Réponses aux reviews anonymes:

AV: J'ai hâte de savoir ce que tu pense de ce chapitre car j'imagine qu'il va te surprendre. Je suis contente que le dernier chapitre t'ai plu, et j'espère que celui-ci ne te décevra pas. L'aspect psychologique ici présent est l'essence même de ce récit, comprendre, exprimer, montrer ce qui se passe dans l'esprit humain lorsqu'on subit de tels actes, montrer la souffrance brute et destructrice et ses conséquences. Merci pour ta review.

Nini : Je suis contente d'avoir de tes nouvelles, et que tu ai apprécié les chapitres précédents. Pour ce qui est de Tanya, j'avais tout préparé depuis le début, je savais très bien ou j'allais ;) Edward est de retour pour de bon, oui, et les prochains chapitres seront essentiellement POV Edward/Bella. Merci pour ta review.

Ariane : Merci pour ta review. Pour ce qui est de donner la description des personnages de mon roman, je n'en vois pas l'utilité puisque sinon, ce n'est plus une fanfiction, mais le récit original, je vous donne les noms, et vous êtes dedans ! Sinon, je comprends ta haine pour Jenks, mais ici, ce qui est important, c'est la violence d'Edward. Presque inhumain. On le comprend, car il a des raisons, mais c'est à observer, d'ailleurs je l'approfondis un peu dans ce chapitre. Edward est, effectivement très doux avec Bella, et il y a des raisons, j'en parle peu ici, mais je développerais cela plus tard.

Lilia : Je suis contente que tu me lises, mais n'espère pas de bonheur intense. Cette fiction retrace la vie de deux êtres perdus, changé par les violences qu'ils ont subies. J'explique l'organisation de l'histoire en fin de chapitre, et c'est en deux parties. Et la première sera loin d'être joyeuse, car ce n'est pas parce que Bella quitte le monde de la prostitution qu'elle est heureuse et hors de danger. Elle va souffrir bien plus avec Edward qu'avec Jenks. Et c'est normal. Si tu as besoins d'autres précisions, demande moi, je me ferais une joie de te répondre. Merci pour ta review.

Emmjackedjazz : Ne t'inquiète pas, je pense que c'est normal, et cela me fait plaisir de te répondre ! Pour être honnête, non, Bella aurait été mieux avec Jenks, elle aurait moins souffert. Physiquement oui, mais psychologiquement, elle va vivre une vraie torture dans les prochains chapitres, et c'est cohérent, logique. Vous allez comprendre. J'espère que ce chapitre te plaira, j'attends ton avis ! Merci encore pour cette review.

Sophiebelier : Merci pour cette review ! Ils ne seront plus séparés pendant un long moment, mais ne seront pas heureux non plus, désolée …

Bonne lecture à tous, j'espère que vous n'avez pas attendu trop longtemps … ;)

Chapitre VIII – Past Will Always Catch You.

POV Alice

La nuit avait été longue. Je n'avais réussi à m'endormir qu'une fois que j'avais entendu Edward rentrer. Dire que j'étais inquiète aurait été un euphémisme.

Jasper était passé environ une heure plus tôt avec Emmett, pour me dire que tout allait bien, et qu'Edward ne devrait pas tarder. Depuis quelques temps, Ed était de plus en plus absent. Oh ! Il n'était presque jamais là, mais depuis plus ou moins deux semaines, on ne le voyait plus. Esmée en était désolée.

Carlisle s'était fait une raison depuis longtemps. Il savait ce qui clochait chez Ed, mais il ne m'avait jamais rien dit. Jasper et Emmett savaient, eux aussi, bien sûr. Solidarité masculine oblige, j' n'étais pas prête de savoir quel était le problème.

Jasper avait passé la nuit à la maison. Avec sa sœur, Rosalie, ils louaient un petit appartement à quelques rues d'ici. Mais Jasper passait le plus clair de son temps ici ; quand il n'était pas avec Ed et Emmett ; et Rosalie, elle oscillait l'appartement d'Emmett et la maison.

Avec Jasper, nous avions prévu de nous installer ensemble lorsque j'aurais terminé le lycée. Je n'avais pas encore 17 ans et lui en avait presque 21.

Je l'avais rencontré grâce à Rosalie peu de temps après notre déménagement à Dearborn, il y a presque 6 ans. Un truc con : j'étais nouvelle à l'école, et timide comme je l'étais, je n'arrivais pas à aller vers les autres. Puis, une fille de ma classe s'était approchée et présentée :

« Je m'appelle Rosalie, elle avait dit. Moi j'ai déménagé ici l'année dernière, puis elle s'était approchée davantage et m'avait chuchoté, j'ai pas réussi à me faire d'amis, les gens sont trop bizarre dans ce coin. Ce serait chouette si on pouvait être copines, toutes les deux ! »

Elle m'avait fait rire. J'étais vraiment étonné que cette fille veuille être amie avec moi. Rosalie avait grandit, bien sûr, et n'avait fait que s'embellir bien que ses traits soient demeurés, mais elle était déjà incroyablement belle à l'époque. Et pourtant, tout ce que je voyais dans ses yeux, c'était une immense tristesse. Enfant aimée par mes deux parents, je ne comprenais pas. J'ai compris plus tard.

Rosalie était grande, et bien roulée. Elle faisait facilement un mètre soixante-dix, et disposait de superbes courbes. Heureusement qu'Emmett était très grand et très baraqué. Elle avait des cheveux blond clair, extrêmement brillants, long jusqu'à la poitrine, souples. Elle avait les traits fins, mais incroyablement durs. Une beauté froide. Le teint frais, et des yeux bleu glacier.

A côté, je faisais pâle figure. Oh bien sûr, je ne blâmais pas mes parents pour cela. Esmée avait une belle chevelure d'un châtain mordoré, long jusqu'aux épaules et ondulés ; un teint de rose et de beaux yeux noisette. Elle était de taille moyenne, environ un mètre soixante-cinq, et sa peau était parsemée de centaines de grains de beauté et tâches de rousseur. Elle n'avait pas un visage particulièrement fin, mais la douceur de ses traits et l'amour dans ses yeux faisaient d'elle une très belle personne. Mon père avait les cheveux d'un blond presque blanc. Il dépassait à peine le mètre quatre-vingt, et était de corpulence moyenne, comme ma mère. Ses yeux étaient d'une couleur proche de l'or, lumineux, les traits délicats. La bonhommie sur son visage renforçait cette sensation de confort en sa présence, et cette facilité qu'on avait à être à l'aise près de lui.

J'étais enfant unique, mais pas foutue d'avoir pris les meilleures gènes. Je suppose que même à l'état de fœtus j'étais généreuse et j'avais pensé à celui qui passerait après moi. Mais apparemment je me suis privée pour rien.

J'étais un peu plus petite que ma mère, je faisais un mètre cinquante-neuf et demi. Mes cheveux étaient noir de jais, et lisses comme ceux de mon père. Ils étaient courts et très souples, raison pour laquelle il y avait toujours beaucoup d'épis. J'étais aussi parsemée de taches de rousseur et de grains de beauté. Et j'avais les yeux vairons : L'un des deux était parfaitement noisette, tandis que le second était doré, beaucoup plus clair que le premier et cerclé noisette autour de la pupille. D'après ma mère, j'avais l'élégance des traits de mon père, et d'après ce dernier, mon visage reflétait la douceur de celui de ma mère. Mais ce sont mes parents, obligés de m'aimer comme je suis.

J'avais rencontré Jasper peu de temps après être devenue amie avec Rosalie. C'était son grand frère, de 4 ans son ainé, et souvent, il venait la chercher à l'école. Depuis ce moment la, j'avais le béguin pour lui. Et finalement, un peu avant mes 14 ans, nous avions commencé à nous fréquenter.

Jasper était très beau. Les traits fins et durs, comme sa sœur, et les cheveux tout aussi clairs qu'elle. Il était aussi grand qu'Edward, dépassant légèrement le mètre quatre-vingt cinq. Je l'avais vu grandir, devenir un homme. Adolescent frêle, il était devenu un jeune adulte bien bâti, aux épaules larges, ses muscles s'étaient développés, mais raisonnablement. Il était un peu moins musclé qu'Ed, et beaucoup, beaucoup moins qu'Emmett !

Toute la soirée, il avait tenté de me rassurer, sentant mon angoisse. Je connaissais Ed. Il était comme mon frère, maintenant, c'était mon frère. Et malgré les paroles apaisantes de Jaz, je le sentais lui-même inquiet.

Quand j'avais entendu des voix s'élevant du rez-de-chaussée, je n'avais pas pu m'empêcher de glisser ma tête à travers la porte entrebâillée, puis, m'assoir au pied des escaliers pour écouter un petit peu, avant que Jaz ne me rattrape et me force à dormir, maintenant qu'Edward était rentré, en sécurité, à la maison.

Et je me réveille seule ce matin la, une note sur ma table de chevet.

« Bonjour mon cœur,

J'espère que tu as passé une bonne nuit. Je suis désolé de ne pas être la, mais Rosalie tenait cette année encore à passer par la tombe de notre mère et faire noël chez nos grands-parents, en Californie. On a du partir tôt ce matin. Mais ne t'inquiète pas, ton cadeau t'attendra au pied du sapin. Je serai rentré lundi.

Je t'aime, bisous.

Jaz ».

En lisant, je fronce les sourcils. Lundi. Je regarde le calendrier au dessus de mon lit. Jeudi 23 décembre 1999. Hum. Je peux attendre un peu.

Je sors de ma chambre, et descends les escaliers à pas de loup. A nouveau, j'entends des voix. Je reconnais facilement celle de mon frère. Mais la seconde m'échappe. C'est une petite voix. Plutôt fluette. Celle d'un enfant. Qu'est-ce qui mon frère fait avec un gosse à …

Je regarde ma montre.

11h22.

J'avance vers la cuisine ; d'où viennent les voix ; pour prendre le petit déjeuner.

La lumière de la pièce est aveuglante. La dispose de grandes baies vitrées, et de portes vitrées pour l'accès au jardin. L'espace est complètement ouvert grâce à de grandes arches. La maison comporte peu de murs et de portes ; uniquement pour les chambres, les toilettes et les deux salles de bain. Autrement, l'accès est totalement libre, aucun mur ne sépare la cuisine de la salle à manger, la salle à manger du salon, le salon du bureau. Les murs peints couleur lin reflètent la lumière de l'extérieur et je suis complètement aveugle. Heureusement que je suis chez moi, et que je connais la maison.

Peu à peu, mes yeux s'habituent à la lumière, et bientôt, je me retrouve assise à la petite table de la cuisine. Finalement, j'ouvre les yeux complètement. A côté de moi, mon frère. En face, une fille. Pas d'enfant. A mon apparition, mon frère ne s'arrête de parler. La nana ne bronche pas. J'attends qu'une troisième personne, le gosse qui m'a réveillée, arrive et se remette à jacasser. Mais rien.

Je finis par me relever, et faire chauffer mon bol de café au lait dans le micro-onde. Sur la table, j'attrape la confiture à la fraise, et commence à me faire une tartine.

- Oh t'as trop raison c'est trop beaucoup bon la contifure ! Moi j'ai ai pris beaucoup plein que c'était trop bon ! Je me fige. La voix qui m'a réveillée.

J'entends mon frère rire légèrement et je devine le sourire de mon frère. Ça fait longtemps que je ne l'ai pas entendu rire.

Rapidement, je baisse la tête et balaye la pièce du regard, cherchant le môme qui vient de me parler. Mais il n'y a personne d'autre que mon frère, cette fille et moi dans la pièce. Je relève la tête et la dévisage un instant.

- Et j'ai pris le chocolat aussi et le beurre et l'autre contifure … qu'est-ce que c'était quoi déjà hein ?

Elle se tourne vers mon frère.

- De la confiture de myrtille, il répond d'une voix douce et calme.

- Ah oui voila c'est ça ! J'ai pris le lait et j'ai pris 5 les tartines ! Elle me montre, en comptant fièrement sur ses doigts.

C'est elle l'enfant.

Je me tourne vers mon frère, incrédule. Du regard, je lui demande « tu l'as trouvée ou, celle-là ? ». Il me jette un regard noir, et j'en conclu que je le choperais un peu plus tard, quand elle sera partie.

J'examine la fille.

Tant qu'elle n'ouvre pas la bouche, tout va bien. Elle est même plutôt jolie. Elle est petite à peine plus grande que moi. Un mètre soixante au plus. Ses cheveux d'un châtain foncé teinté de reflets cuivré, trop ambré pour être bruns, mais trop foncés pour être vraiment roux. Ils sont longs, très longs. Ils lui arrivent dans le bas du dos, descendent jusqu'aux fesses. Bouclant à partir de la moitié de leur longueur, et très emmêlés. Elle est maigre. Trop maigre. Mais pour autant, son poids est harmonieusement réparti. Son visage est assez émacié, en forme de cœur. Elle a les pommettes hautes et marquées. Elle me semble jeune, et pourtant son visage bien que doux, parait fatigué, vieilli. Ses yeux sont d'un brun chocolat foncé et lumineux, profond, en forme d'amande. Elle à un petit nez retroussé qui lui donne cet air doux et enfantin. Ses lèvres, pleines et bien dessinées sont d'un rose prononcé, contrastant avec la pâleur de sa peau de cadavre. Je n'ai jamais vu quelqu'un d'aussi blanc. Comme si elle n'était jamais sortie, comme si elle n'avait jamais été exposée à la lumière solaire. Et pourtant, sa peau était diaphane, translucide. De la ou j'étais, je pouvais facilement voir les veines de ses bras. Elle était comme un filtre laissant passer la lumière, complètement traversée par celle-ci.

Elle était mignonne.

Mais parlait carrément mal. Elle ne savait pas aligner deux mots correctement. L'écouter parler me donnait la migraine, autant par le son trop aigue de sa voix pour son âge, que par la construction de ses phrases. « Contifure ». Un enfant de 5 ans sait le dire correctement !

Je termine mon petit déjeuner, tout en continuant de regarder mon frère du coin de l'œil. La fille ne parle plus, elle regarde autour d'elle, un sourire idiot sur le visage, comme si elle n'avait rien vu de sa vie. Je mets mon bol et les couverts dans le lave-vaisselle, et Ed me surprend à le regarder.

Il se racle la gorge.

- Bella, pourquoi tu n'irais pas … lire un livre dans ma chambre, je te retrouve dans quelques minutes, il lui dit, tout en me regardant.

- Mais je sais pas lire, elle lâche.

Je m'étouffe. Et Ed me regarde comme s'il était sur le point de me tuer.

- Alors … je vais te présenter ma maman, d'accord ? Il continue de me fixer, les yeux noirs.

Il est en colère.

Il se lève, lui tend la main.

Elle se lève. Prend sa main.

- D'accord, elle dit.

Il me passe devant, et rapidement, m'enserre le poignet de sa main.

- Toi, tu restes ici, tu ne bouge pas. Je reviens dans 5 minutes, il dit, et sort de la pièce avec elle.

Je n'obéissais pas au doigt et à l'œil de mon frère. Mais je reste, et j'attends. Parce qu'il me doit des explications. Pour avoir été réveillée par cette énergumène, j'ai le droit de comprendre.

Alors je reste là.

J'attends.

Et il arrive.

Furieux. Les yeux … noirs.

Violement, il m'attrape par le bras, et se dirige vers ma chambre.

- Je préfère mettre un maximum de distance entre elle et nous deux, car je sais que je vais finir par te hurler dessus, et je n'ai vraiment pas envie de l'effrayer, il dit d'une voix dure et déterminée.

Il me pousse dans les escaliers, et nous arrivons dans ma chambre. J'explose. Edward a toujours eu un comportement ambigüe, violent par moments, mais il est hors de question que je me laisse traiter comme une moins que rien pour une attardée !

- Non mais tu crois quoi, la ?! C'est quoi ça, franchement ? D'ou tu la sors ?

- Ça, il me dit, la rage palpable à son ton, « ça » c'est Bella ! Il vire maniaque, s'agite dans tous les sens. Au bord de l'hystérie, de la rupture.

Il est vraiment énervé.

Aie. J'espère qu'il ne blessera personne cette fois.

- Hein ? Bella ? Mais c'est quoi ! Franchement, Ed, d'où tu vas imposer ça à ta famille !? Tu l'as vue, pas capable d'aligner trois mots correctement ! Elle m'a réveillée, ce matin, avec sa voix de gamine ! J'ai cru que t'avais ramené un enfant à la maison ! Je lui donnais quoi, 7 ans, avant que je la vois ! Elle en a au moins 10 de plus ! Je gémis.

Il me fixe. Le visage complètement dénué d'expression. Il me fixe. Ne bouge pas. Il semble calme. Mais ne l'est pas.

Je n'ai plus qu'à attendre qu'il craque.

J'attends.

J'attends.

- MAIS PUTAIN MERDE JOYCE ! Il hurle. Littéralement, il hurle. Je suis sure que même les voisins de l'autre côté de la rue l'entendent. APPRENDS A FERMER TA GUEULE DE SALE GAMINE POURRIE GATEE !

Il se rapproche.

Putain merde. Merde. Merde. MERDE !!!

Je me recule. Bientôt mon dos tape contre l'armoire de ma chambre. Il n'est qu'à quelques centimètres. Je ferme les yeux, sachant à quoi m'attendre.

- ET TOI D'OU T'AS LE DROIT DE BALANCER DES CONNERIES PAREILLES ?!

Il parle depuis l'autre bout de la pièce. J'ouvre les yeux avec hésitation. Il tourne en rond en regardant par la fenêtre. Merci mon Dieu !

- J'ai le droit de dire des « conneries pareilles » quand je suis réveillée par une nana qui tient plus d'un gosse débile mental et que mon frère s'énerve parce « j'ose » demander d'où elle sort !

J'aurais peut-être pas du dire ça.

Il revient.

- MAIS BORDEL TU COMPRENDS RIEN ! T'ES AVEUGLE OU QUOI ! PUTAIN ALICE ! C'EST BELLA !

Il commence à me gonfler sérieusement avec sa « Bella ».

- QUAND J'AI DEBARQUE, JE PARLAIS PAS MIEUX QU'ELLE ! JE SAVAIS PAS LIRE NON PLUS, JE SAVAIS PAS ECRIRE, JE COMPRENAIS PAS LES TROIS QUARTS DE CE QU'ON ME DISAIT ! ALORS FERME TA GUEULE !

- Oui, mais toi, quand tu es arrivé, t'avais une raison d'être comme ça, je rétorque.

Il se retourne, me fait face.

La dernière fois que je l'ai vu si énervé, c'est Emmett qui a du l'arrêter.

Merde.

- MAIS PUTAIN DE BORDEL DE MERDE ALICE ! TU COMPRENDS QUAND ON TE PARLE ?!? C'EST ISABELLA ! ISABELLA, BELLA, ISABELLA, BELLA ! COMMENT T'OSE BALANCER DE LA MERDE COMME ÇA !

J'ai plus qu'à faire comme lui si je veux une chance de survivre.

- PUTAIN MAIS ALORS EXPLIQUE MOI QUI C'EST CETTE FILLE ! C'EST QUOI SON PROBLEME !? SI TU M'AIDES PAS JE VAIS PAS DEVINER !

Il me regarde, me fixe, me dévisage, à nouveau calme et silencieux. Les yeux noirs de rage, les traits durcis par la colère. Un instant, il est choqué. Etonné. Il me regarde comme une bête curieuse.

Et il se rapproche encore.

- Dis moi, Alice, t'habitais ou, ces 5 dernières années ? Il demande, étrangement calme.

Il commence sérieusement à m'effrayer.

- Ici, bien sûr.

Il se tait.

- Mais tu vis dans quel monde, Alice ? T'es trop égocentrique pour t'apercevoir que les gens autour de toi vivent ? Que tu n'es pas le centre de l'univers ? Il dit d'un air … menaçant.

- Je peux savoir quel est le rapport entre mon prétendu égocentrisme et cette nana ? Je lui demande, tentant de contrôler ma respiration.

- Oh, aucun, il répond nonchalamment en haussant les épaules. A part que, si tu t'intéressais un peu plus aux autres êtres humains, tu saurais qui est Bella. Tu saurais que depuis que je suis là, je n'ai pas arrêté de la chercher. Tu te serais souvenue que quand je suis arrivé, c'est la première personne que j'ai demandé à voir à mon réveil. Mais c'est pas grave, c'est pas important, il dit, en avançant vers la porte, me regardant par-dessus son épaule. Excuse-moi de te laisser seule, j'espère ne pas te blesser par mon manque certain d'attention envers toi, mais je dois m'occuper de quelqu'un, actuellement.

Et avec ça, il part.

Je m'assois sur mon lit, mes coudes sur mes genoux, et me prends la tête dans les mains.

Ed a beau virer insupportable, cette fois, il a raison.

Si je n'avais pas été obnubilée par le dérangement que cette fille avait pu provoquer, j'aurais su de qui il parlait. J'aurais compris que c'était elle.

Isabella.

Il en parlait tout le temps. Depuis qu'il était ici, c'était comme une obsession. Il fallait qu'il la retrouve. Je sais qu'il avait même entrainé Jasper dans son délire, une fois. Et puis, plus le temps passait, plus il déprimait. Il n'était même pas heureux de ne plus être dans cette cave. Je l'avais entendu en parler avec Jaz un soir. Il disait qu'il était reconnaissant à Carlisle de l'avoir sauvé des coups de ce James, et qu'il adorait Esmée. Qu'il s'entendait bien avec moi, qu'il avait de l'affection pour nous tous, mais que, s'il devait revivre ça pour être avec elle, il le ferait.

Bien que je me doutais qu'il fut très fort, je n'arrivais pas bien à comprendre la nature du lien qui les unissait.

Un jour, je passais devant la chambre d'Edward, et je l'entendis discuter avec mon père. Je savais que c'était mal, mais discrètement, je me collais au mur juste à côté de la porte entrouverte, et j'écoutais. Edward parlait d'elle. Comme d'habitude. Et mon père lui posa alors une question à laquelle il ne s'attendait pas.

« Edward, commença mon père, que ressens-tu pour elle ? Tu l'aimes ? Tu éprouve des sentiments romantiques à son égard ? ».

D'après l'empressement qu'avait mon père en lui posant la question, je compris qu'il y avait réfléchi longtemps, et avait attendu qu'Ed soit pleinement en mesure d'en comprendre la signification pour ne pas répondre à côté de la plaque. Le temps qu'il apprenne à parler, lire, écrire. Qu'il ait du vocabulaire, et les notions suffisantes.

Il y avait eut un silence de quelques minutes.

« Non. Non je l'aime pas. Enfin si je l'aime mais c'est pas … comme ça ! il avait répondu, sonnant perdu. »

« Pas comment ? avait ajouté mon père ».

« Bah … j'ai pas envie de faire comme James faisait avec elle. J'ai pas envie qu'elle soit triste. Je voudrais juste que elle soit la, et puis on parle et on dort tous les deux comme d'habitude, il avait dit simplement. »

Après ça, mon père avait essayé de comprendre, mais n'y avait pas vraiment réussi. Moi non plus. C'était tellement étrange, ce qui les retenait l'un à l'autre.

Et, en repensant à ce que je lui avais toute à l'heure, je m'estimais heureuse d'être toujours vivante.

Edward était devenu de plus en plus violent, et il y avait des sujets dont on évitait de parler s'il n'entamait pas la conversation avec. Cette fille en faisait partie.

Un jour pendant le diner, ma mère qui était malheureuse de le voir si triste, si mal, lui avait dit qu'il devrait sans doute arrêter d'y penser. Qu'il y avait très peu de chances qu'on la retrouve un jour, qu'il devait l'oublier. Il s'était levé violement de table, avait balayé son assiette et son verre d'un bras, ces derniers s'écrasant contre le mur dans un fracas. Il l'avait regardée avec des yeux pénétrant, en lui disant de cette même voix menaçante avec laquelle il m'avait parlé tout à l'heure qu'il était hors de question qu'il l'abandonne. Et que jusqu'à ce qu'il la retrouve, il la chercherait, jusqu'à sa mort, s'il le fallait.

Après ça, il était parti dans sa chambre en claquant la porte ; et mon père était parti après lui, et j'avais entendu les voix s'élever de sa chambre. Ma mère était en larmes, et je l'avais consolée. Elle était malheureuse, se sentant complètement inutile face à la souffrance de mon frère. Elle souffrait de son comportement mais ne lui en voulait pas. Ma mère était juste trop aimante pour en vouloir à quelqu'un d'aussi accablé et fragile qu'Edward.

Je sors de me souvenirs, et me dirige vers la porte. Cette pauvre fille ne m'a rien fait. Elle a vécu l'enfer. Je ne sais pas comment Ed a fait pour la retrouver, mais il l'a fait, il a réussi, finalement.

J'avançais en direction du jardin, et je voyais mon frère à côté de ma mère, et Bella, accroupie, cueillant une fleur, un sourire éclatant sur le visage, répétant à quel point c'était beau et qu'elle était heureuse.

Enfin, ce ne sont pas les termes exacts. Mais c'est leur signification.

- Bonjour Bella, je m'appelle Alice. Je suis la sœur d'Edward, je lui dis avec un sourire.

Mon frère tourne son visage vers moi, et me sourit, les traits empreints de douceur. Et je mesure à quelle point cela compte pour lui. A quel point elle compte pour lui.

OOOOOOOOOOO

Chapitre à peine plus court que le précédent. J'espère qu'il vous aura plus autant. Le prochain sera POV Edward et Bella, pour ce qui est sur. Peut-être un peu de POV Alice encore, ou Rosalie, je n'en sais rien. Mais je pense que Rosalie, ce sera plus par la suite.

Je me doute que ce n'était pas ce a quoi vous vous attendiez, surtout comme réaction de la part d'Alice. Pour les description, je les ai arrangées pour qu'elles ressemblent a celles des personnages du livre, mais en laissant quelques petits trucs, et en gardant ce qui était nécessaire pour la cohérence (genre Bella maigre). La seule description qui est, il me semble exactement la même dans cette version Fanfiction que dans mon récit original est celle d'Esmée (Celest dans mon histoire).

Sinon, on m'a posé la question, alors j'y réponds, je pense faire un chapitre en POV Irina, effectivement, mais plus tard, pas tout de suite. Elle réapparaitra à ce moment la dans l'histoire. Peut-être aussi que je ferai un POV Tanya. En tous cas, vous la retrouverez à la fin du chapitre prochain.

Sinon, je tiens à vous prévenir : cette histoire est en deux parties. La descente aux Enfers. Puis la Reconstruction, réapprendre à vivre. Actuellement, j'ai de part et d'autre plusieurs lecteurs et amis qui me conseillent de publier, et beaucoup de gens qui me soutiennent dans ce choix. Je ne sais pas quoi faire. Vraiment. Je pense que je vais d'abord terminer d'écrire l'histoire, et après, peut-être que je proposerais cela à un éditeur, ou si je reçois une proposition, j'y réfléchirai. Si jamais le bouquin ce retrouve à être publié (ce que je ne pense pas voir arriver, parce qu'il faudrait un gros buzz pour qu'on me propose et je pense qu'en dehors de cela aucun éditeur sérieux ne voudra prendre le risque de publier mon récit), je ne posterai ici que la première partie de l'histoire, afin de garder quelques surprises pour ceux qui viendraient à acheter le livre, ou à le découvrir.

Aussi, j'ai vu que j'avais de nouveau lecteurs en regardant mes emails. Plusieurs nouveaux m'ont inscrit a leur Author/Story Alerts et à leurs Favorite Athor/Story. Je suis chiante avec cela, mais j'aimerai bien que chaque lecteur me laisse au moins une fois une review. En plus de me booster, cela me permets de voir si les gens comprennent bien le message que je cherche à faire passer, si j'ai été clair dans mes dialogues et monologues, dans mes explications, etc. Je me fiche du nombre de review que je reçois, franchement, parce que, si c'était le cas, je n'aurais pas posté 3 chapitres en 4 jours, au risque d'en perdre. La seule chose qui compte, c'est votre avis, la manière dont vous avez perçu les chapitres, etc., et si vous avez des questions, posez les moi, j'y répondrais avec plaisir, à moins que ce ne soit des spoilers ! :p Ou si cela vous dérange, un PM, je m'en fiche, mais c'est un type d'histoire ou le lecteur est impliqué, et je veux impliquer mes lecteurs, voir a quel point ils le sont, etc. Voila.

Merci encore pour tout, de me lire, de me soutenir, de me reviewer et d'avoir lu cette loooooongue AN qui a bien du vous barber ! Je vous aime, mes lecteurs,

Bisous,

Petite Fée.