Hello !

Me revoilà avec la suite ^^ Je me répète mais ça ne fait rien Merci à ceux/celles qui me lisent et me suivent. Un grand merci ! N'hésitez surtout pas à me laisser une petite review pour me faire part de votre avis sur mon histoire. Ca me ferait super plaisir :D

Je vous laisse avec la suite. Bonne lecture !

Chapitre 11

Deux semaines étaient passées depuis l'histoire du bar. Cela avait occupé nos conversations pendant deux bons jours, enfin plutôt celles de Gabriel et Gregorio. Moi, je ne faisais qu'écouter leurs hypothèses.

Personnellement, je trouvais cela pitoyable. Ils avaient réussis à trouver un "antidote" contre les gènes mutants, et alors personne ne nous force pour qu'on se le fasse injecter et personne n'a parlé d'extermination.

La seule chose qui me dérange, c'est l'emploi du terme "problème mutant". La mutation n'était pas une maladie à ce que je sache. Elle ne pose donc pas problème enfin ce n'est pas l'avis de tout le monde apparemment. J'admets que certains mutants peuvent mal vivre leur mutation, comme Malicia par exemple, là ca peut poser un problème mais pas pour le reste.

Maintenant que j'y réfléchie, cela pose un autre problème. Des petits groupes d'abrutis trouvent malin d'attaquer la société pour s'enrichir ou régler leur compte, sous prétexte qu'ils sont supérieurs aux autres parce qu'ils sont mutants.

Mes pauvres petits, sachez que nous ne sommes pas nés grâce a l'intervention du saint esprit, nous sommes parfois aussi idiots que certains humains et un jour ou l'autre nous finirons par manger des pissenlits par la racine comme tout le monde donc votre race supérieur vous pouvez vous asseoir dessus.

Et je rajouterais même que sans vous mes chers confrères, moi et les autres mutants qui ne demandons rien a personne, a par vivre notre petite vie comme n'importe quel citoyen américain, serions plus tranquille et moins sujet aux discriminations actuelles.

Alors s'il vous plaît, arrêtez de croire des conneries comme quoi les gens normaux veulent tous nous tuer pour débarrasser la Terre des mutants et arrêtez de créer des groupes de rebelle qui se proclament justicier pour la cause mutante. Sans tout cela nos relations avec les non mutants seraient beaucoup mieux. Il n'y aurait plus d'agressivité, de méfiance etc... Mais ca apparemment c'est trop pour vos petits cerveaux de moino.

- Et toi Céleste, qu'est ce que tu en pense de leur réunion ? C'est mauvais signe tu crois ? me demande Gabriel.

N'ayant pas envie de redire à haute voix ce que je venais de penser, je lui réponds donc simplement :

- Je ne sais pas, fis-je en haussant les épaules. En même temps, ce n'est pas très rassurant. Imaginez que ça soit vraiment sérieux et qu'ils préparent quelque chose pour s'en prendre au gouvernement.

- C'est vrai, elle a raison, approuve Rémi. On aurait peut être du y faire un tour pour savoir exactement ce qu'ils préparent.

- Ca aurait changé quoi ? demande-je en plaçant les couverts que venait de me donner Stella, de chaque coté des assiettes. Tu crois vraiment que tu pourras les dissuader d'exécuter leur plan. Nous ne sommes pas des super héros qui veillons à la sécurité du pays.

- Et ce n'est surtout pas notre affaire, ajoute mon amie, en posant bruyamment un saladier, rempli de spaghetti bolognaise, sur la table. Alors s'il vous plait, vous serez gentils de bien vouloir arrêter de parler de ça et de vous ôtez de la tête cette idée stupide de jouer les justiciers.

Gregorio hoche la tête. Gabriel fait de même et baisse légèrement la tête. Quant à Remi, il avait le regard perdu dans le vide. Il revient cependant très vite parmi nous. Il savait très bien ce qu'il l'attendrait s'il se trouvait mêler a cette histoire. Mon amie Stella se ferait un plaisir de le ligoter, la tête en bas a l'aide de son pouvoir.

Je repense alors à John. Il était parti avec un certain Magnéto. Et à en croire Malicia, c'était tout à fait le genre de mutant à préparer quelque chose contre les humains. Bordel, faites que cet abruti de John ne se soit pas fait enrôler dans un truc comme ca. Cela pourrait très mal se terminer.

Je cligne des yeux et revient à la réalité. Stella me tendait le bras pour que je lui donne mon assiette.

- Excusez-moi, je n'ai pas très faim. Je me rattraperais ce soir, tentai-je en me levant de table, attendant une réaction désapprobatrice de la part de mon amie.

Mais rien ne sortit de sa bouche. Elle me regardait juste sans trop comprendre.

- Je vais prendre l'air, je reviens dans pas longtemps, promis-je en embrasant mon amie.

- T'as intérêt ! s'exclame Johan, qui venait de s'installer autour de la table. N'oublie pas que ce soir, il y a une petite fête d'organiser dans le parc. Et crois-moi que si tu rate ça, tu auras affaire à moi, ma petite.

Je lui fais comprendre qu'il peut toujours parler et qu'il ne me fait pas peur, d'un geste de la main.

- T'inquiète pas Jo, tu as toute mon aide sur ce coup là, rit Gregorio en me regardant.

Je lève les yeux au ciel. Ils ne grandiront donc jamais. J'enfile mon manteau, attrape mon sac et sort de l'appartement, ignorant les interrogations de mon amie hippie. J'avais une toute autre idée en tête, pas le temps de répondre à ses questions. Il faut que j'aille voir Meredith, une amie qui travaille au Falcon, une brasserie du centre ville. Elle saura peut être me renseigner.

Comme je le pensais, le restaurant était plein. Pas étonnant pour un samedi midi et avec le temps qu'il faisait, normal que les gens sortent. Le soleil avait enfin dénié montrer le bout de son nez, après une bonne semaine d'absence.

Je m'assoie à une table et fait signe à mon amie.

- Coucou ma belle ! Comment vas-tu ? fit-elle en me faisant la bise.

- Bien et toi ? Y a du boulot aujourd'hui dis donc.

- M'en parle pas, souffle t-elle en s'asseyant en face de moi. En plus, j'ai un client, un vrai emmerdeur. Il a fait retourner sa commande deux fois. La première parce qu'il trouvait qu'il n'y avait pas assez de crème dans son café et l'autre parce qu'il avait refroidi.

Je ris. La pauvre, je ne sais pas comment elle faisait pour garder son calme. Encore ce cas là, ça allait mais des fois il y en a d'autre, on se demande s'ils sont vraiment venus pour passer du bon temps ou simplement pour embêter les serveurs.

- Dis-moi, je peux te poser une question ?

- Bien sur, cet abruti peut bien attendre une minute de plus.

Elle pousse son plateau au centre de la table, s'installe plus confortablement sur sa chaise et continue :

- Dis-moi tout ! Qu'est ce qu'il y a ? me demande t-elle toute excitée à l'idée de pouvoir m'aider.

- Ce n'est pas grand chose. J'aimerais juste savoir si tu n'aurais pas vu, ici ou dans les alentours, un gars. Il est un peu plus grand que moi, les cheveux brun plaqués en arrière, toujours à jouer avec un zippo, le genre provocateur, prétentieux et arrogant.

Elle réfléchit quelques minutes pour finalement secouer la tête.

- Non désolé, ca ne me dit rien.

Je baisse alors la tête, déçue que ca n'est pas marché.

- Pourquoi t'as l'air déçu ? me demande t-elle, un sourire aux lèvres, croyant sûrement savoir pourquoi je lui avais demander cela. T'as flashée sur ce gars mais il ne t'a jamais rappelé ? Crois-moi, les mecs c'est tous des…

- Non, ce n'est pas ca, la coupai-je, c'est… c'est un ami et j'ai peur qu'il fasse une connerie et qu'il lui arrive quelque chose.

Elle hoche la tête en se pinçant les lèvres.

- Il a l'air d'être plus qu'un ami. Tu aurais vu la tête que tu as fais, s'exclame t-elle avec un petit rire moqueur.

Je sens le rouge me monter aux joues.

- Je ne vais pas te déranger plus longtemps, trouvai-je pour mettre fin à la conversation, tout en tapant légèrement la table avec mes mains. Je ne voudrais pas que tu ais des ennuies avec ton patron.

A mon plus grand bonheur, elle ne cherche pas à en savoir plus, ce qui m'étonne, vu son degré de curiosité. Elle hoche simplement la tête, me fait la bise et repart faire son service.

Bien, ma seule chance de savoir si John n'avait pas fait quelque chose de stupide venait de partir en fumée.

Alors que je remets mon sac sur mon épaule pour partir, un serveur – très mignon soit dit en passant – m'apporte une grande assiette de frite avec un hamburger et quelques feuilles de salade. Voyant mon incompréhension, il ajoute :

- C'est de la part d'un jeune homme au bar. Il vous a laissé un mot.

Il me tend le petit morceau de papier et part servir une autre table. Je me retourne vers le bar, pour voir qui est mon admirateur. Le seul homme accoudé au comptoir était, sans doute, un peu plus âgé que moi, assez musclé avec des cheveux courts blonds. Malheureusement, il était dos à moi. Mais j'aperçue ce qu'il avait dans son assiette. Il mangeait exactement la même chose que moi.

Je déplie donc le petit mot qu'il m'a adressé et y lit : « De plus en plus belle »

Je reconnais tout de suite l'écriture. Je me retourne rapidement vers le bar puis scrute la salle pour le trouver. Rien. Personne. Pas la moindre trace du pyromane.

Sentant la colère montait en moi, je laisse mon assiette, bien qu'appétissante, et sors dehors à toute vitesse. Avec un peu de chance, il n'est pas loin.

Malheureusement, je ne vis personne répondant au nom de John. A croire qu'il s'était volatilisé.

Je froisse le papier et rentre furibonde chez moi. Même en dehors de l'école, il continu à me narguer. A croire qu'il me suit. Il ne perd rien pour attendre.


Une semaine étaient passée depuis que John avait « pris contact »avec moi. Le réveillon du nouvel an approchait à grand pas, à très grand pas. Il ne me restait qu'une heure pour me préparer. La ville organisait une fête pour célébrer la nouvelle année. Cela se déroulerait dans le complexe sportif près du centre commercial.

J'avais vraiment hâte d'y être. Moi qui ne suis pas spécialement fan des fêtes, là j'étais ravie d'y aller. Rien de tel qu'une bonne soirée entre amis pour oublier tout les tracas de la vie. Pendant au moins une soirée, je n'aurais pas à me préoccuper de John et de sa bande de mutants extrémistes. Je n'aurais pas à me préoccuper de mon père aussi.

Depuis qu'Audrey avait passée ces quelques jours avec lui, elle ne lâchait quasiment plus son téléphone. Apparemment elle attendait son coup de fil avec impatience. Tu m'étonne, quand elle est revenue, elle avait au moins six gros sacs dans les mains. Il avait trouvé le moyen de l'acheter facilement. Pff vraiment pathétique.

Je sors de la douche, enfile mon peignoir et m'enroule les cheveux dans une serviette. Brrrrrr. Il ne faisait vraiment pas chaud. Je prends mes affaires et quitte la salle de bain pour affronter le couloir glacial menant à ma chambre.

Une vraie péripétie digne de la plus célèbre des aventurières. Bon, j'exagère un peu mais ca n'a pas était simple non plus. J'ai due faire attention à ne pas faire tomber mes vêtements où ma petite trousse de maquillage. Oui oui j'étais chargée. J'ai due éviter une tape sur les fesses de la part de Rémi. Oui j'ai croisée des prédateurs dangereux. Et pour finir, le froid polaire du couloir qui n'arrange pas les choses. Je m'étonne de ne pas avoir croisée d'ours blanc. Enfin bref, je pose toutes mes affaires sur mon lit et commence à me préparer.

Nous pénétrons dans le complexe sportif. Il avait été rénové l'année dernière. Ce petit coup de jeune ne lui avait pas fait de mal. Il commençait sérieusement à tomber en miette. La soirée avait été organisée dans la plus grande salle du complexe. Une des salles de basket. Les gradins avaient été ranger, les paniers étaient relevés. Ils avaient vraiment tout rangé ou pousser pour gagner un maximum de place.

Un buffet très appétissant s'offrait à nous. Une grande piste de danse avait été installée au milieu des tables. La décoration était très belle. Il n'y avait vraiment rien à dire sur l'organisation de ce réveillon. Tout était parfait.

La soirée battait son plein. Il y avait énormément de monde, enfin beaucoup plus que ce que j'imaginais. Je me rassois à la table pour boire un peu. Cela devait bien faire une heure, voir plus, que Stella et moi dansions – accompagnées des garçons bien sur. Le DJ attire alors notre attention.

- Préparez- vous à passer à la nouvelle année dans 10, 9, 8…

Un compte à rebours était apparu sur un écran géant. Vraiment super.

- 4, 3, 2, 1 BONNE ANNEE ! crient tous le monde.

Stella cours vers moi, un sourire immense aux lèvres et me sert dans ses bras tout en me souhaitant la bonne année. Je fais de même avec les garçons, qui ne manquèrent pas de me faire tourbillonner dans tout les sens, et vais me chercher un verre au buffet, contente de passer la soirée avec des amis comme eux. Dommage que Malicia et Bobby n'aient pas pu venir. Et pourquoi pas John. Je suis sur que sous ses airs de grand dur, il a un bon fond. J'aurais beaucoup aimé qu'ils soient tout les trois là.

Bien que je les aie vus i peine une semaine – excepté John bien sur – ils me manquaient. L'école toute entière me manquait. Pas que rester assise pendant des heures, à écouter les profs parler, me manquait. Non. C'est l'ambiance qui me manquait.

Alors que je repense à certains moments passés à l'institut Xavier, quelqu'un me prend subitement par la taille. Je me retourne surprise et me retrouve nez à nez avec un visage que je connais que trop bien. John Allerdyce.

Bien que je m'en fiche, j'ouvre la bouche pour lui demander, sur un ton que je voulais énerver, ce qu'il pouvait bien faire ici. Ok j'avais bien dis que j'aimerais qu'il soit présent pour le réveillon mais il était juste hors de question qu'il le sache. Malheureusement, il ne me laisse même pas formuler ma question. Son index vient se poser délicatement sur mes lèvres, m'obligeant ainsi à garder ce que je voulais dire pour moi.

Il prend le gobelet de limonade, que je venais juste de me servir, et le repose sur le buffet à côté de nous. Toujours sans dire un mot, il m'entraîne au milieu de la piste de danse, où de nombreux couples dansaient un slow. Mon Dieu mais il n'est pas sérieux.

Il pose ses mains sur mes hanches, se colle à moi et commence à danser. Bizarrement, je suis heureuse de son initiative. Mes bras vont automatiquement s'enrouler autour de son cou. Mes yeux étaient plantés dans les siennes, à la recherche d'un moindre petit indice qui puisse m'orienter sur ce qu'il avait en tête, mais rien du tout. Ce n'est pas humain d'être aussi inexpressif.

Après deux minutes de silence, il ouvre enfin la bouche :

- Vraiment de plus en plus belle.

- Qu'est ce que tu veux ? lui demandai-je aussitôt sa phrase finie. Parce qu'il doit bien y avoir une raison à ta présence ici.

- Je viens de te faire un compliment et toi tout ce que tu trouve à dire c'est qu'est ce que tu veux ! s'exclame t-il à la fois surpris et amusé. Un simple merci m'aurait suffit. Il lève les yeux et fait mine de réfléchir. Tu aurais même pu rajouter « toi aussi tu es très élégant ».

Un sourire plus que craquant étire ses lèvres. Mon Dieu mais qui a bien pu créer un être ayant un ego aussi surdimensionné. J'ai tout de même bien envie de sourire à sa remarque mais je me retiens. Il ne faut pas que je me laisse faire. Il va sûrement tenter quelque chose comme d'habitude. Il ne faut pas que je craque.

Mais comment résister à un visage aussi beau franchement. Je me suis souvent répéter que c'était un être ignoble, sans cœur, juste bon à emmerder les autres mais je dois bien me l'avouer, ce gars m'attire. Voilà je l'ai dis, ce mec me plait. Mais putain pourquoi il a un caractère aussi…aussi…enfin bref. Il ne faut surtout pas qu'il s'aperçoive de ça parce que sinon je peux dire adieu à ma « paisible » existence. Il va jouer avec moi et je sais que quand ce genre de jeu commence, cela finit toujours mal.

- Elégant ? Tu rigole ou quoi ? Porter un jean et un sweat à capuche, tu appelle ça être élégant ? raillai-je en tirant un peu sur sa capuche.

- Tout à fait ! D'ailleurs tu ne te rends pas compte de la chance que tu as de pouvoir poser tes mains sur un corps aussi parfait.

- Mouai, grommelai-je, en haussant les sourcils, exaspérée par l'arrogance du pyromane. Bon tu vas me répondre oui ou non ? Qu'est ce que tu veux ?

Il me regarde longuement, scrutant la moindre petite faille dans mes yeux, mais je tiens bon. Je soutiens son regard sans même cligner des paupières. S'il pense que je vais baisser les yeux, il peut se mettre le doigt dans l'œil. Il pourrait croire qu'il m'impressionne et ça il en est hors de question. Voyant qu'il ne gagnerait pas ce duel de regard, il me sourit et me répond enfin :

- Ce que je veux ? C'est pourtant clair non ? C'est toi que je veux.

Mon cœur rate un battement tellement je suis surprise par sa déclaration. J'aurais dû m'en douter. Ces mains glissent doucement vers mes fesses. Je me dégage rapidement de lui – il me plait peut-être mais il y a des limites - alors qu'il continu :

- Tu vois, généralement j'aime bien qu'on me résiste mais la j'avoue que ça me dérange un peu mais bon, j'aime relever les défis. Et toi je dois dire que tu en es un de taille.

- Ca va ? demande alors un homme derrière moi.

Je me retourne et voit mon ami Johan, un air sévère sur le visage. Il est rapidement rejoins par Rémi. Si ce dernier avait eu des fusils à la place des yeux, John aurait fini la soirée à la morgue, criblé de balles. Je me remémore alors mon anniversaire, en particulier l'entrevu entre ces deux la. Faites que ça ne se reproduise pas.

- Regardez qui voilà, s'exclame John en jouant avec son zippo. Mr La Canne et son assistante. T'as vraiment de la chance de les avoir à tes côtés, princesse. J'aurais presque peur, ironise t-il.

Un grognement sourd retentit à ma droite. Il manquerait plus que Johan se transforme et on pourra voir demain dans le journal local, que la soirée du nouvel an a été gâchée par des mutants.

- Ma belle dit à ton caniche d'arrêter de grogner, me lance John en regardant mon ami, bien décidé à continuer à le narguer. Sinon il risque de finir griller. Les asiatiques disent que le chien grillé est succulent. Un nouveau sourire narquois étire ses lèvres.

- Et toi tu risque de finir écorché vif si tu ne dégage pas de là dans la seconde, crache la panthère, en s'avançant vers lui.

Non non non non non ! Pas de bagarre ce soir, s'il vous plait ! Ce n'est pas le moment. Tout le monde s'amuse. N'allez pas gâcher la soirée de ces pauvres gens. Je vois alors John activer son zippo.

J'interviens alors en m'interposant entre un pyromane, capable de me lancer un jet de flamme en pleine face pour ensuite réduire en cendre sa cible et une panthère capable de me labourer le dos pour après pouvoir atteindre sa proie.

- NON ! Si vous voulez régler vos comptes, allez dehors !

Ils se lancent un regard meurtrier et se dirigent, déterminés à exterminer l'autre, vers la sortie. Je regarde alors Rémi désespérée mais malheureusement pour moi, il leur emboite le pas. Je reste donc là bouche bée sans savoir quoi faire pour les empêcher de s'entretuer, à par leur crier :

- Mais non mais… c'était façon de parler quand je disais d'aller régler vos comptes dehors. S'il vous plait revenez !

Ma ridicule tentative pour essayer de les faire revenir fut un véritable échec. Ils avaient déjà disparus. Je ne sais pas quoi faire. Courir les rejoindre et ainsi empêcher un massacre ou prévenir mes amis encore présents dans la salle.

Je choisis la deuxième option, c'est plus sûr. Je trouve rapidement Stella, assise à notre table avec Gabriel et Gregorio. Alléluia ! Une fois la situation expliquée, les garçons se lèvent et avancent vers la sortie. Gabriel se retourne et nous lance :

- Restez ici ! On s'en occupe.

Restez ici ? On s'en occupe ? Alors là, il en est hors de question. Je ne vais pas rester planter là, à attendre que ça parte en cacahuète. C'est déjà très mal parti, alors autant tenter de calmer le jeu, ce que, à mon avis, vous n'allez pas faire.

Et excusez-moi les gars mais je pense parfaitement maitriser l'élément feu. Je peux vous assurer qu'une fois lancer, on ne le stoppe pas et ce n'est surement pas John qui va l'arrêter, au contraire. Donc à moins qu'un d'entre vous soit capable de maitriser l'eau – ce qui n'est pas le cas – il est certain qu'un ou plusieurs d'entre vous en sorte avec au moins une brulure.

J'attrape la main de mon amie et la tire vers la sortie. Elle dégage sa main de mon emprise, en protestant :

- Ils nous ont dis de rester la. Ne t'inquiète pas, Gregorio et Gaby vont réussir à les calmer. Ils savent désamorcer les situations difficiles.

- Tu les connais peut-être eux mais pas John, m'énervai-je. J'en avais vraiment par dessus la tête de ces abrutis de mec qui ne savent que se battre. Ce mec fera tout pour les faire sortir de leurs gonds. Il réussirait à faire péter un câble à un maître zen. Crois-moi, ce n'est pas du tout le genre de gars à privilégier la discussion à la baston. Donc si tu ne veux pas que ton copain se transforme en poulet rôti …

- On y va ! me coupe t-elle, les dents serrées. Je vais lui faire sa fête à ce petit con. Elle retrousse les manches de son gilet. Il va finir enraciné dans les parterres de fleurs.

J'accélère le pas pour rester à sa hauteur et tente de l'apaiser un peu :

- Oui enfin tu sais, j'ai un peu exagérée en le décrivant.

Nous arrivons rapidement à l'extérieur du bâtiment. Ils étaient là, au milieu de la rue, qui heureusement était déserte. Alors que je fixe Rémi, qui venait juste de lancer une remarque bien cinglante, une femme élève la voix folle de rage. Elle est métisse et arbore un tatouage sur le visage ainsi que sur la poitrine. L'obscurité m'empêche de les voir distinctement.

En regardant mieux, j'aperçois trois autres personnes, que je ne connais pas. Un homme du type asiatique et deux autres femmes. Toutes habillées de noir et portant elles aussi un tatouage. Surement du même gang.

Gang ! Ca me fait bien rire. Que ce soit des petits branleurs qui se prennent pour la mafia italienne ou des mutants qui s'autoproclament grands justiciers en faisant justice eux-mêmes, tout cela me fait vraiment beaucoup rire. Je trouve cela tout simplement pathétique.

Les échanges acerbes entre mon ex et la métisse continuent de plus belle. J'ai bien l'impression qu'ils se connaissent et que ce qu'ils ont vécus ensemble n'est pas très joyeux. Vraiment pas. Après une énième tentative de déstabilisation de la part de Rémi – qui malheureusement fonctionne à merveille – la tatouée se jette sur lui et lui assène une droite suivit d'une autre.

- Tu vas payer pour ce que tu as fait, hurle la métisse.

Rémi la propulse en arrière avec une de ses explosions. Une bagarre éclate alors. Tout va très vite. Gabriel nous écarte, moi et Stella de l'altercation. Nous nous retrouvons donc à regarder nos amis se battre contre des inconnus – enfin pour moi. Cris, grognements et explosions transpercent le silence de la rue.

A ma grande surprise, je ne vois aucune flamme apparaitre dans le combat. John s'était mis à l'écart et observait la scène quelque peu agacé par la tournure qu'avait prise la situation. Son souhait était de réduire en cendre mes deux amis pas de les voir se battre avec d'autres mutants.

Je vois tout à coup une des mutantes tatouée apparaitre à quelques mètres de nous. Une femme invisible, il ne manquait plus que ça. Un cri aigu sort de sa bouche alors qu'elle se précipite sur nous. Elle a à peine le temps de faire trois mètres qu'elle finit emprisonnée par la branche d'un arbre. Je me tourne vers mon amie. Son pouvoir m'impressionnera toujours.

Je reporte mon attention sur le combat. Rapidement, je vois que ça vire au vinaigre pour Gabriel. Notre guérisseur était tombé à terre après avoir reçu un coup de la métisse. Son hérisson de collègue était prêt à l'achever. Sans même réfléchir, je cours vers l'asiatique, prête à lui faire fondre la cervelle. Oui mais pour ça, il faut que je gère avec mon pouvoir que je ne contrôle pas totalement. Je lui aurais bien balancé une gerbe de flamme mais j'aurais à coup sur brulé mon ami.

J'inspire un grand coup, me focalise sur mon pouvoir et me jette sur le porc épique, planquant mes mains de part et d'autre de son cou. Sa réaction ne se fait pas attendre. Des pics me transpercent les mains, m'arrachant un cri. Je retire rapidement et surtout douloureusement mes mains de son cou. Je hurle mentalement, insultant l'asiatique de tout les noms.

J'ai à peine le temps de faire un geste que je me retrouve plaquée contre le torse du chinois. Non, je ne veux pas mourir à cause d'un porc épique. Son étreinte se fait alors plus forte. Je ferme brutalement les yeux, priant je ne sais qui de venir m'aider. Je ne comprends pas ce qu'il m'arrive. Je suis comme paralysée incapable d'user de mes pouvoirs pour me défendre. Vraiment pathétique.

- Lâche-la ! s'exclame durement quelqu'un sur ma gauche.

Aucune réaction du mutant qui me tenait fermement. Je capte alors quelque chose de familier. Du feu. Je souris inconsciemment. John bien sur. Je ne sais pas pourquoi mais je m'imagine déjà la scène : l'asiatique en feu courant dans tout les sens, croyant pouvoir éteindre les flammes. Je m'en réjouis d'avance. La voix de mon sauveur retentit une seconde fois plus féroce :

- Lâche-la ou je me ferais un plaisir de te réduire en cendre !

Du hérisson grillé ! Belle idée de menu pour les restaurants chinois. Le porc épique me pousse violement vers le pyromane et lui lance un regard noir.

- Qu'est ce qu'il te prend ? aboie l'asiatique. Elle est avec eux.

Il montre alors mes amis d'un signe de tête.

- Je t'ai dis de la laisser ! C'est clair ? répète John, maintenant nez à nez avec son collègue. Et maintenant, on arrête les conneries, continue t-il en hurlant.

Il n'eut pas besoin de le dire une deuxième fois. Comme de bons petits soldats, les deux femmes encore dans la bagarre se stoppent quasi immédiatement. Un véritable miracle, quand on voit la haine de la métisse. Gregorio avait réussi à trainer notre guérisseur hors du combat. Ce dernier était allongé près du gymnase, sa petite amie agenouillée près de lui.

C'est à ce moment que je m'aperçue du monde réuni autour de nous. Un vrai spectacle. Majoritairement des jeunes. Tous à filmer ou à prendre des photos avec leurs portables. Super ! Il manquerait plus que la presse et la police arrive pour qu'on finisse tous notre réveillon du jour de l'an derrière les barreaux et, le lendemain, à la une des grandes chaînes de télévisions américaines.

- Dis à ta pote de la libérer ! m'ordonne le pyromane.

J'ai à peine le temps de me tourner vers Stella, qu'elle avait déjà fait descendre la femme invisible de son arbre. D'ailleurs, cette dernière n'était vraiment pas contente d'avoir été suspendu à une branche. Plus que furieuse, je la vois disparaitre. Ok on est mal. Heureusement pour mon amie, elle est très vite stoppée par John.

- Ne m'oblige pas à faire ça Psylocke ! gronde ce dernier, une flamme dans le creux de sa main droite.

La jeune femme réapparait à moins de dix mètres de Stella. Je me rends alors compte que ce n'est pas totalement la femme invisible mais plus tôt la femme caméléon. Elle se confondait à merveille avec l'environnement.

Maintenant, dites-moi qu'ils vont partir et nous laisser tranquille. Notre réveillon est déjà gâché, pas la peine d'en rajouter.

- On s'en va ! commande John à ses quatre collègues.

Un vrai général d'armée. Comment a-t-il fait pour se faire respecter ainsi par ses mutants ? Parce qu'honnêtement, ils n'ont pas l'air du genre à se soumettre à quelqu'un. Ces confrères le rejoignent à contre cœur. Ils auraient très clairement préférés continuer le combat plus tôt que d'abandonner sur ordre d'un seul homme.

- Callisto ! tonne John.

La métisse dégageait une telle haine. C'est vraiment impressionnant. Pauvre Rémy ! Elle aurait eut des lasers à la place des yeux, mon ami aurait été disséqué et découpé en petits morceaux. La jeune femme capitule enfin et part plus que furax, abandonnant ses amis. Elle est rapidement imitée par ses confrères.

Avant de suivre le groupe, l'ancien camarade de chambre de Bobby me lance un regard indéchiffrable pour moi. Je ne prends même la peine de soutenir son regard et me tourne vers Gabriel, à moitié inconscient sur le bitume.

Les personnes présentes autour de nous commencent subitement à se rapprocher. Trop prêt, beaucoup trop pour certain. Mon ami panthère réagit alors au quart de tour. Un rugissement sourd retentit dans toute la rue, faisant reculer les plus curieux. Il finit par reprendre forme humaine pour cracher :

- Foutez le camp !

Les garçons redressent sans difficulté Gabriel et nous quittons la rue sous les regards du groupe agglutiné au milieu de la route. La fête est définitivement terminée. Merci beaucoup John d'être venu avec tes psychopathes de collègues.

Je regarde alors mes mains blessées. Tu ne peux pas savoir à quel point je t'en veux d'avoir débarqué ici. En y repensant, son attitude n'était pas la même qu'à l'institut. Je ne parle pas de notre slow, où j'ai parfaitement reconnu le John que je connaissais, mais de son comportement après le combat. Plus dur, plus menaçant, plus méprisant que jamais et surtout aucune pitié.

Je n'oserais jamais utiliser mes pouvoirs sur mes amis, même en étant dans une colère noire. Alors que lui n'aurait pas hésité à brûler vif ses compagnons s'il ne l'écoutait pas au doigt et à l'œil. Bordel mais qu'est ce qu'ils t'ont fait pour te transformer en un psychopathe sans pitié ? Dans quoi est ce que tu t'es embarqué John ?

Suite à cet évènement, tout est allé très vite. Gabriel a mis peu de temps à récupérer la maitrise de son pouvoir. Il a donc pu se guérir rapidement, offrant temporairement un cadeau quelque peu douloureux à Johan. Mes mains furent également soignées. Dieux merci ! Je suis restée deux jours les mains bandées à ne rien pouvoir faire moi-même. Une vraie handicapée.

Après avoir récupéré l'usage de mes mains, je suis directement allée rentre visite à Bobby et Malicia. Ce n'était pas juste une visite de courtoisie mais aussi pour sortir John de cette confrérie de mutants. J'ai donc raconté tout ce qu'il s'était passé le soir du réveillon et autres évènements qui me semblaient important à cette histoire.

- Qu'est ce qu'on peut faire ? interrogai-je, en fixant le couple en face de moi.

- Pas grand chose malheureusement, me répond Bobby, en croisant les bras. Il a fait son choix. Y a plus rien à faire.

Vive le pessimisme ! Je ne peux tout simplement pas croire ce que je viens d'entendre. Bobby, le gars le plus généreux de l'école, prêt à aider un parfait inconnu, abandonne clairement son ancien camarade de chambre dans une situation qui pouvait tourner au vinaigre à n'importe quel moment. En gros, c'était « Il s'est détourné de nous, tant pi pour lui. Qu'il se débrouille tout seul. » Sa réaction commence légèrement à m'énerver.

- C'est ton ami non ? Alors aide-le !

- Qu'est ce que tu veux que je fasse ? Je n'ai pas le pouvoir de changer quelqu'un en un claquement de doigt.

Bizarrement, il avait dis ça avec un calme olympien. Mais comment il fait pour rester aussi serein bordel ? Je lui réplique donc :

- Il a bien changé en étant ici non ?

Aucune réaction de sa part. Je continue :

- Et je ne pense pas que ce soit grâce aux enseignants ou aux autres élèves. Tu n'aurais pas été son camarade de chambre, je ne pense pas qu'il serait resté ici longtemps.

- La preuve ! Il est bien parti, réplique Bobby.

Il mériterait des baffes. Je me tourne vers Malicia, espérant qu'elle puisse m'aider à le faire changer d'avis. Malheureusement rien de bien concluant. Ses arguments n'avaient pas réussi à faire mouche dans l'esprit de son copain. Bien, je me débrouillerai toute seule.

Je secoue la tête à la fois déçue et exaspérée et tourne les talons, en réajustant la bandoulière de mon sac sur mon épaule. Moi qui pensais trouver de l'aide, c'est raté.

- Où est ce que tu vas ? me demande alors Malicia.

- Essayer de ramener John !

- Pourquoi est ce que tu fais tout ça ? intervient l'iceberg.

- Tout simplement parce que je l'apprécie un minimum pour me soucier de lui, contrairement à certain. Il est peut-être chiant et con mais personne ne mérite de se faire manipuler pour être enrôlé dans une secte pleine de psychopathes.

Je reprends ma route vers la sortie. Je me fais alors interpeller par mon ancienne camarade de chambre :

- Attends ! Tu ne sais même pas où il est.

- Le professeur l'a localisé, achevai-je en passant la grande porte d'entrée.

Je ne sais pas comment j'ai réussi à convaincre le directeur de l'école de m'aider à le trouver mais le principal est qu'il ait accepté sans trop de mal. Alors que je me dirige vers ma voiture, une main m'attrape fermement le bras droit. Bobby.

- Arrête ! m'intime t-il en me barrant la route. C'est trop dangereux. Tu crois vraiment pouvoir débarquer là-bas sans te faire remarquer ? Moi je ne crois pas.

- Je sais me défendre, répondis-je en essayant de me défaire de son emprise. Maintenant lâche-moi s'il te plait !

- Tu es aussi têtue que lui. C'est trop dangereux ! Est ce que tu comprends ça ?

Ne sachant pas quoi faire d'autre pour qu'il me laisse partir. J'inspire un grand coup et commence à souffler :

- Je suis vraiment désolé Bobby mais…

Je ne finis pas ma phrase et lui balance mon poing en plein dans la mâchoire. Une douleur parcourt ma main gauche. J'aurais cogné un bloc de glace que ça m'aurait fait le même effet. Je secoue vivement la main et regarde un Bobby se tenant la mâchoire, choqué par mon geste. J'ai dis que j'étais désolé. Je ne perds pas une minute et file dans ma voiture pour quitter l'enceinte de l'école.