Bonjour bonjour !
Me revoici avec le chapitre suivant ! J'ai été heureuse de constater que vous avez apprécié le chapitre précédent, avec les explications du passé d'Hermione. Apparemment, cela vous a semblé logique, alors tant mieux ! J'essaie vraiment d'approfondir mes personnages, leurs ressentis, leurs passés respectifs… Il n'y a rien de pire qu'une réaction ou une réplique injustifiée qui tombe comme un cheveu sur la soupe ! Je suis donc ravie que cette suite vous convienne ! Merci à tous ceux qui ont pris le temps de poster une review…
C'est décidé, il reste encore un ou deux chapitres à cette fiction. Je ne pense pas que ce ne sera guère plus long (que de négations ! ^^). Pour les fans de fics longues, je n'en suis pas, mes excuses ! Mais comme je rallonge es chapitres, je ne vais pas vous faire tourner en bourrique et repousser encore le dénouement. Je préfère les fictions moyennes, sinon, pour ma part, je m'y perds. Mais ce n'est que mon avis ! Quoi qu'il en soit, cette fiction s'achève bientôt ! Alors merci de m'avoir suivie et vos efforts d'attente vont bientôt être récompensés !
Vous allez ici assister au Bal du Ministère, ce fameux bal qui a été l'objet d'un chantage fait par Draco à Hermione (contre le silence de Rita Skeeter, rappelez-vous…). Vous trouverez aussi une allusion à un pic de glace, rappelez-vous de Basic Instinct avec la sublime Sharon Stone… Je ne sais pas pourquoi mais Hermione me fait un peu penser à elle )
Allez, assez blablaté, hop, en selle !
Chapitre XI : LE BAL DU MINISTERE
Le Bal du Ministère. Dans seulement trois jours. Hermione ne s'était pas rendu compte que l'évènement s'approchait à grands pas. Heureusement, il lui restait un peu de temps pour élaborer une stratégie de défense – ou plutôt, un plan d'attaque.
Le seul soutien sur lequel elle pouvait compter durant la soirée était Ron mais, lorsqu'il la verrait au bras de Malfoy, il risquait fortement de retourner sa veste. C'était comme cela que Ron réagissait. Il se butait, cherchait les explications après et ainsi doutait si facilement des certitudes les plus fortes qu'il pouvait avoir. Comme ses amis. Malgré leur récente réconciliation, Hermione devinait que le Ministre de la Magie ne pencherait pas officiellement en sa faveur, surtout en présence d'autant de personnalités, dont certaines lui tournaient volontiers le dos et attendaient un seul faux pas de sa part pour lui assener un coup fatal.
Malgré son appréhension à retrouver cette ambiance voluptueuse des réceptions, Hermione ne voulait pas se laisser marcher sur les pieds. Cette soirée serait décisive pour son image, pour l'opinion des gens à son égard - et indirectement de son travail. Elle risquait de se brûler à tout moment et Malfoy le savait parfaitement. En quelques secondes, elle pourrait être élevée au rang de sauveuse de la communauté magique britannique ou être précipitée dans l'enfer des traîtres à leur patrie. A cause d'un regard, un mot. Cette facilité à manipuler l'opinion publique, si versatile, s'avérait consternante et alarmante.
Non, elle ne faillirait pas. Elle allait devoir la jouer très finement, avec tact et diplomatie. Mais, pour en avoir longuement parlé avec Ron, elle était persuadée que la supériorité des sangs purs était passée de date. Une idée périmée qui avait fait son chemin. Les Parkinson er même Malfoy raisonnaient encore avec leurs principes obsolètes de nobles déchus de leur trône. Aveugles, ils fermaient les yeux à l'évolution des mentalités. C'était leur seule erreur, d'ailleurs. Celle qui provoquerait leur chute.
Draco espérait ainsi qu'elle commette une bévue impardonnable afin qu'elle accourt dans ses bras. Car elle savait qu'il avait le pouvoir de la blanchir de ses fautes aux yeux de tous. Il l'obligerait auparavant à coopérer pour confondre le Ministre de la Magie. Ingénieux mais risqué.
Ce qu'elle fit en premier fut d'aller voir Ron. Il valait mieux qu'elle aplanisse le terrain avant le bal. Le prévenir était de loin la meilleure chose à faire. Ainsi éviterait-il de réagir comme un Scroutt à pétard. Si le Ministre de la Magie lui témoignait sa confiance, même au bras de Malfoy, la donne en serait changée. S'il la rejetait, elle n'aurait personne vers qui se tourner - excepté Malfoy, ce qu'elle voulait à tout prix éviter ! Elle devait avant tout assurer ses arrières.
Ce fut la suédoise et blonde Mme Weasley qui ouvrit la porte quand elle sonna. La première pensée qui traversa son esprit fut que Ron avait beaucoup de chance. La magnifique jeune femme qui lui faisait face semblait très douce.
- Bonjour, je suis Wilma ! se présenta-t-elle avec un large sourire et un fort accent nordique.
- Enchantée, Hermione ! répondit-elle en lui serrant courtoisement la main.
La maîtresse de maison l'introduisit dans le hall et l'informa qu'elle allait chercher Ron qui se trouvait dans son bureau. Hermione ne put s'empêcher d'observer la maison, peut-être un peu trop vaste pour un couple seul. La modernité du mobilier s'accordait avec la décoration épurée. Le tout était élégant mais un peu inanimé, froid. Hermione se sentait seule dans cet immense hall. Par contre, le contraste avec le Terrier était frappant. La jeune femme préférait de loin l'ambiance bruyante et chaleureuse de ce capharnaüm permanent qui y régnaient. Le Terrier avait été son second foyer quand les Mangemorts avaient assassiné ses parents. Puis la demeure des Weasley était devenue un second repère pour l'Ordre, avant que les sbires de Voldemort ne le rasent par cette funeste nuit où beaucoup de membres de l'Ordre avaient péri. Ron avait beaucoup souffert de la pauvreté de sa famille et voulait à tout prix subvenir aux besoins de la sienne pour éviter les moqueries qu'il avait subies plus jeune. Désormais, il était quelqu'un de respectable. Mais ces réflexions n'empêchèrent pas la jeune femme de se sentir un peu à part dans ce milieu luxueux et lointain de la politique.
Wilma Weasley revint, lui adressa un joli sourire et l'invita à la suivre. Elle l'introduisit dans un petit salon plus chaleureux, au mobilier simple. Hermione prit place sur un canapé de cuir beige et remercia son hôte qui lui apporta un thé à la menthe.
- Ron arrive tout de suite ! précisa la maîtresse de maison.
En effet, le rouquin débarqua quelques minutes plus tard, les cheveux ébouriffés et la chemise boutonnée de travers. Il semblait sortir de l'étude d'un dossier épineux. Mais un sourire ravi éclairait son visage. Il salua son amie chaleureusement, comme s'ils ne s'étaient pas vus depuis des années - ce qui n'était pas très loin de la vérité. Wilma s'effaça discrètement.
- Alors, que me vaut le plaisir de ta visite, Hermione ? lança Ron gaiment.
- Tu as l'air d'avoir du travail, je ne vais donc pas y aller par quatre chemins ! Tu as sûrement eu vent des rumeurs qui courent à mon sujet, celles concernant le mariage des Smith...
- En effet, oui... répondit prudemment le jeune homme, l'air gêné, comme s'il y avait cru.
- Eh bien ce "haut dignitaire" n'est autre, tu le devines, que Malfoy ! Or, il me fait un chantage ignoble dont lui seul est capable. Il arrête ces rumeurs à mon sujet si je viens au Bal du Ministère...
- Et il y gagne quoi ?
-... à son bras ! acheva Hermione, l'air abattu.
- Et tu as accepté ? s'exclama Ron, éberlué.
- J'ai le choix ? Ron, j'ai envie que ces rumeurs cessent ! Je veux que les gens sachent la vérité ! Je n'en peux plus des regards soupçonneux, des quolibets ! Skeeter me harcèle jusque chez moi. Pendant le Bal, je pourrai leur prouver mon innocence !
- Dans les bras de Malfoy ! Ca m'étonnerait que ça soit très convaincant ! ricana Ron d'un ton moqueur qui la blessa.
- J'ai quelques idées sur la chose... murmura Hermione avec un sourire malicieux. Malfoy n'est pas au bout de ses surprises !
Ron parut un peu rassuré mais ne quitta pas sa moue dubitative.
- Pourquoi me parles-tu de tout cela ? Tu attends peut-être de l'aide mais sache que je ne pas en mesure de...
- Mais non ! l'interrompit Hermione, exaspérée.
- Tu sais, Malfoy et Parkinson ne me laissent aucune marge de manœuvre… se justifia le rouquin à tout vitesse.
- Ron, je sais ! Je t'en parle car tu es mon ami et que je ne veux pas que tu me tournes le dos une nouvelle fois si tu me vois avec Malfoy !
La franchise d'Hermione parut blesser Ron. La jeune femme le regretta mais préférait lui dire la vérité.
- Je comprends, répondit simplement Ron, tentant vainement de cacher sa déception. Sache simplement que ma position n'est pas plus aisée que la tienne. Je suis sur un siège éjectable, comme diraient les Moldus. Ils n'attendent qu'un seul faux pas pour m'exécuter !
- Je sais. Je ne peux pas vraiment te rassurer, hormis que l'élection du prochain Ministre de la Magie approche et que tu as bien préparé le terrain. Tu as très bien assuré l'intérim !
Un faible sourire éclaira le visage du rouquin. Visiblement, ces paroles lui avaient fait chaud au cœur. Quant à elle, Hermione ravala une remarque acerbe : elle n'était pas convaincue que sa position soit plus enviable que celle de Ron !
- Tu te représenterais ? demanda-t-elle par curiosité.
- Oh non ! s'exclama Ron d'un air dégoûté. Ces quelques mois m'ont amplement suffi ! Je ne me sens pas l'âme d'un politicien !
Comme elle le savait susceptible et que ce n'était surtout pas le moment de créer des conflits, Hermione se garda bien de lui dire qu'elle approuvait cette remarque.
Ils discutèrent encore un peu puis prirent congé, après que Ron lui eut fait promettre de revenir prochainement.
De retour chez elle, Hermione commença à fouiller dans sa garde-robe, dans la penderie proscrite, celle qu'elle n'ouvrait jamais. Celle qui contenait tous ses bijoux et ses tenues somptueuses. Celle qui datait de la période de la Veuve Noire. Elle s'était longtemps demandé ce que cela lui ferait de rouvrir ces vieux placards, de brasser ces souvenirs. Ce ne fut pas si horrible que ce qu'elle s'était imaginé. Elle fouilla un moment puis sortit de la penderie une longue robe rouge. Un sourire en coin étira le coin de ses lèvres.
Le grand soir. Dans quelques heures. Hermione n'était pas trop angoissée. Avec les années, elle avait su gérer son stress. Même si ce bal était extrêmement important pour elle : soit elle signait son rachat aux yeux de tous, soit son arrêt de mort... Peu réjouissant. L'enjeu était pour elle énorme. Mais Hermione Granger n'était pas de ceux qui baissent les bras ou se laissent ronger par l'éventualité d'un échec.
C'est pourquoi elle mit un point d'honneur à avoir une tenue irréprochable. Elle attirerait les regards. Comme jadis. Mais pas de la même façon. Autrement. Sa démarche ne serait pas calculée pour être sensuelle et pour accrocher le regard des époux sorciers. Ses coups d'œil ne seraient plus langoureux et aguicheurs. Elle serait elle. Enfin, pas totalement. Probablement devrait-elle ravaler des répliques acérées envers les serpents qui feraient tout pour lui faire perdre pied. Rien que la présence de Malfoy à ses côtés serait un handicap loin d'être négligeable. Cela générerait des observations moqueuses, des commérages certains et des chuchotements sur son chemin. Mais elle avait l'habitude. Et c'était la condition à accepter pour participer à ce bal. Bien entendu, elle partait avec un boulet énorme au pied, blond aux yeux gris. Malfoy s'imaginait certainement qu'elle n'aurait aucune marche de manœuvre avec lui pendu à son bras. Il allait probablement la coller toute la soirée comme un ver à un cadavre en état de décomposition. Qu'importe ! Hermione tenait sa chance rien n'était joué.
La jeune femme prit une douche, se couvrit de crèmes parfumées, s'épila, appliqua quelques soins sur sa peau. Finalement, se dit-elle, transformée en sushi avec sa serviette enroulée autour d'elle, ce n'est pas si désagréable de prendre du temps pour soi. Lorsqu'elle fut impeccable jusqu'au bout des ongles, la jeune femme revêtit sa robe. Et quelle robe ! Une robe de soie rouge sang, longue, avec un bustier qui mettait en valeur sa poitrine et dégageait la finesse de son cou et de ses épaules. A partir de la taille, le tissu s'évasait en plis élégants jusque par terre, couvrant les escarpins noirs qu'elle avait chaussés. Une chaînette en or vint parfaire sa tenue, assortie à une paire de boucles d'oreille. Une larme de rubis achevait la parure.
Puis vint le temps du maquillage et de la coiffure. Mais elle savait exactement ce qu'elle voulait. Un vieux souvenir. Elle releva ses cheveux sur le haut de sa tête en un chignon compliqué où s'entremêlaient boucles et fils d'or. Quelques mèches ondulées vinrent encadrer son visage.
Un air de déjà vu.
Deux heures avant le rendez-vous avec Malfoy, Hermione reçut un bouquet immense, de la taille d'un enfant de dix ans. Elle ne sut où le mettre. Flattée, elle se pencha pour lire la petite carte qui accompagnait un tel présent.
" En prévision d'une soirée exceptionnelle...
D.M. "
Hermione éclata d'un rire sonore et déchira la carte. Néanmoins, le bouquet vint orner la table du salon.
Vingt heures pile. Malfoy sonna à la porte de l'appartement d'Hermione Granger. Très élégant, conformément aux usages, il la salua en se courbant bien bas. La jeune femme ne put s'empêcher de trouver qu'il avait, tout de même, de la classe. En même temps, les Malfoy avaient toujours su épater leur public. Ses cheveux n'étaient pas gominés comme à Poudlard mais coupés court, mettant en valeur ses yeux bleu-gris. Sa robe de sorcier de soirée, en satin noir, laissait deviner ce qu'Hermione avait déjà eu l'occasion d'admirer. Puis elle s'interdit d'avoir ce genre de pensées. Malfoy était et resterait un ennemi.
Quant à lui, Malfoy eut comme première pensée que la jeune femme était magnifique et qu'il en ferait bien son quatre heures. Puis, au fur et à mesure qu'il la contemplait, cette robe, cette coiffure, ces bijoux eurent un autre écho. Hermione portait déjà cette tenue, dans les moindres détails, la première fois qu'il l'avait vue dans une soirée réunissant les Mangemorts au manoir. D'ailleurs, plus jeune, être au bras de Macnair n'avait pas empêché Hermione de lancer des œillades brûlantes à d'autres sorciers. Ce jour-là, Draco avait totalement changé d'avis sur Hermione Granger "le rat de bibliothèque" et s'était promis qu'il la mettrait tôt ou tard dans son lit. Une sorte d'attirance presque magnétique s'était installée à partir de ce jour entre eux et aucun d'eux ne cherchait à le nier. Même Hermione avait eu la certitude que cette histoire allait de toute façon se terminer de la même manière…
Un sourire mielleux étira les lèvres minces du jeune homme. Cette sorcière était très intelligente : il avait eu tort de la sous-estimer. Sans aucun doute ne serait-il pas le seul à reconnaître la Veuve Noire vêtue aux couleurs de Gryffondor, ce qui provoquerait bien des familles dont certains disparus étaient mystérieusement liés à des réceptions où Hermione avait fait une apparition. Personnellement, il aimait sa tenue provocante et ne l'imaginait plus que nue dans son lit. Mais ce ne serait pas le cas de tout le monde. De surcroît, la sorcière avait probablement plus d'un tour dans son sac et il n'avait probablement fait qu'entrevoir son art. Mais il n'allait pas la lâcher d'une semelle et la surveillerait comme un chien de garde. Hermione n'aurait pas beaucoup de marge de manœuvre.
La jeune femme lui lança un sourire ironique et lui demanda :
- Il y a un problème, Malfoy ? Ma tenue ne te plaît pas ?
- Oh si, tu es superbe ! Mais oui, tu as raison, il y a un problème. Ce sont les autres sorciers qu'il va falloir que je dissuade de te sauter dessus !
- Si ce n'est pas moi qui leur saute dessus... murmura-t-elle en le regardant droit dans les yeux avant de sortir.
Malfoy déglutit avec difficulté. Cette garce allait lui en faire baver...
Leur entrée ne passa pas inaperçue. Malfoy lui agrippa le bras et la contraint à rester près de lui. Ainsi, chacun croyait qu'elle l'accompagnait de son plein gré. Mais Hermione lui planta son talon aiguille dans le pied et Draco étouffa un juron et la lâcha, tout en restant près d'elle. Rayonnante, elle adressa des sourires éclatants à l'assemblée de sorciers qui regardèrent le couple descendre l'escalier de marbre. Si elle escomptait passer inaperçue, c'était raté. Des murmures désapprobateurs, des coups d'œil acérés lui assurèrent qu'elle n'était pas la bienvenue. Mais comment faire bonne impression avec un Mangemort au bras et du rouge et or sur les hanches ? Elle n'y prêta pas attention et lança un clin d'œil à Ron qui leva le pouce pour lui signaler qu'il adorait sa tenue. " Au moins un qui aime ! " songea-t-elle.
Il se trouva que les invités n'étaient pas aveugles non plus. Ils remarquèrent bien qu'Hermione n'adressait aucun mot à son cavalier, pas même un regard. Ils notèrent également que le Ministre de la Magie en personne ne paraissait pas condamner l'attitude de la jeune femme et semblait presque nourrir une certaine complicité avec elle. Alors certains - très peu au final - se détendirent et acceptèrent même d'adresser un mot à Hermione Granger. Mais la majorité s'en gardait bien et criait au complot sur son passage.
Hermione remarqua comment les groupes de discussion étaient logiquement disposés. Il semblait qu'une ligne démarquait les partisans de Ron et de la libération et les autres, les Mangemorts, les comparses de Malfoy. Il était facile d'y voir clair dans leur jeu.
Au-delà de ces premières remarques, Malfoy, toujours agrippé à Hermione, choisit de la présenter, c'est-à-dire de détourner son attention du rouquin. Une bouffée de jalousie l'avait envahi quand sa cavalière avait lancé un clin d'œil amical à Weasley. Quand, au Ministère, cette garce de Granger avait quitté son bureau pour celui du Ministre de la Magie, Malfoy s'était bien douté qu'une réconciliation était possible. A présent, il voulait que chacun ait le loisir de la voir discuter avec des ex-Mangemorts. Une stratégie comme une autre.
Comme la sorcière savait qu'elle n'y échapperait pas, elle consentit à le suivre. Un mauvais moment à passer.
Un premier cercle s'ouvrit devant Malfoy, à qui ils lancèrent des regards inquisiteurs. Certains affichaient une mine qui signifiait clairement qu'ils doutaient de la bonne santé mentale du blondinet. Ce dernier leur répondit avec sa froideur habituelle : personne n'avait à lui faire une quelconque remarque sur son attitude. Il maîtrisait la situation et savait ce qu'il faisait. Il introduisit donc Hermione avec simplicité :
- Mesdames, messieurs, je vous présente Hermione Granger, qui m'a accordé l'immense plaisir d'être ma cavalière ce soir !
- En effet, je suis forcée de me joindre à la joie de Mr Malfoy ! répliqua-t-elle avec une fausse courtoisie assortie d'un demi-sourire ironique.
Personne ne s'y trompa : Granger n'était pas là de son plein gré. Plusieurs hommes lancèrent un clin d'œil à Malfoy, toute méfiance désormais envolée.
- Comment vont nos jeunes mariés ? lança Hermione avant que Malfoy n'entame la conversation.
- Très bien ! approuva Zacharias Smith. Le mariage fut grandiose, Hermione ! N'est-ce pas chérie ?
Hermione lui répondit par un sourire rayonnant : en l'appelant par son prénom, Zacharias marquait son soutien tacite à la jeune femme. Pansy Smith émit un gloussement et répondit d'un ton enjoué :
- Oh oui ! Ce fut le plus beau jour de ma vie ! Et...
Mais le regard de Mme Parkinson, sa mère, la fit taire. Les Parkinson se contentèrent d'assassiner la Gryffondor du regard ; leur dernière conversation semblait encore fraîche dans leur mémoire.
- Draco, dîtes-moi où vous en êtes à propos de cette enquête sur l'implication de Weasley dans la nouvelle "mesure de tolérance et de protection des hybrides" ? demanda le père de Pansy avec dédain. Comme s'ils étaient comme nous !
On sentait que le mot "tolérance" lui avait été arraché. Draco se lança dans des hypothèses qu'Hermione ne chercha même pas à suivre. Elle n'était pas là pour faire de la politique. Le vieux Parkinson cherchait sûrement à la provoquer car plusieurs "hybrides" avaient fait partie de ses amis, comme Hagrid et Remus Lupin. Elle n'en avait que faire. Un sourire forcé resta scotché à ses lèvres pendant que ses pensées vagabondaient.
Deux nouveaux personnages se joignirent à la conversation. Hermione tressaillit quand ils entrèrent dans le cercle. Elle reconnut Elisabeth Stevenson et son fils, Rufus. Elle l'avait croisée, plus jeune, en tant que fiancée de Macnair, à l'époque. Quand Elisabeth avait appris que Macnair était accompagné de partout par Hermione Granger, elle soupçonna une liaison et rompit les fiançailles. Macnair ne s'en plaignit pas. Il ne chercha même pas à la récupérer. Elle se maria quelques mois plus tard avec un entrepreneur américain dont Rufus fut l'heureux fruit. Cela avait un peu consolé Hermione qui avait culpabilisé d'avoir briser le cœur de cette pauvre Elisabeth. Mais Harry lui avait répété que c'était "pour la bonne cause" et qu'Elisabeth n'avait qu'à mieux choisir son fiancé. Les yeux d'Elisabeth se remplirent de fureur quand elle reconnut Hermione, surtout dans cette robe.
- Toi ! Comment oses-tu te présenter ici, avec le sang que tu as sur les mains ? Comment prétends-tu regarder dans les yeux tous ceux que tu as brisés, ceux à qui tu as enlevé des frères, des pères, des maris ?
Sa voix perçante montait dans les aigus et de nombreuses têtes s'étaient retournées pour suivre l'intéressante conversation.
- Tu as tué Walden, je le sais ! A cause de toi, nous avons toutes dû nous débrouiller seules, avec nos enfants... poursuivit Elisabeth, hurlant comme une harpie.
- Tu n'avais pas d'enfants, Lisa... marmonna Draco. Maintenant, calme-toi, je...
- Ferme-la, Malfoy ! Elle souille l'air de sa respiration putride de Sang-de-bourbe et...
Sous l'insulte, Hermione sentit une bouffée de colère l'envahir. Elle pouvait facilement passer pour un monstre. C'était trop facile.
- Et vous, faces de Veracrasses bouseux ! l'interrompit-elle d'une voix tremblante. Vous osez vous présenter ici, au Bal du Ministère ! Un Ministère qui œuvre pour la paix ! Bande d'hypocrites ! Vous étiez tous là, sous vos cagoules noires, esclaves de Voldemort !
Quelques uns tressaillirent en entendant le nom de leur ancien maître. Maintenant, tous prêtaient une oreille attentive à la tournure des événements.
- Oui, je vois que le souvenir de votre bien-aimé maître plus d'un ! ricana Hermione, méprisante. Je vais vous dire ce que d'ailleurs beaucoup ici pensent mais n'osent dire !
- Je n'en écouterai pas une parole de plus, traîtresse ! l'interrompit Mr Parkinson en sortant sa baguette.
- T'aurais-je insulté, Dave Parkinson ? Ou te serais-tu reconnu dans ce que je disais ?
L'allusion l'atteignit comme un pic de glace. Il brandit à nouveau sa baguette mais Malfoy l'interrompit d'un geste.
- Dave, mon ami, garde ton calme. Ecoutons donc ce que Granger a à nous dire !
Dave Parkinson le dévisagea, comme s'il sortait de Ste Mangouste. Mais Draco lui lança un coup d'œil rassurant, lui garantissant qu'il savait ce qu'il faisait. Son ton était posé. Un sourire s'installa sur ses lèvres : il la tenait ! Elle signait elle-même son arrêt de mort !
- Chacun de vous sait de quoi je parle ! reprit Hermione en regardant ses voisins dans les yeux. Vous avez tous des doutes. Vous savez tous que parmi nous se cachent des anciens Mangemorts qui déstabilisent les efforts accomplis pour reconstruire un monde de paix ! Pire, ils réduisent en cendres ce pour quoi nous nous sommes tous battus : notre liberté !
Quelques murmures approbateurs s'élevèrent.
- Je vois dans vos yeux que vous partagez mon point de vue ! Pendant que certains s'évertuent à chercher des pseudo-complots, d'autres triment pour construire de nouvelles bases plus justes que les anciennes. Nous ne nous sommes pas battus pour rien. Nous n'avons pas perdus nos proches pour rien. Ceux qui se cachent dans l'ombre sont des hypocrites, pire : des lâches !
Elle fixa Malfoy en appuyant le dernier mot. Ce dernier devint rouge comme une pivoine. Traiter de lâche un Serpentard n'était pas acceptable. Autour de lui, plusieurs menaçaient de perdre leur calme, sortant leurs baguettes.
- C'est bien ce que je disais... chuchota-t-elle. Trop couards pour se défendre en public ! Vous allez ensuite me menacer, m'agresser pour me faire taire dès que je franchirai le pas de cette porte... Mais chacun sait, au fond de lui qui vous êtes ! Votre jeu est trouble et vous entretenez le mystère autour de vous. Mais l'illusion de durera qu'un temps !
A ces mots, elle vit clairement que personne n'était dupe au jeu des ex-Mangemorts. Cela l'encouragea à poursuivre :
- On a réussi à me faire porter le chapeau. Ca a été facile. Je n'ai pas pu me défendre, on a donc pu me faire dire n'importe quoi ! Ce soir, je suis là, au bras d'un Mangemort, car je n'ai pas eu le choix ! Mais j'ai toujours été la même et ce soir, je me présente devant vous sans mensonge ni illusion. J'ai toujours servi l'Ordre et la paix, plus que la plupart d'entre vous d'ailleurs ! Le reste n'est que manipulation !
Elle les toisa d'un air de défi : enfin, elle tenait une occasion de s'expliquer ! Elle aurait dit ce qu'elle avait à dire. Peu importait la suite.
- Oui, cela ne vous plaît pas de l'entendre. Vous êtes tous très forts pour chuchoter dans mon dos mais avez-vous beaucoup agi ? Je vous laisse vous interroger.
Sur ce, un silence de mort s'abattit sur la salle de bal. Les Mangemorts étaient rouges et tentaient vainement de dissimuler leur haine. Ils avaient réussi à maintenir dans le doute leurs vrais projets, à déguiser leurs réelles intentions, à faire condamner des partisans de l'Ordre, à réduire à néant la vie de certains sorciers, à semer le trouble parmi leurs compatriotes, à se dissimuler, surtout. Mais ce soir, chacun put observer son voisin et leur attitude fut éloquente. Sans équivoque.
Malfoy répondit à cet assassinat verbal par un grand éclat de rire :
- C'est bon, tu as terminé ton petit discours, Granger ? Tu crois peut-être que nous allons gober les mensonges de la Veuve Noire ?
- Tu vois, Malfoy, tu n'as rien compris... C'est avec une réaction comme la tienne que tu t'es trahi comme un gosse pris la main dans le sac ! répliqua Hermione en le regardant droit dans les yeux.
Puis un applaudissement, d'abord solitaire, couvrit les grondements des Mangemorts. Lee Jordan se tourna vers Hermione Granger en tapant dans ses mains. Ronald Weasley le suivit. Puis trois. Puis quatre. Puis les trois-quarts de la salle. Un hommage aux couleurs de l'excuse.
Une larme solitaire tomba sur la joue d'Hermione Granger.
Voilà, les loulous ! Qu'en avez-vous pensé ? Je sens que vous vous demandez Comment va-t-elle faire pour tout régler en un chapitre ? Vous verrez... Suspense, suspense !
En attendant, donnez-moi vos impressions, laissez parler votre imagination à propos du couple Hermione/Draco... Je veux toutes vos suppositions, même les plus farfelues !
Gros bisous et bonnes vacances à ceux qui en ont (ce n'est pas mon cas ^^) !
