Got You Under My Skin
Disclaimer : Habituel, rien n'est à moi sauf les scénarios un peu bizarres… :D
Précédemment : La guerre est terminée. Harry voit soudain son deuil interrompu par le retour de Sirius. Aux yeux de tous c'est un miracle inespéré. Aux yeux d'Harry aussi c'est un miracle inespéré. Mais également le maintien d'un secret qu'il n'avait jamais vraiment su comment enfouir : ses sentiments pour lui. Dès l'arrivée de son parrain, il ne sait plus comment agir et réagit de la seule manière possible : la fuite. Dans son entreprise, sa main entre en contact avec un objet étrange qui le plonge dans l'inconscience la plus totale... Il se réveille dans le corps d'une femme, en plein cauchemar. Ce changement entraîne également une certaine instabilité magique ! Sirius lui propose donc de venir vivre avec lui loin du QG de l'ordre afin de le protéger au mieux. Un soir, Hermione a la formidable idée de l'emmener en boîte afin de le détendre et de profiter de moments qu'ils n'ont pas pu partager dans l'adolescence. A la sortie, Harry se fait agresser par des hommes (pervers, moches et… bon ok, je me tais !) désireux de lui faire passer une très mauvaise fin de nuit… Sirius le sauve à temps et ils passent la nuit ensembles (pas au sens biblique du terme nan mais oh !). Et Harry n'est pas au bout de ses peines puisque la soirée au Ministère approche et nécessite que Sirius lui apprenne à danser…
Ecriture : 15 chapitres et un épilogue, fini !
RAR :
Brunhylde : Petit coquin oui...! Sacré petit coquin haha ! Contente qu'il t'ait plu !
Ah ouf ! Je crois qu'on les a vu dans les mêmes trucs ! Après je suis pas une grande fan de Smallville mais j'ai quand même regardé à une époque et effectivement... C'est ambiguë ! :D Par contre j'approuve méchamment pour Legolas et Aragorn, au bout d'un moment j'ai même pourri mes potes à force de relever chaque sous-entendu. Maintenant ils peuvent plus regarder sans s'imaginer des trucs entre eux haha ! Mission accomplie :D Idem pour Sam et Frodon !
Merci beaucoup en tout cas, encore une fois, brave Brunhylde, guerrière nordique !
Bisous ! A bientôt !
Drougael : Hey hey ! Eeeeeh oui mais plu pour longtemps ! Pour le moment la tension monte en tout cas !
Haha sa "princesse à l'eau de rose" c'est exactement ça ! Allez plus que deux-trois chapitres et il est de nouveau un homme ! Courage ! :D
Merci beaucoup !
A bientôt ! :)
Note
Ce chapitre est assez long, plus que d'habitude du moins ! En fait c'est même le plus long depuis le début de la fic ! C'est celui tant attendu du bal ! J'espère qu'il vous plaira !
Bonne lecture ! :D
Chapitre Dixième
Le reste de la journée passa extrêmement vite. Trop vite. D'autant plus qu'Hermione débarqua sur les coups de quatorze heures pour avoir le temps de nous préparer. Je me dirigeai vers l'étage avec elle, me traînant un peu, me demandant pourquoi cela prendrait des heures. Elle étendit une serviette sur mon lit et je l'observai faire, sans comprendre.
– Enlève ton pantalon, m'ordonna-t-elle.
J'allais protester mais un regard menaçant me fit taire, sa baguette pointée sur mes jambes.
– Très bien, ronchonnai-je.
– Allez plus vite ! Allonge-toi sur la serviette.
Je m'exécutai, sentant une angoisse insidieuse monter peu à peu. Peu importe ce qu'elle me réservait, je sentais que ça n'allait pas être de tout repos. Je l'observai suspicieusement pointer sa baguette sur un pot dont je n'identifiai pas le contenu. Elle revint vers moi en trottinant toute joyeuse. Je lus « cire orientale » sur le pot et je tentai immédiatement de me barrer.
– Sirius ! hurlai-je. Aide-moi !
Aussitôt, un raffut pas possible s'éleva et Hermione me lança un sortilège de jambencoton avant de verrouiller la porte de plusieurs sortilèges. Puis elle posa le pot de cire sur ma table de nuit et se jeta sur mes jambes pour m'immobiliser alors que je tentais la fuite en rampant.
– Nan ! hurlai-je en me débattant comme un beau diable.
– Harry ? Hermione ? Tout va bien ? s'inquiéta Sirius de l'autre côté de la porte.
– Tout va bien ! Je maîtrise la situation ! répondit Hermione, essoufflée, toujours écrasée sur mes jambes.
Autant dire que c'était moi qu'elle maîtrisait d'une habile clé de bras. Elle pointa sa baguette sur moi et je me retrouvai ficelé comme un saucisson.
– Ah, voilà, c'est mieux ! dit-elle en se dégageant de moi et en me replaçant sur la serviette.
J'étais complètement immobilisé et je me résignai, les yeux exorbités, en la voyant approcher son bâtonnet plein de cire de ma jambe.
– Préviens-moi si c'est trop chaud et n'oublie pas que de toute manière ce ne sera rien comparé à la douleur qui suivra, dit-elle d'un ton aimable.
– Il n'y a pas un sortilège pour que ça fasse moins mal ?
– Si mais c'est un secret bien gardé par quelques sorcières spécialisées dans la mode. Nous autres, simples sorcières, nous ne le connaissons pas. Au moins un point où nous sommes à égalité avec les moldues.
Je gémis d'anticipation alors que je sentais la cire durcir sur ma jambe.
– A trois je la retire, prépare-toi. Un, deux…
Elle arracha la bande sans prononcer le trois et je hurlai de douleur, m'agitant dans tous les sens pour soulager la sensation terrible. C'était comme si on venait de m'arracher la peau. Hermione brandit victorieusement la bande de cire devant mon nez et je crus que j'allais pleurer.
– Sirius ! Sors-moi de là ! chouinai-je alors qu'Hermione recommençait à me tartiner de cire.
J'entendis mon parrain se marrer derrière la porte, semblant avoir compris ce qu'Hermione me faisait subir. Il partit et j'entendis son rire s'éloigner. Ce fut l'un des pires moments de toute ma vie. Heureusement, mon corps sembla s'acclimater à la douleur et je me contentai de serrer les dents sur la fin. Et mieux, je n'avais pas une pilosité hyper développée et ce fut plus rapide que je l'espérai. Hermione me libéra, satisfaite, au bout d'une heure de torture intensive.
Elle m'obligea à reprendre une douche et à me laver les cheveux avec un shampooing spécial pour les boucles. Je tempêtai tout le long, arguant que je finirai par y laisser ma fierté masculine déjà sévèrement entamée. Je m'exécutai pourtant et revins dans ma chambre, seulement vêtu d'une serviette. J'avais profité de mon séjour dans la salle de bain pour mettre mes lentilles bleues et Hermione me lorgna avec un sourire satisfait.
– Ce soir Rachel Green aura les yeux bleus, dit-elle en riant. Tiens enfile ça.
Elle me tendit une robe rouge, ultra moulante et ouverte dans le dos jusqu'aux limites de l'indécence.
– Femme Fatale. C'est le seul type que Sirius aimerait avoir.
Je me renfrognai mais obéis. La robe était parfaitement ajustée, le décolleté plongeait jusqu'à mon nombril tout en couvrant parfaitement ma poitrine. Elle devenait plus bouffante au niveau de mes hanches et enveloppait élégamment mes jambes. La texture était légère, douce et je me surpris à plutôt bien vivre le fait d'être dedans. Au moins, c'était confortable !
– C'est… parfait, murmura Hermione, soufflée. Viens, je vais te vernir les ongles !
– Je suis vraiment obligé ? demandai-je d'une toute petite voix.
Le regard d'Hermione suffit à faire taire toutes les protestations que j'aurai pu tenter. Je me laissai tomber sur le lit, près d'elle et la torture commença. Elle me vernit les ongles avec application, torturant mes doigts avec des limes et autres appareils diaboliques. Elle me maquilla, exigeant que je fasse des grimaces ridicules jusqu'à satisfaction. Elle passa ensuite une bonne demi-heure à relever mes cheveux en un chignon bouclé extrêmement complexe. Elle libéra artistiquement quelques mèches et je me demandais comment des filles arrivaient à faire des choses aussi sophistiquées sans même travailler dans des instituts de beauté. Puis, elle se releva et me tendit une paire de talons noirs, très haute. J'écarquillai des yeux horrifiés.
– Hermione, je ne sais pas marcher avec des talons.
– Je sais, ils sont ensorcelés. Mets-les, tu verras, ils sont confortables comme des chaussons.
J'abandonnai toute idée de lutter contre elle et consentis à enfiler les talons. Je me relevai du lit sur lequel j'étais affaissé sans grâce. A mon grand étonnement, elle avait raison. J'étais aussi à l'aise dedans que si j'étais pied nu à même le sol.
– Mince…, soufflai-je, impressionné. J'adore la magie.
– Je t'ai déjà entendu dire ça, murmura-t-elle les yeux pétillants, me détaillant de haut en bas. Va te voir, mon très cher et très masculin Harry Potter, tu es à tomber par terre.
Je me dirigeai vers le miroir et me statufiai. Je n'étais pas Gilderoy Lockart mais je restai un instant pris au piège par mon étonnant reflet. Exit la jeune fille pas à l'aise dans son corps, il y avait là un corps de femme parfaitement mis en valeur par les courbes de la robe. Ses lèvres étaient teintées d'un rouge bordeaux soutenu et ses yeux étaient fardés d'argent se fondant dans un trait d'eye liner discret mais rendant son regard bleu de braise. La jeune fille me sourit et me fit un clin d'œil.
– Je crois que Sirius appréciera, me dit Hermione très satisfaite. Ne descends pas le voir avant que je sois revenue !
Puis elle fila sur la salle de bain.
– J'en doute, Hermione, murmurai-je tristement au vide.
Je m'assis sur le lit et attendis qu'elle revienne. Elle entra telle une tornade dans ma chambre quelques minutes plus tard. Je restai scotchée par la vitesse à laquelle elle tourbillonnait. Je me détournai pudiquement lorsqu'elle se changea. Je ris en la voyant se dépêtrer dans sa sublime robe noire. Même au bal en quatrième année elle n'avait pas été aussi incroyablement belle. Je l'observai se maquiller et se coiffer, bavassant sur la manière dont je pourrai me comporter ce soir. Elle verrouilla la porte de ma chambre et lança un sort de silence. Puis elle glissa sa baguette dans une petite poche cachée dans les voiles de sa robe.
– C'est l'occasion de séduire Sirius, me dit-elle en nouant ses talons. Vous allez devoir être proches ce soir, il ne pourra te reprocher aucun de tes gestes.
Elle se leva sur ces sages paroles et je faillis me décrocher la mâchoire.
– Hermione je pourrai devenir lesbienne, là, maintenant, dis-je avec un clin d'œil complice.
Elle me fila une petite tape sur le bras mais rougit du compliment. Je ne lui avais rien dit de ce qu'il s'était produit après la sortie en boîte et je n'étais pas certain que ce soit une bonne chose qu'elle sache. J'aimais bien trop la voir sourire.
– Tu es magnifique, je ne sais pas comment te le dire autrement. Ron est un chanceux.
Elle eut un rire joyeux et regarda l'heure sur ma montre d'homme abandonnée sur un coin du bureau.
– Il est grand temps d'y aller. J'ai croisé Sirius, il a pris ma place dans la salle de bain toute à l'heure. Je suis curieuse de savoir comment il sera vêtu.
– Elégant, comme d'habitude. Il pourrait y aller en pyjama, il serait toujours le plus bel homme de la soirée, soupirai-je.
Hermione posa une main compatissante sur mon épaule. J'étais à peu près certain que tous les regards seraient tournés sur lui. Sur nous deux, me repris-je en voyant mon reflet très féminin et hautement séduisant. Dire que le bracelet m'avait donné ce corps pour exaucer mon désir de le séduire. Il n'y avait bien que moi que je séduisais en ce moment. Mon existence était vraiment pathétique !
– On y va, me dit-elle et je la suivis.
Je descendis les escaliers à sa suite, avec un peu de retard. Quand j'atteignis les dernières marches je l'aperçus en train de discuter avec Sirius qui s'assurait que ses boutons de manchette tenaient bien. Je restai bouche bée, bloqué dans l'escalier. Il avait conservé sa barbe et j'en étais ravi, j'adorais l'air un peu canaille que ça lui donnait. Il avait passé une redingote très longue, cintrée à la taille et donnant l'effet d'un vêtement à mi-chemin entre mode moldue et sorcière. Son pantalon était celui d'un costard et, dessous, une chemise rouge embellissait davantage le tout. Il avait rejeté négligemment ses cheveux en arrière, encore humides de sa douche. Cela leur donnait un effet coiffé-décoiffé à tomber par terre. Je n'avais pas peur de dire qu'il était clairement le plus bel homme que j'aie vu de toute ma courte vie. Il se tourna vers moi et bloqua quelques secondes, puis, élégant à en crever, dans la peau du parfait sang-pur qu'on l'appelait à être, il se dirigea vers ma silhouette figée.
Il me tendit la main et me fit un sourire charmeur, un peu troublé.
– Ne dis rien, je t'en supplie, lui dis-je alors qu'il ouvrait la bouche.
Il se tut et on sourire s'élargit, plus équivoque que des mots. Je plaçai ma main dans la sienne, ignorant la sensation de chaleur que cela généra. Il me fit descendre les dernières marches. Je vis son regard s'attarder sur mon corps, puis remonter sur mon visage sans rien dire. Il me tendit son bras et je passai le mien autour, délicatement, comme par peur de me brûler. Il se pencha à mon oreille avant que nous ne transplanions :
– Tu es à croquer.
Je levai les yeux au ciel sans pouvoir m'empêcher de rougir un peu et c'est ainsi que je débarquai dans le hall de l'hôtel, le teint assorti à me tenue. Je me ressaisis vite et vis Hermione se hâter de rejoindre Ron qui avait l'air aussi heureux d'être là que l'une des réceptionnistes ronchon à ma droite.
Je me recomposai un air droit, malicieux ce soir Rachel Green serait une séductrice, d'hommes de femmes et surtout… surtout, très amoureuse de son compagnon. Je sondai d'un regard cryptique les quelques couples déjà présents. Sirius attira immédiatement le regard et celle qui l'accompagnait également. Il nous fit avancer vers une réceptionniste à l'air plus jovial quand Ron et Hermione nous eurent rejoints. La jeune femme l'observa et rougit sous son regard intense. Elle se tourna vers moi dans l'espoir de trouver un peu d'air frais mais je lui envoyai également le même regard avec un sourire ravageur.
– Euh je… vous êtes ? demanda-t-elle.
– Ronald Weasley et sa compagne Mademoiselle Hermione Granger, dit Sirius en s'effaçant pour la laisser apercevoir Ron et Hermione.
Elle fouilla son registre et annota quelque chose à côté de leurs noms.
– Et vous ? dit-elle d'une toute petite voix, rouge comme ma robe.
La pauvre avait l'air sympathique comme tout et elle perdait tous ses moyens. Mais c'était bien trop drôle pour qu'il s'arrête en si bon chemin.
– Lord Sirius Black et sa délicieuse compagne Rachel Green, annonça-t-il d'une voix basse, chaude.
Elle s'empourpra davantage et je lançai un regard en coin à Sirius. Elle allait mourir s'il continuait. Elle hocha la tête et nous indiqua la direction de la salle de réception. Je passai près d'elle et effleurai sa hanche d'une main légère.
– Vous êtes a-do-ra-ble, lui chuchotai-je avant d'être entraîné par Sirius.
Elle rougit de plus belle et je me laissai entraîner loin d'elle. Je tins quelques secondes avant de pouffer.
– La pauvre, murmura Hermione à mes côtés mais son sourire amusé traduisait sa véritable pensée.
Nous pénétrâmes la salle ou un brouhaha ténu s'élevait venant de chacune des nombreuses personnes présentes. Kingsley nous aperçut et s'excusa auprès du groupe qui l'entourait. Puis, il se dirigea immédiatement vers nous, semblant soulagé. Il étreignit brièvement Sirius sous les regards discrets des autres convives.
– Kings, content de te voir, lui dit Sirius d'un ton enjoué. Tu viens de remonter ta côte de popularité de quelques points dans les sondages.
– Si j'avais eu Harry Potter dans mes bras, j'aurai été assuré de gagner les prochaines élections, plaisanta-t-il en saisissant ma main. A qui ai-je l'honneur ?
Hermione retint un rire alors que Kingsley avait un sourire hautement amusé. Mais je décidai de jouer son jeu.
– Rachel Green, je suis la compagne de Sirius, répondis-je d'une voix onctueuse, assez forte pour que les quelques personnes autour de moi entendent.
Je vis le sourire extrêmement ravi de Sirius. Kingsley se pencha et effleura ma main de ses lèvres. Je faillis craquer et m'écrouler de rire à ce moment-là.
– Enchanté, Monsieur le Ministre, minaudai-je.
Si peu de gens étaient au courant de ma condition actuelle. J'aperçus Molly et Arthur au loin et ce dernier me fit un signe discret de la main, très élégant dans son costume moldu. Molly l'était également ayant revêtu une très belle robe noire. J'oubliais parfois qu'ils étaient des Sang-Purs. Je pus également voir George, Seamus, Neville, Dean, Luna, qui était revenue de voyage il y a peu, et plusieurs autres têtes connues. Ceux-ci s'avancèrent sur nous et Kingsley se retira après avoir échangé quelques mots avec Sirius qui riait doucement.
– Sirius, lança George d'une voix inquiétante. Tu ne nous présentes pas la charmante demoiselle qui t'accompagne.
Sirius sourit et me saisit doucement par la taille alors que je tournai mon visage vers lui, attendant qu'il me présente.
Neville, Seamus et Dean, m'observaient, la mâchoire presque pendante. Je me retins de tout leur dire. Peut-être était-ce drôle ce soir mais si cela se savait je serai en danger. Et si j'étais en danger, Sirius l'était également et ça je ne pouvais le tolérer.
– Je vous présente ma compagne, Rachel Green, dit-il d'une voix douce, déposant un baiser extrêmement affectueux sur ma tempe.
Je leur offris un sourire charmeur et Neville rougit sous le regard d'incompréhension de Luna.
– Rachel Green ? souleva-t-elle en me regardant.
Je soutins son regard avec bienveillance.
– Green, étrange quand on a les yeux bleus.
Elle avait compris. Elle avait compris ! Comment ? J'échangeai un regard avec Hermione qui balaya la remarque de Luna d'un revers de main. Cette dernière s'avança et me serra dans ses bras. Je lui rendis son étreinte, feignant d'être mal à l'aise.
– Je suis contente de te revoir, Harry, murmura-t-elle.
– Moi aussi, mais ne dis rien aux autres, lui répondis-je discrètement, le visage enfoui dans ses cheveux blonds.
– Je n'en avais pas l'intention.
L'évidence même. Puis elle partit, emportant avec elle Neville, Dean et Seamus. Puis le défilé commença. Fudge vint même me faire du gringue lorsque Sirius partit nous chercher des verres.
– Monsieur Black a beaucoup de chance, me fit-il remarquer, le regard brillant.
– Lord Black, le repris-je machinalement.
– Oui, oui, Lord Black. Dites-moi Mademoiselle Green, je ne vous ai jamais rencontré avant, quelle profession exercez-vous ?
– Je m'attèle principalement à sauver de monde de la bêtise des gens au pouvoir, répondis-je vaguement.
Il eut un rire un peu nerveux mais ne se retira pas à mon grand dam.
– Et à quoi occupez-vous votre temps libre, loin de la bêtise de ces gens ?
– Oh leur bêtise n'est jamais très loin, croyez-moi sur parole, Monsieur Fudge. Quand à ce que je fais de mon temps libre… tant de choses, mais aucune que vous ne deviez savoir, répondis-je d'un ton mystérieux avec un sourire malicieux.
Il rit à nouveau, de plus en plus mal à l'aise, et tritura le bas de son verre à pied. Ridicule petit homme.
– Peut-être m'accorderez-vous une danse ce soir ?
– Je me réserve à mon compagnon, vous comprendrez aisément pourquoi. Il est très possessif, fis-je semblant de déplorer sur le ton de la confidence, ce qui eut pour mérite de le faire pâlir.
– Oh… je… vous savez, je connais un peu votre compagnon et…
Un regard noir de ma part le fit blêmir davantage. Il voulut s'enfuir avant que Sirius ne revienne mais celui-ci était déjà là. Je tentai de ne pas sursauter lorsqu'il me saisit fermement par la taille, lançant un regard mauvais à Fudge qui se ratatina sur place.
– De quoi discutiez-vous avec ma merveilleuse compagne ? demanda-t-il d'une voix innocente, me tendant mon verre avant de déposer un baiser sur ma main libre.
Je me maîtrisai pour ne pas sursauter sous le contact et rougir comme une jeune fille en fleur.
– Oh et bien, je lui disais que… que je me satisfaisais de votre réhabilitation. Vous savez, je n'ai jamais approuvé votre enfermement…
Je le coupai d'un rire discret.
– Oh Monsieur Fudge ne soyez pas si futilement idiot, dis-je d'une voix si douce qu'on aurait pu croire que je poursuivais une conversation agréable.
– Je vous demande pardon ? S'offusqua-t-il.
– Vous avez été le premier à condamner Sirius dès que vous avez pu. Il était trop riche, trop influent, trop puissant. Vous n'avez pas pleuré quand il a été condamné. Non, je sais de source sûre que vous l'avez fêté.
J'avais eu le loisir d'en discuter avec Dumbledore de son vivant. Je n'avais jamais compris comment même son témoignage n'avait pu empêcher la condamnation de Sirius. Fudge avait simplement fait barrage.
– Comprenez bien, Monsieur Fudge, que je vous méprise et que ce n'est qu'une bagatelle face à ce que je vous ai haï il y a peu quand j'ai su que vous l'aviez privé de douze ans de sa vie. Alors ne vous avisez pas de me faire perdre mon calme en proférant des mensonges à l'ambition écœurante. Sur ce, je vous souhaite de passer une agréable soirée.
J'esquissai un courbette très ironique devant lui et reculai de deux pas. Quelques personnes avaient entendu mes mots et je vis même une jeune femme pouffer, cachée derrière son mari. Je saisis le bras de Sirius et m'éloignai en sa compagnie. Ce dernier était soufflé et posait un regard étrange sur moi. Je portai à mes lèvres ma coupe et la descendis d'une traite.
– Quel petit con arrogant, chuchotai-je perdant toute notion d'élégance pendant une demi-seconde.
– Ton vocabulaire est plus étendu que je ne le croyais.
– Evidemment, Sirius, je suis un Lord moi aussi. Tu croyais que j'allais lambiner et laisser les affaires de ma famille couler ?
Il parut surpris. Heureux de savoir qu'il m'avait pris pour un crétin d'adolescent sans répartie. Je savais me comporter en société. Je savais même très bien me comporter et distiller mon venin derrière toute la dentelle que cela nécessitait. Et si j'en croyais les regards curieux tournés vers moi, j'avais plutôt réussi mon coup ce soir.
– Tu es étonnant, et à moi ce soir, alors ne t'avise pas d'accorder une danse à qui que ce soit d'autre, murmura-t-il au creux de mon oreille.
Je frissonnai sous le regard étonnamment sérieux qu'il me lança et la prise qu'il raffermit sur ma taille, me collant un peu plus à lui.
– Sirius… commençai-je mais je fus coupé par l'arrivé d'un vieil homme, accompagné de sa femme.
Je reconnus Edgard Praxis, le directeur du département de la justice magique. Une personnalité donc et qui soutenait Kingsley. Alors, autant faire bonne impression.
– Quel couple charmant ! s'exclama-t-il, puis continua à voix plus basse : si ce n'est le plus charmant si on exclut ma merveilleuse épouse et moi-même.
Sirius eut un rire de circonstance qui aurait sonné vrai pour n'importe qui ne le connaissait pas vraiment. Mais il ne me trompait pas un instant. Il était exquis mais tellement peu lui-même. Je leur adressai un sourire bienveillant et Sirius me présenta. L'homme me salua ainsi que sa femme a l'air plutôt sympathique, Mirena Praxis. Elle me saisit le bras.
– Laissons les hommes entre eux, voulez-vous. La politique ce n'est pas mon rayon, dit-elle avec un sourire en m'entraînant à sa suite.
Je l'approuvai histoire de donner le change bien qu'en réalité j'aurais aimé savoir ce qu'il se disait. Mais j'étais certain que Sirius me rapporterait tout. Vu son air sombre, l'homme avait dû aborder le sujet de sa condamnation.
Elle jeta un œil au buffet rempli à une dizaine de mètres de nous et je salivai devant les mets présents. Je me resservis une coupe d'alcool au bar et observai de loin le buffet garni.
– Et quel est votre rayon, Mirena ? demandai-je afin de faire la conversation.
Elle allait me répondre quand la voix de Kingsley retentit.
– Mes très chers amis, associés et futurs associés, dit-il avec un sourire amusé. Je suis ravi de vous avoir près de moi ce soir afin de célébrer non pas la fin de la guerre, mais le début de la paix que vous avez tous contribué à ramener. J'ai l'honneur de vous annoncer que le Ministère a été entièrement rebâti sur de nouvelles fondations, plus humaines, plus fraîches. C'est ce que nous devons fêter ce soir. Et quoi de mieux qu'un peu de danse… ?
Il frappa dans ses mains et un rideau se leva derrière lui. Un groupe de musicien était prêt à jouer et quelques couples se mirent en place sur la piste de danse. Je cherchai Sirius du regard alors que Mirena me laissait m'échapper.
« J'aurai pas dû boire. J'aurai. Pas. Dû. Boire » me répétai-je en sentant l'alcool faire son effet. Je le retardai du mieux que je le pus, me composant une allure droite et laissant l'adrénaline de l'angoisse m'envahir et chasser temporairement la brume de mon esprit.
J'avançai à l'aveugle dans la foule quand soudain deux bras passèrent sur mes hanches. Je sursautai mais reconnus l'odeur de Sirius. Il embrassa ma joue et je fermai les yeux sans pouvoir m'en empêcher. Je soupirai, soulagé, et il saisit ma main. Il me guida sur la piste avec une élégance rare. J'angoissais vraiment mais je n'en laissais rien paraître sauf pour un œil avisé. Tous les regards étaient sur nous alors que seule une demi-douzaine de couple avaient décidé d'ouvrir le bal.
Nous nous mîmes en place et je fixai mon regard dans celui de Sirius qui esquissa un sourire confiant. Il saisit ma taille et me ramena légèrement contre lui. Je laissai ma main reposer sur son épaule.
– Guide-moi ou je vais faire n'importe quoi, soufflai-je dans le silence qui germait.
– Détends-toi et concentre-toi sur moi, uniquement sur moi, murmura-t-il.
Pas très compliqué, ça faisait des années que je ne me concentrai qu'exclusivement sur lui. J'obéis et ne pensais plus qu'à lui, oubliant les autres couples, oubliant que d'autres nous regardaient. Juste lui et ma main dans la sienne, celle dans le creux de ma taille. Et ses yeux qui pétillaient.
Les premières notes s'égrenèrent, mélancoliques, épurées, sublimes. Et Sirius m'entraîna avec lui. Je suivis ses pas, le regard rivé dans le sien, mon corps semblant ne peser guère plus qu'une plume. Je sentis à nouveau une alchimie totale s'établir entre nous et je me perdis simplement dans son regard. Il m'envoyait parfois tournoyer seul et je revenais à lui, inlassablement. Il recueillait à nouveau ma main en douceur et son bras épousait ma taille à m'en rendre fou. J'anticipais ses mouvements, les suivants sans difficultés. C'est pourquoi je ne fus pas surpris lorsqu'il me saisit et me souleva sans effort me faisant tournoyer avant de me laisser retomber en douceur. Puis il nous fit à nouveau tourbillonner sur la piste avec une volupté incroyable. Le morceau s'acheva et j'eus l'impression de m'éveiller d'un rêve particulièrement doux. Je clignai des yeux et le décor apparut à nouveau sous les applaudissements nourris de la foule. Déjà les couples pour le deuxième morceau se mettaient en place.
Sirius m'entraîna hors de la piste et j'émis un rire nerveux avant de me recomposer une allure droite. Hermione et Ron nous observaient, les yeux ronds. Ainsi que la plupart des personnes présentes.
– C'était magnifique, je n'avais jamais vu ça de toute ma vie ! s'exclama Hermione en se maîtrisant pour que sa voix ne porte pas trop. Comment avez-vous fait pour apprendre en si peu de temps ?
Je restai muet, désarçonné par la danse et l'alcool qui se frayait un chemin dans mon esprit, et Sirius prit la parole à ma place.
– J'ai eu un élève plutôt réceptif, expliqua-t-il en riant.
– Et moi un bon professeur, je n'avais pas la moindre idée de ce que je faisais, dis-je d'une voix blanche, l'angoisse passée.
– Ce n'est pas ce qui transparaissait Ha… Rachel, me contredit Ron en se retenant visiblement de me filer une bourrade amicale qui m'aurait envoyée au tapis et attisé la méfiance des autres invités.
Je ne regrettai donc pas une seule seconde qu'il ne le fasse pas, vu ma stature, il réussirait juste à me décrocher les poumons. Je saisis la coupe de Ron et la vidai d'une traite sous leurs regards médusés.
– J'ai soif, me défendis-je.
Et c'était vrai. Et puis j'avais besoin d'évacuer le stress que la perspective de cette danse avait généré et celui plus vicieux que la présence de Sirius partout autour de moi faisait doucement enfler. Ron et Hermione partirent et Sirius, sentant les regards posés sur nous, s'appliqua à me replacer une mèche derrière l'oreille.
– Mademoiselle Green est-elle satisfaite de sa soirée ?
– Je crois que je suis bourré. J'ai l'impression de flotter, annonçai-je d'une voix neutre.
Bon sang, je n'avais bu que trois verres et voilà que déjà je me retenais de glousser.
– Tu peux faire bonne figure le temps qu'on traverse la salle ? me demanda-t-il d'un ton soucieux. J'ai quelque chose pour ça.
Je hochai la tête et il me guida doucement vers la sortie de la salle. Evidemment nous nous fîmes alpaguer par plusieurs invités et Sirius écourta autant que la politesse le lui permettait. Quand enfin nous sortîmes, au bout d'une demi-heure, je ne marchais plus très droit et seul Sirius m'aidait à passer pour sobre désormais. Il s'avança vers la timide réceptionniste et la taquina un peu afin d'obtenir les clefs de notre suite. J'ignorai ce qu'elle lui dit mais le regard qu'elle nous lança était sans équivoque, elle avait viré au cramoisi. Je lui lançai un sourire sincère et je suivis Sirius dans les escaliers. Il me laissa passer mais je titubas et je me serai écroulé s'il ne m'avait pas récupéré et balancé comme un vulgaire sac à patate sur son épaule. Il émit un rire grave et monta énergiquement les marches, indifférent du fait que me secouer ainsi n'était pas une sage idée. Je le soupçonnai presque de le faire exprès.
Il saisit mieux les clefs en main et ouvrit une porte dans un long couloir désert. Il me fit entrer et me lâcha sur le lit sur lequel je m'effondrai, sans vie.
– Harry, reprend-toi on dirait un cadavre, me dit-il.
Je grognai, boudeur, et me redressai.
– Tiens, me dit-il après avoir fouillé dans une poche, apparut seulement après un coup de baguette sur son costume.
Je saisis la fiole qu'il me tendait.
– Je t'ai déjà dit que tu étais vraiment un très bel homme ? ahanai-je, le regard vague.
– Ce soir ? Oui, ton regard me l'a dit une bonne centaine de fois, je crois.
– Fichu regard, pestai-je et cela arracha un rire à Sirius.
– Allez bois avant de dire d'autres bêtises.
– C'était pas des bêtises, dis-je avant de descendre cul-sec le contenu de la fiole.
Je faillis le recracher. C'était infect. Mais aussitôt je sentis les brumes se retirer de mon esprit. L'énergie circula à nouveau dans mon corps et je me sentais étrangement frais et dispo. Je lançai un regard étonné à Sirius, sans m'attarder sur le fait que je venais tout bonnement de me ridiculiser.
– Ah si, c'était des bêtises. Oublie ça.
Des grosses bêtise même ! Merlin ! Sirius leva les yeux au ciel et émit un rire un peu moqueur.
– Je sais que je suis diablement séduisant.
– Diablement arrogant tu veux dire. Au fait, c'est quoi exactement ? demandai-je en lui agitant la fiole devant le nez.
– On utilisait ça avec James et Remus quand nous voulions que la fête dure plus longtemps. Il y a un ingrédient pas très légal dedans, c'est pour ça que je ne préfère par te le faire boire en public, expliqua-t-il avec une grimace d'excuse à la mention de l'ingrédient illégal.
Je me relevai et regardai, écœuré la fiole que je lui plaquai contre la torse pour qu'il la récupère. Il la glissa dans sa poche et tapota sa redingote pour la faire disparaître.
– Va te rafraîchir, je t'attends, m'indiqua-t-il.
Je pris aussitôt le chemin de la salle de bain. Je me rinçai le bouche et me gargarisai avec du dentifrice, bénissant le rouge à lèvre d'Hermione que même du démaquillant avait du mal à faire partir. Je rajustai un peu ma coiffure mais à part ça rien n'avait bougé. Satisfait et franchement pas d'humeur à passer trois heures dans la salle de bain, je rejoignis Sirius.
– C'est reparti ? me demanda-t-il en me présentant son bras.
– Oui, confirmai-je en saisissant son bras.
Nous descendîmes et passâmes devant la réceptionniste à qui Sirius fit un clin d'œil. Je me retins de rire et me rebâtis une façade impassible. La musique se déversait toujours dans la salle et je rejoignis le buffet où Ron avait élu domicile, accompagné d'Hermione. Sirius partit discuter avec diverses personnalités dont je ne connaissais pas la moitié des noms. Je saisis une coupe que je descendis, et une deuxième. Je n'en pouvais plus de ces mondanités et le remède miracle de Sirius m'assurait que je ne m'ennuierai pas ce soir.
Ron était en train d'avaler discrètement des quantités astronomiques de nourriture et je déplorai mon estomac plus maigre. Je me serai volontiers empiffré avec lui. A la place, je saisis délicatement un petit four entre mes doigts et le portais à ma bouche. Un plat arriva soudain tout droit des cuisines. Des petits toasts au foie gras ou quelque chose y ressemblant. Mirena s'approcha et en saisit un avec un sourire complice. Puis, elle s'enfuit en croquant dedans. Je saisis à mon tour un petit toast et Ron fit de même avec un intérêt soudain. Mais une odeur sur la viande me fit reculer l'aliment de ma bouche. Je reniflai discrètement.
– Ron ! dis-je soudain, l'interrompant alors qu'il allait le porter à sa bouche. La viande est daubée, ne mange pas ça.
Il reposa le toast, dégoûté. Mais je portai à nouveau le mien sous mon nez. Quelque chose n'allait pas. J'écarquillai soudain les yeux en reconnaissant l'odeur.
– C'est du poison ! m'exclamai-je en balançant le plat par terre qui provoqua un bruit monstrueux, répandant ensuite un silence de mort. Vous tous, ne touchez plus à rien sur le buffet ! Où est Mirena Praxis ?!
Ma voix porta suffisamment pour que tout le monde se taise et que les musiciens s'arrêtent. Je cherchai frénétiquement Mirena et déjà des murmures paniqués se faisaient entendre. Je la trouvai au moment où elle s'écroulait au sol, ses mains serrant sa gorge, les yeux injectés de sang. Elle mourut en quelques secondes et son dernier soupir projeta une marée de sang. Des cris se firent entendre et une panique sans nom s'empara de la salle.
A suivre…
Blabla de J' :
Désolée d'avoir coupé là mais bon vous commencez à être habitués aux coupures de grosse sadique haha !
Concernant la valse, au cas où ça vous intéresserait, j'ai écrit la scène en écoutant un morceau de Byung Woo Lee qui s'appelle Epilogue et qui est juste magnifique ! Je vous le conseille très fortement !
En tout cas, il reste encore un chapitre sous forme féminine pour ce pauvre Harry qui galère sévère !
Petite question HS (comme d'hab') : quel couple « shippez-vous » le plus hors fandom HP ? :D
J'espère que ça vous aura plu !
Je vous dis à très bientôt et je vous envoie plein de bonnes ondes en ces jours pluvieux (du moins par chez moi) !
Lot of love,
Jelyel
