Auteur : Zoemathemata

Personnages/couples : Dean x Castiel

Rating : M – gardez le rating en tête –

Spoilers : /

Disclaimer : Aucun mal et aucune atteinte à la loi voulue.

Titre traduit : Gravité Métaphysique

Traductrice : Marple-Juice.

Bêta-lectrice : Mama-Marple


Vous pouvez retrouver le lien vers la fanfiction originale dans mon Livejournal (lien dans mon profil)

Les reviews anonymes sont acceptées et tous les messages que vous laisserez seront traduits et envoyés à l'auteur original de cette fanfiction.

! Attention, le rating de cette fanfiction est M !


Notes diverses :

Je suis encore désolée pour le week-end dernier. J'avais eu une semaine assez stressante avec une deadline de la mort qui tue pour finir un montage vidéo pour une expo (c'est la classe, mais quel bazar TT) et j'étais HS en fin de semaine avec une super crise migraineuse pour couronner le tout TT Et aussi j'ai dû rusher un peu pour clore mon dossier de candidature pour septembre à cause de la date limite qui n'était pas claire. Yay~

Vers les chapitres 12-13, j'enverrai les review reçues jusque-là à Zoemathemata.

Je répondrai aux reviews auxquelles je n'ai pas encore répondu dans le courant de la semaine.

Question posée par Elena : « est-ce que le Dean du présent et du passé sont connectés ? Je veux dire le Dean du présent va avoir des souvenirs de son passé avec Cas ? » : *roulement de tambour dramatique* Pour faire comme dans les Soap-opéras : 'Réponse à suivre dans les prochains épisodes ! … Et bon, peut-être un peu dans ce chapitre-là ?'


Chapitre 10 – Enchaînement

Dean ignorait l'heure qu'il était lorsqu'il se réveilla. Il faisait sombre et cela lui prit une seconde avant de se rendre compte de l'endroit où il était. Son visage était fourré dans un oreiller qui avait l'odeur de Cas, mais… humm.

Le lit était vide. Et bon sang, il faisait froid.

Mais il entendit quelque chose. Quelque chose… Qui craquait ?

Il leva les yeux et vit Cas habillé d'un peignoir, accroupi devant la cheminée. C'était amusant de voir que la nuit dernière, au repas il était Castiel et maintenant, après, il était Cas. Il avait allumé un maigre feu qui grandissait alors que Dean l'observait.

« Il y a des boyscouts en Angleterre ? » Demanda Dean.

Cas se tourna et dans la lumière du feu, son profil était fait d'angles aigus et d'ombres. Il se leva et se dépêcha de retourner au lit, jetant son peignoir.

« Comme je l'ai dit, nous n'avions pas le chauffage central dans mon enfance. À force, on devient efficace à faire un feu lorsqu'on en a besoin. » Castiel se glissa dans le lit et Dean sentit le froid s'installer avec lui.

« Tu as aussi dit que tu avais l'habitude de mettre des briques chaudes dans le lit, » dit Dean alors qu'ils se réinstallaient. « Où est ma brique ? Tes pieds sont gelés. »

Castiel rit alors qu'ils s'entremêlaient. « Je crains d'être à court de briques. » Castiel fourra son nez dans le cou de Dean.

« Même ton nez est gelé, » se plaignit Dean, tirant Cas plus près de lui. « C'est glacé comme ça tout le temps ? »

« Oui. Je fais généralement un feu avant d'aller me coucher mais cette nuit j'ai été… distrait, » répondit-il avec un sourire contre la clavicule de Dean.

« Huum. Je devrais sans doute commencer à dormir ici régulièrement pour m'assurer que tu vas bien. Tu sais, c'est une demeure grande, sombre, effrayante et glacée, » plaisanta Dean.

Castiel gloussa de nouveau, un grondement bas qui provenait de sa poitrine. « M'offrirais-tu ta protection ? »

Dean rit également et cet instant sembla intime et simple. Il ne se sentait même pas bizarre vis-à-vis de ça, ce qui en lui-même devrait être… Étrange. Il se sentait simplement heureux et content.

Bien qu'il fasse un froid glacial.

Il frissonna et Castiel souffla d'amusement. « Tu ne feras pas un très bon protecteur si tu ne réussis pas à arrêter de frissonner. »

« Mais, y fait froid. Comment est-ce que tu le supportes ? »

Les lèvres de Castiel étaient douces contre la peau de Dean alors qu'il parlait. « J'y suis habitué, j'imagine. Toute mon existence s'est déroulée ainsi. »

« Huhum, » répondit Dean, essayant de fourrer sa tête sous les couvertures où la chaleur commençait à revenir. « Très bien, on arrête les conneries et on y va. » Dean tira sur les couvertures et commença à sortir du lit.

Castiel fronça les sourcils. « Aller où ? »

« À la cheminée, on déplace tout. »

Castiel descendit du lit à la suite de Dean et dans la lumière du feu ils n'étaient que membres et torses, couvertures et draps, alors que Dean tirait la literie vers eux. Castiel agrippa les oreillers et en l'espace de quelques instants glacés, Dean réussit à faire une sorte de sac de couchage avec les draps puis ils s'enroulèrent dedans comme une tortilla.

Il grogna. Une tortilla très sexy.

Il faisait plus chaud devant l'âtre et avec la chaleur des flammes qui flottaient sur eux et avec Castiel légèrement enroulé au-dessus de lui, Dean sentit la chaleur s'infiltrer dans sa peau avec une glorieuse précision. Chacune de ses cellules épidermiques était béatement extatique alors qu'elles étaient touchées par la chaleur et commencèrent à la partager avec leur voisin.

« Tu vois ? Tu es complètement réchauffé maintenant. »

« Oui, mais nous dormons sur le sol, » dit sèchement Castiel. « C'est assez difficile de dire que c'est une amélioration. »

Dean pinça Castiel à un endroit délicat et Castiel émit un cri très peu viril puis il eut l'air horrifié devant le son qu'il avait fait.

Ils se caressèrent paresseusement, traçant leurs bras et leurs jambes, leurs dos et leurs poitrines, leurs cous et leurs crânes. Castiel le regardait avec une intensité inébranlable et farouche et Dean sentit le poids de son regard.

Il avait l'impression que c'était rassurant et familier.

Castiel glissa sur lui et Dean soupira face à cette sensation. Les lèvres de Castiel traçaient un chemin sur son cou et sa clavicule et Dean inclina la tête en arrière et fourra son nez dans les cheveux épais de Castiel. Il avait une odeur masculine et un peu savonneuse, et peut-être un peu comme les poires ou une sorte de fruit.

Ils balançaient leurs hanches ensemble, leurs membres se frottant, leurs bassins s'entrechoquant de temps en temps avec un bruit sourd qui envoyait des frissons le long de la colonne vertébrale de Dean. Dean ne trouvait pas d'endroit où mettre ses mains, chaque endroit était parfait et il ne pouvait en choisir un pour s'y accrocher au détriment des autres. La salle était remplie de gémissements soufflés et de soupirs erratiques puis du son un peu humide de lèvres et de langues qui s'entremêlaient.

C'était comme un train marchant au ralenti, prenant de la vitesse tranquillement, les pistons s'activant nonchalamment, graduellement d'abord, puis augmentant le tempo progressivement. Les roues se mirent à tourner plus vite, les ressorts de la bobine se mouvant de haut en bas et inévitablement, ce qui était un géant de métal endormi devenait une force de la physique capable de se lancer à corps perdu à des vitesses vertigineuses.

Dean était foutrement content d'être dans ce train.

Leurs hanches s'écrasaient l'une contre l'autre et la sensation était douloureusement bonne. Il n'avait jamais trouvé de rythme parfait à ce point aussi rapidement avec qui que ce soit et c'était fantastique. Tout ce qu'il entendait était le bruit sourd affolé de son propre cœur et le souffle puissant de Castiel dans son oreille.

Puis la voix de Cas.

« Dean… Je t'en prie… »

Quoique ce fût, Dean voulait le lui donner, il s'en fichait.

Cela devrait l'inquiéter de voir à quel point il désirait acquiescer, la rapidité avec laquelle il dirait oui à quoi que Castiel lui demanderait. Mais tout ce qu'il sentait était un délicieux frisson devant l'inconnu de ce qu'il avait accepté de faire.

« Oui, » gémit-il, poussant ses hanches plus fort. « Tout ce que tu voudras. »

Cas chevaucha les hanches de Dean et se pencha légèrement en avant. Sans avoir besoin de mots, Dean savait ce que Cas demandait et il était plus que désireux d'obtempérer. Castiel ne semblait pas vouloir attendre et Dean se dépêtrait comme un fou avec ses bras étirés derrière lui pour tenter de trouver où son pantalon était tombé plus tôt sur le sol. Même dans cet instant passionné, ils se permirent de glousser lorsque Dean dut faire une petite ruade vers le haut pour avoir quelques centimètres de point d'appui supplémentaire afin d'atteindre son pantalon et ce mouvement faillit renverser Castiel de son perchoir sur les hanches de Dean.

Dean sortit le lubrifiant de sa poche de pantalon et se remémora pendant une seconde lorsque, plus tôt dans l'après-midi, il avait débattu s'il devait ou non l'emporter. Leurs gestes étaient frénétiques et hâtés et ils pouvaient sans doute prendre leur temps et apprécier davantage cet instant, ils devraient sans doute prendre leur temps et apprécier davantage cet instant, mais tout ce à quoi Dean pensait était qu'ils avaient tout leur temps pour faire tout ce qu'ils voulaient donc s'ils étaient un peu pressés cette fois, leur première fois, ils pourraient se rattraper plus tard.

Il s'attendait à ce qu'il y ait beaucoup de 'plus tard'.

Cas descendit sur le membre de Dean et Dean serra la mâchoire et essaya de contrôler sa respiration pour éviter de venir maintenant bordel. Cas s'interrompit, attendant que Dean ouvre les yeux et sembla faire marche arrière et lorsqu'il le fit et que leurs yeux se rencontrèrent, Castiel se pencha en avant de l'embrassa bruyamment, lèvres et langue se pressant avec force contre Dean alors qu'il commençait à mouvoir ses hanches en d'amples poussées qui plaquaient Dean au sol si bien que de petits gémissements s'échappaient spontanément de sa gorge.

Les mains de Dean agrippèrent les hanches de Cas et laissèrent des marques de pression roses et blanches. Il passa une main sur le bassin de Cas et la descendit, piégeant le membre de Cas entre la paume de sa main et son propre ventre. Cas allait et venait en se balançant, chaque poussée apportant son lot d'halètements et de grognements de plaisir émanant d'eux. Dean commença à masser Cas, accordant son rythme, accélérant lorsque Cas allait plus vite, plus fort lorsque Cas y allait plus profondément. Après quelques minutes, ils inspiraient des goulées d'air, des phrases brisées s'écoulant de leurs lèvres composées uniquement de oui, encore, je t'en prie, Cas, Dean qui étaient compréhensibles.

Les doigts de Cas étaient enfoncés dans les biceps de Dean, ses ongles griffant sa poitrine et Dean l'agrippait avec plus de force, poussant ses hanches plus vigoureusement contre les mouvements de Cas.

Cas devint plus dense et dur contre le ventre de Dean et Dean glissa rapidement un peu de liquide dans sa main et continua de caresser Cas alors que ses hanches ralentissaient et faiblissaient. Dean sentit Cas se convulser autour de lui et il réussit à faire quelques autres poussées avant que son dos ne se cambre et qu'il vienne en Cas, ses doigts laissant de profondes marques sur sa hanche.

Le corps de Dean se détendit, et Cas balança ses hanches contre Dean quelques autres fois, un gémissement de plaisir et de contentement s'échappant de sa gorge. Les mains de Cas étaient étendues sur le torse de Dean et Dean leva la main, l'enroula autour du cou de Cas et le tira vers le bas pour un long et profond baiser. Cas s'affaissa contre lui, docile et détendu et Dean passa paresseusement sa main sur le dos de Cas, sur les courbes de ses fesses avant de revenir en arrière. Dean détestait laisser tomber ça maintenant, Cas sur lui, le chevauchant, l'embrassant, mais le pénis ramolli de Dean commençait à glisser. Cas bougea, Dean se dégagea et ils roulèrent pendant quelques minutes pour essayer d'arranger les couvertures et les oreillers. Dean trouva la chemise arrachée de Castiel sur le sol et ils l'utilisèrent comme serviette improvisée comme ils purent. Dean avait la tête qui tournait, lui et Castiel se souriant comme s'ils avaient quinze ans et avaient découvert quelque chose de nouveau et d'excitant. Ils s'agrippaient et se touchaient, passant leurs doigts où ils le voulaient, là où ils pouvaient s'atteindre. Ils finirent sur le côté, Castiel placé entre Dean et l'âtre. Dean s'était glissé aussi près qu'il le pouvait, son bras serpentant le long de la taille de Cas et reposant sur son épaule. Cas agrippa sa main et plaça quelques rapides baisers sur la pulpe des doigts de Dean et Dean sourit contre la nuque de Cas, ses lèvres se retroussant et picotant à cause des cheveux à la base de la tête de Cas, ce qui envoya un frisson tout le long de son dos.

« Je crois, » dit Dean tout à coup, sans même se rendre compte de ce qu'il allait dire, « que je n'ai jamais été aussi heureux depuis longtemps. »

Il sentit les lèvres de Cas se courber contre le bout de ses doigts, puis Cas plaça un autre baiser. « Moi aussi. »

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Dean se réveilla le matin suivant et se rendit compte d'une chose très importante.

Il n'avait plus dix-huit ans et dormir sur le sol était douloureux.

Il était toujours sur le côté et enroulé autour de Castiel, et même si c'était agréable en soi-même, les points de pression que faisait le sol dur contre son épaule, sa hanche et son genou ne l'étaient pas. Il se démêla de Cas, faisant attention de ne pas réveiller l'autre homme par ses gestes. Castiel ne s'agita pas alors que Dean se roulait sur son côté et s'étirait.

Il était agréablement fatigué. Le genre de fatigue qu'on avait après une excellente nuit, où il n'y avait pas de mauvaise humeur pour le lendemain, mais où vous gardiez un sourire secret qui s'agrandissait lorsque les gens disaient que vous aviez l'air de ne pas avoir assez dormi.

Il n'avait, en effet, pas assez dormi.

Il se glissa loin de Castiel et trouva le peignoir de Cas qu'il avait jeté au sol pendant la nuit devant une pile noire sur le plancher. Il l'attrapa et le mit et s'il prit un instant pour sentir le doux tissu et en extraire l'odeur de Cas, personne ne s'en apercevrait.

Après un arrêt rapide dans la salle de bains, il se dirigea vers la fenêtre lourdement drapée. Un faible rayon de soleil perçait entre les épais rideaux et Dean fut surpris lorsqu'il regarda l'ancienne pendule sur la table de chevet et constata qu'il était presque dix heures du matin. Il écarta un peu les rideaux et plissa les yeux à cause du radieux soleil. La journée s'annonçait merveilleuse, lumineuse et ensoleillée. Il réussit à enlever le vieux verrou de la fenêtre et à l'ouvrir, laissant entrer une bouffée d'air frais et humide qui n'avait même pas été réchauffée par le soleil matinal. Elle sentait le moite et la fraîcheur, comme la verdure et l'herbe.

Il avait besoin de café.

Il était certain que Cas avait de l'excellent café. Du café qui aurait sans doute été à la carte après le dessert de la nuit dernière s'ils n'avaient pas décidé de s'adonner à d'autres activités. Bien que s'il avait le choix, il préférerait le sexe au café n'importe quel jour de la semaine.

Eh bien, avec Cas. Parce que vraiment, il y avait eu de mauvaises fois et dans ce cas là, il aurait préféré du café.

Décidant de réveiller Cas et de voir où en était son café, il rejeta complètement les rideaux, laissant le soleil rentrer.

Il entendit un sifflement brusque de surprise et il se retourna rapidement pour voir Cas se jeter sous les couvertures. Les rayons du soleil traversaient toute la pièce, la poussière volant en de longues lignes.

Cas était glissé sous les draps et Dean s'approcha en fronçant les sourcils.

« Cas ? »

« Le soleil… Je… Je ne peux pas… »

Dean avait complètement oublié ce que Ben lui avait dit. Cas était allergique au soleil.

« Oh merde, » dit Dean rapidement alors qu'il sautait et refermait les rideaux. « Je suis désolé. Ben m'avait dit que tu avais une allergie et je… Je n'ai pas réfléchi. »

Il revint vers le tas de couvertures et s'agenouilla, sa main suspendue nerveusement, ne sachant s'il devrait le toucher ou non.

« Es-tu… Est-ce que j'ai… J'ai fermé les rideaux maintenant. »

« C'est bon. Je vais bien. »

Merde. Dean avait tout gâché. « Est-ce que je devrais… Est-ce que tu as des médicaments où quelque chose ? Ou je pourrais appeler mon frère… »

Sa voix se tut, il ne savait pas quoi faire d'autre. Après quelques autres secondes, Cas sortit sa tête des couvertures.

« Tu vas bien ? » Demanda Dean.

Les yeux de Cas se dirigèrent vers les rideaux pour s'assurer qu'ils étaient fermés. « Oui, je suis désolé. Je vais bien. J'ai une certaine tolérance pour ça mais… Lorsque je suis… » inconscient, et qu'il est impossible de me réveiller « … Ou que le soleil est très brillant… » et que je ne me suis pas nourri pendant douze heures, « je suis plus sensible. J'ai oublié de te le dire. Ce n'est pas quelque chose qui vient naturellement dans la conversation. »

« Non, je suis désolé. Ben me l'a dit et j'ai complètement oublié. Mais tu vas bien ? »

« Oui, je vais bien. La plupart des verres dans la demeure sont sombres mais… J'aime regarder par la fenêtre la nuit alors je n'ai pas fait changer les vitres des fenêtres de cette salle. Mais je t'assure, je vais bien. »

« Je peux téléphoner à Sam ? » Répondit Dean en esquivant le sujet. « Je sais qu'il pourrait venir ici ou nous pourrions… oh, j'imagine que tu ne peux pas sortir. »

« Je le pourrai, » hasarda Castiel. « Une fois que j'aurai » mangé, « pris mon traitement. » Castiel lui donna un sourire triste. « Mais ce n'est pas vraiment la conversation que je voulais avoir. J'espérais plutôt que nous pourrions prendre notre petit-déjeuner. »

Dean sourit. « Oui ? Oui, d'accord. » Il se mit debout et fit signe de haut en bas sur lui. « J'ai, hum, un peu fauché ton peignoir. »

« Il te va bien. Mais il te va mieux lorsqu'il n'est pas sur toi. »

Entendre Castiel dire quelque chose comme ça de sa voix cultivée fit rougir Dean et lui donna une crise de fou-rire. Castiel se leva sans même tenter d'être pudique et parce qu'il était tellement détendu et nonchalant là-dessus, Dean trouva que ce n'était pas bizarre du tout. Castiel retira un peignoir similaire d'un brun sombre de son armoire. Alors que Dean baissait les yeux vers celui qu'il portait, qui était d'un bordeaux profond, il eut la vague impression que c'était la mauvaise couleur.

« Quelque chose ne va pas ? » Demanda Castiel alors qu'il ajustait le revers d'une manche.

Dean tira sur le peignoir. « Non, je… » Il secoua la tête. « C'est bizarre, mais j'ai l'impression que j'en avais un comme ça, mais en bleu ? » Il fronça les sourcils. « Je ne me souviens plus quand. Ou l'endroit où j'aurais acheté quelque chose comme ça. Ou ce qui lui est arrivé. » Il regarda Castiel de nouveau, et le découvrit en train de le fixer intensément.

« Peut-être que tu l'as perdu. »

« Oui. Je crois que c'est ça. »

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Le petit-déjeuner se composa simplement de tarte qui restait et de café.

Et de thé.

Castiel but son thé fait d'infusion de feuilles de thé et cela ne surprit même pas Dean.

« Le petit-déjeuner des champions, » grogna Dean alors qu'il creusait dans une grande part de la tarte de Rufus. Castiel sourit devant sa plaisanterie et prit distraitement un peu de sa propre part.

Dean avait raison, Cas avait un café extra. Le courant avait été rétabli pendant la soirée et Cas avait moulu les grains de café frais et mit de l'eau à bouillir pour la cafetière. Dean n'avait jamais eu de café fait dans une cafetière avant, et ne savait pas qu'une telle chose puisse exister, mais après le goût délicieusement fort de la première gorgée, il décida de ne jamais lui faire d'infidélités.

Cas buvait son thé à petites gorgées, soufflant de l'air sur le ménisque systématiquement avant de boire. Il regardait Dean creuser dans sa tarte.

« Hé, tu n'as pas faim ? »

Castiel leva un sourcil. « Tu veux dire après notre activité de cette nuit ? »

« Oh oui, » s'exclama Dean avec un rire et il fourra une autre fourchette de crème au citron dans sa bouche. Castiel sourit devant l'exubérance de Dean.

« Je crains ne pas supporter les choses trop solides le matin. » Il repoussa un peu son assiette. « Je prendrai quelque chose plus tard. »

« Hum, ce n'est pas… Enfin, tu n'es pas malade ou quoi que ce soit à cause du soleil… »

« Pardon ? Non, pas du tout, » dit rapidement Castiel et il se pencha en avant et plaça une main sur celle de Dean. « Je ne suis pas vraiment du matin. »

Les doigts de Castiel étaient froids contre la peau de Dean et Dean retourna sa main et les serra pendant un instant avec les siens.

Ils sursautèrent un peu en entendant un léger tapotement à la porte arrière qui reliait la cuisine à la cour. Fronçant un peu les sourcils, Castiel se leva et se dirigea vers la porte. Dean paniqua un instant lorsqu'il l'ouvrit, inquiet que la lumière du soleil n'entre et… Merde, il ne savait pas ce qui pourrait arriver, mais il se souvint que l'arrière de la demeure était tourné vers le nord et que le soleil ne serait pas un souci.

« Bonjour Benjamin, » dit rapidement Castiel, son visage baissé vers Ben qui s'agitait d'un pied sur l'autre.

« Bonjour, Monsieur Collins, » dit Ben de la voix plus forte que nécessaire de la jeunesse.

« Ben ? » appela Dean, retourné sur sa chaise. « Qu'est-ce que tu fais ici ? »

Le visage de Ben indiquait clairement qu'il était surpris de voir Dean et Dean se rendit compte rapidement que c'était le matin, qu'il était dans la cuisine de Castiel, dans le peignoir de Castiel.

Oups.

« Aimerais-tu de la tarte ? » Demanda Castiel à Ben, qui ne semblait pas être affecté par la situation dans laquelle ils étaient.

« Maintenant ? » Demanda Ben, qui n'y croyait pas.

« Oui, Dean et moi en prenions mais je crains ne pas en avoir envie. Tu peux prendre ma part si tu le désires. »

« Pour le petit-déjeuner ? »

« Oui. »

« Trop cool ! »

Ben entra en rafale dans la cuisine et prit le siège de Castiel à table et commença à fourrer de la tarte dans sa bouche.

« C'est de Rufus ? »

« Oui, » entonna Castiel alors qu'il plaçait un verre d'eau devant Ben. Castiel se reposait confortablement contre le comptoir. « Alors, Benjamin, qu'est-ce qui t'amène ici ce matin ? »

Ben regarda Castiel, puis Dean et revint vers Castiel. Il avala sa tarte. « Hum, j'ai un message pour vous ? » dit-il nerveusement, ses yeux fixant Dean.

« De qui ? » Demanda Castiel.

« Hum, de Sarah ? »

« Ben, » commença Dean. « Monsieur Shurley m'a parlé de ton amie imaginaire. Mais si tu ennuies Cas, enfin, Monsieur Collins avec ça… »

« Elle n'est pas imaginaire ! » Dit Ben bruyamment. « Elle est réelle. »

Dean fit une moue désapprobatrice, ses sourcils disant clairement 'Oh vraiment ?'

« Elle l'est, » protesta Ben avec véhémence.

« Alors pourquoi est-ce que personne d'autre ne la voit ? » Demanda Dean.

« Parce qu'elle est morte ! »

« Quoi ? »

« Elle n'est pas imaginaire, c'est un fantôme. »

Il donnerait au gamin des points pour l'imagination. « Ben… »

« C'est vrai ! »

Dean ignorait quoi faire. Fallait-il s'en inquiéter ? Était-ce une phase que traversaient les enfants ? Devrait-il le mentionner à Pamela ? Il ouvrit la bouche pour dire quelque chose lorsque Castiel parla.

« Tout va bien, Dean. Ben ne m'ennuie pas du tout. Je lui ai demandé un jour avec qui il parlait et il m'a parlé de Sarah. J'étais très intéressé alors je lui ai demandé de m'en dire davantage. »

Ben fit à Dean son air familier 'je-te-l'avais-dit', un air tellement ressemblant à celui que faisait Dean que Dean faillit en rire.

Faillit.

« Bien, Benjamin, quel est le message ? » La voix de Castiel était basse et douce alors qu'il parlait.

« Elle a dit… » Il tordit son visage comme s'il essayait de se souvenir. « Elle m'a fait le redire plusieurs fois pour que je m'en souvienne parce que c'est bizarre. Elle a dit 'Faust est œuvre de fiction, et personne ne peut se vanter d'avoir pactisé avec le diable. Pourtant, des accords ont été passés et des vies ont été changées. Mais beaucoup cherchent la grâce. Ne crains pas le passé. Ceux qui le possèdent ne le répètent pas. »

Les épaules de Ben s'affaissèrent joyeusement alors qu'il estimait avoir donné son message et il se repencha sur sa tarte, sa tâche achevée et oubliée.

Dean le fixa, la nausée grimpant dans son ventre. Il eut tout à coup peur que ce ne soit pas juste une phase que Ben traversait, que Ben était peut-être malade ou qu'il avait des problèmes qui dépassaient les connaissances ou l'aide de Dean. Mais il n'avait jamais vu ce genre de choses venant de lui avant. Il mit son cerveau à sac en essayant de penser à quelque chose d'autre qui aurait été étrange chez lui ces derniers temps et ressortit bredouille. Il jeta un regard vers Cas pour voir s'il avait un avis ou s'il en pensait quelque chose.

Castiel, dont la peau était normalement pâle, était devenu blanc comme un linge. Ses sourcils étaient profondément froncés et il fixait Ben comme s'il était une sorte de présage.

Ou de signe annonciateur.

« Merci, Benjamin. Si tu vois de nouveau Sarah, je te prie de la remercier également. »

« Bien sûr, Monsieur Collins, » dit Ben, sa bouche remplie des dernières bouchées de la tarte. « Je dois y aller. Pamela m'emmène acheter de nouvelles chaussures. Salut ! » Il galopa hors de sa chaise et sortit par la porte arrière avant que l'un des hommes dise quoi que ce soit.

« C'était quoi, ça ? » s'exclama Dean. « Est-ce que je devrais m'en inquiéter ? Est-ce qu'il dit des conneries comme ça tout le temps ? »

Castiel secoua la tête distraitement. « Non. C'est la première fois qu'il a… Il n'a jamais eu de message avant. »

« Chuck a dit que vous lui avez parlé de Sarah. Qu'est-ce que Ben a dit ? »

Castiel haussa les épaules alors qu'il s'installait sur la chaise vide de Ben. « Ils jouent dans les bois. Ils trouvent des cailloux et des bâtons. De petits trous où se cacher. Ils cachent des trésors. Je lui ai donné un exemplaire des Robinsons Suisses et lui ai dit de le partager avec elle. C'est tout. »

Dean prit le trouble de Castiel pour de l'inquiétude pour Benjamin.

« Où est-ce qu'il est allé les chercher ? Ces mots ? » Demanda Dean.

Castiel haussa de nouveau les épaules, une épaule se levant gracieusement et retombant. « Je l'ignore, » mentit-il calmement.

Castiel savait pertinemment que le fantôme de sa sœur Sarah avait sympathisé avec le jeune Benjamin Collins, et bien que Castiel n'ait pas vu Sarah de ses propres yeux, il n'avait aucun doute quant à son existence. Il espérait que Sarah viendrait un jour à lui, tout comme elle rendait visite à Ben, et parlerait avec lui aussi librement qu'elle le faisait avec le jeune homme.

Il se demandait souvent si elle le ne faisait pas ou ne le pouvait pas parce que Castiel s'était damné lorsqu'il avait fait ce pacte avec Ruby.

Une petite étincelle d'espoir s'illumina au souvenir du message de Ben. Peut-être qu'il n'était pas damné, à en croire le message de Sarah.

Peut-être y avait-il une rédemption pour lui.

La voix de Dean le tira de ses pensées.

« Je vais demander à Sam. Peut-être que l'un de ses collègues saura s'il faut s'en inquiéter. »

Castiel hocha la tête alors qu'il sirotait son thé. Il était froid à présent.