«Le dernier ennemi qui sera détruit, c'est la mort »

- 1er épître aux Corinthiens 15 v.26

Repris par J.K Rowling dans Harry Potter et les reliques de la mort


Relecture et correction : katoru87


PARTIE 11


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Comme beaucoup de choses, exercer une profession n'était pas formellement interdit aux vainqueurs des Hunger Games. C'était juste… mal vu. Rien n'était jamais dit officiellement, il n'y avait pas d'instruction, pas de « guide du bon vainqueur ». Juste un moule que tous connaissaient mais que personne n'avait jamais défini officiellement, et auquel il fallait se conformer. Tout le monde tenait pour acquis que les vainqueurs étaient oisifs la majeure partie de l'année et puis, sortaient de leur tanière, soudain flamboyants tels des phénix renaissant de leurs cendres, pour chaque nouveau jeu.

Certains se la jouaient mondains, sévissant au Capitole partout où il fallait être vu. D'autres au contraire noyaient leur désœuvrement dans l'alcool et se transformaient un peu plus chaque année en épave qu'on avait de plus en plus de mal à rendre présentable.

Jack ne pouvait tout simplement pas rester à ne rien faire. Jusqu'à ses dix-sept ans, il s'était imaginé que Gray et lui-même deviendraient en quelque sorte des auto-entrepreneurs. Les petits-cellules grises de Gray combinées à l'habilité et à la langue bien pendue de Jack auraient fait des merveilles, il en était sûr. Sauf que rien ne s'était passé comme prévu : Gray s'était retrouvé coincé au Capitole à devoir assurer leurs arrières pendant que lui tournait en rond comme un lion en cage dans le village fantôme des vainqueurs du Dix.

Le désir de trouver simplement quelque chose à faire, n'importe quoi, l'avait conduit à acquérir un drôle de statut : il était devenu une sorte de Monsieur Répare Tout. Il avait toujours été adroit de ses mains, bricoleur. Réparer des trucs, c'était quelque chose qu'il faisait naturellement, presque sans y penser. Alors, au début, ça avait été la caisse enregistreuse de la boulangère. Puis la machine à coudre de la sœur de cette dernière était tombée en panne et elle s'était vue conseiller d'aller trouver Jack qui faisait « des miracles sur les cas désespérés ». Ladite sœur s'était donc présentée un beau jour chez Jack, toute timide, sa machine sous le bras. Créant un heureux précédent.

Le bouche-à-oreille avait fait son œuvre et désormais il se passait rarement deux jours sans que quelqu'un ne requiert l'aide de Jack pour un « truc ». La coutume voulait que les gens viennent le trouver chez lui. Dans son jardin, il y avait une sorte de remise qui lui servait d'atelier. Une fois les réparations effectuées, il allait de lui-même chez ses « clients » pour leur rendre leur bien. Il refusait fermement d'être payé. Mais recevait toujours quelque chose en échange : un livre, un plat de gratin, une tasse de thé, la promesse d'un service en retour, etc… Il n'aurait pas pu en vivre, sauf qu'il n'en avait pas besoin. Il touchait déjà bien plus d'argent que nécessaire. C'était une bonne manière de ne pas devenir fou tout en se rendant utile.

Il avait donc repris sa petite routine : le matin pour lire ou se promener, l'après-midi pour bricoler. Sauf que désormais, ce n'était plus seulement son tourne-disque qui lui tenait compagnie.

En fait, Ianto n'était jamais vraiment retourné chez lui. Le premier soir, il n'avait cessé de jeter des coups d'œil en biais à Jack, s'attendant à ce que celui-ci lui indique gentiment la sortie à un moment ou un autre. Au lieu de ça, Jack l'avait emmené à l'étage et lui avait donné une chambre et un pyjama. Ils n'en avaient jamais parlé, à part le « Tu es ici chez toi » que lui avait lancé Jack. Rien n'avait été décidé. Au bout d'une semaine, Ianto avait cessé d'avoir l'air de s'attendre à être fichu dehors d'un instant à l'autre. Jack n'avait pas clarifié la situation parce qu'il ne savait que dire. « Reste près de moi, il n'y a rien qui compte plus à mes yeux que de veiller sur toi » ? Oh oui, bon moyen de le faire s'enfuir en courant !

Si Ianto avait voulu retourner chez lui, Jack n'aurait strictement rien fait pour le retenir. Chez lui, c'était littéralement la porte à côté, il pouvait veiller sur lui de là. Mais Ianto avait envie de rester, ça se voyait comme le nez au milieu de la figure. Pour l'écran silencieux sûrement – Jack aurait pu faire taire le sien aussi (il était aussi bon bidouilleur que Gray) mais s'était bien gardé de le proposer. Pour la compagnie aussi, peut-être. Mais surtout parce qu'il ne supportait pas la solitude. Et qui pouvait mieux le comprendre que Jack sur ce point ? Au bout d'un moment, Ianto avait simplement rapatrié dans sa nouvelle chambre ses maigres possessions. Il était sûrement l'hôte le moins encombrant qui soit.

Ils passaient presque toutes leurs journées ensemble. Ils se baladaient au milieu des terres du Dix. Dans son atelier, Jack avait un rocking-chair qui était comme devenu celui de Ianto maintenant. Qu'ils soient en balade ou en plein bricolage, Jack parlait. Pour distraire son ancien tribut et parce que ça leur faisait du bien à tous les deux. Au début, il avait beaucoup orienté la conversation sur des anecdotes liées au Capitole : les tenues ridicules, les gens frivoles à en pleurer, etc.

La première fois qu'il avait entendu Ianto rire, c'est quand il s'était lancé dans une description épique de sa petite virée en char habillé de peau de bêtes. Le sujet était pourtant délicat : Ianto avait lui-même vécu une parade similaire et Jack était sûr que ce n'était pas un de ses souvenirs favoris. De plus, à leurs côtés, il y avait eu respectivement Carys Fletcher et Esther Drummond qui étaient toutes les deux mortes désormais. Mais Jack avait fait fi de tout cela et s'était efforcé de rendre la scène la plus cocasse possible. Et en pleine envolée lyrique, alors que lui-même ricanait du ridicule de la situation, un rire un peu rauque s'était soudain élevé. Ils s'étaient dévisagés, tous les deux surpris. Ianto avait même eu l'air de se demander à qui appartenait ce rire avant de s'apercevoir que c'était le sien. Puis Jack, ravi, lui avait sourit et Ianto lui avait rendu son sourire.

Il avait un beau sourire. Un sourire exactement à son image : doux, réservé mais lumineux. Jack avait été pris d'une forte envie de l'embrasser. Ça avait été la première mais sûrement pas la dernière fois.

Il ne savait pas trop comment Rose était arrivée là-dedans. Il pensait souvent à elle bien sûr mais n'en parlait jamais. Pas même à Gray qui, pourtant, l'avait bien connue. Elle était toujours là, quelque part dans son esprit. D'habitude, il taisait fermement ses souvenirs avec elle, pour les protéger et se protéger lui-même. Mais il savait qu'il n'avait pas besoin de prendre ce genre de précautions avec Ianto. Il le savait depuis le début sinon jamais il n'aurait laissé son frère prendre le moindre risque pour lui.

Et même si la simple évocation de Rose était toujours teintée de mélancolie, tous ses souvenirs avec elle étaient joyeux. Et il s'efforçait toujours de raconter des choses joyeuses à Ianto. Alors oui, c'était venu comme ça. Un beau jour dans son atelier, il s'était mis à lui narrer une des leurs aventures. Jack n'avait pas expliqué à quelqu'un qui était le Docteur depuis plus de quinze ans et dans la bouche d'un adulte, ça pouvait sembler vraiment étrange. Mais Ianto n'avait pas paru plus étonné que ça. Au contraire, il s'était montré fasciné par les aventures de Rose et Jack, deux gosses du District 10 et de leur ami imaginaire, le Docteur.

Ce dernier avait vraiment été une invention commune de Rose et Jack. Il avait dû apparaître quand ils avaient six ou sept ans, et ce personnage s'était précisé au fur et à mesure qu'ils lui créaient une histoire et une personnalité. Ça n'avait rien de malsain. Ils savaient évidemment tous les deux que le Docteur n'existait pas mais ça n'avait que peu d'importance car il rendait tout tellement plus amusant et excitant. C'était celui qui savait tout. Qui avait les idées les plus folles, créait les situations les plus abracadabrantes. Jack et Rose étaient alors deux petits aventuriers en herbe et leur Docteur était une version encore plus extrême d'eux-mêmes. C'était le leader auquel se référer. Celui à qui demander quoi faire et surtout sur qui se décharger de la responsabilité. Et puis, par-dessus-tout, il avait un délicieux parfum d'exotisme parce que le Docteur ne venait pas de Panem. Il connaissait le monde en-dehors des frontières, ce qui était absolument fabuleux en soit. Ils partaient en campagne avec lui, menaient des enquêtes, faisaient des rencontres improbables et en ressortaient vainqueurs à chaque fois.

C'est ce récit que Jack faisait à Ianto : la folle enfance de deux gamins intrépides et inséparables, à l'imagination débordante. Plus que leur Docteur aventureux, c'était Rose qui avait rendu l'enfance de Jack si joyeuse et colorée. Et devant Ianto, c'était la première fois qu'il arrivait à parler d'elle avec le cœur presque léger. A rire en se remémorant ses souvenirs avec elle. On aurait pu croire qu'il parlait pour aider Ianto à aller mieux mais l'inverse était vrai aussi. Ianto aidait Jack. Il ne s'en rendait absolument pas compte mais Jack puisait dans la force tranquille du jeune homme une sérénité qu'il n'avait jamais acquise jusque-là. A tel point qu'il pouvait sourire sans arrière pensée en parlant de Rose. Un petit miracle.

Cette réalisation était assez terrible en réalité mais depuis Rose, Jack n'avait plus eu un seul véritable ami au Dix. Elle avait été sa meilleure et surtout sa seule vraie amie chez lui. Il connaissait à peu près tous les gens qu'il fallait connaître dans son district, mais tout comme Gray au Capitole, c'était parce qu'il le devait, pas parce qu'il en avait envie. Tous deux étaient populaires, charmants et charmeurs mais n'aimaient personne en dehors de leur frère respectif. Et encore, Jack s'était trouvé des amis parmi ses collègues d'infortune : Haymitch et puis aussi le jeune Finnick Odair. Gray lui, était totalement seul.

En parlant de Rose à Ianto, Jack s'était soudainement rendu compte de combien il s'était isolé après elle. C'était étrange d'avoir soudainement en permanence auprès de lui quelqu'un dont il se souciait, à qui il tenait vraiment. Et Gray avait eu raison, ça lui faisait du bien.

La compagnie de Ianto tendait aussi à ouvrir les yeux au seul et unique tribut volontaire du Dix sur les réalités de son district. Jack et Gray avaient été des enfants délaissés par leurs parents mais à part d'amour, ils n'avaient jamais manqué de quoi que ce soit. Il y avait de l'argent à foison dans leur foyer. Nourriture, confort, distractions, moyens de s'instruire, les deux enfants Harkness n'avaient qu'à claquer des doigts pour obtenir ce qu'ils voulaient. Et sans compter l'intense mais bref passage dans l'arène, Jack était passé directement du quartier cossu où était située la maison familiale au village des vainqueurs. Il avait toujours eu conscience d'être privilégié mais jusque-là, ce n'était qu'une impression vague, quelque chose qui flottait dans ses pensées de temps en temps sans qu'il n'y prête grande importance. La présence de Ianto avait totalement bouleversé cela.

Il y avait bien sûr eu ce murmure dans le train : « Ils vont mourir de faim », ce désespoir résigné dans ses traits. La manière dont il considérait la nourriture mise à sa disposition avec suspicion, comme si c'était une sorte de blague malsaine ou un mirage qui allait disparaître s'il s'en approchait trop. Puis il y avait eu l'inoubliable visite à la mère et la sœur de Ianto, chez qui Jack avait été chercher un peu d'aide et n'avait récolté qu'un grand malaise. La petite maison, propre mais si sombre, exempte de toute décoration, meublée uniquement avec le strict nécessaire. Le hameau sinistre et ses habitants au regard soupçonneux… Ianto avait beau venir du même district, c'était comme-ci Jack et lui ne venaient pas du même monde.

Jusque-là, Jack n'avait jamais réellement réfléchi à tout cela. Il se fichait des origines de Ianto, non pas par mépris mais parce que seule la personne qu'il était comptait à ses yeux. Mais c'était oublier une chose : le souvenir de la pauvreté extrême faisait partie intégrante de ce qu'il était. Ça conditionnait sa manière de concevoir le monde et la place qu'il avait dans celui-ci. Ça expliquait son rapport aux autres. C'était comme le souvenir des jeux en fait. On ne pouvait pas faire abstraction de cela. Même à l'abri pour toujours, ça vous poursuivait indéfiniment.

C'était une anecdote assez bête qui avait amené cette réalisation. Juste une histoire de thé. Jack entretenait une grande passion pour cette boisson et sa journée était rythmée par ses tasses de thé. Ianto ne refusait jamais une tasse parce que – comme Jack s'en rendrait compte une fois qu'il commencerait à y faire attention – il ne refusait jamais une occasion de manger ou de boire. Il restait toujours mesuré, comme il l'était en toute chose d'ailleurs, mais il n'en sautait pas moins sur l'occasion, l'air de rien.

La veille, par fainéantise, Jack avait simplement déposé leurs deux tasses vides dans la cuisine, sans même prendre la peine de jeter les deux sachets détrempés restés dedans. Au lever, Ianto avait fait chauffer de l'eau, puis avait tout naturellement fait mine d'en verser dans sa tasse de la veille.

- Ianto, c'est celle de la veille, l'avait arrêté Jack dans un bâillement.

Il n'avait jamais été du matin.

Ianto, la bouilloire fumante encore en main, s'était retourné vers lui avec l'air de celui qui sait et qui ne voit pas où est le problème.

- Si tu as la flemme de laver la tasse, prends au moins un nouveau sachet ! avait ri Jack.

Toujours le même air perplexe.

- Il n'a servi qu'une fois hier, avait lâché Ianto.

Jack avait dû avoir l'air particulièrement incrédule en le dévisageant, parce que Ianto s'était détourné, mal à l'aise.

- C'est du thé blanc, avait constaté Jack. Ça n'a déjà pas beaucoup de goût comme ça mais si tu le réutilises, autant boire uniquement de l'eau chaude…

Lui tournant le dos, Ianto avait haussé les épaules.

- Il n'a plus de goût qu'au bout de la quatrième fois, avait-il lâché d'un ton neutre.

Jack en était resté bouche-bée. A ses yeux, c'était un quasi-sacrilège.

- C'est cher, le thé, avait poursuivi Ianto.

Jack allait ouvrir la bouche pour rétorquer qu'ils avaient chacun assez d'argent pour s'en servir en tant que papier hygiénique si ça leur chantait, puis l'image d'une famille obligée de faire avec une seule boite pour tout un mois lui avait soudainement traversé l'esprit et son cœur s'était serré.

- Sois gentil, avait-il soufflé, jette ce fichu sachet et prends-en un nouveau, tu me fends le cœur.

Ianto s'était brusquement retourné et ils s'étaient dévisagés silencieusement.

- Je n'avais jamais réalisé, Ianto… avait murmuré Jack. Jamais réalisé que c'était à ce point-là. Je suis désolé.

- De quoi tu parles ?

- De ce que ta vie a pu être avant les jeux.

- Oh, ça ?

Ianto s'était assis à table avec lui.

- Tu es allé voir ma mère, pas vrai ?

Jack était assez surpris, il ne lui en avait jamais parlé.

- Ma sœur me l'a dit.

Ils se téléphonaient parfois.

- Je… poursuivit Ianto. Tu devais t'y attendre vu ce que je t'avais dit dans le train mais tu dois me prendre pour un pouilleux…

Jack avait commencé à protester vivement mais Ianto l'avait arrêté d'un geste de la main.

- Je n'ai rien pour moi mais je suis un survivant. Un de ceux qui passent au travers, tu vois ? On crevait de faim, Jack. Il y a eu des périodes… Tu ne peux pas imaginer ce que c'est. Tu y penses tout le temps. C'est une obsession, comme si tu étais un animal. Ça rend les gens hargneux, violents et égoïstes. Tu sais pourquoi ma mère ne peut pas m'encadrer ? J'avais deux frères. Plus vieux, plus solides que moi. Et il y a eu cette famine, la plus terrible de toute. Ils sont morts. Et moi pas. Ma mère ne se l'est jamais expliqué. Ça la rendait folle que le petit dernier chétif ait survécu et pas ses deux beaux gaillards… Je ne suis pas fort. Je ne suis pas courageux, ni audacieux, ni particulièrement intelligent, rien. Je suis un de ceux qui … Qui se faufilent à travers les mailles du filet, je suppose. Comme dans les jeux. Exactement comme dans l'arène. Rien de bien glorieux. Je ne suis pas un de ceux qui pourront apporter de l'espoir aux pauvres gens du Dix. Tu les as vus, hein ? On élève du bétail ici, Jack. On est comme le garde-manger géant de Panem. Et les 2/3 d'entre nous crèvent de faim ! 2/3 dont tout le monde se fiche pas mal.

- Pas moi, avait soufflé Jack.

Ianto lui avait souri. Pas un sourire ironique mais un sourire doux, un sourire de connivence.

- Je sais. Tu t'es battu pour sauver un pouilleux des bas-quartiers, non ?

- Tu n'es pas un pouilleux, arrête de dire ça !

Le sourire de Ianto s'était teinté d'amusement.

- Tu es le héros dans toute sa splendeur, lui avait-il dit, presque avec tendresse. Sans pitié pour ses ennemis et plein de considération pour la veuve, le pauvre et l'orphelin… Pour être honnête, je passe mes journées à me demander ce que je fiche à tes côtés.

- Tu l'as dis toi-même : tu es un survivant. Si tu tiens à tout prix à mettre les gens dans des catégories, alors c'est celle dans laquelle on est et comme tu peux le constater, on y est les seuls…

Ianto avait hoché la tête, presque solennellement.

- C'est vrai. C'est ce qui fait que soudain un pauvre vacher quelconque et va-nu-pieds peut se retrouver à prendre le thé avec un brillant fils de notables. On n'est plus chez soi nulle part toi et moi : les riches te voient comme un être à part. Les pauvres me voient désormais comme un riche, et les riches comme un drôle de petit parvenu mal dégrossi…

- Tu…

- Oh, je t'en prie, Jack. Par je ne sais pas quel miracle, il n'y a qu'auprès de toi que je suis à l'aise. Laisse-moi la possibilité d'être honnête quand je suis avec la seule personne aux côtés desquels j'arrive à m'exprimer sans passer pour un déficient mental.

- Ianto…

Le jeune homme lui avait lancé un regard pénétrant.

- Non sérieusement, Ianto. Tu sais combien je suis flatté que tu m'aies offert ton amitié ?

- C'est toi qui a commencé.

Jack avait souri. S'il savait...

- Mais je veux que tu saches : même avant, même au tout début, quand ta timidité te paralysait, je ne t'ai jamais pris pour un retardé. Au contraire, tous ceux qui ont un minimum de jugeote voient bien que tu as peur des autres, ce qui ne fait sûrement pas de toi un bon à rien ou un idiot. Ça se travaille, Ianto. La timidité, ça se combat.

- Et il va falloir, pas vrai … ?

- Tu penses à la tournée des vainqueurs ?

- Entre autres. Et tout le cirque médiatique autour des jeux, chaque année, encore et encore…

- Tu n'as pas à t'inquiéter pour ça. Gray et moi, on gère. Enfin, surtout Gray pour être honnête. Il ne t'arrivera rien, ils ne te feront rien.

Ce n'est qu'en voyant l'air mi-perplexe, mi-inquiet de Ianto que Jack se rendit compte qu'il avait peut-être utilisé un ton un peu trop féroce pour dire ça.

Il avait balayé le sujet d'un geste de la main et Ianto, discret et respectueux comme toujours, n'avait pas insisté. Il s'était levé, avait refait chauffer de l'eau et leur avait servi à tous les deux un thé avec des sachets neufs…


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Vous remarquerez que ça ne parle pas beaucoup de café là-dedans. En fait, suite à une remarque de ma bêta disant que le légendaire talent de Ianto pour le café est devenu un tel passage obligé dans les fics que c'en est presque ridicule, je me suis dis « cassons le stéréotype ! ». Après tout, rien ne nous dit qu'il y ait du café à Panem. Le thé est facile à produire, tandis qu'il faut importer pour avoir du café et je n'ai pas l'impression que Panem soit une société très ouverte vers l'extérieur... Je trouve aussi que ça va très bien au Jack de cette histoire d'être un fada de thé.

Merci pour votre attention et à bientôt !