Hello tout le monde ! :se prend des tomates en pleine gueule : Oui, je sais, j'avais disparu de la circulation, alors que je m'étais promis de ne jamais faire tellement attendre mes lecteurs ! J'avais dit deux semaines, ça doit faire environ six mois…

Méchante June, MECHANTE ! :se cogne la tête contre un mur :

Sinon, pour une fois, vous aurez le bonheur de lire un chapitre qui n'arrache pas les yeux, car la grande L' me l'a corrigé ! Et on applaudit bien fort ArtificialxDisease, pour son super boulot (oui, elle a souffert, je pense). En plus, je me suis fendue la poire en lisant ses corrections (sauf peut-être au moment où elle a dit qu'elle me ferait bouffer un Bescherelle…). Non, sérieux, allez sur son profil et lisez ses fanfics, elle déchire grave ! Vraiment !

Bref, bref, RaR :

Swarf : Cette fois, c'est au miracle que tu vas crier, depuis le temps, tu ne devais plus l'espérer, cette suite ! Merci beaucoup pour tous tes compliments ! Oui, et merci à Red d'avoir tapé Kyle ^^ Tout le monde à du jubiler en voyant ça XD En espérant que ce chapitre te plaise !

Maloubah : T'as le droit de ressortir tes pierres, vu le temps que j'ai mis à poster T.T Voilà le chapitre, j'espère que tu vas aimer (se prépare à être lapidée).

BillySage : Ravie que tu ais aimé ^^

July : \o/

Getalo : Meuh non, il n'était pas si triste, celui-là ! Vi, ils s'aiiiment ! Pas trop tôt, comme tu dis ! Allez, let's go pour la suite !

Jenova : Et voilà la confrontation tant attendue ! See ya !

ArtificialxDisease: :heart: (ça suffira, tu sais que je t'adore, que j'adore tes corrections et tes reviews)

Ayana-san: Ravie de voir que ça t'as plu à ce point ^^ Voilà la suite !

Lovedei: Aww, merci beaucoup !

Sreek: Rho, c'est gentil, ça! Je suis contente que cette histoire soit prenante, c'est agréable à savoir ! Huhu, c'est dingue, tout le monde adhère au KennyxRed , moi qui pensais être cinglée pour vouloir les foutre ensemble 8D Merci encore pour tes compliments et tes encouragements !

Merci aussi à tous ceux qui m'ont ajouté en Favorite Story/ Author Alert/ Favorite Author/ Story Alert !

Bon, assez parlé, voilà :roulement de tambours : la suite !


Chapitre 9.

Les jours avant la sortie de l'hôpital de Stan parurent bien longs au couple, tout juste formé. Mais le pire, pour le jeune gothique, fut sans doute la confrontation avec sa famille. D'un côté, évidemment, il ne voulait pas qu'ils lui en veuillent, mais il voulait encore moins qu'ils mettent toutes ses conneries sur le dos de Kyle. Connaissant son père, il l'en su parfaitement capable.

/flash back/

« Stanley, mon chéri… s'il te plait, explique nous ce qui t'est passé par la tête ! Nous avons eu tellement peur, pourquoi as-tu fait une chose pareille ?

-J'ai pas envie d'en parler.

-Tu sais, on peut essayer de comprendre, et on fera tout notre possible pour t'aider, Stan.

-Bordel, P'pa ! J'ai pas besoin d'aide, je vais bien !

-Ta gueule, Merdeux ! Tu vas encore faire pleurer maman ! T'as voulu crever, alors c'est évident que tu ne vas pas bien !

-Billy, c'est mon tour de mourir !

-Oh, beau-papa, s'il vous plait, ce n'est pas le moment ! Stanley, ce que ta sœur veut dire, c'est qu'elle, grand-père, ton père et moi nous inquiétons beaucoup. Stan… Tu es sujet aux dépressions, tu le sais bien. Et ça depuis tout petit. Déjà, il y a des années, quand ta petite amie t'avait quitté, on ne savait plus quoi faire pour te remonter le moral… »

Elle ignora son mari qui demandait depuis quand est ce que son fils avait eu une petite amie et sa fille qui haussait les épaules en guise de réponse.

« Ou encore la fois, où tu avais dix ans, quand ton père et moi voulions nous séparer… Tu étais devenu alcoolique ! »

Shelley demanda en fond sonore combien de fois est-ce que ses parents avaient encore l'intention de se quitter, et cette fois, ce fut Randy qui haussa les épaules. Le jeune homme hospitalisé se remémora ces scènes avec une moue agacée. C'étaient des souvenirs dont il préférait franchement oublier l'existence.

« Toute la famille pense donc que, pour ton bien, il vaut mieux que tu consultes un spécialiste.

-Keuwah ? Putain non ! J'ai pas besoin d'un psy, merde !

-Merdeux, tu vas…

-OH TOI TA GUEULE ! J'ai pas besoin de l'avis d'une gonzesse qui passe ses nerfs sur moi depuis qu'on est gosses !

-Stan ! Ne parle pas comme ça à ta sœur ! » Un sourire mauvais se dessina sur le visage du jeune homme en regardant son père qui venait de le reprendre. L'heure en était aux règlements de comptes.

« Ah, P'pa. Parlons de toi, d'ailleurs ! Quand M'man a évoqué ma période alcoolique tout à l'heure, ça ne t'a pas rappelé quelqu'un ? T'as pas eu l'impression que j'ai de qui tenir ? Et tu peux m'expliquer pourquoi les souvenirs les plus marquants que j'ai de toi sont vos séparations incessantes ? Vous pensez vraiment que c'est bon, pour l'équilibre mental d'un gamin ? Sans oublier que tu m'as trainé dans des galères pas possibles ! PUTAIN ! J'ai dû m'opposer au Vatican à cause de tes conneries d'œufs de Pâques ! J'ai dû te conduire, avec ta propre voiture, à des réunions de poivrots anonymes qui t'enfonçaient de plus en plus ! Je t'avais pourtant dit que c'était une secte, mais est-ce que tu m'as écouté ? Bien sûr que non ! MERDE ! T'es pas un exemple ! Tu enchaines les gaffes et les conneries ! Tu te rends compte que tu t'es arrangé pour avoir de l'herbe légalement ? En te passant les burnes dans le micro-ondes ! Putain, mais ça t'aurait tué d'être un minimum plus normal ! Je sais que c'est pas facile dans cette ville de cinglés, mais t'aurais pu faire ne serait-ce qu'un petit effort pour ton fils, non ? »

Sur ces paroles cinglantes, des larmes de rage s'échappèrent de ses yeux. Randy sortit de la chambre, l'air accablé, sa fille sur les talons. Stan se tourna vers sa mère et renifla : « Me regarde pas comme ça ! Tu sais que j'ai raison, en plus. Tu trouves pas ça malheureux qu'un enfant se dise '' je déteste ma famille'' ? Une sœur tyrannique, un père complètement con, un grand-père qui réclame sans cesse de mourir et une mère… Bon, soit, t'es normale. Mais t'as jamais rien fait pour arranger quoi que ce soit ! Et en plus, pendant quelques mois, j'ai eu des problèmes. Non, tu ne sauras pas ce que c'est ! », coupa-t-il en voyant Sharon ouvrir la bouche.« Pas plus qu'un psy', que Mackey ou que qui que ce soit ! Pour la simple et bonne raison que tout est réglé ! Plus de problèmes. Je suis heureux, maintenant, et ça ne pourrait pas aller mieux. Donc laisse tomber cette histoire de me faire soigner, c'est vraiment plus la peine, on t'a devancé. »

La brune quitta alors la pièce à son tour, tout en se demandant ce qu'était, ou plutôt qui était ce fameux ''on''.

Marvin Marsh, qui jusque là n'avait pu en placer une, appela ''Billy'' plusieurs fois, sans obtenir de réponse. Et finalement : « Bordel de merde de fils de con ! Stan ! » Plus que surpris, celui-ci se retourna :

« Putain, grand-père ! Tu te souviens de mon prénom ?

-Bien sûr que oui ! Tu me prends pour un vieux gâteux? Si je t'ai appelé autrement durant des années, c'était uniquement pour te faire chier ! Tu sais quoi ? C'est pas parce que j'ai cent-dix ans que je vais me laisser marcher sur les pieds ! Et donc… »

Un grand silence s'installa dans la chambre. Excédé, le jeune homme reprit :

« Et donc quoi ?

-Hein ? Comment ça ''quoi'' ? Mais qu'est-ce que tu racontes, à la fin ? Arrête de dire des choses qui n'ont aucun sens, Billy ! Et viens plutôt m'aider à renverser mon fauteuil roulant dans les escaliers, fils de con ! »

Sur ce, il partit rejoindre les autres. Son petit fils poussa un soupir à fendre l'âme et, pour la on-ne-sais-combientième fois, maudit sa famille de cinglés.

/Fin du flash back/

Du côté de Kyle, les jours semblaient bien aussi longs. Le gothkid étant réveillé, Kenny, Red, et lui-même, devaient retourner en cours. Chaque seconde lui semblait durer des heures. Le plus souvent, il essayait d'oublier les aiguilles qui n'avançaient pas assez vite. En cette fin d'avril pluvieuse, il tentait de se distraire en regardant les gouttes battre les fenêtres de sa salle de cours. L'horloge tourne, les minutes passent, le temps enfume le cœur.

Perdu dans ses pensées qui vagabondaient au loin, on ne pouvait plus rien obtenir de lui. Loin de tout, loin du reste du monde. Loin, quelque part dans le souvenir d'un regard couleur océan. Attendre. Attendre. Attendre. Le décompte avant le bonheur. Là, quand ils pourraient enfin se retrouver. Attendre. Laisser tomber la pluie. Écrire le nom partout, jusqu'à la folie. Stan. Stan, Stan. Quatre lettres, tournant à l'infini dans l'esprit. Comme une poésie, comme une prière. Un espoir de renouveau. Attendre. Ouvrir les yeux. Voir le soleil enfin percer à travers les nuages. Une seule pensée : reviens-moi.

Après des jours d'attente qui avaient semblé durer des siècles, Stan poussa avec un soupir de soulagement les lourdes portes de l'hôpital. Enfin, il était libre, et sa bonne humeur était plus que visible. La principale raison, outre bien sûr le fait qu'il allait pouvoir échapper à cette horrible odeur d'antiseptique, était son accompagnateur. A ses côtés, portant dans un sac les quelques affaires du gothique, les doigts étroitement mêlés aux siens, se tenait Kyle. Ce dernier avait lui-même téléphoné à Randy pour lui annoncer qu'il irait chercher son fils à sa sortie. Il en avait aussi profité pour inviter la famille Marsh à diner le soir même. L'homme au bout du fil, bien qu'étonné, accepta. Leurs parents étant de très bons amis, il ne fut pas bien compliqué de convaincre sa mère de préparer un fabuleux repas pour tous ces invités.

Le roux appréhendait la réaction de leurs familles durant leur annonce. Oui, c'était pour ce soir. Mais à présent, plus question de faire marche arrière. Il avait déjà bien trop hésité à le faire, et le bandage entourant le bras de Stan était un cruel rappel de sa peur et de son indécision.

Ils traversèrent tranquillement la ville, trainant un peu dans les rues si familières. Au moment de passer devant leur école primaire, ils s'arrêtèrent quelques secondes, par nostalgie. Tant de souvenirs entre ces murs jaunes. Ils y croisèrent leur ancien instituteur, Monsieur Garrison, qui avisa leurs doigts entrelacés avant de leur sourire, marmonnant qu'il s'en était toujours douté.

Plus loin, ils rencontrèrent Tweek et Craig. De leur génération, ils avaient été les premiers à former un couple ouvertement homosexuel. C'était, chez la plupart de leurs camarades, passé comme une lettre à la poste. Depuis des années, Craig protégeait excessivement le petit blond nerveux, et celui-ci était le seul à être capable d'arracher des expressions faciales à l'autre. On n'avait jamais vu un sourire aussi franc -ou un sourire tout court- sur le visage du jeune homme au bonnet péruvien que le jour où l'accro au café lui avait déclaré – à grand renfort de GAH !, de AH !, et de C'EST TROP DE PRESSION !- ses sentiments. Bien sûr, ça n'avait pas été aussi simple, du haut de leurs douze ans, de faire face à l'esprit fermé de la population de South Park, mais à force de persévérance, de courage et de doigts d'honneurs, ils avaient fini par se faire accepter.

Ils avaient félicité nos protagonistes pour leur couple nouvellement formé et les avaient encouragé à passer par la case ''avouer ça aux parents''. C'était peut-être la pire étape, mais quand ça serait passé, ça serait passé.

C'est avec une toute nouvelle confiance qu'ils repartirent vers la maison de Kyle. Ils savaient qu'ils n'y trouveraient personne, le père du roux étant dans son cabinet de travail et sa mère partie faire les courses pour le diner. Ils entrèrent et montèrent les escaliers pour rejoindre la chambre de l'adolescent. Là, presque trop lentement au goût de ce dernier, Stan l'embrassa. Ils ne se lâchèrent, à regret, que lorsque la porte de la pièce s'ouvrit à la volée, leur faisant frôler la crise cardiaque.

« Ah… J'me disais bien que j'avais entendu l'escalier grincer… »

Ike. Son frère soupira de soulagement. L'annoncer aux parents, ok. Qu'ils le découvrent en les surprenant, ça le fout un peu moins bien.

« Oh, c'est toi… Tu m'as fait peur !

- Non, je n'avais pas remarqué… Content de voir que tu vas mieux, Stan.

- Merci, mec. C'est grâce à ton frère, comme tu as pu le voir… Oh, salut, Lil'. », fit le gothkid en voyant une petite silhouette sombre se dessiner dans l'encadrement de la porte. L'autre lui répondit d'un mouvement de tête. Ce n'est qu'à ce moment là que Kyle remarqua un détail. Un infime détail qui lui fit écarquiller grand les yeux de stupeur. Presque choqué, il murmura à son frère:

« Putain, Ike… Mais qu'est-ce que c'est que ces fringues ? »

La peau du garçon était recouverte d'une fine pellicule blanchâtre, accentuée par le grimage noir soulignant ses yeux noisette. Il était vêtu d'un t-shirt noir à l'effigie du club Londonien le Batcave, un pantalon tout aussi sombre, assortit à des Doc Martens.

« Ike… c'est quoi ÇA ?

-C'est goth. Non-conformiste, tu vois. -… Maman va péter les plombs. Mais bon, tu fais ce que tu veux, après tout. Et même au fond, ça m'arrange…

-Comment ça ?

-Si elle te voit, elle va hurler. Tu ne supportes pas qu'on te crie dessus, donc tu va partir en disant qu'elle est une mauvaise mère et que tu la détestes. Comme d'habitude, quoi. Et après, réaction logique, elle va s'en vouloir de t'avoir engueulé. Et donc, elle n'aura plus la motivation pour me crier dessus. »

Le plus jeune ne pu s'empêcher de hausser un sourcil.

« Qu'est-ce que tu as encore fait ?

-Rien… c'est juste que… On fait notre annonce, ce soir. »

Il serra la main de l'homme qu'il aimait dans la sienne. Ce dernier lui lança le regard qui signifiait ''tout ira bien, je suis là. Je serais toujours là.'' Les deux plus jeunes quittèrent la pièce, non sans que le Canadien ait souhaité bon courage à son grand frère. Il ne serait pas là ce soir, il devait partir en claquant la porte avant. Le roux aurait bien aimé qu'il reste. Car, depuis toujours et malgré l'absence de liens du sang entre eux, il avait été très lié à son frère et rien que sa présence, en sachant qu'il le soutenait et était heureux pour lui, aurait suffit à lui donner du courage. Mais aussi parce que, contrairement à lui, Ike n'avait absolument pas peur de leur mère. A tout juste onze ans, il s'était plus rebellé contre l'autorité maternelle que lui (et pas mal de monde) en seize ans de vie. Il savait que le garçon l'aurait défendu, et même protégé, en toutes circonstances.

Il avait d'ailleurs pas mal culpabilisé, à une époque, en se disant qu'en tant qu'ainé, c'était à lui de prendre en charge le Canadien. Mais celui-ci, considéré depuis son plus jeune âge comme un surdoué, autonome et mature, n'avait que très peu de problèmes et se dévouait donc, la plupart du temps, pour résoudre ceux de Kyle qui, avec le reste de sa bande, semblait les collectionner. Mais tous les deux avaient compris que cet arrangement était le meilleur, et que de toute façon, l'ainé pourrait en contrepartie faire les exercices de maths du plus jeune, que ce dernier semblait mépriser. Oui, tout était bien comme ça.

Perdu dans ses pensées, il n'avait pas vu les aiguilles de l'horloge tourner, et ne reprit pied dans la réalité que lorsqu'une clé tourna dans la serrure de la porte d'entrée, preuve que sa mère venait de rentrer. Il se dégageât doucement de l'étreinte de Stan et se leva. Comme à son habitude, Sheila Broflovski appela ses fils et leurs amis respectifs, pour leur dire bonjour. Et alors que nos amoureux descendaient les escaliers, les cris scandalisés de cette dernière firent trembler les murs de la maison :

« IKE ! Tu vas me faire le plaisir de me retirer cet accoutrement stupide et ce maquillage grotesque ? Tu es ridicule, jeune homme ! Tu ressembles à ce chanteur obscène, arh ! Tu sais bien… Ce démon avec un nom de femme, Mari-quelque chose !

-C'est Marilyn Manson, ça, Maman. Mais je te ferais quand même remarquer que mon look est tout de même plus inspiré par le chanteur d'Alien Sex Fiend…

-Quoi quoi quoi ! C'est du pareil au même ! C'est de toute façon inadmissible, va t'enlever cette peinture de sur le visage!

-NON ! Et puis quoi encore ! Je… »

Deux minutes et six secondes plus tard, montre en main du jeune couple qui, tranquillement assis sur les marches, attendaient que l'orage passe, la porte se referma très violement sur une longue série de jurons. Ils retrouvèrent ensuite Sheila attablée dans la cuisine, la tête entre les mains, un air inquiet sur le visage. Son fils se sentit presque obligé de la rassurer, lui affirmant que même si le plus jeune avait juré qu'il ne reviendrait jamais, il resterais probablement dormir chez son ami cette nuit, pour revenir de bonne humeur le lendemain. Il lui demanda au passage ce qu'elle comptait faire pour le dîner. Elle lui répondit et salua le brun, prenant rapidement de ses nouvelles. Un bref échange de banalités, en somme. La véritable conversation de la soirée aurait lieu dans une heure et demi environ, dès que toutes les personnes conviées au repas auraient répondu présentes.

Ce dernier moment de calme avant la tempête passa trop vite et trop doucement à la fois. Le temps semblait en apesanteur et le sentiment d'angoisse avait fini par d'estomper, mis face au mur de l'évidence : ça passe ou ça casse, comme on dit. Plus de marche arrière. Leur décision était prise et quelles que soit les impressions qu'ils allaient laisser, elles seraient inévitables.

Cette pensée, étrangement, les soulageât. Plus le temps pour un quelconque stress, ni pour se poser des questions. Comme devant une feuille d'examen, lorsqu'on n'a aucune réponse à la question posée : on se lançait, en improvisation totale, quitte à écrire de la merde. Juste pour ne pas rendre une feuille blanche. Le vide de l'esprit et l'apaisement qui va avec.

Les clés qui tournent, encore. Entrée de Gérald Broflovski. Un baiser à sa compagne, une claque amicale dans le dos de son fils et de son presque-fils, car depuis le temps, il considère Stan comme tel. Quelques minutes encore. La sonnette qui retentit. La maitresse de maison va ouvrir et on entend des voix se diriger vers la salle à manger, là ou sera servi l'apéritif par son mari, qui débouche déjà une bouteille quelconque.

Kyle et Stan, restés seuls dans la cuisine. Un regard ; celui qui veut tout dire. Un rapide baiser, juste pour se dire bonne chance. C'était l'heure. Ils franchirent les derniers mètres.

« On doit vous dire quelque chose. »

Les adultes de la pièce se retournèrent tranquillement vers le jeune homme qui venait de parler. Son visage prenait doucement la même teinte que ses cheveux et il se triturait les mains. A ses côtés, le possesseur d'une superbe paire d'yeux d'un bleu profond ajouta, tout en mêlant ses doigts à ceux de l'autre :

« Quelque chose d'important. »

A table, quelqu'un haussa un sourcil devant ce geste tendre. Quelqu'un d'autre reposa son verre, montrant aux garçons qu'ils avaient toute son attention. Le rouquin acheva alors, d'une voix légèrement tremblante :

« Stan et moi, on sort ensemble. »

Silence sur l'assemblée. Des mains qui resserrent leur prise l'une sur l'autre. Les regards, un peu gênés de Randy et Gérald se croisèrent. Le souvenir commun d'un jacuzzi sous une pluie d'étoiles filantes passa à travers leurs mémoires, et ils reportèrent leur attention sur leurs fils respectifs. Sharon ne dit rien. Pas la moindre expression faciale. Quand à l'originaire du New Jersey, elle fixe les adolescents, les yeux écarquillés, sa bouche formant un rond parfait.

L'absence de bruit se faisait pesante, et personne ne semblait vouloir alléger l'atmosphère. Encore quelques secondes. Soudain, un bruit de couvert de remettant au travail, puis un son de mastication se fit entendre. Les quatre adultes présents se retournèrent d'un bloc pour fixer la personne qui avait osé briser le silence.

Shelley, assise en bout de table, apparemment oubliée par tous, avait brusquement décidé que les carottes dans son assiette méritaient plus d'attention que la bombe qui venait d'être lâchée. Alors, dérangée par les regards insistants qu'on lui lançait, elle déclara, sur ton désinvolte :

« Bah quoi ? Je ne vais pas laisser mon repas refroidir sous prétexte que deux idiots viennent nous faire part d'une évidence.»

Elle reprit une bouchée, la mâcha tranquillement, puis continua :

« C'est vrai, quoi. Il aurait fallu être aveugle pour ne pas le remarquer… Ah, au fait ! T'as plus qu'intérêt à rendre la lopette qui me sert de frère heureux, sinon, je te casse la gueule. Pigé, merdeux ? »

Kyle, loin d'être outré par ces paroles lui étant adressées, hocha la tête, un léger sourire aux lèvres. Le gothique, quant à lui, n'avait pas l'air d'en croire ses oreilles : il n'aurait jamais pensé que sa sœur soit la première à les soutenir, bien au contraire, même. La mère de ce dernier, qui jusqu'à présent semblait perdue dans ses pensées, réagit enfin :

« Chérie, tu exagères un peu en parlant d'évidence… Même si j'avoue que je m'en doutais légèrement. Depuis quelques temps, quelque chose avait changé et ça avait l'air de vous peser. Je suis contente que vous ayez mis ça au clair, surtout si ça se termine aussi bien. Je suis absolument ravie pour vous, les garçons.

-Moi aussi. »

Tous se tournèrent vers le maître de maison.

« C'est vrai que j'ai eu des doutes, moi aussi. Déjà enfants, votre comportement l'un envers l'autre dépassait parfois le stade de l'amitié, même si vous étiez trop jeunes pour vous en rendre compte. Mais si vous êtes heureux maintenant, alors ça me va. »

Sur ce, il reprit son verre de vin et en bue une gorgée. Son fils lui adressa un sourire ravi. Il se sentait tellement rassuré que son père réagisse ainsi… Randy, quant à lui, ne semblait plus savoir où se mettre. Il murmura presque :

« Stan… Tu vas encore me prendre pour un gros naze, mais… Je n'avais rien remarqué. Déjà que tu as raison de m'en vouloir pour toutes les choses que tu as évoqué la dernière fois, maintenant, tu vas encore plus me détester et…

-Oh putain ! P'pa ! Calme-toi et dis juste que tu es heureux pour nous, et je te pardonnerai pour tout le reste. »

Monsieur Marsh, qui, depuis la dispute à l'hôpital quelques jours plus tôt, tentait de recoller par tous les moyens les morceaux avec son fils, sauta sur l'occasion :

« Je l'aurais fait de toute façon, fiston ! Bienvenue dans la famille, Kyle ! »

Sa femme lui sourit. Pour une fois que son idiot de mari n'avait rien fait de travers !

Tous les regards se dirigèrent vers la seule personne qui n'avait pas encore prononcé le moindre mot. En effet, Sheila Broflovski se mordait les lèvres, lourdement appuyée contre le dossier de sa chaise. Quand elle remarqua qu'on attendait une réaction de sa part, elle se redressa et poussa un profond soupire. Elle regarda tour-à-tour son fils et celui de sa meilleure amie. Elle pouvait sans peine lire l'inquiétude mêlée à la détermination dans les yeux de son ainé.

« Oh Kyle… tu es sûr de toi ? » Il hocha la tête. « Bon… arh ! Et moi qui voulais des petits enfants… Mais soit. Si tu es content comme ça… Et heureusement, tu n'es pas avec n'importe qui. Au moins, Stanley, je le connais depuis le berceau. Je suppose que vous serez bien ensemble et…

-Attends, c'est tout ? Pas de cris, pas de crise d'hystérie, rien ? »

Elle regarda son fils qui venait de l'interrompre, plus qu'étonnée.

« Mais enfin ! Bien sûr que non. A quoi est-ce que tu t'attendais ? Je ne suis pas un monstre, tout de même ! J'exagère parfois un peu, mais je ne veux que ton bonheur, Kyle. »

On pouvait dire que l'assemblée avait le cul par terre d'étonnement, et en particulier nos amoureux. Attendez, tant de stress et de pression pour… ça ? Un discours guimauve, bourré de bons sentiments. Il y avait un piège quelque part ? Non, ça puait réellement la happy end.

Le roux afficha alors son sourire le plus lumineux :

« Bon… et bah… Merci de nous avoir écoutés, c'était cool, mais on va s'éclipser, on a … hum, quelque chose à fêter. »

Sur ce, il attrapa le poignet non-endommagé de l'homme qu'il aimait et le tira à la vitesse de l'éclair hors de la salle à manger. Une fois éloignés de leurs familles, il lui sauta littéralement au cou, lui offrant un baiser vertigineux. Ils se serrèrent ainsi de longues minutes, puis, main dans la main, sortirent de la maison. Ils marchaient sans rien dire, dans le silence apaisant du crépuscule. Ils se laissèrent mollement tomber sur un banc à quelques mètres de là. Le garçon aux cheveux corbeaux se mit à rire doucement :

« Putain, tout ça pour ça ! C'était rien, en fait.

-C'est vrai… C'est décidé, à partir d'aujourd'hui, j'arrête de m'inquiéter pour rien. En fait, elle est plutôt sympa, ma mère.

-Je pourrais dire la même chose de ma sœur. C'est dingue, j'aurais jamais cru ça d'elle ! Je suis tellement content que tout se soit si bien passé !

-Et moi donc. »

Ils se sourirent et s'embrassèrent. Au début doucement, puis de plus en plus fougueusement. Ils finirent par se séparer, hors d'haleine, les visages rouges.

« Kyle ? -Hum ? -Si je te dis que j'ai envie de toi, là, tout de suite, maintenant ? »

Le susnommé écarquilla grand les yeux de surprise et se leva d'un bond, entrainant l'autre au passage et répondit : « Putain, mais vieux ! Qu'est-ce qu'on fout encore ici ? »


Tadaaah \o/ Bon, je sais, c'est pas très long, mais bientôt, le lemon ! Normalement, je voulais vous le mettre dans ce chapitre, mais bon, finalement, ça sera pour la prochaine fois ! (sinon, vous ne l'auriez jamais eu, ce chapitre XD)

Sinon, qu'est-ce que vous en avez pensés ? Je sais, certains passages sont niais à en gerber, mais je pense que je les ai assez fait souffrir comme ça, non ? Hum… Surtout que je sens que je me serais fait lapider si je les avais encore plus torturés… Bref !

Je le jure, je n'attendrais plus jamais aussi longtemps avant de porter un chapitre ! Je suis une véritable catastrophe, mais restez, c'est presque fini (qui vient de dire : « Y'en a mare de toi, de toute façon! » ?). Laissez-moi vos avis, ça fait toujours plaisir ^^

Encore une fois, merci à tous de me suivre ! See ya!
~ June!