Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer, hormis ceux sortis de mon imagination.
Merci, merci pour toutes vos reviews qui m'encouragent grandement !
Merci aux reviewers anonymes : AV, Bleu, Nini et Amandine !
Bonne lecture !!!
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Chapitre 10 : Les Volturi
Edward s'éveilla en sursaut. Il s'assit dans son lit pour essayer de calmer les battements de son cœur et retrouver une respiration normale. Il passa une main nerveuse dans ses cheveux, essuyant par la même occasion les quelques gouttes de sueur qui perlaient sur son front. Il ne fut pas surpris quand une main froide et apaisante se posa sur son épaule. Il tourna la tête et croisa le regard angoissé de son père.
« -Ce n'est rien, marmonna Edward, juste un cauchemar.
Le jeune homme esquissa un sourire qu'il souhaitait rassurant face au visage toujours anxieux du médecin.
-Je vais bien, répéta Edward en voyant que Carlisle paraissait soucieux.
Soudain, son regard tomba sur son armoire qui était ouverte. Il baissa les yeux et vit la valise. Il paniqua en voyant ses vêtements à moitié empilés dans le bagage.
-Pourquoi ? Pourquoi es-tu en train de faire ma valise ? S'inquiéta le jeune homme.
-Je suis désolé, Edward, murmura Carlisle en caressant sa joue, mais il faut que tu partes.
-Que je parte ? Répéta-t-il en blêmissant. Vous… Vous ne voulez … plus de moi ? C'est à cause de ce qui s'est passé cet après-midi ?
-Edward…
-Non ! Je te promets que je ferais attention… Je ferais tout pour ne pas les tenter… Je…
-Stop ! Edward, écoute-moi s'il te plaît. Aucun de nous ne souhaite ton départ, nous désirons te garder près de nous, mais le danger est trop grand et…
-Tout le monde est en danger ! S'écria Edward.
-Il n'y a pas que la menace des Desmorts, Edward, les Volturi sont en route pour Forks. Ils viennent nous voir. Tu ne peux pas rester ici, c'est trop dangereux.
-Mais…
-Il n'y a pas de mais qui tienne, tu vas faire ce que je te dis. Dès qu'ils seront partis, je reviendrai te chercher.
-Où vas-tu m'emmener ?
-En lieu sûr, ne t'inquiète pas. Maintenant, habille-toi et viens me rejoindre au salon.
Edward sortait de son lit et se dirigeait vers la salle de bain alors que Carlisle avait déjà terminé de boucler sa valise. Une fois douché, il regagna sa chambre. Il ne fut pas surpris de voir les baies vitrées grandes ouvertes. Il n'y avait plus aucune trace de ses affaires, le lit avait été démonté, sa famille faisait le nécessaire pour que personne ne repère son odeur. D'un pas lourd, il descendit au salon. Tous l'attendaient, à son arrivée, ils se levèrent. A tour de rôle, ils le serrèrent dans leurs bras. Edward avait du mal à retenir ses larmes tant cette scène ressemblait à des adieux.
-Te bile pas Eddy, maugréa Emmett en l'étouffant entre ses gros bras musclés, on va bientôt se revoir.
-Vous me le promettez ? Murmura son frère d'une voix nouée.
-Oui, affirma Alice, je n'ai pas encore eu le temps de refaire toute ta garde robe !
-Carlisle, où l'emmènes-tu ? Demanda Esmé qui ne retenait plus ses sanglots dénués larmes.
-Moins de personnes seront au courant, mieux ce sera… Je te promets qu'il sera en sécurité. Il faut y aller.
-Prends soin de toi, petit frère, dit Rosalie en déposant un baiser sur sa joue.
-Vous aussi, demanda Edward en les regardant une dernière fois.
-Il est temps d'y aller, rappela Carlisle en l'entraînant vers l'extérieur.
Avant qu'il n'ait eu le temps de réaliser quoi que ce soit, la BMW avait déjà quitté le chemin de terre et s'engageait à vive allure sur la grande route. Edward essaya de se perdre dans le paysage nocturne qui défilait sous ses yeux, mais celui-ci fut troublé par les larmes qui s'échappaient de ses yeux.
-Tout va bien se passer, lui répéta son père. Tu vas être en sécurité.
-Ce n'est pas pour moi que je m'inquiète, avoua-t-il, j'ai peur de vous perdre.
-Il n'y a pas de raison. C'est une simple visite.
-Je te rappelle que j'ai retrouvé mes souvenirs ! Les Volturi ne se déplacent jamais sans un bon motif !
-Je sais, mais d'après les renseignements que j'ai pu avoir, ils étaient en Amérique du Sud pour résoudre un conflit. Faire un détour par Forks n'est plus aussi étonnant.
-Si tu le dits…, chuchota Edward toujours sceptique.
-Tiens, Esmé t'a préparé un petit encas, annonça le médecin en lui tendant un petit sac où se trouvaient un gobelet et des muffins.
-On va s'y loin que ça ?
-Mange un peu, sinon, elle va me le faire regretter à mon retour.
-J'ai pas faim !
-Aie pitié de ton pauvre père, supplia le vampire en arborant une mine contrite.
Edward poussa un soupir avant de mordre dans un muffin qu'il mangea à moitié. Il prit le gobelet et but une gorgée de thé sous l'œil attentif de Carlisle. Le médecin attendit quelques secondes avant de voir la tête de son fils se balancer légèrement, il l'observa lutter contre l'effet du somnifère qu'il avait mélangé à la boisson. Il reprit le gobelet au moment où les paupières d'Edward se fermaient.
-Fais-moi confiance, souffla Carlisle, je fais tout cela pour ton bien. »
Une fois qu'il fut certain qu'Edward dormait, il accéléra. Il avait envisagé toutes les possibilités pour mettre son fils en lieu sûr. Il avait pensé à leurs amis d'Alaska, il était certain que le clan Denali l'aurait accueilli et protégé sans difficulté, mais le voyage était trop long. Il aurait pu le confier aux Quileutes, il était certain que Billy Black aurait prit soin de lui, mais les indiens étaient en première ligne à cause des Desmorts. Carlisle soupira. Il hésitait encore à lui confier Edward. Avait-il raison ? N'allait-il pas tomber dans un piège ? Le vampire serra violemment le volant entre ses mains, ses jointures blanchissant à vue d'œil, un léger craquement retenti l'obligeant à se calmer, ce n'était pas le moment de détruire sa voiture ! Il avait longuement réfléchi, pesé le pour et le contre. Il était quasiment sûr de lui, Edward serait protégé des Volturi là-bas, mais n'était-il pas en train de l'exposer à une autre menace ?
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Carlisle était toujours perdu dans ses réflexions quand il se rendit compte qu'il était arrivé. Il faisait encore nuit. N'était-il pas en train de faire une énorme erreur ? Il allait redémarrer la voiture et partir loin lorsque l'imposante porte de la demeure s'ouvrit, laissant échapper un jet de lumière qui traçait un chemin jusqu'à la portière d'Edward. Carlisle ne put retenir un soupir et sortit de la voiture d'un pas lourd, il n'avait pas le choix, il ne voyait pas d'autre solution… Il ouvrit la portière passager et prit son fils dans ses bras, il allait se pencher pour attraper sa valise, mais il se rendit compte que cette dernière avait disparu. Réprimant un frisson, il entra dans le hall qui lui parut sombre et froid. Il n'avait fait que quelques pas lorsque la porte d'entrée se referma derrière lui, il était certain que si à cet instant il tentait de l'ouvrir il n'y parviendrait pas. Il n'avait plus le choix, il devait avancer. Carlisle grimpa lentement les escaliers menant au second étage. Il s'arrêta devant la porte et hésita un instant à frapper. Comme si quelqu'un avait perçu son hésitation, la porte s'ouvrit. D'un pas peu assuré, Carlisle entra.
« -Tu as fait le bon choix.
-Je n'en suis pas certain, avoua le médecin tout en essayant de deviner les pensées de la personne qui lui faisait face, mais il se heurta à un mur.
-Je t'attends ici, va le porter dans la pièce qui se trouve dans le couloir, j'ai laissé la porte entrouverte. »
Le médecin acquiesça avant de se diriger vers la chambre qui lui avait été désignée. Il entra et déposa Edward sur le lit. Rapidement, il lui enleva ses chaussures et son jean, avant de le recouvrir avec l'épaisse couette. Il fouilla dans le blouson de son fils qu'il avait posé sur une chaise non loin du lit et prit son téléphone portable, il le lui rendrait lorsqu'il viendrait le récupérer. D'un geste empli de tendresse, il déposa un baiser sur le front du jeune homme, puis, tout en essayant d'étouffer la peine qui l'assaillait, il sortit de la chambre. Il revint dans le salon et s'assit dans le fauteuil qu'on lui désigna. Son regard ambré chercha celui de l'autre, ils se trouvèrent, se mêlèrent, malheureusement, il ne put distinguer que de vagues impressions, rien de certain. Son instinct lui cria de se lever, de se jeter à sa gorge, de boire son sang, puis d'aller chercher Edward et de s'enfuir loin d'ici, loin de tout ce danger… Pourtant, il se retint, le monstre continuait de rugir, mais son esprit prenait le dessus et l'apaisait.
« -Je veillerai sur lui Carlisle, tu n'as pas à t'inquiéter. Tes cousins italiens ne le trouveront pas.
-Merci, mais pouvez-vous me promettre qu'Edward ne risque rien ici et qu'il pourra rentrer avec moi ?
-Tu as peur Carlisle, je le sens. Si tu es si indécis, pourquoi avoir confié ton fils à une personne que tu considères comme ton ennemi ?
-A ma connaissance, vous êtes l'une des rares personnes qui n'ait rien à craindre de mes cousins italiens.
-Tu aimes ton fils, je ne peux le nier, mais es-tu aveugle au point de le jeter dans la gueule du loup ?
-Que voulez-vous dire ?
-Méfie-toi du Quileute.
-Les Quileutes sont mes amis, ce sont des gens dignes de confiance et la menace dont ils font l'objet est totalement ridicule et aberrante… Vous rendez-vous compte des morts qu'il risque d'y avoir tout ça à cause du caprice d'une folle ?
-Mesure tes propos ! Je ne te parle pas des Quileutes, mais d'un seul… Maintenant, il est temps que tu partes. Je veillerai sur Edward.
-Je…
-Ta famille t'attend, Carlisle, part, s'il te plaît. »
Le vampire allait protester, il n'était pas totalement rassuré, il avait besoin de réponses, mais personne ne semblait vouloir lui en apporter. Il allait parler lorsque tout devint sombre autour de lui. Une seconde s'était écoulée et il se retrouva assis dans la BMW dont le moteur tournait. Son regard se perdit vers la grande porte en bois de la demeure qui était maintenant close, il n'y avait plus de lumière. Ne pouvant rien faire d'autre, Carlisle reprit le chemin de Forks. Au fur et à mesure qu'il s'éloignait, un étrange sentiment l'envahissait, il se sentait rassuré, il avait pris la bonne décision. Comment avait-il pu imaginer qu'il commettait une erreur en lui confiant Edward ? C'était la meilleure décision et la plus sage. Apaisé, Carlisle gara sa voiture dans le garage familial. Il entra dans la maison, son visage détendu réconforta sa famille, il inspira et s'aperçut avec bonheur qu'il ne distinguait plus l'odeur de son fils.
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Les heures s'écoulèrent lentement. Carlisle avait prévenu Billy de l'arrivée des Volturi à Forks en lui précisant bien qu'ils n'étaient que de passage, mais il souhaitait que les indiens se tiennent sur leurs gardes. Il ne désirait pas que l'un d'eux se fasse tuer parce qu'il aurait offensé un Volturi. Le médecin était toujours dans son bureau lorsqu'il entendit le petit cri que poussa Alice. Aussitôt, il se précipita à ses côtés ainsi que toute la famille. Elle hocha légèrement la tête en réponse à leur question muette, ils arrivaient. Ils sortirent sur le perron de leur demeure pour les accueillir. Carlisle, en tant que chef de clan, se tenait en première ligne, sa femme et ses enfants se postèrent derrière lui, prêts à le protéger au cas où. Soudain, ils furent là. Aro, Marcus et Caïus leur faisaient face dans toute leur splendeur. Autour d'eux se tenait leur garde rapprochée, Jane qui les observait d'un air méprisant, son frère, Alec, paraissait s'ennuyer. A leurs côtés, Démétri observait les alentours essayant sans doute identifier l'odeur inconnue qui flottait légèrement autour d'eux. Renata ne quittait pas ses Maîtres, et tout particulièrement Aro, d'une semelle les enveloppant dans son bouclier protecteur. Carlisle inspira discrètement avant de s'avancer d'un pas et de les saluer avec respect.
« -Carlisle ! Mon très cher ami ! S'écria Aro qui s'avança à son tour. Je suis vraiment navré de te retrouver dans d'aussi tristes circonstances. Edward était un jeune vampire des plus prometteurs et ton digne héritier, quel dommage qu'il nous ait quitté.
-Nous souffrons tous de sa disparition. Je ne sais comment vous remercier pour le soutien que vous nous apportez en venant vous-même nous témoigner votre sympathie.
-C'est la moindre des choses, n'est-ce pas mes frères ?
Comme à son habitude, Marcus semblait se désintéresser de tout ce qui l'entourait, cependant, il hocha brièvement la tête.
-Ce qui est surtout regrettable c'est que nous ayons perdu quelqu'un ayant un tel potentiel, maugréa Caïus, je ne pourrais plus espérer le voir rejoindre nos rangs !
-Allons, allons, mon frère, souffla Aro, cesse donc de penser à la guerre surtout en ces temps de paix.
-Puis-je vous inviter à entrer ? Proposa Carlisle en s'écartant.
-Nous ne restons pas longtemps, l'informa Caïus, nous sommes juste venu chercher l'humaine.
-L'humain ? Répéta Carlisle qui avait blêmit sous le coup de la révélation, il put sentir sa famille se tendre derrière lui.
-Oui, répondit Aro qui jeta un regard noir à son frère, nous allons entrer, nous serons plus au calme pour discuter de tout cela. Vous avez des choses à nous expliquer…
Sans plus attendre, les trois vampires entrèrent dans la demeure des Cullen. Carlisle put sentir l'onde de calme que leur envoya Jasper, il remarqua aussi que son fils tenait fermement l'épaule d'Emmett. Le médecin leur fit signe de rester calme et à leur tour ils entrèrent dans la villa, rejoignant les autres vampires qui étaient déjà installés au salon.
-Quelle est cette drôle d'odeur ? Finit par demander Démétri qui ne cessait d'humer l'air.
-Des loups-garous, répondit Carlisle, nous partageons notre territoire avec leur tribu.
-Ah, oui ! Les fameux loups qui vous ont aidé contre Victoria et ses nouveau-nés, rappela Aro qui sourit devant le visage stupéfait de ses hôtes. Allons, Carlisle, mon ami, tu ne pensais tout de même pas que la création d'une telle armée ne serait pas parvenu à nos oreilles ?
-J'admets y avoir pensé, mais n'ayant pas de vos nouvelles…
-Tu en aurais eu, coupa Aro, si vous n'aviez pas réglé la situation. Jane et Alec étaient présents lors de votre affrontement. Je les avais dépêchés sur place pour qu'ils arrêtent cette Victoria, ses agissements menaçaient notre existence. Etant donné que vous étiez vainqueurs, ils ne se sont pas attardés et puis ils avaient remarqué un fait étrange au sein de votre clan …. Enfin, famille.
-Que veux-tu dire ? Questionna Carlisle qui n'aimait pas la tournure que prenait cette conversation.
-Ils ont découvert que toute cette bataille avait été déclenché à cause d'une humaine… Jamais, je n'aurais imaginé un jour que quelqu'un puisse te dépasser pour ce qui est de la maîtrise de soi, mais j'avais tort. Comment Edward a-t-il pu tomber amoureux d'une humaine ? Comment a-t-il fait pour résister à l'appel de son sang ? Autant de questions qui n'auront jamais leurs réponses, j'aurais tellement aimé savoir ce qu'il ressentait... Enfin, revenons-en au plus important. Alors que vous vous regroupiez pour panser vos blessures, Jane a voulu châtier cette jeune fille avant de la tuer, mais elle n'a pas pu… Tu comprends maintenant l'une des raisons qui nous ont poussé à venir ici, imagine un peu, si humaine elle repousse déjà nos dons de quoi sera-t-elle capable lorsqu'elle sera l'une des nôtres ?
-Vous… Vous êtes venus pour transformer Bella ? Réalisa avec horreur Carlisle.
Des grognements s'élevèrent du côté de la famille Cullen, Carlisle frémit dès qu'il vit les trois gardes des Volturi prêts à attaquer. D'un geste de la main, il fit signe aux siens de se calmer.
-A votre place, je n'en mènerai pas large, lâcha Caïus d'un ton menaçant, c'est uniquement parce qu'Edward est mort qu'Aro m'a convaincu d'être clément avec vous !
-Et nous vous en remercions, souffla Carlisle en serrant les dents.
-Vous avez trahi nos règles ! Cette humaine aurait du mourir dès qu'elle a appris qui vous étiez !
-Du calme, Caïus, gronda Aro, allons chasser, cela laissera le temps à tout le monde de se calmer. Nous serons de retour à la tombée du jour. A ce moment-là, vous nous livrerez Bella.
-Et si nous refusons ? Osa demander Emmett qui les fusillait du regard.
-Carlisle, je te prierai de mieux contrôler ceux que tu nommes tes enfants, siffla Caïus, et pour te répondre, vous mourrez tous ainsi que ces stupides humains auxquels vous tenez temps !
-Il suffit, mon frère, tu sais quel attachement ils ont pour les humains… Nous vous laissons jusqu'à ce soir. Ne me déçois pas mon ami.
-Tu ne me laisses pas le choix, chuchota le médecin alors que leurs invités partaient.
Les Cullen attendirent qu'ils soient hors de portée pour laisser éclater leur colère.
-Non ! Mais qu'est ce qu'ils croient ?! Qu'on va leur livrer Bella ? S'écria Emmett.
-C'est hors de question ! Renchérit Alice.
-Parce que vous voyez une autre solution ? S'énerva Rosalie.
-Oh, bien sûr, ça ne te dérange pas ! Tu ne l'as jamais aimé ! Accusa sa sœur.
-Comment oses-tu ? Cria Rose. Jamais je ne souhaiterais sa mort, mais là c'est elle ou nous ! Crois-tu que nous ayons une chance contre eux ? Non ! Nous sommes tous condamnés à une mort certaine !
Un silence accueillit les paroles de la vampire. Les traits étaient tirés, chacun essayait de trouver une issue mais il n'y en avait pas, ils le savaient.
-Et si les Quileutes nous aidaient ? Proposa Alice tout en cherchant l'assentiment de son époux.
-Nous les vouerions aussi à une mort certaine, répondit Jasper en affichant un air désolé.
-Qu'allons-nous faire ? Demanda Esmé qui se tourna comme les autres vers son époux.
-Nous ne pouvons prendre cette décision, je vais appeler Bella et Billy Black, annonça Carlisle qui gagna son bureau d'un pas las. »
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Carlisle reposa le combiné du téléphone. Il avait eu Billy et Bella, il leur avait demandé de venir le plus rapidement possible à la villa. Il avait perçu l'inquiétude dans la voix de ses amis, mais il avait tenu à ne rien dire par téléphone, il tenait à leur annoncer la mauvaise nouvelle de vive voix. Avec difficulté, il se rappela il y a quelques jours à quel point il était heureux. Il avait retrouvé son fils, sa famille était à nouveau réunie, ils étaient heureux, alors, pourquoi fallait-il que le destin s'acharne ainsi contre eux ? Pendant un instant, il eut envie d'être égoïste, il aurait voulu partir, tout quitter avec sa famille et laisser les Quileutes et les humains livrés à leur destin. Bien que cette idée soit alléchante, il savait qu'il ne pourrait pas les abandonner quitte à sacrifier les siens pour tenter de les sauver. Mais avait-il le droit de leur demander ça ?
« -Tu n'as pas à nous le demander, affirma Alice en entrant dans son bureau, nous partageons tes opinions et nous te suivrons partout où tu iras.
-Merci, mais je te promets que je ferai tout pour qu'il ne vous arrive rien, je ne le supporterai pas, admit son père alors qu'elle venait déposer un baiser sur son front. Vois-tu quelque chose ?
-Non, je ne sais si c'est la présence des Quileutes ou celle des sorciers, mais j'ai du mal à voir l'avenir. Cependant, j'ai une étrange impression, comme si au milieu de ces ténèbres subsistait une lueur d'espoir… Je suis peut-être folle, mais j'ai envie de croire que tout va s'arranger.
-Tu n'es pas folle, Alice, et moi aussi j'ai envie d'y croire.
-Les autres nous attendent, dit le petit lutin d'un ton grave qui ne lui ressemblait pas, ils sont tous en bas. »
Carlisle suivit sa fille au rez-de-chaussée. Billy se tenait près du canapé où étaient installés Bella et Jacob, leurs mains liées, derrière eux se tenaient Sam et Seth. Alice s'assit auprès de Jasper, elle ne quittait pas sa meilleure amie du regard, tentant de réfréner son chagrin. Rosalie et Emmett étaient partis patrouiller pour s'assurer qu'ils ne couraient pas de danger et surtout qu'aucun membre du clan des Volturi ne puissent entendre leur conversation. Carlisle prit place sur l'accoudoir du fauteuil où était installée Esmé, aussitôt, son épouse posa une main rassurante sur sa cuisse. Lentement, Carlisle leur fit part du motif de la visite des Volturi. Il vit leurs traits pâlir, la peur apparaitre dans leurs yeux. Il surprit Jacob qui serrait un peu plus fort la main de Bella, cette dernière posa son autre main sur la sienne pour tenter de l'apaiser. Il pouvait sentir la colère du jeune indien, il allait la laisser éclater, il en était sûr.
« -Et que comptez-vous faire ? Vous allez livrer ma Bella à ces suceurs de sang pour qu'elle devienne un monstre ? !
-Non, bien sûr que non, affirma Carlisle, mais…
-Mais il n'y a pas d'autre solution, n'est-ce pas ? Acheva Bella.
-Je suis désolé, mais même si nous nous unissons, nous ne ferons pas le poids, admit le médecin.
-Alors, Bella et moi allons partir, s'ils ne la trouvent pas ils repartiront en Italie ? Proposa Jacob.
-Tu te trompes, ils nous ont clairement avertis que si nous ne leur amenions pas Bella ce soir, ils se vengeraient sur les habitants de Forks, expliqua Carlisle.
-Ma décision est prise, affirma Bella, je viens avec vous.
-Il existe forcément une autre solution ! S'énerva Jacob.
-J'aimerais que ce soit le cas, confia Carlisle.
-Tout ça s'est de votre faute ! Accusa le jeune Quileute. Votre faute et celle d'Edward ! Mais bien sûr c'est Bella qui va payer pour vous !
-Tu es injuste, Jacob, gronda Billy, ils sont tout aussi démunis que nous face aux Desmorts et pourtant ils nous ont offert leur aide sans que nous ne la demandions et rien ne les y obligeait !
-Il s'agit de Bella ! Hurla le jeune homme. Je refuse qu'elle soit sacrifiée pour qu'eux puissent continuer à vivre !
-Ma décision est prise ! Répéta Bella d'un ton étonnement ferme. Je t'en prie, Jacob, ne rends pas les choses plus compliquées qu'elles ne le sont.
-Je suis désolé, Bella… Je t'aime… Mais je ne peux pas accepter ta décision… Il y a une autre solution, j'en suis certain, murmura le jeune Quileute avant de sortir de la villa. »
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Jacob fit quelques pas dans la forêt, il entendit Bella courir après lui. Sans attendre, il se transforma en loup et disparut parmi les arbres. Il allait la sauver qu'elle le veuille ou non ! Il avait déjà une idée, mais il faisait tout pour la garder bien enfouie au fond de son cerveau, il ne fallait surtout pas que le reste de la meute apprenne ce qu'il s'apprêtait à faire car sinon ils l'en empêcherait. Jacob accéléra, courant toujours de plus en plus vite tout en humant l'air. La piste était faible, mais il allait tout faire pour la remonter. Le temps ne jouait pas en sa faveur, le soleil commençait déjà à décliner à l'horizon. Il devait se dépêcher. Il devait sauver Bella !
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Bella descendit lentement du dos de Carlisle. Ils venaient d'arriver au champ où les Cullen jouaient au base-ball. La jeune fille retint un frisson lorsqu'elle vit les silhouettes enveloppées dans de longues capes noires qui se tenaient non loin d'eux. Elle pouvait sentir l'hésitation et la colère de sa famille de cœur. Ils étaient prêts à se battre pour elle. Un seul mot de sa part et Alice l'entraînerait au loin sur son dos alors que les autres seraient voués à une mort certaine. D'un pas tremblant, elle s'avança vers les Volturi. Elle fut surprise de voir que toute la famille l'accompagnait et quelque part elle en était soulagée. La peur étreignait tout son être, ses jambes avaient du mal à la porter. Elle faillit chuter, mais Carlisle passa un bras protecteur autour de sa taille. Elle lui sourit pour le remercier. Elle se perdit quelques instants dans ses yeux dorés, elle ne devait pas avoir peur, elle devait être forte, car quoi de plus beau que de donner sa vie pour ceux que l'on aime ? Elle avait dit au revoir à son père, elle avait laissé un message à Renée, mais ce qu'elle regrettait le plus c'était de ne pas pouvoir dire au revoir à Jacob et à Edward… Elle aurait aimé les serrer une dernière fois dans ses bras, elle rêvait de sentir leur étreinte rassurante… Mais ils n'étaient pas là. Edward était en lieu sûr et elle ne cessait de remercier Carlisle d'avoir pensé à l'éloigner. Quant à Jacob, même s'il ne comprenait pas son choix, elle aurait apprécié qu'il la soutienne… Edward l'aurait soutenu, elle en était certaine, il aurait crié, il aurait cherché une solution, mais au final il serait resté à ses côtés… D'un geste rageur, la jeune fille chassa les larmes qui lui avaient échappées. Ils arrivèrent enfin devant les Volturi.
« -Je suis heureux que vous ayez tenu parole, dit un vampire qui semblait vieux de plusieurs siècles. Bella, je suis ravi de faire ta connaissance. Je me nomme Aro et voici mes frères Caïus et Marcus. Accepterais-tu de me serrer la main ?
-Ai-je le choix ? Demanda la jeune fille d'un ton amer.
-Je t'assure que nous ne te voulons pas de mal, mais cela serait plus simple pour nous tous si tu te laissais faire.
Bella soupira avant de tendre une main récalcitrante vers le vampire. Ses doigts froids touchèrent les siens et elle ne put réprimer un frisson. Elle observa les traits du dénommé Aro se figer, elle le vit se concentrer avant qu'il ne la lâche et se tourne vers les siens.
-Prodigieux, tu résistes même à mon pouvoir, cette jeune fille a un potentiel des plus extraordinaires. Dis-moi, très chère Bella, es-tu imperméable à tous nos pouvoirs ? Questionna Aro en fixant les membres de la famille Cullen.
-Alice peut voir mon avenir, Jasper peut ressentir mes émotions, mais Edward ne pouvait pas lire mes pensées, confia Bella après avoir consulté le chef des Cullen du regard.
-Aro, mon ami, commença Carlisle en s'approchant doucement, je te prie de reconsidérer ta décision. Bella est digne de confiance, jamais elle ne parlera de notre secret. Je t'en prie, mon ami, épargne sa vie.
-Carlisle, tu sais à quel point je te respecte et ton amitié est très précieuse à mes yeux, mais nous ne pouvons nous permettre de laisser cette jeune fille ainsi, soit elle devient l'une des nôtres, soit elle meurt. Nous ne pouvons faire d'exception à la règle.
-Je vous en prie, Bella est …
-Jane, souffla Caïus.
Aussitôt, Carlisle s'écroula sur le sol, son beau visage tordu sous la torture que lui infligeait la vampire qui esquissait un sourire sadique. Les membres du clan Cullen se mirent en position d'attaque, leurs lèvres se retroussèrent, des sons rauques s'échappèrent de leur poitrine.
-Il suffit, murmura Aro.
Le corps de Carlisle se détendit au fur et à mesure que la souffrance le quittait. Lentement, il se releva et d'un regard ordonna aux siens de se calmer.
-Il est temps, ma chère, de vous joindre à nous, continua Aro dont la patience semblait s'amenuiser.
-Attendez ! Demanda une voix sèche qui venait de l'orée des bois.
-Jacob ! S'écria Bella qui ne put retenir un sourire, il était venu lui dire adieu, elle n'y croyait plus.
-Tiens, un loup, marmonna Caïus, quelle odeur nauséabonde…
-Voulez-vous que je m'en charge ? Demanda Démétri qui fixait avec intérêt le jeune Quileute.
-J'ai un marché à vous proposer, lança Jacob.
-Tue-le, ordonna Caïus énervé à Démétri.
-Non ! Le stoppa Aro. Ecoutons ce que ce jeune homme a à nous dire, sa détermination m'intrigue. Alors, quel est ton marché ?
-Un échange, lâcha Jacob.
-Un échange ? Répéta Caïus d'un air dédaigneux. Tu ne crois tout de même pas que nous allons prendre ta vie contre celle de cette fille ?
-Non, je sais que je ne représente rien à vos yeux.
Carlisle se tendit alors qu'il se remémorait quelques mots qui le firent chanceler: méfie-toi du Quileute… Ses yeux ambrés fouillèrent les alentours, la peur étreignant peu à peu son être.
-Ne fais pas ça Jacob, supplia Carlisle, je t'en prie.
-Et en quoi sa vie est-elle plus importante que celle de Bella ? Cria le jeune indien fou de rage.
-Voilà qui est intriguant, avoua Aro qui ne perdait pas des yeux les deux protagonistes.
-Intriguant ? ! Je trouve que tout ceci a assez duré ! S'impatienta Caïus. Prenons la fille et partons !
-Attendez ! S'écria Jacob. Je peux vous donner beaucoup mieux que Bella, mais vous devez me promettre de la laisser partir !
-Je ne vois pas ce que tu pourrais nous proposer en échange, admit Aro, mais si cela est le cas, alors, oui, tu as ma parole, nous ne toucherons pas à Bella.
-Aro ! Protesta Caïus furieux.
Jacob se tourna et se pencha vers un fourré. Carlisle se précipita vers le Quileute aussi rapidement qu'il le put, mais Jane le stoppa. Il s'écroula sur le sol en poussant un cri de désespoir. Les membres de sa famille semblèrent comprendre ce que Jacob tramait, ils tentèrent de l'atteindre, mais Alec usa de son pouvoir sur eux et ils se retrouvèrent paralysés. Le jeune Quileute traîna une forme à moitié inconsciente avant de la laisser tomber lourdement sur le sol terreux.
-Et pour quelle raison crois-tu que cet humain serait plus intéressant pour nous que Bella ? Demanda Caïus d'un ton hargneux.
-Ce n'est pas n'importe quel humain, c'est Edward Cullen ! Lâcha Jacob en relevant la tête du jeune homme pour qu'ils puissent distinguer ses traits.
-Comment est-ce possible ? Murmura Aro en s'approchant.
Le vampire s'agenouilla face à Edward qui avait retrouvé ses esprits. Le jeune homme tenta de se débattre alors qu'Aro approchait une main de sa joue, mais ses mains étaient liées et un bâillon l'empêchait de parler.
-Du calme, Edward, je ne te veux pas de mal, souffla Aro tout en posant une main sur la poitrine du jeune homme à l'endroit où battait son cœur. Ces liens te blessent ? Je vais te les ôter.
-Alors, vous le prenez à la place de Bella ? Demanda Jacob.
-S'il s'agit bien d'Edward, alors, oui, confirma Aro, mais laisse-moi vérifier que c'est bien lui. Donne-moi ta main.
Edward lui signifia son refus d'un signe de tête. Il tenta d'échapper à l'emprise du vampire, mais son dos heurta les jambes de Jacob. Ce dernier le remit sur ses pieds et le tint fermement par les épaules permettant ainsi à Aro de prendre sa main. Après quelques minutes de silence, le vampire le lâcha, un air soucieux peint sur son visage.
-Alors, s'impatienta Caïus, est-ce lui ?
-Comment ?! S'étonna Edward. Pourquoi n'arrivez-vous pas à lire en moi ?
-Tu arrives à lire mes pensées ? S'exclama Aro qui affichait un air tout aussi surpris que celui du jeune homme. Laisse-moi réessayer.
-Seulement si vous laissez ma famille tranquille !
-Soit, Jane, Alec, cela suffit, ordonna le vampire avant de fixer intensément Carlisle. Fait en sorte que les tiens restent calme sinon c'est ton fils et les deux humains qui en feront les frais.
-Personne ne bougera, promit Carlisle qu'Esmé aidait à se relever.
Aro s'approcha une nouvelle fois d'Edward. Tous attendirent avec anxiété le verdict du vampire qui finit par relâcher son étreinte tout en affichant un air consterné.
-C'est étrange, très étrange, marmonna Aro, il semblerait que tu aies gardé ton don de lire dans les esprits même si tu es humain, mais tu aurais aussi développé une sorte de bouclier à l'instar de Bella. Jane !
La vampire s'approcha d'eux, un effrayant sourire était dessiné sur ses lèvres. Ses yeux rencontrèrent ceux d'Edward. Le jeune homme se souvenait parfaitement de la douleur atroce qu'elle était capable de provoquer. Il ne baissa pas les yeux, ne souhaitant pas lui donner cette joie. Il serra les dents attendant que le coup vienne. Les secondes passèrent. Il put la voir froncer les sourcils, la colère déformait peu à peu ses traits. Il entendit Aro prononcer le nom de son frère. Edward ne connaissait pas bien le pouvoir d'Alec et ne savait pas à quoi s'attendre, mais, tout comme pour Jane, rien ne se passa.
-Prodigieux, souffla Caïus, il sera un guerrier indestructible.
-Il a le potentiel pour devenir notre héritier, lâcha Marcus qui parlait pour la première fois.
Tous se tournèrent vers le vampire, la stupeur se peignait sur leurs traits. Edward pouvait distinguer en plus de la rage sur ceux d'Alec et Jane, c'était une place qu'ils avaient convoité depuis des années, mais jamais aucun des Volturi ne leur en avait parlé.
-Tu as raison, admit Aro en reportant son attention sur Edward.
-Même s'il est impressionnant, il est végétarien, fit remarquer Caïus, et cela nous ne pouvons le tolérer.
-Il était végétarien, rappela Aro en insistant sur l'imparfait. Il suffit que nous le transformions à Volterra, je serais son père, il n'aura pas d'autres choix que de boire du sang humain.
Edward recula d'un pas. Il voulait bien mourir pour sauver sa famille, ses amis, mais il refusait d'être transformé en monstre. Non ! Jamais, il ne supporterait de tuer des hommes ou des femmes pour se nourrir, il ne voulait pas trahir les principes de son véritable père, de Carlisle.
-Pourquoi attendre d'être à Volterra ? Lâcha Caïus. Ne laissons pas le temps aux Cullen de tenter quoi que ce soit. Transforme-le de suite !
-Tu n'as pas tort, songea Aro. »
Le vampire s'approcha rapidement d'Edward et avant qu'il ne puisse esquisser un geste, Aro le tenait fermement dans ses bras, plaquant son dos contre son torse dur et froid. Edward croisa les regards affolés de sa famille, celui de Bella. Il vit ses frères s'élancer vers lui avant qu'Alec ne les stoppe avec son don. Il entendit les sanglots de sa mère, d'Alice, de Rosalie, il remarqua les larmes qui mouillaient les joues de Bella. Edward ne put retenir un cri de douleur lorsqu'Aro empoigna ses cheveux et tira violemment sa tête en arrière dégageant ainsi son cou. Edward entrelaça son regard avec celui de son père, son père qui semblait sur le point de s'effondrer. Il sentit le souffle froid d'Aro sur sa peau le faisant frissonner.
« -Je vous aime, murmura-t-il sachant pertinemment que toute sa famille l'entendrait. »
Il perçut des rugissements de colère ainsi que des plaintes de désespoir et il serra les poings face à la souffrance de sa famille et à son impuissance à la soulager. Edward ferma les yeux lorsqu'il sentit les dents du vampire contre sa chair. Il pria pour que son sang soit succulent, ainsi peut-être qu'Aro ne pourrait pas se contrôler et qu'il le tuerait ? Edward l'espérait de tout son cœur, il préférait mourir plutôt que de devenir un monstre. Le jeune homme sentit un vent violent s'élever autour de lui, le froid l'envahit. Peu à peu, son corps s'affaissa, il se serait écrasé sur le sol si les bras d'Aro ne l'avaient pas maintenu fermement. Un bruit de tonnerre résonna non loin de lui. Avant de sombrer dans l'inconscience, il lui sembla apercevoir une violente lumière blanche. Puis tout devint noir, froid, triste… La mort était là…
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Bonne soirée à tout le monde et à dimanche !!!!
