Bonjour tout le monde
Et voici le dixième chapitre de ma fic, qui l'aurait cru... Je pense qu'il y aura encore deux chapitres avant la fin.
Bonne lecture à tous !
Chapitre 10. Le collier
Allongé à ses côtés, Harry dormait profondément. Il l'avait déjà tiré de deux cauchemars cette nuit, il pensait pouvoir être tranquille à présent. Encore une nuit. Il ne savait pas s'il pourrait tenir encore très longtemps ainsi. Dès qu'ils se couchaient, la peur le tenaillait. Il redoutait d'être trop enfoncé dans le sommeil pour l'entendre crier et ne pas parvenir à le réveiller à temps. Ils devaient tirer toute cette histoire au clair. Et le plus vite serait le mieux.
« Draco, tu ne dors pas non plus ? »
La voix de Ron. En l'entendant il ne put s'empêcher de sursauter, il avait complétement oublier sa présence. Dire qu'il partageait la chambre de Ron Weasley ! C'était tellement… improbable !
« Non, je devais le réveiller. »
« Il se serait bien réveiller tout seul. Et nous avec. Il t'a parlé à toi ? »
« Oui. »
« Comment as-tu fait ? »
« Je couche avec. »
Ron ne put se retenir de rire. En effet, c'était une chose qu'il n'avait jamais tenté.
« Tu ne me diras rien, n'est-ce pas ? Même si je te le demande ? »
« Bien sûr que non. »
« Il est… Il va bien au moins ? Il n'est pas en danger ? »
Draco réfléchit un instant. Il ne savait pas ce qu'il pouvait dire ou non. Harry lui avait rapidement expliqué les raisons qui ont fait qu'il ne leur avait rien dit. Il ne voulait pas le trahir.
« Je veille sur lui. »
OoOoOoOoOoOoOoOoOoO
« Journal de Sirius, suite et… fin ? Je ne l'espère pas.
J'ouvre aujourd'hui ce nouveau cahier, toujours offert par mes si chers amis, pour relater ce qui se passe dans le monde des sorciers.
L'école est terminée. Et comme je le redoutais une guerre a commencé. Enfin, peut-on vraiment parler de guerre ? Dire que les moldus ne se doutent de rien…
Poudlard me manque. C'était plus simple. On avait nos problèmes bien sûr… Mais rien de comparable.
Il y a cet homme, Voldemort. Il était un simple sorcier à une époque. Mais aujourd'hui, il a rassemblé autour de lui une véritable armée. Des hommes et des femmes que l'on appelle mangemorts. Ils utilisent des signes pour se reconnaître entre eux. Si l'identité de certains est connu, pour d'autres les secrets sont bien gardés. Nous ne pouvons pas faire confiance à grand monde. Et cet homme ne semble souhaiter qu'une chose : posséder notre monde et mettre à sa botte celui des moldus. Pour parvenir à ses fins, tous les coups sont permis.
Avec des amis nous avons commencé à nous rassembler pour leur faire face. Nous allons devoir nous battre. Nous allons perdre des amis. J'en suis sûr. Une telle chose ne peut se dérouler sans morts. »
« James et Lily sont toujours aussi amoureux. Parfois ils me font tellement envie. J'aimerais pouvoir connaître le même bonheur qu'eux. Hier je les ai entendus parler d'enfant… Je ne pense pas vraiment que le moment soit bien choisi… »
« Séverus est un mangemort… Enfin, il me semble. Mes soupçons sur lui sont en train de se confirmer. Ça me fait tellement mal rien que d'y penser… »
« J'ai vu Séverus. Il est toujours aussi… bref, il est toujours égale à lui-même. Nos routes se sont croisées par hasard dans l'allée des Embrumes. Je ne veux pas savoir ce qu'il allait faire là. Nous nous sommes observé, comme cette fois dans le couloir à Poudlard.
Immédiatement j'ai senti mon désir monter. J'avais envie de l'embrasser. Jamais encore je n'avais ressenti une envie aussi forte.
Et puis… rien. Les choses ne risquaient pas de se reproduire une nouvelle fois… De toute façon, ça aurait quand même été gênant de se jeter l'un sur l'autre en plein milieu de la rue… Il m'a regardé avec la plus grande indifférence et a continué son chemin sans un mot. J'ai mal. »
« J'ai reçu un étrange courrier ce matin. Il est arrivé porté par un hibou blanc qui m'était complétement inconnu. Heureusement les autres n'étaient pas à la maison. C'était un message de Séverus. Il me demandait de le retrouver à Pré-au-Lard. Je dois venir seul. J'ai peur que ce ne soit un piège. Il travaille pour notre ennemi, j'en suis convaincu à présent. Les preuves se sont un peu trop accumulées pour que je puisse continuer à fermer les yeux sur la vérité. Alors, que me veut-il ? Est-ce que je dois y aller ? »
« Bien sûr, j'ai été au rendez-vous. Qui en doutait ? Je n'en ai parlé à aucun de mes amis. Pas même Remus. Ils ne m'auraient jamais laissé y aller seul. Mais je voulais savoir… Et je voulais le voir.
J'ai suivi ses indications et me suis rendu à la cabane hurlante. Quel choix étrange… Que de souvenirs en ces lieux… Ma plus grande erreur.
Il m'y attendait déjà. Il était installé dans le salon, celui-là même où nous lui avons joué ce bien méchant tour.
En me voyant entrer il s'est levé pour venir à ma rencontre. Et sans hésiter un seul instant, il m'a embrassé. J'ai accepté son baisé avec bonheur, sans me poser aucune question. J'avais complétement oublié que ce rendez-vous n'était peut-être qu'un piège…
Comme cette fois-là dans la salle sur demande, nous n'avons échangé aucune parole. Ce ne fut que des heures dédiées aux plaisirs du corps. J'ai pu le découvrir une fois encore. Et encore. Et encore. Lorsque nous nous sommes retrouvés tous les deux à bout de forces, il s'est levé, s'est rhabillé et est parti. Sans même un regard. »
« Séverus et moi nous retrouvons régulièrement tous les deux, en secret. Nous ne parlons pas. Jamais. L'autre jour j'ai voulu lui poser une simple question… Et il a fui immédiatement.
Lorsqu'il me regarde, je me sens étrange. J'attends nos rendez-vous avec impatience. Je veux le voir. Il me manque. »
« Sa façon de me regarder… Il a l'air tellement triste. Comme s'il portait un poids insupportable sur les épaules. Je pourrais l'aider… Il lui suffirait de me dire ce qui le tracasse. »
« Lily est enceinte. D'à peine quelques semaines. James est le plus heureux des hommes. Il n'arrive pas à arrêter de sourire. Je le comprends, même si je pense que ce n'est pas le bon moment… C'est trop dangereux. Pour nous, pour l'enfant. Il m'a demandé d'être son parrain, de prendre soin de lui si jamais ils devaient leur arriver malheur à Lily et lui. Ce n'est pas le genre de chose auxquelles on devrait penser lorsqu'on envisage de mettre un bébé au monde. Ils devraient uniquement penser à lui faire une belle chambre et à lui trouver un prénom…
Mais je suis heureux. Je vais être parrain. Une famille.
C'est une chose à laquelle il m'arrive souvent de rêver. J'imagine qu'on n'est pas en guerre. Que nous n'avons jamais joué ce méchant tour à Séverus. Que nous sommes ensemble. Bien sûr, nous n'aurions pas pu avoir d'enfants. Mais j'imagine qu'on en adopte un. Qu'on fonde notre propre famille. On se fait des barbecues avec James et sa femme, nos enfants grandissent ensemble, vont à Poudlard.
Mais ce n'est qu'un rêve. On ne peut refaire l'histoire. »
« Nous avons affronté les mangemorts. Un affrontement direct. Les sorts volaient dans tous les sens. C'est un miracle que personne ne soit mort aujourd'hui. Séverus était là. Il me faisait face. Et mon esprit n'arrivait pas à se détacher de tous ces souvenirs que nous avons construits ensembles. Même si nous ne nous parlons jamais, nos moments d'intimités nous appartiennent… Je me revoyais l'embrasser, le caresser, alors qu'il lançait des sorts sur nos amis, sur moi. On esquivait, on se battait, on renvoyait. Coup pour coup, sort pour sort.
Mais ils étaient trop nombreux. On savait qu'on ne pourrait pas avoir le dessus. Alors on a transplané. Avant de quitter ce lieu de souffrances, il m'a envoyé un sort. Il m'a touché. Un doloris.
Je n'ai pas pu me concentrer pendant notre voyage pour rejoindre ma maison, un lieu sûr. J'ai été désartibulé. Mon bras et ma jambe gauche. La douleur du sort et du démembrement était insupportable. Et savoir que cela venait de lui… de lui… »
« Il m'a demandé un rendez-vous par hibou. La cabane hurlante, comme toujours. Cette fois-ci j'ai vraiment hésité. Je n'étais pas sûr de pouvoir le revoir après notre dernière altercation. Mais je suis faible, tellement faible face à lui. Alors j'y suis allé, comme toujours.
Je suis arrivé le premier et me suis installé dans le fauteuil du salon, le même où il m'avait attendu la toute première fois. Lorsqu'il est entré à son tour et qu'il m'a vu, il est devenu blême. Il a semblé hésiter un instant avant de courir vers moi pour se mettre à genoux devant moi. Il a posé sa tête sur mes jambes et s'est mis à pleurer.
« Je suis désolé, tellement désolé ! Tu vas bien ! »
Je ne comprenais plus rien. C'était la première fois qu'il parlait. J'avais imaginé que notre rendez-vous se passerait comme tous les autres. On allait se voir, se jeter dessus et faire l'amour. Je ne m'étais pas préparé à ça.
« Sévy… Oui je vais bien. »
« Je m'en veux, je ne voulais pas… ne voulais pas… »
Je lui ai caressé les cheveux, le visage. Il ne semblait pas vouloir s'arrêter de pleurer. Il s'était inquiété, réellement. Pourtant c'est lui qui m'avait jeté ce sort !
Je l'ai calmé, l'ai embrassé. Nous nous sommes allongés tous les deux sur le tapis et avons fait l'amour là où nous étions.
Une fois fini, il ne s'est pas relevé immédiatement. Je m'attendais à ce qu'il quitte la pièce, comme toujours. Mais au lieu de ça, il m'a pris dans ses bras et n'a plus voulu me lâcher.
Nous avons parlé, un peu. J'ai voulu savoir pourquoi il avait rejoint ces hommes, mais il n'a rien voulu me dire à ce sujet. Je le sentais tellement mal par rapport à ça. Comme si ce choix il le regrettait mais qu'il ne pouvait plus rien faire pour revenir en arrière. Je connais bien ce sentiment… C'est ce que j'éprouve à chaque fois que je le vois. »
« Lily et James vont être placé dans une maison protégée par le sceau du secret. J'aurais dû en être le gardien, mais nous avons pensé que ça serait un peu trop évident. Alors ça sera un autre. Peter a toute ma confiance. La vie de mes meilleurs amis est entre ses mains. C'est mieux pour eux. Au moins eux, et le petit qui devrait bientôt arriver, seront en sécurité. C'est tout ce qui compte. »
« Séverus m'a offert un collier. Un chien en argent. Comme toujours, il n'a pas dit grand-chose. Mais c'était suffisant. Il était tellement gêné en m'offrant ce présent. Je sais qu'il cherche encore à se faire pardonner pour ce qui s'est passé le jour où nous nous sommes affrontés, même si c'était il y a plus d'un an. Ce sort n'aurait dû toucher personne, c'est du moins ce qu'il a dit. Il devait manquer sa cible. Malheureusement nous avons tous bougés au même moment pour nous prendre la main avant de transplaner. Les cicatrices que j'ai sur le corps, il s'en sent responsable.
Il m'a mis le collier autour du coup avant de m'embrasser. Je l'aime tant que cette fois je n'ai pas pu me retenir, les mots sont sortis tout seuls. Il m'a regardé pendant un long moment, jouant avec le pendentif d'argent du bout des doigts. Il semblait hésiter, peser le pour et le contre. Ses yeux étaient fuyants, comme s'il ne voulait pas me voir. Après un temps interminable il m'a enfin répondu que lui aussi. Je n'ai jamais été si heureux qu'en cet instant. »
« Le pauvre enfant… Ce pauvre pauvre enfant… Ses parents ne pourront jamais s'occuper de lui. Ils ne pourront jamais vraiment l'aimer. Seront-ils seulement capable d'encore le reconnaître ? Ma pauvre cousine, tu dois vraiment être folle pour avoir osé faire une chose aussi immonde. J'aimerais penser que tu es sous l'emprise d'un sort interdit mais je sais bien que c'est faux. Tu as agis de ton plein grès, et tu y as certainement pris plaisir… Tu aurais au moins pu les achever… Les laisser ainsi, ce n'est pas une vie.
Lorsque je vois ce qui est arrivé à ces pauvres Franck et Alice, je ne peux m'empêcher de penser à James et Lily… Ce qui leur est arrivé pourrait très bien leur arriver également. Et qu'adviendrait-il alors d'Harry ? J'ai beau être son parraine et l'aimer je ne pense pas être capable de lui apporter tout ce qu'il conviendrait à un enfant.
Vous êtes en danger mes amis. »
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Harry et Draco avaient passé la journée enfermés dans le grenier. Personne n'avait osé les déranger, s'imaginant sans doute qu'ils risquaient de tomber sur une scène bien dérangeante. Mais après l'été qu'Harry avait passé, ils étaient tous bien trop heureux de le voir sourire de nouveau pour faire des remarques. Même madame Weasley avait décidé de laisser tomber ses principes pour la journée, fermant les yeux et tâchant d'oublier ce que les garçons pouvaient bien faire seuls à l'étage.
En réalité tous se trompaient. Les amoureux s'étaient contentés de restés assis dans le fauteuil à lire le nouveau journal de Sirius. Ils l'avaient rapidement parcourut pour en retirer uniquement les parties les plus importants à leurs yeux. Harry avait au maximum évité les passages sur sa très tendre enfance. Il avait envie de savoir comment ses parents avaient pu se comporter avec lui, bien-sûr, mais il ne voulait pas se laisser distraire. Plus tard sans doute, quand toute cette histoire sera terminée, il pourra le relire tranquillement, esquivant cette fois-ci les passages sur les relations amoureuses de son parrain et de Séverus.
Le jeune homme avait été heureux d'apprendre que finalement les deux hommes s'étaient retrouvés, même en étant dans deux camps ennemis. Sirius ne faisait pas mention d'une discussion qu'ils auraient eue ensemble à ce sujet. Mais il montrait souvent des doutes sur les convictions de son compagnon. Etait-ce simplement l'amour qui l'aveuglait et lui faisait imaginer des choses ? Ou bien, déjà à l'époque, Séverus n'était pas vraiment sûr de ses choix ? Le passé du professeur des potions était une chose sagement évitée dans les conversations des membres de l'Ordre.
Après la note sur les parents de Neville, les pages du journal restaient blanches. La suite de l'histoire, ils la connaissaient tous deux. Voldemort chercha à tuer Harry et ses parents, ce qui provoqua sa perte. Sirius, fou de colère, était parti à la recherche du véritable gardien du secret pour le tuer. A la suite de quoi il avait été arrêté et conduit à Azkaban. Il avait été condamné pour avoir trahit Lily et James, et avoir par conséquent été un partisan du Mage Noir… Jusqu'à ce qu'il parvienne enfin à s'enfuir… Avant de se faire tuer par Bellatrix, il y avait plus d'un an.
Le collier était bien un présent de Séverus. Pour se faire pardonner de l'avoir blessé. Il était certainement pour Sirius un symbole très important… Il avait pourtant fini au fond d'un placard, comme un vulgaire bibelot sans intérêt.
Malheureusement, le texte ne contenait aucune information pouvant aider à libérer Harry de ses cauchemars. A présent il n'y avait plus rien à lire. Et Sirius était mort…
« Ça ne finira donc jamais ? » demanda Harry d'une voix plaintive.
« C'est peut-être simplement le collier 'Ry. Et si tu… l'enlevais ? »
« C'était à Sirius. Je ne peux pas… »
« Je ne t'ai pas dit de le jeter. Mais c'est depuis que tu le portes que tout a commencé. Il n'y a pas que le journal. »
Le brun sembla hésiter un long moment, jouant avec le pendentif, comme Sirius avait dû le faire de si nombreuses fois. Il y avait déjà pensé bien sûr. S'en débarrasser. Mais c'était tellement difficile… Comme perdre Sirius de nouveau. Alors que pendant ces quelques mois il s'était senti si proche de lui…
« On pourrait… Faire un essai… Mais, et si ça ne suffit pas ? »
« Alors il faudra aller parler à quelqu'un qui pourra t'aider. »
« Sirius est mort… »
« Mais pas l'homme qu'il a aimé. »
Et voilà, ça sera tout pour aujourd'hui ! J'espère que ce chapitre vous a plu.
A bientôt !
