Le soir, Hermione et Adrien mangèrent en compagnie de la famille Malefoy. Malgré l'absence de Voldemort, il régnait autour de la table une atmosphère très désagréable. Drago arriva un peu en retard au dîner et après s'être excusé, il s'assit en face d'Adrien. Comme Hermione put s'en douter, Lucius Malefoy avait repris sa place au bout de la table, place que Voldemort occupait habituellement. Essayant de se faire oublier parmi tous ces Malefoy, Hermione fixa désespérément le contenu de son assiette, priant pour que le repas s'achève très vite. Elle fut tout de même obligée de lever son regard chocolat quand Narcissa lui lança une réplique des plus moqueuse.
-Miss Wandeval, j'espère que vous ne comptez pas porter cette robe éternellement ?
Hermione se sentit rougir, elle avait lancé cette réplique avec un tel dédain que la jeune fille ne put qu'en être rabaissée.
-Non, bien sûr.
Narcissa lui fit un sourire narquois tout en prenant son verre de vin sur la table, faisant tourner le liquide, elle scruta Hermione avec méchanceté.
-Je vais être généreuse et envoyer mon elfe de maison vous apporter quelques-unes de mes vieilles affaires.
Elle avait délibérément insisté sur le mot "vieilles", signifiant bien que c'était là tout ce qu'elle méritait. Décidant de ne pas rentrer dans son jeu, Hermione lui fit un petit sourire et la remercia poliment. Prenant une gorgé de vin, Narcissa lança un regard lourd de sens à son mari : elle voulait que cette fille quitte sa maison. Lucius ne lui rendit cependant pas son regard, se contentant de fixer Hermione qui s'était replongée dans la contemplation de son assiette.
Quand le repas prit fin, au grand soulagement d'Hermione, Adrien et elle sortirent de la pièce. Lucius, Narcissa et leur fils étaient toujours assis autour de la table, prenant le dessert, chose qu'Adrien et Hermione avait refusée. Madame Malefoy dévisagea méchamment son mari qui la regarda avec amusement.
-Que se passe-t-il ?
Serrant les poings sur ses genoux, elle ne put s'empêcher de lui cracher sa réponse au visage.
-Tu sais très bien ce qui se passe, tu dévorais du regard cette petite catin.
Drago avala son morceau de gâteau de travers quand il entendit sa mère prononcer cette phrase. Sous les toussotements de Drago, Lucius n'avait pas bronché, gardant son sourire supérieur.
-Cissy, tu ne comprendras donc jamais rien.
Lui lançant un regard noir, Narcissa amorça un mouvement pour sortir sa baguette. Remarquant le geste de sa femme, Lucius eut un rire moqueur et toujours sur le ton de la conversation, il poursuivit.
-Figures-toi que notre fils ici présent, a surpris Adrien et la fille en train de se... comment dire... bécoter.
Narcissa sourit méchamment tandis que Drago ouvrait grand sa bouche en regardant son père, lui offrant par la même occasion, une magnifique vue de gâteau mâché.
-Ne fais pas cette tête Drago, je t'ai entendu crier tes pensées !
Narcissa qui avait retrouvé sa bonne humeur eut un petit rire joyeux, quoi que légèrement diabolique.
-Tu veux dire que tu comptes en parler au Maître ?
Levant un sourcil, il lança un regard agacé à sa femme.
-Bien sûr que oui, je ne laisserai pas passer une si bonne occasion. Le Maître va enfin se rendre compte de ce qu'elle est vraiment, c'est-à-dire, une sale Sang-de-Bourbe.
Renfrogné, Drago planta sans douceur sa fourchette dans le reste de son gâteau, son père lui avait coupé l'appétit.
-C'était à moi de le dire au Maître, vous allez vous en attribuer tous les mérites, père.
Ignorant les dires de son fils, il se leva et quitta la pièce la tête haute.
Afin de ne pas éveiller les soupçons, Hermione était montée la première, Adrien vint la rejoindre un peu plus tard. Quand il entra dans sa chambre, elle était allongée sur le lit en train de lire. Il s'assit à côté d'elle et resta silencieux, plongé dans ses pensées. Il finit par prendre la parole, sortant la jeune fille de sa lecture par la même occasion.
-Tu penses que mon oncle se doute de quelque chose ?
-Se douter de quoi ?
Hermione avait fermé son livre, s'était redressée et le regardait à présent.
-Je suis sûr qu'il n'a pas gobé cette histoire avec les Wandeval. Tu aurais dû voir le regard qu'il t'a lancé au dîner.
-C'est certain qu'il ne me croit pas, il me l'a dit lui-même.
Prenant une grande inspiration, Hermione lui raconta sa petite entrevue avec Lucius Malefoy. Essayant de ne pas trop repenser à la peur qu'elle avait éprouvée ce jour-là. Quand elle eut terminé, Adrien se tut, crispant sa mâchoire.
-Ce type est vraiment un monstre !
Hermione se sentit soudain triste pour Adrien. Le pauvre avait perdu ses parents et sa petite soeur, tués sans vergogne par son oncle, le propre frère de son père !
-Mais ce que j'ai vraiment du mal à comprendre, c'est pourquoi mon maître nous croit sans essayer d'en avoir le cœur net.
S'approchant, elle s'assit sur ses genoux, face à lui et passa ses bras autour de la nuque du jeune homme.
-Arrêtons de penser à lui, nous ne le reverrons plus avant une semaine, profitons-en !
-Toi, tu ne le reverras pas avant une semaine, moi il peut m'appeler d'une minute à l'autre.
Perdant tout sourire, Hermione s'éloigna de lui et rompit son étreinte autour de sa nuque. Légèrement étonné, Adrien posa ses mains sur ses hanches pour la retenir mais la jeune fille s'était déjà saisie de son livre et se dirigeait vers la sortie. Elle ouvrit la porte et se retourna vers lui avant de sortir.
-Pourquoi faut-il toujours que tu me rappelles ta condition de Mangemort !
Adrien voulut protester mais elle avait déjà claqué la porte. S'allongeant sur le lit, il ne put s'empêcher de soupirer.
-«Qu'est-ce qui lui prend ! Décidément, je ne comprendrai jamais les femmes.»
Après avoir monté les escaliers à toute vitesse, Hermione entra dans la chambre de Voldemort et se coucha sur le lit en essayant de reprendre sa respiration. Ouvrant le livre sèchement, elle tenta de recommencer sa lecture, en vain, elle était bien trop énervée. Adrien ne s'en rendait pas compte mais il ne pouvait s'empêcher de faire, au moins dix fois par heure, référence à tout ce qui avait attrait à Voldemort. Hermione savait que ce n'était pas de l'admiration ou toute autre forme d'adoration. Son oncle l'avait coupé du monde, il vivait désormais dans une sphère gravitant autour du Seigneur des Ténèbres. Regrettant un peu sa brusquerie face au jeune homme, Hermione faillit le rejoindre mais décida de le laisser réfléchir. Pour ne plus y penser, elle se rendit dans la salle de bain et prit un bain relaxant.
Deux jours passèrent sans qu'Hermione n'ait la moindre nouvelle d'Adrien. Il n'était pas aux dîners du soir et cette épreuve parut d'autant plus difficile sans lui. Elle s'en voulait désormais beaucoup, maudissant son sale caractère et sa fâcheuse manie à trop vite s'emporter. Seule, dans sa chambre, elle laissait ses pensées dévier vers divers sujets. Harry, les Horcruxes, Adrien et... Voldemort. Hermione ne prétendait pas se l'avouer, mais elle repensait souvent à un grand jeune homme aux cheveux noirs et aux yeux tout aussi noirs. Mais dans sa tête, l'étiquette Voldemort n'apparaissait pas à côté de cette image, seul un point d'interrogation subsistait.
C'était le soir, Hermione était couchée sur le lit, la tête posée sur les oreillers. Elle portait une petite nuisette apportée avec d'autres vêtements par l'elfe de maison de Narcissa. Subitement, la porte s'ouvrit, faisant sursauter la jeune fille : Adrien se tenait dans l'embrasure de la porte mais il ne semblait pas dans son état normal.
-Hermione
Elle s'approcha de lui et remarqua immédiatement que quelque chose clochait.
-Adrien, tu es saoul !
Il ne répondit pas et d'un air grave, la serra dans ses bras, un peu trop fort pour la pauvre Hermione. Respirant l'odeur des cheveux de la jeune fille, il ferma les yeux.
-Tu m'as manqué tu sais.
-Qu'est-ce qui t'as pris de boire autant !
La serrant toujours contre lui, il ne répondit pas.
-Viens t'asseoir.
Elle l'entraîna vers le lit et le força à s'asseoir, prenant place à côté de lui.
-Où étais-tu pendant ces deux jours, je me suis inquiétée pour toi.
Il eut un petit rire triste.
-Je ne faisais que mon devoir, Hermione mais tu l'as dit toi-même, je dois arrêter de te rappeler que je ne suis qu'un meurtrier.
-Ne dis pas ça.
Il avait mis son visage dans ses paumes et Hermione lui posa une main réconfortante sur l'épaule. Après quelques temps, il releva son visage vers elle, la regardant intensément.
-Tu me pardonnes, Hermione ?
Hermione lui fit un petit sourire et s'approcha un peu plus de lui.
-C'est moi qui te dois des excuses, je me suis emportée, ce n'est pas ta faute.
Hermione se sentit rougir devant le regard du jeune homme. Ainsi près d'elle, elle ne pouvait s'empêcher de le trouver très beau.
-Tu es très belle tu sais.
Il avait dit ça au moment même où elle le pensait. Cette remarque la fit rougir d'avantage.
-Surtout quand tu rougis.
Levant sa main, il vint caresser délicatement la joue droite d'Hermione. Se rendant compte que le regard du jeune homme déviait sur sa poitrine, uniquement cachée par la petite nuisette, elle se sentit tout à coup mal à l'aise. Se levant brusquement, elle enfila un gilet. Il était toujours assis sur le lit, la regardant avec intensité, les yeux rendus nébuleux par l'alcool. Debout devant lui, Hermione croisa les bras en baissant les yeux.
-Qu'est-ce qui ne va pas ?
Il lui avait demandé ça avec un ton si léger, malgré sa légère difficulté à articuler, qu'Hermione se sentit rassurée. Elle avait craint un moment qu'il veuille aller plus loin. Se rapprochant, elle s'assit à côté de lui, toute crainte envolée.
-Alors qu'est-ce qui t'as pris de boire autant ?
Soupirant, il se laissa tomber en arrière, désormais couché en travers du lit. Hermione le regarda puis vint se coucher près de lui, posant sa tête sur son torse. Instinctivement, il prit la jeune fille dans ses bras et soupira d'aise. L'oreille contre son torse, Hermione écoutait les battements de son coeur. Elle ferma les yeux quand il prit la parole de sa voix grave, provoquant d'étranges vibrations contre sa joue.
-Tu m'as manqué tu sais.
Les yeux toujours clos, elle sourit.
-Toi aussi tu m'as manqué. Je n'aurais pas dû m'énerver comme ça, je te promets que...
Hermione laissa sa phrase en suspend et sourit quand elle se rendit compte qu'il s'était endormi. Bercée par les mouvements de son torse, elle finit par se laisser submerger par le sommeil.
