Réponse au commentaire :

Merci pour ton commentaire Aria, bien que très effrayant, j'en tremble de peur. Dois-je te rappeller qu'un auteur écrivant dans la peur ne donne pas de bon résultat ? ^^ Et oui je suis sadique, et le pire, c'est que je n'en éprouve aucune honte ! Niark niark niark x).

Bref, pour ce qui est de la mort de Sôji, tu en conviendras, je ne pouvais pas le faire survivre d'avantage, soyons logique, à cet époque, la tuberculose n'avait aucun remède et se finissait toujours tragiquement. Et comme je me base beaucoup... bon, disons plutôt "énormément" sur le jeu Hakuouki - Demon of the fleeting Blossom, ainsi que sur la série animée, évidemment, j'essaye d'en suivre le cours.

Pour ton autre question, tu comprendras que je ne peux te répondre pour le moment puisque moi-même j'ignore comment l'histoire va se dérouler. Je ne peux que te conseiller de continuer à lire cette histoire pour le découvrir ;).

Toujours est-il que je suis heureuse d'avoir une si fervente lectrice. J'espère avoir le plaisir de lire de nouveaux commentaires de ta part, et en attendant, je te souhaite une excellente lecture. A la prochaine ! ;D


Chapitre 11

L'absence de toi


Bara marchait tranquillement, autour de cette adorable maison de campagne. Elle se sentait bien. Elle ne voyait ni mort ni carnage, ce qui était un grand progrès. Elle s'assit un moment dans l'herbe, fixant le ciel de ses orbes émeraudes. Elle faisait cela souvent. Le vent lui caressa le visage et un sourire naquit sur ses lèvres.

- Tu sais Sôji, c'est pour bientôt, dit-elle à l'immense ciel bleu.

Elle posa la main sur son ventre rond, le caressant doucement. Un instant elle crut entendre le rire de Sôji. Elle releva la tête et sourit à l'immensité bleue. Cela faisait cinq mois que Sôji était parti. Cinq mois qu'elle tenait la tête haute, qu'elle se forçait à sourire et à vivre pour lui.

- Tu me manques tellement, murmura-t-elle les larmes aux yeux avant de se reprendre. Je sais, je t'ai promis de ne plus pleurer…

Elle devait avoir l'air d'une pauvre folle, ainsi assise dans l'herbe à parler dans le vide. Mais cela lui faisait du bien d'imaginer que quelque part, Sôji pouvait l'entendre et veillait sur elle. Elle se crispa un instant en sentant le coup de pied dans son ventre et respira un grand coup. Ce petit avait une force incroyable.

- Bara-chan ? l'appela une voix qu'elle connaissait bien.

Elle se tourna un peu pour voir Chizuru venir vers elle. La jeune oni était toujours aussi chaleureuse. Elle n'avait pas changé depuis la fois où elle avait quitté le Shinsengumi avec Sanosuke et Nagakura. Elle s'était installée avec eux jusqu'au jour où Nagakura avait accepté d'aider un clan à combattre les ennemis du Shinsengumi. Malgré leur désertion, ils se bataient toujours pour le Shinsengumi, mais d'une manière différente.

Certes, Sanosuke avait souvent repris sa lance pour protéger et défendre les innocents, mais il préférait de loin cette petite vie tranquille aux côtés de Chizuru. Il l'avait finalement demandée en mariage après maintes et maintes hésitations. Il aurait dû savoir que Chizuru n'était pas très perspicace quand il s'agissait de ses sentiments. Cela avait donc été à lui de faire le premier pas.

Puis il avait dû choisir encore une fois entre deux choses qui lui tenaient à coeur : Chizuru, et Nagakura, son ami de toujours. Et comme Bara l'avait prévu, il avait choisi la jeune femme. L'amour qu'il lui portait était indubitable et cela réjouissait Bara au plus haut point de savoir son amie heureuse.

- Tout va bien Bara-chan ? s'enquit Chizuru en venant s'asseoir à côté d'elle.

- Oui, sourit-elle. Je parlais à Sôji, avoua-t-elle.

Chizuru lui offrit un sourire tendre. Elle ne la jugeait pas, au contraire, elle la supportait et faisait tout pour l'aider. Le jour où Bara les avait retrouvée, Sanosuke et elle l'avaient accueillie à bras ouverts. Elle leur avait alors tout raconté entre deux sanglots : La mort de Sôji, Hijikata qui était parti défendre le clan Aizu, et son choix de ne plus se battre. Plus une promesse qu'un choix, mais elle ne reviendrait pas sur sa parole. Elle devait avant tout penser à son enfant. Hijikata l'avait bien comprit et avait été le premier à lui dire de partir, qu'il se débrouillerait.

Elle avait été reluctante à cette idée. Ce pauvre Hijikata avait été abandonné par tout le monde. Un à un les capitaines partaient, que ce soit par leur mort, ou parce que leurs idéaux différaient. Saitô avait été le dernier à disparaître. Personne n'avait plus de nouvelles de lui. Et les nouvelles d'Hijikata se faisaient de plus en plus rares.

- Tu repense au Shinsengumi, n'est-ce pas ? s'enquit doucement Chizuru.

- C'est la seule partie de ma vie dont je me souviens, répondit simplement Bara. Et puis… C'était en quelque sorte ma famille…

Chizuru sembla perplexe. Il était vrai que lorsqu'ils avaient accueillis Bara chez eux, cette dernière semblait ne plus avoir de cauchemars, et n'avait aucun souvenir de ce que Shiranui avait fait pour elle. Comme si sa mémoire avait été effacée. Seul ce qui touchait à Shiranui avait disparu.

- Bara-chan… Tu ne te souviens pas de Shiranui-san ? demanda-t-elle pour être sûre.

- Qui est-ce ? s'étonna son amie.

Chizuru sembla déçue. Elle avait toujours été sûre que Shiranui avait un lien quelconque avec Bara. Il ne pouvait en être autrement, il l'avait tellement protégée et sauvée que le doute n'était pas permis. Et pourtant… elle ignorait tout de lui.

- C'est un Oni qui t'as toujours sauvée et protégée, déclara simplement Chizuru.

- Je n'en ai aucun souvenir… soupira Bara.

- Peut-être a-t-il été effacé de ta mémoire ? proposa alors une voix.

Ellles se retournèrent d'un même mouvement et Chizuru s'empressa de se lever et de courir vers lui. Elle se jeta dans ses bras et se blottit contre lui.

- Sanosuke !

Bara sourit et lui fit un petit signe de la main pour le saluer. Il lui sourit à son tour et reporta son regard sur sa jeune épouse. Il avait été contraint de s'absenter un moment pour défendre un village d'une vingtaine de Rasetsus. Il ignorait d'où ces créatures venaient et qui continuait à les créer mais il ne pouvait pas laisser des innocents se faire massacrer. C'est pourquoi il avait passé une semaine loin de chez lui.

- Tu n'as rien, constata Chizuru, rassurée qu'il soit indemne.

- Hey ! Pour qui me prends-tu ? s'offusqua-t-il faussement, faisant rire les deux femmes.

Cependant, il redevint très vite sérieux. Les attaques des Rasetsus se multipliaient et devenaient de plus en plus fréquentes. Il était inquiet à ce sujet. Il devait absolument trouver qui était à l'origine de tout cela.

- A quoi penses-tu ? s'enquit Chizuru alors qu'ils s'étaient assis à côté de la fuure mère.

- A ces attaques, dit-il. Quelqu'un continue à créer des Rasetsus de plus en plus puissants et je ne pourrais bientôt plus les repousser si facilement.

- Tu penses que mon père continue à créer ces monstres ? s'inquiéta Chizuru.

- Je ne vois pas d'autre explications…

Kôdô était introuvable. Il restait dans l'ombre, laissant ses marionnettes agir pour lui. Sanosuke et Chizuru, malgré leurs efforts pour le retrouver, n'y étaient pas parvenus. La situation empirait et devenait critique. Il fallait agir, et vite.

- Penses-tu que Shiranui-san pourrait nous aider ? s'enquit Chizuru.

- Pourquoi le ferait-il ? marmonna Sanosuke.

- Eh bien… réfléchit Chizuru. Il t'a aidé plusieurs fois à combattre les Rasetsus, non ? Et puis… Si Bara se retrouve en danger, il va forcément apparaître.

Sanosuke fronça les sourcils. Ce qu'elle disait était vrai, mais serait-il près à recommencer. La dernière fois qu'il avait vu le Oni, c'était quand celui-ci avait fait diversion pour qu'il s'échappe avec Chizuru. Il avait été entouré par plus de cinquantes de ces monstres. Avait-il seulement survécu ?

Il regarda Bara du coin de l'oeil. Là où se trouvait Bara, Shiranui n'était jamais loin, du moins c'est ce qu'il pensait auparavant. Quand ils étaient encore avec le Shinsengumi, cet Oni n'arrêtait pas de sauver Bara. Mais elle n'en avait aucun souvenir. Lorsqu'il l'avait vu sur le seuil de sa porte, portant le katana de Sôji, il avait bien compris que ce dernier était mort. Il s'était attendu à ce que Shiranui se montre dans les jours à venir, mais rien.

Sanosuke aurait mit sa main à couper que la relation entre Shiranui et Bara était plus complexe qu'il n'y paraissait. Il avait d'abord cru que Bara était la soeur de Shiranui, mais aux vues de ce que Bara leur avait révélé après que Kazama l'ait enlevée, ce n'était pas ça. Il y avait aussi cette histoire de Oni lié qu'il ne comprenait pas tout à fait. Shiranui connaissait cet Oni qui était lié à Bara. Ou bien était-ce lui cet Oni ? Mais pourquoi Bara avait-elle tout oublié de Shiranui ? Cette question, il n'arrivait pas à y répondre.

- On devrait essayer de le chercher, commença Chizuru.

Sanosuke secoua la tête. Chizuru soupira de désespoir. Sanosuke n'allait quand même pas s'entêter à faire cavalier seul, si ? Elle allait lui dire ce qu'elle en pensait quand Sanosuke parla :

- Ça ne sert à rien de le chercher… c'est toujours lui qui finit par nous trouver.

Sur ces mots, il se leva et se dirigea vers la maison, lance à la main pour aller se changer et sans doute prendre un bon bain. Chizuru le regarda s'éloigner, admirant son dos musclé et ce corps qui ne manquait jamais de l'émouvoir.

Bara était restée silencieuse tout le long de cette échange, écoutant attentivement. Comme Yamazaki lui avait souvent dit, parfois il valait mieux se taire et écouter, c'est dans ses moments là qu'on apprend les choses les plus importantes. Elle avait bien assimilé cette leçon, il pouvait être fier d'elle.

Bara allait se lever pour rentrer avec Chizuru quand une douleur la fit soudain s'accroupir. Elle ferma les yeux, tentant de respirer calmement. Longue inspiration et longue expiration. Elle prit son temps avant que finalement la douleur s'estompe et qu'elle puisse recommencer à respirer normalement.

- Tout va bien, Bara-chan ? s'enquit Chizuru, inquiète.

- Oui, juste un coup de pied, sourit-elle penaude.

Chizuru rigola avec elle et l'aida à marcher jusqu'à la maison. A mi-chemin, Bara s'arrêta brusquement et se mit sur ses gardes, regardant autour d'elle. Chizuru resta silencieuse, observant à son tour ce que son amie cherchait. Ne trouvant rien, elle s'apprêta à parler quand d'une main, Bara lui fit signe de se taire.

Bara sentait une présence qui lui semblait à la fois familière et inconnue. Elle se demanda un instant si Kazama ne les avait pas retrouvées toute les deux et ne s'apprêtait pas à les enlever. Quand elle ne découvrit personne, elle se remit à marcher avec Chizuru, méfiante. Parfois les yeux ne suffisaient pas à voir le danger arriver, elle ne le savait que trop bien.

Une fois dans la maison, Bara sembla se détendre. Elle aida même Chizuru dans quelques tâches ménagèrent qui étaient sans risque pour elle et le bébé. La journée avait passé rapidement, mais pour Bara, elle lui avait paru aussi longue qu'une éternité. Certes, quand Chizuru acceptait après de longue minutes d'argumentation qu'elle l'accompagne au marché, elle pouvait s'occuper l'esprit pour ne plus trop penser à la mort de Sôji et celle progressive du Shinsengumi. Mais dernièrement, Chizuru avait refusé avec plus d'ardeur en mettant en avant les dangers que cela pouvait engendrer pour son enfant.

- Un accident est si vite arrivée, avait-elle dit.

Bara n'avait pas eu d'autre choix que de se soumettre. Depuis elle broyait du noir à repenser à tout ce qui s'était passé. Elle ne trouvait du réconfort que lorsque quelqu'un parvenait à la sortir de ses souvenirs. Ce qui n'arrivait malheureusement pas souvent. Elle devait prendre sur elle pour ne pas dépérir. Elle se raccrochait au seul fait que la naissance de son enfant était pour bientôt, et qu'elle pourrait enfin aider Sanosuke à botter les fesses de sales types.

La nuit elle rêvait, songeant à cet enfant. Serait-ce un fils ou une fille ? Ressemblerait-il à son père ou bien à sa mère ? Elle n'en avait aucune idée. Elle était déchirée entre le fait qu'elle serait heureuse que l'enfant ressemble à Sôji, mais en même temps elle savait que si c'était le cas, il lui rappellerait son époux douloureusement.


Bara avait décidé d'aller se promener un peu, bien que Chizuru se soit opposée fermement à cette idée. Elle ne lui en voulait pas, mais parfois, Bara aurait aimé qu'elle ne soit pas toujours sur son dos. Elle avait besoin d'espace, de tranquillité… et surtout de prendre l'air.

Elle avait donc fait comme elle le souhaitait. Elle portait toujours quelques armes cachées sous ses vêtements en cas d'extrême urgence. Sôji lui avait fait promettre de ne plus se battre jusqu'à la naissance de l'enfant, mais elle espérait que cela n'incluait pas le fait de se défendre.

Après de longues minutes de marche, elle s'installa finalement contre le tronc d'un arbre pour se reposer et regarder le ciel. C'était une habitude qu'elle avait pris bien malgré elle. Le ciel si vaste lui renvoyait son insignifiance en pleine figure. Et pourtant elle ne le maudissait pas et l'admirait.

Elle ferma un instant les yeux et poussa un long soupir en caressant son ventre. Le bébé continuait de lui donner des coups de pieds et de gigoter quand elle se posait. Elle aurait souhaité qu'ils soient plus en phase tous les deux : qu'il dorme quand elle se reposait et qu'il gigote quand elle en faisait autant.

- Ce n'est pas prudent de se promener seule dans ta condition, fit une voix traînante.

Bara ouvrit immédiatement les yeux, attrapant trois shuriken dans sa main droite en un éclair. Kazama fut un moment impressionné par sa vivacité malgré sa fatigue et sa condition. Elle n'en avait que plus de valeur à ses yeux.

- Approche-toi ne serait-ce qu'un peu, et je te tue, asséna-t-elle en serrant les dents.

- Allons, allons, fit-il après un éclat de rire sordide. Tu sais parfaitement que tu n'es en aucune position de me tuer.

Elle se retint de jurer. Bien sûr il avait raison, mais elle ne se laisserait pas faire sans se défendre. Sa volonté farouche se lisait dans ses yeux. Kazama sourit et se détourna d'elle. Elle en fut surprise quand il lança sans la regarder :

- Quand cet enfant sera né, je viendrai te chercher.

La menace sous-jacente ne plu pas du tout à Bara qui se figea et s'empêcha d'engager le combat.

- Je ne viendrai jamais avec toi, répondit-elle fermement.

- Tu n'auras pas le choix… si tu ne veux pas que tes amis ou ton fils ne meurt.

Bara pâlit et n'eut pas le temps de réagir. Kazama avait disparu. Elle se mit à trembler en se recroquevillant sur elle-même. Qu'allait-elle bien pouvoir faire ? Elle pleura longtemps, pleine de détresse et de peur.

Ce ne fut qu'à la tombée de la nuit qu'elle se reprit et rentra. Elle avait séché ses larmes et avait pris une décision : Elle se battrait jusqu'au bout, et si cela ne suffisait pas, elle n'aurait qu'à se laisser mourir. Chizuru prendrait soin de son enfant si quelque chose devait arriver. Elle savait parfaitement que Kazama ne tuerait jamais une Oni de sang pur malgré ses menaces.

Elle se composa une façade avant d'entrer dans la maison, épuisée. Sanosuke vint vers elle et l'aida à aller s'allonger alors que Chizuru lui faisait la morale comme quoi elle était restée trop longtemps dehors, qu'elle aurait pu tomber malade…

Bara s'endormie en souriant. elle avait vraiment des amis formidables. Ses rêves, eux, le furent beaucoup moins. Ils virèrent tous aux cauchemars. Et ce cauchemar, c'était Kazama. Elle avait beau lutté, il tuait tout le monde et l'enfermait. Elle était incapable de se défendre. Elle hurlait et pleurait, mais personne ne l'entendait.

- Bara, fit la voix de Kazama.

- Non, hurla-t-elle. Laissez-moi !

- Bara !

Elle se réveilla, s'agrippant à quelqu'un. Cette personne referma ses bras sur elle et lui caressa gentiment les cheveux. Sanosuke la serrait contre lui, la berçant doucement en lui disant que tout allait bien, qu'elle était en sécurité. Elle éclata de nouveau en sanglot.

- Pourquoi ma vie n'est-elle que douleur et destruction ? sanglota-t-elle.

Sanosuke ne répondit pas, peiné pour cette femme qui était son amie. Elle avait toujours été quelqu'un d'amical, à l'écoute de tous. elle avait été la seule à dompter Sôji et à faire rire Saitô. Ce qui était en soi un miracle. Et quand il avait eu des ennuis, elle avait été là et l'avait supporté. Elle avait même poussé Chizuru à le suivre. Sanosuke lui devait le bonheur dans lequel il vivait avec Chizuru. La voir ainsi brisée le rendait malade.

- Je te promets que personne ne te fera plus de mal, murmura-t-il en la serrant plus fort contre lui.

- Que se passe-t-il ? s'enquit une voix endormie.

- Bara a fait un cauchemar, lui répondit Sanosuke sans pour autant lâcher la jeune femme.

Le visage de Chizuru refléta sa tristesse. Elle vint s'agenouiller auprès de Bara qui était toujours secouée de sanglot. Elle lui caressa le dos pour lui faire comprendre qu'elle était là. Sanosuke se leva et alla à la cuisine pour préparer un thé bien chaud qui ferait sans doute beaucoup de bien à Bara.

- Tu veux en parler ? lui demanda Chizuru.

Bara secoua la tête mais Chizuru ne voulut pas lâcher l'affaire. Elle était convaincue que parler ferait du bien à son amie. Elle réfléchit un instant à ce qui aurait pu autant bouleverser Bara avant de se lancer.

- C'est Sôji ?

Bara secoua la tête, les larmes refusant de s'arrêter de couler. Sanosuke revint avec le thé. Il tendit une tasse à Bara, puis à Chizuru avant de s'installer avec elle avec une troisième tasse. Bara resta immobile, la tasse dans ses mains reposant sur ses cuisses.

- Bara…

- C'est Kazama, avoua finalement Bara dans un demi-murmure.

Sanosuke se figea et reporta son regard sur la future mère. Chizuru resta sans voix. Elle n'avait pas revu Kazama depuis son départ du Shinsengumi. Elle avait bêtement pensé qu'il avait laissé tombé et qu'il les laisserait en paix. Ce serait-elle trompée ?

- Que s'est-il passé ? demanda finalement Sanosuke.

- Il m'a retrouvée et…

Elle ne parvint pas à en dire plus. Elle se tut et se força à boire une gorgée de thé. Chizuru fit signe à Sanosuke de la suivre. Il s'éloignèrent pour ne pas être entendus de Bara. Malheureusement pour eux, Bara avait l'ouïe très fine et elle l'avait encore plus affinée sous l'enseignement de Yamazaki.

- Sanosuke, il faut retrouver Shiranui et le mettre au courant, souffla Chizuru.

- Je ne sais pas où il se trouve, répondit-il.

- Il faut le retrouver, on n'a pas le choix. Il n'y a que lui qui puisse tenir tête à Kazama.

Sanosuke lui jeta un regard peu amène et Chizuru soupira avant de reformuler de manière à ce que son égo s'en sente mieux.

- Ce que je veux dire, c'est que tu ne peux affronter deux Onis de sang pur tout seul.

- Pourquoi deux ? fit-il perplexe.

- Amagiri, énonça seulement sa femme.

Sanosuke ferma la bouche et fronça les sourcils. Il était vrai que Kazama avait toujours eu le concours d'Amagiri et quelque fois de Shiranui quand cela ne touchait pas Bara. Il soupira et ferma les yeux. Chizuru avait raison, tout seul il ne ferait pas le poids. Mais comment retrouver un Oni qui de tout évidence ne voulait pas l'être ?

Sanosuke tourna la tête vers Bara tout en réfléchissant. Shiranui ne viendrait que si Bara était en danger immédiat. Toutefois il ne pouvait se résoudre à lui faire courir le moindre risque. Ils étaient hélas dans une impasse. Pourtant ils n'avaient pas le choix, c'était le seul moyen.

Se doutant que Bara les écoutait même si elle n'en montrait rien, Sanosuke prit Chizuru par le bras et l'entraîna dehors, suffisamment loin pour que Bara soit incapable de les entendre. Il se tourna alors vers sa femme et s'apprêta à lui dire ce qu'il pensait.

- Si nous voulons que Shiranui vienne, il faut que Bara soit en danger immédiat.

- Tu es conscient que si ça ne marche pas… commença Chizuru, mortifiée.

- Je le sais bien, mais as-tu une autre idée ?

Chizuru se tut. Non, elle n'en avait pas d'autre. Il devait pourtant y avoir une autre solution que de mettre Bara et son enfant en danger. Mais laquelle ? Chizuru eut soudain une idée qui serait peut-être moins dangereuse que celle de Sanosuke.

- La naissance du bébé, dit-elle.

- Quoi ? s'exclama Sanosuke sans comprendre.

Chizuru allait devoir lui expliquer. Apparemment Sanosuke connaissait bien le corps des femmes, mais pour le reste il serait incapable de le savoir. Étant fille de médecin, elle par contre, elle connaissait les risques d'un accouchement.

- Sanosuke… Une femme ne survit pas toujours à un accouchement, expliqua-t-elle. Je suis sûre que, sachant cela, Shiranui ne sera pas loin.

- Et qu'est-ce qu'il pourrait bien faire si l'accouchement tournait mal ? demanda Sanosuke.

Chizuru devait bien avouer qu'il marquait un point. A supposer que Shiranui soit plus au courant des risques de la mise au monde d'un enfant, rien ne certifiait qu'il serait là s'il était incapable de la protéger. Elle força son esprit engourdi par le froid et la fatigue.

- Et puis… comment saurait-il le moment exact où Bara entrerait en travail ? releva Sanosuke.

Chizuru releva la tête.

- Tu es un génis ! s'exclama-t-elle en lui sautant dans les bras avant de l'embrasser.

- Oui, admettons que ce soit vrai… je ne vois pas en quoi cela règle le problème…

Chizuru leva les yeux au ciel avant de s'expliquer.

- Te rappelles-tu la fois où Bara a été blessée par une balle d'argent ?

- Oui, je ne vois pas en quoi ça aide, mais oui…

Chizuru lui donna une tape sur le bras pour lui signifier que son humour ne l'amusait pas du tout. Il soupira avant de reprendre son sérieux et de lui signifier qu'il l'écoutait.

- Cette fois là, il a donné une fiolle de sang pour Bara, le sang de l'Oni auquel elle est lié… continua-t-elle.

- J'ai toujours pensé qu'il s'agissait de son sang à lui, marmona-t-il avant de se taire et de lever les mains en signe de reddition devant l'expression peu amène de sa moitié. Où veux-tu en venir ?

- Rappelles-toi, il a pris la balle pour elle. Il savait qu'elle était en danger. Peut-être qu'il l'a senti… où bien qu'il connaît l'Oni auquel est lié Bara et que ce dernier l'en a informé.

Sanosuke se gratta le menton machinalement, analysant ce que Chizuru venait de dire. Elle avait mit le doigt sur deux mystères qui restaient inexplicable pour lui. Mais cela restait un fait. Shiranui savait toujours quand Bara était en danger, donc il devait soit le sentir au fond de lui même, et dans ce cas il avait raison et Shiranui était l'Oni lié à Bara, ou bien Chizuru avait raison et Shiranui protégeait Bara lorsqu'une autre personne lui disait de le faire.

- Très bien, je te suis dans ton idée, conclut-il. Nous n'avons plus qu'à attendre.

Chizuru se tourna vers la maison, pensive. Si ses calculs étaient exactes, Bara ne devrait pas tarder à accoucher. C'était une affaire de quelques jours… ou bien quelques heures.

- Quelque chose me dit que ça ne tardera pas…