Juste un petit chapitre de conclusion, d'un autre point de vue.
J'espère que ça vous plaira !
Oh la chieuse…
Elle s'arrête jamais de bouger ?
'Tain, ses pieds sont gelés !
Super, il est 5 heures du matin et je peux plus dormir… Merci Planche à pain !
Bon, autant aller voir s'il n'y a pas quelque chose à manger… J'enfile un short, il fait assez froid dans cet appart, même si on est à peine en automne. Pourtant je fais de mon mieux pour le réchauffer, pas vrai Planche à pain ? Hehe !
J'attrape le reste du repas d'hier soir et me laisse tomber dans le canapé. De cette place, j'ai une vue générale de l'appart… On peut pas dire que ce soit le grand luxe. Mais c'est pas avec mon salaire que je peux me payer quelque chose de mieux. Et c'est pas elle qui va m'aider dans les dépenses. La chieuse s'est quasiment installée chez moi et passe son temps dans son école débile de cinématographie ! Elle veut devenir réalisatrice ou un truc du genre.
Non, mais regardez moi ce bordel !
Y'a pas un endroit qu'elle n'a pas marqué ! Des chaussures sur le fauteuil, un manteau sur la table, des livres sur le sol, des peluches un peu partout, et un putain de téléphone violet… qui distribue des bonbons…
Et son odeur absolument dans tout l'appart ! C'est fini, les odeurs de transpiration, d'huile de moteur, et de cramé. Terminé, les magazines de fesses sur la table du salon et les bouteilles d'alcool dans le frigo.
Nan, mais sérieusement, elle me fait des choses qu'une gamine de 12 ans ne pourrait jamais imaginer (et encore heureux !), et mademoiselle refuse toujours de boire de l'alcool. Je n'ai jamais autant acheté de bouteilles de jus de fruits depuis qu'elle est revenue.
Putain, mais quelle histoire de fou quand même.
Même après plusieurs mois, elle n'a pas retrouvé ses souvenirs et ça lui arrive encore de me regarder avec tellement d'innocence, de me toucher sans arrière pensée, avec ses grands yeux verts, que ça me fait perdre tous mes moyens. Sérieusement, la dernière fois, elle m'a demandé qui était mon chanteur préféré dans le groupe One Direction ! En plein milieu d'une position acrobatique ! Vous vous doutez bien qu'on s'est tous les deux couchés frustrés…
Bon, l'avantage de tout ça, c'est que tout est nouveau pour elle, et que les vidéos qu'on a tourné ensemble lui donnent envie de tout expérimenter. Pour tenter de retrouver sa mémoire, qu'elle dit… Eh ! si elle a besoin de se trouver des excuses, c'est son problème.
Tiens, mon t-shirt ! ça fait un moment que je le cherchais celui là… Qu'est-ce que je disais ? Son odeur est partout. Toutes les pièces, et même mes vêtements, empestent le seringat.
Arrrh ! J'arrive pas à croire que je connaisse ce mot !
- Kyo ? Tu vas bien ?
Et la voila dans toute sa splendeur. Les yeux embrumés, les cheveux dans tous les sens, et aucun vêtement pour cacher quoi que ce soit. Ça, c'est plutôt pas mal. Avant, elle ne se mettait jamais nue devant moi si je ne l'étais pas aussi. Maintenant, elle oublie juste de s'habiller, et comme ce matin, je peux me régaler de son corps parfait.
Elle se frotte les yeux du poing, comme le ferait une petite fille. Elle penche la tête sur le coté et fait la moue. Et dire que je commençais à avoir des idées… Je peux pas faire l'amour à une gamine de 12 ans, moi…
Je soupire et la rejoint. Elle me prend le bras et se colle contre moi en souriant. Comme je peux détester ce sourire innocent parfois !
On se réinstalle tous les deux dans le lit et elle se blottit contre moi. J'ai déjà dit qu'il faisait froid dans cette pièce ?
- Kyo…
- Quoi ?
- Je t'aime.
Ce qu'elle peut m'énerver quand elle est comme ça… Je suis censé dire quoi maintenant ?
Je grogne et me tourne sur le coté, pour être dos à elle. J'enfonce mon visage dans l'oreiller. Je ne suis pas en train de rougir ! Mais on ne va pas prendre le risque qu'elle me voit… pas en train de rougir !
Elle se colle contre mon dos et dépose des baisers entre mes omoplates. Elle s'endort rapidement.
Putain ! Même mon oreiller sent le seringat !
…Dire que je n'ai pas sentit cette odeur pendant 2 mois…
J'attrape sa main et la ramène contre ma poitrine. Je l'avais prévenue. Téléphone en plastique ou pas, jus de fruits ou pas, seringat ou pas, je ne la lâche plus.
…
Je devrais lui dire un jour que je l'aime…
.·°*°·.· °*°·.·°*°·.
- Tu vas te concentrer un peu ?!
ELLE M'ÉNERVE !
Elle veut que lui apprenne les arts martiaux et elle arrête pas de jouer.
Déjà quand on est sérieuse, on met d'autres vêtements ! Non, mais c'est quoi ce haut et ce short ? C'est tout bonnement des sous-vêtements ! C'est pas du tout adapté pour les arts martiaux.
Moi, est-ce que je suis torse nu ? Non, j'ai une tenue approprié. Les arts martiaux, c'est bien plus qu'un sport de combat, c'est un style de vie. Et elle a pas du tout appliqué mes instructions.
Je veux dire, sa poitrine qui rebondit, son ventre qui se contracte, ses jambes qui volent juste sous mon nez…
On m'explique comment je suis censé me concentrer sur des explications quand elle est au-dessus de moi, dans cette tenue ?!
…Mais…
JE VAIS LA TUER !
- D'où tu embrasses ton adversaire comme ça ?!
- J'essaye des nouvelles techniques pour déstabiliser mon adversaire. Regarde, c'est efficace, j'ai pu me dégager ultra facilement.
- Ne recommence pas.
Je lui demande de se mettre en position, et pour une fois, elle obéit rapidement. Je vérifie la position de ses pieds, la tension dans ses jambes, la force dans ses bras…
LA GARCE ME VOLE ENCORE UN BAISER !
- Tu vas pas me dire que c'était une diversion, là aussi ?
- Non, c'était un réflexe instinctif. Tu approches ta bouche, je t'embrasse. Alors la prochaine fois, fais attention !
Parce que c'est à moi de faire attention en plus ?!
On entame une passe : je bloque son torse sous mon bras, et elle me donne un coup de genoux dans l'estomac. Bien. Elle prend appuie sur ses mains et balaie mes jambes. Je me laisse tomber au sol pour quelle puisse me faire une clé de bras…
Du moins c'est ce qui était prévu…
Elle s'assoit à califourchon sur mon torse, plonge sa tête dans mon cou… et me donne un grand coup de langue.
Je la repousse violemment.
- Oi !
- Quoi ? Je ne faisais que vérifier les réflexes de mon professeur. Parce que s'il n'est pas capable d'éviter une attaque pareille, je devrais peut-être en changer.
Elle va me rendre dingue.
Je lui jette le regard le plus noir que j'ai en magasin, et elle se contente de rire dans sa main. Mais elle prend un visage plus sérieux. Bon, je crois qu'elle a compris.
On va quand même changer d'exercice, juste au cas où.
Voyons comment elle se débrouille quand elle est dans l'incapacité de bouger.
Je la positionne dos à moi, et bloque son bras gauche dans son dos et son bras droit sur la poitrine. Elle doit se dégager de mes bras le plus rapidement possible.
Attention…
Prêt…
OH PUTAIN !
Elle est entrain de se frotter contre moi, là ?! Dans ce petit short… Depuis quand ma main est sur son sein… ? Et merde !
- C'est bon, t'as gagné. On arrête pour aujourd'hui.
Je la relâche et elle me regarde, étonnée.
- Qu'est ce que j'ai fait cette fois ? J'attendais juste que tu me donnes le signal du départ.
C'est ça, ouais !
Elle m'énerve quand elle est comme ça. Mais en attendant, il me faut une douche bien froide. Et pour la prochaine séance d'entrainement, c'est moi qui préparerais son sac de sport.
J'éteins la caméra qu'elle utilise pour filmer tous nos entrainements et me dirige vers les vestiaires.
- Tu vas où ?
- A ton avis ? Je vais prendre une douche.
- Je peux venir avec toi ?
De quoi ?
Putain… Le regard qu'elle me lance… C'est définitivement pas le regard d'une fillette de 12 ans…
Je sens un courant électrique descendre le long de mon corps, et il en faut pas plus pour que toutes mes extrémités se réveillent.
J'enlève mon t-shirt que je jette à ses pieds et continue mon chemin vers les vestiaires. Elle n'attend pas longtemps avant de s'élancer à ma suite et saute sur mon dos.
Et merde… Comment je suis supposé résister à ce rire, à cette chaleur… ?
Même quand je la déteste, je l'aime cette garce.
.·°*°·.· °*°·.·°*°·.
Je n'ai jamais été populaire avec les parents en règle générale. Pas que j'en ai rencontré beaucoup…
Mais c'est évident que Nozomu Shiina ne peut pas me voir en peinture. Je suis trop grand. Mes cheveux sont trop longs. Mon visage est trop sérieux. Je conduis trop de moto. Je ne souris pas assez. Je ne parle pas assez. Je ne gagne pas passez…
Pas assez bien pour sa petite Yuya adorée.
Pourtant il est toujours très poli quand elle m'invite manger avec eux. Je suis sur qu'il ne lui a jamais dit ce qu'il pensait de moi et qu'elle est complètement aveugle à la tension entre nous.
Il se contente de me jeter des regards noirs quand elle ne regarde pas.
Aujourd'hui est un jour spécial, et ce repas de famille s'éternise…
Bon, c'est son anniversaire, alors je peux bien faire cet effort. Surtout quand on se rappelle que son dernier anniversaire s'est terminé à l'hôpital…
Je n'aurais jamais du la laisser toute seule avec ce connard.
Putain ! Un an plus tard, et je m'en veux encore…
Sous la table, pour éviter les regards de son frère, je lui attrape la main et la serre le plus possible sans lui faire mal… Je sens son regard interrogateur sur moi, mais je fixe le saladier au milieu de la table.
Pas question qu'elle sache que j'ai peur… non pas peur… que je suis inquiet… non, concerné. C'est ca. Pas question qu'elle sache que je me sens concerné par son bien-être.
- Je vais chercher le dessert.
Nozomu se lève et disparait dans la cuisine. Elle joue avec mes doigts rêveusement.
- Je vais aller l'aider.
Non, je veux pas… ça fait des heures que j'ai pas pu l'embrasser à cause de l'autre.
Je ne la lâche pas et même tire sur sa main. Dans un petit cri, elle tombe sur mes genoux et sa bouche est à la hauteur parfaite.
Ce n'est pas dans mes habitudes d'être aussi doux avec elle. Mais c'est son anniversaire. Elle mérite un baiser lent et… amoureux. Soyons honnête… Je suis dingue de cette fille…
Elle s'accroche à ma chemise, et glisse sa main sur ma nuque
- Hum hum…
Merde !
Le grand-frère est revenu avec un gâteau et 22 bougies.
Elle saute de mes genoux comme si on avait été surpris en pleine action et son visage devient rouge cramoisi.
Elle baragouine des excuses et s'éclipse aux toilettes. Elle est trop marrante.
Oi, c'est quoi ce regard, Shiina ? Merde, me dites pas que je me suis laissé aller et que j'ai… souri ?!
Heureusement, elle revient rapidement et son attention se pose de nouveau sur elle.
Elle souffle ses bougies sous le regard mièvre de Shiina.
J'espère que je ne la regarde pas de la même façon, je perdrais tout crédit…
Il lui offre la dernière caméra à la pointe de la technologie et elle hurle de joie comme une gamine de 12 ans. Elle la met en marche tout de suite et commence à faire un mini documentaire sur son anniversaire et sur « les deux hommes de sa vie. »
Pendant encore plus d'une heure, elle filme les restes du repas, son frère qui ôte une à une les bougies du gâteau, moi sous tous les angles, mais je ne dois pas être un sujet très intéressant. Elle passe rapidement à une visite de la maison et du jardin.
Le moment de partir arrive enfin et j'évite à la dernière minute un soupir de soulagement. Elle n'a pas lâché la caméra et continue à filmer la rue et les passants.
Pour la première fois, Shiina me tend la main en souriant. Je regarde par-dessus mon épaule, mais non, elle n'est même pas intéressée par notre échange.
Je lui serre la main, et j'ai l'impression qu'il m'accepte un peu plus qu'avant…
Je m'en fiche de toute façon…
- Kyo, un petit mot pour la caméra. Comment avez-vous trouvé cette journée de célébration mondiale ?
Je ne réponds pas et me dirige vers la moto.
Mais elle ne lâche pas l'affaire.
- Allez, juste un petit mot. Pour prouver aux générations futures que le grand Kyo aux yeux de démon savait aligner plus de deux mots de suites.
Plus de deux mots, hein.
Je la regarde en soupirant puis porte mon attention sur la caméra.
- Yuya, je t'aime.
Ça fait plus de deux mots, non ?
Voila. Cette fois, c'est officiellement fini !
