Epilogue
Washington DC, 24 décembre 2012, 18h30
Tempérance se glisse sur le balcon, s'accoude à la balustrade et laisse échapper un soupir d'épuisement.
La séance d'ouverture des cadeaux a été un moment de joie mais les cris des enfants, les exclamations et les rires des adultes, les papiers et les rubans qui s'amoncellent sur le parquet, les rires et les embrassades, tout ceci est un peu trop pour elle…. Il lui faut un peu de calme et de solitude.
Ce réveillon de Noël est une réussite. Elle se souvient du Noël 2009, lorsqu'elle avait réuni sa famille et ses amis pour la première fois. Elle se rappelle avec tendresse cette soirée d'il y a trois ans, sa cousine Margareth, le toast porté par Booth « à la famille, aux amis, aux amoureux, à la famille et à la bonne chère ». C'est un instant cher à son cœur, juste avant la tempête qui avait bien failli les anéantir. Elle lui avait fait remarquer qu'il avait parlé deux fois de la famille…
Aujourd'hui encore sa famille est réunie, famille de sang mais aussi famille de cœur. Max est là, avec Russ et Amy et les filles ainsi que Camille et Paul, son compagnon, Michèle, Sweets et Daisy. Jack et Angela n'ont pas amené leurs jumelles Lilah et Zoey car elles n'ont que quatre mois. Par contre Jared et Padmée sont venus avec leur fille Taraka, qui a déjà 18 mois.
Lui parviennent un peu étouffés les rires excités de Emma et Hayley qui jouent au Twister avec Parker. Le petit angelot aux boucles blondes est devenu un beau garçon qui ressemble de plus en plus à son papa. La disparition puis le retour inattendu de son père l'ont fait mûrir plus rapidement que les autres enfants de son âge. Il a demandé à sa mère de rester plus régulièrement auprès de Booth, il a négocié seul et obtenu gain de cause. Il vit aujourd'hui avec Seeley et elle une semaine sur deux et sa présence régulière a beaucoup aidé Booth dans son combat contre la dépression.
Elle entend la porte–fenêtre coulisser et une voix familière l'admonester doucement :
- Bones, il gèle. Tu vas attraper froid.
- Je suis tout à fait capable de prendre soin de moi, Booth. Tout va bien.
Il laisse échapper un rire étouffé et pose une veste sur ses épaules. Il se place derrière elle, l'enlace et niche son nez dans le creux de son épaule.
- Pourquoi j'étais sûr que tu allais me répondre ça ?
Elle tourne la tête, dépose un petit baiser sur le bout du nez de Booth et répond « Sans doute parce que tu me connais mieux que quiconque. »
Il approche son visage de celui de Tempérance et l'embrasse tendrement. Puis il entoure ses épaules de ses bras et la guide doucement vers l'intérieur « Allez viens. C'est l'heure de coucher Henri, le pauvre petit bonhomme dort debout. »
Le petit garçon de neuf mois est blotti dans les bras de Tempérance. Elle s'assied sur le petit lit et chuchote : « Mon poussin, il faut te reposer. » Il s'accroche à elle, luttant pour ne pas s'allonger. « Nan, nan ! » Elle sourit doucement. « Bon d'accord, alors juste une petite chanson et un câlin pour se calmer ». Elle commence à chantonner en caressant les cheveux auburn du bambin, en quelques secondes celui-ci s'endort comme savent si bien le faire les enfants. Booth assis sur le fauteuil à côté du lit regarde le tendre tableau et rit doucement. « Il n'en pouvait vraiment plus ». Puis il embrasse délicatement le front de son fils avant de le recouvrir de la couette. Tempérance lui tend la main, leurs doigts s'enlacent comme par reflexe. « Allons rejoindre les autres. »
La soirée touche à sa fin et les invités se sont éclipsés les uns après les autres. Ne reste plus que Max qui en train d'enfiler son manteau. Tempérance l'accompagne jusqu'à la porte et l'embrasse.
- Joyeux Noël, Papa.
- Joyeux Noël à toi, ma chérie. Le vieil homme la serre très fort dans ses bras et ajoute, la gorge serrée : « Je suis si heureux pour toi, ma puce. Tu as enfin la vie que tu mérites. »
Prise de court, Tempérance ne sait que répondre. Max se dégage et s'éloigne dans le couloir. La jeune femme lui lance alors « Je t'aime, Papa. ». Max se retourne, lui sourit : « Je t'aime aussi, ma chérie. Bonne nuit ».
Tempérance ferme la porte et s'y adosse. Booth est en train de ranger les derniers verres dans le lave-vaisselle. Elle sourit en regardant ce tableau domestique. Qui aurait dit il y a encore quelques mois qu'elle vivrait – et apprécierait – une scène aussi « familiale » : Seeley dans la cuisine, Parker et Henri dormant du sommeil du juste dans leurs chambres…
Elle s'approche de Booth et glisse ses bras autour de sa taille. Elle se blottit au creux de son cou.
- Tout va bien, Tempérance ?
- J'avoue que j'avais hâte de me retrouver en tête-à-tête avec toi.
- Une raison particulière à ça, dit Seeley dans un sourire en haussant les sourcils d'un air suggestif.
Elle étouffe un rire et répond, en faisant doucement glisser ses mains le long de son torse « Je ne vois pas ce que tu veux dire… ».
« Bones…. » souffle-t-il, avant de l'embrasser avec tendresse.
Tempérance prend Seeley par la main et l'emmène jusqu'au canapé où elle le fait asseoir avant de se percher sur ses genoux.
- J'ai encore un cadeau pour toi.
- Vraiment, lui répond-il en décochant son sourire ravageur. Est-ce que je vais l'aimer ? ajoute-t-il d'un ton plein de sous-entendus.
Un air d'incertitude apparaît sur le visage de Tempérance.
Booth lui caresse doucement la joue du revers de la main.
- Qu'est-ce qui se passe, mon amour ?
Elle laisse échapper un soupir, mi-exaspéré, mi-attendri : « Evidemment, je vais devoir m'y faire… »
- A quoi ?
- A tes démonstrations de mâle alpha, ça va être encore pire que d'habitude.
Booth fronce les sourcils, l'air perplexe : « Mais de quoi parles-tu ? »
- Les mâles dominants éprouvent le besoin d'asseoir leur prestige auprès de leurs concurrents en mettant en valeur leurs capacités de procréation et en présentant un soin particulier aux femelles gravides.
- Quoi ? Qu'est-ce que ….
- Je dis que tu vas vouloir me protéger encore plus maintenant que je su
- On va avoir un bébé ?
- C'est ce que j'essaie de te dire depuis tout à l'heur…. Booth lui coupe encore une fois la parole, la couvrant de baisers. Il se lève en la tenant dans ses bras et la fait tournoyer au milieu du salon. Puis il la pose et la regarde dans les yeux, caressant ses cheveux d'une main.
- Une petite fille ?
- C'est trop tôt pour le dire. Tu veux une fille ?
- Ca m'est égal… c'est merveilleux, Bones.
Il la serre contre lui, enfouissant son visage dans les cheveux de la jeune femme. Il murmure alors « ça en valait la peine… ».
Elle revoit en un éclair cette soirée, lorsque, bouleversée par la peine de Ken Tanaka qui venait de perdre sa sœur, elle s'était ouverte à Booth de ses doutes concernant l'amour. Il lui avait répondu « ça en vaut la peine, chaque chose, chaque moment… ». Et aujourd'hui, enfin, elle comprend vraiment ce qu'il voulait dire.
