Bon, et bien me voilà, fidèle au rendez-vous, avec un autre chapitre.
Et comme il fait froid, je ne m'attarde pas, parce que je vais me faire un bon feu de cheminée !

Au fait vous avez vu ? Ils ont adapté ma fic sur le petit écran ! C'est trop cool !

...

Je sais, je délire, mais bon, j'ai une bonne excuse, j'ai les mains et les pieds gelés...

Au fait, merci Sara ! Bah oui ! T'étais où ? Enfin, je suis contente de revoir parmi mes lecteurs assidus. Bonne lecture pour ce chapitre !

Allez, je vous laisse lire tranquillement.

oOoOooOoOooOoOooOoOo

Je parle trop !

On s'est levé de table, et avant que Jeannie me saute dessus pour me poser tout un tas de question, Je suis "pris en main" par Aiden. Ce qui fait que j'ai réussi à éviter l'interrogatoire en règle de ma rouquine. Je l'adore, mais il y a des jours où j'aimerais bien qu'elle me lâche les baskets.

Mais ça ne va sans doute pas durer. Quand elle quelque chose dans la tête, elle l'a pas ailleurs !

Je la connais, elle est coriace.

Et j'ai intérêt à trouver une bonne excuse, sinon, je vais avoir droit à la phrase type :

"Tu peux me parler tu sais, je suis ta copine, au cas où tu l'aurais oublié !"

Et tout ça accompagné d'une moue sensée me faire craquer.

Mais je ne suis pas sûr qu'elle accepte que je sorte avec un mec. Elle a l'esprit ouvert, mais je ne sais pas à quel point. C'est dur de ce dire que finalement, on ne sait pas tout de ses amis. Jeannie, je la connais depuis toujours, mais je me demande comment elle le prendrait si elle me voyait embrasser John sur la bouche.

Mais si j'ai évité ses questions à elle, je ne peux pas éviter celles des autres... Et on ne peut pas dire que celle d'Aiden passe inaperçue, quand il me demande comment elle est, alors qu'il passe son bras par-dessus mon épaule.

Aïe...

Je ne suis pas le seul à l'avoir entendu. Ronon et John aussi. Et si le premier m'a regardé d'un air de dire : Déjà ? T'es un rapide, toi !

Le second m'a donné envie de me jeter dans ses bras pour l'embrasser et le rassurer.

Mais il se reprend vite, et me demande si je me suis trouvé une fille.

Son air intéressé ne me convainc pas du tout. Moi, ce que je vois, c'est le sourire forcé d'un type qui ne peut pas dire aux autres qui il aime. Je me fais sans doute tout un cinéma quant à ce qu'il pense, mais j'ai une assez bonne idée de la façon dont je pourrais lui faire oublier tout ça...

-Ouais ! Et il en rêve même la nuit ! Rajoute Aiden.

...

Je prendrais bien un billet pour Mars, ils sont en vente à quel guichet, siouplè ?

Il me regarde tous. D'habitude, j'adore être le centre d'attraction, mais là, je déteste ça.

Aiden, je te hais...

Et je dois avoir la tronche complètement décomposée du mec qui va voir sa vie sexuelle étalée devant trois mecs de 18 ans.

Je veux une corde pour me pendre...

-Allez ! Raconte leur ! Dit leur ce que t'as fait avec elle cette nuit !

... et une autre pour pendre Aiden.

Je vais tuer ce mec ! Mais pourquoi il me fait ça ?

Je jette un œil vers John, et ce que je vois me brise le cœur. Il sourit, mais je vois bien qu'il est triste. Faire semblant. Il faut que je fasse semblant. Pour lui.

Alors j'invente. Oui, j'ai rêvé d'une fille cette nuit. Elle est brune aux yeux verts, elle est belle, délicate et tendre. Et je suis fou amoureux.

Maintenant, j'ai droit à l'accolade virile. Aiden prend mon bras et le lève en signe de victoire, quant à Ronon, il me "tapote" légèrement l'épaule.

Faut dire que le regard apeuré que je lui ai jeté en voyant sa main se lever, a dû lui mettre la puce à l'oreille...

Mais ce qui me fait le plus plaisir, c'est la réaction de mon amour. Il a bien compris qu'en fait, la personne que je décrivais, et bien c'était lui. Et il arbore un grand sourire franc.

... Mais qui disparaît très vite, et laisse la place à de grands yeux étonnés.

Je me demande bien pourquoi, moi...

...

Oh bordel de merde !

Je viens juste de lui avouer que je suis amoureux de lui...

oOoOo

Ils ne m'ont pas lâché de l'après midi. C'est comme si j'étais devenu le mec le plus cool de l'école. Je ne dois mon salut qu'au fait qu'on doive rentrer dans la salle de cours. Répit de courte durée, je le sais. A la sortie, je vais y avoir droit encore, je le crains.

Seul John n'insiste pas. Et ça me fait de la peine de le voir comme ça.

Mais il joue le jeu, et rigole avec les autres quand il le faut.

Le seul moyen que j'ai trouvé pour éviter de répondre aux questions d'Aiden, chuchotées fort peu discrètement, c'est de me pencher sur ma feuille, et d'écrire soigneusement ce que la prof dit.

C'est un cours de français avec Weir. Il parait que les Français sont très romantiques, qu'ils ont un goût très sûr pour la mode, qu'ils produisent des vins de qualité, et que se sont de fins gourmets.

J'aimerai bien y faire un tour plus tard...

Ahhh Paris... La Tour Eiffel, l'Arc de Triomphe, l'Avenue des Champs Elysée, qui, parait-il, est la plus belle avenue du monde...

Se promener main dans la main, en amoureux sur les bords de la Seine...

-Le cours ne vous plait pas peut-être, monsieur McKay ?

Hein ?

Je retire mon menton qui reposait tranquillement sur la paume de ma main, et regarde la prof.

Et moi qui voulais écouter et prendre des notes, je me retrouve à rêvasser. Bonjour les bonnes résolutions !

-Alors ? Qu'avez-vous de si important en tête, pour l'avoir ailleurs qu'en cours ?

Et zut ! Pourquoi est-ce qu'elle dit ça ? Est-ce que je suis le seul de la classe à être comme ça ?

Sans doute pas, mais je suis presque devant elle, alors je ne suis pas passé inaperçu...

Un "hem" agacé me fait enfin réagir, et je lui dis que si, ça me plait même beaucoup !

Mais je me suis laissé distraire par les images que provoquent en moi l'idée d'aller un jour en France.

-Bien ! Puisque c'est pour cette raison, ça passe, mais ne recommencez pas, d'accord ?

Cette prof est bien. Je viens de lui dire sans détour que je n'écoutais pas son cours parce que je rêvassais sur un possible séjour dans un pays étranger, et ça ne la dérange pas plus que ça ?

Je sens que je vais aimer cette matière...

Mais c'est déjà la fin du cours, et malheureusement pour moi, c'est le dernier.

Et là, vous vous dites : Mais il est complètement barge, ce mec ! Il se plaint de ne plus avoir cours ?

Non, et je vais vous dire pourquoi j'ai dit malheureusement. Vous vous rappelez sans doute qui j'ai comme copain ? Trois mecs du même âge que moi, et qui n'ont qu'une envie, c'est de tout connaître sur ma soi-disant copine !

Vous pouvez me dire à quel âge on arrête de penser aux filles et au sexe toutes les trente secondes ?

Parce que je sens que le reste de la journée va être pénible pour moi...

D'un côté, mes potes qui veulent me faire cracher le morceau, et de l'autre, ma copine Jeannie qui veut certainement en faire autant.

Finalement, je prends Jeannie. Avec elle, je pourrais peut-être parler franchement, et me laisser aller à quelques confidences.

C'est pas que j'aime pas mes nouveaux amis, mais j'ai envie d'en parler librement, et la seule personne qui ne me jugera pas, c'est elle.

J'espère seulement qu'elle comprendra...

Ma décision est prise, et je m'en tiendrais.

C'est clair que comme on a plus cours, et qu'il n'est que quinze heure, on a tout l'après midi devant nous. En plus, demain c'est mercredi, et comme les mômes, on a quartiers libres, ce jour là.

Je range mes affaires très vite et me précipite vers la porte.

Mais pas assez vite... Une main me saisit à l'épaule, et je manque de faire une marche arrière incontrôlée !

-Et tu crois aller où comme ça ? Me dit la charmante voix d'Aiden. Tu vas pas t'en tirer à si bon compte mec ! Tu vas tout nous dire, et dans les moindres détails ! Même les plus croustillants !

Et Ronon qui rajoute qu'Aiden a sûrement voulu dire, "surtout" les plus croustillants !

Je ne sais vraiment pas comment m'en sortir sur ce coup là...

Je ne vais quand même pas leur raconter qu'en fait, je rêvais que j'étais au lit avec un mec, et pas une fille, et que j'ai pris un pied pas possible en pensant que c'était John qui me caressait...

Ça ferait peut-être un peu beaucoup, non ?

Et ce même John qui n'ose plus me regarder en face...

-Ah te voilà toi !

Merci seigneur, tu me sauves la vie !

Je me retourne vers la voix qui m'interpelle. Je sais que c'est de moi dont parle Jeannie, et pas d'Aiden. Y'a qu'à moi qu'elle parle comme ça !

...Pitié, faites que ce soit à moi qu'elle ait dit ça ! J'vous en priiiiie !

oOoOo

Elle est épatante ma copine. Toujours là au bon moment !

... Et parfois au mauvais aussi, mais bon...

-Je vous l'emprunte, mais pas longtemps. Et vous inquiétez pas, je vous le rendrais ! Par contre, je sais pas dans quel état... Dit-elle avec un grand sourire.

... Mais avec des yeux qui disent tout le contraire.

Changement de programme. Mon dieu, ayez pitié de moâââ !

-Jeannie, tu voudrais pas... Commence Aiden en posant la main sur son bras.

-Plus tard ! Je sais pas quand, mais tu verras bien ! Le coupe t-elle brutalement.

Et je fais presque le drapeau en essayant de garder l'équilibre, car la main d'une fille qui fait bien vingt centimètres de moins que moi, me tire assez fermement et m'entraîne hors de la vue de mes potes.

Je les regarde, l'air résigné, mais en fait, je suis ravi. Elle m'a permis d'échapper à la pire des explications que j'aurais eu à donner.

Je ne mens jamais d'habitude. Mais là, j'ai l'impression de ne faire que ça, et ça ne m'enchante pas vraiment.

Ils me regardent partir, les bras croisés, n'esquissant pas le moindre mouvement pour me porter secours.

-T'inquiète pas, mec, j'irais fleurir ta tombe ! S'exclame Ronon.

-Et moi, j'arroserais les fleurs ! Rajoute Aiden en éclatant de rire.

Ça me sidère !

Non seulement mes amis, enfin ceux que je prenais pour mes amis, ne font strictement rien, mais en plus, ils se foutent de moi !

Ça m'arrange, c'est vrai, étant donné que je voulais parler à Jeannie. Mais quand même, c'est dur à avaler de voir que trois mecs costauds se font si petits face à une puce comme elle !

Seul John n'a rien dit. Il a toujours un air étrange, et j'appréhende de le revoir, maintenant que j'ai lâché ça...

Je devrais vraiment tourner ma langue sept fois dans ma bouche avant de parler !

... Même si c'est dans la bouche d'un autre que je préfèrerais le faire...

oOoOo

Je ne sais pas comment, mais je suis arrivé entier dans un endroit du parc où Jeannie m'a presque traîné de force. Elle m'a attiré à sa suite, et s'est assise sur le premier banc de libre qu'elle a vu.

Ça caille dehors ! Elle aurait pas pu choisir un endroit à l'intérieur ?

-Alors maintenant, tu vas me dire ce qui te prend, Rodney !

Je suis encore vivant, mais je ne sais pas pour combien de temps. Et miraculeusement, mes fringues ne se sont pas déchirées sous sa poigne.

C'est vrai que si j'avais voulu, j'aurais pu lui résister, mais je n'ai jamais pu le faire, et de toute façon, je ne le voulais pas.

-Ecoute, je sens bien qu'il y a un truc qui te chiffonne...

Ça c'est sur, y'a un truc qui me chiffonne ! Mais je ne sais pas par quoi commencer. Ce n'est vraiment pas facile.

-C'est à propos d'Aiden et de moi ? Ça te pose un problème ?

Je tourne la tête vers elle, en ouvrant de grands yeux.

Mais qu'est-ce qu'il lui prend ? Pourquoi ça m'embêterait qu'elle sorte avec Aiden ?

Elle me sort alors un truc débile comme quoi il est pas comme nous, mais...

Elle parle de quoi, là ? Parce que moi, franchement, je suis paumé ! Et puis, pas comme nous, ça veut dire quoi ?

Elle insiste en me disant qu'elle sait qu'il est noir, mais qu'il est tellement gentil avec elle, tellement attentionné... mais que si jamais ça me gêne, je peux lui dire, je suis toujours son meilleur ami et si je ne veux pas qu'elle sorte avec lui...

Alors là, je tombe sur le cul ! Au sens figuré du terme, bien sur !

Je dois ressembler à un poisson rouge hors de son bocal. La bouche ouverte, les yeux grands ouverts, je suis tellement surpris par ça phrase que je n'arrive pas à aligner deux mots !

-Rodney ? Ça va ? Mais dit quelque chose !

J'y crois pas...

C'est de ça qu'elle veut me parler ?

-Rodney ? Rodney !

Alors comme ça, elle pense que c'est parce qu'elle sort avec lui que je suis comme ça ?

Les filles sont décidément les créatures les plus stupides qu'il existe sur Terre !

Elle me regarde en ouvrant grand les yeux. Bah voyons ! Elle fait l'étonnée, en plus !

Et la sortie au ciné, elle l'a déjà zappé de sa mémoire ? Elle ne se rappelle plus que je l'ai presque poussée dans ses bras ? Que si je ne lui avais pas dit de foncer, ils en seraient encore à se jeter des coups d'œil en biais, sans qu'aucun des deux ne fassent le premier pas ?

Elle grogne, un peu agacée, en disant que j'ai raison. Mais elle revient aussitôt à la charge en me demandant pourquoi je n'ai pas l'air d'aller bien depuis ce matin...

Je me racle la gorge bruyamment, essayant de gagner un peu de temps. Mais je sais aussi que c'est reculer pour mieux sauter.

Je regarde mes baskets pourries, espérant qu'elles m'inspirent, qu'elles me fassent un signe...

Un petit quelque chose, je sais pas moi... Comment je dois lui dire ?

Bon, je prends une grande inspiration, et me lance.

Je lui dis que je suis amoureux. Mais notre relation est spéciale, et je ne sais pas ce que ça va donner, vu que c'est la première fois que ce genre de truc me tombe dessus.

J'attends sa réaction... Qui tarde à venir.

Je lève la tête, osant enfin la regarder en face. Parce que je sais parfaitement que ça ne lui suffira pas, et que son silence m'intrigue.

Et là, je la vois qui me fixe d'un air ébahi, sans rien dire.

Oh pas longtemps ! Montre en main, son silence dure quoi... à peine trente secondes !

Et elle éclate de rire. Un bon rire franc, profond, du genre de celui qui est communicatif...

En fait, elle est hilare ! Mais pas moi.

Je viens de lui ouvrir mon cœur, de lui dire que j'aime une personne, et elle se moque de moi ?

-Mais enfin Rodney, être amoureux ne doit pas te donner envie de faire la tronche ! Qu'est-ce qu'elle a pour que tu fasses une tête pareille ? Elle est moche ? T'as honte de ce que tu ressens pour elle ou quoi ? C'est qui d'abord ? Elle s'appelle comment ?

Euh... Faut que je réponde à toutes ses questions ? Et dans l'ordre ?

Et oui ! Elle se met sur le côté, afin d'être bien en face de moi, et me dit qu'elle veut tout savoir !

Je ne sais pas si elle va aimer ce que je vais lui dire...

Son air impatient me rebute quand même un peu. Est-ce qu'elle est vraiment prête à tout entendre, comme elle vient de me le confirmer ?

Alors je lui dis que ça ne fait pas longtemps, que ça m'est tombé dessus comme ça, et je n'ai rien vu venir... Je ne pensais pas que je pourrais éprouver ça, mais je l'aime vraiment, j'aime être à ses côtés, j'aime sa présence, ses baisers, sa douceur... mais je ne sais pas si ce que je ressens est réciproque.

A vrai dire, j'en doute beaucoup. C'est la première fois pour nous deux, alors...

Elle a un grand sourire et m'assure que ça lui fait vraiment plaisir. Qu'elle ne m'avait jamais vu aussi accro, et qu'elle est finalement ravie que je sorte avec quelqu'un. En fait, elle avait un peu peur que je me serve d'elle pour effrayer les filles qui m'auraient approché d'un peu trop près !

Jeannie est un amour. Elle se colle à moi, passe ses bras autour de mon cou, et m'embrasse tendrement sur la joue. Puis elle se met à rire et s'exclame qu'elle espère qu'elle est pas dans le coin, et qu'elle est pas jalouse ! Et la question tant redoutée arrive. Elle me demande si elle la connait...

Je réponds que oui, elle sait qui c'est. C'est un des amis de son petit copain.

... Je la sens se raidir contre moi.

Moment de vérité. Va-t-elle ou ne va t-elle pas l'accepter ?

-Un... ami... d'Aiden ? Bafouille t-elle, t'as bien dit, UN ami ?

Oui, j'ai bien dit un. C'est John... Je suis amoureux de John.

Ses bras qui m'enlaçaient tendrement sont retombés. Je ne sais pas si je dois être soulagé ou peiné. Soulagé parce qu'enfin, j'ai réussi à le dire à ma meilleure copine, ou peiné par sa réaction de rejet. Je devais m'y attendre plus ou moins, mais j'espérais vraiment qu'elle comprenne...

Je vois bien qu'elle est embarrassée en entendant ma réponse. Et elle finit par me demander en bafouillant si je suis gay. Ça n'a pourtant pas l'air de la choquer...

Je lui réponds que non. Enfin je sais pas...

J'aime pas les garçons, je suis juste attiré par John. Je l'ai embrassé, et j'ai adoré ça. C'était l'expérience la plus merveilleuse qui me soit arrivé...

Et je me sens rougir quand elle me demande franchement si on l'a fait. J'ai pas besoin de précision, je sais parfaitement de quoi elle parle !

Je vous avais prévenu, Jeannie est vraiment très curieuse !

oOoOo

A suivre...

oOoOo

Bon week-end à tous !

Et merci de me lire...