Ces 15e et 16e drabble :
Personnages : la famille Malfoy.
Thème : désaccords éducatifs.
Jouets
-Ca fera donc huit mille gallions et deux noises, sourit le vendeur du magasin de jouets.
Narcissa câlinait une énorme peluche en forme de dragon. Derrière elle, une tonne et demie de jouets en tous genres lévitaient à la queue leu-leu.
-Ma chérie, ne penses-tu pas que... commença Lucius.
La grande blonde lui adressa aussi sec un regard d'une froideur polaire, coupant court à la moindre objection.
Lucius Malfoy marmonna quelque chose comme "...un petit balai suffirait..." et sortit son chéquier.
-Vous avez dit combien ? soupira-t-il, plume en l'air.
-Huit mille gallions et deux noises, sourit à nouveau le vendeur. Mais je peux vous faire cadeau des deux noises, je sens que vous allez être des clients fidèles...
Au-dessus de son ventre rebondi, Narcissa battit des cils dans sa direction, tout sourire, tandis que Lucius se passait de commentaire et comptait les zéros.
Gourmandise
Quittant la table du petit salon à laquelle elle venait d'installer leurs altesses Draco Malfoy et Theodore Nott Jr pour le goûter, Narcissa ouvrit d'un geste ample le placard réfrigérant. Ses aristocratiques sourcils épilés de près se froncèrent en signe de contrariété.
-Monsieur Draco Lucius Orion Malfoy ! commença-t-elle.
-Oui Mère ? minauda d'un ton adorable le jeune blond de sept ans, qui savait que lorsqu'il avait trois prénoms, il avait des ennuis.
-Viens ici, Draco, gronda Mrs Malfoy qui répugnait à gourmander fils et héritier devant un invité, même alors que l'invité en question avait six ans et demi et dix-neuf dents de lait.
-Oui Mère ? répéta l'enfant venu se statufier devant la vierge tel un angélique et impunissable petit Jésus. La crainte de subir le courroux parental lui faisait découvrir des bijoux de son jeu d'acteur.
-Je peux savoir où est passée la mousse au chocolat ? attaqua la maîtresse de maison, incisive.
-OH ! s'exclama Draco avec une expression choquée devant le saladier vide.
-Bien sûr, fais le malin !
-Ce n'est pas moi ! protesta l'enfant tel un martyr.
-Draco, intervint la voix grave de Mr Malfoy.
L'enfant se figea comme un stalagmite.
-Inutile de mentir à ta mère, mon fils. Tu es au-dessus de cela. La gourmandise est pardonnable à un enfant de ton âge.
Lentement, Narcissa et Draco se tournèrent vers l'homme de la maison et plissèrent leurs fines paupières pâles, l'air suspicieux.
-Draco, va rejoindre Theodore, se détourna sa mère en replaçant le saladier vide dans le placard.
L'enfant quitta la cuisine, et Narcissa se tourna soudain vers son mari. Elle avança la tête tel un cobra, ses yeux lançant du venin, et ne dit mot.
-Tu ne l'as même pas puni ? nota Lucius, du bout des lèvres, désapprobateur. Je ne t'invitais pas un tel laxisme.
Narcissa s'approcha de lui comme d'une proie, ses yeux rétrécissant de plus en plus. Elle passa l'index sur la bouche de son mari, essuya une grande traînée de chocolat et le porta à sa bouche.
-Je me vois mal le punir pour un forfait que, de toute évidence, tu as commis. Hypocrite.
Le mot de l'auteur :
Oui j'aime les Malfoys.
Clairement, je les invente plus affectueux les uns envers les autres que ne le laisse entendre le canon. Mais rien ne nous dit que, derrière leur inénarrable et glacial extrémisme de bonne famille, il n'y avait pas, surtout en cette époque de paix que recouvre l'enfance de Draco, un esprit complice et un amour non-dit dans le quotidien du manoir Malfoy.
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