une des nappes se leva.
— Jelly ! chantonna-t-il soudain, en levant le menton et mettant les mains en coupe autour de sa bouche.
Fort heureusement, le système de Poudlard était très bien foutu. On aurait pu croire que seuls les Professeurs et le Directeur étaient maîtres des elfes du château, cependant les fondateurs de Poudlard avaient en leur temps été, selon toute apparence, de fins démocrates. Les elfes, non seulement étaient des plus serviables si on les rencontrait en cuisine, mais de plus, répondaient à tout appel qu'on leur adressait, sitôt que l'on connaissait le nom de l'un d'entre eux. Remus avait la conviction que c'était McGonagall qui avait persuadé le Professeur Dumbledore de tenir les élèves dans l'ignorance du pouvoir qu'ils possédaient. Manque de chance, les Maraudeurs étaient d'incorrigibles fouineurs.
Un craquement retentit, lorsque l'elfe se matérialisa sous leurs yeux. Fort heureusement la salle commune s'était vidée le temps de leur conversation, si bien que personne ne vit la petite créature à la peau parcheminée, vêtue de l'uniforme (un torchon à vaisselle frappé aux armes de Poudlard, et drapé comme une toge), s'incliner bien bas devant Sirius déclarer d'une voix aiguë :
— Maître Black a fait venir Jelly ici, Maître Black doit donc avoir une raison. Et bonsoir, Maître Lupin, bonsoir, enchaîna-t-il en s'inclinant devant Remus.
Sirius lança un sourire fugace à Remus, qui eut le temps de l'attraper au vol.
— Jelly, est-ce que tu as un genre de thé qui aiderait à dormir ? demanda Sirius, regardant à nouveau l'elfe. J'en aurais bien besoin… marmonna-t-il.
Les yeux brillants de Jelly s'arrondirent sous l'effet de la réflexion.
— Oh, oui ! finit-il par s'exclamer. Bien sûr, monsieur. Ce serait plutôt une tisane, mais Jelly peut en préparer une à la lavande, monsieur.
— Parfait ! Merci, Jelly, répondit l'Animagus.
— Monsieur Lupin ne désire rien ?
— Non, merci Jelly, ça ira comme ça.
Après une dernière courbette, l'elfe transplana dans un nouveau craquement sonore.
— C'est un amour cet elfe, soupira Sirius. Rien à voir avec Kreattur. Je me souviens qu'à Paris, il y avait une elfe qui s'appelait Cacahuète qui me faisait aussi des tisanes à la lavande avant que j'aille au lit. Ils faisaient venir les fleurs du Sud de la France, et elle en mettait dans notre chambre à moi et Regulus, elles sentaient bon… Je dormais toujours bien, conclut-il en fixant à nouveau le feu qui se reflétait dans les cendres de ces yeux gris.
— À Paris ? s'enquit Remus, interloqué.
Encore un pan de la vie de Sirius qu'il n'avait jamais mentionné. Paris ! Qui l'eût cru ? Les yeux de Remus se posèrent sur le profil de son ami, des milliers d'autres questions lui piquaient les lèvres.
— Oui, j'ai de la famille là-bas. Tu ne savais pas ? Remarque, tu dors toujours en Histoire de la Magie. Eh bah… la devise des Black, « Toujours pur », c'est du français, par exemple. Pas mal des familles de Sang-Pur ont des ancêtres Français, les Lestrange et les Malfoy, ça j'en suis sûr. Je crois qu'il y a aussi les Rosier et les Carrow… et sûrement plein d'autres… donc ouais, voilà quoi, conclut-il abruptement.
— Mais attends… ça veut dire que tu parles français ! ne put s'empêcher de s'écrier Remus, émerveillé, écarquillant les yeux.
— T'es drôle quand tu fais cette tête, sourit Sirius un petit rire au travers de mots.
— Mais tu parles français ! s'exclama à nouveau Remus.
— Eh bien… oui. C'est si incroyable ?
Sirius n'avait pas l'air de comprendre l'importance capitale qu'avait eu la langue française dans la littérature, ni même la puissante symbolique qu'elle avait.
— Mais c'est le français ! Merlin ! C'est pas n'importe quelle langue !
— Je sais pas… ouais.
Sirius avait reporté son regard sur les flammes.
— Il faut absolument que je te fasse lire un auteur français… en français ! Tu vas tout de suite comprendre !
Le lycanthrope sautillait littéralement sur son fauteuil, incapable de contenir son enthousiasme.
— Si c'est pour finir comme toi, à me faire un challenge avec un nombre de livres à lire par année… railla Sirius, son sourire moqueur presque aussi solide que d'habitude, regardant à nouveau son ami.
— Hé ! protesta Remus. Je suis vexé.
— Là, c'est toi qui est susceptible, fit observer Sirius en pointant le lycanthrope du doigt.
— Oh, mais ne t'inquiète pas ! Tu na vas pas y échapper à ta lecture imposée, que je sois susceptible ou pas.
Sirius mit les mains en l'air, l'air résigné.
— Très bien, très bien. Si c'est comme ça… céda-t-il.
— Alors, alors… articula le lycanthrope, jubilant. Il faut que je réfléchisse à qui est-ce que je te ferai lire…
Tandis que titres et auteurs défilaient dans la tête de Remus dans une sorte de valse vertigineuse rendant tout choix possible, Sirius retournait à sa contemplation silencieuse et mélancolique du feu dansant dans l'âtre. Remus ne savait pas ce qu'il y voyait, cependant il y devinait quelque chose de sombre, et de lourd. L'image de trois plaies noires et suintantes traversa en un éclair son esprit, baignées, de lune.
— Pads… s'entendit-il murmurer, toute littérature française subitement envolée de son esprit.
Sirius tressaillit, puis essaya de se composer un sourire au visage. Une terrible grimace.
Remus prit une inspiration, puis réalisa qu'il ne savait pas quoi dire. Comment le dire. Sirius n'était pas le genre de personne avec qui on pouvait avoir une conversation dans le genre, dis-moi ce qui va pas. Pourtant Remus aurait aimé…
— C'était intéressant ce que t'avais dit tout à l'heure, sur le concept de guerrier.
Ce furent les mots qui sortirent, comme par pur magie, de sa bouche. Peut-être n'y avait-il rien de mieux à dire.
— Tu veux dire, le truc de ne pas avoir de source d'autorité, blablabla ?
Sirius n'avait pas vraiment l'air d'y croire. Un doute mêlé de surprise s'était répandu sur son visage, remplaçant la morose détresse.
— Eh bien, oui. Enfin, c'est une réflexion qui te colle à la peau.
— Tu trouves que ça me correspond ? s'étonna Sirius, sourcils froncés.
— S'il y a bien une personne qui renie toute source d'autorité, c'est toi. Je trouve ça fascinant.
— Fascinant ? Vraiment ?
L'Animagus avait vraiment l'air de penser que ses oreilles lui faisaient faux bond.
— Euh.. oui.
Sirius rigola, un peu.
— Wow… je suis flatté. On m'a toujours dit que ça allait causer ma perte.
Il avait véritablement l'air flatté, Remus ne lui avait jamais vu un air aussi ébahi avec un tel sourire d'incrédulité.
— Content de t'avoir flatté, alors, déclama le lycanthrope, tout sourire.
Sirius baissa la tête, rougissant. Il était tout bonnement adorable dans ses rares moments de gêne. Ça donnait envie à Remus de lui prendre le visage en coupe et de lui baiser le bout du nez. Rien qu'un petit bisou, frivole et innocent.
Heureusement, et fort à propos, avant que le lycanthrope ait pu obéir à sa pulsion, un craquement retentit sur le droite, et Jelly se matérialisa devant les deux garçons, un plateau en argent entre les mains. Il le déposa sur la table basse à côté de Sirius et couina :
— Votre tisane à la lavande est prête, monsieur. Jelly s'excuse d'avoir fait attendre Maître Black, mais la tisane à la lavande met un peu de temps à infuser. Jelly s'est aussi permis d'apporter du miel que Monsieur Black peut rajouter dans sa tisane afin d'accentuer l'effet des apaisant des fleurs.
— Merci Jelly, t'es un sucre, lança Sirius à l'adresse de l'elfe, remuant déjà une cuillère de miel dans son breuvage.
— Monsieur Lupin ne désire toujours rien ? s'enquit la petite créature en tournant ses grands yeux brillants vers le lycanthrope.
— Non, Jelly, merci beaucoup. Passe une bonne nuit, sourit Remus.
— Bonne nuit à vous aussi, Monsieur et Monsieur, souhaita l'elfe en s'inclinant devant eux. Jelly espère que sa tisane fera du bien à Maître Black.
— Je n'en doute pas, assura Sirius avec un clin d'oeil. Allez, file !
Dans une dernière courbette, Jelly transplana.
Sirius remua encore un moment sa cuillère dans sa tasse, la faisant claquer contre la porcelaine, avant de la reposer sur le plateau.
— Pourquoi ''aventurier'' ? demanda-t-il en regardant Remus dans les yeux.
Le coeur du lycanthrope manqua un battement.
— Je sais pas… ça m'est venu comme ça, murmura Remus en rougissant au souvenir de ce qu'il avait fait tout en soufflant ses mots dans les cheveux de Sirius. Il y a une dimension d'indépendance, qu'il n'y a pas chez le guerrier. Le guerrier, il est soumis à quelqu'un ou à quelque chose, il combat pour celui-ci. En plus, il y ce mot, ''guerre'', dedans. Ça ne te va pas. Aventurier… aventurier, c'est plus proche de ce qu'il y a en toi. Libre, indépendant, individualiste… partir, seul, explorer ce que personne n'avait vu avant… Ça c'est toi. Et c'est ce dont tu as l'air, maintenant.
Sirius scruta son visage, une expression indéchiffrable au sien.
— Et puis… un aventurier, quoi de mieux pour renier toute autorité ?
L'Animagus resta silencieux un instant, avant de rétorquer, traits tordus :
— Mes parents diraient que c'est lâche. De renier toute autorité.
— En quoi ? Et y a-t-il eu une seule fois où ils ont eu raison ?
Silence.
— Sirius, tu es tout sauf lâche.
✧ Étoile
Ces mots-là résonnèrent, rebondissant contre les murs, venant se cogner contre sa tête. Mensonges, mensonges, mensonges. Sa raison perdit un instant l'équilibre.
— C'est faux.
Les mots suivants se donnèrent la mort dans sa gorge et la nouèrent étroitement, de sorte qu'il se retrouva une fois de plus avec un aveu sur le bout des lèvres, mais pas un seul de ces fichus mots à mettre dessus.
