Salut a tous !

merci pour tous vos super messages, et vos ajouts alertes/favoris ! je réponds a toutes les reviews du chapitres 9 dés que j'ai 5min, promis :-) (demain ça devrait le faire)

encore merci aux Guest a qui je ne peux malheureusement pas répondre ! Rawr, Halmadrid, Luna2408, Polaris et Hatchiiko ... et aux autres. Je lis vos remarques avec beaucoup d'attention.

Un bisou à Ettoile, ma chasseuse de fautes qui corrige à la vitesse de la lumière.

sans plus attendre la suite !


Chapitre 10 : Initiation & Imprévu

Harry retourna dans sa chambre à vive allure. Sur les derniers mètres il était quasiment en train de courir. Il arriva devant le tableau de la grosse dame essoufflé et haletant.

- Mot de passe ?

- Nid de cafard.

- Absolument pas, jeune homme, répondit-elle sur un ton agacé, comme si elle avait oublié que c'est elle-même qui avait choisi ce mot de passe le mois précédent.

- Oh non, on change aujourd'hui, gémit Harry.

- C'est possible.

- S'il vous plait, madame, vous me connaissez depuis le temps !

- Vous n'y pensez pas, Potter ! Vous me causez déjà suffisamment de problème la nuit. Allons un petit effort...

Harry jeta un coup d'œil à sa montre. 22H00. A ce rythme il n'aurait même pas le temps de se poser 5min. Il devait absolument repasser par le dortoir. Plus question de se faire avoir, à partir de maintenant, il se déplacerait avec sa cape d'invisibilité et la carte du maraudeur tous les soirs. Même si ça signifiait qu'il révélait un de ses plus grands secrets à Draco, en lui donnant la recette de ses escapades nocturnes.

- Fortuna major.

Neville venait d'arriver à côté de lui. La grosse dame acquiesça et fit pivoter le tableau. Ils pénétrèrent dans leur salle commune.

- Merci, Neville ! J'ai bien cru que j'allais rester coincé.

- Pas de quoi ! répondit-il sur un ton un peu contrarié. Harry, tu ne vas pas sortir ce soir, n'est-ce pas ?

- Qu'est-ce qu'il te fait dire ça ?

- Oh rien.

Neville s'installa dans un fauteuil et se plongea dans la lecture d'un roman intitulé « Par amour d'une plante verte » avec une mine renfrognée. Harry monta l'escalier du dortoir en jetant un dernier coup d'œil à Neville qui lui faisait clairement la tête. Il n'avait pas trop le temps de s'inquiéter des états d'âme de son ami, mais cette réaction était surprenante. Harry ne se rappelait pas avoir fait quelque chose pour le contrarier.

Une fois dans sa chambre, il ouvrit sa malle pour attraper la cape roulée en boule parmi le reste des vêtements de Dudley. L'étoffe finement brodée se remarquait immédiatement au milieu du tas de chemises informes et ternes. Il poussa un soupir, sa tenue vestimentaire était presque une insulte en comparaison des efforts fournis par Draco pour être impeccable. Ginny lui avait dit un jour que ça lui donnait un style négligé et sexy. Ça l'avait fait beaucoup rire, parce qu'il ne voyait rien d'autre que la partie réellement négligé.

Il se sentait ridicule. Est-ce qu'il était en train d'appréhender la rencontre comme un vrai rendez-vous ? Le stress commençait à monter de manière exponentielle. Et plus il y pensait, plus ça le stressait et plus ça le stressait, plus il y pensait. Il fit deux pas vers la porte avant de se jeter dans la salle de bain pour vérifier son allure globale. Un peu d'amour propre ça ne pouvait pas faire de mal. Il passa la main dans ses cheveux en épis en tentant de les aplatir. Son t-shirt trop large laissait apparaitre une partie de son cou et de sa clavicule. Il le recentra un peu en jetant un coup d'œil effaré au logo de l'équipe de baseball de Little Winning qui commençait à s'effacer.

La pendule indiquait 22H37. C'était largement l'heure d'y aller s'il ne voulait pas finir frappé par la foudre. Il enfila une chemise à carreaux bleus par-dessus son t-shirt et glissa la carte dans la poche arrière de son jean. Quand il retraversa la salle commune, Neville s'était endormi. Harry se promit qu'il ferait tout pour se rabibocher avec lui le lendemain matin.

Résumons : il avait la cape, la carte, son look sexy/négligé, il n'était pas trop en retard, tout allait bien. La porte de la bibliothèque était en vue. Chaque pas qui le rapprochait de sa destination resserrait l'étau de son estomac. Il s'immobilisa au milieu du couloir. A l'évidence, Draco n'était pas encore arrivé. 23H00 précise. Eh bien, pour quelqu'un qui ne supportait pas le retard, Draco était quand même du genre à se pointer hors des horaires qu'il avait fixé lui-même ! Harry était en train de se demander s'il avait le droit de le foudroyer, lui aussi, quand un bruit sourd se fit entendre. Harry s'avança jusqu'à l'angle du mur et jeta un rapide coup d'œil.

- Je vous l'ai déjà dit, nous ne pouvons rien avancer.

- C'est sûrement elle qui l'a fait entrer, Minerva, répondit une voix doucereuse.

- Écoutez Severus, ces accusations sont très graves. Utiliser des méthodes moyenâgeuses contre ses élèves est une chose, lâcher un spectre de la mort dans les couloirs de l'école en est une autre. Nous n'avons rien trouvé qui prouve un quelconque lien entre elle et la créature. En conclusion nous ne...

- Attention, je crois que des oreilles indiscrètes ont intercepté notre conversation.

Harry se figea. Rogue s'avançait à grand pas vers l'angle du couloir. Il s'apprêtait à s'enrouler dans la cape, quand une main l'attrapa par le bras, l'attira vers une ouverture et referma la porte derrière eux.

- Lumos maxima.

Draco tenait sa baguette au-dessus de leurs têtes en éclairant la pièce où ils se trouvaient.

- Est-ce que c'est... un placard à balai ? demanda Harry, hébété.

- Je dois vraiment répondre à cette question ?

- La réponse s'impose d'elle-même.

- Tu n'aimes pas la décoration, Potter ? dit-il en lui adressant un sourire narquois.

- Toiles d'araignées et cadavres de rats ? Miam, j'adore. Je savais que tes manières d'aristocrate finiraient par me surprendre !

- J'avais peur de te dépayser, tu as comme qui dirait, l'habitude de ce genre de palace, non ?

- Je suis mort de rire. marmonna Harry en fronçant les sourcils.

- De rien, ça me fait plaisir !

Harry allait répliquer mais il remarqua un détail suspect qui avait faillit lui échapper.

- Attends, comment tu sais ça ?

- « Ça » quoi ?

- Tu sais que j'ai vécu pas mal de temps dans un placard à balai. Je ne me rappelle pas t'en avoir parlé. A moins que... tu aies lu la biographie écrite par Rita Skeeter, ce qui est assez troublant !

Draco le dévisagea d'un air irrité, il croisa les bras le temps qu'Harry arrête de rire et retrouve son calme.

- Pour ma défense je dirais qu'il faut toujours mieux connaître son ennemi. Et après tout, c'est moi qui ai soufflé la plupart des rumeurs absurdes écrite dans ce torchon, c'est comme si je l'avais co-écrit. Enfin bref, ce n'est pas vraiment pour parler de ça que je t'ai fait venir, dit-il sèchement en attrapant un gros livre poussiéreux posé au sol.

Il ouvrit le livre par le milieu et feuilleta deux-trois pages avant de trouver ce qui l'intéressait.

- C'est ici, reprit-il en montrant une gravure du doigt, tu reconnais cette vasque ?

- C'est celle de la salle circulaire, remarqua Harry en se plaçant dans son sens pour mieux voir la page.

- Oui, je l'ai trouvé dans le chapitre sur les Banshees. Potter, tu sais ce que ça signifie.

- Ombrage avait un accès depuis son bureau à l'une d'entre elle ! C'est la preuve que cherchent Rogue et Mcgonagall, s'exclama Harry. Ça m'étonne que tu ne sois pas allé voir un prof. Chercher de ton coté, c'est pas trop ton genre.

- Et je leur dis quoi ? S'ils savent que j'ai visité le château en pleine nuit, je me fais virer de l'école. Je n'ai pas les mêmes privilèges que toi.

- Je me disais bien que tu ne faisais pas ça par pur héroïsme !

Draco le fusilla du regard avant de reprendre :

- C'est écrit que c'est une forme de passage entre notre monde et le leur. Le spectre reste en somnolence tant que personne ne vient le déranger. Cette sale vermine d'Ombrage a trouvé la salle derrière la tenture et a demandé au Spectre de se mettre à son service en le soumettant à l'aide d'un sortilège. Je dois reconnaître que ça ne manque pas de style ! Enfin peu importe, fais quelque chose, Potter, c'est toi le spécialiste des causes perdues.

- Et si on détruisait la vasque ?

- Impossible.

- Que dirais Hermione dans cette situation ? Qu'il faut chercher à la bibliothèque...

- J'en viens, j'ai déjà réservé une pile de livre à potasser, dit-il en lui tendant trois volumes du même acabit, j'en ai autant de mon côté. Envoies-moi un Hiboux dès que tu as quelque chose. Comme Ombrage est partie, le spectre ne se montrera pas agressif tant qu'on ne s'approchera pas de sa vasque. Ca nous laisse un peu de temps.

- D'accord, pas de problème. Je ne suis pas sûr qu'on trouve la solution dans les livres des rayons communs, mais ça vaut le coup d'essayer. J'irais faire un tour discret dans la réserve si ça ne donne rien de mon côté.

Ils se mirent d'accord pour se revoir après la journée à Pré-au-lard. Même si les informations valaient largement le déplacement, Harry était un peu déçu par leur tête à tête. Finalement Draco n'avait pas du tout l'intention de s'expliquer avec lui. Il cala les trois livres sous son bras. Peut-être qu'il devait lui-même lancer la conversation ? Le problème, c'est qu'une fois en face d'un Draco Malfoy aussi venimeux que d'habitude, chercher ses mots devenait un calvaire. Le côté positif c'est qu'une sorte de confiance mutuelle s'était installée entre eux. S'il n'était pas un ami, il était au minimum un allié. Il s'en contenterait pour le moment.

Harry attendit en guettant le couloir depuis le pas de la porte. Le troisième étage était redevenu silencieux. Ils sortirent le plus discrètement possible du placard. Un courant d'air froid les traversa. Draco pâli en pensant à la Banshee, mais c'est Peeves qui apparut devant eux en scandant une chanson à tue-tête.

- Rusard est une grosse poire. J'l'ai enfermé dans le noir. Miss teigne mérite des beignes, tuons-la avant qu'elle ne déteigne !

Les deux élèves se figèrent. Peeves remarqua immédiatement leur présence.

- Oh des mignons petit élèves hors de leur dortoir ! siffla-t-il et tournoyant autour d'eux.

Draco s'avança vers lui en tendant l'index.

- Si tu dis un mot de plus, je préviens le baron sanglant ! le menaça-t-il d'une voix forte.

Erreur de stratégie. Peeves fronça les sourcils et pinça ses lèvres dans la parfaite imitation de McGonagall. Il n'appréciait pas trop la menace.

- C'est pas gentil, ça, Malfoy, il prit une lente inspiration, PROFESSEUR ROGUE, POTTER ET MALFOY EN CAVALE, POTTER ET MALFOY EN CAVALE DANS LE TROISIÈME ÉTAGE.

Harry attrapa Draco par la manche et l'entraina vers le couloir adjacent. Ils coururent sur quelques mètres.

- Ou est-ce que tu vas, Potter ? On est grillé, de toute façon...

Derrière eux, Peeves continuait à alerter tout le château de leur escapade. Mais cette fois, Harry était équipé. Il déplia la cape d'un mouvement ample et la plaça sur les épaules de Draco. Celui-ci regarda son corps disparaître avec une expression de pure stupéfaction.

- Une cape d'invisibilité ? J'en réclame à père depuis que j'ai 5 ans, il n'a jamais réussi à m'en acheter une.

- Elle n'est pas à vendre, si c'est ce que tu veux savoir, l'informa Harry en se glissant à côté de lui.

- Je commence à comprendre pourquoi je n'arrivais jamais à te trouver, même quand tu tombais bêtement dans mes rendez-vous piégés ! dit-il d'un air pensif.

Harry essaya de les recouvrir de la cape, mais ils étaient bien trop grands pour qu'elle les dissimule totalement. Elle était loin l'époque de leurs 10 ans où ils rentraient à trois sans effort. Il sorti la carte du maraudeur de sa poche pour choisir un itinéraire. Draco manqua de la lui arracher des mains quand il réalisa qu'elle montrait le plan de Poudlard avec le personnel et les élèves en temps réel.

- Bon sang, Potter ! Cette carte... articula-t-il lentement en se penchant par-dessus son épaule.

Sans vouloir se l'avouer, Harry était satisfait de ce petit effet. Draco semblait sur le point d'imploser, ses yeux sortaient presque de leurs orbites.

- Oui, tu dois me promettre d'en parler à personne. C'est grâce à elle que je m'en suis sorti dans les pires situations.

- Je suis étonné que tu me révèle son existence, fit Draco en plissant les yeux.

- Disons que pour le moment je te fais confiance... répondit Harry avec précaution.

- Personnellement je l'aurais pas fait. Ni pour la cape d'ailleurs.

- Ça me réchauffe le cœur ! Allons-y.

Ils traversèrent une bonne partie du château dans le silence. La carte leur permit d'éviter Peeves qui rodait dans les couloirs pour retrouver leurs traces. Ils croisèrent même le professeur Flitwick, vêtu d'un pyjama et d'un bonnet à rayures, qui faisait les cents pas dans le hall. L'idée était de ramener Draco dans les cachots pour ensuite rejoindre la tour, ni vu ni connu.

- Ca fait plus d'un quart d'heure que tu te dandines à moins de 20 cm de moi et que tu n'as fait aucune remarque, je dois en déduire que tu me fais la gueule ? demanda Draco au bout d'un moment.

- Pas plus que d'habitude, si ? répliqua Harry avec mauvaise humeur, et je ne me dandine pas, Malfoy ! Si tu penses que ta démarche est plus classe, tu te voiles la face.

- Je suis toujours classe, saches-le, Potter ! dit-il avec un sourire satisfait.

Harry éclata de rire.

- Mais oui ! Presque autant que courageux et altruiste, ironisa-t-il.

Draco lui lança un regard noir et accéléra l'allure, ce qui eut pour effet de tendre la cape qui ne cachait quasiment plus leurs jambes. Ils continuèrent la traversée du château. Arrivés au sous-sol, Harry la récupéra en tirant d'un coup sec et la roula sous son bras. Il jeta un coup d'œil à Draco qui bougeait ses doigts comme pour vérifier qu'ils étaient toujours là.

- On se revoit demain, je suppose, commença Harry en guise de transition pour retourner du côté de la tour de Gryffondor.

Draco inspecta les alentours avec minutie.

- Pas de tableau, pas de professeur, pas de Banshee, pas d'élève, pas de fantôme, pas de créature magique... énuméra-t-il

- Euh, oui, c'est vrai, concéda Harry qui ne voyait pas trop où il voulait en venir.

- J'en déduis que nous sommes totalement seul.

- Oui, et donc ?

- Et donc...

Il s'approcha d'Harry et retira ses lunettes.

- ...Je n'ai jamais dit que j'avais terminé.

Sur ses mots il se pencha pour l'embrasser. Ça ne dura qu'une fraction de seconde, une simple pression de ses lèvres contre les siennes. Harry eut l'impression de recevoir une décharge électrique dans tout le corps. Il prit une inspiration.

- Qu'est-ce que c'est que ça ? lui demanda-t-il.

Il fallait qu'il sache ce que ça signifie, une bonne fois pour toute. Ils ne pouvaient pas continuer éternellement ce jeu du chat et de la souris.

- Ça me paraissait plutôt explicite !

- Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire.

- Alors donnes-moi plus de précision.

- Tu ne peux pas simplement répondre à ma question ?

- Quelle question ? dit-il sur un ton amusé.

- C'est pas vrai ! s'exaspéra Harry. Pourquoi est-ce que j'ai toujours l'impression de jouer une partie d'échec avec toi ?

Draco ne fit pas le moindre mouvement, il se contenta de lancer un regard intense en lui adressant un petit sourire provocateur. Harry se caressa la nuque, la tête penchée et poussa un soupir. Comment faisait-il pour être aussi désagréable... et aussi attirant à la fois ? Il se redressa et fit un pas dans sa direction. Il n'arrivait pas à lui en vouloir ou à être réellement énervé. Mais qu'est-ce qu'il se passait dans sa tête, bon sang ?! Draco eut un mouvement de recul quand Harry s'empara de son col en contractant la mâchoire.

- T'es vraiment con ! dit-il avant de l'embrasser à son tour.

Draco passa son bras autour de ses épaules et répondit immédiatement à son initiative en penchant la tête sur le côté. Il l'entraina vers le mur sans séparer leurs lèvres et son dos percuta le mur adjacent. Leurs souffles se mêlaient l'un à l'autre, à chaque expiration haletante et précipitée. L'empressement lié à la frustration de la veille et tout ce qu'ils refoulaient le reste du temps devenaient limpide quand ils partageaient ce genre de moment. Harry n'avait jamais était aussi entreprenant et Draco aussi attentif à la moindre de ses réactions.

Quand ils mirent fin à leur étreinte, ils étaient tous les deux essoufflés et légèrement rouge.

- Reste ici, articula Draco.

- Ici ?

- ...Ici cette nuit, dit-il en montrant la salle commune de Serpentard du menton.

La bouche d'Harry prit la forme d'un « O » quand il comprit le sens de sa proposition, puis il la referma et hocha la tête. Draco poussa un soupir de soulagement après ce qui ressemblait à une séance d'apnée en appréhendant la réponse. Sans attendre il fit volte-face et se présenta devant l'entrée de la salle.

- Arania Exumai.

Le mur en pierre s'ébranla en laissant apparaitre une ouverture.

- C'est toi qui a choisi le mot passe ? demanda Harry en remarquant la référence à l'épisode de la forêt.

- Bien sûr que c'est moi, je suis préfet, Potter, dit-il avec un air suffisant.

- Oh je vois ! fit-il avec un large sourire.

Il ne savait pas ce qui avait poussé son camarade à choisir ce sort en particulier. C'était peut-être simplement pour ne pas oublier la formule, les Accromentules n'étaient pas si rares en Écosse. Mais malgré tout, il ne pouvait pas s'empêcher de trouver ce choix assez significatif. Peut-être que c'était un moyen de lui hurler ce qu'ils étaient réticent à se dire depuis trois jours ? Il fut sorti de ses pensées par Draco qui claqua des doigts à 5cm de son visage.

- On ne va pas s'éterniser dans le couloir. Après toi.

Harry pénétra pour la troisième fois dans la salle commune de Serpentard. A cette heure, la pièce était totalement vide, seul le craquement du bois dévoré par les flammes rompait le silence de la nuit.

- Les serpents passe encore, mais les crânes et les chaines, c'est normal ? demanda Harry en passant la main sur une colonne torsadée, ornée d'Os en ivoire.

- Moi je trouve ça plutôt élégant, dit-il en haussant les épaules.

- Tu plaisantes, c'est carrément glauque.

- Pauvre Potty, encore c'est pas grand-chose, du temps de mon père la pièce était décoré avec un squelette de dragon... DERRIÈRE TOI, UN DÉTRAQUEUR !

Harry jeta un coup d'œil par-dessus son épaule. Son sang ne fit qu'un tour quand il tomba nez à nez avec une silhouette encapuchonnée. Sa main se referma machinalement sur sa baguette. En regardant mieux, il réalisa que ce n'était qu'une image en mouvements dans un tableau. C'est la première fois qu'il voyait le chevalier vêtue de drapés noirs rejoindre son cadre. Harry se retourna lentement vers Draco, la baguette toujours serré entre ses doigts.

- Oups ! fit ce dernier avec un air pas du tout désolé.

Une voix ensommeillée s'éleva dans le couloir de droite.

- Malfoy c'est toi ? Y'a un problème ?

- Rien du tout, répondit se dernier pendant que Harry enfilait sa cape dans la précipitation. Retourne te coucher ou je te mets une heure de colle. Je sais que tu t'appelles Simon Conley, ajouta-il pour dissuader son camarade de venir dans leur direction.

Draco tâtonna une seconde dans le vide. Quand il sentit le bras d'Harry, il le tira en direction de sa chambre le plus silencieusement possible. Après avoir claqué la porte derrière lui, il poussa un soupir de soulagement. Harry replia sa cape il avait beaucoup de mal à retenir son fou rire.

- Tu es le pire préfet que j'ai jamais vu, et dire que je me plaignais avec Percy !

- Tu aurais préféré qu'il te trouve ?

- Je ne crois pas, non, répondit Harry avec un sourire, et d'ailleurs c'est juste parce que tu as une cheminé dans ta chambre et que c'est carrément injuste.

- Ah oui ? J'ai toujours su que tu étais ce genre de petit profiteur.

- C'est mauvais pour moi, alors ?

- Bien sûr que non ! C'est une caractéristique très utile pour un étudiant de Serpentard.

- T'es pas très loin de la vérité, en fait...

- Ah bon ? demanda-t-il surprit.

- Hmm hmm, acquiesça Harry.

- Comment ça "hmm hmm" ? Maintenant que tu as commencé je veux des détails.

- En faite, non, oublies.

- Tu plaisantes ! Tu en as trop dit et à la fois pas assez. Je veux savoir.

- Non.

- J'obtiens toujours ce que je veux, Potter... maintenant : PARLE !

- C'est ça ! Non, j'ai dis.

Ce genre de souvenir Harry aurait préféré l'oublier. Le choixpeau l'avait fait terriblement douter de lui-même. Ça l'avait hanté pendant toute sa deuxième année, quand une bonne partie des élèves le prenait pour l'héritier de Serpentard et l'assassin des enfants de moldus. D'ailleurs, il ne savait même pas pourquoi ça lui avait échappé maintenant. Même Ron et Hermione ignoraient tout de cette histoire.

Draco ne semblait pas vouloir en démordre.

- Où est le veritaserum quand on a vraiment besoin de lui, se plaignit-il en croisant les bras. Cette malédiction est complètement inutile !

- Ça tu l'as dit ! J'ai perdu le compte de celles qu'il nous reste à subir.

- N'essaye pas de changer de sujet, Potty !

- Grillé !

Draco se rapprocha de lui en plissant les yeux.

- Je finirais bien par savoir.

- Il te reste encore la divination, proposa Harry.

- Marre-toi ! Je vais te faire parler...

Pour illustrer ses propos, il attrapa Harry par la taille et le poussa sur son lit. Il plaça son avant-bras sur son torse en pointant la baguette juste au-dessus de son visage.

- Je vois, je vois... commença-t-il en fermant les yeux, que tu vas te prendre un sortilège si tu ne me réponds pas dans les cinq prochaines minutes.

- Enfoiré ! lui répondit Harry en éclatant de rire.

- C'est les feuilles de thé, je n'y suis pour rien !

Harry profita d'un moment d'inattention pour rouler sur le coté et inversé la situation.

- Et ça ? Tu l'as vu dans les feuilles ?

- Bien sûr, mais j'ai fait exprès pour te laisser une chance.

Harry secoua la tête d'un air faussement exaspéré et se pencha pour l'embrasser. Draco glissa les mains dans son dos et remonta le long de sa colonne.

- Ça aussi c'était prévu, dit-il avec un large sourire.

- En faite, la divination c'est pas si mal... ajouta Harry.

Ils s'embrassèrent encore.

La pendule indiquait 1h30 du matin, il était largement le temps de penser à dormir. Après un long bâillement, Draco retira son gilet et sa cravate d'un geste lent et fatigué avant de se jeter entre les couvertures. Harry l'imita et se coucha à coté de lui.

Harry réalisait qu'ils passaient à l'étape supérieur. Si c'était un genre de rêve, c'était le moment ou jamais de se réveiller, parce que la situation devenait critique. D'un autre coté, il ne s'était jamais autant détaché de tout ses problèmes qu'en ce moment. Voldemort n'avait pas disparu de ses préoccupations mais il y pensait moins. Le sommeil le gagnait peu a peu. Il bougea légèrement sur le coté.

- Hé Potter...

- Mmh ?

- Tu bandes ?

- Haha...la ferme, j'essaye de dormir.

- C'est aussi ce que je me disais.

- Et pour répondre à ta question, je ne crois pas.

- ...

- D'ailleurs, pourquoi tu me demandes ça ?

- ...

- Non, plus important... et toi ?

- ...

- Euh... Malfoy ?

- ...

- Malfoy ?

- ...

- Draco ?

- ...

- J'y crois pas, il s'est endormi ! Après une question pareille... tu seras super content d'apprendre dans ton sommeil que maintenant c'est le cas... connard !

En guise de réponse il entendit un faible ronflement et une respiration régulière de la part de l'intéressé. Il passa un bras par-dessus ses épaules et ne tarda pas à s'endormir à son tour.

Harry était quasiment certain d'avoir entendu un loquet de porte s'enclencher dans un claquement sec. Il connaissait bien ce bruit, la vieille porte en bois de la deuxième chambre de Dudley faisait un son similaire quand l'Oncle Vernon tentait de le surprendre en train de commettre ce qu'il appelait « des bizarreries totalement interdites dans l'enceinte de la maison ». Est-ce qu'il était de retour à Private Drive ? Si c'était le cas, il ne tarderait pas entendre la Tante Pétunia hurler pour qu'il aille préparer le petit-déjeuner. Il remua dans ses couvertures, encore quelques minutes de sommeil et il descendrait dans la cuisine.

Mais au lieu d'être rappelé à l'ordre par les Dursley, il sentit quelqu'un bouger à côté de lui. Il tâtonna pour chercher ses lunettes. Une main s'en chargea à sa place et lui plaça les verres sur le bout du nez. Il fut brusquement ramené à la réalité en réalisant où il se trouvait. Draco se tenait à côté de lui avec une expression de profonde terreur inscrite sur le visage. Avant qu'il comprenne ce qu'il se passait, la porte en bois de la chambre s'ouvrit dans un grincement.

Pansy Parkinson fit son apparition dans l'encadrement de la porte. Elle était nue. Ou plutôt vêtu de sous-vêtements légèrement transparents qui cachaient un minimum de centimètres carrés de peau. Le bras posé contre le mur, elle se tenait dans un position lascive.

- Draky chéri, minauda-t-elle, j'ai une surprise pour toi !

Elle se tut brusquement en réalisant qu'une deuxième personne, en l'occurrence Harry Potter, se tenait dans le lit, à côté de son « Draky chéri ».

Merde.

Les trois paires d'yeux se fixèrent à tour de rôle dans la plus grande incrédulité. Harry venait de se réveiller au beau milieu d'un cauchemar. Alors comme ça, il sortait toujours avec Pansy. Toutes les certitudes de la veille venaient de s'effriter. Juste au moment où Harry allait ouvrir la bouche pour dire quelque chose, Draco fut pris de convulsions. Il se recroquevilla pour contenir les tremblements de son corps.

Une potion, maintenant ?

Merde, Merde, Merde...


Fin du chapitre 10